Disclaimer : Les personnages de Twilight ne m'appartiennent toujours pas (malheureusement) et ça ne changera jamais (bouhou).
Je remercie toujours les personnes qui ajouté ma modeste contribution dans leur liste à suivre / préférée. Ce serait encore et même mieux si j'avais plus de reviews ;)
Quelques précisions: Edward et Alice sont frère et sœur. Esmé et Carlisle en sont les parents. Carlisle ne sera pas très présent lors de cette fic mais vous saurez que sa présence même minime a une importance.
Tentation est le nom du journal pour lequel ils travaillent tous les deux ainsi qu'Emmett, Rosalie et bientôt Bella.
Doc, eh bien… il fait référence à Doc du film Retour vers le passé. Je pensais à lui en appelant ce personnage Doc.
Je ne fais pas dans l'ésotérisme ou le fantastique, le rêve d'Edward aura une explication logique ;)
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Ch4 : La Tentation
Comment? Par quelle magie était-ce possible? Etais-je bien ici ou bien me trouvais-je au fond de mon lit?
Je me pinçai. Je constatai avec une douleur exquise que j'étais bien éveillé. Tout ce qu'il y avait de plus éveillé.
Elle prit la parole:
« Bonjour, je viens pour votre annonce.
Voix divine. Meilleure que dans mes songes les plus fous. Chantante et posée à la fois.
- Oui, répondit Doc.
A son expression de joueur de poker, je sus qu'il était intrigué. Elle avait parlé avec une aisance particulière, sans bredouiller, le surprenant dans ses attentes. Moi-même, après être revenu de ma surprise initiale, j'étais abasourdi par ses paroles claires et sans ambigüité.
Et son timbre… Elle me laissait rêveur…
- Je suis consciente que je n'ai aucune référence et que je n'ai aucune expérience dans l'écriture ou dans l'art de tenir une rubrique mais il faut que vous me laissiez une chance.
Il faut? Pourquoi il faut?
- Donc, tu n'as pas de CV intéressant à nous proposer… alors pourquoi?
- Je suis passionnée par les arts, j'aime lire et je le ferai gratuitement. Je n'ai pas besoin d'être payée. Mais donnez-moi juste une semaine et je ferai mes preuves.
En tout cas, elle savait ce qu'elle voulait mais… Une semaine? Elle pensait vraiment nous impressionner aussi vite? Blasé comme j'étais, j'avais tendance à accepter les changements que très lentement. Et encore…
- Bon, on va tenter le coup alors. Je te donne un thème, je te demande juste de me donner un court article répondant à mes attentes. Pour la semaine prochaine, même heure. D'accord?
- Oui.
Doc suivait mon raisonnement. Il la testait. Elle devait être capable de synthétiser toute une semaine de recherches dans quelques phrases concises et explicatives. Elle devait pouvoir faire passer l'essentiel dans quelques lignes.
Je me surpris à espérer que Doc ne lui donne pas quelque chose de trop difficile.
- Le déni de grossesse.
Aïe! Doc se montrait sévère, là. Il devait avoir été décontenancé dans le mauvais sens. Mais quelle était ce sourire qui se dessinait sur le coin de ses lèvres? Même ses yeux dansaient!
- Juste une question? Je suis jugée sur le contenu de mon texte, sur la forme ou sur les deux ?
Bien pensé! Elle m'intriguait de plus en plus.
- Est-ce important ?
- Eh bien, oui. Parce qu'en ce qui concerne le contenu, je peux tout de suite vous donner un topo alors que pour la forme, une bonne nuit et vous n'aurez même pas besoin d'attendre une semaine. Vous aurez mon papier demain.
- Je suis curieux maintenant. Parle.
Moi aussi, je brûlais de savoir ce que son cerveau recelait. Pouvait-elle encore happer mon attention plus?
- Le déni de grossesse se définit comme le fait pour une femme enceinte de ne pas avoir conscience de l'être. C'est ce que rappelle le Dr , pédopsychiatre français, dans une thèse qui fait référence, Déni de grossesse, essai de compréhension psychopathologique.
Une des idées fausses circulant sur le déni est qu'il ne peut concerner que de très jeunes femmes ou des femmes "attardées". Rien n'est plus faux, comme le prouve une étude française récente menée pendant de sept ans auprès de 2 550 femmes.
Cette étude fait surtout ressortir que près de la moitié des femmes victimes d'un déni est déjà mère d'un ou de deux enfants (26 femmes sur les 56 étudiées). Le fait d'être déjà mère ne protège donc pas contre le déni, et ne permet pas de facto à la femme de "reconnaître", d'avoir conscience de son état de grossesse. Autre information de poids : tous les milieux sociaux sont concernés. Le déni n'a donc pas une explication "sociale" mais, comme les principales affections psychiatriques, il est réparti au hasard dans la population. [1]
Le déni de grossesse doit être considéré comme une maladie. La femme enceinte en plein déni en est la première victime.
En même temps, lorsque sa maladie fait d'autres victimes qu'elle, le plus souvent, lé bébé, il faut prendre des mesures qui nécessitent de concilier deux buts, guérir la femme tout en la faisant prendre conscience de la gravité de ses actes. Le problème réside dans le juste dosage de ladite mesure.
Durant tout le temps de son discours, ses yeux s'étaient illuminés d'une flamme incandescente. Elle me transperça, me laissant sans voix. Elle me troubla même par l'intelligence de ses propos. Je jetai un coup d'œil sur les autres.
Alice était littéralement suspendue aux lèvres de la nouvelle venue. Rosalie arborait un visage fermé mais je n'en étais pas étonné. Elle se méfiait d'instinct de tout le monde. Emmett semblait amusé. Je me demandais pourquoi. Et Doc se grattait la barbe, pensif.
Je me retournai vers elle. Elle semblait anxieuse, triturant discrètement ses doigts.
Je restai glué dessus. Elle les avait petits, comme la main d'un enfant, mais fins. J'en déduisis qu'elle devait être une sportive. Un oisif les a boudinés. Finalement, Doc sortit de ses réflexions.
- Joli discours, surtout quand on sait qu'il a été improvisé. Langage clair, précis, soutenu, ce que j'attendais. Contenu bien argumenté: problème-solution. Objectif tout en prenant à témoin. OK. Je t'embauche. Tu seras payée à la prestation, bien entendu. Le salaire n'est pas mirobolant mais la passion t'anime et ça me plaît. Tu travailleras en solo mais l'aide de l'équipe ne t'est évidemment pas refusée.
- L'équipe?
- Ah oui! Suis-je distrait. J'en oublie les règles de courtoisie avec tout cela mais tu ne reconnais aucun d'entre nous?
- Non, je suis désolée si ça peut paraître bête mais je suis arrivée en ville il n'y a même pas un mois alors je ne suis pas très au courant.
Si elle était nouvelle en ville, d'où est-ce que je connaissais son visage au point d'en rêver toutes les nuits? Cette énigme me taraudait. Je sus qu'elle me tracasserait jusqu'à ce que j'obtienne une réponse.
-Alors, tu as Alice et Rosalie. Elles s'occupent respectivement de la rubrique BD et musique.
Ensuite, voilà Emmett pour la littérature, Edward pour l'actualité et moi-même, Arthur, pour les sciences.
Nous ne sommes que des amateurs réunis par notre hebdo, la Tentation mais tu constateras que nous nous donnons entièrement pour nos numéros. Rosalie est connue localement pour son groupe de musique de rock, l'Arcade et elle commence à se faire remarquer aux concours nationaux. Alice participe régulièrement au festival de la BD d'Angoulême, en France et c'est grâce à son talent que la ville lui offre ses billets. Emmett, c'est le moins entreprenant. Il n'ose pas tellement se lancer mais j'arriverai à le convaincre de faire lire ses ouvrages, continua-t-il avec un clin d'œil complice vers elle.
Ce dernier signe ne trompa pas. Il l'avait acceptée. De plus, il ne prenait jamais autant la parole d'habitude, sauf quand un sujet l'exaltait. Il poursuivit son monologue.
Edward se destine au journalisme donc tu peux le questionner sur n'importe quoi, il saura te répondre et t'orienter. Quant à moi, je suis professeur à l'université de Seattle au département de la Recherche. Nous avons monté ce journal au départ parce qu'il n'en existait pas qui s'adresse aux étudiants et désormais, ça fait partie de nous.
On ne se donne pas de sujet pour les numéros. On écrit au gré de nos envies. Tu peux traiter de ce que tu veux tant que ça reste convenable, tout de même. Celle qui occupait ta place faisait le cinéma mais tu n'es pas obligée de la reprendre. Tu as le choix d'autre chose. Quelle est ta préférence en ce qui concerne ta rubrique …. Hum…?
- Bella.
- Vraiment distrait, désolé encore. Ha ha ha... Donc?
Sans s'accorder une seule seconde pour réfléchir, elle répondit tout de suite.
- Les arts, en général. Cela couvre plus qu'un thème et j'aime ça. La peinture, les compositeurs, les danseurs… Tous devraient être reconnus peu importe leur domaine.
J'abondai dans son sens. Pour moi, un vrai artiste devait connaître la valeur de toutes les œuvres possibles et non en favoriser certaines au détriment d'autres car elles ne couvraient pas le même domaine.
- J'accepte. Tu devras seulement sortir du temporel, je pense que tu peux faire ça?
- Oui, je comprends. Ce n'est pas intéressant de parler de gens qui ont leur quart d'heure de gloire qu'à cause d'émissions futiles alors que d'autres, talentueux, galèrent.
- Exactement. Donc rendez-vous la semaine prochaine, même endroit.
Elle cligna des yeux. Il fallait suivre Doc pour ne pas être perdu mais j'avais confiance, elle s'en sortirait très bien.
Mais…? Qu'est-ce que j'étais en train de penser?
Elle rougit, sembla hésiter en regardant le bout de ses pieds puis tourna les talons. Je compris: elle se préparait à nous quitter, déjà.
Et Doc la retint à mon soulagement.
- En fait, Bella, tu as su trouver ton chemin avec mes indications?
- Oui, ha ha, je suis rentrée sans encombre. La prochaine fois, je ferai attention à l'heure quand je travaille.
Elle m'ébahit. Elle pouvait donc travailler encore et encore au point de perdre la notion du temps. Comme moi.
- Tu habites où?
Alice avait posé la dernière question à laquelle j'aurais pensé mais je n'en attendis pas moins avidement la réponse de Bella.
Bella… J'aimais prononcer son prénom, même si ce n'était que mentalement, pour l'instant.
-Ce n'est pas très loin. Seulement une petite dizaine de minutes à pied d'ici, trente si on ne coupe pas par le parc. Dans la 30ème.
- On est voisines alors. Je suis dans la 29ème.
Alice sauta sur ses pieds en claquant des mains. Bella l'avait conquise. Comment faisait-elle? Pourquoi Tanya que je connaissais depuis des années n'avait pas réussi à s'entendre avec ma sœur? Je ressentis une pointe d'injustice.
- On va pouvoir rentrer ensemble si tu le veux bien.
- Je suis d'accord.
- Tu as des loisirs, interrogea Rosalie sans enthousiasme.
- Eh bien, je fais de la danse et je joue quelques instruments…
- Lesquels, enchaîna-t-elle alors toute excitée.
- Du piano, de la guitare, du violon et de la batterie.
- Rien que ça, rit-elle.
Cette énumération me laissait baba. Soit elle s'ennuyait vite, soit nous avions en face de nous un prodige.
- Mais je ne suis pas assez forte pour jouer en public, ajouta-t-elle hâtivement, toujours en rougissant.
Modeste avec ça!
- Tu as quel âge, intervint Emmett.
- J'ai vingt ans. Pourquoi?
- Je me disais bien que tu étais jeune mais comment tu as fait pour te retrouver prof de danse alors?
Vingt ans seulement? Sa manière de s'exprimer me suggérait le contraire. Elle me semblait mature. Nettement plus que quelqu'un de son âge devrait l'être. En effet, comment une fille pouvait se montrer aussi posée et réfléchie dans ses paroles?
- C'est une drôle d'histoire en fait. Mais je ne suis pas prof. Seulement assistante. Je tente le concours cette année pour le devenir.
Si jeune mais déjà si résolue! Soudainement, je ne pus rester plus longtemps ici. Il fallait que je m'éloigne d'elle immédiatement!
Car sinon, elle achèverait de me détourner de Tanya en attisant toujours plus ma curiosité.
Ce n'était pas sain du tout. Je me sentais mal à l'aise.
Plusieurs centaines de kilomètres me séparaient de ma petite amie. Toutes les nuits, je rêvais d'une autre. Ce soir, cette autre se matérialisait devant moi et elle m'attirait.
Non, il fallait que je m'éloigne, que j'organise mes pensées, loin d'elle. Tout de suite !
- Hé, Doc, j'ai un truc à faire. Je reviendrai dans une heure. »
Je rassemblai mes affaires à la hâte, ne prenant même pas le temps de les ranger convenablement et me levai. Je me retins de courir pour ne pas avoir l'apparence de m'enfuir comme un voleur. Dès que j'eus fermé la porte, j'inhalai un grand bol d'air.
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[N/A 1] Je n'avais pas envie de rédiger un discours alors qu'il y a un article très bien dessus que vous pourrez lire plus en détails là: http://www (dot) afrdg (dot) info/article (dot) php3?id_article=1
[2]J'ai décidé d'attribuer arbitrairement une chanson à chaque chapitre. Chanson qui reflétera l'esprit du chapitre.
La chanson qui résume tout le livre : Starry, starry night (Vincent) de Don McLean.
Cette chanson est superbe et si vous l'écoutez, vous comprendrez que ce sera l'humeur générale du point de vue d'Edward.
Toutes les chansons EPOV sont en anglais et parallèlement, celles du BPOV sont en français.
Vous voulez les avoir en livres? Allez voir sur mon profil, le lien vous y mène.
Cependant, pour des raisons évidentes de droits, les prénoms des principaux protagonistes ont été changés
Retournons à nos moutons. Enfin, les miens^^
Pour le chapitre 1 : All apologies de Nirvana.
Pour le chapitre 2 : Strangers in the night de Franck SINATRA. Cette chanson est magnifique et je voulais absolument lui dédier un chapitre, donc c'est fait.
Pour le chapitre 3 : No line in the horizon de U2.
Et pour celui-là : Because I want you de PLACEBO.
