Disclaimer : Je possède seulement une copie des livres de la saga Twilight et bla bla bla…
Chanson du chapitre : Wicked game de Chris ISAAK.
Encore une fois, c'est un clin d'œil à Friends comme c'est la chanson sur laquelle Ross et Rachel s'embrassent pour la première fois. Coincidence? (Ben, c'est Joincidence avec un C^^. Ok, j'arrête mon délire.)
Réponse à quelques reviews anonymes :
Nana : Tant mieux si t'as été perdue. Ca veut dire que l'effet recherché a été obtenu. Bienvenue sur la fic, en passant. J'espère que tu apprécieras la suite et fin (parce que comme annoncé, j'arrive lentement mais sûrement à la fin.)
Sophiebélier : Merci pour ta fidélité. Fais-toi un compte. Tu recevrais les teasers comme ça!^^
Millie et celles qui voulaient de la lecture: Merci pour ton commentaire! Le chapitre est coupé mais y a de la lecture quand même, don't worry.
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Ch 15 : L'arrivée du printemps
Je me réveillai, les muscles endoloris et bercé par le chant des oiseaux perchés sur une branche d'un arbre voisin de la fenêtre. Les rayons du soleil m'éblouirent et il me fallut quelques secondes en plus pour sortir de mon aveuglement temporaire. J'avais mal à la tête. Cela faisait toujours cet effet lorsque je restais au soleil trop longtemps. C'était pire que si j'avais bu un coup de trop. Alice en riait souvent, s'amusant à me comparer à un vampire parce que j'évitais les expositions comme la peste. Mais… Alice! L'évocation de ma sœur suscita en moi un curieux sentiment. J'étais sûr d'avoir oublié quelque chose. Quelque chose d'important.
La tête de BJ reposait au creux de mon torse et elle était étendue à mes côtés. Comment avions-nous réussi à nous coucher ensemble sur ce canapé sans que je n'en garde aucun souvenir? Je tentai de remuer mon bras engourdi, sans succès. Il ne m'obéissait plus. Idem pour mes jambes lourdes. J'allais avoir le dos en compote! Je tournai la tête et ne rencontrai que l'écran de la télévision qui était restée allumée toute la nuit. A part cela, il n'y avait aucun bruit pour troubler notre quiétude. Rien du tout. Je refermai les yeux. Tout était si naturel. Plus rien n'avait d'importance. J'étais là, j'avais BJ dans mes bras et c'était tout ce qui comptait…
J'allais sombrer une nouvelle fois dans le sommeil lorsque tout à coup, je fis un sursaut et je fixai le plafond. Un éclair de lucidité vint éclaircir mon esprit embrumé. Quoi? Je clignai des yeux, une fois, deux fois, plusieurs fois, en réalisant que je venais de passer la nuit avec elle. Oh mon Dieu… Attendez! Je me pinçai. Je n'allais pas me faire avoir cette fois-ci! Aïe! Oh miracle! Cette fois, ce n'était pas un rêve! A cette sensation de joie et d'émerveillement, la panique vint s'ajouter, achevant de me réveiller complètement. Je portai mon poignet vers mon visage et regardai ma montre. Oh-mon-Dieu! Décidément, j'allai répéter cette phrase des milliers de fois avec BJ!
« Hey, BJ, réveille-toi. »
Je la secouai avec ménagement mais elle resta obstinément dans les bras de Morphée en soupirant d'aise. Le sourire flottant sur ses lèvres m'indiqua qu'elle n'était pas prête de se réveiller de sitôt et pendant l'espace d'une seconde, je fus tenté d'arrêter mes tentatives malheureuses et de la rejoindre dans l'inconscient. Après tout, il n'y aurait pas mort d'homme, si? Malheureusement, la réalité m'empêcha de céder en me rappelant que je n'étais pas censé être ici et je commençai à la secouer plus fort. En vain. BJ était une vraie marmotte! Elle marmonna inintelligiblement et attrapa ma main pour la laisser contre sa joue. Ses petits doigts serrèrent mon poignet comme si j'étais un doudou et je pouvais sentir son souffle chaud me lécher comme un millier de flammes tant et si bien que j'eus des frissons. Mon cœur se mit à battre plus fort et menaçait de rompre à tout moment. Je pouvais toucher et savourer la douceur de sa peau de pêche. Exactement comme dans mon rêve. Je me demande si ça ferait pareil avec ses seins, songeai-je avant de soupirer et de retirer ma main. Enfin, essayer, car c'était sans compter sur BJ qui la serra plus étroitement comme si j'étais un doudou. Et comme si cela ne suffisait pas, elle se mit à lécher mon pouce. Non seulement j'étais prisonnier mais en plus, je me retrouvai dans une situation périlleuse et douloureuse pour une certaine partie de mon anatomie. A force, j'étais sûr que j'allais imploser si je ne faisais rien pour arranger ça… L'intérieur de sa mâchoire était exactement comme je l'avais rêvée: chaude et humide à souhait. Le petit garçon en moi, non pas l'innocent, l'autre, le perverti, trépigna d'impatience en piaillant "Et moi? Et moi? Moi aussi, je veux y aller!" et une étrange bataille se fit entre ma raison et ce petit bonhomme. Si je le laissais gagner, je n'avais plus qu'à courir tout de suite à la salle de bain pour le contenter et le faire taire. Je secouai la tête. Que faire?
Je penchai ma tête vers elle. Je mourrais d'envie de poser mes lèvres sur les siennes, si douces et tentantes, pulpeuses et hypnotisantes… Ses cheveux lui barraient le visage et se posaient sur son nez. Avec ma main valide, je m'affairai à les lui écarter. Je ne me contrôlais plus, j'étais mû par quelque chose d'indéfinissable. Si j'avais pu aller au bout de mon geste, j'aurais certainement goûté sa saveur. Mais soudainement, ses yeux se mirent à bouger imperceptiblement. Oh non! Pas déjà! Edward, faut savoir ce que tu veux. Arrête de faire semblant d'être raisonnable et recouche-toi! Je repris contenance, ne voulant pas être pris la main dans le sac, mais il n'y avait rien à faire. Elle me la serrait drôlement et là, elle me mordit! Je faillis jurer mais je me retins. Il fallait vraiment que je me tire de ce pétrin ou j'allais finir par me faire manger tout cru!
« BJ, debout!
J'étais énervé. Sa morsure m'avait mis de mauvaise humeur mais comme toujours, elle se fit pardonner immédiatement. Elle commença à s'étirer doucement en baillant. Ce faisant, elle s'arqua comme un chat en levant les bras et son bas-ventre se colla contre le mien. Je ne bougeai pas d'un poil. Little Eddy, t'as pas intérêt à me trahir ou t'es bon pour une douche glacée, menaçai-je la partie de moi qui s'étirait également à mon grand désespoir. Je pouvais froncer les sourcils autant que je voulais, ce scélérat n'oubliait pas contre quoi il se frottait. Malheureusement. Tentant tant bien que mal de rester stoïque, je me relevai doucement pour ne pas la faire tomber sur le sol. Et pour cacher cette protubérance qui se faisait bien trop voyante…
- Ed? Qu'est-ce qu'il se passe, demanda-t-elle de sa voix ensommeillée.
Surpris, je bondis sur mes pieds, vacillant car la pièce tourna tout à coup. Je m'étais levé trop vite. Au moins, cela eut le mérite de faire dégonfler le traître. J'attendis d'avoir retrouvé mes esprits et l'équilibre avant de répondre, paniqué.
- Il est déjà huit heures du matin. Mes parents vont me tuer!
Mon père était compréhensif mais ma mère, c'était autre chose. Je ramassai mes chaussures et les laçai le plus vite possible (mais comment j'ai fait pour les enlever et les balancer aux quatre coins de la pièce sans m'en souvenir?)
- Que? Oh, je suis si désolée! Tu dois avoir tes muscles engourdis! Tu aurais dû me réveiller.
- Parce que c'est ma faute?
Edward, arrête de prendre la mouche aussi vite! Oui, mais c'est ma façon d'être le plus normal possible avec elle! Fais autrement! C'était officiel, j'étais bon à enfermer: je me mettais à me disputer avec moi-même.
- Non! Ce n'est pas ce que je voulais dire! Mais j'ai dormi comme ça toute la nuit? Je t'emprisonnais autant, s'enquit-elle en rougissant adorablement.
- Eh bien…
Elle interpréta mal mon hésitation. Comment lui dire que j'avais passé une nuit merveilleuse et que je n'aurais pas pu rêver mieux? Que je ne souhaitais rien de mieux que de passer toutes mes nuits avec elle et que je ne voulais plus la quitter?
Je visualisais la tête qu'elle ferait si je lui annonçais "Hey BJ, je suis amoureux de toi et même si on s'entend comme chien et chat, je suis inextricablement, irrévocablement et incontestablement à toi et je nous imagine déjà mariés alors passons notre vie ensemble!" Sans aucun doute, elle me regarderait de ses yeux ronds en mâchouillant sa lèvre inférieure et en se balançant d'un pied à l'autre et je m'enterrerai au fond d'un trou, regrettant jusqu'à la fin de mes jours de ne pas être capable de lire ses pensées. Non, décidément, je ne pouvais pas décemment le lui dire. Pas comme ça. Elle méritait mieux que ça. Tellement mieux…
- Je suis tellement navrée! Comment va ton bras? Et ton dos?
- Pas de panique! Je ne suis pas en porcelaine! Je vais bien. Je dois juste bouger un peu et ça ira très bien.
Je faisais le malin mais sapristi, qu'est-ce que j'avais mal! Sans parler de ce torticolis qui me faisait un mal de tous les diables! Mais je ne le lui aurais avoué pour rien au monde. Après tout, j'étais un homme! Et l'homme se devait d'être fort! C'était à lui de prendre soin de la femme et non le contraire!
Mon père m'avait élevé en gentleman en me montrant l'exemple avec ma mère et il était un modèle pour moi. Une fois, Esmé avait fait tomber sur sa tête une casserole en inox sur sa tête. Bon, c'en était une petite mais une chute d'un mètre faisait forcément mal. Il avait juré dans sa barbe mais quand il avait relevé la tête, il souriait et il avait pris Esmé dans ses bras en la dorlotant comme un bébé. J'avais dix ans lorsque c'était arrivé mais je me souvenais encore de l'air qu'arborait ma mère à ce moment-là. Elle se sentait terriblement coupable et Carlisle ne voulait simplement pas en rajouter à son moulin. Maintenant, avec le recul, cela pouvait faire rire mais Carlisle était la générosité même. Il aurait été malvenu de rire de lui.
Je ne voulais pas que Bella regrette cette nuit. Je ne voulais pas qu'elle culpabilise pour le fait que j'avais quitté ma famille pour la retrouver. Elle souffrait déjà assez comme ça. Et c'était à moi de la soutenir. Ca aurait été le comble que ce soit elle qui se fasse du souci pour moi alors que c'était elle qui s'était retrouvée toute seule pour Noël. A cette pensée, je me renfrognai: comment des parents pouvaient-ils laisser leur fille unique toute seule dans une maison vide pour Noël? BJ avait beau m'assurer qu'ils n'étaient pas aussi négligents que je le pensais, il n'empêchait que je trouvais ça injuste.
- D'accord. Je vais préparer un petit-déjeuner pendant ce temps-là.
Elle se leva à son tour et sortit de la pièce sans se retourner. Quel était cet air mélancolique? Avais-je si mal menti?
- Attends BJ.
Elle s'arrêta, fit une pause et lorsqu'elle posa le regard sur moi, l'expression que j'avais captée tout à l'heure avait complètement disparu. Plus rien n'en subsistait. Je voulais la questionner, lui demander ce qui n'allait pas, la bercer et lui dire que tout irait bien mais ce n'était pas la peine. Il était inutile que je tente de lui faire cracher le morceau. Têtue comme elle l'était, je savais que je n'obtiendrais rien. Je bégayai alors la première chose qui me passait par la tête.
- Je peux utiliser le téléphone?
- Bien sûr. »
Elle tourna les talons et disparut de mon champ de vision. Soupirant et maugréant contre ma sottise, je composai le numéro de notre fixe. Bravo Edward, non seulement tu vas te faire incendier tout à l'heure mais en plus, tu vas à la rencontre de ta mort par téléphone. Bravo! Je priai pour que personne ne réponde, pour qu'il y ait eu un tremblement de terre, une inondation, n'importe quoi mais malheureusement, ma mère décrocha dès la première sonnerie:
« Allô?
Rien que le ton de sa voix m'alerta que ça allait être ma fête. Je décidai que sur ma tombe serait gravée l'épitaphe "Il n'avait que 25 ans. Il était trop jeune pour mourir. Il n'a même pas eu le temps de finir sa composition ni d'épouser la femme de sa vie." De mauvaise grâce, je me forçai à articuler.
- Maman, c'est moi.
Evidemment, il n'y avait qu'un homme pour l'appeler Maman mais j'étais nerveux comme un élève passant au tableau devant toute la classe sans avoir appris sa leçon.
- Ah! C'est que maintenant que tu m'appelles, toi…
Telle une tempête, elle déversa toute sa colère sur moi et impuissant, j'assistai à mon exécution. Elle ne me laissa jamais le temps de placer un mot, monopolisant la parole et s'emportant comme jamais elle ne l'avait fait, même avec Tanya. Ce n'est que dix minutes après que je sentis son énervement s'affaiblir.
- Tu te rends compte qu'il a fallu que j'envoie ton père, qui est exténué à cause de son travail, à ta recherche? Tu as de la chance, Edward Anthony Cullen que Carlisle ait eu la délicatesse de vous laisser dormir. Si ça avait été moi, je ne me serais pas privée de te tirer par les oreilles et à coups de pieds aux fesses! J'étais morte d'inquiétude, bon sang! Tu aurais pu, non, tu aurais dû appeler! Nous prévenir. Il aurait pu t'arriver un accident et personne n'aurait rien su!
- Excuse-moi maman, j'avais complètement oublié, parvins-je enfin à articuler.
- Bon, reviens pour déjeuner. Et n'oublie pas d'amener Bella! »
Elle raccrocha enfin, sans attendre ma réponse et me laissant sidéré. Je savais que je ne m'en sortais pas pour autant. Ma mise à mort allait se faire véritablement lorsque nous rentrerions pour le déjeuner. Je n'avais pas du tout envie de me mettre en chemin… BJ rentra alors dans le salon avec le journal sous un bras et un verre de lait dans l'autre. Son sourire me fit oublier ma culpabilité, pour un temps.
« Ca va?
- Pas de souci. Disons que ma mère n'aime pas se faire du mouron, ha ha.
Je ris jaune en la suivant dans la cuisine. Nous nous installâmes autour de la table mais je restai pensif. Les cris et les pleurs d'Esmé étaient toujours présents à mes oreilles et je me sentais coupable de lui avoir infligé tant d'inquiétude. J'avais vraiment agi de manière irresponsable et mon cœur se sentait lourd. J'appréhendais le moment où je la reverrais. Cela ne m'était jamais arrivé. Même pas au temps de Tanya. C'était dire… Et pourtant, j'avais la conviction que j'avais bien agi, que j'avais fais ce qu'il fallait. J'étais complètement en paix avec moi-même vis-à-vis de BJ et tourmenté par rapport à ma mère. Etrange…
- D'ailleurs, tu viens à la maison déjeuner, continuai-je le plus nonchalamment possible en jouant avec ma tartine dans mon bol.
- Ah, manqua-t-elle de s'étrangler.
Elle cracha son verre de jus d'orange sur moi. Alice allait me tuer pour avoir tâché ce pull! Elle n'achetait pas souvent des vêtements mais quand elle le faisait, c'était toujours coûteux et affreusement fragile. Malgré ses dénégations, je savais qu'Alice aurait pu faire carrière dans la mode si elle n'avait pas le dessin. Elle faisait une excellente styliste et elle adorait choisir nos habits. C'était son petit plaisir. Si seulement cela n'était pas arrivé…
Rapidement, je passai en revue dans mon esprit les endroits où j'étais susceptible de retrouver ce pull pour le remplacer à son insu. Avec un peu de chance, Alice ne s'en rendrait pas compte et je n'aurais pas à la voir faire tout un cinéma pour ce malheureux pull. Je me souvins de la fois où j'avais renversé du café sur son écharpe en cachemire. Elle avait crié et s'était précipitée dans la salle de bain. N'arrivant pas à ravoir la tâche, elle avait pleuré toutes les larmes de son corps et m'avait forcé à aller avec elle dans le jardin. Elle tenait une boîte en carton et arborait un air grave. On aurait juré que quelqu'un était mort. Il pleuvait des cordes mais Alice m'avait fait enterrer son étole. Comme si cela ne suffisait pas, alors que j'étais épuisé et à bout de souffle, elle avait insisté pour dire quelques mots. Elle m'avait fait assister aux obsèques d'un bout de tissu! J'étais furieux et abasourdi par ce geste.
Esmé avait ri aux éclats et lorsque Carlisle était revenu le soir, il avait réagi de même. A cette époque-là, je n'avais que 15 ans et Alice venait d'avoir 11 ans. A cet âge-là, elle aurait dû être comme les filles de son âge, jouer avec des poupées, se maquiller pour avoir l'air d'une grande fille mais Alice avait deux passions dans sa vie: le dessin et la mode. Cette dernière aurait dû la rapprocher des autres mais au lieu de ça, Alice était plutôt solitaire. Bien sûr, elle n'était pas asociale, loin de là, elle avait plusieurs bonnes copines mais Alice ne se sentait pas à sa place. Elle était déjà complexée par sa petite taille et ses cheveux, car ils avaient tendance à faire des piques et, un jour, un garçon de l'école l'avait traitée de hérisson superficiel et tous, même ses copines avaient ri en la pointant du doigt. Bien sûr, comme tout grand frère qui se respectait, j'avais corrigé le garçon mais la blessure était là. Béante comme un gouffre. Elle s'était repliée sur le dessin, refusant désormais de suivre la mode. Nous avions beau lui répéter sans cesse que nous ne le pensions pas, que nous l'aimions comme elle était, rien n'avait fonctionné. Jusqu'à l'arrivée de BJ et Rosalie. Avec Rosalie, elle s'était ouverte peu à peu, découvrant les joies des sorties entre filles mais je sentais que quelque chose lui manquait. Pourtant, toutes les deux ensemble, elles s'amusaient comme des folles mais c'était peut-être ça le problème. Il leur fallait une voix de la raison. BJ était toujours en train de râler lorsqu'elle se faisait embarquer mais je savais que le fait qu'elle vienne quand même comptait beaucoup pour Alice. BJ lui faisait penser à ces filles qu'elle considérait comme des amies au primaire et c'est cette gentillesse et cette générosité qui lui manquaient. En fait, avec BJ et Rosalie, Alice était en train de retrouver son peps. Elle assumait enfin ses passions! Donc, il allait vraiment falloir que je retrouve ce magasin…
BJ attrapa un mouchoir dans un tiroir et elle rougit comme une tomate en le passant sur mon torse. Même à travers la laine, je sentis un courant électrique me traverser lorsqu'elle frotta la tâche. Une onde presque magnétique, comme si un aimant œuvrait pour me rapprocher d'elle et pour me pousser à toucher ses délicats doigts, à les entrelacer dans les miens et dévorer ses lèvres pulpeuses sans relâche…
- Ne m'en veux pas. C'est pratiquement un ordre d'Esmé, soufflai-je, incapable de détacher mes yeux des siens.
Elle ne discuta pas plus, à mon grand étonnement et se leva. Cette femme-là, elle savait toujours dans quels moments j'avais besoin de calme pour me retrouver.
- D'accord. Je vais me préparer. Tu prendras ta douche après?
- Hum… si ça ne te dérange pas, j'attendrai d'être à la maison.
- Pourquoi?
- C'est bizarre, je sais. Seulement… Je préfère avoir mes affaires avec moi, rougis-je.
Ou plutôt, si je prenais ma douche dans la même cabine qu'elle, je savais que mes pensées dévieraient et je ne voulais pas prendre de douche froide dès le matin. En prendre une tous les soirs me suffisait déjà comme ça et malgré la menace que je m'étais faite tout à l'heure, je n'avais pas le courage d'affronter le gel aussi tôt.
- Ha ha ha, je te comprends. »
J'entendis bientôt le son d'un jet d'eau couler et je me dirigeai dans le salon parce que si je restais plus longtemps ici, j'étais pratiquement certain que j'irais la rejoindre sous la douche. Je zappai au hasard sur les chaînes de télévision mais j'avais l'esprit ailleurs. Précisément dans une certaine salle de bain. Même le match de baseball ne retint pas mon attention. J'étais en train de redevenir un lycéen!
Lorsqu'elle eut fini de se préparer, elle revint vers moi, toute fraîche et fringante, avec un sweat-shirt dans les bras. Il était bien trop grand pour elle. Je la questionnai avec mes yeux. Elle se contenta de hausser les épaules et de répondre le plus naturellement du monde :
« Ben quoi? En hiver, rien ne vaut un sweat-shirt pour tenir chaud. Et je trouve que ceux qu'ils font pour les hommes sont nettement plus confortables et plus douillets. Remercie Charlie de me laisser en garder un en cachette. Renée passe son temps à jeter tout ce qu'elle juge horribles. Quand ils ne sont pas là, j'aime bien traîner à la maison avec seulement ce sweat-shirt. C'est tout doux!»
Tout compte fait, j'avais besoin d'une douche! Elle me passait un vêtement à elle! A elle! Elle dormait dedans, mangeait dedans et bougeait dedans. Bonheur! Bon, d'accord, il était un peu serré pour moi mais quand elle l'avait revêtu pour me prouver qu'il n'était pas "à mourir de honte", comme l'aurait dit Alice et Renée, non seulement, elle nageait dedans mais en plus, elle paraissait encore plus menue. J'avais eu l'irrépressible envie de la prendre dans mes bras et de la faire tournoyer en l'air comme une enfant.
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Je humais le haut avant de l'enfiler en me réjouissant comme un idiot. Je savais que je m'accoutumerais très vite au fait de sentir comme elle. J'inspirai l'air jusqu'à saturation avant de me décoller de la baignoire. Lorsque je sortis enfin de la salle de bain et rejoignis BJ dans le salon, elle sourit grandement :
« Je suis désolée. J'aurais peut-être dû te montrer où étaient les affaires de toilette de Charlie.
- Pourquoi tu dis ça?
- Je reconnais l'odeur de mon shampooing et là (elle passa sa tête sur mon cou, déclenchant une chair de poule sur tout mon épiderme), celle de mon gel douche. Ha ha ha. C'est malin, j'ai envie de te manger maintenant!
J'avais trouvé les affaires de son père dans l'armoire de toilette mais la perspective de sentir comme Bella m'avait nettement plus séduit. Je n'avais pas résisté. Mais pour ma fierté personnelle, je ne pouvais pas le lui dire.
- Ose, la taquinai-je avec un air de défi.
Et elle osa! Elle porta ses dents à mon cou et me mordit. Gentiment mais assez fort pour sentir ses canines aiguisées. On aurait dit un vampire! Déjà que mon pouce s'en souvenait encore mais là… Un peu plus et elle me mordait vraiment! Son souffle chaud me tétanisa pendant une seconde mais j'eus le réflexe de me défendre en la poussant. Je tendis mes mains et fus happé par ses yeux grands ouverts. Tout s'enchaîna très vite. Je basculai avec elle sur le canapé et je réalisai rapidement que j'étais allongé sur elle. Ca, ce n'était pas le pire. Non. Le pire, c'est que mes mains étaient posées sur ses seins. SUR SES SEINS! O bonheur absolu! Je pouvais mourir tout de suite, je ne me repentais même pas pour la joie que je ressentis à ce moment-là. C'était divin! SES SEINS! Si je n'étais pas en train de m'extasier comme un collégien, j'aurais bondi sur mes pieds et me serais enfui dans la salle de bain pour danser à la façon Chandler Bing.
Elle ne se rendit finalement compte de la situation que parce que je gardais les yeux rivés dessus. Je réagis seulement lorsqu'elle baissa la tête vers l'endroit litigieux. Oh-mon-Dieu! Je me mis à faire à un concours avec elle pour savoir qui de nous deux rougirait le plus.
Je sautai comme si elle m'avait brûlé et me confondis en excuses, qu'elle accepta en bégayant autant que moi après s'être transformée en pivoine. Là, elle avait gagné! Mais… une petite (non, une grande) partie de moi dansait la gigue. Ils étaient parfaits. Ils tenaient complètement dans mes paumes et avaient une consistance parfaite! Fermes tout en étant malléables. Parfait! Je n'avais plus que ce mot à la bouche! Je… Oh non, voilà que je bavais maintenant! J'étais bon pour me rafraîchir longuement le visage!
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Nous nous détendîmes devant l'écran. Furtivement, je ne cessais de humer ses cheveux. Elle sentait toujours la framboise et le muguet. Qu'est-ce que j'aimais ce parfum! Je l'aurais dévorée sur le champ si elle était comestible. Je comprenais mieux maintenant pourquoi elle s'était jetée sur moi! Quoique… Moi, je n'avais pas besoin ça pour avoir envie de me jeter sur elle…
Je ne faisais même pas attention au film que l'on regardait. Je le connaissais déjà par cœur. D'ailleurs, je ne comprendrais jamais pourquoi les filles craquaient sur Simon Woods. Pour moi, l'acteur le plus charismatique était incontestablement Matthew McFadyen. Il dégageait une aura nettement plus attractive alors que l'autre qui était fade et sans profondeur.
« Je suis bien d'accord avec toi. D'ailleurs, j'étais amoureuse de lui quand j'étais petite.
Enfin quelqu'un qui avait le même avis que moi! Je voyais encore Alice dédaigner le film jusqu'à ce que Simon Woods n'apparaisse à l'écran et là, elle avait carrément arrêté de piailler et s'était assise à mes côtés. Décidément, après Brad et Leonardo, je commençais à penser qu'elle avait un faible pour les blonds. BJ était bien la première fille qui…
- Quoi?
- Je disais que j'étais d'accord avec toi. »
J'avais envie de me frapper la tête. Depuis quand je me mettais à penser tout haut? Je la fixai. Elle fit sa moue avec sa lèvre inférieure en fronçant les sourcils. Elle se demandait ce qui me tracassait. Je lui souris pour la rassurer et elle reporta son attention sur le film. Finalement, je résistai à l'envie de la parsemer de baisers et me félicitai pour ma force mentale.
Tout à trac, elle demanda tout à coup si on pouvait se rendre dans sa chambre. J'inclinai la tête, le cerveau en ébullition. Edward, pour la force mentale, tu repasseras.
« Pourquoi tu es si nerveuse?
- Je ne suis pas nerveuse mais il y a quelque chose que je veux te montrer. »
Je la suivis docilement. Qu'est-ce qu'elle peut bien vouloir me montrer dedans? Quand même pas son lit? Le cœur battant, je la vis ouvrir sa porte et m'indiquer d'entrer. Je lui obéis et j'en eus le souffle coupé.
Devant moi, se dressait un magnifique piano à queue. Un Steinway par-dessus bord.[Lien dans mon profil] J'avais toujours pensé que la couleur noire était ce qui convenait le mieux pour un piano, ne serait-ce que pour la conservation de l'ivoire mais le sien était d'un blanc majestueux. Presque royal. Je fis un pas timidement, suivi par BJ. Le lit de BJ se trouvait à côté mais mes yeux restaient glués sur son piano. Quelle splendeur! Je l'effleurai doucement du bout des doigts, de crainte que cette merveille ne s'évapore.
« BJ, ton piano est dans ta chambre.
Ca ne sonnait pas comme une question mais comme un constat. C'était idiot, d'ailleurs. Elle était la mieux placée pour le savoir. Mais j'étais encore interloqué qu'elle dorme à côté d'une telle magnificence et je ne comprenais pas pourquoi. La majorité des personnes disposait d'une salle spéciale pour entreposer une bibliothèque ou un piano. Moi-même, j'en rêvais. Mais BJ était complètement différente.
- Oui. Comme ça, je peux en jouer avant de dormir et dès que je sors du lit.
Logique mais quand même! Elle vivait vraiment pour la musique! Je touchai délicatement les touches. C'était littéralement le piano de mes rêves. Je restais sans voix face à cette beauté.
- Tu peux y jouer si tu veux, souffla BJ, tout sourire.
- Vraiment, m'enquis-je timidement.
J'en mourrais d'envie mais je n'osais pas le demander. Parce que si j'en avais eu un semblable, j'aurais interdit tout le monde, sauf peut-être BJ, d'y toucher.
Et je l'aurais installé dans une pièce aménagée spécialement pour. Et j'aurais été le seul à en détenir la clé.
- Oui. »
Je m'installai dans un silence religieux devant le clavier. Je commençai à interpréter le premier morceau qui me venait à l'esprit. Une étude de Rachmaninov. Je fermai les yeux et me laissai submerger par l'émotion qui m'assaillait à chaque fois que je jouais. Une joie intense mêlée à de la plénitude.
BJ qui s'était tenue à côté de moi recula et depuis son reflet, je l'observai tandis qu'elle s'asseyait sur son matelas. Elle souriait énigmatiquement et ne m'interrompit jamais, ni ne pipa mot lorsque je faisais des fausses notes. Lorsque j'eus fini, elle s'installa à côté de moi.
« Ca te dit un quatre-mains? »
Je ne répondis pas. A la place, je débutai une fantaisie de Schubert et BJ me rejoignit rapidement. Nous passâmes le reste de la matinée ainsi. Entre deux morceaux, je me fis la réflexion, rêveusement: Nous formons un duo de tonnerre au piano. Reste plus qu'à la convaincre d'être ma partenaire dans la vie. Au moment où cette idée me vint, je l'observai attentivement et elle rougit tout en continuant de sourire. Avais-je formulé cette pensée tout haut? Non, tout de même pas… Si?
Nous nous mîmes en route. BJ avait encore revêtu sa chapka. Elle me surprit encore une fois en train de la fixer. Plutôt que de me narguer, le sang lui monta aux joues une nouvelle fois et elle se prit les pieds sur les marches du perron pour se retrouver assise par terre, totalement éberluée. Elle pesta, elle jura mais elle n'avait pas perdu ses couleurs. Au contraire, elle était devenue une vraie tomate mais je ne l'en trouvais que plus adorable. M'abstenant de lui lancer une pique comme à mon habitude, je l'aidai à se relever et nous arrivâmes bientôt. Il y avait intérêt car la voir se frotter les fesses, même en grimaçant, avait été le moment le plus sexy de ma vie.
Alice sauta sur BJ. Littéralement. Ainsi qu'Esmé. C'était incroyable d'assister à l'alchimie entre ces trois femmes.
Ma mère était complètement mordue de BJ. Alice kidnappa BJ, l'entraînant dans sa chambre tandis que je restai seul avec ma mère. Son regard se fit grave. Ca y est, mon heure est venue.
« Edward, te rends-tu bien compte que tu as passé toute la nuit dehors sans nous prévenir du tout ?
Techniquement, je n'étais pas dehors, eus-je envie de répondre. BJ avait une influence incontestable sur moi. Je faisais de l'esprit quand il ne fallait pas! Préférant éviter un autre conflit, je m'abstins de répondre. Ce n'était pas le moment de faire de l'humour.
- Je sais, maman. Je suis vraiment désolé.
- Pour la peine, tu seras privé de sorties pendant deux semaines.
- QUOI? Maman, j'ai 25 ans. Tu ne peux pas me punir comme ça!
- Sache, Edward, que tu es mon fils. Qu'à ce titre, tu seras donc toujours mon petit garçon et que tant que tu vivras sous ce toit, tu ne seras pas exempt de punition lorsque tu me fiches une trouille pareille. Maintenant, file! Tu as ta sœur à contenir. Elle ne tient plus en place depuis qu'elle s'est réveillée. »
Je m'éloignai sans demander mon reste.
Après tout, deux semaines, ce n'est pas si terrible. Et puis, ce n'est pas comme si je sortais. A part la fac et le journal, je suis plutôt casanier. Deux semaines, je devrais pouvoir survivre à cela et puis, je m'en sors plutôt bien. Moi qui croyais qu'elle allait encore me crier dessus…
Je retrouvai BJ et Alice affalées sur le lit de ma sœur, riant à en pleurer. Lorsque j'entrai, elles s'immobilisèrent et refusèrent de me dire pourquoi et je surpris un clin d'œil de ma sœur vers BJ qui se contenta de sourire de manière entendue. Je m'installai entre elles mais Alice me repoussa sans ménagement, me faisant même tomber sur le sol. C'était mon tour d'avoir mal aux fesses :
« Dehors, Edward. A mon tour de profiter d'elle!
- Quoi? Mais je…
Elle ne me laissa pas le temps de finir ma phrase.
- Eddie… Figure-toi qu'Eléazar m'a donné un tuyau sur une bibliothèque à une dizaine de kilomètres…
- D'accord, d'accord. Je m'en vais. A tout à l'heure, les filles!»
Je refermai la porte tandis que leurs gloussements résonnaient dans la maison. Bon, finalement, ma mère n'avait pas besoin de moi pour contenir Alice. J'étais sûr qu'elle se tiendrait tranquille avec BJ pour lui tenir compagnie…
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Le repas se passa à merveille. De temps, nos regards se croisaient et nous nous souriions mutuellement. Puis, Alice et Esmé lui posaient des questions, auxquelles elle répondait avec plaisir et son attention revenait vers moi. Sans que je ne réalise comment, à la fin du repas, nos doigts étaient entremêlés et je constatai avec une joie évidente qu'elle ne faisait rien pour se détacher. Je me sentais bien. Depuis que BJ était arrivée dans nos vies, je me sentais véritablement en famille, à ma place.
Je restai avec mon père à m'entretenir avec lui dans le salon tandis qu'Alice faisait la vaisselle et qu'Esmé conversait avec BJ dans la pièce voisine. Je tentai de les écouter, me penchant sans en avoir l'air et je me retrouvai le nez dans le tapis avec Carlisle riant aux éclats :
« Fils, laisse-la un peu tranquille. Les femmes ont besoin d'intimité!
- Je ne vois pas de quoi tu parles, répliquai-je, gêné.
- Parle-moi plutôt de ton transfert. Comment ça se passe?»
Nous discutâmes donc pendant un bon moment et je m'enflammai à la perspective de faire enfin quelque chose qui me plaisait. Cette atmosphère tranquille dénuée de tension m'apaisait. J'avais la sensation de retrouver mes parents et ma sœur, grâce à BJ.
BJ et ma mère revinrent dans mon champ de vision et sans me pencher, curieux, je tendis l'oreille. Je n'entendis rien de la teneur de leur conversation mais je sus qu'elle avait pris fin quand elles s'embrassèrent et qu'elles nous appelèrent pour que nous nous apprêtions à dévorer le dessert.
****
Alice insista pour raccompagner BJ, me lançant un regard incendiaire pour me dissuader de les accompagner.
Je connaissais Alice, il ne fallait pas la contrarier sous peine de se retrouver embarqué dans une journée shopping aux quatre coins de la ville pour dénicher la perle rare, celle qu'elle recherchait activement, le Saint Graal des dessinateurs comme elle disait. La série du Tintin Périodique n°71. Je n'avais jamais compris sa fascination pour cette bande dessinée. Pour moi, elles se ressemblaient toutes. La première et unique fois que j'avais exprimé le fond de ma pensée, Alice m'avait tapé derrière la tête et s'était lancée dans un discours à la gloire des vestiges de la BD. Il y a des filles qui font du shopping toute la journée pour revenir les bras chargés de sacs remplis de vêtements qu'elles ne mettront probablement qu'une fois, eh bien Alice, elle, était capable de sillonner toute la ville pour un livre. Et c'était un enfer pour mes pieds de l'accompagner. Alors, je m'étais promis de ne plus jamais m'opposer à elle. C'était la menace qu'elle me brandissait si j'avais le malheur de le faire. Et de toute évidence, elle souhaitait avoir BJ pour elle-seule.
Je les regardai s'éloigner petit à petit, adossé au chambranle de la porte puis revins à mon piano. J'avais enfin trouvé l'inspiration qui me manquait pour terminer ma composition. S'il faut que tu dormes avec BJ pour travailler correctement, va falloir que tu lui demandes la permission pour ça! Je ricanai sous cape. Il fallait compter sans. J'allais devoir sérieusement travailler mon piano. Mais après avoir joué sur celui de BJ, le mien me sembla étrangement étranger. Edward, reprends-toi. Tu ne peux pas demander à tes parents de t'acheter un Steinway sur un caprice. Sois raisonnable, voyons!
Alice rentra essoufflée.
« Elle va t'appeler. Tiens-toi prêt du téléphone. »
Mais comment… ? Quelquefois, je pouvais jurer que ma sœur était devin! Car effectivement, la sonnerie se fit entendre.
« Allô?
- Ed?
- Oui. BJ?
- C'est bien moi, rit-elle allégrement.
Je savourai le son de sa voix. Elle ne m'avait quitté que depuis quelques minutes mais je ressentais déjà un manque. Et déjà, j'étais frustré. Dans tous les sens du terme.
- Je voulais te remercier encore pour aujourd'hui mais aussi pour tout ce que tu fais pour moi.
- Tu n'as pas à…
- Je sais, m'interrompit-elle, mais tu m'apportes tellement!
- BJ, tu m'apportes énormément aussi.
Elle ne répondit pas. Je ne me trouvais pas en face d'elle mais je savais qu'elle souriait et comme un idiot, j'en faisais de même. Un silence confortable s'installa. J'avais envie de rester comme ça encore longtemps mais je savais qu'Alice était tapie derrière un mur quelque part et était prête à me sauter dessus si la conversation s'éternisait.
- On se voit demain?
- D'accord. Alors, à demain, Ed.
- A demain, BJ. »
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Notre quotidien redevint le même. L'hiver fit place au printemps.
Emmett et Rosalie formèrent enfin un couple. Enfin, ils s'étaient mis ensemble le jour de Noël mais je ne les avais pas revus avant la rentrée au journal. Seule BJ était au courant mais elle avait respecté leur intimité. Comme elle le disait, c'était à eux de l'annoncer s'ils le voulaient. Finalement, ils n'en avaient même pas eu besoin : il aurait fallu être aveugle et sourd pour ne pas le comprendre. Ils passaient leur temps à s'embrasser et à se sauter dessus.
Néanmoins, ils étaient si soudés et si amoureux que BJ les surnomma Emro, contraction de leurs deux prénoms. Ils étaient indissociables. Là où on rencontrait Emmett, on pouvait être sûr que sa Rosie y était. Je soupçonnai Emmett de vouloir faire sa demande en mariage prochainement. Enfin, c'était surtout parce que je l'avais surpris entrant dans une bijouterie. Je ne l'avais pas approché, ne souhaitant pas le gêner mais j'avais très bien vu qu'il choisissait une bague. Et pas des moindres! Le diamant m'avait ébloui! Rosalie allait être comblée!
A la fin du printemps, BJ et moi étions inséparables.
Lorsque nous ne nous disputions pas, nous conversions sur tout, absolument tout. Et je ne me déclarais toujours pas. J'avais trop peur qu'elle me rejette. J'étais un couard mais je savais que je finirais par le faire alors j'attendais sûrement que le moment y soit propice. Je pensais avoir tout mon temps.
****
Alors que les vacances commençaient à peine, Alice déboula dans ma chambre comme une tornade et décréta qu'il fallait qu'on organise une fête.
« Pourquoi, demandai-je surpris.
- Edward, t'as oublié? C'est la fin de l'année scolaire. Et puis, on a ma licence à fêter!
- Ca ne te suffit pas qu'on ait dîné et bu du champagne?
- Nope. J'ai envie de danser!»
Elle sauta de trépignement, babilla inintelligiblement en gesticulant dans tous les sens, me donnant ainsi le tournis et disparut aussi vite qu'elle était venue. Malgré tout ce que pouvaient dire les médecins, Alice était une hyperactive. C'était certifié! Même si enfant, elle n'était pas comme ça…
Le weekend d'après, tout était prêt. Comment avait-elle fait pour tout organiser en seulement trois jours? Esmé et Carlisle quittèrent la maison, prétextant nous laisser seuls pour que l'on s'amuse mais je savais qu'en fait, ils voulaient se retrouver seuls pour s'amuser, eux. BJ arriva la première et aida Alice à sortir les boissons et préparer le buffet. Emrosuivit et les amis d'Alice entrèrent en masse. Emmett se chargea de mettre la musique et l'ambiance se fit festive. Très vite, je remarquai que Rosalie et Emmett étaient dans leur monde, dansant corps contre corps alors que les autres sautaient comme des serpentins.
Je sentis une tape sur mon épaule. Je me retournai de bonne humeur, pensant que c'était BJ mais à la place, une autre brune me faisait face.
« Salut, moi, c'est Maria. On danse? »
Je refusai, cherchant frénétiquement du regard BJ. Alice était hors de vue et je n'avais que BJ pour me sauver. Ah le bon prétexte, Edward! Avoue que tu ne veux pas être séparé d'elle! T'as pas envie qu'un autre homme lui mette le grappin dessus! Enfin, je la retrouvai, à l'opposé de l'endroit où je me trouvais et avec colère, je m'aperçus qu'elle n'était pas seule. J'étais plus que jaloux, j'étais hors de moi! A grandes enjambées, je la rejoignis. Je crus que j'allais frapper à mort l'abruti qui la monopolisait quand je l'entendis déblatérer de sa voix traînante:
« Allez ma belle, fais pas ta timide. Rien qu'une danse, on va s'amuser! »
Il lui prit le bras et elle se débattit avec fougue. Puis, complètement énervée, elle le rembarra:
« T'es idiot ou quoi? Si je te dis non, c'est que c'est non. Point barre. Fiche-moi la paix, crétin!
Elle avait bu, assurément. Derrière elle, sur la table, je ne comptais pas moins de cinq verres vides. Eh bien, moi j'avais l'alcool joyeux, aux dires de la bande mais BJ, c'était autre chose. Ca la faisait sortir de sa coquille mais en bien. Enfin… pour moi. Elle n'y allait pas par les quatre chemins pour faire déguerpir les indésirables. J'adorais ça! C'était divertissant!
- Eh, personne ne m'a jamais refusé quoi que ce soit. Et je vais pas laisser une gamine comme toi me pourrir la soirée. Tu as de la chance que je t'ai choisie parmi toutes les autres!
En temps normal, BJ se serait tue, terrassée par les choses horribles qu'elle venait d'entendre. Elle n'avait pas suffisamment confiance en elle pour passer outre ce genre de paroles. Mais là, pour mon plus grand plaisir, elle ne se laissa pas démonter.
- Toi? Ha ha ha. Laisse-moi rire. Ta prétention et ta suffisance me rebutent. T'es passable, mais pas assez beau pour me tenter. Canon, c'est Edward derrière toi, qui l'es. Maintenant, fiche-moi la paix et va au diable.
Canon, c'est Edward derrière toi, qui l'es… Je souriais béatement en me repassant en boucle les paroles de BJ.
- Hé toi, attends un p…
- Ca suffit maintenant, la dame ne veut pas de toi alors avant que je ne te mette le poing sur la figure, tu ferais mieux de déguerpir. »
J'arborai un air suffisamment menaçant pour qu'il prenne ses jambes à son cou. BJ se jeta dans mes bras. Elle me trouve canon, elle me trouve canon… arrête de danser la gigue Edward. Focus!
« Merci Ed.
- Tu n'as pas à me remercier, tu t'en es sortie comme une chef toute seule. Je n'ai fais qu'assister à la scène.
- Mais j'avais tellement peur! La seule chose qui m'a soutenue et empêchée de détaler comme un lapin, c'est le fait que tu étais là. »
Comme un lapin, comme un lapin… Comme des lapins…, rêvassai-je. Je n'eus pas le temps de répondre car Alice se glissa avec une bouteille entre nous.
« Ca va Bella? J'ai tout vu.
- Oui, ça va, Alice. Il y a eu plus de peur que de mal, rassure-toi.
- Je suis désolée Bella. En temps normal, Mike n'est pas comme ça. C'est un garçon gentil, il est insistant, mais il n'est pas comme ça quand il est sobre.
- C'est bon Alice. J'ai Edward pour me faire don de son corps, rit-elle sous les yeux éberlués de ma sœur et moi.
Don de mon corps? Quand tu veux et où tu veux! Je suis à toi!
Décidément, l'alcool aidait Bella à avoir plus confiance en elle. C'était sexy comme tout! Alice bégaya quelque chose et elle nous laissa seuls promptement.
- Oh, Ed, danse avec moi! J'adore cette chanson! »
[Note d'auteur: Ecoutez Jai-ho des Pussycat Dolls pour vous mettre dans l'ambiance. Et voyez les paroles.]
Elle me prit la main et nous nous frayâmes un passage dans la foule. Alors que les autres autour de nous sautaient toujours comme des moutons, elle se colla contre moi, me coupant le souffle comme jamais, et entreprit des mouvements de bassin lascifs. Presque sexuels.
Je blâmais mentalement Alice pour l'avoir laissée seule et sans surveillance et en même temps, je me délectais de la sensation de son corps contre le mien. Je me laissai aller petit à petit et mes mains descendirent le long de ses hanches. Elles tenaient entièrement dans mes mains. Comme ses seins, me rappelai-je alors avant d'onduler mes hanches en accord avec les siennes. BJ me sembla si gracile et fragile à ce moment-là qu'instinctivement, je la serrai. Elle ne sembla pas s'en offusquer et au lieu de cela, elle commença à bouger ses fesses contre mon bas-ventre qui réagit au quart de tour. Elle tourna son visage vers moi et je sus qu'elle l'avait senti. Elle me fit ce sourire coquin dont j'avais rêvé et il eut l'effet escompté. Nettement plus qu'escompté. Mon envie d'elle s'accrut considérablement et elle se frotta toujours plus. N'y tenant plus, je la retournai pour regarder dans ses yeux. Nullement surprise, elle passa ses bras autour de moi et appuya son menton contre le mien, continuant de danser. Comment mes mains arrivèrent sur ses fesses? J'aurais dû être raisonnable mais je n'en avais nullement envie. Non, je ne le voulais pas. Au lieu de ça, j'appuyai plus fort et nous étions pratiquement soudés.
Nous étions seuls, plus rien n'existait autour de nous. Même la musique avait disparu mais nous continuions notre slow. Tant pis si les autres se moquaient de nous. Seule, BJ comptait en cet instant. Elle caressa doucement ma nuque, passant la main dans mes cheveux. Ses yeux restaient rivés sur les miens et nous rîmes de concert. J'étais si heureux. Cela me semblait si naturel de l'avoir enfin dans mes bras! Certains garçons tentaient d'obtenir une danse d'elle mais elle les ignorait. J'en faisais de même lorsque j'étais dérangé par des filles : je n'avais d'yeux que pour elle.
Combien de temps nous restâmes à danser ainsi? Je l'ignorais. Le temps n'avait plus d'importance. Mais, ce qui importa le plus pour moi, fut le moment où elle se mit sur la pointe de ses pieds, approcha son visage du mien, déposa un baiser sur mes lèvres et chuchota:
« Je t'aime, Edward. »
Et dans un murmure presque inaudible, je lui répondis :
« Moi aussi, je t'aime Isabella. »
Et dans cette fête qui battait son plein, au milieu de gens qui se soûlaient, qui se draguaient, qui cherchaient des aventures d'un soir, enfermés dans notre bulle, nous nous embrassâmes.
[Et voilà leur premier baiser! Il s'est fait attendre, hein?]
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N/A 1 : J'adore vos réactions suite au rêve d'Edward^^ Surtout celle de x8-twilight-8x qui, apparemment, a dû réveiller ses voisins par dépit (j'ai bien rigolé en te lisant). C et Dille aussi, j'ai oublié de le dire mais tu m'as bien fait rigoler avec tes reviews décapantes. Savais-tu que le personnage de Darcy dans le journal de Bridget Jones était un clin d'œil à Orgueil et préjugés, à cause de Colin Firth, qui avait joué ce rôle en 1995? Comme quoi, tout se regroupe! Bon, la minute qui sert à rien est finie.
2 : Le sondage est terminé. Grâce aux bouées que vous m'avez généreusement lancées, le résultat est : …. (roulement de tambour) … en faveur du postage du point de vue de Bella après que j'ai fini celui d'Edward. Eh vi, vous allez devoir être patientes pour comprendre les points que j'ai volontairement laissés obscurs et pour voir vos interrogations trouver réponse^^ Et j'ai coupé le chapitre en deux. Bon, vous avez de la lecture, 21 pages word au lieu de 45 mais j'ai suivi l'avis général qui voulait que je sois sadique! Mouhaha! Sadique et diabolique!
3 : J'ai en projet un recueil de one-shots. Bien sûr, on retrouve notre couple Edward/ Bella mais aussi d'autres. Les histoires se déroulent dans le cadre de ESSN donc ça sera aussi des compléments de cette trame. Si ça vous intéresse, le lien sera prochainement dans mon profil. Ca s'appellera sobrement : Recueil. Dans la même lignée, j'ai en tête un développement et un fin alternative pour cette fic. Plus lemon et plus fluff. Je pense la poster en même temps que le chapitre 16 et le lien sera aussi dans le profil à ce moment-là.
4 : Je fais un petit coucou aux vilains canards et bienvenue à mes nouvelles lectrices!^^ Je sais que je le dis tout le temps mais c'est vous qui m'encouragez à finir cette longue fic et à écrire toujours plus! Et vos reviews me mettent du baume au cœur.
5 : Qui sera la plus rapide pour reconnaître les répliques que j'ai insérée dedans? Hum? Attention, elles ne sont pas forcément de Twilight. La première qui trouve aura un bon long teaser, comme d'habitude.
6 : Une review pour un teaser. Parce que les reviews, c'est comme jouer à Spider-Monkey avec Robert Pattinson, ça fait planer!
