Disclaimer : Je possède enfin la fameuse recette des cookies américains mais pas d'Edward pour travailler à vitesse vampirique parce que mine de rien, ça prend du temps si on veut se régaler.
Chanson du chapitre : Can she excuse my wrongs de Sting.
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« Les séductions de la chair sont moins distrayantes que celles du cœur et de l'esprit. »
André GIDE
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Ch 18 :Réconciliation
Je n'avais plus envie de sortir nulle part. La présence de Tanya m'insupportait complètement et irrémédiablement et je cherchais par tous les moyens à la faire partir. D'ici et de ma vie, définitivement. Elle s'obstinait à me suivre où que j'aille, ne me laissant aucune vie privée.
« Je suis ta vie », s'entêtait-elle.
C'est ça et moi, je suis le pape, lui rétorquais-je, complètement à bout de nerfs. Le pire, c'est qu'au lieu de prendre pour argent comptant ce que je lui sortais de but en blanc, cette bêtasse [AN: c'est bien bêtasse, pas le mot en P^^] avait encore le culot de rire aux éclats et d'affirmer que j'étais un drôle de farceur! J'avais beau levé les yeux au ciel, rien n'y faisait. La bêtise n'avait pas de limites. En même temps, c'était de ma faute, qu'est-ce que j'avais été faire avec une idiote comme elle?
****
Alice avait réussi à la faire sortir de la maison, arguant que de toute façon, je resterais là, comme un ermite. J'adorais ma sœur, elle était capable de sentir littéralement lorsque j'avais une idée en tête. Comme si elle savait d'avance ce que j'allais faire. C'était ma complice dans mon plan pour renouer avec BJ.
Et, comme je m'y attendais, Tanya avait marché. Evidemment. Elle ne supportait pas de rester enfermée comme un lion en cage. Elle préférait le grand air et surtout faire les magasins. Comme si j'avais en plus envie de porter ses sacs… Il faudrait toujours que les femmes courent les boutiques avec un chauffeur et un porteur personnel. Ca éviterait bien des tracas à tout le monde. Heureusement que BJ n'était pas comme ça. Quoique, elle, c'était autre chose. Elle ne craquait pas pour les vêtements mais dès qu'il s'agissait de livres ou d'autre chose en rapport avec les arts, elle était aussi folle et sautillante qu'une puce. Alors, je levais les yeux au ciel en masquant mon sourire attendri mais de la voir ainsi, toute rouge et excitée, je trouvais ça mignon et adorable. Je soupirai… Elle me manquait.
DRING DRING. Le téléphone sonna dans le hall.
« Tu veux bien répondre, Edward chéri?
- Oui, maman! »
Elle était immobilisée après être tombée de l'escabeau. Rien de grave mais elle avait interdiction de sortir de son lit pendant deux semaines. De nature active, elle ne supportait pas sa condition mais son humeur restait égale. Je m'étais rapproché sensiblement d'elle avec l'entrée de BJ dans ma vie et malgré l'épisode Tanya, nous restions proches. J'avais compris que ce que je prenais pour du détachement de sa part s'était révélé avec le temps de l'inquiétude. Elle tâchait cependant de ne pas la dévoiler pour ne pas nous peser dessus et dorénavant, je comprenais les raisons de ses agissements. Si Esmé devait incarner un sentiment, ce serait l'amour inconditionnel car elle ne jugeait jamais personne, pas même Tanya malgré leur mésentente et nous faisait confiance pour prendre les bonnes décisions.
Quand j'étais plus jeune, elle n'avait rien montré mais je savais qu'elle n'appréciait pas Tanya. Je n'avais pas compris pourquoi et je lui en avais voulu. Je pensais que mon bonheur lui importait peu. Et BJ était arrivée. Elle lui avait ouvert les bras, la traitant comme sa propre fille. La colère avait laissé place au scepticisme: Pourquoi cette attitude?
Maintenant que j'étais objectif, sans parti pris, je savais. En tant que mère, depuis le début, elle l'avait pressenti. Quelque part dans son cœur, elle avait su que Tanya n'était pas faite pour moi. Comme elle aimait nous le répéter lorsque nous étions petits, avant de nous border, lorsqu'elle avait rencontré Carlisle, il y avait eu tout de suite cette étincelle, ce "truc" qui faisait qu'elle savait avec toutes les fibres de son être que Carlisle lui était destiné.
Maintenant, j'avais réalisé que je n'étais heureux qu'avec une femme. BJ. Mon cœur écoutait ses petits yeux chocolat lui parler. Avec elle, je me sentais entier. Je comprenais ce que c'était que de sentir ce "truc".
Esmé avait également compris ma révélation et faisait tout pour m'aider à arranger mes erreurs, avec la complicité d'Alice. Ces deux femmes ne cessaient jamais de me surprendre.
Oui, grâce à BJ, en plus de l'amour, j'avais découvert véritablement ma famille.
Je décrochai le combiné. Sans me laisser le temps de dire allô, BJ me prit d'assaut, criant et pleurant:
« Alice, tu ne devineras jamais! J'ai été prise! J'ai réussi! Les autres filles me regardaient de haut dans les coulisses. Moi qui ne suis partie de rien, j'ai été meilleure que ces pimbêches! Mince, je suis trop contente, Alice. Voir tout mon travail mener à ça… mon rêve! Ils peuvent tous pleurer maintenant, j'ai réussi! Tu te rends compte…
Bien sûr, j'étais content pour elle. Elle le méritait amplement. Elle avait travaillé si dur pour ça! Entendre sa voix me faisait plaisir, énormément, mais je ne pouvais pas la laisser continuer indéfiniment. Je le voulais mais moralement… est-ce que… si? Non? Je toussotai. Elle se tut immédiatement en me reconnaissant.
- Je suis désolé de ne pas t'avoir interrompue plus tôt, BJ mais félicitations! Je suis vraiment heureux pour toi.
Je l'avais prédit mais je savais que maintenant que désormais, comme son travail était reconnu à sa juste valeur, elle aurait plus confiance en elle et qu'elle serait plus épanouie ainsi.
- Merci, fit-elle d'une toute petite voix.
Un ange passa. Je pouvais le visualiser en train de passer devant moi, une harpe à la main. Pourquoi fallait-il toujours que je me bloque comme ça devant elle? Ne pouvais-je donc pas lui parler normalement sans avoir le cœur qui saute hors de la poitrine comme si j'étais un collégien? Je l'entendis souffler à l'autre bout de la ligne, puis plus rien. Je portai le combiné à mes yeux. Peut-être était-il cassé mais non. Rien.
-BJ, t'es encore là?
- Oui, je suis si confuse. Où est Alice?
Elle jeta un froid sur ma bonne humeur. Moi qui me réjouissais d'entendre sa voix. Pourquoi était-elle confuse? Parce que c'était moi qui lui avait répondu? Elle ne voulait même pas me parler, regrettai-je amèrement. Je ne pouvais pas lui avouer qu'elle était avec Tanya. Elle se serait refermée comme une huître sinon.
- Elle est partie faire du shopping avec Rosalie. Emmett l'emmène ce soir et comme il voulait qu'elle porte quelque chose de spécial…
Ce n'était qu'un demi-mensonge. Il y avait bien Rosalie avec elles en plus. Emmett m'avait confié qu'il ferait sa demande ce soir. Déjà.
- Je comprends… Bon…
Elle allait raccrocher si je ne faisais rien pour la retenir… Je la coupai avant qu'elle n'ait eu le temps de finir sa phrase.
- BJ?
- Oui?
Trouve vite quelque chose à dire. Vite! Ne vas pas passer pour un crétin!
- Je suis heureux de t'entendre.
- Vraiment?
Etrangement, son ton étonné chantonnait. J'y perçus… De la joie?
- Oui. On ne s'est pas beaucoup parlé dernièrement…
- Ce n'est pas ma faute. C'est toi qui l'as voulu!
Pourquoi était-elle sur la défensive?
- Je sais et j'en suis désolé…
- Non, ne dis pas ça. C'est toi qui as commencé à m'éviter comme la peste. A quoi tu t'attendais? Que j'accepte tes excuses comme ça? Que je fasse comme si de rien n'était alors que tu m'as blessée?
Mince alors! Pourquoi elle agissait ainsi? J'avais l'impression de voir un volcan en pleine éruption. C'était comme si elle s'était longtemps contenue et que d'un coup, elle se libérait. Elle débitait un flot gigantesque de paroles et ne m'écoutait pas ou plus.
- Isabella, laisse-moi en placer une! »
Elle me raccrocha au nez. Elle osa! Je jurai à voix haute puis repris mon souffle. Je ne pouvais pas laisser passer ça. Enervé, je recomposai son numéro. Elle ne pouvait pas continuer à m'éviter comme ça, bon sang de bon soir!
« BJ!
- Quoi? Qu'est-ce que tu me veux?
En l'entendant, je me calmai en fronçant néanmoins les sourcils. Même après des semaines sans la voir, elle m'attendrissait toujours et sa voix grelottait. Je me fis du souci, comme toujours, lorsqu'elle était en cause.
- BJ, tu pleures?
- Non, opposa-t-elle faiblement.
Je soupirai. BJ et sa foutue fierté….
- Je suis vraiment désolé de t'avoir traitée comme ça.
- Pourquoi tu as agi de cette manière? Tu pensais que je t'imposerais un choix? Que je ne comprendrais pas tes sentiments?
- Non, ce n'est pas du tout ça. Quand Tanya est revenue, j'étais perdu. Je ne savais plus quoi penser. Comme Alice te l'a sûrement dit, Tanya voulait se réconcilier avec moi et je ne savais vraiment pas ce que je ressentais à ce moment-là. Tous mes moments heureux, tous mes souvenirs avec elle me sont remontés à la mémoire et… pfff… j'étais perdu.
J'avais besoin de me déconnecter, de me retrouver.
- Et?
Malgré l'allègement de son humeur, son ton restait dur. Je savais qu'elle restait sur ses gardes. J'avais vraiment gâché mes chances.
- J'ai mis vraiment beaucoup de temps et ça ne s'est pas arrangé avec Tanya qui dormait chez nous mais finalement, je commence à retrouver la lumière.
Non, j'en étais loin et malgré ma révélation, j'avais peut-être fait trop de dégâts. Le moindre que je pouvais faire alors était de réparer les pots cassés même si cela devait me prendre toute une vie.
- Ah…
- Ecoute, BJ, je suis vraiment désolé pour ce que je t'ai fait subir. Me pardonneras-tu jamais un jour?
Je savais que j'étais en train de prendre un risque considérable en l'acculant comme ça au pied du mur mais j'avais besoin de savoir. Comme souvent, je regrettai alors de ne pas lire dans ses pensées; tout serait alors si simple!
- Ed… il m'en coûte de l'avouer mais…
- Oui, l'exhortai-je à continuer, plein d'espoir.
- Tu m'as manquée. Vraiment.
Youpi! Cette simple phrase m'emplit de joie. Peut-être que tout n'était pas perdu.
- Toi aussi, BJ. Amis à nouveau?
C'était encore un risque mais elle en valait le coup. Elle était mienne et un jour, je finirai par le lui faire savoir et admettre.
- Oui, amis. »
Pour le moment, je me contenterai de ça, songeai-je alors qu'elle raccrochait. Pour le moment.
Je n'eus plus aucune nouvelle d'elle les jours suivants. Elle travaillait durement, selon Alice et je ne voulais pas interférer, mais cela ne m'empêchait pas de l'espionner par sa fenêtre, le soir et de me pâmer d'admiration pour elle.
****
C'était le premier soir depuis longtemps que Carlisle ne travaillait pas de nuit et ma mère avait insisté pour que nous dînions tous ensemble. Evidemment, Tanya s'incrustait toujours mais j'étais content qu'Esmé lui jette un regard noir à en faire pâlir les ténèbres les plus profondes pour lui signifier son désaccord. Elle était donc partie pour la soirée et Alice n'était toujours pas rentrée. Alors que nous étions en train de prendre l'apéritif dans le salon, la porte d'entrée s'ouvrit en grand, en claquant bruyamment contre le mur et la voix haut perchée d'Alice résonna.
« Maman, papa, c'est moi! Je vous ai amené quelqu'un! »
En l'entendant, je me pris à nourrir le fol espoir que c'était BJ. Je m'attendais presque à voir surgir sa silhouette fine mais je me trompais. Au lieu de BJ, c'était un jeune homme qui nous faisait face. Blond, le visage fin et avec une carrure athlétique, il nous souriait timidement mais ses yeux bleus nous fixaient franchement. Je sus immédiatement qu'il était le petit-ami d'Alice car ils se tenaient la main amoureusement. Je levai les yeux au ciel. N'aurait-elle pas pu choisir un autre jour pour cela?
« Non, Eddie, je voulais que maman et papa rencontrent Jasper ensemble.
Avais-je parlé à voix haute? Hé mais… Jasper??? Le Jasper dont elles discutaient et faisaient des messes basses? Le Jasper-là?
- Papa, maman, je vous présente Jasper Whitlock, l'homme de ma vie.
Tout de suite les grands mots! Elle le connaissait depuis quoi, deux mois maximum? Je haussai les épaules, me retenant pour ne pas secouer la tête, dépité. Alice était vraiment une romantique irrécupérable.
- Nous sommes enchantés de te connaître Jasper.
Mes parents souriaient béatement en serrant la main de Jasper. Ils avaient accueilli celui-ci aussi facilement que si Alice avait annoncé que c'était le frère de BJ. Cela devait être un signe, ils étaient doués pour décrypter la nature d'une personne. J'en conclus que Jasper rendrait ma sœur heureuse.
- Moi de même, monsieur et madame Cullen.
- Non, appelle-nous par nos prénoms, je t'en prie. Je suis Esmé et voici Carlisle.
- C'est un honneur de rencontrer les parents de ma douce. »
Jasper possédait un fort accent du Sud et sa blondeur le faisait ressembler étrangement à Rosalie. Je devais tout de même reconnaître qu'il avait le mérite d'être un gentleman courtois et plein de délicatesse. Nous passâmes à table après l'apéritif où il nous apprit, entre autres, qu'il était le cousin de Rosalie.
J'eus le cœur serré en le voyant s'asseoir sur la chaise habituelle de BJ mais je surpris un échange silencieux entre Alice et lui. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas se rendre compte qu'ils se regardaient de la même façon que mes parents. Elle lui prit la main avec un sourire tendre qu'il lui rendit. C'était indéniable, ces deux-là s'aimaient au-delà du normal. J'aurais dû être jaloux de leur bonheur mais non. J'étais heureux que ma petite sœur ait trouvé chaussure à son pied; je savais que Jasper la traiterait toujours comme une princesse et qu'il ferait tout pour la rendre heureuse. D'ailleurs, l'étincelle qui brillait dans les yeux d'Alice me le confirmait.
« Alors, Jasper, comment tu as rencontré notre petite fille.
- Maman, s'écria Alice.
- Ne me fais pas ce regard, Alice. Même à trente ans, tu seras toujours notre petite fille, répondit Esmé en s'esclaffant avec notre père.
- Hum, ronchonna ma sœur en croisant les bras.
Je souris brillamment. Elle qui se moquait à Noël, quand j'avais été privé de sortie… Maintenant que la situation s'appliquait à elle, elle ne riait plus! Je ne pus retenir un ricanement tandis que je me faisais fusiller du regard et que Jasper serrait la main d'Alice, narquois. Bon, ses yeux montraient clairement qu'il était amusé mais il la soutenait en même temps. Je n'oubliai pas que j'étais curieux de connaître néanmoins sa réponse à l'interrogation d'Esmé.
- Eh bien, j'ai rencontré Alice en juin dernier, lors de la fête que vous avez donnée en l'honneur de l'obtention de sa licence. J'accompagnais Rosalie et Emmett car j'étais leur chauffeur et je pensais m'ennuyer à mourir parce que je ne suis pas très fêtard. D'habitude, je préfère rester étudier à la bibliothèque mais Rose m'a exhorté à venir pour me changer les idées. J'avais rompu avec ma petite-amie de longue date quelques mois auparavant et apparemment, ce n'est pas moi qui l'affirme mais ma cousine, j'étais reclus. Donc, me voilà à cette fête où les seules personnes que je connais m'ont abandonné pour se bécoter dans un coin. Je me fraye un passage au hasard tant bien que mal parmi les autres convives et je me trouve enfin un coin tranquille, près du buffet. Comme il fait assez chaud, j'ai soif alors je voudrais me servir un verre mais il y a cette jeune fille qui m'empêche d'accéder aux boissons. Elle me tourne le dos alors je n'ai pas d'autre choix que de tapoter sur son épaule. Et là, elle se retourne en me tendant un de ses deux verres avec un énorme sourire en me faisant un reproche. " Tu es en retard, tu m'as fait attendre". C'est ce qu'elle m'a dit mot pour mot avant de rougir de son erreur et d'éclater de rire complètement prise au dépourvu. Son rire était tellement communicatif que j'en ai fait de même, complètement subjugué.
- C'était un vrai coup de foudre. A l'instant où mes yeux se sont posés sur lui, je savais que c'était lui et quand j'ai entendu le son de sa voix, j'étais déjà complètement amoureuse.
Ils se perdirent dans la contemplation admirative l'un de l'autre. Je n'osais pas perturber leur moment d'intimité et me demandai comment j'avais bien pu rater ce moment durant cette fête.
- Et donc, que s'est-il passé après, s'enquit Carlisle avec un énorme sourire.
- Il a baissé la tête d'un air honteux et m'a répondu "J'en suis navré" avec cet accent texan qui m'a fait perdre la tête. Finalement, on a passé le reste de la soirée à discuter sur tout et rien et on s'est revus très souvent avant de nous mettre en couple à mon retour d'Europe.
- Comme c'est mignon! C'est une très belle histoire, commenta ma mère.
- Qui aurait cru que je rencontrerais un ange à cette fête, rit Jasper.
Tout le monde se joignit à son rire tandis que je méditais. Ainsi, cela faisait des mois que ma petite sœur fréquentait un jeune homme sans que je ne sois au courant et j'étais certain que BJ était au courant. Pourquoi ne m'avait-elle rien dit? Pourquoi Alice avait-elle attendu si longtemps avant de nous présenter son petit-ami? Comme si elle lisait mes pensées, Alice prit alors la parole.
- Nous avons su tout de suite que nous étions destinés l'un à l'autre mais… je ne sais pas, au début, je voulais garder ça pour moi. Je ne voulais partager cela avec personne d'autre, juste garder Jasper pour moi et puis Bella nous a surpris un jour alors qu'on s'embrassait dans le jardin et je lui ai fait promettre de ne rien dire. Elle savait que de toute façon, nous finirions par partager notre bonheur avec vous. »
J'hochai la tête. C'était vrai qu'en ce sens, BJ était une véritable amie. Nous pouvions compter sur sa loyauté; elle était digne de confiance. Je ressentis un pincement au cœur pour la énième fois. La complicité que je partageais avant avec BJ me manquait décidément énormément.
Carlisle et Esmé conversèrent avec Jasper tandis que je les écoutais distraitement. Maintenant, je comprenais mieux les cachotteries des filles, pourquoi quelquefois j'entendais prononcer le prénom de Jasper… mais une question subsistait quand même: c'était qui ce Jacob? Et ce Ben, qu'est-ce qu'il venait faire là-dedans?
****
Lorsque BJ obtint enfin un poste attitré, tous voulurent fêter cela en se réunissant autour d'un verre. Emro en était les instigateurs et à sept autour de la petite table circulaire (Tanya s'était imposée d'office, malheureusement. Encore…), nous nous retrouvâmes chez Dawn, au Breaking. Une ambiance mi-tendue, mi-calme régnait et tous, même moi, faisions notre possible pour oublier la présence exaspérante de Tanya. Nous n'avions pas eu de discussion sérieuse à ce sujet, mais implicitement, nous savions que ce n'était qu'une question de temps avant que je ne me décide à prendre Tanya entre les quatre yeux pour lui dire ses vérités.
C'était là que BJ nous avait régalés de ses talents de musicienne, me souvins-je avec nostalgie. Je fus rapidement interrompu de mes pensées lorsque BJ s'approcha de nous. En bons gentlemen, Emmett, Jasper et moi nous levâmes pour l'accueillir. Jasper s'était rapidement intégré à notre groupe et nous nous amusions souvent à le taquiner avec Alice au sujet de leurs caractères qui, bien qu'opposés, se complétaient à merveille. C'était vraiment un spectacle à voir, une petite Alice sautillant dans tous les sens au bras d'un Jasper réservé qui la surplombait d'au moins une tête et demi. Cependant, malgré cela, tout le monde pouvait ressentir l'intensité de l'amour qu'ils se portaient l'un à l'autre. Ils n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre. Il suffisait d'un regard, d'une caresse pour qu'ils se communiquent leurs pensées.
Quelquefois, une toute petite pointe de jalousie perçait en moi. "Est-ce qu'un jour, si on forme un couple, on sera pareils, BJ et moi?" Mais ce sentiment disparaissait vite car j'avais confiance. Comme le disait le proverbe "Tout vient à point à qui sait attendre."
Lorsque BJ m'aperçut, son regard se voila étrangement en vrillant sur le côté. C'était la première fois que cet air se peignait. Mi-triste et mi-résigné avec une note d'espoir. Pourquoi? Curieux, j'en cherchais la raison mais elle reprit contenance et la soirée commença.
Nous parlâmes et nous rîmes comme si ce dernier mois ne s'était pas déroulé. Je la retrouvais. Nous trinquâmes aux fiançailles d'Emmett et Rosalie et pour fêter cela, nous nous séparâmes en deux groupes, les filles et les garçons, pour performer un karaoké.
Nous fûmes les premiers à passer. Emmett, lorsqu'il avait bu, se révélait être un vrai gamin, impossible à tenir en laisse et trépignant à la Joe Dalton quand il avait une idée en tête. En l'occurrence, il mourrait d'envie de chanter ce soir pour sa Rose. Je traînais presque des pieds, la tête baissée, étant celui qui clôturait notre file mais Jasper se baissa vers moi, l'air conspirateur:
« Edward, prends cela comme une occasion de parler à Bella avec ton cœur. N'oublie pas qu'elle te regarde.»
Effectivement, lorsque je jetai un coup d'œil vers elle, elle nous fixait. Si j'osais, j'aurais même pensé que son regard se portait sur moi seul. Cela et les paroles de Jasper me suffirent pour me faire une contenance et c'est la tête haute et les épaules droites que je rejoignis mes compères. Quoique, je sentais tout de même mon cœur qui battait la chamade en menaçant d'exploser sous la pression. Comment faisaient mes amis pour ne pas s'évanouir? Je les observai furtivement et je compris. Emmett n'avait d'yeux que pour sa belle et Jasper était dans une bulle avec Alice. Je soupirai. Les premières notes retentirent et mon regard s'ancra dans les yeux chocolat de BJ. Une voile se gonfla alors et je n'eus plus peur.
[AN: La chanson qu'Emmett a choisie est I want you back des Jackson Five. Pas besoin de lien, vous connaissez forcément cette chanson culte.]
Lorsqu'arriva mon tour de chanter, je me rendis compte que les paroles s'appliquaient exactement à ce que je ressentais pour BJ alors je mis tout mon cœur à les déclamer en fixant BJ intensément. Je voulais qu'elle comprenne, qu'elle sache ce que j'éprouvais pour elle.
Trying
to live without your love
Is one long sleepless night
Let me
show you girl
That I know wrong from right
Every street you
walk on
I lay tear stains on the ground
Following the girl
I
didn't even want you around
Let me tell ya now
Oh baby
all I need is one more chance
(To show you that I love you)
Won't you please let me
(Back in your heart)
Oh darlin' I
was blind to let you go
(Let you go baby)
Je ne savais pas si c'était l'effet de la chaleur ou des lumières mais je crus qu'elle rougissait. Je plissai les yeux, voulant absolument avoir une confirmation ou une infirmation. Non, c'était bien ça, elle rougissait! Elle détourna le regard une fraction de seconde puis lorsqu'elle revint sur moi, elle me sembla déterminée. Une flamme sauvage brillait dans ses prunelles et son visage arborait une expression décidée. Ce fut l'un de ces moments où je souhaitais par-dessus tout lire dans ses pensées. Elle était tellement énigmatique! Elle avait toujours des réactions imprévisibles pour moi. Nous nous sourîmes. Enfin, je fis du mieux que je pouvais lorsque je devais prendre le micro et ce fut comme si nous étions dans notre propre monde. A part qu'une salle comble assistait à notre prestation.
Heureusement que contrairement à ma sœur, je me débrouillais bien en chant. J'avais bien fait de me mettre à la musique. Comme aimait le répéter mon oncle Garrett, lorsqu'on était musicien, on savait forcément chanter, et cela s'était avéré vrai. Les compositeurs, les paroliers, les musiciens, tous devaient à un moment ou à un autre, mettre leur grain de sel.
Vint le tour des filles. Alice se précipita dans les bras de son Jazz en quête de réconfort et de courage tandis que Rosalie caressait tendrement les cheveux d'Emmett en l'embrassant. Seule, BJ se contenta de me sourire timidement, les jours adorablement rosies tandis que Tanya boudait dans son coin. Mais qu'est-ce que je m'en fichais! Je me penchai vers BJ et repoussai vers son oreille une mèche qui lui barrait la figure.
« Courage BJ, je suis certain que tu arriveras à masquer l'horrible voix de ma sœur.
Nous ricanâmes gentiment lorsque ma sœur se tourna vers nous pour se rebiffer.
- Hey! Je t'ai entendu, frère indigne!
- Ne l'écoute pas ma douce. Je suis là, moi. Je suis sûr que tu chantes mieux que ce qu'ils disent!
Le pauvre, s'il savait ce qui l'attendait!
- Merci Jazz. Tu sais que je t'aime, toi?
- Pas autant que je t'aime, mon ange. »
Ils s'embrassèrent fougueusement tandis que je constatai que je n'étais pas le seul à être surpris. Apparemment, BJ non plus, ne savait pas qu'ils en étaient à ce stade-là. Mais après tout, lorsque vous les aviez vus ensemble, ce n'était pas si étonnant. Alice était très prompte à affirmer ses sentiments et le fait qu'elle le fasse avec Jasper le démontrait.
J'examinai BJ à la dérobée. Elle souriait attendrie. Il n'y avait pas plus ingénue et généreuse que BJ. Contrairement aux filles que j'avais pu observer par le passé, BJ n'était pas du genre à être jalouse des autres. Non. Elle, elle se réjouissait complètement pour eux et sans aucune arrière-pensée. Je me promis de tout faire pour qu'elle soit touchée par cette félicité, elle aussi. Elle le méritait.
Rosalie appela les filles et ensemble, elles montèrent sur la scène. D'un côté, j'avais envie de m'enfoncer des boules quiès dans les oreilles à cause d'Alice mais de l'autre, j'espérais que le résultat avec la voix envoûtante de BJ en vaille la peine. Quoique, je ne savais pas ce que donnait la voix de Rosalie.
Je fus interrompu dans mes pensées par la voix claire de Rosalie qui résonnait dans le micro.
« Salut à tous et toutes! Après mon cher fiancé, vous allez devoir supporter ma voix mais je vous rassure, notre Bell's, ici présente, devrait rehausser notre niveau.
Evidemment, les projecteurs éclairèrent BJ qui rougissait furieusement en se balançant d'un pied à l'autre. J'eus envie de courir vers elle pour la prendre dans mes bras, de couvrir son visage de baisers et de la kidnapper pour l'enfermer dans ma chambre.
- Musique maestro! »
Alice était une petite boule de poils surexcitée mais son humeur nous contaminait tous à chaque fois. Elle était galvanisante et c'était un plaisir de se trouver en sa compagnie même si c'était usant. Je me demandais comment faisait Jasper et l'admirais même pour cela.
[AN: You are my life de Michael JACKSON. Oui, je sais, encore mais c'est un hommage, encore. Lien dans mon profil.]
Je commandai une bière en attendant d'entendre la voix cristalline de BJ et manquai de m'étouffer lorsque je la vis, avec Rosalie et Alice, exécuter des pas de danse, vous savez, celles que les oldies chanteuses faisaient, comme les Supremes… C'était délicieusement atemporel et en même temps, captivant. On n'avait même pas envie de se moquer parce que ce n'était pas ridicule. Au contraire, notre vue restait gluée sur elles. Vous auriez pu jurer que c'était des sœurs.
You
gave me strength
When I wasn't strong
You gave me hope when
all hope is lost
You opened my eyes when I couldn't see
Love
was always here waiting for me
Ces paroles étaient on-ne-peut-plus justes et le seraient toujours. Implicitement, je lui avais promis que je serais toujours là pour elle, dans les moments les plus durs comme les plus heureux, la soutenant et l'épaulant pour que jamais, elle n'abandonne la moindre parcelle d'espoir. J'étais sa bouée, elle était la mienne. Je passerais le reste de ma vie à lui faire connaître ce qu'elle m'avait apporté en entrant dans ma vie car elle était la mienne.
Ses yeux s'illuminèrent. Combien de fois allait-elle m'éblouir avant que je ne m'habitue enfin à son regard? Etais-je condamné à craquer à chaque fois devant son sourire ravageur??? Je me promis de lui rendre la monnaie de sa pièce lorsque l'occasion m'en serait présentée.
Mon front se plissa néanmoins lorsque la voix d'Alice se démarqua des autres mais elle y mettait tant d'entrain et de joie que nous ne pouvions pas lui en tenir rigueur. Jasper avait l'air d'assister à un miracle et on aurait pu croire que pour lui, Alice tombait droit du ciel. C'était touchant d'assister à leur interaction.
Lorsque les filles revinrent à notre table, nous nous levâmes tous et alors que les couples s'enlaçaient, BJ resta plantée face à moi, essoufflée et souriante.
« Bon travail, BJ.
J'avais envie d'ajouter quelque chose pour détendre l'atmosphère mais je me perdis dans la contemplation de ses lèvres rouges et tentatrices, me prenant à fantasmer sur elles et à les goûter, me délectant de leur saveur…
- Merci Ed, murmura-t-elle, me faisant ainsi sortir de mes rêveries.
- C'est pas le tout mais j'ai soif, moi, piailla Alice.
- Moi aussi! Asseyons-nous.»
Nous prîmes donc nos sièges et la soirée se poursuivit ainsi. Tanya demeurait obstinément silencieuse, les bras croisés et le regard courroucé mais je ne m'en formalisai pas. Pour moi, c'était comme si elle n'était pas là et bientôt, ce serait le cas.
****
Comme BJ commençait à bailler, je proposai de la raccompagner chez elle. Avec appréhension, j'attendis sa réaction. Elle hésita puis après avoir regardé le ciel (pourquoi, m'interrogeai-je brièvement) et les envions, elle acquiesça pour ma plus grande joie.
Elle échangea avec Alice un sourire en coin et Tanya grogna, se manifestant pour la première fois depuis le début de cette rencontre:
« Je ne suis pas d'accord. Eddie, reste avec moi.
Et puis quoi encore? Elle m'irrita grandement. De quel droit osait-elle s'opposer à ce que je ramène BJ? Elle n'avait pas à contrôler mes actes. Spontanément, je répliquai.
- Tu m'as déjà coupé de mes amis et de ma famille avant. Je ne me relaisserai pas faire. BJ compte pour moi, accepte-le. Je la verrai autant que je veux. »
Plus qu'une affirmation, c'était un besoin viscéral.
Je me tournai vers BJ. Elle me souriait gauchement. Elle n'aimait pas les conflits et encore moins en être la cause. Je ressentis la nécessité de la toucher à ce moment-là, de ressentir le contact doux de sa peau contre la mienne.
Je pris son bras et l'entraînai avec moi. Un délicieux frisson me parcourut l'échine et une onde de bien-être se propagea en moi. Rien que le fait de la toucher me rendait heureux. Comment avais-je fait pour rester aussi longtemps aveugle à ce que me criait mon cœur? Comment avais-je fait pour me passer d'elle tout ce temps?
Nous marchions déjà depuis quelques minutes lorsque je m'aperçus que je tenais toujours sa main dans la mienne. Nous étions hors de vue mais même sans cela, je voulais la garder. J'aimais le contact de sa peau contre la mienne. Cependant, elle semblait gênée alors, à regret, je dus la lâcher.
« Je suis désolé, BJ. Je ne voulais pas t'impliquer comme ça.
- Ce n'est pas grave. Je suis plutôt contente de te voir t'affirmer comme ça. Les autres craignaient que tu ne retournes dans un cercle vicieux comme avant.
- Je m'en doutais.
Elle ne me blâmait jamais, ne tentait jamais de me brider. Avec elle, j'étais toujours libre. Libre d'être moi-même. Je n'avais pas à rentrer dans un moule pour ses convenances personnelles ni à surveiller mon langage. Même dans nos disputes, elle m'acceptait, moi, à part entière. BJ…
Nous marchâmes dans un silence confortable. Sa seule présence, après toutes les semaines passées sans, me suffisait par elle-même. Avec elle, j'étais sérénité. Je sentais un énorme poids quitter mes épaules et j'étais heureux.
Elle me tira de mes pensées en me remerciant de l'avoir raccompagnée. Nous étions arrivés à destination sans que je ne m'en aperçoive. Déjà?!? (Eh, si tu ne fais rien, elle va partir. Retiens-là.)
- BJ, je peux rester un moment avec toi?
A ma grande joie, elle accepta et me fit entrer, me guidant vers le salon. Lorsque nous fûmes installés sur le canapé, d'une toute petite voix, elle tenta de me raisonner.
- Tanya va t'en vouloir. Elle risque de te le faire regretter. Je crois que ce n'est pas bon pour toi de rester avec moi. Ou alors, tu veux la faire enrager?
Comment faisait-elle pour se méprendre à ce point sur moi? Ne voyait-elle pas que tout ce que je voulais, c'était elle? Je soupirai, levant les yeux au ciel. Décidément, BJ ne se voyait toujours pas clairement.
- Non. Tanya n'a aucun droit de me priver de ceux que j'aime. Aucun. Et, je ne suis pas là pour me venger. Je suis là car je le veux. J'étais content de notre conversation au téléphone.
Croyait-elle vraiment que je me servais d'elle pour m'affirmer? Que je ne voulais d'elle que pour ça? Ou alors, souhaitait-elle que je parte?
- Moi aussi, Ed.
Ô douleur divine que de l'entendre prononcer mon prénom! Je pris un risque.
- Et tu me manques, BJ.
- Merci, Ed. »
Faisait-elle exprès de re-prononcer mon prénom?
J'avais toujours dit que je n'aimais pas qu'on le raccourcisse mais dans sa bouche, ça sonnait si… juste. Elle seule m'appelait Ed comme moi seul disait BJ. Nous seuls… Notre privilège, notre intimité.
Je la pris dans mes bras et elle me serre fortement contre elle.
Nous demeurâmes ainsi. Dans cette position, entrelacés, sur le canapé. Nous discutâmes longtemps, c'était comme si je ne l'avais jamais quittée, comme si ce dernier mois n'avait jamais eu lieu. Je me sentais entier avec elle.
Lorsque nous fûmes épuisés, bien que je devais partir, je n'esquissai pas un geste. Je ne voulais plus la laisser, je ne voulais pas rompre le contact de son corps contre le mien. Elle alluma la télévision et je posai ma tête contre la sienne. Elle semblait écouter les battements de mon cœur. A un moment, je tendis l'oreille. Elle fredonnait en rythme avec la télévision:
[Leona LEWIS: Bleeding love. Lien dans mon profil.]
"But
something happened
For the very first time with you
My heart
melts into the ground
Found something true
And everyone's
looking round
Thinking I'm going crazy…"
De toute évidence, Leona Lewis la faisait réagir même si elle était en train de s'endormir. Quoique, elle était capable de tenir une conversation en dormant alors pourquoi pas chanter?
Je ris sous cape. Nullement gênée par les tremblements de mon corps, elle se rapprocha et me serra encore plus étroitement contre elle.
Au dehors, les étoiles nous éclairaient et son visage resplendissait.
Paisiblement, je m'endormis avec elle.
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N/A 1 : LWBOTB pour celles qui ne suivent pas, c'est l'abréviation du titre de la fic relatant le POV de Bella.
2 : La petite minute qui ne sert à rien. Saviez-vous que dans les premières minutes du film Orgueil et Préjugés, lorsque Lizzie est en train de lire un bouquin intitulé First impressions, c'est une référence au titre que Jane Austen avait originellement choisi avant de changer pour Orgueil et Préjugés.
3: Une review pour un teaser parce que les reviews c'est comme virevolter dans les bras de Darcy, c'est jubilatoire.
