Disclaimer : Je possède un idéal masculin introuvable (merci Edward. Merci vraiment beaucoup!) et un DVD de Joyeuses funérailles où figure un Matthew Mc Fadyen méconnaissable.

Chanson du chapitre : Stickwitu des Pussycat Dolls.

Je vous le promets, c'est vraiment le tout dernier drama de cette fic. Juré! Comme on dit, c'est reculer pour mieux sauter. Et le saut en vaudra la peine.

Réponse à une review anonyme :

Nana : Merci beaucoup pour ta review! Ca fait vraiment plaisir que tu apprécies mon travail et les liens que je donne. Tu as éclairé ma journée!

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« L'amour ne voit pas avec les yeux mais avec l'âme. »

William SHAKESPEARE, Songe d'une nuit d'été.

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Ch 17 : L'anniversaire

Nous étions en septembre. Cela faisait déjà un an que BJ était entrée dans ma vie. Un an! 365 jours seulement. Difficile d'y croire, pour moi, c'était comme si je l'avais toujours connue. C'était curieux comme l'on pouvait avoir cette sensation et ne pas s'en inquiéter. Comme si c'était normal! Une année entière s'était écoulée et durant laquelle il s'était déroulé beaucoup de choses quand on faisait le compte: ma petite-amie de sept ans (la vache! Sept ans?!?) m'avait trompé sans vergogne avant de me balancer comme une vieille chaussette par texto, une nouvelle avait intégré notre journal et finalement, après s'être intégrée à tous, j'avais fini par succomber à mon tour à son charme. Elle était devenue ma douce et lancinante tentation.

Les premiers temps avaient été assez tendus après notre baiser: je n'arrêtais pas d'y repenser encore et encore, à tel point que la colère me submergeait alors sans que je ne puise me contrôler mais il suffisait d'un geste de sa part, d'un regard et cela m'apaisait. Je ne savais pas comment mais j'avais l'intime conviction que tout espoir n'était pas perdu. Certitude qui s'était ancrée avec la constatation qu'elle-même se comportait différemment. Certains jours, j'étais prêt à jurer qu'elle s'adonnait à un jeu de séduction avec moi. Lorsque nous étions en contact, elle prenait un malin plaisir à faire prolonger ses caresses et rien que la vue de sa chair découverte me rendait fou. Sans parler de sa voix qui prenait alors des intonations de velours et rauques, presque animales…. Dans ces moments-là, j'étais prêt à balancer tout ce qu'il y avait sur la table et à la prendre dessus. Comme ça, sans état d'âme.

Alors pourquoi je ne disais toujours rien?!? Tout le monde, même mes parents ne cessaient de me poser cette question et à vrai dire, je n'en savais foutrement rien. Emro tachait de rester en dehors de cela par souci d'intimité pour moi – c'était bien les seuls d'ailleurs!- mais Alice, c'était une autre histoire. Elle insistait, non, me harcelait pour que je fasse un premier pas depuis ce jour-là. Elle n'ignorait pas que BJ avait bu mais elle demeurait campée sur ses positions. Pour elle, j'étais idiot d'attendre. Quoique… depuis quelques temps, elle me laissait plus de paix. Elle sortait plus souvent, lorsqu'elle était à la maison, je l'entendais tout le temps parler au téléphone... et maintenant, elle courait tout le temps dans les magasins! Même si j'étais heureux pour elle, du fait qu'elle avait enfin assumé ses passions, désormais, je m'inquiétais pour son porte-monnaie. Je savais qu'elle était raisonnable mais bon…

Cependant, quelquefois, j'avais la nette impression qu'elle me cachait quelque chose avec BJ car lorsque je les surprenais en pleine conversation, elles stoppaient net leurs bavardages et changeaient de sujet. Je désespérais de savoir enfin de quoi elles s'entretenaient mais je n'insistais pas. Toutes les deux, elles étaient aussi têtues l'une que l'autre. Mais qui était ce Jasper? C'était le seul prénom que j'avais pu comprendre là-dedans. Et…. Et si BJ sortait avec ce Jasper? J'avais bien essayé de les espionner mais les murs n'étaient pas assez fins. Et depuis quelques nuits - bon, d'accord, plusieurs semaines mais ne le répétez surtout pas! – j'avais pris l'habitude de grimper à la fenêtre donnant sur la chambre de BJ. C'était drôle en y pensant, je n'avais jamais fais cela quand j'étais adolescent et là, alors que j'approchais de la trentaine, j'avais l'impression de me refaire une seconde jeunesse.

La trentaine… Je me souvins de mon dernier anniversaire, mes 26 ans…

C'était avant la fête fatidique d'Alice. Cela faisait longtemps que je ne fêtais plus mon anniversaire. Pour moi, ce n'était qu'un jour ordinaire qui marquait une année écoulée de plus. Vraiment rien de spécial en somme. Ma famille le savait depuis belle lurette et ne se contentait plus que d'un simple dîner avec un gâteau et une bougie, pour la symbolique. Je n'avais pas besoin de cadeau car j'avais déjà tout ce que je voulais, à part BJ, mais j'étais heureux comme ça. Cependant, BJ ne l'avait pas entendu de cette oreille et elle m'avait ce soir-là fait une surprise.

Je souris à cette évocation.

La nuit était tombée particulièrement tôt, ce qui était exceptionnel vu la saison, et nous débarrassions la table après avoir englouti le savarin au chocolat qu'Esmé avait préparé. Esmé avait un don pour la cuisine, elle aurait pu faire une excellente chef si elle l'avait voulu. Néanmoins, nous avions véritablement bien mangé et la soirée avait été particulièrement joyeuse. Alice m'avait offert un polo tout simple, comme je les aimais, même si elle avait choisi d'opter pour un Ruckfield (Note à moi-même: commencer à économiser pour ses futurs cadeaux), et mes parents m'avaient payé des places pour le récital de Lang Lang, un pianiste chinois dont j'admirais la technique et le talent. Avec un clin d'œil malicieux, ils avaient ajouté:

« Tu n'auras qu'à inviter Bella à t'accompagner, elle sera ravie d'y assister avec toi.»

Même eux s'y mettaient! J'avais levé les yeux au ciel, sidéré et là, la sonnette de la porte d'entrée avait retenti. Je me demandais qui pouvait bien s'amuser à venir à cette heure-ci et n'esquissais pas un geste pour bouger. Seule Alice bondit sur ses pieds et le portable dans une main, me prit le bras avant de me pousser vers la porte. Je jetai un coup d'œil vers mes parents, ils nous suivaient, sûrement curieux de voir de qui il s'agissait.

« Allez, Edward! Dépêche-toi, petit papy! Tu ne vas pas le regretter!

Papy??? Je traînais effectivement des pieds mais… papy? C'était le pompom!

- T'as vu l'heure, Alice?! Il est neuf heures du soir! Ce n'est pas une heure décente pour sonner chez les gens, voyons, pestai-je, maussade.

- Pfff… Tais-toi et ouvre! »

A contrecœur, j'exécutai son ordre et dus me pincer pour être sûr que je n'étais pas en train de dormir. Me piquer ainsi était devenu une habitude à force car BJ me surprenait toujours dans mes retranchements. BJ se tenait là, devant moi, un grand sourire pas du tout désolé aux lèvres. Elle portait un ravissant haut bleu qui épousait parfaitement ses formes en me donnant une superbe vue sur son décolleté, ni trop dévoilé, ni trop couvert et je succombais à ses courbes avantageusement soulignées par sa jupe. [Lien dans mon profil] Je ne me privai pas de laisser mes yeux parcourir sa silhouette de rêve et remarquai qu'elle rougissait.

Mince! Je n'avais pas été très discret mais elle était tellement sexy! A croquer!

« Là, je suis bien content que ce soit mon anniversaire, soupirai-je.

- Pourquoi, demanda-t-elle en penchant la tête et en fronçant les sourcils.

- Parce que c'est bien rare que je puisse admirer tes jambes, chantai-je pour la taquiner.

Sa réaction ne se fit attendre car elle me tapa le bras énergiquement avant de rire aux éclats avec moi. Très vite, je me repris.

- Mais BJ, qu'est-ce que tu viens faire ici à cette heure-ci?

Elle rougit et ne répondit pas. Au lieu de cela, elle sourit doucement en se dandinant d'un pied sur l'autre.

- Tu m'accompagnes? Je voudrais te montrer quelque chose.

J'acquiesçai, curieux. Après avoir prévenu ma famille que je sortais, je pris mes clefs et la rejoignis. Elle me fit monter dans sa voiture. C'était une Chevrolet Matiz rouge bordeaux flambant neuve. J'inclinai la tête, interrogatif.

- C'est nouveau, ça! Depuis quand tu conduis?

- Ca, comme tu le dis, c'est mon petit trésor. J'ai travaillé dur pour pouvoir me l'offrir!

C'était étrange de l'imaginer au volant. C'était comme voir sa petite fille devenir une femme. Mais… voilà que je me mettais à penser comme un père! N'importe quoi. Je devais débloquer quelque part dans mon cerveau.

- Je ne savais pas que tu avais le permis?

- Oh, ça fait longtemps. Mais je refuse que mes parents dépensent autant d'argent pour moi.

J'avais approuvé de la tête. Cela ne m'étonnait pas. BJ était de nature indépendante et elle n'aimait pas se reposer sur une épaule. Il fallait vraiment que ses défenses tombent pour qu'elle laisse quelqu'un l'aider. Nous étions déjà sur la route depuis cinq minutes quand je m'aperçus que je n'avais aucune idée de l'endroit où nous nous rendions.

- BJ, où est-ce que tu m'emmènes?

- Shh… C'est une surprise.

- Mais je n'aime pas les surprises!

- Ha ha ha! Fais-moi confiance, veux-tu? »

Finalement, elle s'arrêta enfin. Je ne reconnaissais pas du tout l'endroit et cela m'inquiétait un peu. Je savais que c'était moi l'homme mais ça ne m'empêchait pas de ne pas être rassuré. Elle contourna la voiture et comprenant mon trouble, me prit la main et commença à me guider. Nous marchâmes une bonne dizaine de minutes avant de stopper. Et là, je sus. Nous y étions.

Nous étions perchés sur une plaine qui s'élevait au-dessus de la ville et cela donnait une vue à couper le souffle. En bas de nous, des milliers de points lumineux s'étalaient comme un tapis, dansant joyeusement comme des flammes vacillantes. C'était magnifique. Une légère brume flottait au-dessus des maisons, rendant le tableau un peu trouble et en même temps, magique. Je manquais de mots pour le décrire. Il fallait le voir pour comprendre ce que je ressentais à ce moment-là. [Lien dans mon profil]

« Referme ta bouche, Ed ou tu vas gober des moustiques! »

Je me tournai vers elle. BJ m'observait attentivement avec une expression que je n'avais que rarement vue. En temps normal, elle faisait de son mieux pour paraître le plus enjouée possible mais je décelais toujours dans ses yeux cette lueur triste qu'engendrait la solitude. Mais là… elle était complètement sereine. Je savais à ce moment précis qu'elle savourait à cent pourcents la vue, sans arrière-pensée, sans peur, sans inquiétude.

« BJ, j'adore cet endroit. C'est vraiment… Je ne trouve aucun mot pour décrire ce que je vois! C'est superbe!

- Je le pense également. C'est mon endroit préféré ici.

Elle s'allongea sur l'herbe. Je l'imitai aussitôt.

- Je voulais partager cela avec toi, reprit-elle.

- Merci BJ.

Je ne pouvais pas parler davantage car j'étais tellement ému que je ne faisais pas confiance à ma voix pour me porter. J'étais pratiquement sûr que si je l'avais fait, j'aurais croassé pitoyablement.

- Bon anniversaire, Ed. »

Nous ne dîmes plus rien après cela. Nous demeurâmes dans cette position, admirant les étoiles et savourant cet instant. C'était comme si nous étions coupés de la ville, comme si nous étions perdus en pleine campagne. L'air tiède circulait et nous berçait et aucun son ne nous parvenait. Ni klaxon, ni bruits de voix ne troublaient notre quiétude. C'était le paradis sur terre! Nous étions en train de vivre un moment de complicité parfait. Et sa tenue était un plus. Vraiment, je n'avais besoin d'aucun cadeau car tout ce qui me rendait réellement heureux, c'était ce petit bout de femme qui était allongée à côté de moi.

Elle tressaillit et sa peau blanche se couvrit de chair de poule. Sans réfléchir, je lui ouvris mon bras et elle vint se blottir contre moi. Comme ça, aussi naturellement que l'on respire l'air. Je ne me posais même pas de questions, c'était si évident! Comme si sa place était dans mes bras. Non, pas comme. Sa place était véritablement là.

Finalement, une interrogation me vint à l'esprit :

« BJ, pourquoi tu as mis cette tenue en sachant qu'on allait crapahuter?

- Je n'ai pas choisi. C'est Alice», souffla-t-elle sur le même ton que moi en rougissant.

Evidemment.

Alice avait le chic pour jouer à la poupée avec BJ mais je ne m'en plaignais pas car le résultat était toujours époustouflant. Au naturel, BJ était une vraie splendeur que je ne me lassais pas d'admirer, discrètement mais stylisée à la Alice, elle était littéralement prodigieuse. Comme Alice l'aimait à le dire: elle ne rendait pas BJ belle mais elle dévoilait sa beauté et malgré tout ce que pouvait riposter BJ, j'étais totalement d'accord avec ma sœur. BJ ne se voyait pas clairement.

Lorsqu'elle me déposa chez moi, j'étais aussi rêveur qu'un collégien à son premier rendez-vous. Des anniversaires comme ça, j'étais d'accord pour en vivre tout le temps!

****

Enfin bref, même perché à la fenêtre de BJ et tapi dans l'obscurité, il n'y avait pas de trace d'un Jasper ou de ce Ben ni même de ce Jacob. BJ avait un rituel immuable le soir. Vers huit heures, après le dîner, elle montait dans sa chambre, lisait jusqu'à neuf heures. Ensuite, elle sortait de là sans quitter la maison. J'avais renoncé à comprendre le pourquoi de cette question et m'étais employé à continuer mon observation. Vers dix heures et demie-onze heures, elle revenait enfin, douchée et en pyjama.

Et quel pyjama! Ce n'était pas une nuisette de satin sexy mais elle dégageait une telle grâce que c'en était indécent. En vérité, elle ne portait qu'un simple débardeur et un pantalon de jogging mais c'était suffisant pour me faire fantasmer sur ses seins et ses fesses. Je devais agripper une branche d'arbre et la serrer à en blanchir les jointures pour ne pas aller toquer à sa fenêtre et me frayer un passage pour la plaquer sur le lit.

Et pour terminer, elle s'asseyait sur le banc du piano et jouait pendant une bonne heure durant laquelle elle me régalait d'œuvres de Scriabine et de Chopin. C'est là que je réalisais à quel point elle était talentueuse et cachait son niveau, pas parce qu'elle ne voulait pas paraître prétentieuse, mais parce qu'elle ne se voyait décidément pas clairement elle-même. Elle n'avait aucune confiance en elle pour se dévoiler aux autres.

Enfin, lorsque ses yeux se fermaient tout seuls ou que ses doigts ne suivaient plus le rythme soutenu qu'elle s'infligeait, elle éteignait la lumière et se glissait dans ses draps.

Je ne m'approchais pas car j'aurais alors risqué d'alerter les voisins et de me faire prendre pour un cambrioleur. Ca, ce n'était pas vraiment ce qui me faisait peur. Non. Ce que je craignais, c'était la réaction de BJ. D'autant plus qu'Emmett avait eu la super idée de lui donner une batte de base-ball pour se défendre des intrusions car ce n'était "pas sûr pour une fille de rester toute seule dans une grande maison." Bien sûr, sur le fond, il avait raison mais je ne voulais pas me retrouver avec une bosse sur le crâne ou pire encore, me faire casser le genou ou les parties génitales! J'en grimaçais de douleur rien qu'à imaginer le choc!

Au départ, j'épiais BJ pour découvrir si elle avait quelqu'un mais même après avoir eu confirmation que la réponse était négative, j'avais continué et là, je n'avais plus de prétexte. J'étais devenu un vrai stalker, le côté flippant en moins, mais BJ m'obsédait. Elle m'obnubilait jusque dans mes rêves, encore. Alors, je me promis que le jour de son anniversaire, en plus de la boîte à bijoux, je lui ouvrirais mon cœur.

****

Nous avions prévu une surprise-party pour elle avec la complicité de ses parents et de Laurent qui adorait Alice comme sa fille. C'en était de même avec Charlie, d'ailleurs. Ma sœur était une vraie charmeuse! Elle les mettait tous dans sa poche. C'était incroyable! Nous avions convenu d'organiser la fête chez nous car c'était impossible de tenir BJ éloignée de chez elle assez longtemps pour installer tous les préparatifs. Charlie et Renée devaient nous rejoindre sitôt leur avion atterri et Alice m'avait juste assigné une fonction: faire venir BJ à la maison. Je n'avais même pas pu dire mon mot sur les décorations ou les verres! Comme si des petits gobelets en plastique pouvaient faire la différence!

Fébrile et impatient, je décrochai le combiné et composai le numéro de BJ, priant pour qu'elle ne se doute de rien:

« Allô?

Elle avait répondu d'une manière enjouée et j'entendais derrière elle le bruit de fond de la télé. A l'évidence, je devais l'avoir dérangée en plein ménage.

- BJ, tu peux venir à la maison vite fait?

- Ed! Je ne peux pas! Mes parents vont arriver d'une minute à l'autre!

Ils étaient plutôt en route vers notre maison mais ça, je ne pouvais pas le lui révéler.

- Juste cinq minutes! T'as qu'à leur laisser un mot! »

Elle soupira puis raccrocha. Je savais qu'elle viendrait. Je la connaissais assez pour affirmer qu'elle ne pouvait pas refuser quoi que ce soit aux personnes qu'elle aimait. Elle était bien trop généreuse pour cela.

« C'est bon, il n'y a plus qu'à l'attendre.

- Cool! Billy, arrête de piocher dans les bonbons! Il ne va plus en rester, sinon, s'écria Alice en se dirigeant vers le coupable.

- Juste un dernier! »

C'était marrant d'assister à interaction de ma sœur, petit lutin sautillant comme une puce, face à un homme de la stature de Billy. On aurait pu croire qu'Alice serait impressionnée par sa taille massive mais au lieu de ça, c'est lui qui se faisait mener à la baguette. Après Emmett, c'était au tour de Billy de se faire mater. C'état hilarant!

Lorsque BJ passa le perron, elle ne s'arrêta pas ni ne marqua de pause et elle entra directement dans la maison. Cela faisait belle lurette qu'elle avait pris ses aises ici. Nous attendîmes que la porte s'ouvre avant de nous écrier:

« SURPRIIIIIIISE!

BOUM!

Comptez sur BJ pour sursauter, glisser et se cogner la tête contre la porte avant de se retrouver les fesses par terre, sous nos yeux médusés.

Ses joues rougirent et ses lèvres s'étirèrent dans une moue avant de s'ouvrir sur des jurons et des grognements. Elle se releva enfin et lorsqu'elle leva ses yeux vers nous, toute trace de mauvaise humeur avait disparu. Elle souriait, radieuse.

- Non! C'est pas vrai! Qu'est-ce que vous faites tous là?

La surprise se peignait sur son visage. En fait,Laurent avait bien gardé le silence, déjouant mes pronostics. J'étais sûr qu'il lâcherait le morceau mais Alice avait parié le contraire. « Je sais qu'il ne le fera pas », avait-elle riposté énigmatiquement.

- Tu le vois bien, Bell's, on fête ton anniversaire!

Rosalie était visiblement amusée par la chute de BJ. Comme elle le répétait sans cesse, BJ lui rappelait l'innocence et la naïveté que l'on possédait, enfants. C'était une brise de fraîcheur dans notre quotidien. J'étais totalement d'accord avec elle et en même temps, elle réveillait en moi un instinct protecteur. J'avais besoin de me comporter comme son ange gardien car sa spontanéité et sa candeur pouvaient attirer des prédateurs bien plus dangereux que moi. BJ était pour moi ce que j'avais de plus précieux et je ne pouvais pas la laisser à la merci des autres.

- Comment vous avez su?

- C'est Doc qui nous l'a dit et on ne pouvait pas laisser passer ça, tout de même.

Bien joué Alice! On ne pouvait pas lui avouer qu'on le savait grâce à ses parents! Elle se serait doutée de sa surprise. C'était curieux comme je pouvais être le premier à instiguer ça alors que j'étais le premier à rejeter ce genre de choses et à les détester pour moi-même.

- C'est trop gentil à vous! Je suis si contente, s'émerveilla-t-elle en parcourant le salon et en admirant les décorations.

- Et ce n'est pas tout! Devine qui va nous rejoindre?

Je gardais le meilleur pour la fin. Sa peine m'avait marqué et je voulais lui faire oublier ce moment. Je voulais qu'elle se dise que tous ses Noël ne seraient pas fichus et qu'elle aussi avait le droit au bonheur. Ma mine réjouie dut la mettre sur la piste car elle s'illumina tout à coup, en clapant des mains. Alice avait dû déteindre sur elle sur ce côté-là.

- Non? Vrai?

- Oui, tes parents vont arriver d'une minute à l'autre. Installe-toi, je vais te chercher à boire. »

Elle trouva un siège et la musique battit son plein. Lorsque ses parents arrivèrent enfin, BJ rayonnait littéralement de bonheur. Je fus heureux pour elle. J'avais bien accompli ma mission. J'avais hâte d'arriver au moment où elle déballerait ses cadeaux car je voulais voir sa tête quand elle découvrirait la boîte à bijoux.

Une chanson qu'elle appréciait particulièrement retentit et elle me prit la main.

« Tu viens danser?

Je n'avais pas pour habitude d'accepter les invitations. A vrai dire, BJ était la seule fille, Tanya mis à part, à qui j'avais accordé une danse. Une partie de moi voulait refuser: elle avait peur de se retrouver encore dans cette situation avec pour seule conséquence un énorme pincement au cœur et l'autre voix était en train de crier sur la première et de lui donner des coups de pieds au cul.

Finalement, je me levai et comme dans un film, au ralenti, je lui pris la main et nous nous avançâmes vers la piste de danse. J'étais chanceux sur ce coup-là, c'était un slow. Je n'aurais pas besoin de sentir ses fesses se trémousser contre moi. Bon, je ne m'en plaignais pas vraiment mais là, si elle provoquait encore une réaction de mon corps, j'étais sûr de ne pas pouvoir la cacher.

Merci Alice de m'avoir fait porter ce pantalon en coton! [Vous voulez voir la tenue qu'Edward porte? C'est dans mon profil] Un jean, ça pouvait dissimuler une bosse malheureuse mais pas ça. Il valait mieux ne pas tenter le diable.

[Musique de fond: This is home de Switchfoot. Lien dans mon profil.]

Nous dansâmes, serré l'un contre l'autre. Je pouvais sentir à loisir le parfum de son shampooing. Je le humai à satiété mais ce qui m'enivrait le plus, c'était la sensation de ses bras autour de mes épaules et de sa tête contre mon cœur. J'étais à peu près calmé mais ce moment était plus intense que notre dernière danse. Pas physiquement, mais émotionnellement. Je me sentais en fusion avec elle, comme si nos âmes ne formaient plus qu'une. C'était comme si j'étais enveloppé dans un coussin, comme si je flottais. C'était le paradis.

****

Elle s'apprêtait à ouvrir ses cadeaux, riant avec tous quand je m'immobilisai, suivi bientôt des autres.

Non, ce n'était pas possible! Comment? Pourquoi? Les autres ne devaient pas être plus avancés. Leurs yeux étaient aussi ronds que les miens et ils restaient bouche bée comme moi.

BJ, ingénue, suivit mon regard et son visage refléta sa curiosité. Evidemment, elle ne savait pas ce qu'il se passait mais elle allait vite comprendre. Malheureusement.

Je me répétais mais… Comment? Pourquoi?

« Tanya? »

Cela sonna plus comme une question que comme une exclamation de surprise. C'était officiel, ce n'était pas encore aujourd'hui que j'allais demander BJ en rendez-vous galant. Stupide, stupide Edward! J'avais envie de me traiter de tous les noms et de frapper du poing dans un mur. P*** Fais ch*** !!!

L'ambiance changea radicalement. Un ange passa. Tout n'était que silence absolu. J'aurais pu tout aussi bien être devenu sourd. Je n'en croyais pas mes yeux et la réaction de tous m'indiqua que c'était la même chose pour eux. C'était tout bonnement incroyable. Et j'étais en colère.

Mais BJ…

Si furtivement que je crus avoir rêvé, une expression d'extrême douleur passa dans ses yeux. Encore pire qu'à Noël. Encore pire que lors de notre dernière dispute. Pire que tout. Sa peine m'était insupportable.

Je ne comprenais rien. Que devais-je faire? Que devais-je dire? Qu'est-ce qu'elle venait faire ici? Qu'est-ce qu'il se passait à la fin??? Les évènements continuèrent à se dérouler sans que je ne puisse avoir de prise sur eux et, sans que je ne comprenne quoi que ce soit, BJ était déjà rentrée et quelque chose me disait qu'elle ne reviendrait plus.

« Eddie?

J'avais oublié à quel point je détestais qu'on m'appelle comme ça et dans mon souvenir, Tanya n'avait pas une voix aussi nasillarde. Comment j'avais fait pour ne pas remarquer ça pendant aussi longtemps? J'émergeais de mes pensées. Apparemment, on attendait que je réponde.

- Hein? Quoi? Tanya?

- Je n'aurais jamais dû te quitter. J'ai fait une énorme erreur. Est-ce que tu voudras bien me pardonner?

J'étais encore trop abasourdi par son retour mais lorsque je percutais, j'eus la même pensée que ma sœur.

- QUOI, s'étrangla Alice.

- Ca te concerne pas, retourne à tes affaires!

Non mais ça va pas! De quel droit elle osait répondre aussi insolemment à Alice? Elle n'avait donc aucun respect pour ma famille? Là, je me mis à l'insulter de tous les noms… dans ma tête. J'avais quand même élevé comme un gentleman, même si parfois, j'étais vraiment tenté de me conduire autrement.

- Ne parle pas comme ça à ma sœur!

- Les enfants, ça suffit. Rangez-moi tout ça et arrangez vos histoires calmement. »

Comment mes parents pouvaient rester aussi calmes? Je savais qu'ils détestaient Tanya cordialement, au moins autant qu'Alice et mes amis alors comment? Je restai immobile, mal à l'aise. Je ne cessai de fixer l'endroit où BJ se tenait au moment d'ouvrir ses cadeaux. Elle me tracassait. Elle ne les a même pas ouverts, son père a tout pris dans un sac. Je suis sûr que sa mère m'a fusillé du regard en partant et je le mérite mille fois.

Le lendemain, j'évitais BJ. J'avais peur de revoir cet éclair de douleur et j'ignorais comment me comporter avec elle. Elle ne sembla même pas s'en offusquer et je ne fis rien pour l'approcher. J'étais trop gêné. Mais même perdu, quelque part, j'espérais que cela ne dure pas et que l'on se réconcilie au plus vite.

Je me repris vite. Je ne pouvais plus l'éviter comme cela. Il fallait que l'on se parle. Je réalisai rapidement qu'elle faisait tout pour ne pas me croiser. Au point de ne plus venir aux réunions de la Tentation, faisant passer son article par Alice ou Rosalie. De l'incompréhension, je passai à la colère: pourquoi? Qu'avais-je fais de mal? Pourquoi les autres ne subissaient-ils pas le même traitement? Ce n'était pas ma faute après tout!

D'accord, Tanya dormait chez nous mais ça ne voulait pas dire que je m'étais remis avec elle. C'était juste que j'avais un certain sens de l'honneur qui me jouait des tours misérables et je ne pouvais décemment pas la laisser dormir dehors. Elle était venue à Seattle toute seule et n'avait pas de toit pour dormir alors c'était ma responsabilité de l'abriter. Mais pour autant, hors de question que je partage ma chambre avec elle. Alors, je plaignais ma sœur sincèrement mais c'était elle qui se la coltinait. Cependant, la journée, elle me collait comme la peste et me harcelait en ne cessant de ressasser encore et encore des vieux souvenirs. Elle m'insupportait mais je me disais que si je lui laissais le temps de comprendre qu'il n'y avait plus aucun espoir, elle s'en irait d'elle-même.

Un mois passa dans la foulée. Un long mois. Trente jours! Et je ne savais pas du tout ce que devenait BJ. Mais j'eus le temps de mûrir.

Je compris lentement mais sûrement. Je me remis en question. Encore une fois.

Tanya m'exacerbait de plus en plus et j'en vins à me demander comment j'avais fait pour tomber amoureux d'elle un jour. Pour moi, elle n'était plus qu'une connaissance. J'avais passé ce cap. Je me croyais plus mature que les autres mais en fait, j'étais jeune et stupide.

A cette période, Tanya m'avait eu par sa beauté lisse et le sexe. J'avais honte mais mes hormones étaient en pleine ébullition et je possédais moins de self-control qu'aujourd'hui. Maintenant, je savais que le désir ne faisait pas tout dans la vie. Il fallait autre chose de plus pour qu'une relation fonctionne: de la complicité, de la tendresse, des rires, de l'amour en somme.

Nous déjeunions dans un petit café de proximité. BJ ne pouvait pas rester longtemps car ses cours commençaient dans pas longtemps mais elle avait couru pour que l'on puisse discuter un peu. C'était nos moments préférés. Loin de tout tracas, en toute décontraction.

Nous abordâmes bientôt un sujet plutôt intime mais avec elle, c'était venu naturellement et j'étais à l'aise pour partager mes sentiments avec elle. Parce que c'était elle.

« Ed, est-ce que ça change quelque chose le sexe dans un couple?

- Je ne peux pas vraiment te dire. Avec Tanya, c'est venu très vite mais au lieu d'avoir une relation d'échanges comme je pensais que ce serait, c'était autre chose. Ce n'était pas l'aboutissement d'un amour, seulement un exutoire, enfin… Pour moi, le sexe devrait être un lieu privilégié où l'amour pour l'autre s'exprime et se montre, tu comprends ce que je veux dire?

Je savais que ce que je disais était confus et décousu mais BJ me comprenait parfois mieux que moi-même.

- Oui.

- Mais avec Tanya, c'était autre chose. Si je devais mettre un nom dessus, ce serait l'égoïsme.

Là, j'avais trouvé le mot! Egoïsme.

- Pourquoi?

- Honnêtement, c'est ce que je ressentais. Même amoureux, on ressent ces choses-là. On pense que pour les hommes, c'est facile et c'est vrai, physiquement, on est vite comblé. Mais mentalement, si tu donnes et que tu ne reçois pas, ça porte un coup… c'est assez clair ce que je dis?

- Oui, ne t'inquiète pas, répondit-elle pensivement en prenant une bouchée dans son tupperware.

Là, ma curiosité avait été piquée.

- Et toi? Qu'est-ce que tu en penses?

- Ha ha ha, rit-elle embarrassée. Je ne peux pas tellement avoir d'opinion dessus. Disons que… ahem… je suis aussi innocente qu'un agneau qui vient de naître…

- Tu me fais marcher?

- Non, pourquoi? Ai-je l'air facile?

Elle commençait à se rebiffer. Dis quelque chose, Edward ou elle va te manger tout cru! Sauve-toi de ce pétrin!

- Non, ce n'est pas du tout ce que je voulais dire mais… comment ça se fait, demandai-je en penchant la tête.

Comment une fille aussi belle, aussi intelligente et sexy que BJ pouvait encore être vierge? C'était une vraie énigme. Si je l'avais rencontrée avant Tanya, aucun doute que j'aurais tenté de mettre le grappin sur elle, même si j'étais un geek.

- Tu me promets de ne pas te moquer, avait-elle demandé d'une toute petite voix en rougissant encore plus.

- Bien sûr, acquiesçai-je vigoureusement.

- Eh bien, comme tu le sais, j'ai beaucoup voyagé… et…euh… je ne me suis jamais liée…

Yes! Hum hum… Edward, contiens ta joie.

- Je comprends. Alors…

- Oui… Je suis totalement ignorante en ce qui concerne les relations homme/femme. Honteux, hein?

- Non, pas du tout. Moi, je trouve ça mignon et même irrésistible. »

Carrément sexy, avais-je ajouté mentalement. Elle avait penché la tête comme si cela pouvait lui permettre de comprendre le sens de mes paroles. J'avais ri en pensant qu'elle était hilarante et adorable.

Ce souvenir me pinça le cœur. Elle me manquait.

J'avais l'impression que des siècles entiers s'étaient écoulés depuis que j'avais entendu son rire cristallin. Il fallait que je désamorce la situation. Je ne pouvais plus rester ainsi sans elle. Elle m'était bien trop importante, elle était ma vie maintenant!

Ce soir-là, pour la première fois depuis le mois dernier, je fis le mur et escalai l'arbre pour capter la vue de BJ. J'avais besoin de constater par moi-même (constater, hein? Moi, je dis espionner…) qu'elle allait bien. Le tableau qui se dressait devant moi me déconcertait.

[Musique de fond: Serenade de Shubert- Lien dans mon profil.]

Elle était assise à son bureau, la chambre totalement baignée dans l'obscurité. De là où je me trouvais, je ne pouvais pas bien voir ce qu'elle fixait comme ça mais j'étais certain qu'elle pleurait. Ses épaules tressautaient et sa tête baissée me le confirmaient. Et pour la première fois de ma vie, je n'étais pas capable de la réconforter ni même de l'approcher.

Je fus tenté de m'avancer et de faire connaître ma présence et ainsi, nous nous serions retrouvés, je l'aurais prise dans mes bras en lui susurrant à l'oreille de ne plus pleurer et que tout irait bien et je ne l'aurais plus jamais quittée. Mais la réalité était tout autre. Je n'étais qu'un homme qui avait fugué pour l'espionner à sa fenêtre et en plus, nous ne nous étions plus parlés depuis un mois. Entre ce que je voulais et la vraie vie, il y avait un gouffre énorme infranchissable. Je rentrai chez moi, me demandant encore et encore pourquoi elle se trouvait dans cet état et je me fis la promesse solennelle de ne plus la fuir et d'affronter le problème que représentait Tanya.

****

Alice m'avait informé qu'aujourd'hui, elle passerait son concours pour devenir officiellement professeur de danse. « Encourage-la, elle en a besoin », avait-elle conclu tristement. Comme si j'avais besoin qu'elle me l'ordonne pour le faire! Je l'aurais fait de toutes façons.

Je m'habillai à la hâte. Je ne voulais rater sa prestation pour rien au monde. Je ne pouvais plus me permettre de rester à l'écart de sa vie. Je tenais à être là pour son moment. J'en avais besoin, moi aussi.

Tanya insista pour m'accompagner, ce qui m'irrita au plus haut point mais je dus me résoudre à la supporter car elle ne me laisserait pas tranquille sinon. Et je ne voulais pas risquer qu'elle fasse un esclandre dans le théâtre.

Nous nous trouvâmes des sièges à l'écart. Si je pouvais, je préférais éviter que les autres ne me voient. Surtout avec Tanya qui les agacerait, encore. Et je les comprenais complètement maintenant. Il fallait vraiment que je trouve un moyen de la faire déguerpir et quitter définitivement nos vies.

BJ croisa mon regard et cette fois encore, sa tristesse se lut sur son visage. Je luttai pour ne pas me précipiter vers elle et Tanya ouvrit sa bouche, une fois de plus :

« Je ne comprends pas pourquoi tu as tant voulu venir ici. Ce n'est pas ton genre. Depuis quand tu t'intéresses à ces balais?

J'avais renoncé depuis longtemps à lui inculquer la moindre notion de respect. La seule chose qu'elle aimait, c'était elle-même. Elle était complètement narcissique et égocentrique et bien sûr, tout devait tourner autour d'elle. Je soupirai. J'en avais assez de ses préjugés à la noix. Les danseuses n'étaient pas forcément grandes et fines. Au contraire, BJ était assez petite mais elle avait des formes et des courbes généreuses, à se damner. Elle était loin de donner l'image d'un balai. Et le balai, Tanya pouvait se le mettre où je pensais… C'était officiel, j'étais énervé.

- Tais-toi Tanya, grinçai-je.

- Et en plus, ça fait longtemps que tu n'avais pas vu … Bella, c'est ça? Pourquoi tu as ressenti ce besoin de venir, je ne comprends pas. Tu n'as pas besoin d'elle.

Elle allait se taire un jour, oui?!? Non mais quelle … pimbêche! Raah! J'avais envie de crier de rage!

- Tanya, arrête. Tu ne sais rien d'elle. Et si, j'ai besoin d'elle.

- Pourquoi? Et moi alors? »

Et là, j'eus une illumination.

Pourquoi la simple présence de BJ suffisait à illuminer mes journées? Parce que je l'aimais? Oui, mais ça, je le savais.

Pourquoi son absence signifiait suffocation et manque d'oxygène pour moi? Parce que je l'aimais, c'était aussi simple que ça.

Pourquoi je ressentais tant le besoin de la protéger? Oui mais ça, c'était pareil avec ma famille alors…

Pourquoi ses larmes me brisaient le cœur, m'incitant à les sécher et à la réconforter? Parce que j'étais un bon gentleman et que je détestais voir les femmes pleurer.

Pourquoi je ne concevais plus mes jours sans elle? Parce que j'aimais. Je me répétais mais…

Toutes ces interrogations n'avaient en réalité qu'une réponse, la plus évidente, mais aussi la seule: j'aimais Isabelle Marie Swan. Bon, ça je le savais, pour sûr. Mais je l'aimais vraiment du plus profond de mon être! D'un amour éternel qui ne s'éteindrait jamais, BJ n'était pas une passion éphémère. Elle était ma moitié, la seule, la vraie.

Depuis un moment déjà, peut-être même depuis le début. J'en avais le pressentiment mais jusque-là, je n'étais pas sûr de l'intensité. Bon sang, comment j'avais fait pour croire que ça allait passer? C'était à cause de ça que j'avais été aussi poltron! Je pensais bonnement que ça allait disparaître! Mais non! Je l'aimais!

Je pouvais vivre sans Tanya dans ma vie, j'étais même plus heureux sans elle. Mais c'était autre chose pour BJ. J'avais laissé tout ce temps s'écouler avec la certitude que ça s'arrangerait, comme d'habitude et maintenant, je réalisai pourquoi. Je l'aimais et ça ne changerait jamais.

Mais… et maintenant?

BJ débuta sa prestation. Fort de cette révélation, je ne détachai pas mes yeux d'elle. Plus jamais. Il ne me restait plus qu'à arranger les choses et ce n'était pas une mince affaire mais j'avais confiance. En moi, en elle, en un nous. Un nous qui ne serait jamais disloqué. Un nous semblable à celui de mes parents. Un nous qui serait le nôtre à tout jamais.

Je ne fis même pas attention à la musique qu'elle avait choisie. J'étais trop absorbé dans la contemplation de ses mouvements fluides. Elle était vraiment gracieuse! Elle commença avec des pas de danse classique, ce qui m'impressionna grandement car pour moi, c'était un style ennuyeux. Néanmoins, elle se mouvait avec tellement d'élégance et de légèreté que mon intérêt fut piqué au vif. J'étais hypnotisé, voire en transe. Elle aurait pu continuer ainsi pendant des heures que je serais resté embarqué avec elle.

Rapidement, elle changea de registre et je rêvai. Son visage reflétait un tel plaisir… Elle avait exactement la même expression que ce soir-là, sous les étoiles. Son sourire me laissait pantois. Elle vivait définitivement pour la danse. C'était impossible qu'elle échoue à ce concours. C'était sa vocation. BJ était faite pour partager sa passion avec les autres. C'eut été un gâchis de ne pas permettre cela.

La présidente du jury posa quelques questions à BJ. Je sus qu'elle passerait. Elle avait fait forte impression durablement sur eux et ce n'était que justice, elle le méritait amplement. Elle avait énormément bossé pour cela et ses efforts devaient être récompensés.

Ignorant les geignements de Tanya, je suivis ma sœur et Emro dans les coulisses. Alice et Rosalie jetèrent un regard noir à Tanya et Emmett me sourit, condescendant. « Courage, vieux », me souffla-t-il inaudiblement.

Tout se passa très vite. Sans savoir comment, je me retrouvai face à face avec BJ, sans savoir quoi dire. Je ne me souvenais plus de ce qu'avaient dit les autres et un vide semblait remplacer mon cerveau. Tétanisé, le trac me submergea.

Puis, elle fronça les sourcils comme pour réfléchir à une chose complexe, son regard passa rapidement derrière moi et quand il revint vers moi, elle sourit fugitivement avant de se figer. A quoi pouvait-elle bien penser en ce moment?

Je pris mon courage à deux mains :

« Félicitations, BJ. Tu as fait un beau travail.

Sûrement les paroles les plus bêtes qui soient, tu aurais pu trouver mieux, me fustigeai-je.

- Merci, Ed. C'est gentil d'être venu me voir.

Son ton me laissa espérer qu'elle était contente que je sois là. Si seulement, je pouvais lire dans ses pensées! Et dire qu'elle prétendait être un livre ouvert! J'aurais bien voulu…

- Non, c'est normal. Je le voulais. BJ, je suis désolé. »

Désolé pour tout le mal que je t'ai fait. Désolé d'être un parfait idiot qui a mis des semaines avant de réaliser qu'il aurait dû se bouger le cul depuis longtemps. Désolé de te faire subir tout ça. Désolé pour tout. Je sais que j'ai agi en laissant Tanya s'immiscer trop longtemps et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour réparer mes erreurs et rattraper le temps perdu car je t'aime comme un fou.

Sans oser dire tout haut ma pensée, j'appuyai mon regard de tout l'amour que je lui portais. J'ignorais si j'avais réussi à lui faire passer mon message mais sa vue se brouilla. Non, ne pleure pas, BJ! J'étais en colère contre moi-même, je n'aimais pas la mettre dans cet état. Je détestais la blesser. Mais qu'est-ce que j'avais encore fait?

Alice nous interrompit et lui rappela un rendez-vous. Un rendez-vous ? QUEL RENDEZ-VOUS??? Cependant, avant de partir, elle me sourit timidement et je lui répondis de la même manière. Que pouvais-je ajouter de plus?

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N/A 1 : Décidément, les anniversaires de Bella ne lui pas portent pas chance, hein? Mais moi, je suis moins sadique, notre Eddie ne reste même pas plus d'un mois sans voir Bella. Ah, quelque chose qui n'a rien à voir mais holy fucking shit, au moment où j'écris, j'ai dépassé les 22000 hits! Youpi! Alors, thank you guys, you rock!

2 : Il y a encore des répliques! A vous de jouer! Bravo encore à C et Dille pour les dénicher à chaque coup. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort?

3 : Qui est Laurent? Réponse plus tard et/ou dans le POV de Bella. Pareil pour cette question: comment ça se fait que les parents de Bella connaissent la famille Cullen? C'est quoi ces histoires de rendez-vous avec Bella? A quoi pense Bella quand Edward vient la voir au théâtre? Bah oui, parce qu'ici, c'est le point de vue d'Edward donc vous en saurez autant que lui, c'est-à-dire dans certains cas, rien du tout. Et je vais même vous spoiler quelque chose: le baiser, Bella s'en souvient. Elle fait juste semblant du contraire alors vous n'avez qu'à lire son POV pour savoir ce qu'il s'est passé dans sa petite tête pour qu'elle réagisse comme ça.

4 : Je fais un petit coucou aux vilains canards et bienvenue à mes nouvelles lectrices! Parce que c'est bien beau d'écrire mais le travail est récompensé par vous. Oui, vous qui lisez cette histoire;)

5 : Le plot d'un de mes futures nouvelles fic qui n'a pas encore de titre: Bella travaille dans une agence matrimoniale où elle voit défiler pas mal de drôles de clients. Et puis un jour, une lettre va attirer son attention…

Evidemment, l'histoire sera bourrée d'humour et de fluff. Parce que comme vous le savez, les Bisounours ne règnent pas sur le monde mais ils peuvent au moins essayer dans les fictions. A bas les pleurs, à bas les larmes, aux chiottes les viols, les agressions et la rancune (angst). Et vive le lemon et les rires. Elle sera sûrement publiée en même temps que LWBOTB.

6 : Pour répondre à la question, il reste à peu de choses près 3 ou 4 chapitres qui racontent le 1er rendez-vous Edward/Bella, leur 1ère fois, l'arrivée de Jasper, le mariage Rosalie/Emmett et la demande d'Edward. Oui parce que j'ai arbitrairement décidé de ne jamais écrire de fiction de plus de 25 chapitres. Je suis comme vous, je décroche si c'est trop long.

7 : La petite minute qui ne sert à rien. Saviez-vous que le rôle de Darcy a failli être tenu par Johnny Depp ou Joaquin Phoenix dans Bride and Prejudice? (la version bollywoodienne de Pride and Prejudice). D'ailleurs, je ne vous conseille pas ce film et je vous dis ça sans l'avoir vu, évidemment.

8 : Si vous m'avez en Author Alert, vous avez probablement lu Docteur Cullen et Miss Bella. Forcément, comme je préviens toujours de mes idées et que là, c'est venu comme ça, c'est une surprise. Le style d'écriture change radicalement mais j'espère que vous rirez autant que moi j'ai ri quand j'ai écrit le 1er chapitre. C'est en cours d'écriture, évidemment et ça sera publié en même temps que LWBOTB et ça fera de la lecture pour celles que LWBOTB n'intéresse pas. D'aileurs, le 2ème chapitre s'appellera Accident de douche:)

9 : Une review pour un teaser parce que les reviews, c'est comme regarder un DVD dans le noir avec Robert Pattinson et Matthew Mc Fadyen, c'est grisant.