Disclaimer : Je possède enfin la fameuse recette des cookies américains mais pas d'Edward pour travailler à vitesse vampirique parce que mine de rien, ça prend du temps si on veut se régaler.

Chanson du chapitre : S.O.S (Rescue me) de Rihanna.

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« Dans toutes les larmes, s'attarde un espoir. »

Simone DE BEAUVOIR, Les mandarins.

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Ch 19 :Opération :virer Tanya- Partie 1

Je m'éveillai avant BJ. Sans savoir comment, nous nous étions allongés sur le canapé et elle dormait paisiblement, un sourire aux lèvres, enveloppée dans un de mes bras. Nos corps étaient collés l'un à l'autre et je dus subir les désagréments d'un réveil matinal par le rappel insistant de ma partie inférieure. Bon sang, pourquoi fallait-il que ça arrive maintenant? Heureusement qu'elle ne le sentait pas, soufflai-je.

Pendant un moment, je restai immobile, admirant son visage serein et ses courbes, me retenant pour ne pas passer ma main sur ses joues ou les commissures de sa bouche.

Je secouai la tête. A quoi pensais-je? Ca n'allait pas arranger mes affaires, ça!

Je tournai la tête et vis son exemplaire défraîchi d'Orgueil et Préjugés. Je tendis mon autre bras et le feuilletai. Il s'ouvrit instantanément à la page où Collins déclamait son amour pour Lizzy.

Il devenait nécessaire de l'interrompre, aussi Elisabeth, s'écria-t-elle :

« Vous oubliez, monsieur, que je ne vous ai pas encore, répondu. Je vous remercie de tous vos beaux compliments, et de l'honneur que vous voulez bien me faire, mais il m'est impossible de ne pas le refuser.

- Ce n'est pas d'aujourd'hui, reprit gravement Mr. Collins, que je sais qu'une jeune demoiselle rejette toujours la première demande d'un homme, qu'au fond du cœur elle se réserve d'accepter. Quelquefois même elle renouvelle son refus deux et trois fois. Je ne suis donc nullement découragé, et j'espère avant qu'il soit long-temps avoir, ma belle cousine, le plaisir de vous conduire à l'autel.

-C'est un peu fort, s'écria Elisabeth. Après ce que je viens de vous dire si positivement. Je vous répète, monsieur, mon refus formel et positif. Vous ne pourriez pas me rendre heureuse ; et je suis la personne la moins propre à faire votre bonheur. Je suis convaincue que votre amie lady Catherine serait la première à en juger ainsi. »

Je me retins d'éclater de rire. BJ trouvait toujours ce moment drôle, même dans le film. Ca ne m'étonnait pas qu'elle s'amuse à le relire de temps en temps. Je continuai de feuilleter l'ouvrage et il s'ouvrit sur un autre passage. Evidemment, celui-là ne m'étonnait pas de sa part. BJ était comme Alice, une incorrigible romantique.

Plusieurs minutes se passèrent ainsi. Enfin il s'approcha d'elle, et lui dit d'une voix émue:

« J'ai fait tous mes efforts pour me taire ; et je ne le puis. Je ne puis plus contraindre l'expression de mes sentiments. Je suis comme forcé de vous dire combien je vous admire et vous aime.»

L'étonnement d'Elisabeth ne peut pas se rendre. Elle rougit ; elle le regardait fixement ; et elle doutait si ce n'était point un rêve. Elle ne répondit pas. Il prit cela pour un encouragement suffisant, et il lui dit d'un ton passionné tout ce que depuis longtemps il avoit éprouvé pour elle. Il fut très-éloquent ; mais il y avait une partie de sa conduite qu'il lui était difficile d'expliquer sans blesser la fierté d'Elisabeth. Il avait eu, dit-il, des préjugés à combattre, soit en lui-même, soit chez ses parents, pour se décider à une alliance qui ne réunissait pas tout ce à quoi il pouvait prétendre ; et il essayait de justifier ainsi le retard de cet aveu qui venait de lui échapper.

Quoiqu'Elisabeth eut pris une sorte d'aversion pour Darcy, elle ne put être tout-à-fait insensible au sentiment que lui manifestait un homme aussi distingué. Elle n'hésitait pas sur ce qu'elle avait à répondre ; mais elle se faisait quelque peine de lui donner du chagrin.

Je n'en lus pas plus. Je me tournai vers elle et la contemplai dormir tendrement. C'était injuste qu'elle vive tout cela à cause de moi. Je savais que je n'avais pas le droit de la faire attendre comme ça mais la part égoïste en moi refusait de la laisser partir. Je ne voulais pas qu'elle dise oui à un autre.

Je fus interrompu dans mes pensées erratiques par une réminiscence. Je me souvins de la réaction de ma mère la dernière fois que j'avais découché et me levai, en évitant le moindre mouvement brusque. Je ne voulais pas l'éveiller mais je devais m'empresser de rassurer Esmé.

Je laissai un mot sur le frigo de la cuisine et m'en allai. J'espérais qu'elle me rappellerait. Encore une fois, j'étais égoïste.

J'étais à peine rentré qu'Esmé me sauta dessus. Je lui enjoignis le silence et nous nous rendîmes dans le jardin.

« Edward, où as-tu passé la nuit?

- J'étais avec BJ.

- Oh!

- Shhh… Ce n'est pas ce que tu crois. On n'a rien fait, maman.

Et même si ça avait été le cas, je n'aurais rien dit. C'était privé.

- Edward, ça fait un moment que je te vois te dépêtrer avec tes affaires. J'espère juste que tu y arriveras.

- Ne t'inquiète pas maman. Je suis en bonne voie. Mais s'il te plaît, sois patiente. Il faut que je parle à Tanya.

- Je comprends, mon fils. Je ne sais pas où elle se trouve en ce moment. Elle est partie faire les magasins, encore.

La patience de ma mère était également mise à rude épreuve. Elle en avait sérieusement marre de voir Tanya traîner dans les parages et je la comprenais tout à fait. En même temps, c'était assez marrant de voir Esmé parler avec un ton aussi défaitiste et blasé. Je ne l'avais jamais vue comme ça mais c'était comme si c'était la fin du monde quand elle faisait ce regard. Non, je sais, ce n'était pas drôle du tout.

- Ah… »

Je montai dans ma chambre tandis qu'Esmé retournait dans la cuisine. Elle avait pu enfin quitter le lit la veille et elle en profitait pour préparer un dîner pour les confrères de mon père qui venaient le soir même.

Le téléphone sonna. Elle répondit. J'attendis l'oreille tendue. Si c'était BJ, Esmé ne devait pas tarder à m'appeler pour descendre normalement. Or, elle conversa gaiement. Peu après, je saisis des bribes. Elle bavardait avec BJ! Elle ne cessait de prononcer son prénom et je ne m'étais pas rendu compte de cela tout de suite. Et moi alors? Je dégringolai les escaliers quatre à quatre et réclamai le combiné.

« Bella, je vais devoir te laisser. Edward souhaite te parler, ha ha ha… Au revoir, Bella.

Fébrile et légèrement essoufflé, je demandai:

- BJ?

- Salut, Ed. J'espère que je n'appelle pas trop tôt?

- Non, pas du tout. J'ai été matinal aujourd'hui. Tu as dû trouver mon mot?

- Oui.

- Je suis rassuré. J'avais peut d'avoir mal refermé la porte et de te savoir seule…

Idiot, idiot, qu'est-ce que c'est que ce prétexte bidon? Dis-lui que tu voulais seulement l'entendre! Elle ne te mordra pas!

- Pas de souci. Aucun cambrioleur ou fou n'est venu m'agresser!

- BJ, ne t'énerve pas. Je tiens à toi, c'est pour ça que je m'inquiète pour toi.

Je fais plus que tenir à toi, même. Pfff… J'étais un dégonflé. J'aurais voulu lui dire tellement de choses!

- C'est ce que tout le monde me dit, mais je suis parfaitement capable de m'occuper de moi-même!

Elle devait s'être réveillée du pied gauche parce qu'elle était complètement de mauvaise humeur. Pourquoi s'énervait-elle comme ça?

- BJ!

- Quoi?

- Je le sais, tout ça! Tu es forte, indépendante, obstinée quelquefois et tu ne supportes pas qu'on s'occupe de toi car alors tu as l'impression d'être faible.

Et moi, je t'aime comme tu es, sans concession.

- …

- Ecoute, on peut se voir tout de suite?

- Pourquoi?

- Parce que s'il faut qu'on se dispute, c'est mieux de le faire de vive voix.

Je veux te voir.

- …

- Alors, urgeai-je, radouci.

- Dans dix minutes, dans le parc. »

Oui! Elle me disait oui! Je me précipitai hors de la maison non sans oublier de prévenir ma mère que je partais.

J'arrivai en avance. De beaucoup. Je m'assis sur un banc. Celui où BJ m'était apparue un soir, comme un ange. Celui où elle s'était blottie contre moi en pleurant lors d'une réconciliation. Notre banc.

J'attendis qu'elle se montre. Je me levai pour l'accueillir puis nous nous installâmes, nous laissant bercer par les cris et les rires des enfants autour de nous. Une légère brise se faisait sentir mais je ne m'en formalisais pas. Seule, BJ comptait.

« BJ, je suis content que tu sois venu.

- Ah?

- Je suis désolé.

- Pourquoi?

- Je ne sais pas, tu as l'air de m'en vouloir.

Et ça me rend fou. C'était un de ces moments où je souhaitais lire dans ses pensées.

- Je te suggère une chose alors: ne t'excuse pas sans savoir exactement de quoi il retourne!

- Et toi, fais un peu part de tes griefs au lieu de tout garder pour toi! Je ne suis pas dans ta tête, moi. Comment tu veux que je sache ce qui ne va pas si tu te tais?

-…

- Ecoute, je sais que rien n'est plus pareil depuis que Tanya est revenue. J'y vois clair maintenant. Quand elle m'a quitté, ça m'a porté un coup dur, vraiment dur au moral, mais je savais que je m'en relèverais. Quelque part, je savais que cette séparation était nécessaire, que je me referais. Mais toi… c'est spécial. Au début, je te considérais comme nuisible. Tu perturbais tout autour de moi, tu intervenais dans mes hobbies et je pensais que tu t'incrustais dans mes amis. Le pompon, pour moi, c'était de voir Alice et Esmé s'attacher à toi. Tu arrivais seulement et tu réussissais là où Tanya avait échoué.

- Je ne connaissais pas ton histoire…

- Je sais. Seulement et c'est de ma faute, je me sentais agressé. Puis, j'ai appris à te connaître. Au travers de nos désaccords, j'ai découvert ton esprit passionné, à quel point tu pouvais t'impliquer personnellement. Tu m'as montré ce côté rêveur et romantique, celui qui, trop timide et modeste, préfère se dévoiler dans les actes. Et petit à petit, sans que je m'en rende compte, tu as pris une place dans mon cœur. Tu es spéciale pour moi. Une amie très spéciale sans qui les portées ne signifieraient rien sans notes. Tu es mes notes et ma mélodie…. J'aimerais tant que tu saches ce que je veux dire!

Et que je suis trop couard pour le faire. Une amie, oui, mais celle que je voudrais voir devenir mon amante, ma femme et la mère de mes enfants. Tout ça en même temps.

- Merci Edward.

L'émotion la tenaillait. Elle ne m'appelait par mon prénom entier que dans ces cas-là et l'effet restait le même. Une grande joie, un plaisir aigu. Dans la bouche de n'importe qui, ça passait inaperçu mais pas dans la sienne.

- BJ, ce que j'essaye de te dire, c'est que si je devais te perdre, ce serait complètement différent de Tanya. Ce serait comme une nuit sans espoir de voir le soleil se lever.

Comprenait-elle le message que je m'escrimais tant bien que mal de lui faire passer?

- … Je ne sais pas quoi te répondre. Pourquoi tu me dis tout ça?

- Car je te le dois. Tu m'apportes tellement! Et maintenant que tout est plus clair dans ma tête, je voulais que tu le saches.

- …

- BJ, je te promets que je ne m'éloignerai plus de toi, tu comprends?

Elle acquiesça les yeux dans le vague avant de les reporter sur moi.

- Ed, merci de m'avoir dit tout ça. Ca me touche vraiment énormément.

- Pourquoi tes yeux brillent?

- Non, ce n'est pas vrai, s'exclama-t-elle en détournant le regard.

Ah petite BJ à la fierté mal placée…

Attendri, je la serrai dans mes bras tandis qu'elle se blottissait étroitement contre moi.

Plus rien n'avait de prise sur moi. Nous n'étions qu'elle et moi.

- AH MAIS C'EST PAS VRAI!

Je reconnus immédiatement la voix trop haut perchée de Tanya.

- Tanya, qu'est-ce que tu fais ici, m'impatientai-je.

- Eddie, tu veux bien m'expliquer ce que tu fais avec cette fille?

Cette fille? Tanya acheva de m'énerver en rabaissant ainsi BJ.

- Tu le vois, je réconfortais BJ et ne parle pas d'elle comme ça!

- BJ? Mais qu'est-ce qu'il se passe? Tu n'as pas le droit…

Je faillis m'étrangler. Pas le droit???? Pas le droit??? J'éructai de rage.

- Comment ça? S'il y a une chose que ton départ m'a appris, c'est que je ne devais plus me soumettre aux caprices des autres, et encore moins aux tiens! Je me suis trop longtemps laissé faire! Assez! Je ne suis pas une marionnette. Je ne t'appartiens pas!

- Eddie, voyons…

- Non, assez de tes Eddie à tout-va. Tu m'as laissé, je me suis refait une vie. Et tu sais quoi? Je trouve que je m'en sors bien. Très bien, même. Avant que tu ne refasses surface, j'étais heureux. Le plus heureux des hommes. Pour la première fois depuis des années, j'étais proche de ma famille, de mes amis et j'ai trouvé la sérénité.

Alors, maintenant, vu que j'ai honte de faire subir cette scène à ces pauvres enfants, je vais prendre BJ par la main et nous allons nous détendre. Quand je dis nous, toi, tu es exclue.

Viens me parler seulement pour t'excuser de ton comportement égoïste et possessif! »

Je pris BJ par la main et nous partîmes. L'air de rien, je restai focalisé sur nos mains nouées.

Comment pouvait-on passer ainsi de la colère la plus noire à un tel bonheur?

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N/A 1 : Chapitre court, je sais mais je suis malade alors j'ai tous les droits. En plus, je vous ai cité quelques-uns de mes passages préférés du livre Orgueil et Préjugés alors… pas taper!

2 : La petite minute qui ne sert à rien. Saviez-vous qu'il existe un groupe texan de rock dont le nom est Darcy? D'ailleurs, pour leurs performances acoustiques, ils prennent comme alias The Fitz. Y en a qui disent que Fitzwilliam, c'est moche mais moi, j'aime le personnage entier avec le prénom avec et osez me dire que Renesmée, c'est joli!

3: Une review pour un teaser parce que les reviews, c'est bon pour le moral, surtout quand on a une fièvre de cheval et qu'on ne peut pas faire la java avec Darcy.