Plot: Bella est la patiente d'Edward et ils fantasment l'un sur l'autre depuis des années mais tout change le jour où Bella se décide à mettre le grappin sur Edward et elle obtiendra plus que ce qu'elle voulait. **Langage cru et lemon poussés. Vous êtes prévenus!**

Et voilà! Le dernier chapitre. Déjà. Je remercie toutes mes lectrices et revieweuses pour avoir partagé cette aventure.

Arrivée de Sexy Eddie: « Qu'est-ce que tu fais? »

« Je remercie mes lectrices, pourquoi? »

Soupir blasé.

SE: « Pas maintenant, y a encore un épilogue!

Ch20:Grandes nouvelles

** Six mois après **

Alice POV

« Ally, tu tiens vraiment à te rendre au concert dans cette tenue? », s'étrangle James en recrachant son verre.

« Oui, pourquoi? »

« Ca ne me semble pas très confortable… » objecte-t-il.

Je gronde après lui en m'époussetant machinalement mais il s'en moque royalement. Il continue à m'observer sans cesser de rire bêtement. Cela fait des années que j'ai renoncé à tenter de le raisonner lorsqu'il se montre aussi idiot. Je soupire en levant les yeux au ciel. Fuck, comment Bella arrive-t-elle à supporter un frère pareil depuis qu'elle est née?

« Et d'abord, qu'est-ce que tu fais là? » me rappelle-je.

« Emmett m'envoie chercher les affaires d'Henry. Il les a oubliées hier après le dîner. Il serait bien venu lui-même mais comme son fils et Rose ont attrapé la varicelle, il s'occupe d'eux. »

Evidemment. Je souris brièvement en revoyant le visage comblé de mon frère devant sa petite famille. Il en a fait du chemin depuis qu'il a rencontré Rosalie, songe-je. Je me rappelle encore lorsqu'on était au lycée. Lui et James, en tant que quaterback de l'équipe de Forks, remportaient énormément de succès auprès de la gente féminine. Bien sûr, ils en profitaient: c'était de leur âge. James a toujours été un bel homme alors ça ne m'a jamais étonnée mais Emmett! Peut-être est-ce parce que je suis sa sœur mais je n'arrivais pas à concevoir que le garçon qui me volait mes bonbons à Halloween puisse être beau. Ou alors son succès était-il dû à son sens de l'humour et à son rire communicatif? En tout cas, je ne l'ai jamais vu célibataire durant son adolescence.

Rapidement, James a cessé ses jeux avec les filles. Il est parti à Harvard et lorsqu'il est revenu, c'était un autre homme. Il avait gagné en maturité et en charisme. James avait grandi.

Emmett, par contre, est resté le même. Joueur et taquin mais ce que tout le monde peut voir, c'est que malgré ses apparences de séducteur, Emmett a beaucoup eu le cœur brisé. Il s'investit à fond dans ce qu'il fait. Toujours. Boulot et conquêtes confondues. On croit que lorsqu'il dit "je t'aime", c'est sans profondeur mais en fait, il le pense réellement. Un vrai cœur d'artichaut. Avant de rencontrer Rosalie, il s'était juré de s'investir dans son travail avant de rechercher une femme. Bien sûr, il a échoué.

Dès qu'il est revenu à la maison en me parlant d'elle, j'ai vu cette étincelle dans ses yeux. Il avait eu le coup de foudre. Bien sûr, ça a fait mon bonheur: depuis le temps que j'essayais de les réunir, ces deux-là! Mais je craignais qu'ils n'aillent trop vite tous les deux. Ca vous marque à vie lorsque vous entendez votre frère faire l'amour bestialement à sa copine dont il vient de faire la connaissance! Si, si, sérieusement.

J'ai vu mon frère grandir et gagner (un peu) en maturité avec Rosalie mais surtout il est devenu responsable. Avec l'arrivée d'Henry, il a cessé ses plaisanteries cocasses et il a même arrêté de faire l'enfant. Enfin… Un petit peu quand même. Rosalie est la femme parfaite pour lui. Elle l'aime comme il est, sans chercher à le changer et elle le recadre lorsqu'il dépasse les limites. Elle est très protectrice envers lui mais encore plus avec Henry. Une vraie lionne si quelqu'un s'avise de faire du mal aux deux hommes de sa vie. Ca pourrait faire peur, on pourrait craindre qu'elle ne soit possessive mais non. Elle protège seulement son territoire, aime-t-elle le répéter.

Ils se sont mariés il y a maintenant une demi-année. A vrai dire, ils n'avaient pas prévu de le faire à Las Vegas ( un cliché, rejetait Rosalie avec un soupir de mépris) mais Edward et Bella leur ont offert de bon cœur de partager le Bellaggio avec eux.

Ils n'avaient rien dit mais ça sautait aux yeux que de toute façon, Emmett et Rosalie souhaitaient célébrer leur mariage là. Et, comme nos parents et amis étaient déjà présents, pourquoi ne pas faire d'une pierre deux coups?

Désormais, ma meilleure amie et Edward pourront se targuer d'avoir vécu deux doubles mariages mais peu importe. L'important, c'est qu'ils soient heureux.

Bella n'a pas eu une vie facile. Ses parents ont divorcé lorsqu'elle avait quatre ans et même si c'était à l'amiable et que tout s'est fait en douceur, elle, elle l'a vécu comme un deuil. En partant avec Phil et Renée, elle avait perdu un père. Elle n'en montrait rien à l'école, elle mimait les sourires, la bonne humeur mais moi, je voyais. Lorsque deux âmes vivent la même chose, elles se reconnaissent à travers toutes les couches, tous les apparats.

C'est sûrement pour ça que je suis venue vers elle. Mon père venait de mourir à cause d'une leucémie. C'est ce qui nous a rapprochées. La solitude. Le chagrin. La perte. Nous sommes devenues aussi sœurs qu'on peut l'être que par le sang. Sœurs d'armes.

Avec le temps, j'ai repris goût à la vie. Comme aime le répéter Bella, je suis une pile électrique. Toujours en mouvement, toujours de l'énergie à revendre. Peut-être parce que l'immobilité me rappelle toujours ces heures passées sans bouger à l'enterrement de mon père… J'ai fait le deuil, ne vous méprenez-pas mais quand même. Mais Bella, elle…

Malgré ce qu'elle affichait, malgré le fait qu'elle semblait normale, comme toutes les filles de notre âge, elle subissait la vie. Jamais un mot plus haut que l'autre. Toujours terre à terre… Elle se fondait dans la masse, citoyenne lambda de ce monde.

J'ai rencontré Jasper lorsque j'avais seize ans. J'ai tout de suite su que c'était lui, le bon, l'unique, ma moitié. Je venais rendre visite à ma meilleure amie et lui se chamaillait avec James. De vrais enfants! Mais Jazz… Avec ses joues rougies par l'effort et son rire grave…

Je souris en y repensant.

James s'est tourné vers moi et a crié: "Ally, elle est où ma bière?" Comment croyait-il que j'allais réagir? Evidemment, je lui ai balancé un oreiller sur la tête! Malheureusement, il a ricoché sur le verre de jus d'orange de Jasper qui s'est renversé sur son pantalon. A croire que c'était fait exprès! Mais non. Néanmoins, je l'ai amené à la salle de bain et c'est comme ça que notre histoire a commencé. Désormais, à chaque fois que nous apercevons le rayon des jus d'oranges au magasin, le même sourire complice se forme sur nos visages.

Mon prince.

Il craignait que je ne le fuie en apprenant qu'il avait eu une aventure avec Bella mais franchement, qui étais-je pour juger son passé?

Pendant quelques temps, Jazz et moi, nous nous sommes vus en cachette. D'Emmett et de James. Je ne voulais pas que ces idiots ne lui fassent leur cinéma de mafioso. Je ne dramatise pas. Essayez d'imaginer ce que c'est que de faire face à deux mecs baraqués de l'équipe de foot qui vous scrutent méchamment en roulant des mécaniques! Seule, Bella était au courant et nous soutenait.

Les professeurs la qualifiaient de calme, d'élève studieuse mais à l'intérieur, je sais qu'elle attendait cette petite lueur qui la ranimerait toute entière. Elle ne le sait pas mais elle est une battante. Elle subissait peut-être la vie mais au moins, elle s'y accrochait.

C'est là qu'intervient Edward.

Je suis une bonne entremetteuse. Vraiment. Mais alors Edward et Bella, je ne l'ai pas vu venir du tout! Peut-être parce que j'ai toujours vu Edward comme un médecin et non comme un homme.

Mais à partir du moment où ils se sont mis en couple, Bella s'est ouverte au monde. Ses rires sont devenus joyeux et non plus téléphonés et surtout, elle a pris des couleurs. C'est littéralement un bijou, un diamant qui étincellede mille feux et Edward est son soleil. C'est grâce à lui qu'elle irradie de bonheur.

Quelque part, il fallait leur couple pour que tout se mettre en place. Emmett et Rosalie. James et Victoria… C'est grâce à eux que notre petit clan s'est formé. Il ne manquait plus que Jacob et Mike et le tour était joué. Notre monde existait. Un monde d'amour, d'amitié mais également de joie.

Ca a été une calamité lorsque la chose est arrivée à Bella.

Le nom de cette chose? Jane Volturi.

Cette garce qui a tenté de briser notre bulle, parce qu'attaquer l'un des nôtres, c'est s'en prendre à toute la troupe derrière.

Heureusement, le destin a bien fait les choses. Jane a été punie au-delà de ce qu'on imaginait et avec l'argent qu'Edward et Bella ont récolté, sachant qu'une grande partie a été mise de côté pour leur maison et leur futur fils, ils ont encore assez d'argent pour se payer un tour du monde. Rien que ça.

Bella et Edward ont énormément souffert à l'annonce de la "comme si" stérilité de Bella alors lorsque ce miracle s'est produit, ils n'ont rien lâché. Ils ont changé de gynéco, ont fait face aux imprévus de la grossesse, se sont accrochés malgré les risques présentés pour elle mais même si nous nous inquiétons pour eux, comment les blâmer? C'est comme tendre une carotte à un âne qui meurt de faim. On la lui donne mais en lui disant: "Attention, elle est peut-être pourrie." Vous ne croyez quand même pas qu'il va s'arrêter pour si peu?

Ils subissent toutes sortes de tests mais rien ne garantit qu'il n'y aura pas de problèmes à l'arrivée du bébé. La majorité des couples serait abattue mais pas eux. Eux rayonnent comme jamais ils ne l'ont fait.

Après avoir appris qu'ils attendaient un fils, évidemment, ils se sont mis en quête d'un prénom. Pendant ces six derniers mois, lors de nos sorties, l'un d'eux s'exclamait à l'improviste: "et pourquoi pas Jackson ou Bill?" Ils ne sont jamais mis d'accord.

Junior est donc attendu dans les prochains jours et ni Edward ni Bella ne sont paniqués. Non. La chambre est déjà préparée, ils ont acquis toutes les affaires nécessaires avec l'aide de Rose et Emmett. Il ne reste plus que le bébé pour que tout soit parfait.

Ainsi, tous mes amis ont leur vie bien installée.

Mon frère et sa femme sont heureux en ménage et leur petit Henry grandit à une vitesse prodigieuse. Il commence même à ramper. Bientôt, il courra à travers champs et apprendra à parler tout doucement, pense-je avec attendrissement et nostalgie.

Ma meilleure amie et Edward suivent leurs pas. Ils ne se rendent pas compte du chemin qu'ils ont parcouru mais moi, je trouve leur histoire admirable. Elle me fait rêver.

James et Victoria sont en pleine phase "essais bébé". Forcément, avec Henry comme filleul et Eddie Junior à venir, ils ont senti cet appel de la nature et n'ont pas voulu résister.

Même Jacob et Mike se sont mariés. Ils n'en sont pas encore à l'étape "fonder une famille" mais je pressens que ça va venir. Après tout, ils vont être les parrains d'Eddie Junior.

Mais moi…

« Ally, tu vas bien? », s'inquiète James de ma soudaine léthargie.

Je suis sincèrement heureuse pour mes amis. Si, si. Mais…

« Oui, James. C'est juste que… »

Je rougis. Je ne devrais pas penser cela.

« Vous avez tous évolué. Vous êtes de vrais adultes maintenant, tu comprends? Mais moi, je stagne…. », lâche-je d'une toute petite voix.

Est-ce que ça fait de moi une égoïste et une mauvaise fille?

« Ecoute, Ally. Tu ne dois pas comparer ta vie avec les nôtres. Tu es différente. Nous avons tous une histoire spéciale, toi y compris. Rappelle-toi comme Bella était jalouse que tu aies trouvé ta moitié alors que tu étais si jeune », plaisante-t-il.

L'effet escompté produit son effet. C'est vrai. Même si Bella ne disait rien, même si elle se montrait heureuse pour Jazz et moi, je sais qu'elle déprimait aussi. Elle se sentait laissée pour compte et craignait de passer le reste de ses jours toute seule. Une fois, elle m'avait même parlé d'un rêve où elle se voyait entourée de dix chats. Elle se souvenait même de leurs noms.

« Et puis… Tu sais bien que tu finiras par épouser Jazz, non? »

Question rhétorique. Il a raison. Oui ! "Allez, Alice, reprends-toi. L'homme de ta vie t'emmène à un concert. Tu ne vas pas gâcher la soirée avec ta déprime", m'exhorte-je.

La sonnerie de la porte d'entrée retentit et c'est avec un sourire sincère que je me lève.

J'enlace James:

« Merci James. Tu es un super grand frère. »

Il étouffe un ricanement.

« Et Emmett alors? »

Avant de rejoindre Jazz, je me retourne une dernière fois sur lui qui a bien du mal à se dépêtrer avec les affaires de Henry.

« Toi, tu es un frère responsable. Lui, c'est un grand enfant et tous les deux, vous êtes complémentaires. Je vous aime tous les deux. »

[AN: La scène se passe au concert des Cranberries.]

« Jazz, comment as-tu réussi à avoir ces places aux premières loges? C'est fabuleux! », m'extasie-je en me jetant à son cou.

Il se contente de s'esclaffer et me caresse la joue avec tendresse. A ce moment-là, c'est comme si nous étions seuls au monde. Je ne vois et n'entends plus que lui. Ce courant qui passe entre nous est tellement fort qu'il me coupe le souffle à chaque fois.

Comment ai-je pu douter un seul instant que nous ne finirions pas notre vie ensemble?

Aucun autre homme ne pourra jamais susciter en moi cette myriade de papillons dans le ventre par un seul regard, ne fera battre ou s'arrêter mon cœur par un geste ou ne me fera rêver comme lui le fait.

« Et ce n'est pas fini! », affirme-t-il mystérieusement.

Je tente de lui tirer les vers du nez mais il résiste même à ma moue de cocker. Qu'importe. J'ai le pressentiment que sa surprise consiste à nous faire visiter les loges et rencontrer le groupe. Généralement, mes désirs deviennent toujours réalité. Peut-être que j'ai une bonne fée au-dessus de moi qui exauce mes vœux.

Les premiers accords de guitare retentissent et je ne peux plus contenir mon excitation. Je suis si impatiente! Soudainement, j'ai hâte d'être à la fin du spectacle. Avec un peu de chance, peut-être qu'ils accepteront une représentation privée pour moi!

Une, deux chansons passent. J'ai complètement perdu la notion du temps. Je sais que je suis comme toutes les autres fans, oh oui, je le sais mais je ne peux pas m'empêcher de crier à m'en rompre les tympans à chaque fois que Dolores fait signe au public.

Une telle ambiance règne! C'est exalté, c'est euphorique… Je n'arrive pas à tenir en place ni personne d'ailleurs. C'est comme si vous étiez shooté parce que vous en prenez plein les yeux et plein les oreilles. Vous n'êtes pas assourdi par les cris autour de vous. Non. Si mais vous y participez de bon cœur.

De temps en temps, nous échangeons un regard avec Jazz et mon cœur se gonfle. Je me dis que je n'ai jamais été aussi heureuse. Grâce à lui. Il est mon monde.

Je m'esclaffe en constatant qu'il est rouge pivoine et totalement essoufflé. Lui d'habitude si calme et réservé, il est complètement transformé!

Nos mains se lient sans qu'il n'ait besoin de dire un mot et je pose ma tête sur son torse. Je l'aurais bien posée sur son épaule mais je suis trop petite pour l'atteindre. Je me contente de ce que je peux.

Le concert prend fin. Trop rapidement. Comment ces trois heures ont-elles pu passer aussi vite?

Mon cœur bat la chamade: je vais pouvoir féliciter de vive voix Dolores et son groupe!

Tout à coup, le noir se fait. Youpi, ils sont revenus nous interpréter une dernière chanson!

Mais…

Etrangement, le projecteur éclaire une scène vide. Où sont les Cranberries?

Dolores? Je secoue la tête frénétiquement dans tous les sens pour l'apercevoir mais rien. Où est-elle?

Jazz me prend le bras et me guide par la taille vers la scène. Que…? Quoi? Pourquoi?

Personne ne l'arrête. Pas même les gardes du corps ou les membres de la sécurité. Personne. Je ne comprends pas.

Un silence religieux s'ensuit. A mon avis, tout le monde se demande ce que nous faisons ici et moi aussi d'ailleurs. Dolores s'approche de nous. Sûrement pour nous botter le cul de là. C'est officiel, mon Jazz est devenu fou.

Lorsqu'elle arrive à notre hauteur, au lieu de faire appel à ses gardes, elle nous fait un grand sourire et passe son micro à Jazz. … Gné? What the fuck?

Elle s'éloigne après avoir soufflé hâtivement: "Je vous revois après."

Euh? Après quoi?

Nous nous retrouvons donc seuls, sur une scène, devant des milliers de fans. Je suis tellement abasourdie qu'il semble que mon cerveau soit déconnecté car il ne réagit même pas lorsque Jasper s'agenouille devant moi avec un écrin ouvert qui m'éblouit.

« Mary Alice Hale…»

C'est le moment que choisissent mes neurones pour revenir car tout à coup, je prends conscience de ce qui est en train de se dérouler.

« C'est moi», sursaute-je soudainement.

Amusé, il attend que je me reprenne mais je rougis, comprenant que notre public se rit de moi. Je m'en souviendrai de ce concert….

« Mary Alice Hale, lorsque nous nous sommes rencontrés, je n'étais qu'un pauvre loup solitaire. J'errais sur cette terre sans but. Lorsque mes yeux se sont posés sur toi, j'ai tout vécu au ralenti. Ton sursaut, ta moue vexée, ton sourire, et quel sourire! Tu m'as jeté un sort, Alice. Dès le premier regard. Lorsqu'enfin, je me suis souvenu comment respirer, la première pensée que j'ai eue a été: "Cette femme-là, je ne peux pas la laisser partir." Tu es devenue en quelques secondes mon soleil personnel. Il suffit que tu souries pour faire partir les nuages au-dessus de ma tête et que je retrouve ma bonne humeur, parce que tu ne t'en rends pas compte, mais tu es mon ange. Je sais qu'avec toi, malgré tous les problèmes qu'il pourra y avoir, je serai toujours confiant en l'avenir, grâce à toi. Ta seule présence me comble de bonheur. Pas un jour ne se passe sans que je ne réalise à quel point tu as bouleversé ma vie et je te promets solennellement que si tu acceptes ma demande, je passerai le reste de mes jours à t'aimer, t'honorer et te chérir comme la prunelle de mes yeux alors… Mary Alice Hale, veux-tu m'épouser? »

Je devrais pleurer ou me jeter dans les bras de Jazz en criant oui à tout rompre. Je le sais, ça. Oh oui, je le sais. Ce n'est pas la volonté qui me manque, oh ça non, mais je reste figée. Ma raison me crie de réagir, de faire quelque chose, n'importe quoi mais… rien.

« BOUGE-TOI LE CUL! », m'exhorte-je, désespérée.

Rien, niet, nada.

Mon Dieu, faites que je ne sois pas en train de faire une crise cardiaque. Je ne peux pas mourir! Pas avant d'avoir fondé ma famille et d'avoir marché jusqu'à Jazz dans une robe de chez Victoria.

« ALICE! REAGIS, FUCK! »

Enfin, je cligne des yeux et esquisse un pas vers mon Jasper.

Cependant…

Il semble que la maladresse légendaire de Bella soit sur moi car au même moment, mon talon aiguille se casse, me faisant me retrouver avec l'arrière-train par-terre comme une abrutie.

« Ma chérie, tu vas bien? », s'inquiète Jazz en se précipitant à ma rescousse.

Jasper Cullen… L'homme que j'ai rencontré à seize ans. Mon premier vrai baiser. Mes premières caresses. Mon premier en tout. Je pensais avoir été amoureuse avant lui mais il m'a fait découvrir l'amour avec un grand A. Peut-être qu'à mon mariage, dans la loge, je flipperais en me disant: "et s'il n'est pas le bon? Et s'il est destiné à n'être qu'une étape avant le bon?" Peut-être.

Mais lorsque je plonge mes yeux dans les siens, je n'ai aucun doute. Beaucoup tueraient pour rencontrer leur âme-sœur. Je n'ai pas le droit d'ignorer cela et puis, c'est de Jasper dont on parle, non mais!

Tandis que je passe mes bras autour de lui et le serre à l'étouffer, ma voix me revient enfin:

« Oui, Jasper Cullen. Oui, mille fois oui, je veux devenir ta femme», articule-je enfin.

Il éclate de rire nerveusement. Mon Dieu comme j'ai dû lui faire peur, réalise-je avec effroi.

Finalement, il se calme et passe sa main sur mon visage, caressant mon visage avec une tendresse non contenue:

« De toute façon, tu ne pouvais pas refuser. Notre place est l'un avec l'autre. »

Je ne réponds pas. Il a raison. Qu'ajouter de plus?

Les cris et les applaudissements fusent alors de tous côtés. Cela devrait m'assourdir mais non. Tout ce qui compte, c'est Jasper et le fait que je suis affreusement bien avec ma tête sur son épaule. J'aime Jasper Cullen et ça, c'est immuable.

DRING. DRING.

J'émerge péniblement ma tête de sous les draps. Quelque part, une sonnerie retentit inlassablement mais je ne bouge pas d'un poil. Où est-ce que je suis? Ah oui! Ca me revient, chez Jazz. Nous avons fêté nos fiançailles, ça a été explosif et puis…

DRING. DRING.

Mais qu'est-ce que c'est? Quelle heure il est? A tâtons, mon bras cherche en-dessous du lit mon sac et j'en extirpe mon portable.

Nom de Dieu!

Je mets plusieurs secondes avant de me remettre de mon aveuglement temporaire à cause de l'écran et prudemment, j'ouvre un œil.

Quatre heures du matin.

Je me recouche illico. On n'a pas idée de réveiller les gens de bonne heure. Ca attendra demain matin. Jazz se retourne dans son sommeil en humant et je ne peux pas m'empêcher de le trouver adorable. Il soulève lourdement son bras avant de le refermer sur moi. Le visage contre le torse de mon bien-aimé, je me délecte de son odeur musquée. Il sent si bon!

Je suis en train de sombrer à nouveau dans le sommeil quand:

Dring. Dring.

Je me relève immédiatement. Cette fois-ci, ils vont m'entendre! Il y a intérêt à ce que ce soit une question de vie ou de mort!

« Allô? », gronde-je, menaçante.

« Ah quand même! Ce n'est pas trop tôt! », grommelle mon frère.

« Emmett Arthur Hale, tu as intérêt à avoir une bonne raison d'appeler au milieu de la nuit sinon… », commence-je avant d'être interrompue.

« Edward n'a eu le temps que d'appeler Rose alors préviens Jasper. Ramenez-vous à l'hôpital. Bella va accoucher!», débite-t-il avant de me raccrocher au nez.

Je reste éberluée, le temps que les mots atteignent mon cerveau endormi. Et là…

« AAAAH! », crie-je, réveillant en sursaut mon fiancé.

« Alice? Qu'est-ce qui se passe? Un cauchemar? », bégaie-t-il en se grattant la nuque.

Je me retourne vers lui et le prends pas les bras.

« Lève-toi. Bella et Edward vont être parents! », répète-je inlassablement.

« Hein? Quoi? T'es sûre? »

Eh ben, si ce n'est pas être sûr, je ne sais pas ce que c'est.

« Oui! Allez! Il faut qu'on s'habille! On n'a plus de temps à perdre! »

Il croise les bras sur la poitrine et retrousse ses lèvres dans une moue craquante. Beaucoup trop pour son propre bien.

« Chéri? Qu'est-ce que tu as? », m'inquiète-je en m'asseyant devant lui.

« Je veux mon bisou d'abord! »

Je devrais lever les yeux au ciel, n'est-ce pas? Mais je ne peux pas. Qu'est-ce que je vous disais? Ah, oui! Beaucoup trop mignon pour son propre bien…

** Quelques instants plus tôt **

EPOV

« J'ai mal à la tête. J'ai mal à la tête. J'ai mal à la…»

C'est par ces paroles scandées sans cesse que je suis tiré du sommeil. D'abord léger, les chuchotements de Bella gagnent en volume et bientôt, des sanglots s'ajoutent à ses incantations. Fuck, que se passe-t-il?

Je me penche de son côté et reste coi. Pourtant, elle dort encore!

Je devrais me recoucher mais quelque chose m'interpelle. Ce n'est pas la première fois que ma femme parle dans son sommeil mais c'est la première fois que son visage affiche un tel air de souffrance et qu'elle pleure.

« Bella… », murmure-je en posant ma main sur son bras.

Tout à coup, je me retrouve bien éveillé car elle est brûlante. Son front est trempé de sueur et elle est saisie de convulsions.

« BELLA! », l'interpelle-je plus fortement.

Elle ouvre enfin ses yeux et immédiatement, elle s'arque et se plie en deux. Sa figure est tordue dans une grimace affolante; mon Dieu, faites qu'il n'arrive rien de mal à Bella, je vous en supplie!

« Edward… », gémit-elle faiblement.

Si faiblement que je me précipite pour la retenir avant qu'elle ne s'effondre.

« Edward… J'ai fait pipi au lit! », couine-t-elle.

Quoi? Ma paume frotte alors le matelas et je découvre qu'effectivement, il est complètement mouillé.

Attendez… Maux de tête, eaux…

Fuck.

« Bella! », m'exclame-je, sur les nerfs.

« Pourquoi tu me cries dessus? Ce n'est pas de ma faute! », sanglote-t-elle en se tenant le ventre.

« Fuck, Bella. Tu as perdu les eaux! On doit partir ma chérie!», déclame-je en sillonnant la chambre de tous les côtés en rassemblant les affaires.

Le sac pour la maternité, fait. M'habiller, fait… Je repasse ma liste mentalement mais pourquoi j'ai l'impression d'oublier quelque chose?

Passons.

Je titube vers la voiture et au moment où je mets le contact, Bella apparaît sur le seuil de la porte. Fuck!

« Pardonne-moi, Bella. Je t'ai complètement oubliée», m'excuse-je en me précipitant vers elle.

Elle se tient contre le chambranle et respire difficilement.

Un, deux. Un, deux… Oui, c'est ça ma puce. Respire, l'encourage-je dans ma tête.

« Je…vois…ça… », plaisante-t-elle néanmoins. « Et toi… ton pantalon… »

Je baisse alors mes yeux et me rends compte que j'ai enfilé son jogging rose. Oh!

Tant pis. Il y a plus urgent.

Pendant que je roule sur les chapeaux de roues, j'ai néanmoins souvenir qu'il faut que je prévienne quelqu'un et appelle le dernier numéro composé. Je compte sur eux pour relayer le message.

« Allô? », me répond une voix endormie.

Je perçois les pleurs de Henry que j'ai probablement réveillé mais peu importe. Je suis tellement excité que je n'ai plus toute ma tête.

« Grande sœur, je vais être papa!», hurle-je sans m'en rendre compte.

« Edward, c'est toi? », reprend-elle comme si elle ne me reconnaissait pas.

« Bien sûr que c'est moi, Rose! Ecoute, je suis en train d'emmener Bella à la maternité. Tu voudras bien passer le message? Merci grande sœur, je t'adore! », débite-je sans m'interrompre un seul instant.

J'arrive alors devant un feu qui passe au rouge et au lieu de freiner, j'appuie sur le champignon. Mon téléphone se renverse mais qu'importe. J'ai dit ce que j'avais à dire.

« Tiens bon, Bella. On y est presque! »

« Edward, je suis exténuée. Je n'en peux plus», couine Bella, au bord des larmes.

Sa main me serre tellement la mienne que j'ai l'impression de sentir mes os se broyer. Mais je dois rester fort. Comparé à ce qu'elle ressent, je peux bien souffrir un peu.

« Courage mon amour. Notre fils est presque là. Je peux pratiquement l'entendre. »

« Ca fait des heures qu'on est là. S'il veut pas sortir maintenant, pourquoi le forcer? Je veux dormir un peu, rien qu'un peu », me supplie-t-elle.

« Courage ma chérie. On y est presque! Je suis là, Bella. »

Son visage se contorsionne de douleur. Elle pousse mais ce n'est pas encore suffisant. Elle commence à pleurer.

« Je ne vais jamais y arriver! Je vais mourir! »

J'embrasse son front, trop ému pour formuler des pensées cohérentes. Ma Bella, ma femme a mal. Et moi, je suis impuissant. Je ne peux rien faire.

« Non, Bella, tu es forte. Tu es plus forte que toutes les femmes que je connais. S'il y en a une qui peut le faire, c'est toi! Tu peux tout faire ma chérie. Tu es incroyable! » tente-je de la rassurer.

Nos doigts se mêlent encore plus si cela est possible. Notre transpiration. Notre douleur. Notre moment. Ensemble.

« Je t'aime Edward. »

Je n'ai pas le temps de répondre quoi que ce soit car elle se redresse de toute sa hauteur en hurlant. Le médecin lui intime alors de pousser et vaillamment, elle obéit de toutes ses forces.

Mon Dieu! Ma Bella! Mon amour, ma moitié en train de souffrir ainsi par ma faute! Je ne veux plus qu'elle ait mal. Bella…

« Je vois sa tête! », m'enthousiasme-je.

Bella… M'a-t-elle entendu? Sait-elle à quel point je l'admire pour ce qu'elle est en train d'endurer? Sait-elle à quel point je l'idolâtre en ce moment-même?

Ses yeux se plantent dans les miens. Pourquoi ce regard grave? Est-ce mon imagination et ma fatigue qui me jouent des tours?

A cet instant-là, je réalise que ma femme n'a jamais été aussi belle et forte. Ma déesse…

« On a fait un bon bout de chemin, hein? », interroge-t-elle entre deux contractions.

J'acquiesce, le cœur serré.

« Edward, on sait tous les deux que cette grossesse présentait des risques, n'est-ce pas? Sache que s'il y a un problème, moi, je ne le regrette pas. Je ne regrette…. Rien du tout… »

Nos doigts se dénouent et renouent. Où finit sa main? Où finit la mienne? Nous sommes unis plus que jamais dans cette épreuve.

« Je t'aime Edward. »

Je dépose un baiser sur le dos de sa main avant de la ramener contre moi.

« Moi aussi, je t'aime Bella. Plus que tout.»

Ces mots à peine prononcés me semblent bien fades. Comment pourraient-ils décrire avec exactitude l'intensité de mon amour pour elle? Comment pourraient-ils refléter la réalité alors que leur signification n'est rien comparée à elle?

« C'est le moment, poussez, Isabella! », lui intime le médecin.

Autour de nous, toute une équipe s'active mais mon attention se porte uniquement sur ma courageuse Bella qui est en train de souffrir le martyr pour notre fils.

Elle crie alors qu'elle fournit enfin l'ultime effort.

Quelques secondes se passent avant que nous n'entendions enfin les premiers cris de notre bébé. Notre bébé!

Bella se relâche enfin, sereine et nos yeux se portent, émus sur le fruit de notre amour. Des larmes coulent sur les joues de Bella et je ne suis pas sûr qu'il n'en soit pas de même pour moi. Nous nous sommes tant battus pour lui!

Une sage-femme s'avance vers nous:

« Vous voulez le tenir? »

Bella ne répond pas, se contentant d'hocher du chef et de tendre ses bras. Avec appréhension, elle se mord la lèvre inférieure lorsqu'elle sent le poids de notre fils et elle le berce. Bella a déjà la fibre maternelle, m'émerveille-je.

« Anthony Masen Cullen, tu seras un briseur de cœurs plus tard», déclare-t-elle avec sérénité.

Je sursaute à l'énoncé de ce nom mais me ravise rapidement. Anthony Masen… ces prénoms me plaisent. Notre bébé est en effet une mini-réplique de nous. Je reconnais dans ses traits ceux de Bella et il a mes yeux. Bella a raison, il aura beaucoup de succès auprès de la gent féminine.

J'entoure les épaules de ma femme et elle pose sa tête contre la mienne.

« Je suis heureuse, Edward… »

Je garde le silence. Elle sait que je partage son sentiment.

Un bip se fait entendre. Il ne s'interrompt pas. Il dure encore et encore. Une infirmière prend Anthony et l'éloigne de nous. Pourquoi que se passe-t-il?

« Bella… », interpelle-je.

Aucune réaction. Mon sang ne fait qu'un tour avant que je ne la secoue en l'appelant, désespéré.

« Non, non, non… », répète-je sans vouloir le croire. « Non, ce n'est pas possible… »

Le médecin accourt avec un énorme chariot derrière lui et m'écarte de son chemin.

« Putain, elle nous fait une hémo. Monsieur Cullen, éloignez- vous d'ici! », m'intime-t-il.

C'est dans un état d'hébétude que je lui obéis. Mes pieds me portent d'eux-mêmes à l'opposé de la pièce où j'assiste impuissant à ce qu'il se passe.

Pendant qu'il ordonne une révision utérine, mes pensées s'envolent vers ma Bella.

« Bella, réveille-toi, je t'en supplie! », lui crie-je dans l'espoir qu'elle m'entende et se batte.

« Ne nous laisse pas seuls. Anthony et moi avons besoin de toi! », pleure-je sans m'en apercevoir.

« Bella… »

Et toujours ce bip lancinant. BIIIIIIIIIIPPPPPP….

Ma tête me lance, mes yeux piquent. Tout devient vague…

La seule chose à laquelle je pense, c'est à Bella qui doit me revenir. Elle n'a pas le droit de partir!

Et puis… Tout devient noir.

AN: J'avais promis un lemon Jazz/Alice dans ce chapitre. Après des mois et des mois de blocage sur ce foutu lemon, j'ai pas su. Pardon.

2: Pardon aussi pour le délai qui s'est écoulé depuis la dernière fois. Merci pour votre patience et d'être toujours présents!

3: Il n'y aura pas de teaser pour l'épilogue. Pourquoi? Car je n'ai franchement aucune idée quant à quelle fin je vais mettre. * Sifflotte* Mais celles qui me côtoient en ce moment devraient deviner selon mon humeur laquelle je vais choisir. Même si c'est contraire à ce que je dis d'habitude. Comment ça je vous emmêle les pinceaux? Du coup, je m'excuse de ne pas avoir répondu à vos reviews. Je le fais toujours mais tant de temps s'est écoulé… Me connaissant, si j'avais répondu à tout le monde comme d'habitude, vous n'auriez pas eu ce chapitre avant encore des semaines. J'espère que vous comprendrez. Mais promis, je répondrai à tous ce coup-ci. Ce sera plus rapide vu qu'il n'y aura pas de teaser à envoyer, mouhahaha.