Disclaimer : Je possède une copie des livres de la saga Twilight, une imagination fertile et un hamster russe qui n'aime pas du tout la chaleur.
Chanson du chapitre: Don't phunk with my heart des Black Eyed Peas.
Z-avez vu, je ne suis pas si sadique que ça, hein? Il est arrivé tout vite ce chapitre! Même pas une semaine.
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Parce que la fic arrive presque à sa fin, on va faire un petit résumé digne des séries, façon Lost in Austen (Elliott Cowan n'est pas Matthew, loin de là, malheureusement mais si vous ne connaissez pas cette série, vous devriez courir la découvrir, surtout qu'elle ne compte que 4 épisodes et qu'elle va être adaptée en film par Sam Mendes):
Précédemment :
Bella, une fille tout ce qu'il y a de plus normale, débarque dans les locaux d'un journal et se fait engager. Elle fait tout de suite amie-amie avec ses collègues. L'une d'elle, Alice, devient sa meilleure amie.
Pendant ce temps-là, Edward, le frère d'Alice qui sort avec Tanya, se casse la tête pour comprendre pourquoi il rêvait de Bella avant de la connaître et est attiré par elle.
Bella se révèle être une artiste. Elle fait du piano et de la danse. D'ailleurs, elle prépare un concours pour pouvoir devenir prof de danse, ce qui attise la fascination d'Edward. Ce faisant, notre Edward est bien malheureux, tiraillé entre son irrépressible attirance pour Bella et sa loyauté envers Tanya et ça ne s'arrange pas quand il se rend compte qu'il a de nombreux points communs avec elle.
Finalement, Tanya rompt avec le pauvre Edward qui, au lieu de se faire consoler par Bella, la console, elle, le soir de Noël.
Bien que complètement amoureux d'elle, il ne fait rien du tout et se contente d'être son ami. Et vient le soir de la fête donnée par Alice :
…Elle se mit sur la pointe de ses pieds, approcha son visage du mien, déposa un baiser sur mes lèvres et chuchota:
« Je t'aime, Edward. »
Et dans un murmure presque inaudible, je lui répondis :
« Moi aussi, je t'aime Isabella. »
Et dans cette fête qui battait son plein, au milieu de gens qui se soûlaient, qui se draguaient, qui cherchaient des aventures d'un soir, enfermés dans notre bulle, nous nous embrassâmes.
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Ch16 : Lendemain de fête
Elle avait beau avoir bu trop de ponche et avoir le goût d'alcool, elle n'en restait pas moins délicieuse. Elle avait cet arrière-goût de je-ne-sais quoi qui la rendait exquise. Je ne m'en lassais pas! Au contraire, ce baiser fruité suscitait en moi un appétit d'ogre. Encore! Encore!
Très vite, notre baiser s'approfondit et je me sentis plonger dans les profondeurs de l'inconnu. Quelque chose me pressait, j'avais envie de plus. Si nous n'avions pas été au beau milieu d'une pièce remplie de dizaines de personnes, je lui aurais sautée dessus en arrachant ses vêtements sans vergogne et je l'aurais faite mienne encore et encore jusqu'à ce sa voix s'éteigne à force de crier mon prénom. Mais je ne pouvais pas la kidnapper comme Alice qui ne se gênait pas pour le faire! … Quoique… Si? Elle s'appuya sur mes épaules et gémit doucement contre ma bouche. Quel beau son! Refais-le pour moi! Je fus exaucé lorsqu'elle s'exécuta en me pressant contre elle. Ses doigts parcouraient délicieusement mon échine et malgré la chaleur qui s'était diffusée dans tout mon corps, ma peau se couvrit de chair de poule à son contact. Pendant une seconde seulement, je me demandai si j'avais pensé tout haut avant qu'elle ne se jette sur mes lèvres, tout aussi insatiable que moi. Emmett se moquerait sûrement de moi car c'est elle qui avait pris l'initiative mais je n'en avais cure. J'avais tant attendu ce moment!
[Note d'auteur : passez Tired of Waiting de Green Day et voyez les paroles. Lien dans mon profil.]
Elle se détacha en soufflant doucement sur mon visage. D'accord, BJ avait un peu bu mais elle m'aimait! Elle m'aimait! Rien que ces mots suffisaient pour me rendre fou de bonheur. J'aurais même été prêt à danser la macarena tellement j'étais heureux! Je caressai son visage tendrement. Ses prunelles chocolat luisaient singulièrement, reflétant sûrement le désir que j'éprouvais à ce moment-là. Nous n'avions pas besoin de mots pour nous exprimer. Nos gestes parlaient pour nous. Ils suffisaient amplement à faire passer nos émotions et nos pensées.
J'entourai sa craquante petite bouille de mes mains en appuyant mon front contre le sien. Elle semblait si fragile! J'étais perdu. Je lui appartenais corps et âme. Toutes les autres filles pouvaient bien essayer d'attirer mon attention, je n'avais d'yeux que pour elle. En comparaison, elle les surplombait toutes. Elle était si parfaite! Comment j'avais bien pu imaginer ma vie avec Tanya? Nous n'avions absolument rien en commun et elle écrasait ma personnalité. Alors qu'avec BJ, c'était le contraire. Nous étions complètement à égalité et nous nous complétions. Ca, j'en étais aussi certain que la lune tourne autour de la Terre.
Mais… Pourquoi m'avait-elle choisi, moi parmi tous les autres? J'étais susceptible, fier, cynique. Je faisais difficilement confiance aux gens et je ne me laissais pas approcher au point que ma mère m'appelait souvent son "lapin sauvage"… Lapin sauvage, lapin sauteur, lapin… Ah ! Je suis bon à enfermer! Je ne pense qu'à ça!, me fustigeai-je avant de revenir à notre danse sensuelle. Je n'avais rien pour moi. Au collège, j'avais une réputation de geek car je préférais rester seul dans mon coin, avec mes livres et mon piano. Au lycée, ce n'était pas mieux. Je ne faisais partie d'aucun club, ni même celui de littérature car Tanya arguait que "ça ne le faisait pas" et que ce "n'était pas bon pour son image". Si j'avais le malheur de ne serait-ce que parler avec quelqu'un, fille ou garçon, elle prenait mon bras avec un visage menaçant et faisait vite comprendre de ne plus jamais m'approcher. Alors, qu'est-ce qui l'attirait chez moi?
Je ne croyais pas dans mon physique. Bon, Esmé et Alice ne se privaient pas de m'affirmer avec moult et moult gestes que j'étais beau. Mais évidemment qu'elles le pensaient, soupira mon moi blasé. Après tout, c'était de ma mère et de ma sœur qu'on parlait. Et puis, j'étais le premier placé pour savoir que c'était éphémère. On ne pouvait pas fonder tous ses espoirs sur sa beauté car c'était comme pour les fleurs, on se fanait. Alors, pourquoi moi? Alors que pratiquement tous les autres garçons de la fête l'avaient invité à danser avec eux, c'était moi qu'elle avait choisi pour partenaire. Moi seul! TILT. Oh et puis… pourquoi tout gâcher avec ces tergiversions? J'avais mieux à faire en ce moment. Comme reconquérir ses lèvres douces… J'étais un sacré veinard! Et je comptais bien en profiter!
Souriant aussi béatement que moi, elle colla son visage contre mon cœur qui battait la chamade comme un fou. Elle me serra fort contre elle en évitant de trébucher et nous restâmes ainsi, dansant un slow, coupé des autres par notre petite bulle personnelle.
Comme pour m'assurer qu'elle ne disparaîtrait pas dans un rêve, je ne cessai de caresser ses cheveux et de parcourir son dos. Pourquoi Alice lui a fait enfiler cette robe? Elle est trop sexy pour son propre bien! En effet, BJ avait les épaules découvertes et je n'avais jamais remarqué comme elle était bronzée! [Photo de la robe de Bella dans mon profil.] Je n'arrivais pas à m'en détacher les yeux. J'avais envie de me pencher un peu plus et de la goûter. J'étais sûr qu'elle avait aussi bon goût que sa langue. Et si mes doigts échappaient à mon contrôle, j'étais certain qu'en poussant un peu les bretelles, je pourrais goûter la chair tendre et ferme de ses seins durcis par le désir. Il suffirait juste que je me baisse. Juste un peu. Et que mes mains accomplissent leur rôle sans fléchir. Ce serait d'autant plus facile qu'elle ne portait pas de soutien-gorge… Oh mon Dieu! Pas de soutien-gorge! Alice était-elle donc inconsciente? A quoi pensait-elle en l'habillant ainsi? Ne pensait-elle pas qu'il y avait plein d'hommes ici qui devaient sûrement être en train de fantasmer allégrement sur BJ? Moi-même, je m'imaginais en train de lui arracher prestement ce bout de tissu pour lécher et aspirer goulûment sa succulente et opulente poitrine. Je rêvais de la pousser sur un lit et de plaquer ma bouche sur tout son corps pour n'en rater aucune parcelle, de lui immobiliser les bras au-dessus de sa tête tremblante des plaisirs que je lui infligerais sans lui laisser la possibilité de bouger ne serait-ce qu'un poil, pour finir par la faire me supplier de la prendre enfin. Je serais violent mais tendre, ce serait fort mais elle hurlerait de plaisir. Nos deux corps en sueur s'uniraient dans une symbiose parfaite et nous atteindrions notre paroxysme en même temps… Je m'interrompis dans mes rêveries. J'allais devoir prendre une douche glacée ce soir encore. A moins que… J'étais sûr que BJ sentait mon érection douloureuse - c'était impossible de rater un truc aussi dur et aussi prêt à exploser au moindre frottement - contre elle mais elle ne faisait aucune remarque. Edward, arrête de te biler. Tu le vois bien que ça lui plaît. Et son sourire coquin… Oh oui, je ne pouvais pas le louper. Je n'avais plus honte. Je voulais qu'elle sache ce qu'elle provoquait chez moi, qu'elle sente l'emprise qu'elle avait sur moi. Elle se mit sur la pointe de ses pieds et chuchota à mon oreille :
« Edward, moi aussi, j'ai envie de toi. »
Et pour achever de me rendre complètement fou, elle me mordilla le lobe de l'oreille et m'en lécha l'intérieur. Mon Dieu! J'étais à deux doigts de la prendre dans mes bras et de la porter à l'étage! Un mot de plus et je perdais mon self-control. Heureusement, j'avais encore un zeste d'emprise sur moi-même et me contentai - difficilement - de savourer à satiété son parfum.
Je serais resté dans cette position avec elle encore longtemps si Alice n'avait pas surgi de nulle part, pris le bras de BJ et ne l'avait entraînée avec elle. Tout ça en même pas une minute, sans que je ne puisse défendre ma prise. Bouche bée, j'assistai impuissant à l'enlèvement de BJ par ma sœur. C'est trop fort, ça. J'arrive à éloigner d'elle ces abrutis et c'est ma sœur qui me vole BJ, maugréai-je. Râlant toujours, je me servis un verre en attendant leur retour. Je discutai un peu avec Emro, qui me racontait des anecdotes sur ce qu'il s'était passé pendant que j'étais dans ma bulle avec BJ. Apparemment, Mike, le blondinet qui avait tanné BJ pour une danse s'était fait rosser par Tyler, le copain d'une fille qu'il avait eu le malheur de draguer. Bien fait pour cet abruti, jubilai-je intérieurement. Et Rosalie avait pratiquement jeté dehors une amie d'Alice, Victoria, pour avoir mis les mains aux fesses d'Emmett. Quand Emmett disait qu'elle était une lionne, ce n'était pas du vent, après tout! Je savais que j'aurais dû leur faire partager mon bonheur mais j'étais encore dans les nuages. Je ne pensais à rien. J'étais bien, j'avais juste envie de rire et de retrouver ma belle. Je ne cessais de guetter furtivement les escaliers en l'attendant.
Cinq minutes passèrent et je commençai à m'inquiéter, ne les voyant toujours pas revenir. Je bus une dernière gorgée avant de me mettre à leur recherche.
Je montai directement dans la chambre d'Alice. Je m'attendais à tout, à les voir sauter sur le lit en piaillant comme des oiseaux, à les voir parler, affalées sur le matelas comme elles le faisaient habituellement, même à voir Alice perchée sur BJ en train de la chatouiller pour la faire parler, mais pas à ça.
BJ gisait là, étendue sur le lit et Alice tentait tant bien que mal de la réveiller en la claquant et en l'appelant sans cesse.
« BELLA! REVEILLE-TOI! BELLA!
- Qu'est-ce que tu fais? Qu'est-ce qui s'est passé?
- On parlait. Enfin, j'essayais de la faire parler quand elle s'est couchée et elle a fermé les yeux. Comme ça! Je n'arrive pas à la faire émerger! Qu'est-ce que je fois faire? Oh mon Dieu, elle fait un coma éthylique! Les parents vont me tuer, qu'est-ce que je dois faire? Et si elle ne… »
Je ne l'écoutai plus. Lorsqu'Alice commençait à paniquer comme ça, elle n'entendait plus rien de ce qu'on pouvait lui dire. Autant dire qu'on pouvait crier que ce serait comme jeter un caillou dans le vent. Je m'assis sur le rebord du lit pour examiner BJ et pris son pouls. Apparemment, elle s'était juste endormie. Je soufflais un grand coup, soulagé. Je ne m'étais pas rendu compte que je retenais ma respiration. Je ne l'aurais pas avoué à voix haute mais j'avais eu peur. Et Alice qui déambulait en débitant ses phrases à toute vitesse…
« Alice! Arrête de tourner dans la chambre comme une bourrique. BJ est juste en train de dormir. Et quand elle dort, une bombe pourrait exploser à côté d'elle qu'elle dormirait encore! Vas te chercher un verre, ça te fera du bien!»
Elle sursauta lorsqu'elle m'entendit la gronder et elle s'approcha craintivement, tâtant le front de BJ. Rassurée, elle ne dit pas un mot de plus mais elle trottina jusqu'à la sortie avant de refermer la porte sur nous.
« Une vraie tornade», soupirai-je, amusé.
Je me penchai sur elle, contemplant longuement son visage à la faveur de la pleine lune et déposai un dernier baiser sur son front avant de m'étendre à côté d'elle. Je l'observai un long moment dormir. Un moment assez long pour me rendre compte qu'elle parlait dans son sommeil. Je fus encore plus amusé lorsqu'elle se colla contre moi et que je l'entendis distinctement gémir :
« Ed, j'ai froid aux fesses! »
Ricanant sous cape, je répondis du tac au tac en la serrant dans mes bras:
« Je suis là, BJ, je te réchaufferai!
Je ne m'attendais pas à ce qu'elle me réponde mais sa voix claire s'éleva encore.
« Mon héros! »
Même en dormant, elle faisait encore des sarcasmes! Je secouai la tête, complètement sidéré et m'installai confortablement après avoir enlevé et balancé mes chaussures. BJ ne cilla même pas! Réprimant un fou rire, je me penchai vers elle.
« Fais de beaux rêves, BJ. »
Elle resta silencieuse. A la place, elle gloussa et déposa un baiser sur la joue. Je sens que je vais passer toutes les nuits avec elle si ça continue comme ça!
En bas, la fête continuait sans nous mais j'étais heureux en cet instant. Je m'endormis, bercé par le son des basses qui se répercutaient sur les murs.
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Je me réveillai à l'aube en pleine forme et de bonne humeur. J'avais encore la veille en mémoire et cela suffisait à me booster pour toute la journée. Surtout quand je savais qu'en ouvrant les yeux, la première chose que je verrais serait la forme endormie de BJ. Et je ne me trompais pas. Ce simple constat produisit son effet: j'étais gai comme un pinson.
Nous étions seuls dans la chambre mais… où Alice avait-elle bien pu dormir? J'étais tenté de réveiller BJ mais je savais qu'elle avait le sommeil aussi lourd qu'un éléphant. Je me levai donc prestement et ne fis même pas l'effort de marcher sur la pointe des pieds. Je marchai rapidement vers la porte, butant au passage sur les chaussures de BJ, que je ne me rappelais pas avoir enlevées. Alice avait dû s'en charger hier.
« Bravo, Edward. C'est BJ la maladroite, d'ordinaire! », marmonnai-je.
Avant de sortir, je me retournai vers elle mais elle n'avait pas bougé d'un poil. Qu'est-ce que je disais? Un vrai éléphant quand elle dort, mais un charmant éléphant, songeai-je, attendri, en m'engageant dans le couloir. Un silence olympien régnait dans la maison. Comme Carlisle et Esmé "dormaient" à l'hôtel, je ne me posais pas la question pour eux mais où était Alice? Bon sang!
Je descendis dans le salon désert et pestai tout haut en shootant sur un gobelet en plastique qui se trouvait sur mon chemin :
« Et c'est qui qui va faire le ménage, hein? C'est bibi! Ah bravo!
Le verre alla buter contre le mur en face de moi pendant que je continuai de râler. La tête échevelée d'Alice émergea de derrière le canapé. Je sursautai, ne m'attendant pas à voir une grosse tâche noire débarquer dans mon champ de vision. J'avais toujours une sainte phobie des mygales depuis qu'à huit ans, Leah Clearwater s'était amusée à en insérer une dans ma boîte à goûter et j'étais le premier à fuir lorsque j'en voyais une. Alice serait vexée si elle savait que je l'ai prise pour une araignée, méditai-je, narquois.
- Edward! Arrête de crier! J'ai mal à la tête!
- Alice! Comment t'as fait pour te retrouver ici? Où sont les autres?
- Moins fort! Et arrête de tourner autour de moi comme ça, tu me donnes le tournis!
Je réalisai avec horreur que ma petite sœur avait la gueule de bois. Je m'approchai avec précaution, priant pour qu'elle ait encore tous ses vêtements sur elle et pour qu'il n'y ait pas de garçon avec elle derrière le divan. Sinon, il allait m'entendre! Et elle, je… Elle n'aurait plus qu'à se faire nonne! Nom d'un chien, c'était de ma petite sœur que l'on parlait! Avec soulagement, je constatai qu'elle était toujours habillée et qu'elle était seule. Je me laissai respirer. Je l'aidai à se relever. Ce qui n'était pas chose aisée car elle vacillait sur ses jambes et elle avait le regard brumeux.
- Alice, quand est-ce que la fête s'est terminée?
- Je ne sais plus. J'ai arrêté de regarder après 3 heures du mat. Je me rappelle juste les avoir vus partir. Et aussi Rosalie qui n'arrêtait pas de mordiller l'oreille d'Emmett et lui qui nous a fait un strip-tease. Je n'aurais jamais cru ça de lui, tu sais!
- Stop, Alice! Je n'ai pas besoin d'entendre ça!
Elle porta ses mains aux oreilles en grimaçant. Dans un autre contexte, ça aurait été comique à voir: on aurait dit une imitation d'un singe en train de faire le clown. Elle n'avait plus qu'à se balancer d'un pied à l'autre et l'illusion était parfaite!
- Edward, couina-t-elle.
- C'est bon, j'ai compris. Vas te préparer un café. Je commence à débroussailler cette jungle.
- T'es le meilleur des frères, Edward, dit-elle en posant un bisou sur ma joue avant de sautiller vers la cuisine.
- Je sais, petite sœur. »
Cette réponse présomptueuse me valut de recevoir un oreiller sur le nez sous les gloussements d'Alice. Même au réveil d'une fête arrosée, Alice arrivait encore à être énergique. Ca m'épatait autant que Bella qui conservait son sens de l'humour et tenait une conversation en dormant. J'entrepris de ramasser toutes les bouteilles vides et verres en plastique pour les mettre dans un sac poubelle alors que j'entendais la machine à café fonctionner. Bruits d'armoire qui s'ouvre, de cuillères qui s'entrechoquent et Alice sirotait son café en faisant grincer lourdement une chaise. J'insérai un disque dans la chaîne pour me donner du courage et me laissai bercer par la Rhapsodie hongroise n°2 de Liszt. J'avais fini de jeter tous les détritus dans le sac et m'apprêtai à le sortir sur le trottoir quand j'entendis des pas dans l'escalier. Après tout, personne ne mourra si le sac reste sur le palier, songeai-je en refermant la porte d'entrée. Encore ensommeillée, BJ resta plantée dans le salon, complètement immobile telle une statue jusqu'à ce qu'elle réalise enfin qu'elle n'était pas seule. En m'apercevant, ses yeux s'ouvrirent en grand et un sourire s'étira sur ses lèvres. Sourire auquel je répondis radieusement de la même manière.
« Bonjour, bel inconnu.
Bel inconnu… La veille, quand elle avait rembarré ce Mike en affirmant que j'étais canon, même si j'étais le premier à rétorquer que la beauté n'était pas un critère primordial pour juger une personne, il n'en demeurait pas moins que j'étais plus qu'heureux de savoir qu'elle me trouvait à son goût, même plus.
- De même, gente dame.
Elle éclata de rire tout en ramassant une peau de banane qui avait échappé à ma vigilance et me la tendit avec un plissement de nez lorsqu'elle aperçut le capharnaüm qui régnait derrière moi. Elle me lança un regard mi-désolé, mi-mutin et:
- Ca ne te ressemble pas, ce langage châtré.
- Tu ne sais pas tout de moi, répondis-je de ma voix la plus charmeuse.
Elle écarquilla les yeux, ce qui me séduisit et me fit fondre et avant qu'elle n'ait eu le temps de répliquer, Alice débarqua avec fracas en courant littéralement (Me dites pas qu'elle n'a plus la gueule de bois ?!?) :
- Bella! Enfin, tu es réveillée. J'ai eu si peur pour toi!
Sa bouche s'étira dans cette moue que je lui connaissais si bien lorsqu'elle réfléchissait et son front se plissa, faisant apparaître cette petite ride entre les yeux. Apparemment, elle se sentait physiquement bien et se demandait ce qu'il se passait. A cette constatation, un étrange pressentiment naquit au fond de moi.
- De quoi tu parles Alice?
- Enfin, Bella, tu t'es endormie avant que je ne puisse te bassiner au sujet de ce baiser….
- Un baiser? Quel baiser, coupa BJ.
Non, non, non, non! Non… Je restai immobilise, tétanisé. Quel baiser? Comment ça quel baiser? Notre baiser! Elle… Comment… Pourquoi… Elle l'avait oublié! Le malaise qui montrait le bout de son nez envahit tout mon corps, me donnant un haut-le-cœur. J'avais envie de vomir! Un gouffre s'ouvra sous mes pieds et je sombrai dedans complètement anéanti. Je ne pouvais plus bouger, mon corps n'obéissait plus et mon visage se figea. Faites que ce soit une farce, une mauvaise, très mauvaise farce mais faites que ce soit une farce!
- Bella, de quoi tu te rappelles, sonda Alice avec précaution.
Elle leva les yeux ingénument et sa lèvre inférieure se leva encore une fois dans la mimique que j'aimais. Je caressai une dernière fois l'espoir qu'elle se mette à s'esclaffer en se tenant les côtes mais je fus déçu. Le mot déçu était bien en-dessous de l'état dans lequel j'étais actuellement.
- Je me rappelle que j'étais devant le buffet. Je ne connaissais personne alors j'ai commencé à boire ce ponche. Et puis, j'ai trouvé qu'il était délicieux –j'adore la framboise- alors je me suis resservie. Et puis, je me vois en train de boire encore et encore. Et il y a ce blond qui m'a collée. J'ai même eu envie de lui donner un coup de poing! Et puis, je me rappelle avoir dansé avec Edward et…. Oh mon Dieu!
Je me ranimai. Elle se rappelait enfin! Oui, c'était ça! C'était forcément ça!
- Ed, est-ce que j'ai fait quelque chose de déplacé? Je t'ai pas frappé, hein?
Non mais là, tout de suite, c'était comme si j'avais reçu un coup dans les tripes. J'avais envie de pleurer. J'aurais préféré que tu me frappes, rétorquai-je mentalement. Ca ferait moins mal…
- Non BJ. Tu n'as rien fait de mal. Rien du tout, affirmai-je sans entrain.
Il fallait que je sorte. D'autant plus qu'Alice ne lâcha pas le morceau mais elle insista lourdement :
- Bella, tu es sûre qu'il n'y a rien d'autre qui te revient à l'esprit?
- Non, non, pourquoi?
Je ne pouvais plus rester avec elles. J'avais besoin d'air. Je rouvris la porte.
- Les filles, je vous laisse, j'ai les poubelles à sortir. »
[Note d'auteur, encore : Mettez en route Boulevard Of Broken Dreams de Green Day et lisez les paroles.]
Je sortis sans demander mon reste et m'adossai au chambranle en inspirant un grand coup. Je m'acquittai de ma tâche sans enthousiasme et mû par une impulsion soudaine, courus vers le parc. J'étais complètement à bout de souffle mais je voulais encore courir. Aller le plus loin possible. Jusqu'au bout du monde, s'il le fallait. Je ne rencontrai personne sur mon chemin et j'en remerciai le ciel pour cela. Si un hurluberlu avait décidé de me chercher des noises, je ne me serais pas posé de questions et je l'aurais frappé. Ca ne faisait pas avancer les choses mais au moins, j'aurais été soulagé.
Je m'assis sur mon banc fétiche et me pris la tête entre les mains. J'allais imploser, je le sentais. Comment avait-elle pu oublier? Ce moment avait été le plus merveilleux pour moi, le plus magique de ma vie, et elle, elle avait oublié??? De frustration ou de rage, je hurlai un bon coup en tapant du poing sur le banc. J'eus mal, bien sûr, mais cela n'ôtait en rien à ma douleur. Qu'est-ce que je vais faire? Ca allait quand ce n'était qu'un rêve mais maintenant? Que faire?
Je n'en pouvais plus d'attendre comme ça. BJ ne me verrait jamais comme je le voulais. Il était temps que je fasse une croix sur elle. Ca ne faisait qu'une année ou presque, que je la connaissais. J'avais vécu 26 ans sans elle, je ne mourrais pas si je continuais. Après tout, je ne m'en étais pas si mal sorti. Cette nuit… Même mes rêves mes plus fous ne me faisaient pas ressentir l'intensité des émotions que j'avais vécues cette nuit-là. Et jamais au réveil, je n'avais été aussi ravi. Non… Je ne pouvais pas supporter ça…. C'était bien au-delà de mes forces. J'allais devoir prendre mes distances. Je ne pouvais plus la voir. Non, je ne pouvais plus. Ca ne ferait que raviver la douleur et ça me tuait de l'intérieur, ça me consumait. Je ne pouvais plus la voir… et en même temps, la perspective de ne plus jamais l'avoir dans mes bras me déchirait. Et le tout mélangeait était horrible à vivre. J'avais envie de mourir.
Je passai encore quelques heures à errer dans la ville. Je m'immobilisai devant une vitrine au détour d'un chemin. BJ avait été subjuguée par une boîte à bijoux exposée dans la devanture de l'antiquaire. [Photo dans mon profil] et elle ne s'en était éloignée qu'à contrecœur. Elle aurait pu se faire plaisir et se l'acheter mais elle avait un tel sens de l'argent que malgré le fait que ses parents et son travail lui permettaient de faire des folies de temps en temps, elle avait résisté. Me moquant d'elle, je l'avais charriée mais elle avait juste tapé sur mon bras, joueuse. Je l'avais questionnée, curieux:
« Pourquoi tu n'entres pas dans la boutique? Tu le sais que tu vas le regretter, non?
- Sûrement. C'est certain, même. Mais je préfère faire plaisir aux autres. C'est ce qui me rend véritablement heureuse. »
BJ, la générosité même. Elle pensait aux autres avant tout, s'oubliant complètement. Le lendemain, j'étais revenu acheter cette boîte. Je savais qu'elle culpabiliserait énormément si je la lui offrais comme ça, tout simplement. Alors, j'avais décidé d'attendre son anniversaire pour lui faire la surprise. La boîte reposait sagement dans un tiroir de mon armoire. Son anniversaire tombait dans deux mois… Encore une fois, je réprimai mes sanglots. Edward, sois un homme! Tu ne peux pas te laisser aller comme ça!
****
Je me décidai à rentrer. Alice et BJ venaient de finir de nettoyer le bazar et on n'aurait jamais dit qu'il y avait eu une fête la veille. Elles s'étaient changées et Alice avait encore joué à la poupée avec BJ. Elle portait un haut bleu qui accentuait la blancheur de sa peau et la profondeur de ses yeux. Mon cœur se pinça. BJ était sublime, comme toujours. Avec ça, elle avait revêtu un pantalon qui moulait ses fesses rebondies et ses jambes fines superbement galbées. Je détournai les yeux rapidement. Edward, concentre-toi!
« Edward, te voilà enfin. Tu veux te joindre à nous?
- Non, j'ai à faire. Je vais dans ma chambre.
- Ca va Ed?
- A merveille, à plus tard les filles. »
J'avais été sec mais j'avais décidé de l'éviter le plus possible. Peut-être que le temps faisant, je pourrais la reconsidérer comme une amie. Le lendemain et le surlendemain, j'agis de la même manière. Je ne répondis à aucun de ses coups de téléphone et l'évitai comme la peste. Après ça, je n'eus plus aucune nouvelle d'elle. D'un côté, j'étais soulagé et de l'autre, j'étais en colère. Elle renonçait aussi facilement? Je comptais donc si peu pour elle? Mais ce qui m'acheva fut le jour où Alice rentra à la maison, complètement épuisée et démoralisée, ce qui était anormal pour elle, et glissa sous ma porte une enveloppe.
« Alice, tu sais que tu peux me parler! Tu n'as pas besoin de m'envoyer des petits mots, affirmai-je, morose.
- Idiot, Edward! Contente-toi de la lire! »
Jamais je n'avais vu Alice en colère. Elle avait le visage cramoisi et ses yeux… Elle avait le même regard que quand elle était revenue de l'école, en pleurs. J'eus mal de la voir blessée. Je ne comprenais pas pourquoi. Elle referma sèchement la porte et je retournai dans ma chambre. Il n'y avait rien d'écrit sur l'enveloppe mais je me doutais de sa provenance. Néanmoins, après maintes et maintes minutes de réflexion, mû par la curiosité, je décachetai la missive et dépliai la lettre. Je reconnus immédiatement son écriture. Personne d'autre n'en possédait une aussi harmonieuse :
« Tu me manques. B.»
J'attrapai une migraine à force de cogiter. Deux parties en moi se disputaient : l'une voulait retourner voir BJ et la serrer dans ses bras, l'autre était déchirée par la douleur et voulait se pendre. J'étais dans le noir et je n'avais plus rien pour me sortir de ce tunnel.
****
Une semaine se passa avant que je ne revoie BJ. Alice s'apprêtait à partir deux semaines à Londres pour suivre un stage de stylisme et un autre de dessin et nous nous étions réunis pour lui souhaiter un bon voyage. Même Carlisle et Esmé avaient pu se libérer de leur travail pour assister à la fête d'Alice.
Avant que BJ n'arrive, Alice entra dans ma chambre sans frapper comme à son ordinaire et sans me laisser le temps de réagir, débita d'une traite :
« Edward, je sais que tu en veux à Bella d'avoir oublié cette soirée mais arrête de te morfondre dans ton coin! Tu sais, avant de s'affaler, elle a juste eu le temps de me dire qu'elle t'aimait! Tu entends, Edward? Elle l'a peut-être oublié mais son subconscient est là, lui. Il parle pour elle. Ne désespère pas. Sinon, elle va te passer sous le nez et tu vas le regretter. »
Je ne pus pas répondre car elle s'était déjà éclipsée. Elle peut se téléporter ou quoi, m'interrogeai-je médusé. Je rangeai mon carnet de portées dans mon tiroir et me laissai tomber sur mon lit. Je ne savais plus où j'en étais. Je ne le voulais pas mais BJ me manquait cruellement. Et en même temps, j'étais si furieux! Et si triste… Je ne pouvais pas rester indéfiniment ici à m'énerver alors je me décidai à descendre. Mes parents parlaient avec Alice et BJ devant le buffet, Emmett et Rosalie se faisaient des câlins rapprochés sur le canapé et les amis d'Alice étaient éparpillés un peu partout dans le salon. Au moins, il n'y avait pas de ponche cette fois-ci.
Lentement, j'atteignis les dernières marches et BJ m'aperçut enfin. Ses yeux exprimèrent de la surprise et une ombre de tristesse passa sur son visage. Alice lui prit le bras, lui chuchota quelque chose à l'oreille et BJ secoua la tête, la gardant obstinément baissée. Elle cherchait à éviter mon regard. Je remarquai alors que ce crétin de Mike se trouvait encore là. Il a intérêt à rester sobre, lui, grinçai-je des dents en serrant le poing. Il tourna la tête vers moi et à mon grand plaisir, il s'éloigna, non sans avoir fait un signe de main à BJ. Quel sombre abruti!
Je fis quelque pas et me dirigeai vers mes parents. Je ne savais pas quoi dire à BJ, je l'avais évité toute la semaine et comment renouer? Un silence étrange s'installa. Etrange mais confortable.
Carlisle commença à raconter quelques anecdotes au sujet de notre enfance, cela lui arrivait toujours lorsque "ses oisillons prenaient leur envol". Lorsqu'il était nostalgique, raconter nos déboires et mésaventures de notre jeunesse lui remontait le moral. J'entendis le rire de BJ pour la première fois depuis longtemps et je réalisai que le son de sa voix m'avait manqué. Sa simple présence m'était vitale.
Je commençai peu à peu à me rapprocher subrepticement d'elle lorsque que quelqu'un tapa sur l'épaule de BJ, appelant son attention. Elle se retourna et je suivis avec un intérêt dissimulé et stupéfait leur échange :
« Hey, salut Bella!
- Ben? Qu'est-ce que tu fais là? Je ne m'attendais pas à te voir de sitôt!
Ben? C'était qui ce bouffon? D'où il la connaissait? Pourquoi il se permettait d'être autant familier avec ma BJ? Ta BJ? Il faudrait encore que tu lui parles pour espérer, ça!
- C'est Alice qui m'a invité.
Alice? Qu'est-ce qu'elle cherchait? Pourquoi elle m'encourageait à me réconcilier avec BJ si c'était pour lui arranger un coup avec un autre? J'aurais souhaité pouvoir lire les pensées des femmes dans ces moments-là. Elles étaient impossibles à suivre!
- Je vois…. Eh bien, Ben, c'est toujours bon pour demain?
- Bien sûr, je ne manquerais notre rendez-vous pour rien au monde!
Rendez-vous? RENDEZ-VOUS? Bon sang, qu'est-ce qu'il se passait? C'était qui ce Ben, d'abord. Tout à mes pensées, je sentis le pied d'Alice écraser le mien sans en avoir l'air. Elle m'avait fait mal, en plus, avec son talon aiguille! Interloqué, je la dévisageai. Oh oh… Elle avait les sourcils froncés. Pas bon, ça. Pas bon du tout. Ca voulait dire: calme-toi ou je vais devoir sévir. Elle m'avait fait ce même regard à la fête foraine. J'inspirai grandement et adoptai une attitude posée.
- On se retrouve à sept heures alors?
- Oui, oui. Je sens qu'on va s'amuser.
Toi, si tu t'amuses trop, je promets de m'assurer personnellement que tu le regretteras jusqu'à la fin de tes jours… Avec délectation, j'imaginais les supplices que je lui ferais endurer s'il s'avisait de poser un seul doigt sur elle et je ne ferais preuve d'aucune pitié. Il me supplierait de l'achever jusqu'à la dernière limite de ses forces… Quand je disais que BJ me rendait fou!
- Bon, je vais retrouver mes amis. A plus, Bella! Passe le bonjour à Jacob pour moi!
- Je n'y manquerai pas. A demain, Ben! »
Jacob? C'est qui, ça encore? Qu'est-ce qu'il avait à voir avec BJ? Qu'est-ce qu'il venait foutre là? Pour une fois, c'était moi qui allais harceler ma sœur pour obtenir des détails, ironisai-je mentalement. Je jetai un regard lourd de sous-entendus à Alice mais elle fit mine de ne pas comprendre. Au lieu de cela, elle s'inventa une excuse et déguerpit comme une voleuse. A ma surprise générale, Esmé et Carlisle en firent de même. Nous nous retrouvâmes seuls et j'eus l'impression que mon cerveau avait été aspiré. Je ne trouvai absolument rien à dire et plus le temps passait, plus ça s'empirait. J'étais frustré. Pourquoi fallait-il que ce soit si difficile?
Dépité, je pris congé d'elle sans dire un mot. Je n'étais toujours pas prêt. Lorsque j'eus refermé la porte d'entrée, le soleil m'éclairait mais au fond de moi, j'étais d'humeur sombre. Même mes compositions s'en ressentaient. Je ne jouais plus que des nocturnes. Les valses ne m'intéressaient plus, ni même les études. Et je n'inventais plus que des marches funèbres. Je savais qu'il fallait que je me reprenne en main mais j'étais totalement vidé. Je n'avais plus cette étincelle de vie qui m'animait avant.
Sans y penser, je me retrouvai sur mon banc, au parc. J'y allais de plus en plus souvent pour réfléchir et me changer les idées. C'était étrange, avant ce matin-là, je n'y étais pas retourné depuis des mois!
J'étais là, assis, les bras ballants, la tête tournée vers le ciel et fixant sans les voir les nuages lorsqu'un toussotement m'interrompit de ma transe. Je ne cillai pas. Il y avait d'autres bancs dans le parc, la personne n'avait qu'à aller ailleurs. Ce n'était pas les bancs ni la place qui manquaient!
Deux minutes après, autre toussotement. Avec un peu de chance, la personne ne serait pas totalement idiote et comprendrait que je n'avais pas envie d'être gentil. Et si je faisais semblant d'être sourd? Oui si je faisais comme si j'étais une statue?
Encore un toussotement. Assez! Qui était bien l'imbécile qui osait me déranger comme ça? Enervé, je m'apprêtai à lui dire ma façon de penser à interrompre comme ça les gens grossièrement quand je fus stoppé net dans mon élan. Les rouages de mon pauvre cerveau fonctionnèrent à toute allure mais je n'étais pas plus avancé que tout à l'heure.
« BJ, croassai-je.
- Ed…
- Pourquoi es-tu ici?
- Je t'ai suivi. Ecoute, Ed, faut qu'on parle.
C'était à peu de choses près comme ça que Tanya avait rompu avec moi. Mais… pourquoi j'avais peur? Nous n'étions même pas un couple! On en était loin, même! Mais… elle m'avait suivi! Suivi! Suivi comme moi je l'avais suivie ce soir-là, alors qu'elle dansait sur le trottoir… Cela me décontenança. J'étais… ému. Non! Pas ça! Abruptement, un peu trop, je répondis:
- De quoi tu veux parler?
- Ed, écoute-moi jusqu'au bout, d'accord? Si après, tu ne veux toujours pas entendre parler de moi, je promets que je sortirai de ta vie, souffla-t-elle.
Le ton de sa voix m'indiqua que ces paroles la blessaient autant que moi et je décelai dans ses yeux et ses trémolos des larmes qu'elle tentait sans succès de cacher en détournant son regard. J'avais envie de prendre son menton dans ma main et d'observer son expression. Je voulais la prendre dans mes bras et la bercer comme une enfant en la rassurant que tout irait bien. Mais ce n'était pas mon rôle. Ce ne le serait jamais.
Tout ce que je pouvais faire en cet instant était de l'écouter sans l'interrompre. Je lui fis signe que j'étais tout ouïe. Pendant une seconde fugitive, la lueur singulière que j'aimais tant chez elle apparut avant d'être remplacé par un éclat de chagrin.
- Edward, je sais que tu m'en veux. Je sais qu'il y a une raison pour ça et…. Et j'ai beau me creuser la tête dans tous les sens, je ne trouve pas! Je… Je suis dans un noir total! Ed, si j'ai fait quelque chose de mal, je suis vraiment extrêmement désolée. »
A ce moment-là, elle éprouva des difficultés à parler car ses larmes n'arrêtaient plus de couler et elle ne les dissimulait même plus. Elle ne s'en donnait plus la peine. Et même si Alice l'avait maquillée comme une poupée et que son mascara waterproof se révélait totalement inefficace, en cet instant-là, je la trouvais magnifique car ses yeux luisaient et étaient animés par une flamme incandescente qui m'irradiait dans une chaleur douce. Elle m'éblouissait: elle n'avait pas besoin d'artifice ou de manières. Elle n'avait qu'à être elle et ça me suffisait. Je compris. Je compris que même si j'étais parti à l'autre bout du monde, rien n'aurait remplacé BJ dans mon cœur. Si tout le reste périssait et qu'elle demeurait, je continuerais d'être, moi aussi. Mais si tout le reste demeurait et qu'elle était anéantie, l'univers me deviendrait atrocement étranger ; il ne me semblerait plus en faire partie. BJ représentait cela pour moi. Elle faisait partie intégrante de moi. J'aurais donné mon âme pour pouvoir prendre une mèche de ses cheveux dans ma paume et jouer avec. J'aurais donné mon piano pour pouvoir caresser sa joue et lui murmurer mon amour. Mais je ne pouvais pas. J'étais déchiré.
« Alice n'a rien voulu me dire. Ah si, elle a juste fait un clin d'œil et sorti " Ne t'inquiète pas Bella, tout ira bien". Tout ira bien? Comment? Ca fait une semaine et rien ne va. Rien du tout! Tu m'évites comme la peste, ma meilleure amie s'en va à l'autre bout du monde et je me retrouve encore une fois toute seule? Si ça, c'est pas du foutage de gueule! »
Je n'avais encore jamais entendu parler BJ comme ça. Eh bien, ça faisait de l'effet! Sacrément de l'effet! C'était quelque chose lorsqu'elle était ivre mais là, elle était sobre. Enervée, d'accord mais sobre! On s'était déjà beaucoup chamaillés avant, mais jamais je ne l'avais vu employer un tel langage. C'était… quelque chose! Sans parler de ses joues rougies par la passion. C'était vrai, ça…. BJ était une passionnée. C'était la première chose qui m'avait attirée chez elle.
« Mais Ed… quoique j'ai pu faire, je t'en supplie, pardonne-moi. C'est vrai, j'ai tout oublié. La seule chose que je me souvienne, c'est de m'être endormie heureuse comme jamais et ça me tue de… »
Heureuse comme jamais? Sans que je ne puisse le contrôler, une énorme once d'espoir se mit à poindre en moi. J'avais beau me débattre, j'espérais avoir ma part dans le bonheur qu'elle avait ressenti. Et elle me suppliait, comment vous voulez que je puisse rester longtemps en colère avec ça?
« Ed, tu me manques. Tu fais plus que me manquer. Je… Je ne saurais pas comment l'expliquer mais sans toi, je vois tout différemment. Le monde me paraît terne. Fade. Comme une portée composée uniquement de blanches. Plus rien n'a de rythme.[1] J'en viens même à me demander pourquoi j'ai tant besoin de toi pour être heureuse ou ne serait-ce que pour être. »
Ses yeux s'agrandirent tout à coup et je crus qu'elle avait divagué loin, très loin de moi. Je fis même sur le point de l'appeler en passant ma main devant elle. Mais lorsqu'elle les reposa sur moi, rougis et bouffis par les larmes et qu'elle ne put que bégayer lamentablement, je ne tins plus et la pris dans mes bras. Elle éclata en sanglots mais je remarquai qu'elle m'entourait de ses bras fins. C'était la première fois. D'habitude, elle se repliait sur elle-même et se nichait mais là, elle me serrait à m'en étouffer. Comme si elle avait peur que je parte. Je passais ma main dans ses cheveux épars et savourai ce contact qui m'avait tant manqué.
« Chut, BJ. Je suis là.
- Ed, ne me fais plus jamais ça!
- Plus jamais, promis-je solennellement.
Je détestais la voir pleurer et encore plus si j'en étais la cause. Elle ne m'aimait peut-être pas mais j'attendrais le temps qu'il faudrait pour la faire changer d'avis. Je ne voulais plus me passer d'elle. Je ne le pouvais pas. J'avais été trop bête pour croire que je pourrais me désintoxiquer d'elle comme ça! Elle était tellement plus qu'une simple fille. Quelque part au fond de moi, j'avais besoin d'une preuve qu'elle tenait à moi et même si pour ça, il avait fallu que je m'éloigne d'elle, j'avais reçu en cadeau le plus beau des compliments. Oui, j'aimais véritablement BJ.
- Je serai toujours là pour toi. »
****
Lorsqu'Alice revint, les valises remplies de livres et de bandes dessinées, elle sauta littéralement au plafond en nous surprenant dans la chambre en train de nous battre. Emmett avait eu la drôle d'idée de nous offrir des places pour assister à un tournoi de catch. Nous nous y étions tous rendus, sauf Alice qui se trouvait encore en Europe à ce moment-là, pour lui faire plaisir mais à ma grande surprise, les filles s'étaient autant amusées que nous. D'ailleurs Rosalie avait la ferme intention de s'inscrire au fan club avec BJ. Sous le regard bienveillant d'Emmett, elle avait admis avoir craqué pour Shawn Michaels… avant de rajouter qu'Emmett le surpassait en tous points, évidemment. Tous les deux, ils étaient marrants à voir ensemble: qui aurait deviné que des caractères aussi opposés collent et s'accordent aussi bien? BJ, quant à elle s'était mis en tête d'apprendre à se battre. Elle arguait que c'était pour se défendre si elle venait à se faire agresser. Personnellement, je me demandais pourquoi elle s'obstinait dans cette voie mais elle avait fait de moi son cobaye au corps à corps, pour mon plus grand plaisir, et c'était hilarant de la voir s'essouffler à essayer de prendre le dessus. Comment une petite fille comme elle pouvait espérer gagner face à un prédateur comme moi? Elle n'était qu'une simple humaine!
Revenue de sa surprise, Alice aurait pu choisir d'assister à la scène et de rire en mangeant du popcorn, tranquillement assise sur le lit. Mais non. Toute Alice qu'elle était, elle lâcha tous ses sacs, courut vers nous en criant comme une indienne et nous rejoignit lourdement par terre. Elle se débattit comme un poisson pris dans un filet de pêche et comprit qu'elle n'aurait pas le dessus. Alors, dans un sursaut héroïque, elle se rallia à BJ et je me retrouvai vite vaincu. Pendant que les filles sautaient en criant et en riant, moi, assis en tailleur, je croisai les bras et boudai faussement :
« C'est pas juste. Alice t'a aidée!
Je n'aurais pas dû dire ça. Car toujours en s'esclaffant, BJ galopa vers moi joyeusement, se plaça derrière moi, faisant son corps se coller contre le mien en même temps. Elle passa les bras autour de mon cou, ce qui me fit arrêter de respirer, et me murmura à l'oreille :
- Ed, tu ne peux pas toujours être sur moi. A mon tour d'avoir le dessus! »
Et pendant qu'elle rejoignait Alice dans une ronde joyeuse, je gardai le silence, choqué par ses paroles. Non. Plutôt… J'aurais juré qu'elle avait choisi ses mots à dessein et que son ton, malgré l'humour qui l'animait, était empreint d'une certaine équivoque. Elle flirtait?
Je secouai ma tête, soudainement remplie d'images explicites de BJ et moi et me levai.
« Les filles, vous devriez commencer à courir!
- Pourquoi donc, interrogèrent-elles en chœur.
- Parce que c'est l'heure de ma revanche! »
Je me levai prestement en arborant un air menaçant. C'était difficile en soi car je souriais malgré moi. Je les poursuivis tandis que la maison résonnait de leurs voix stridentes et de leurs rires enfantins. C'était bon de retrouver ma famille! Et une petite voix dans mon esprit réclamait BJ comme telle.
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Je m'étais rendu compte que BJ tenait une place très prépondérante dans ma vie, mais je ne réalisais pas pleinement à quel point. J'aurais dû y réfléchir avant au lieu de prendre cela comme un fait acquis.
Cela m'aurait évité bien des complications…
[Promis, ce sera le dernier drama avant que nos fripouilles se retrouvent et aient leur 1er… euh… rendez-vous…]
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N/A 1 : C'est le plus beau compliment que l'on puisse dire à un musicien. Si, si, je vous jure! Etant moi-même pianiste, je confirme. Pfff… Bella est en train de lui faire une déclaration d'amour et lui, il n'a rien compris! Pauvre Edward!
2 : Encore une fois, je me suis amusée à disséminer des répliques par-ci, par-là. Très reconnaissables, en plus. Surtout si vous avez vu les scènes coupées du film. Ben oui, ça vient pas forcément du livre. La première qui les trouve a droit à un teaser spécial. Mea culpa: Je pensais avoir inséré plus de lignes dans le chapitre précédent mais je le confondais avec celui-ci. Ben soyez contentes, vous avez eu droit à 2 teasers pour certaines! Pas le droit de râler!
3 : Je fais un petit coucou aux vilains canards ^^! Et comme d'habitude, bienvenue à mes nouvelles lectrices. Oui parce que mine de rien, je n'aurais jamais eu le courage de publier la suite sans vos précieuses reviews pour cheerleader. Save the world, save the cheerleader : vous avez déjà entendu un mantra aussi nul, vous?
4 : Noon! Ne me lynchez pas! Pourquoi? Eh bien, comme je l'avais précédemment dit, en parallèle, dans mon profil, vous trouverez une version alternative de ce chapitre en plus LEMON et de la fin de cette fic. Ca m'est venu pendant l'écriture de ce chapitre et je me suis dit: Pourquoi ne pas proposer les deux fins? Alors voilà, vous avez le choix entre le fluff (fin alternative tout beau tout rose) et celle que je préfère (vous verrez pourquoi. Ne vous inquiétez pas, c'est un happy end aussi^^). Bon, la fin alternative sera plus lente à venir et j'attaquerai le Recueil après. Les bonus dont j'avais parlé y seront insérés donc vous ne risquez pas de dire au revoir à mes caractères de sitôt ;)
5 : La petite minute qui ne sert à rien! Il paraît qu'elles sont appréciées. Merci C et Dille! Parce qu'il n'y a pas que Robert Pattinson dans la vie… saviez-vous que Matthew Mc Fadyen avait tourné dans la série des Hauts de Hurlevent? Cet acteur, il est fait pour le romantisme. * Dit-elle en soupirant amoureusement*
6 : Y en marre des fics avec un Bella violée ou agressée! La vie n'est pas facile alors on a tous besoin de rire de temps en temps! Alors, je vous annonce que ma prochaine fic dont le plot vous sera dévoilé ultérieurement sera bourrée d'humour et de fluff.
7 : Une review pour un teaser parce que les reviews, c'est comme descendre les montagnes russes à Europa Park avec Rob et mon précieux Matthew: c'est fabuleux.
