Chapitre écrit par Yagaelle_black. Bonne lecture.

Chapitre 6 : Ministère de la Magie

Point de Vue de Drago

Juillet - Août 1998

Drago avait passé de longues journées seul, enfermé dans sa chambre depuis la soirée qui avait eu lieue. Il n'avait néanmoins pas le temps de vraiment s'ennuyer car il avait lu beaucoup de livres parlant des vampires et de leurs statuts dans le monde des sorciers. Apparemment les vampires n'étaient pas vraiment les bienvenus et étaient considérés comme des pestiférés. Drago comprenait aisément pourquoi : depuis quelques semaines qu'il ne mangeait plus vraiment, il avait du mal à se retenir de sauter à la gorges de ses parents pour étancher sa soif grandissante. Heureusement pour eux et pour les elfes de maison, Drago avait acquis une très grande maîtrise de lui-même qui lui avait permis de ne pas céder.

Il sentait néanmoins que ça ne durerait pas longtemps et qu'il devrait bientôt faire quelque chose d'efficace, sinon il tuerait ses propres parents. Il prit donc la décision de se rendre au ministère. Il ne voulait pas se faire déclarer là-bas, mais il n'avait apparemment pas d'autres solutions que d'y aller. La mort dans l'âme, qu'il avait perdu, il descendit au salon et se saisit de la poudre de cheminette. Malheureusement pour lui, son père le vit et l'arrêta. Drago essayait de se concentrer sur les paroles de son père pour ne pas céder et ne pas lui sauter à la gorge. C'était d'autant plus difficile que Drago voyait les veines palpitantes de son père à travers sa peau blafarde.

-Drago, tu as l'intention de sortir cet après-midi ?

-Oui, père.

-Ne voudrais-tu pas remettre ça à plus tard ? J'avais des projets pour toi.

-C'est assez urgent en réalité. Quels étaient ces projets ?

-Te rappelles-tu d'Astoria Greengrass, la petite sœur de Daphnée ?

Drago sentait que sa volonté s'amenuisait doucement et qu'il ne résisterait pas plus longtemps. Il essaya donc d'écourter la conversation alors que son père, lui, ne semblait pas partager son avis.

-Oui, je m'en souviens très bien. Elle doit venir ici aujourd'hui ?

-Ta mère et moi avons vu que tu t'entendais bien avec elle et nous lui avons proposé de passer en voyant que tu ne te sentais pas très bien.

Drago tiqua sur cette explication. Il n'avait pas adressé la parole à Astoria de la soirée, mis à part les interventions nombreuses de ses parents pendant la soirée. Il se tramait quelque chose à son sujet, et Drago tenterait de le découvrir quand il aurait régler son premier problème et le plus important : sa nouvelle passion pour les veines de ses parents et son envie constante de mettre un terme à leurs jours.

-C'est très gentil d'avoir pensé à elle, mais je vais très bien et je dois y aller. Propose-lui de passer demain.

-Mais, voyons Drago…

Lucius n'eut pas le loisir d'aller au fond de sa pensée. Drago avait déjà lancé la poudre dans la cheminée qui était remplie de flammes vertes. Sous le coup de l'émotion et de la surprise Lucius ne put entendre que son fils avait distinctement prononcé ces paroles : « Ministère de la Magie ».

Drago se trouva alors emporté dans le réseau de cheminées et arriva en douceur à sa destination : le ministère de Londres. Il sortit prestement de la cheminée en enlevant le peu de suie qui s'était posée sur ses épaules. Il s'installa ensuite dans la queue pour pouvoir se faire enregistrer auprès du secrétariat.

Il se concentra alors sur ses doigts qui jouaient avec sa baguette, s'interdisant d'écouter ses sens en haleine qui étaient attirés par tout ce qui était vivant. Le moindre plissement de vêtements parvenait aux oreilles de Drago comme une invitation au rapprochement, les parfums féminins ne parvenaient pas à dissimuler les effluves humaines qui attiraient tant Drago vers le commun des mortels et pire que tout : les battements des cœurs des gens qui l'entouraient semblaient l'appeler et lui demander de mettre fin à ce tintamarre.

Il avait presque l'impression de devenir fou, comme si le monde entier s'était ligué contre lui et avait décidé de le faire devenir un dément. Mais il continuait à se concentrer sur sa baguette. Il avait atteint un tel détachement et une telle concentration qu'il ne se rendit même pas compte que son tour était arrivé. La personne qui se trouvait derrière lui, n'ayant apparemment pas l'intention d'attendre infiniment, l'avait fait sortir de ses pensées par une petite tape sur l'épaule. Il fallut bien du self-contrôle à Drago pour ne pas sauter à la gorge de ce dernier.

- Bonjour, votre nom, et raison de votre présence. Il me faut aussi votre baguette.

- Malfoy Drago Lucius, je me rends au département de contrôle et régulation des créatures magiques pour des renseignements, répondit-il en tendant sa baguette.

- Tout semble en ordre. Le département se trouve au quatrième étage. Bonne journée M Malfoy.

Heureusement pour Drago, et aussi pour tous ceux qui l'entouraient, l'ascenseur arriva très rapidement. Une fois à l'intérieur, Drago se trouva plaqué dans un coin. Le contact avec les autres sorciers était un vrai calvaire, mais une note fatiguée avait du mal à rester à bonne hauteur et tapait régulièrement sur la tête du blondinet lui permettant de se concentrer sur autre chose que le contenu vient de la boîte de sardines dans laquelle il était. Quand une voix annonça qu'ils étaient au niveau 4, Drago eut la surprise de voir un passage dégagé lui permettant d'accéder à la porte sans encombre. La magie avait vraiment du bon dans des moments comme celui-là.

Une fois hors de la cage d'ascenseur, il regarda autours de lui, cherchant le lieu où il devait se rendre. Alors qu'il se posait la question, un panneau indicateur apparut du soir comme s'il avait surgit de nulle part.

- Bonjour jeune homme, tu es perdu ?

- 'Jour. Je ne suis pas perdu, maugréa Drago en tentant de lire discrètement les informations. Mais elles ne semblaient pas être en anglais. Et bien sûr, Drago ne comprenait que l'anglais en bon sang-pur qui se respecte.

- Le département que tu cherches est le long de ce couloir, arrête toi dans le troisième bureau.

La pancarte disparut alors laissant Drago perplexe au milieu du couloir. Il se demandait comment une simple pancarte magique pouvait lire ses pensées alors qu'il était si entraîné à supporter les sorts de légilimencie. Mais il se résolut à suivre les indications, n'ayant rien de mieux à faire. Il longea le couloir qui commençait à l'intimider, il songeait même au bien fondé de sa venue. En effet, seul dans ce couloir, à l'abri, toutes ses angoisses disparaissaient petit à petit. Il arriva au niveau du bureau qui lui avait été indiqué par le panneau flottant. La porte était en bois massif et semblait très solide, il doutait que quiconque aurait été apte à la forcer manuellement sans avoir recours à de la magie. Sur la porte, les inscriptions suivantes étaient gravées :

Registre des créatures potentiellement nuisibles

Il semblait donc être arrivé à bon port. Il devait reconnaître à contrecœur que la pancarte avait non seulement vu clair en lui mais en plus lui avait donné les bonnes informations qu'il n'avait pu trouver tout seul et cela blessait son orgueil de Malfoy. Il prit son courage à deux mains et il frappa à la porte puis entra après qu'on le lui ai dit. La salle semblait envahie de dossiers. Vers la porte, un bureau semblait sur le point de s'effondrer sous la masse de papier qui le recouvrait. Plus loin, on pouvait distinguer une allée donnant sur des rangées de dossiers et de paperasses savamment classés. Une petite dame aux cheveux noirs, que Drago n'avait pas vu à son entrée, lui demanda de s'asseoir sur le siège devant le bureau. Elle prit place de l'autre coté et libéra un peu d'espace sur le meuble d'un coup de baguette, permettant ainsi au jeune homme blond de pouvoir voir son interlocutrice.

- Bonjour Monsieur, je peux vous aider ?

Drago ne savait pas trop quoi dire, trop étonné. Il n'était pas sur de lui et il ne savait même pas pourquoi il avait décidé sur un coup de tête de venir ici. C'était avilissant pour lui de reconnaître qu'il avait besoin d'aide, lui qui aimait tant ne devoir compter que sur lui-même. C'était certainement pour cette raison qu'il mettait autant d'ardeur à cacher tout ce qui lui arrivait à ses parents et à sa tante, si toute fois il lui arrivait quelque chose. Après tout, il avait peut être tout inventé. Il devait être sur de lui avant d'avancer la moindre hypothèse. Il eut donc une idée :

- Euh… Oui… Bonjour… Je voudrais des informations sur un vampire que je connais.

- Un vampire… Très bien. Avez-vous une note rédigée de sa main vous permettant d'accéder à son dossier ? demanda soudainement la petite femme, arrêtant de tourner frénétiquement les pages de son imposant grimoire.

- Non.

- Je regrette mais je ne peux rien faire pour vous.

- Mais, il s'agit de ma tant !

- Nous ne pouvons pas communiquer d'informations sans une autorisation de l'être concerné dans le cas des loups-garous et des vampires car ils sont considérés comme des déviants sorciers et donc régit par une certaine humanité limitée.

- Est-ce que vous pouvez au moins me confirmer qu'il s'agit bien d'une vampire ?

- Si vous me donnez son nom, je peux en effet le faire.

- Il s'agit de Bellatrix Lestranges.

La femme remonta alors ses lunettes sur son nez et parcouru quelques pages de son registre avant de lever les yeux vers son interlocuteur.

- Vous pouvez vous rassurer, nous n'avons personne de ce nom-là d'enregistré. Votre tante ne va pas vous attaquer.

Drago ne comprenait pas. Pourquoi ou plutôt comment tout cela était possible. S'était-il constitué une histoire complètement folle ? Avait-il inventé tout cela pour fuir la monotonie du manoir ? Apparemment, il devenait fou… C'était la seule explication plausible. Il fut tiré de ses réflexions par l'archiviste.

- Monsieur, vous m'avez bien entendu donné son nom de jeune fille ? Parce que je viens de trouver le nom d'une certaine Bellatrix Black dans le registre.

- C'est en effet le nom de ma tante, répondit Drago ne sachant pas vraiment s'il devait s'en réjouir ou pas.

- Puis-je savoir pourquoi cela vous tient tant à cœur ? Voulez-vous savoir comment elle s'en sort ?

- Non, elle vit chez moi, et…

Drago marqua un temps de silence, il voulait poursuivre mais avait la gorge nouée comme si quelque chose en lui l'empêchait de parler, comme si une force obscur lui intimait de sa taire.

- Et ? l'encouragea la petite femme.

- Et… elle m…, elle m'a

C'était trop difficile, il ne pouvait pas le dire, pas à cette inconnue. Il était encore temps de faire marche arrière et d'apprendre à vivre avec un si étrange secret. Il ne pouvait en parler à personne, il ne voulait pas qu'on l'aide. Enfin, il voulait de l'aide mais pas torp. Tout était si confus dans son esprit.

- Elle vous a mordu ?

- Comment avez-vous deviné, questionna un Drago décontenancé.

- Simple : vous êtes ici, pâle comme un linge, complètement désorienté et vous semblez très tendu et troublé.

- …

- D'accord… Admettez-vous avoir été mordu et transformé ?

- Oui.

- Acceptez-vous de vous faire enregistrer ?

- Ai-je le choix ?

- Si vous ne le faites pas, je devrais appeler les aurors, mais vous avez le choix.

- Dans ces conditions, j'accepte.

Elle lui posa alors de nombreuses questions sur son identité, sa famille, sa scolarité, ses goûts. Certaines questions étaient assez personnelles et Drago était réticent à parler de lui et surtout à voir tant de choses tues sur sa vie consignées dans un registre portant son nom et si facilement accessible.

- Nous allons maintenant passer aux informations relatives à votre nouveau statut. Quand avez-vous été mordu ?

- Début juillet, juste après mon retour de Poudlard.

- Avez-vous assouvi vos pulsions depuis ?

- Euh… non.

- Vous avez tenu tout ce temps sans vous sustenter ? Bravo, félicitations ! Vous faites preuve d'une maîtrise de vous-même peu commune.

- Merci

- Très bien, à partir de maintenant vous aurez rendez-vous une fois par semaine avec la responsable de la gestion des créatures potentiellement nuisibles. Premier rendez-vous lundi à 11h. Soyez à l'heure. Ensuite, du fait de votre statut un peu particulier, nous allons devoir vous aider pour trouver un emploi, sans quoi on vous claquera la porte au nez.

- Mais, je ne veux pas travailler.

- C'est votre choix. Pour conclure, vous aurez accès à une banque de sang synthétique à Sainte Mangouste. Vous devez y être dans une demi-heure pour définir avec eux vos symptômes physiques ainsi que vos besoins nutritifs. Vous y recevrez aussi régulièrement de quoi vous alimenter et vous apaiser. Si vous n'avez pas de questions, je vous souhaite une bonne journée Monsieur Malfoy, et n'hésitez pas à venir me voir si vous avez un souci ou une question.

- Au revoir Madame.

Drago salua la secrétaire et quitta la pièce. Il avait un peu de temps devant lui avant de devoir à nouveau affronter un lieu populeux où il serait obligé d'être en permanence aux aguets pour ne sauter au cou de personne. Par moment, il se demandait pourquoi après tout il n'avait pas cédé à ses impulsions en ôtant la vie d'un inconnu, cela lui éviterait entre effet bien des soucis. Mais il ne voulait pas s'y résoudre. Il ne voulait pas devenir l'esclave de ses pulsions et le jouet de ses instincts. Le jeune homme attachait effectivement énormément d'importance à sa maîtrise de lui-même. C'était sa force, sa marque de fabrique, elle faisait partie intégrante de lui-même.

Ainsi, s'il ne voulait pas sauter à la gorge de quelqu'un à Sainte Mangouste, il lui fallait respirer un peu et profiter de l'air pur londonien dans un endroit peu fréquenté de préférence. Il élimina donc tous les lieux sorciers de sa connaissance sachant qu'il y avait toujours trop de monde et se résigna à transplaner dans une ruelle sombre du Londres moldu. Il serait ainsi protégé du soleil par les façades ombrageant la ruelle et des gens, réservoir de nourriture potentielle, qui vont rarement dans ce genre d'endroit lugubre.

Quand il atterrit dans la ruelle, près d'un énorme bac à ordures embaumant, Drago ne remarqua pas immédiatement l'homme assit sous le porche le dévisageant avec effroi, trop occupé à vérifier sa coiffure et sa mise en pli. Il était hors de question 'apparaître tout défroqué à quiconque. Il finit néanmoins par remarquer le clochard : son odeur spécifique titilla ses sens affinés. Sans qu'il ne soit plus capable de contrôler quoi que ce soit, Drago sentit que tout contrôle lui échappait.

Le regard sombre, les lèvres retroussées, il s'approcha de sa proie qui ne comprenait pas ce qui se passait. Quand le moldu eut enfin le réflexe de fuir, le vampire l'attrapa fortement par l'épaule, l'immobilisant et, sans un regard pour l'homme, il planta ses crocs dans la chaire tendre et fraîche du cou de sa victime. Aussitôt, une saveur chaude et onctueuse se déversa dans sa bouche, réchauffant sa gorge asséchée. Le goût un peu métallique du liquide attisait sa soif, sa faim. Il puisait de ce fait sans cesse dans le corps de plus en plus froid de sa proie. La source vint néanmoins à se tarir, le vampire jeta alors négligemment le corps sur les paés et chercha une nouvelle nourriture, mais tout semblait désert.

Drago sentit son corps se détendre et en un clignement d'œil il réalisa ce qui venait de se produire : un corps sans vie d'un moldu gisait sur le sol de la sombre ruelle. Il réalisa alors l'étendu de son acte : il venait de commettre un meurtre. Il avait assassiné quelqu'un et il y avait pris plaisir. Il se sentait physiquement et psychologiquement apaisé….

N'ayant pas eu de review pour le chapitre précédent, j'espère qu'il vous a quand même plu. (et encore désolée pour le retard de publication, mais hier c'était les soldes alors j'ai eu du mal à m'en remettre XD)

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