Ce chapitre a été écrit par Dioxygène.
Chapitre 8 :
Point de Vue d'Hermione
Première semaine de Septembre 1998
Les vacances, somme toute assez courtes, touchaient leur fin, les engagements étaient pris et les rendez-vous aussi. Le ministère et l'école se partageraient équitablement la jeune fille dans moins d'une semaine, et elle était passablement prête.
Munie d'un sac à bandoulière noir, Hermione ferma la porte de son appartement tout en y songeant. Se sentait-elle vraiment assez prête pour entamer sa vie d'adulte ? C'était un peu tard pour se poser la question, vraiment. Mais elle avait toujours été comme ça. Anxieuse à chaque changement jusqu'au dernier moment. C'était un peu comme son premier jour à Poudlard. Elle avait été tellement stressée qu'elle avait appris ses livres par cœur, pour paraître assez à son aise dans un milieu tout à fait inconnu. Le même scénario se répétait aujourd'hui, et la jeune fille espérait avoir plus de chance que la dernière fois.
Même si tous ses vêtements avaient été déballés, elle était vêtue d'une robe de sorcière traditionnelle : noire, longue et ample. C'était le jour où elle retrouvait Harry et Ron au Chaudron Baveur. Arrivée en bas de son immeuble, Hermione transplana.
Ginny n'était pas là, c'étaient les retrouvailles du trio seul. Ron était déjà présent, et attendait auprès du pub l'air nonchalant. Durant le temps où elle ne l'avait pas vu, Hermione aurait dit que le garçon avait encore grandit. Il la dépassait maintenant de plus d'une tête. Sans être particulièrement petite, elle n'était pas grande, ce qui n'était pas plus mal, les plaisanteries des autres mises à part. Hermione n'avait pas parlé à Jane de ses « histoires de cœur ». Elle attendait que cette dernière le rencontre et lui donne son avis sur la question. Au moins, en procédant de cette façon, son amie aurait l'esprit libéré de tout avis préconçu, et n'aurait pas de comportement spécialement louche vis-à-vis du roux.
Présentement, Hermione était assez gênée. Ron ne l'avait pas encore vue. Son instinct et sa forte amitié pour Ron l'auraient poussé à lui sauter au cou, mais ses dernières pensées et le comportement de ce dernier l'incitaient à la prudence. Coincée entre ces deux attitude, la sorcière se retrouvait vraiment figée. Au moins, tout allait bien tant que l'objet de ses préoccupations n'était pas au courant de sa présence.
Soudainement, deux bras sortirent de nulle part pour l'enserrer. En fait, ils venaient directement de derrière elle, autrement dit, du corps du célèbre Harry Potter. L'air farceur, il respirait la joie de vivre. Son apparition aussi mouvementée attira quelques regards, puis bien sur, quelques conversations sur lui, et Ron ne pouvait rien manquer de tout cela. Il s'approcha également, le sourire aux lèvres. La gêne d'Hermione ne s'évanouit pas pour autant, malgré le dénouement de son dilemme. Nonobstant, si elle était sure d'une seule chose, c'était qu'elle ne voulait à aucun prix perdre l'amitié des deux garçons. Elle devait arrêter de penser, arrêter de se faire des idées, et tout irait bien.
Assis autour d'une table dans un coin discret, les trois complices se racontèrent leurs vacances respectives. Hermione resta assez discrète sur les siennes, racontant simplement les grandes lignes. Les lettres qu'elle avait envoyées pendant l'été avaient été assez détaillées, elle était cependant restée vague sur ses deux nouveaux amis, ne sachant comment les décrire véritablement.
Harry avait déjà commencé sa formation d'auror depuis quelques jours, et il put raconter ses impressions. Il côtoyait ses futurs semblables tous les jours, et le niveau demandé était très haut, comme c'était prévu.
« C'est Bill qui est devenu mon mentor. Alors pour l'instant, je le seconde dans ses missions, je récolte des informations. Evidemment, je reste encore souvent en retrait » racontait Harry, l'air fier, mais aussi un peu déçu.
Depuis la fin de la guerre Bill, le frère de Ron avait totalement laissé de coté son job à la banque des sorciers. Ce n'était pas que cela ne l'intéressait plus, mais on lui avait proposé un poste plus enthousiasmant. Comme il avait fait preuve d'autant de bravoure que de maîtrise de la magie, on lui avait proposé de passer le concours pour devenir auror après de nombreuses heures de rattrapage.
« En ce moment, tout ce que je peux vous raconter, c'est qu'on recherche des mangemorts qui voudraient reformer une armée avec un nouveau chef. Ils ont vraiment de l'espoir.
-Ils oublient que le grand Harry Potter est la pour veiller sur nous tous ! Ironisa Ron
-C'est quand même fou ! Comment pourraient-ils arriver à la cheville d… Du Lord ?
-Il avait beaucoup de partisans, et pas seulement en Grande Bretagne, ce qu'il ne faut pas oublier. Il n'était ni e premier ni le seul, il leur a juste montré le chemin Soupira la survivant.
- Tu dois en avoir assez, avec tes études, d'entendre parler de ça, ce n'est pas vrai Harry ? Au fait, les garçons, vous ne m'avez pas raconté comment Molly a réagi quand elle a su qu'Harry et Ginny sortaient ensemble ?
- Tout d'abord, il a fallu qu'on lui apporte une chaise, raconta Ron. Elle est devenue toue rouge, comme si elle avait mangé quelque chose traficoté par Fred et George. On a vraiment cru qu'elle allait exploser ! Elle ne disait plus rien, alors ils ont eu un peu peur.
-Mais après, ça s'est bien passé. Quand elle a digéré la nouvelle, quelques minutes après, elle ne tenait plus en place. Elle s'est mise à parler à toute vitesse, sans qu'on en comprenne la moitié ! Au moins, on aura plus à se cacher, mais le mauvais coté, c'est que Ginny ne peut pas venir dormir chez moi, confia Harry l'air un peu triste. Sinon, les autres ont bien pris la nouvelle aussi.
Après ces réjouissantes nouvelles, les trois jeunes gens allèrent visiter l'appartement d'Harry qui n'était qu'à quelques rues du chemin de traverse. Il était assez spacieux, mais tout n'était pas encore rangé ce qui n'étonna personne : Harry n'était pas connu pour son grand talent en ménage. Il y avait deux chambres, et l'une étai remplie d'objets encore inutilisés.
« Molly a tenu à me refiler des trucs qui ne servaient pas et qui restaient à la cave »
-Et je crois que Papa y a dissimulé quelques trucs de moldu affirma Ron, qui regardait avec attention dans un carton ouvert : une sorte de boite en ferraille blanche, avec un fil et une prise électrique dépassait.
-Ca ressemble vaguement à un grille-pain, supposa le tout nouveau propriétaire de l'objet, un peu méfiant tout de même. »
Content de se retrouver après plusieurs semaines sans se voir, ils restèrent tout de même quelques heures assis sur le canapé neuf d'Harry, en ressassant leurs aventures de Poudlard, leurs vieux ennemis, ou leurs anciens problèmes.
« Pour moi, ce fut quand même longtemps Rogue, le pire des profs ! Mais bon, je pense qu'Ombrage remporte la médaille !
-Lockart était bien mauvais aussi, si tu te souviens. » Ajouta Ron, qui soudain se rendit compte qu'Hermione avait légèrement rougit. Il la trouvait très jolie comme elle était, assise, les genoux pliés devant elle, et serrant un coussin entre ses bras, reposant ainsi sa tête dessus.
Harry le fit revenir des profondes pensées où il était plongé.
-Oh, en parlant d'Ombrage, j'ai une nouvelle à vous annoncer ! Je n'en ai encore parlé à personne, je voulais votre avis avant. Le père de Luna m'a demandé si je voulais bien accepter de publier une autobiographie dans son magazine. Il m'a dit que maintenant que tout est fini, les gens attendaient avec impatience quelque chose dans ce genre là. Ça serait quelques pages par magazines. Vous en pensez quoi ?
-Tu veux un avis d'une amie, ou d'une personne au point de vue objectif ?
-Ca te donnerait l'occasion de parler de tout ce que tu as subi ! S'exclama Ron
-Ou plutôt de mettre au ban de la société n'importe qui, car qui voudrait encore avoir des relations avec un ennemi de celui-qui-a-survécu, celui-qui-nous-a-sauvé ou encore l'élu ?
-Pas n'importe qui ! Juste ceux qui lui ont fait du mal ! Tu imagines Hermione ? Quelle belle vengeance sur Malfoy, ou sur Ombrage !
-N'ont-ils pas le droit de vivre aujourd'hui comme ils l'ont choisi ? Ce serait mal de faire ça, Harry.
-Donc tu penses que je dois refuser ?
-Peut être pas refuser comme ça, mais pense aux conséquences avant tout. »
Harry hocha la tête. Les conseils d'Hermione étaient souvent avisés, même si elle s'inquiétait souvent pour rien, et prenait ses suppositions pour des acquis, comme lorsqu'il avait fait semblant de verser la potion de Felix Felicis dans le verre de Ron la veille d'un match.
Les trois jeunes gens profitaient au maximum d'être ensemble, car ils savaient que dés que tous auraient pris leurs cours, le temps où ils seraient ensemble serait largement réduit. Ils savaient aussi que leur amitié était plus forte que l'absence, et que loin des yeux ne voulait pas dire loin du cœur. Ils s'écriraient, ils se parleraient, et quand ils n'auraient pas le temps, où qu'ils n'iraient pas bien, ils seraient au courant qu'une ou deux personnes les attendraient, et, sans les juger, serait là pour les écouter ou les soutenir. C'était ça, la vraie amitié.
Ils passèrent au nouveau logement d'Hermione qui toute contente, leur présenta son lieu de vie. Ils n'avaient jamais été chez les parents d'Hermione, et n'avaient donc jamais vu sa chambre, mais ils se doutèrent que ce qu'ils voyaient là, ressemblait étrangement à ce qu'elle avait avant. Les livres étaient mis en valeur un peu partout, quelques cadres photo, des meubles paraissaient ancien, quoi que quand même pas hors de prix.
« A la fin de l'année, comme il en avait à ne plus savoir qu'en faire, Colin m'a proposé de prendre quelques photo qu'il avait pris de nous trois. D'ailleurs si vous en voulez, il m'en reste. »
La journée se passait bien, et au grand soulagement d'Hermione, Ron ne faisait pas de grande tentative pour se rapprocher physiquement d'elle. Parfois, quand elle ne regardait pas, il l'observait attentivement, la couvant de ce regard un peu niais d'amoureux. Harry, lui, faisait bien entendu semblant de ne rien voir, et était un peu gêné. Au bout d'un moment, quand la jeune fille commença à reparler des droits des elfes de maison, il se rendit aux toilettes, laissant Hermione et Ron seuls. Ce dernier, sentit que le moment était arrivé de dire, ou de faire quelque chose. Il prit une douce teinte écarlate, et tendit sa main pour replacer derrière l'oreille d'une Hermione paralysée, une de ses mèches folles.
Comme elle ne bougeait pas, il ne sut plus comment se comporter, cherchant tout de même à capter son regard. Harry qui, ayant fait ses petites affaires voulait revenir, attendait dans le couloir, embarrassé. Il avait deviné les sentiments de Ron, mais ceux d'Hermione, depuis l'année dernière, restaient flou. Cependant, il ne voulait pas assister à quoi que ce soit entre ses deux meilleurs amis, et avait peur de tomber au mauvais moment. Quant au rouquin, il n'était pas sur de la procédure à suivre, il lui sourit en commençant à parler du premier sujet qui lui passait par la tête. Ce fut à ce moment qu'Harry revint s'asseoir à coté d'eux.
Pour la neuvième fois, Hermione soupira. Elle marchait pour aller au ministère, et pensait en même temps au moment où elle avouerait à Ron que les quelques sentiments amoureux qu'elle avait pu avoir pour lui s'étaient volatilisés l'année d'avant. Bien sur, elle le ferait quand il lui énoncera son amour et pas avant. Elle avait véritablement peur de le blesser et de perdre son meilleur ami. Toutes les disputes qu'ils avaient eues tous les deux ne les avaient jamais séparées, mais parfois, elles avaient bien failli. Elle avait besoin de lui, mais pas comme il avait besoin d'elle, et la peur de le voir mal réagir à ses propres sentiments la gênait. Elle ne pouvait pas en parler à Harry, peut être qu'il comprendrait, mais il était trop proche de Ron. Ginny, qui était sa sœur, pourrait comprendre elle aussi, seulement justement : elle faisait partie de sa famille. Ne serait-il pas un peu injuste, qu'en lui ayant brisé son cœur, elle raconte ses malheurs à ses proches ? Il ne lui restait plus que Jane, Jane qui lui avait avoué avoir ses propres problèmes.
Le ministère de distinguait au loin par une petite cabine téléphonique rouge. Hermione décida de ne plus repenser à cette affaire avant le soir, et machinalement, elle lissa ses cheveux touffus d'un geste nerveux de la main. En cette première journée, on allait lui expliquer son rôle et ses missions, et elle devait avant tout faire bonne impression.
Pour cette occasion, sa mère lui avait trouvé un joli chemisier noir, sobre et élégant qu'elle portait avec un pantalon noir. Dans son sac à main qui avait subi un sortilège de sa main, était rangée sa robe de sorcière, deux ou trois livres sur les créatures magiques et sur les sorts qu'on pourrait lui demander pour un premier jour.
Il était 7 heures 30 du matin, et Hermione était en avance. Elle attendait patiemment son moment assise, les jambes croisées, en essayant de se déstresser.
« Il faut que tout se passe bien. J'espère qu'ils ne m'attendent pas en robe de sorcier ! Je n'aurais jamais du m'habiller en moldue. Et si ils avaient perdu mon dossier ? »
En état d'attente elle ne se rendit pas tout de suite compte que l'homme qui venait de s'asseoir à coté d'elle faisait toutes sortes de tentatives pour attirer son attention, à capter son regard. Il se raclait parfois la gorge, trop timide pour l'aborder directement. Elle lui prêta finalement une oreille lorsqu'il murmura un vague « Excusez-moi ».
-Pardon de vous déranger, mais ne seriez-vous pas Miss Herger Granmione ? Euh, excusez-moi, Hermione Granger ?
Hermione, totalement perturbée par l'étrangeté du personnage devant elle acquiesça, ne trouvant rien d'intelligent à rajouter à cette remarque des plus étonnantes.
Vous devez trouver bien inopportun que je vous aborde comme ça…
-Non non, ne vous inquiétez pas, c'est pas grave.
Bien. Sachez que je suis vos progrès depuis votre première année. Vous êtes vraiment une brillante sorcière, je suis honoré de faire enfin votre connaissance !
-Merci… Réussit à répondre la jeune fille, un peu intimidée. Deplus, comme elle n'avait aucune idée de l'identité de la personne a qui elle s'adressait, elle se demandait si ce n'était pas lui, son maître de stage.
Comme s'il lisait son incompréhension en elle, il se présenta de lui-même
-Pardonnez-moi encore une fois, je suis des plus impoli ! Je me nomme Henry Wardel, Annonça-t-il avec un salut digne de ce nom et un respectable sérieux. Je fais partie du conseil administratif de Poudlard. Quand j'ai su que vous aviez prévu de passer une partie de l'année dans notre cher ministère, je me suis proposé pour vous accueillir comme il se doit pour votre premier jour. Bien, maintenant, je vais vous mener à Mme Feetniss, qui s'occupera de vous.
Et en effet, Mme Feetniss s'occupa d'Hermione. Les premières tâches qui lui furent données lui paraissaient tout de même un peu faciles voir ennuyeuses. Elle devait trier des dossiers, ou ranger des papiers : Rien qui ne puisse lui apprendre comment le ministère marchait, ou les procédures, ou rien sur les missions sur le terrain. Il lui semblait qu'on lui donnait ce travail seulement parce qu'il n'y avait personne d'autre pour le faire.
Hermione fit aussi connaissance avec le personnel du ministère. Ils étaient globalement assez gentils, mais gardaient tous une certaine distance avec elle. Autant dire que la jeune fille ne se sentait pas du tout intégrée. Deplus, il n'y avait personne de son age, les plus jeunes ayant au moins entre 25 et 30 ans.
Un jour, la jeune sorcière croisa la route de Malfoy fils, qu'elle n'avait pas revu depuis qu'ils étaient tous sortis du Poudlard Express. Malheureusement, la première chose qu'elle fit fut de lui rentrer dedans, car elle ne l'avait pas vu. Ce brutal rappel de Poudlard la perturba, à moins que ce fut le fait qu'il ne l'ait pas encore insultée, voir repoussée à plus d'un mètre de lui.
Drago Malfoy semblait avoir quelque chose de changé en lui. Si ce n'était sa façon de se tenir, cela devait être dans ses gestes, ou dans sa démarche, Hermione ne savait pas vraiment. Ce fut son maître de stage qui la tira de ses pensées en lui ordonnant de s'excuser. Elle se sentit indignée par ces paroles, mais préféra ne rien répondre et suivre ses directives d'un air gêné.
Malfoy ne l'avait pas enterrée pour l'avoir bousculé, et n'avait rien rajouté à la réprimande de sa supérieure hiérarchique. Ça aussi, c'était nouveau.
Finalement, le plus difficile à supporter fut encore d'être convoquée lorsque ledit client fut parti pour entendre être répété l'erreur qu'elle avait faite.
-Vous devez savoir que Malfoy est une personne très influente, et s'il venait encore à se passer quelque chose du même genre, vous auriez des problèmes Granger. Mais vous avez de la chance, il ne s'est pas plaint.
La semaine se termina heureusement assez rapidement, et il fut bientôt question de sa première semaine à l'université.
Je tiens à m'excuser pour le retard de publication, j'ai juste eu beaucoup trop d'occupations ce mois-ci entre mon boulot d'été et mes cours d'anglais. Pour m'excuser je vous poste deux chapitres. Mais, malheureusement, vous n'en aurez pas d'autres avant mi-août car je pars en vacances sans possibilité de me connecter à internet.
N'hésitez pas à laisser votre avis, c'est ce qui nous fait plaisir et nous donne envie d'avancer.
