Disclaimer: Spencer Reid et Derek Morgan ne m'appartiennent pas.
Ce très court os est écrit dans le cadre des 24 heures du FoF, il fallait rédiger un texte portant sur le thème « rêve » en deux heures maximum (divulgation du thème, écriture et postage).
Bonne lecture ^^
Spencer Reid n'avait jamais aimé dormir. L'idée même du sommeil l'insupportait.
Il avait toujours considéré ce phénomène, somme toute naturel, comme une infâme perte de temps.
La seule pensée de passer plus d'un tiers de sa vie à dormir, vingt-sept ans et six mois selon les plus récentes statistiques, le rendait étrangement nauséeux.
Notre existence sur terre était déjà assez courte sans que nous n'en gaspillions si futilement un temps aussi conséquent avec une chose si stupidement ennuyeuse que le sommeil.
Depuis ses onze ans Spencer s'employait à ne pas perdre de temps. A vivre le plus productivement et pleinement possible. A ne pas dormir.
Son addiction à la caféine comme l'acharnement qu'il avait développé à ne s'abandonner au sommeil qu'aux petites heures du matin, l'avait à son plus grand bonheur rendu quasiment insomniaque.
Il ne dormait généralement pas plus de trois heures par nuit et cela lui convenait parfaitement...
Si vous aviez demandé à Spencer Reid l'origine des sombres cernes s'étalant en permanence sous ses yeux c'est ce qu'il vous aurez volontiers affirmé.
Il aurait menti.
Ce n'est pas le sommeil que Spencer rejetait avec tant de force mais plutôt ce qu'il impliquait, contenait.
Le sommeil c'était rempli de rêves. Et les rêves étaient sans doute l'une des choses qu'il haïssait le plus au monde.
Du plus loin qu'il s'en souvienne, les rêves avaient toujours été pour lui des sortes de monstres cruels et rampants, entre absurde et réalité.
Quand il était enfant chaque nuit, il rêvait aux crises d'hystéries que sa mère subissait tout au long des journées. Elles lui semblaient toujours plus violentes et destructrices une fois les lumières tombées. Il lui arrivait aussi de voir en rêve le regard plein de mépris que lui avait adressé son père avant de partir en claquant la porte. Le bruit de cette porte résonnait toujours bien plus fort dans son esprit subissant les affres du sommeil.
Il avait grandi, l'adolescence venue les rêves avaient eux aussi changés : les humiliations que lui infligeait ses camarades, les coups et insultes qu'il essuyait chaque jour, se transformaient en véritables séances de tortures une fois la nuit venue. Sa mère visitait aussi régulièrement ses songes, à l'intérieur d'eux elle avait cédé à une démence complète, souvent elle l'égorgeait avant de se taillader les veines.
Il était devenu adulte : dans sa tête défilaient des photos sur papier glacé, elles représentaient des corps torturés, mutilés, violés. Toutes les horreurs sur lesquelles il enquêtait en journée. Dans son sommeil c'était toujours lui le monstre responsable des massacres.
Parfois il se réveillait, paniqué et désorienté, se demandant s'il était effectivement un assassin, si son esprit s'était suffisamment éparpillé pour qu'il ne se change en l'une des âmes damnées que lui et son équipe traquaient. Il en aurait presque pleuré de soulagement lorsqu'en remontant le fil de ses journées, il constatait qu'il n'avait pas mécaniquement pu procéder aux crimes dont il s'accusait.
Ces derniers temps cependant certains des rêves s'imposant à lui lors de ses quelques heures de sommeil quotidiennes avaient une nature curieusement plus légère. Lorsque la réalité se rappelait à lui et qu'il ouvrait les yeux sur un corps délicatement musclé, chaleureusement confortable et doré, il ne pouvait s'empêcher de penser que, puisque Derek Morgan était presque aussi beau et énergique dans ses rêves que dans la réalité, il pouvait bien s'accorder quelques heures de sommeil supplémentaire en sa compagnie. En attendant que celui-ci ne s'éveille pour de bon. Quelques heures de rêveries dorées.
