Disclaimer : Je possède un plant de menthe du Maroc qui est en train de mourir et je ne sais pas comment faire pour le sauver. Finies les tisanes, snif.

Chanson du chapitre : I'm yours de Jason MRAZ.

Le titre de la chanson est évocateur, n'est-ce pas? Donc, pourquoi cette chanson?

1) C'est une chanson que j'apprécie particulièrement.

2) C'est enfin le rapprochement de nos deux idiots que sont Ed et BJ. Premier baiser! Yes!

AN: Ce chapitre était sensé être publié jeudi soir mais le site a buggué.

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«Il n'est point de secrets que le temps ne révèle. »

Jean RACINE, Britannicus.

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Ch 20 :Opération :virer Tanya- Partie 2

Nos pas nous menèrent chez BJ. Sans nous concerter, nous entrâmes et nous restâmes pour déjeuner dans la cuisine pendant que Laurent sifflotait joyeusement.

« Cela faisait longtemps que l'on ne vous avait vu par ici!

- Oui, pour des raisons indépendantes de ma volonté, j'ai dû affronter quelques désagréments, badinai-je.

- Ha ha ha! Nous espérons nous régaler de votre présence plus souvent.

- J'y veille. »

Nous rîmes. Le son cristallin de sa voix vint se graver dans mon cœur. Décidément, comment j'avais fait pour me passer d'elle tout ce temps? C'était complètement fou à quel point elle m'avait manqué!

Je ne sais pas comment, mais un jour, je serai fier de la présenter comme étant mienne.

Nous discutâmes de tout et de rien, nonchalamment couchés sur le canapé. Nous nous retrouvions. Elle avait posé sa tête dans le creux de mes bras et je respirai à loisir son parfum enivrant. Je ne la perdrai plus jamais, me promis-je.

Le soir, je dus rentrer chez moi où, après le dîner, j'eus une discussion plus qu'houleuse avec Tanya.

« Eddie, où étais-tu? Pourquoi tu es rentré aussi tard?

-Tu n'as rien écouté de ce que je t'ai dit ce matin, hein.

Plus qu'une question, c'était un constat. Elle ne changerait jamais. Elle serait toujours focalisée sur elle-même, toujours égoïste. Elle ne connaissait pas la signification du mot altruisme et encore moins celle du mot écoute. J'allais devoir employer les grands moyens.

- Qu'est-ce qu'il y a? Pourquoi tu me parles comme ça?

- Tanya, j'en ai marre de tes bêtises. J'aurais dû te le dire depuis le début mais j'avais cette fichue morale qui me retenait. Mais je ne me tairai plus.

- Eddie, voyons… Tu ne veux pas dire tout cela!

- Eh bien si, justement. Quand tu m'as quitté, ça a été la meilleure chose de ma vie. Vraiment. J'ai rencontré BJ et tu sais quoi? Je l'aime.

- Cette fille? Elle n'est même pas belle.

Je levai les yeux au ciel. Je ne voulais pas hausser la voix mais si elle ne m'avait pas mortifié ainsi, j'aurais certainement passé outre.

- Détrompe-toi. C'est la plus merveilleuse et la plus extraordinaire des femmes. Pas une fille, une femme, tu m'entends?

- Eddie, arrête tes jérémiades. Tu ne penses pas réellement tout ce que tu dis!

Mais qu'est-ce qu'elle est conne, mais conne. A un point! Oops, pardon. Excusez-moi de me montrer aussi vulgaire mais j'étais énervé.

- Tanya, tu es bête ou quoi?

Je ne me souciais plus du ton que j'employais. J'étais plus que furieux et il fallait bien lui faire comprendre que je ne voulais plus qu'elle nous fasse ch***

- Elle t'a tourné la tête, c'est ça. Tu n'aurais jamais parlé comme ça avant. Tu as mal tourné.

Les insultes fusaient dans ma tête ainsi que des jurons mais je me contins difficilement pour ne pas l'étrangler.

- Non, au contraire. Elle m'accepte comme je suis, que je sois grossier ou pas. Elle n'essaye pas de me façonner.

- Mais c'est pour ton bien! Tu crois que je t'ai choisi parce que je t'aimais? Tu n'étais rien! Rien de chez rien! Même pas une once intéressant! Je t'ai trouvé, je t'ai tiré de la crasse et toi, comment tu me remercies? Tu me traites comme une moins-que-rien! Tu n'es rien! Tu ne vaux pas mieux que la harpie qui te sert de sœur!

Dixit la folle qui me courait après depuis son retour…

- Mais putain, tais-toi, bon sang! Tu aurais dû rester dans ton coin perdu, avec tes pseudo-amis mais tu sais quoi? Ton retour m'a fait réaliser que j'étais un abruti aux hormones folles. Je ne comprends même pas ce que j'ai pu te trouver. Tu n'es qu'une fille superficielle qui croit que le monde est à ses pieds. Un jour, tu te réveilleras vieille et seule et là, tu regretteras d'être passée à côté de la vie et tu sais quoi? Je m'en fous complètement. Désormais tu n'es qu'une étrangère pour moi et je n'aurais jamais dû t'accepter sous mon toit. Tu n'es qu'un parasite, une sangsue et je te conseille vivement de déguerpir de nos vies ou sinon, je me fais un plaisir de te botter le cul moi-même.

-Humph! Tu ne me mérites pas!

- Tu te surestimes. Je ne pense pas que tu seras heureuse plus tard. Tu es bien trop égoïste et futile. Avant que je ne te laisse définitivement préparer tes valises, je consens quand même à te dire une chose: les femmes qui valent le coup de subir mille tortures sont celles qui se trouvent en haut de l'arbre. Pas parce qu'elles sont belles mais par leur intelligence, leur richesse intérieure et le fait qu'elles t'apprennent et t'émerveillent tous les jours. Malheureusement, toi, tu n'en fais pas partie, tu te trouves très bas de l'arbre. Je ne suis même pas sûr que tu arrives au même niveau que les racines. »

Ca ne servait à rien de rester avec elle alors je la quittai, m'enfermant dans ma chambre.

Je mis des écouteurs dans mes oreilles pour masquer les cris hystériques de Tanya et m'endormis. Je savais que je devrais une fière chandelle à ma sœur pour en supporter les conséquences et je me promis de la laisser réorganiser ma garde-robe pour la remercier.

Je fus réveillé en sursaut à six heures du matin par un seau d'eau glacée. Je levai les yeux ahuris et bouffis de sommeil pour faire face à une Tanya au regard meurtrier et au sourire mauvais.

« Puisque c'est grâce à moi que t'as rencontré ta greluche, je reprends mon dû. Je te souhaite de mourir d'une pneumonie. »

Elle partit avec perte et fracas mais j'éprouvai un soulagement. Enfin! J'aurais dû être en colère, je l'étais effectivement mais, j'étais tellement content qu'elle sorte enfin de nos vies que ce sentiment éclipsait le reste.

Je me recouchai. Alors que je somnolais, j'entendis Alice en train de se précipiter dans le hall et décrocher le téléphone.

Son enthousiasme me laissait souvent pantois mais là, elle me fatigua. Je me rendormis. Enfin, j'essayais. Je n'arrêtais pas de me retourner dans le lit. Encore et encore. En plus, mes draps et ma couverture étaient mouillés. C'était horrible et franchement inconfortable.

Je finis par me lever pour prendre une longue douche et je sortis dans le jardin. Les oisillons gazouillaient et l'air frais acheva de me dérider. Je croisai ma mère en train d'étendre le linge et nous parlâmes un bon moment avant que l'envie ne me prenne d'aller me dégourdir les jambes.

J'étais heureux et euphorique. C'était comme si un lourd fardeau avait quitté mes épaules et je voulais sautiller et gambader comme un capri. La vie était belle!

En pleine forme, je me rendis chez BJ.

Je n'eus même pas besoin de sonner car Laurent m'ouvrit immédiatement la porte quand j'eus passé la barrière.

« Bonjour, vous êtes bien matinal aujourd'hui, déclara-t-il avec un sourire en coin.

- Bonjour Laurent. Oui, j'ai enfin résolu mon problème et je voulais en aviser BJ.

- Elle dort encore mais vous pouvez monter la voir. Je pense qu'elle ne s'en formalisera pas.»

Je savais que ça ne risquait pas car elle avait le sommeil très lourd. Néanmoins, je me ruai en haut des escaliers et frappai à sa porte. J'entendis distinctement des grognements. Gloussant comme une collégienne, je passai ma tête par l'entrebâillement et là, vision divine: BJ émergeait de sa couette, son bras nu s'offrait à moi en toute innocence. Elle se retourna:

« Laurent, pas maintenant. Dodo!

Trop mignonne. A croquer. A prendre dans ses bras pour la serrer fort.

- BJ, c'est moi. Je peux entrer?

- Ed, Alice vient à peine de m'appeler. Il est que sept heures!

- Ha ha ha, erreur, il est huit heures, répondis-je en fermant la porte.

Elle n'esquissa pas un geste, restant complètement immobile, sur le ventre.

- Je vois que t'es encore endormie. BJ… Je peux rester avec toi? »

Elle garda résolument le silence en me désignant la place à côté d'elle. Je m'approchai doucement. Son souffle régulier rythmait mes pas. J'hésitai brièvement. Etait-ce déplacé? Est-ce qu'un gentleman agirait ainsi? Mes résolutions s'envolèrent quand je vis sa petite main me faire signe. J'arrêtai alors de me poser des questions et après avoir ôté mes chaussures, je m'enfouis avec elle sous la couette.

Je fus récompensé quand elle vint contre moi et je la serrai contre moi avant de sombrer dans un sommeil profond et calme.

Je me réveillai avant elle. Cette fois, je ne bougeai pas. Je savourais cette sensation de bien-être. Des oiseaux commencèrent à chanter à côté d'elle.

Doucement, subrepticement, elle gigota. Morphée la quittait.

Ses yeux s'ouvrirent peu à peu. En toute innocence, ses poignets menus se portèrent à son visage et elle se frotta les pupilles, s'étirant en même temps. Elle s'arqua comme un chat, collant son bassin souple contre le mien puis elle réalisa que je me trouvais avec elle.

Elle eut un air perdu avant de se souvenir. Elle sourit en rougissant. Comme elle était ravissante! Et évidemment, il fallut que mon soldat s'étire aussi… Je priai pour qu'elle ne devine rien et tentai de penser à autre chose pour faire diversion.

« Ma belle s'est réveillée, à ce que je vois, prononçai-je d'une voix rauque.

Elle ne sembla pas le remarquer mais elle détourna les yeux quelques secondes et quand son regard rencontra le mien, BJ était une vraie tomate.

- Ed, je suis désolée de t'avoir accueilli comme ça.

- Ne t'excuse pas. Je ne m'en plains pas, au contraire.

Il aurait fallu être fou pour cela! Et moi, j'étais fou… d'elle. Elle rit allègrement.

- J'ai faim. Allons manger.

BJ, je ne savais pas comment elle faisait mais elle était capable de manger un repas pour quatre sans prendre le moindre gramme. En tant qu'homme, je devais avouer que voir une femme avec un tel appétit était sexy en soi. Je dus rester trop longtemps à la fixer car elle pencha la tête et m'interrogea silencieusement. Je devais vite dire quelque chose et je m'exécutai.

- Ha ha ha, t'es trop marrante avec tes yeux gonflés!

Mauvaise idée. Elle fit une moue faussement outrée en croisant les bras après m'avoir frappé, joueuse et je fus submergé par le besoin impérieux de la prendre dans mes bras.

- On ne se moque pas! Descendons. »

Laurent fredonna pendant que nous mangions. Il nous fit même la conversation mais je pris une note mentale: BJ n'était pas du matin. C'était amusant de la voir grogner et être maladroite encore plus! Comment ça se faisait que je n'avais jamais remarqué cela avant? Elle ne cessait jamais de me surprendre et tous les jours, j'en apprenais un peu plus sur elle. Décidément, je ne me lasserais jamais d'elle, c'était prouvé!

« Saviez-vous Edward que Bella se produisait au Breaking ce soir?

- Ah non, je l'ignorais!

- Vous devriez accompagner Bella. Elle n'a pas de cavalier. Ce serait triste de laisser une jolie demoiselle sans compagnie, n'est-ce pas?

- En effet, oui.

Il s'absenta et se rendit à l'étage. Furtivement, je me demandai s'il n'était pas de mèche avec Alice. Après tout, c'était bizarre qu'il cherche ainsi à "caser" BJ. Mon attention se reporta alors sur elle.

- BJ, pourquoi tu rougis comme ça?

- Ce n'est rien. Juste… tu n'es pas obligé d'assister à cette soirée…

- Pourquoi tu y vas, toi?

Elle n'aurait jamais accepté de chanter de sa propre initiative. Elle voulait sûrement faire plaisir à…

- Alice m'y a inscrite, pour me changer les idées.

Je m'en doutais mais pour quelle raison devait-elle penser à autre chose?

- Hum… tu veux bien que je vienne?

- Pourquoi, demanda-t-elle en penchant la tête.

Dieu qu'elle était mignonne lorsqu'elle prenait cet air innocent avec ses grands yeux effarouchés et pensifs!

- Ca fait longtemps que je ne t'ai pas entendue chanter. J'aime ta voix.

Elle ne répondit pas, songeuse.

- Ha ha ha! Prépare-toi, je t'emmène quelque part!

- Où?

- C'est une surprise! Allez! »

Après s'être préparée, elle me suivit dehors.

« BJ, comment ça se fait que je voyais moins Laurent avant?

- Pendant un moment, il est parti avec sa famille dans le Colorado et sinon. Eh bien… il devait sûrement jardiner ou faire les courses ou encore le ménage. De toute façon, il a toujours été là.

Une note de tendresse dans sa voix m'indiqua son attachement pour lui. Elle sourit rêveusement. Elle avait tendance à toujours voir le bon côté des personnes et donc à s'attacher. BJ était sûrement la femme la plus généreuse et aimante qu'il m'ait été donné de rencontrer et je fus attendri par l'affection qu'elle portait pour Laurent.

- BJ, je voudrais m'excuser d'être venu aussi tôt ce matin.

- Pourquoi?

- Je ne pensais pas te déranger.

- Ne t'inquiète pas. Tu ne me déranges jamais.

Elle me mit du baume au cœur. Cette phrase me faisait plaisir à un point inimaginable.

- Merci BJ. Mais quand même, je n'aurais pas dû. Seulement… tu dois savoir que Tanya est partie?

- Oui. Tu vas bien, Ed?

Elle s'inquiétait pour moi? Après tout ce que je lui avais fait subir? Attendez! Elle savait? Comment?

- Oh que oui. En fait, je suis heureux, même.

Elle attendit que je poursuive mon récit.

- Tu vois, hier soir, on a eu une discussion. Très houleuse. Elle me reprochait pratiquement d'avoir surmonté notre séparation.

-Mais elle n'a pas le droit!

- C'est ce que je lui ai répondu. Et aussi… je lui ai fait part de comment je me sentais maintenant, sans elle. Libéré, comme si elle m'empêchait d'être moi-même, comme si elle me modelait dans une prison trop petite pour moi… Je lui ai fait comprendre que ce que je ressentais pour elle à l'époque, s'apparentait plus à un amour d'adolescent auquel je m'accrochais car j'avais peur.

- De quoi?

- Des changements. Je voulais croire à tout prix que j'étais heureux alors que je savais pertinemment que non, j'en étais loin. J'avais peur d'être seul.

Et grâce à toi, j'ai réalisé que ce dicton « Mieux vaut être seul que mal accompagné » disait vrai.

C'était vrai. Les changements… Nous avions même eu une conversation à ce sujet avec BJ lorsque nous nous étions rencontrés.

- …

- Si je suis heureux maintenant, pleinement heureux, c'est grâce à toi. Et donc, je n'avais plus à m'accrocher à ce passé, car Tanya fait partie de mon passé désormais. Mon présent et mon futur se trouvent devant moi.

Si elle savait à quel point cette dernière phrase était à prendre au sens littéral!

- Comment elle a réagi?

- Mal, super mal. Tout le monde à la maison a dû l'entendre. Mais en fin de compte, elle s'est rendue à l'évidence. Nous avons pris des routes séparées et nous ne pouvons pas revenir en arrière.

- Je sais que je n'ai aucun droit de te dire ça mais je pense que c'est la meilleure chose à faire pour toi.

- Tu as raison. J'aurais dû écouter Alice ou même mes parents bien avant. Je n'aurais pas dû me montrer aussi aveugle et obstiné.

- Ne te blâme pas. Tu étais amoureux. Espérons que la prochaine fois, ce sera la bonne.

- Je pense que ce l'est.

Vraiment. Il ne me manquait plus que de la convaincre de me prendre…

- Tu sais Ed, toi aussi, tu m'as apporté beaucoup. Tu m'as appris que se reposer sur les autres n'est pas toujours un signe de faiblesse. Tu m'as appris à faire confiance aux autres.

Nos chamailleries m'ont fait découvrir mon propre caractère. Avant toi, je ne me savais pas batailleuse ni impétueuse. Mais le principal, pour moi, c'est que tu m'as fait découvrir et ressentir des choses que je pensais enfouies depuis longtemps.

Avec toi, je me sens comme une enfant à qui on donnerait une glace pour la première fois. Je découvre les plaisirs simples de la vie comme les sorties avec les amis ou même les soirées baseball! »

Nos rires résonnèrent dans la rue.

Bientôt, nous arrivâmes à destination. Je l'avais emmenée au parc d'attractions. Je voulais vivre cette expérience avec elle, que l'on soit seuls. L'idée lui plut assurément car elle me sauta au cou.

Je regrettai mon geste quand dans le grand huit, la peur me nous l'estomac. Elle me rassura cependant. Nos mains se joignirent et dans la descente, je me montrai plus hardi en entourant sa taille de mon bras et m'enfouis contre son cou.

Je me sentis heureux car elle riait encore et encore. Je ne me lasserais jamais de ce son.

****

Nous rejoignîmes ensuite Jalice et Emro. BJ avait décidé que, comme pour Emro, nous appellerions le couple Alice et Jasper, Jalice pour aller plus vite.

Notre allure échevelée et nos yeux brillants ne trompèrent pas ma sœur mais elle se tut, pour une fois. Elle adressa seulement un clin d'œil complice avec BJ qui rougit et sourit maladroitement. Qu'est-ce qu'elles cachaient encore?

Emmett attira notre attention. Lui et Rosalie avaient une annonce à faire. Je le pressentais mais il confirma mes soupçons quand il déclara qu'ils avaient convenu d'une date. Déjà.

« Félicitations, exultâmes-nous en même temps.

- Quand, interrogea Alice.

- Nous ne voulons pas de longues fiançailles. Nous nous aimons et nous n'avons pas besoin d'un grand mariage. Juste la famille et nos amis. Donc tout va aller très vite. Nous voulons nous marier au plus tard, dans six mois.

Effectivement, c'était rapide mais je les comprenais parfaitement. Pourquoi vouloir attendre lorsqu'on était sûr de notre choix et de la personne?

- Pourquoi ne pas prendre votre temps pour les préparatifs, insista-t-elle.

- Le mariage est une étape naturelle pour nous. Pas une finalité, mais une étape vers le temps où nous n'aurons plus à nous séparer et où nous nous réveillerons chacun avec l'autre à ses côtés. L'important pour nous, c'est que vous soyez tous là pour notre journée.

- Je suis contente pour vous. Vous le méritez tous les deux, déclara BJ, visiblement émue.

Toi aussi, tu mérites d'être heureuse.

- Bell's, Bell's, Bell's, attends d'être au mariage avant de pleurer pour nous, chantonna Rosalie.

- Portons un toast pour Emro, conclus-je.

- A la vôtre! »

BJ but une gorgée avant d'aborder son expression songeuse, celle-là même qu'elle avait quand elle pensait profondément. Mais à quoi? Dawn, la patronne du Breaking vint à notre table. C'était le tour de BJ.

Elle se leva et si dirigea directement vers le groupe qui se trouvait sur scène.

Peu après, ils la quittèrent tous. BJ se retrouva toute seule à mon grand étonnement. Elle s'installa au piano. Qu'allait-elle faire? Elle prit le micro:

« Bonsoir à tous. Je vais vous interpréter un morceau qui compte énormément pour moi. »

Le silence se fit progressivement pendant qu'elle joua quelques notes. Je reconnus immédiatement la chanson et retins mon souffle quand sa voix s'éleva.

" A few stolen moments is all that we share
You've got your family, and they need you there
Though I've tried to resist, being last on your list
But no other man's gonna do
So I'm saving all my love for you"

[AN: Saving all my love for you, de Whitney HOUSTON. Lien dans mon profil.]

Je la fixai intensément pendant tout le temps de sa performance. Plus rien ne comptait. Nous étions seuls dans cette pièce. Seuls au monde. Je ne voyais qu'elle, n'entendais qu'elle. Comme toutes les autres fois, elle m'hypnotisa.

Mais…

Se réservait-elle pour quelqu'un? Cette question me taraudait. Elle mettait tant de cœur à chanter ces paroles!

Nous l'applaudîmes tous et nous nous levâmes pour embrasser notre prodige. Je la félicitai avec cette question lancinante dans ma tête en me promettant d'obtenir une réponse plus tard.

Nous passâmes le reste de la soirée à parler des préparatifs du mariage et Alice se fit une joie de proposer à Rosalie son aide. Elle plaisanta que ce serait une répétition pour quand son tour viendrait avec son Jazz. Je crus que mes yeux allaient sortir de mes orbites mais il ne sembla pas du tout apeuré. Au contraire, il prit la main de ma sœur et une conversation eut lieu entre eux-deux. C'était déjà à ce point pour eux? J'étais jaloux!

Vint l'heure où nous dûmes rentrer. Nous nous séparâmes. D'office, je fis comprendre à Alice que je raccompagnerais BJ, seul. Elle acquiesça subtilement et nous laissa seuls. Je soupçonnai qu'en fait, elle passerait encore du temps avec son chéri. C'était étrange de savoir que sa petite sœur pouvait avoir un petit-ami. Ce qui était encore plus bizarre était la pensée qu'elle pouvait faire des choses avec. Brr… J'en eus la chair de poule rien que d'y songer.

Je me concentrai sur BJ. C'était le moment.

« BJ, c'était vraiment beau ce que t'as chanté ce soir.

- Remercie Whitney, pas moi. Ha ha ha.

- BJ, est-ce qu'il y a quelqu'un à qui c'était destiné?

Ouh là là. Qu'est-ce qui m'avait pris d'être aussi direct??? C'était moi ou ça sonnait agressif en plus? Mon Dieu! Où étaient passées mes manières de gentleman? Ah oui! Je devais en avoir perdu avec le passage de Tanya. Fichue Tanya! C'était de sa faute, tout ça!

- Comment ça?

- Tu te réserves pour quelqu'un?

Ca y est, je l'avais dit. Perplexe, elle répondit après avoir longuement réfléchi.

-Oui, il y a quelqu'un, admit-elle le feu aux joues.

- Oh…

J'étais déçu. Bien sûr qu'elle ne m'attendrait pas! Comment pouvait-on passer à côté d'une femme aussi merveilleuse et belle que BJ et rester insensible? C'était tout bonnement impossible!

-Pourquoi?

- Rien, mentis-je.

Je ne pouvais pas lui dire. Je n'aurai jamais cette occasion. J'aurai dû me lancer avant plutôt que de perdre tout ce temps et sûrement la femme de ma vie mais j'étais trop fier pour l'avouer.

-Ed, regarde-moi. Qu'est-ce que tu as, insista-t-elle.

- Rien, affirmai-je.

- Alors, pourquoi ton visage sur durcit comme ça? Je te connais! Tu ne peux rien me cacher!

Je le savais mais…

- Qu'est-ce que ça peut faire? On ne s'est pas fréquenté depuis plus d'un mois. On ne s'est plus trouvé dans la même pièce depuis…

- Tu crois que je l'ai voulu? Tu crois que ça ne m'a rien fait?

- Oui, parce que sinon, j'aurais été plus au courant de ce qu'il se passait dans ta vie. Je n'aurais pas cette impression d'être écarté! Tout ce temps que j'ai passé à me torturer, toi, tu continuais à rire, à sortir avec nos amis, à avancer!

Avec Ben ou Jacob, c'était ça l'explication! Bon sang, pourquoi je m'énervais comme ça? Elle n'y était strictement pour rien. Tout était de ma faute! J'aurais dû être…

- Tu penses vraiment que je gambadais comme un capri? Vraiment, je…

Elle parut sur le point d'exploser mais à la place, des larmes jaillirent de ses belles prunelles chocolat. Elle ne me sembla jamais aussi magnifique qu'en ce moment. Et doucement, au ralenti, comme dans un film, ses lèvres se posèrent sur les miennes. Brusquement et durement.

Elle recula, effrayée. Je crus qu'elle allait s'enfuir mais par une étrange magie, elle continua à me fixer. Je ne résistai pas à l'envie d'écarter sa mèche folle et de sécher ses joues rouges.

- BJ! »

Je passai ma main sur son visage, essuyant délicatement ses joues. Elle me contemplait, hagarde. Je la pris entre mes deux paumes et très lentement, j'approchai mon visage du sien. Nos nez se touchèrent puis nos bouches. Nous nous embrassâmes. Sensuellement, la sensation fut exquise et je savourai le contact de nos deux langues. Je me rendis compte alors qu'il m'avait manqué depuis l'été dernier.

Je rompis le baiser lorsque nous nous retrouvâmes à bout de souffle et nous nous observâmes, souriant tous les deux.

« Idiot, Ed.

C'était bien elle, ça.

- Je sais.

- Je pensais à toi quand je chantais. Ed, j'aurai dû te le dire depuis longtemps… mais j'avais peur. Pour une fois, c'était moi qui avais peur du changement. Edward, cela fait longtemps que je voulais te le dire; je t'aime.

Aux anges, je gardai le silence un moment, le temps de rassembler mes mots et d'être sûr que ma voix ne me trahirait pas. Surtout pas maintenant. Je soulevai une mèche rebelle et la remis en place.

- Isabella, ça fait un bout de temps que je t'aime, moi aussi. J'ai eu peur, également mais c'est plus fort que tout ce que j'ai pu ressentir jusqu'à maintenant. Tellement plus fort et intense! Si toi, tu sortais de ma vie, je ne m'en remettrais que difficilement voire pas du tout.

Isabella, je t'ai longtemps attendue et je ne le savais même pas, moi-même. »

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N/A 1 : Enfin! Sortez les violons! Le moment des déclarations est venu! Yes, yes, yes! Et vous savez quoi? J'ai donné envie à une lectrice de lire Orgueil et Préjugés. Hell yes! Keena, empresse-toi de le lire. C'est un livre magnifique et quand tu auras fini, tu n'auras pas honte de dire, comme moi que Darcy surpasse Edward. *Soupire* Fitzwilliam Darcy, je vous aime!

Tiens, C et Dille, pour la série de la BBC avec Colin-j'ai un balai dans le cul-Firth, comme il n'y a que 6 épisodes, je vais m'y mettre. Tu m'as convaincue mais je reste fidèle malgré tout à Matthew! Gniark! Fleur, là, je suis gentille?

2 : La petite minute qui ne sert à rien. Saviez-vous que dans le journal de Bridget Jones, le personnage de Daniel (joué par Hugh Grant) a été inspiré par Wickham?

3: On arrive lentement mais sûrement à la fin. Il ne reste plus que 3 chapitres. J'en profite pour annoncer que j'aurai plus de bonus que prévu. Finalement, ce que je pensais mettre dans le Recueil sera réparti entre les 2 POV donc oui, c'est presque fini. Capri, c'est fini…

4: Une review pour un teaser parce que les reviews , c'est comme danser un reel avec Darcy. (Lui refuser un reel, quelle idée?!?)

5 : Vous voulez savoir sur quoi portera le prochain chapitre? Non? Alors ne lisez pas ce qui suit. Alerte Spoiler: premier rendez-vous et première fois donc lemon.