Reviens-Moi
Par Tango Dancer


Bonjour tout le monde, et désolée de vous avoir fait attendre! Voici le troisième et dernier chapitre de Reviens-Moi, comme promis! Je suis rentrée cette nuit à 2h, et une fois ma boite e-mail soulagée de ses 600 et quelques messages non-lus, je me tourne vers ff . net et je poste^^!
Enfin bref, merci à tous ceux et celles qui m'ont laissé des reviews, je vous adore^^!

Place au spectacle!


Chapitre 3:

Un éclair de lumière, l'impression d'avoir failli se brûler, et puis de la surprise. Et du soulagement.

o-O-o

Devant eux se tenait une silhouette encapuchonnée de noir, chaussée de lourds bottillons de combat en cuir de dragon. Le bras encore tendu pour invoquer le bouclier retomba mollement le long de son corps. Les rebelles s'étaient immobilisés.

« Qui êtes-vous?

Un silence. Et puis, un ricanement, mélodieux, et l'homme qui venait de parler blêmit.

-C'est impossible.

-Improbable, pas impossible. Corrigea une voix oh, si familière!

-Tu es morte! Il t'a tuée!

-Ah, Terry, Terry, Terry... Lord Voldemort (les six jeunes gens furent surpris de voir que les rebelles frissonnaient en entendant son nom) ne m'a jamais tuée. J'étais un allié beaucoup trop précieux.

-Alors où étais-tu durant toutes ces années?

Elle ricana derechef.

-Je me suis cachée juste sous votre nez. C'était très amusant. Tu te souviens de Keliane Peverell?

Cris d'horreur.

-Non...

-Eh si.

-Prouve-le!

Un silence. Et puis, lentement, deux longues mains blanches repoussèrent le capuchon en arrière, dégrafèrent la cape, la jetèrent négligemment en arrière, aux pieds des six jeunes gens bouche-bée. Car devant eux se tenait Aleana Potter, étroitement sanglée dans ses habituels vêtements gothiques. Les Mangemorts inhalèrent brusquement, tandis que les rebelles la dévisageaient avec une incrédulité mêlée de haine et de terreur; les six amis n'osaient la quitter des yeux.

-Maman...

Elle ne se retourna pas, étendit simplement la main droite, plia les doigts, les referma sur la garde du magnifique katana à lame noire comme la nuit qui venait de s'y matérialiser. Se tournant de manière à être de profil par rapport à ses ennemis, elle leva les bras jusqu'à obtenir une garde haute, lame inversée, pointe vers le bas, les deux mains agrippant fermement la garde, et un pied en avant, les genoux fléchis.

Le regard dur, elle resta immobile quelques secondes.

-Vous qui vous en prenez à des enfants et cautionnez les préjugés et la violence... préparez-vous à mourir. »

Il y eut une gerbe de sang. L'homme qui se tenait à droite de 'Terry' s'effondra comme une poupée de chiffon, sa tête roulant à quelques mètres; avant même qu'ils aient pu se rendre compte qu'elle avait bougé, Aleana était revenu à son poste devant le petit groupe d'adolescents.

« Tuez-la! » Hurla Terry.

Avec un hurlement collectif, les rebelles chargèrent. Serene, Selene, Altaïr, Alphar, Kyrian et Ezekiel ne devaient jamais oublier la scène qui se déroula alors sous leurs yeux.

Chaque fois qu'un ennemi s'approchait, un geste rapide le privait de sa tête ou d'un membre, et il ne se passait pas plus de quelques secondes avant que son corps sans vie ne heurte le sol. D'une manière ou d'une autre, la jeune femme se débrouillait pour que les six jeunes ne soient jamais éclaboussés par le sang qui giclait pourtant en abondance, mais semblait elle complètement indifférente aux gerbes de rouge qui trempaient ses vêtements. Elle tuait sans pitié, avec une violence et une brutalité stupéfiantes lorsqu'on avait vu tout l'amour et la délicatesse dont elle pouvait faire preuve à l'égard des êtres qu'elle chérissait, et revenait toujours à la même place, assumant une position strictement défensive entre chaque assaut.

Plusieurs minutes passèrent; ce fut un véritable massacre. Derrière, la bataille avait repris, et la présence d'Aleana semblait galvaniser le Seigneur des Ténèbres. Puis soudain, tout fut fini. Le silence retomba, chacun s'immobilisa, vérifiant que le danger soit bien passé, la poitrine haletante et les doigts crispés sur leur baguette. Et, lentement, ils se tournèrent vers la jeune femme immobile, toute vêtue de noir et son katana toujours à la main, qui achevait les blessés sans l'ombre d'une hésitation.

Elle se figea lorsque Tom approcha, se raidit; mais sembla se secouer mentalement et, sa lame pure de liquide rouge, la remit au fourreau. Il n'eut pas le temps de parler.

« Maman!

Surprise, elle resta un moment sans réagir face à la véritable attaque de sa fille, dont les bras la serraient à l'étouffer. La jeune fille, tout en lui montrant son affection, l'empêchait de fuir, et en était parfaitement consciente. Elle ne bougea pas. Elle n'avait pas oublié les paroles horribles que Serene avait prononcées.

-Serene. Se contenta-t-elle de dire d'un ton froid.

-Mère.

Deux paires d'yeux émeraude, identiques, se rencontrèrent, et elle inclina très légèrement le menton.

-Altaïr.

-Il faut qu'on parle.

Elle releva la tête; son regard glissa sur les orbes carmins.

-Je crois que nous n'avons plus rien à nous dire.

Son visage n'exprimait rien. Tom serra les dents.

-Au contraire, nous allons avoir une longue conversation, et mettre les points sur les "i".

Elle haussa un sourcil, ne put retenir un ricanement plein d'amertume.

-Toujours maniaque du contrôle, à ce que je vois. La réponse est non.

Il fit un pas en avant, s'avançant jusqu'à presque la toucher, elle se raidit encore plus dans l'étreinte de sa fille. Mais alors qu'il allait la toucher, elle se raidit de façon exponentielle, presque irrationnelle, repoussa brutalement sa fille, qui heurta le sol de béton avec une exclamation de surprise blessée.

-Maman!

-Mais qu'est-ce que tu fabriques...?

L'exclamation furieuse de Tom fut coupée lorsqu'elle se jeta sur lui, lui empoigna le menton, plaqua ses lèvres sur les siennes. Stupéfait, il resta paralysé l'espace de quelques secondes. Il ne reprit ses esprits que lorsque quelque chose de chaud et humide coula sur ses lèvres; le corps de la jeune femme s'affaissa dans ses bras, du sang débordant abondamment de sa bouche. Et il le sentit. Elle avait pris de plein fouet le sort fatal qui lui avait été destiné. Il ne releva même pas la tête, concentré sur son visage souriant malgré la souffrance. Il savait que le coupable venait d'être abattu.

-Maman! »

o-O-o

Les lèvres de Tom étaient chaudes, et aussi souples, aussi parfaites contre les siennes que dans ses souvenirs. Elle ne retint pas son sourire à cette sensation. Elle savait qu'elle l'avait pris par surprise, et qu'il n'aurait pas le temps de la repousser avant que le sort ne la touche.

La souffrance explosa dans son dos alors que le maléfice la frappait de plein fouet, tranchait dans sa chair, et le choc lui arracha un gémissement inaudible alors que du sang débordait de sa bouche sur les lèvres aimées. Ses genoux fléchirent sous elle. Elle n'avait pas eu aussi mal depuis longtemps. Son corps, bien sûr, mais sa poitrine aussi; on aurait dit que quelqu'un tenait son cœur dans sa main, et s'amusait à serrer et la torturer. C'était la dernière fois qu'elle verrait Tom, Serene, Altaïr. La dernière fois qu'elle sentirait ces lèvres sous les siennes, et son sourire s'élargit, se fit tendre; son regard s'adoucit.

La dernière chose qu'elle entendit fut le hurlement terrorisé de sa fille, se superposant sur les traits tordus par l'horreur et l'incompréhension de Tom. Sa vision se réduisait, l'obscurité semblait se ruer sur elle, vouloir l'engloutir, mais elle n'en avait cure. Elle savait depuis des années que sa mort serait liée à Tom. Mourir en les protégeant, lui et les enfants de leur union, lui semblait être la meilleure façon de quitter ce monde où elle avait tant souffert. Et ainsi elle rejoindrait tous ceux qu'elle avait perdus.

Vaguement, elle sentit ses lèvres bouger, sans réussir à s'entendre. Peut-être ses cordes vocales ne fonctionnaient-elles plus.

Adieu.

Les ténèbres l'avalèrent.

o-O-o

Ils avaient l'impression d'être les acteurs d'un mauvais film d'horreur, et d'avoir atteint l'unique scène parodique tant la position de Tom et Aleana était similaire à celle qu'ils avaient pu voir dans la pensine après la naissance d'Altaïr. Il était assis dans un fauteuil à son chevet, presque malade d'inquiétude, et elle était allongée dans le lit, le torse étroitement bandé, les yeux clos, le visage blême. Mais cette fois, Severus et Bruce s'activaient tout autour, leurs parents et les Mangemorts originels attendaient dans un coin de la pièce, et eux-mêmes étaient là, à se tordre les mains d'angoisse en attendant le verdict.

En attendant qu'elle se réveille.

Cela faisait plus de cinq heures qu'ils étaient revenus, et tous les glamours que la jeune femme avait appliqués sur elle-même avaient été démantelés, pour révéler un visage émacié, des côtes saillantes, un corps couvert de cicatrices toutes plus atroces les unes que les autres, et des traces évidentes qu'elle avait pris, au moins pendant un temps, la mauvaise habitude de se couper les poignets. Tom avait serré les dents, et s'était employé à faire tout son possible pour lui sauver la vie. Le maléfice était une variante du Sectumsempra inventé par Severus, sauf qu'au lieu d'une multitude de lacérations, toute la force du sort était concentrée dans une unique blessure qui avait tôt fait de vider la victime de son sang.

A présent, elle était relativement stable, mais avait toujours besoin d'une étroite surveillance, et pouvait basculer à n'importe quel moment.

« … »

Tout le monde se redressa en entendant le gémissement presque imperceptible. Tom se pencha en avant, se mit à lui parler, l'encourageant à revenir dans le monde des vivants. Elle fronça les paupières et les sourcils sous l'effort, faisant de son mieux pour ouvrir les yeux. D'un mouvement de baguette, Draco diminua la luminosité de la chambre pour ne pas lui faire mal lorsqu'elle y parviendrait.

« Ouch.

Les lèvres de Tom tressautèrent alors même qu'elle réussissait finalement à ouvrir les yeux.

-Ouch, en effet. Comment te sens-tu?

-Ça va.

Il ne fut pas le seul à se renfrogner. La réponse était automatique; tout le monde savait qu'elle aurait dit quelque chose du genre avec une épaule déboîtée et trois côtes cassées.

-La vérité.

-Fiche-moi la paix, je te dis que ça va.

Elle n'avait évidemment pas réalisé où elle se trouvait ni qui était son interlocuteur.

-Au vu de sa blessure, j'aurais plutôt tendance à soutenir le jugement de Ms Potter. Fit Rogue de son habituel ton sec. Elle est passée à deux doigts de la mort, après tout.

Cette voix eu tôt fait de la réveiller.

-Rogue? Severus Rogue?

-En personne, Potter. Toujours aussi irresponsable, à ce que je vois.

-Et vous toujours aussi... Elle s'interrompit, les yeux élargis par la compréhension. Par pitié, dites-moi que je ne suis pas là où je pense être.

-Désolé, Potter, mais ça ne va pas être possible. En rajouta Draco. A moins que tu veuilles qu'on te mente, bien entendu.

Le regard émeraude fit le tour de la pièce, s'arrêta sur chaque personne présente, traîna un peu sur le petit groupe d'adolescents, et s'arrêta enfin sur Tom avant de s'écarter illico.

-Bien, étant donné que Ms Potter est réveillée, je pense que vous n'avez plus besoin de rester plantés là. Tout le monde dehors.

Les adolescents voulurent protester, mais leurs parents eurent tôt fait de les faire évacuer, et bientôt, seuls restaient Tom et Aleana. Le silence durait; Ali refusait obstinément de s'arracher à la contemplation de ses mains.

-Ali... Je...

-Bien que je ne sache pas pourquoi vous l'avez fait, Mon Seigneur, je vous remercie de m'avoir soignée. Si vous aviez l'obligeance de me dire où sont mes vêtements, je ne vous imposerais pas ma présence plus longtemps.

Un silence.

-Ali, regarde-moi.

Très brièvement, le regard émeraude croisa les orbes carmins, mais elle baissa aussitôt les yeux. Avec douceur, il lui prit le menton, attristé de voir son mouvement de recul.

-Ali...

Incapable de s'empêcher de le regarder droit dans les yeux, elle plongea dans l'océan de rouge sombre qui l'avait captivée tant d'années auparavant, découvrit qu'il lui faisait toujours autant d'effet.

-Si tu savais... si tu savais comme je suis désolé... Je sais qu'il n'y a rien que je puisse faire pour effacer ce que j'ai fait, mais crois-moi, je te supplie de me croire... si j'avais un moyen de revenir en arrière et tout reprendre... je le ferais.

Elle ne répondit pas, et il poursuivit.

-Il y aura bientôt quatre ans que je sais la vérité, et je te jure que je ne me suis jamais senti plus mal de toute ma vie. Les horreurs que je t'ai dites, ce que je t'ai fait subir... C'était inhumain. Mais je dois néanmoins te demander de rester et de me donner une seconde chance. Parce que sans toi, notre famille n'est pas complète. Tu me manques, tu manques à Serene, et Altaïr n'en peut plus d'entendre parler de toi sans avoir l'occasion de te connaître. Il veut rencontrer sa mère. Il veut avoir sa mère. Il a besoin -nous avons besoin de toi.

Elle resta silencieuse un moment. Lorsqu'elle voulut détourner la tête, il la laissa faire; sa main retomba mollement sur le matelas.

-Ce qui me tue, c'est que vous ne vous rendiez même pas compte...

Elle s'interrompit.

-De quoi, Ali? Je t'en prie, parle-moi. J'ai besoin de toi pour savoir comment, sinon me faire pardonner, au moins essayer de faire amende honorable...

Elle eut un rire sec, se tourna brutalement vers lui.

-Si vous m'aviez aimée, vous auriez cru en moi. Vous m'auriez laissé le temps de m'expliquer, m'auriez demandé si c'était vrai. Vous auriez refusé de croire de telles ignominies. Vous saviez qui j'étais, vous saviez que j'avais des ennemis. Beaucoup d'ennemis, prêts à n'importe quoi pour se venger de moi! Et au lieu de ça, vous m'avez tourné le dos. Vous m'avez repoussée, insultée. Vous avez foulé aux pieds nos cinq ans de vie commune, le cœur que je vous avais donné, la confiance que je vous avais accordée. Et vous m'avez jetée dehors, enceinte de vous, abandonnée. J'ai donné naissance à votre enfant dans un orphelinat moldu, parce que c'est le seul endroit où je pouvais aller, et j'ai failli en mourir. Le saviez-vous, Mon Seigneur? Vous avez failli condamner votre propre fille à une enfance semblable à la vôtre! Et pourquoi? Pour votre orgueil! (Elle fit une pause pour reprendre sa respiration). Vous ne m'aimiez pas. En revanche, vous vous aimiez vous-même, et vous aimiez l'idée d'avoir votre ennemie jurée, une sorcière puissante dans votre lit, folle amoureuse de vous, et de m'avoir détournée du chemin qui avait été tracé pour moi. Voilà tout.

Tom ferma les yeux, horrifié. Sa conclusion était logique. Elle n'en restait pas moins erronée. A lui de le lui prouver.

-Ali...

Elle tourna la tête de l'autre côté.

-Laissez-moi.

Tom soupira.

-Non. Je veux que tu écoutes ce que j'ai à te dire. Ensuite, tu pourras te reposer. Il s'interrompit, mais elle ne broncha pas. Ali, la véritable raison pour laquelle je suis entré dans cette colère noire, c'est parce que je ne supportais pas l'idée que la seule femme, la seule personne que j'aie jamais aimée me trahisse. Je t'avais, moi aussi, donné mon cœur et ma confiance, Ali. Je sais que ça n'en a pas l'air, mais c'est la vérité la plus stricte. Je t'aimais. Je t'aime toujours. Et c'est pourquoi je refuse de te perdre à nouveau. Je refuse de te laisser partir. Toi et moi sommes faits l'un pour l'autre.

-Qui vous dit que je n'ai pas couché à droite et à gauche depuis lors? Que je ne me suis pas remariée?

Tom baissa les yeux.

-Tu en aurais le droit et ce serait compréhensible, mais je sais que tu ne t'es jamais remise de notre rupture. Serene parlait beaucoup de toi, à l'époque où nous ne savions pas encore la vérité. Et une fois qu'elle a éclaté, nous lui avons fait subir un véritable interrogatoire. La pauvre, je n'aurais pas voulu être à sa place. Mais elle a répondu de bonne grâce. Altaïr était intarissable, il voulait tout savoir sur sa mère.

Il eut un petit rire en se remémorant la scène. Le jeune homme avait pratiquement attaqué sa sœur, n'arrivant pas à croire qu'il venait de rencontrer sa mère disparue, et que son amie de trois ans était en fait sa sœur cadette.

-Et si je refuse de vous laisser une seconde chance, que ferez-vous? Vous me retiendrez prisonnière? Vous me tuerez? Vous me donnerez un philtre d'amour?

Sa voix s'était faite amère. De longs doigts fins s'égarèrent dans ses cheveux, mais elle ne fit rien pour l'en empêcher malgré le mouvement de recul initial.

-Bien sûr que non, souffla-t-il avec une infinie tendresse. Je t'aurais laissée partir si j'avais su que tu avais une vie, quelqu'un qui t'attendait, là-dehors, que tu étais heureuse sans moi. Mais je sais, j'ai des preuves irréfutables que tu ne l'es pas. Et je refuse de te laisser nous quitter si c'est pour retrouver ton cadavre de suicidée d'ici quelque temps.

Elle eut un léger sursaut.

-N'essaie pas de le nier. J'ai vu les marques, tu sais. J'ai vu les cicatrices sur tes bras. Tu ne vas pas bien, Ali. Tu as beau te cacher derrière une façade de dureté, mais la vérité, c'est que tu es complètement brisée à l'intérieur, et que tu ne vivais que pour Serene. Mais si tu quittes ce manoir, tu n'auras plus de raison de vivre.

Elle baissa la tête. Une larme roula sur sa joue.

-Regarde-moi...

Elle sembla hésiter, obéit. Ses yeux mouillés de larmes plongèrent dans ceux du Seigneur des Ténèbres, qui écarta une mèche noire de son visage avec douceur.

-Si tu m'en donnes le temps, je te prouverai à quel point je t'aime, à quel point je tiens à toi. Nous irons à ton rythme, nous ne ferons rien qui te déplaise. Reste juste ici pour essayer d'avoir une vie de famille normale? Avec tes enfants et ton mari, tes amis? Tu leur as énormément manqué, et ils seront heureux de te revoir. Et je veux une chance de te rendre heureuse, comme je te l'avais promis il y a toutes ces années.

Un silence.

-Tu as changé de coiffure. »

Tom eut un grand sourire. Elle avait abandonné le vouvoiement. Elle lui laisserait sa chance. Il se lança donc dans l'histoire palpitante de sa visite chez le coiffeur, ou plutôt, de la visite du coiffeur chez lui.

o-O-o

2 jours plus tard.

La plupart des habitants du manoir profitaient du beau temps dans le parc, adolescents compris. Personne n'avait vu Aleana depuis son réveil, à l'exception de Severus, et c'était parce qu'il était Maître des Potions. Bruce et Tom avaient décrété qu'elle avait besoin de repos, et la confinaient à son lit. Les six amis, cependant, s'impatientaient de plus en plus, et étaient occupés à planifier une visite clandestine à la jeune femme lorsque Ezekiel redressa la tête, de même que plusieurs Mangemorts. Bientôt, tous les regards étaient rivés sur l'entrée du manoir, où le Seigneur des Ténèbres venait d'apparaître.

Mais il n'était pas seul. Aleana s'appuyait à son bras, alignant prudemment un pas devant l'autre. Ils ne pouvaient pas voir son visage de là où ils se trouvaient. Les deux anciens amants s'arrêtèrent sur le pas de la porte. Elle regarda autour d'elle, comme pour se remettre la disposition des lieux en mémoire, dit quelque chose à Tom. L'homme acquiesça, et ils reprirent leur marche.

o-O-o

Les jardins du manoir étaient aussi beaux que dans ses souvenirs. Elle le fit remarquer à son compagnon, qui eut un petit rire empreint d'une certaine nostalgie.

« Je les ai fait soigneusement entretenir. Pas au début, ils me rappelaient notre relation, mais après. »

Une fois que la vérité avait éclaté. Il ne le dit pas; il n'y en avait pas besoin. Ils poursuivirent leur promenade en silence. Tom ne se lassait pas de sentir le bras de la jeune femme glissé dans le sien, cette proximité qui leur avait autrefois été coutumière. Aujourd'hui, ils étaient séparés par un mur qu'il avait lui-même contribué à ériger, et c'était à présent le moment de le faire tomber. Mais cela prendrait du temps. Il le savait, et il était prêt à tout pour la faire revenir. Lui rendre la place qui était la sienne et que, sans sa stupidité, elle occuperait encore aujourd'hui.

o-O-o

« Bon sang, j'arrive pas à croire que tu te sois fait battre par ta mère!

Ladite mère lui jeta un regard torve.

-Pourquoi, Alphard, tu trouves que je suis trop vieille pour être bonne en Quidditch, peut-être?

L'adolescent pâlit.

-Qu... Oh non, non, bien sûr que non, M'dame, c'est juste...

Il y eut un rire.

-Cesse donc de torturer la veuve et l'orphelin, Ali. Ricana Tom en s'asseyant près de la jeune femme sur l'herbe, avant de reprendre en avisant les jeunes gens effondrés. Tu les as tous battus?

-Laminés, terrassés, écrasés. Ricana Ezekiel, qui n'avait pas joué, avec bonne humeur. C'était assez triste.

Serene lui donna un coup de poing joueur sur le bras, s'attirant un sourire moqueur.

-Il a raison, intervint Severus, c'était parfaitement lamentable.

-Bah, elle a toujours été prodigieuse en Quidditch, fit Draco de sa place un peu plus loin.

La jeune femme arqua un sourcil amusé.

-Oh Salazar, est-ce que je viens vraiment d'être complimentée par le grand, l'unique Draco Malfoy?

-C'est bien que tu t'en aperçoives, Potter. Mieux vaut tard que jamais. Répliqua-t-il avec nonchalance.

Elle ricana.

-Apparemment c'en était un, si tu éludes ma question. »

Le sorcier blond grogna sous les rires moqueurs.

o-O-o

La porte s'ouvrit, et Tom leva les yeux de la serviette artistiquement pliée dans son verre. Sa respiration se bloqua dans sa gorge.

Aleana était vêtue d'une longue robe de soirée rouge sombre, qui laissait ses épaules nues et coulait le long de son corps en en soulignant subtilement les courbes. La couleur du tissu contrastait violemment avec la noirceur de ses cheveux et la pâleur de son teint, et elle n'était que discrètement maquillée.

Il se leva, peinant à croire que cette vision de rêve s'offrait réellement à lui, et déglutit, ce qui arracha un demi-sourire amusé à sa compagne.

« Bonsoir.

-Bonsoir. Tu es magnifique.

-Merci.

-Viens. J'espère que tu as faim. »

Elle sourit et s'assit, rosissant un peu lorsqu'il tira sa chaise pour elle avec galanterie. Pendant qu'il s'asseyait à son tour, elle jeta un coup d'œil autour d'elle. Ils se trouvaient dans une salle privée d'un restaurant cinq étoiles qui surplombait la Méditerranée. Tout était décoré de façon exquise, et lorsque les lumières s'éteignirent, elle put voir les étoiles qui parsemaient le firmament qui s'étendait à l'infini sur la mer. Elle se tourna vers son compagnon, et fut saisie par l'intensité du regard qu'il avait posé sur elle, détaillant le moindre de ses gestes, un sourire presque rêveur aux lèvres.

« C'est magnifique.

-Je savais que tu aimerais. Tu as toujours été fascinée par les étoiles.

-Toi aussi.

-Oui, mais tu es celle qui m'a parlé du reflet d'un ciel étoilé sur une mer calme.

-Tu t'en es souvenu.

-Bien sûr. »

Bien sûr. Il la connaissait mieux que personne, après tout.

o-O-o

Si Tom avait cru l'espace d'un instant qu'il avait vu Ali au sommet de sa beauté plus tôt dans la soirée, il avait à présent la preuve irréfutable du contraire.

Le dîner s'était merveilleusement bien déroulé. Ils avaient savouré la cuisine française, et longuement parlé, réappris à se connaître et à s'apprécier, réappris ce pour quoi ils s'étaient aimés à l'origine. Ils étaient toujours aussi compatibles, toujours aussi semblables et différents à la fois, toujours aussi complémentaires. Tout s'était très bien passé.

Ensuite, après une fabuleuse tarte à l'abricot, ils étaient descendus sur la plage. L'air était chaud en cette soirée d'été, et les étoiles plus brillantes que jamais. Aleana avait enlevé ses chaussures; marcher dans le sable avec des talons n'avait jamais été une partie de plaisir, et elle marchait à présent pieds nus près de l'eau, la tête rejetée en arrière pour admirer le ciel nocturne. C'était une nuit sans lune.

Elle s'arrêta, se retourna vers lui et lui fit signe de la rejoindre.

« Regarde, fit-elle en pointant une constellation du doigt, c'est la Grande Ourse. »

Il acquiesça, hésita, mais résista à la tentation de lui prendre la main. Il devait la laisser faire. Précipiter les choses n'équivaudrait qu'à la perdre pour toujours. Alors il se résigna à ne pas bouger et à juste l'admirer de loin. Il ne vit pas le coup d'œil rapide qu'elle lui avait jeté au moment où il avait commencé à tendre la main, et l'ombre d'un sourire.

Et soudain, tout doucement, elle glissa ses doigts dans la large paume de son compagnon, sans détourner le regard des étoiles au-dessus de leurs têtes. Tom lui coula un regard surpris, puis l'imita. Un sourire tendre étira simultanément leurs lèvres.

o-O-o

« Hey, ils reviennent.

-Venez, on va les suivre pour voir où ils en sont. »

S'envelopper de leurs capes d'invisibilité fut l'affaire de quelques secondes, et bientôt, ils se tenaient dans le hall d'entrée, attendant impatiemment le retour des deux adultes. Une minute plus tard, Tom s'effaçait pour laisser passer la mère de ses enfants, lesquels retinrent à grand-peine une exclamation en voyant à quel point elle était belle.

Oh bon sang!

« ...Je pensais que l'illustre Lord Voldemort était le meilleur dans toutes les matières.

-Je l'étais... sauf en astronomie. J'ai toujours eu une sainte horreur de cette manière. Même si je n'avais que des O, bien entendu.

-Qui était premier, alors?

Le Seigneur des Ténèbres grogna.

-Tu vas rire, mais c'était Alphard Black.

Elle le dévisagea, incrédule.

-Tu te moques de moi.

-Non! Les Black sont tous nommés d'après des étoiles ou des constellations, c'est injuste! »

Elle rit doucement. Ensemble, les deux adultes gravirent les escaliers, devisant tranquillement, et s'arrêtèrent devant la suite de la jeune femme. Les six adolescents retinrent leur respiration, attendant... la suite, un baiser, une retraite précipitée dans la chambre, n'importe quoi! Au lieu de cela, Aleana leva les yeux vers son compagnon, et sourit.

« Merci pour cette soirée, Tom. C'était fabuleux.

-Je suis heureux que ça t'ait plu. Nous y retournerons, si tu veux.

-Avec plaisir. »

Il y eut une pause.

Bon sang, mais embrassez-vous, par Salazar!

Mais ils se regardaient. Elle finit cependant par se détourner, s'arrachant difficilement à la contemplation des traits sculpturaux de l'homme qu'elle aimait, et ouvrit sa porte. Elle fit un pas en avant, hésita, s'immobilisa. Un coup d'œil par-dessus son épaule lui confirma qu'il était toujours planté dans le couloir à la regarder.

L'instant d'après, elle était dans ses bras, les doigts noués autour de son cou, et elle l'embrassait avec passion, laissant transparaître dans ce baiser, le premier depuis quinze ans, toute la force des sentiments qui l'avaient agitée et l'agitaient toujours dès qu'elle se retrouvait en sa présence.

Dans le couloir, six adolescents regardaient, fascinés, le baiser le plus amoureux qu'ils aient jamais vu de leur vie, et se retenaient de ne pas hurler de joie.

o-O-o

« Alors, c'était comment, hier soir?

Tom releva la tête, remarqua immédiatement les regards un peu trop intéressés des adolescents, et eut un sourire carnassier.

-Si vous pouviez penser un peu moins fort la prochaine fois que j'embrasse votre mère, j'aurai au moins l'impression d'être seul avec elle.

Ils en restèrent bouche-bée une minute entière, avant de se reprendre et de rougir furieusement, honteux.

-Tu... tu savais qu'on était là? »

Ils n'eurent pour toute réponse qu'un rictus de prédateur, et déglutirent. Le Seigneur des Ténèbres les avait pris la main dans le sac.

o-O-o

« Vous n'auriez pas vu Ali?

-Dans la bibliothèque. »

Tom remercia son fils, et entra dans la pièce voisine, où la jeune femme s'était endormie, la tête sur un roman moldu. Secouant la tête, il ferma le livre en prenant soin de marquer la page, et la prit dans ses bras en faisant attention de ne pas la réveiller, avant de l'emmener dans sa chambre. Au moins, sur son lit, elle ne se réveillerait pas avec un torticolis et des courbatures partout. Il la déposa doucement sur la couverture et voulut quitter les lieux, mais elle avait les poings crispés sur sa chemise, et refusait de lâcher prise. Doucement, il essaya de se libérer, mais s'immobilisa aussitôt qu'elle remua un peu.

« Tom...?

Une paire d'émeraudes embrumées par le sommeil apparut lorsqu'elle battit lourdement des paupières.

-Rendors-toi. Murmura-t-il en lui caressant les cheveux d'un geste apaisant. Tout va bien.

-Mmm... Elle se tourna sur le côté. Reste... »

Il la dévisagea, incrédule, alors même qu'elle sombrait de nouveau dans le sommeil, hésitant sur la conduite à tenir. Rester? Partir? Finalement, il décida de partir, mais se ravisa en se disant qu'elle prendrait peut-être son départ pour un rejet. Et d'un autre côté, si elle n'était pas consciente de ce qu'elle venait de dire, le réveil risquait d'être brutal... Mais Ali n'avait jamais vraiment été somnambule, alors...

Alors il prendrait le risque.

Il s'endormit avec la femme qu'il aimait dans ses bras, blottie contre lui, la tête contre sa poitrine.

Le sourire aux lèvres.

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Ils vécurent ensemble pendant plusieurs mois, s'efforçant juste de vivre une vie de famille normale, d'apprendre à se connaître. Tom multipliait les marques d'affection dont il savait qu'Ali avait tant manqué étant enfant, tout en restant discret, et voyait avec délice la jeune femme se rapprocher de plus en plus de lui. Elle, de son côté, tentait de ne pas se laisser avoir trop vite, de se ménager, d'attendre d'être sûre... Mais elle aimait Tom, l'avait toujours aimé, et ses efforts étaient de plus en plus difficiles à maintenir. Et tout en lui suintait la sincérité.

Si « l'Incident » ne s'était jamais produit, peut-être se seraient-ils mariés après la guerre. Mais ils avaient déjà gâché quinze ans de leur vie à cause d'un malentendu. Et elle était fatiguée de se battre contre son cœur. Tout en elle hurlait de faire confiance à Tom. Et elle décida donc de se jeter à l'eau.

Si cela tournait mal, elle savait qu'il y aurait quelqu'un pour s'occuper de Serene. Elle disparaîtrait, pour toujours, cette fois.

C'est ce qu'elle lui dit, moins la menace de suicide, un beau jour d'hiver. Le sourire qu'il lui fit aurait pu illuminer le manoir entier pendant des années, avant de disparaître alors qu'il posait un genou en terre et élevait un écrin bleu nuit devant lui. Lorsqu'il dévoila une bague en or sertie d'un rubis et d'un saphir, elle aurait pu en pleurer de joie.

Elle ne remarqua jamais les larmes qui roulaient sur ses joues lorsqu'elle accepta sa demande.

Lui n'entendit que le « oui ».

Le jour de leur mariage était l'anniversaire de leur première rencontre en tant qu'alliés officiels, le 25 juin. Leurs amis et leurs enfants ne se tenaient plus de joie. Elle était resplendissante, la robe en soie ondulant gracieusement autour de ses jambes, et lui, plus impressionnant que jamais avec ses robes de cérémonie aux couleurs de la maison des Serpentard.

La passion qu'ils partageaient crevait les yeux lorsqu'ils s'embrassèrent, et lorsqu'ils se détournèrent de l'autel pour faire face à leur avenir, il n'y avait plus que du bonheur dans les émeraudes qui avaient été tristes pendant tant d'années; de la clarté dans les orbes carmins autrefois assombris par le regret.


Eh bien voilà, c'est fini! Qu'en avez-vous pensé? La fin de l'histoire ressemblait plus à des drabbles qu'autre chose, c'étaient les scènes les plus significatives de leur vie au manoir et des efforts de Tom pour faire la cour à Ali, j'espère que c'était clair. Tout ça est donc réparti dans le temps, ça ne se produit pas en un jour ou même une semaine, plutôt sur plusieurs mois.

Dites-moi si vous avez aimé! Une 'tite review pour l'auteur siouplaît!

Bisoux!