Note de l'auteur : J'ai peur que ce chapitre soit particulièrement long ce qui peut être bon ou mauvais selon le point de vue. Mais c'est un moment particulièrement important de l'histoire et je ne pouvais le diviser en plusieurs parties. Vous allez, cependant, vous rendre compte que j'ai choisi de laisser Wickham en dehors de cette histoire. La raison de cette décision est que je déteste profondément ce personnage et que j'ai du mal à lire à son propos alors écrire ! Donc pour préserver aussi bien mon esprit que cette fanfiction celle-ci sera 100% sans Wickham.
Cela faisait maintenant plusieurs semaines que Mr Darcy et le Colonel Fitzwilliam étaient arrivé dans le Kent et c'était devenu pour les deux cousins une habitude de marcher chaque jour jusqu'au presbytère pour rendre visite à l'humble pasteur et sa très appréciée épouse. Elizabeth s'était rapidement liée d'amitié avec le Colonel et trouvait sa compagnie bien plus agréable que ce qu'elle endurait habituellement pendant la journée.
En dépit des apparences, Darcy tombait chaque jour un peu plus, sous le charme d'Elizabeth. Il disait rarement plus que ce que la politesse imposait et passait le reste du temps tellement absorbé par les discussions de son cousin et d'Elizabeth qu'il n'entendait pas ce que les autres pouvaient lui dire.
Son attitude froide et asociale ne fit que confirmer l'opinion d'Elizabeth à son égard, il restait l'homme le plus fière et le plus égoïste qu'elle n'avait jamais rencontré. Il était en réalité dévoré par la jalousie. Il savait en venant dans le Kent que voir Elizabeth et son mari ensemble serait une épreuve difficile, mais ayant vu l'attitude de la nouvelle Mme Collins face à son époux avait apaisé ses esprits. Cependant il n'avait pas imaginé que son cousin finirait par être la source de sa jalousie. Chaque sourire, chaque rire, chaque regard complice le rendait malade et lui faisait souhaiter que ce fut à lui, et non à son cousin, que ces gestes intimes soient destinés. Il savait que ces pensées n'avaient aucun sens et qu'aucun d'eux ne pouvaient l'avoir de toute façon, mais Darcy pouvait voir sur son visage que, bien qu'elle soit marié à Mr Collins, il ne possédait pas son cœur. Et si elle devait l'accorder à quelqu'un, il souhaitait que ce soit à lui.
Elizabeth, inconsciente de l'anxiété qu'elle causait au maître de Pemberley, demeurait cependant dans la liste de noire de son époux pour ne pas avoir accepté le dernier conseil de Lady Catherine. Il n'en était pas moins ravi qu'elle soit si agréable à Mr Darcy et au Colonel Fitzwilliam. Secrètement, il était même très fier de pouvoir leur montrer sa femme, pour souligner le fait que lui, un humble pasteur, avait réussi à épouser une femme de la beauté et la vivacité d'esprit d'Elizabeth, un accomplissent auquel aucun des deux riches jeunes hommes ne pouvaient se vanter.
Cette félicité conjugale fut cependant de courte durée puisqu'un après midi, plusieurs semaines après l'arrivée des deux cousins dans le Kent, en revenant de sa promenade quotidienne, elle s'était retirée dans sa chambre dans un tel état d'agitation qu'elle en avait même déclaré à son mari qu'elle ne se joindrait pas à lui pour aller dîner à Rosings chez Lady Catherine ce soir-là.
Elizabeth avait rencontré le Colonel Fitzwilliam durant sa promenade et, au cours de leur discussion, il lui avait appris que ses précédents soupçons étaient avérés, et que Darcy avait en effet joué un rôle dans la séparation de Bingley et de sa sœur. Bien que le Colonel ne l'ait pas mentionné, et soit par ailleurs ignorant des noms des personnes impliquées, Elizabeth savait que, d'après les circonstances qu'il lui avait rapportées, le pauvre couple en question ne pouvait être que celui de sa sœur. Elle avait toujours su que Mr Darcy n'approuvait pas sa famille mais qu'il aille jusqu'à forcer le jugement de son ami était impardonnable.
Incapable d'expliquer la cause de son agitation au Colonel ou de faire face à l'homme qui en était responsable, elle feignit une migraine afin de retourner au presbytère. Si elle désirait du calme pour réfléchir à ce qu'elle venait d'apprendre, elle se trompait puisque aussitôt qu'elle entra dans la maisonnée elle fut appelée par son époux.
Mr Collins était tellement en colère contre sa femme pour avoir refusé l'invitation à Rosings que son visage était devenu rouge et qu'une légère trace de sueur était même apparu sur son front et sa lèvre supérieure. Mais sa femme demeura inflexible et il quitta Hunsford, seul, moins inquiet par l'apparente maladie de sa femme que par l'excuse qu'il allait devoir trouver pour expliquer son absence à Lady Catherine, son honorable bienfaitrice.
Si Elizabeth avait su l'excuse qu'il choisirait, dans l'espoir d'être à la fois félicité et excusé, elle aurait peut-être fait plus d'efforts pour l'accompagner.
Mais elle devait rapidement apprendre quelle excuse il avait donné, puisque moins d'une demi-heure après le départ de son époux, Mr Darcy entra pour s'enquérir de l'état de santé de l'absente. Son visage était pale et ses cheveux en bataille après le nombre de fois où il avait passé ses mains dedans sur le chemin jusqu'au presbytère. Malheureusement pour Mr Darcy, il était la dernière personne qu'Elizabeth désirait voir à cet instant et après qu'il ait expliqué le motif de sa visite, elle était encore moins disposée à le recevoir.
« Je vous demande pardon de vous déranger ainsi Miss Elizabeth, » il ne parvenait toujours pas à l'appeler Mme Collins alors il préférait utiliser son prénom, « je suis simplement venue m'assurer que l'on prenait soin de vous et vous offrir mes félicitations » dit-il sombrement après avoir été conduit dans le salon d'Elizabeth.
Bien que les nouvelles que Mr Collins avaient rapportées à Lady Catherine quelques minutes auparavant aient transpercées son cœur, et qu'il sache qu'elle ne pourrait jamais être sienne, il ne voulait pas que quoi que ce soit ne lui arrive. Les souvenirs de sa mère lorsqu'elle avait donné naissance à Georgiana lui étaient instantanément revenue à la mémoire et il avait décidé de se rendre en personne à Hunsford pour s'assurer qu'elle était entre de bonnes mains.
« Me féliciter, Mr Darcy ? Mais pour quoi ? » Demanda-t-elle froidement, voyant ses félicitations comme une façon voilée d'insulter, une fois de plus, sa famille ou son mariage.
« Pour les heureuses nouvelles » répondit-il embarrassé de discuter d'un tel sujet, surtout après que l'image d'Elizabeth portant son enfant lui soit apparue. Mais Elizabeth semblait ne pas savoir ce qu'il voulait dire et il s'efforça d'être plus précis. « L'heureuse nouvelle que Mr Collins vient tout juste de nous apprendre, à propos de votre… délicate condition. »
Elizabeth manqua de s'étouffer face à de tels propos. Qu'est-ce qui avait bien pu prendre son mari pour qu'il ose proférer une telle chose ? Alors même qu'il devait sûrement savoir qu'il avait, jusqu'ici, échoué à son rôle d'époux. Si la situation n'était pas aussi embarrassante, elle en serait presque drôle pensa Elizabeth.
« J'ai peur que mon époux ait pris mon léger mal de tête pour plus qu'il ne l'est en réalité. Je vous remercie pour vos félicitations mais je vous demande de ne les répéter à personne » marmonna-t-elle. Sa voix était à peine audible et sa colère envers Mr Darcy s'apaisa quelques instants pour laisser place à une, plus grande encore, envers son mari.
« Je ne voulais pas vous manquer de respect. Je comprends que des sujets aussi délicats ne sont généralement pas discutés. Je désirais simplement m'assurer que l'on prenait soin de vous pendant cette période. Je pense que vous n'êtes pas assez attentive à votre santé parfois » dit-il, une sincère compassion et accompagnée d'une inquiétude certaine étant tout ce qui était présent sur son visage au souvenir de l'arrivée d'Elizabeth à Netherfield après qu'elle ait marché 5 km pour s'assurer de la santé de Jane quelques semaines auparavant.
Elizabeth fut momentanément surprise de combien il était beau lorsque ses traits étaient ainsi empreints de douceur et le sentiment étrange dans son estomac réapparu. Mais elle réalisa soudainement que Mr Darcy n'avait pas saisi ses paroles. Evitant ses yeux pour fixer le motif du tapis elle tenta de lui expliquer le malentendu.
« Non Mr Darcy, vous vous méprenez. Je n'essaye pas d'être polie, j'essaye de vous dire que je ne suis pas, sans aucun doute possible, enceinte ! »
Mr Darcy resta perplexe durant quelques instants face à de ses propos. Sa voix semblait, en effet, sous-entendre l'impossibilité totale d'un tel évènement. Etait-ce possible qu'après tous ces mois, Elizabeth soit encore… vierge ? Il fut alors rempli d'une joie si grande qu'il crut qu'il allait exploser. Il ignorait pourquoi il était si heureux, après tout, ce n'était qu'une question de temps avant que Mr Collins arrive à ses fins, mais la simple idée que la femme devant lui n'était à personne d'autre le rendait heureux.
Elizabeth ne pouvait s'empêcher de rougir voyant que Mr Darcy comprenait ses paroles. Bien que devoir s'expliquer à cet homme la répugne, elle répugnait encore plus l'idée qu'il puisse croire qu'elle portait l'enfant de Mr Collins.
Essayant de mettre un terme à la conversation, Elizabeth demeura silencieuse, espérant que Mr Darcy comprendrait qu'elle ne souhaitait pas que sa visite dure plus longtemps. Lui, au contraire, ne parut pas remarquer l'hostilité qui émanait d'Elizabeth.
Il était en pleine confusion. Il avait toujours été sûr qu'Elizabeth n'avait pas épousé Mr Collins par amour. Il était idiot, obséquieux et ridicule. Elizabeth était, au contraire, bien trop vivante, extravertie et intelligente pour être, ne serait-ce qu'un tout petit peu, attirée par Mr Collins. Mais si ce n'était pas l'amour, qu'est ce qui avait bien pu pousser son Elizabeth à accepter la demande en mariage de Mr Collins. Avant qu'il ne puisse l'arrêter, la question lui échappa.
« Elizabeth qu'est-ce qui vous a pris d'avoir accepté la demande en mariage de Mr Collins ? »
« Mr Darcy ! » s'exclama-t-elle choquée. Comment osait-il poser une question aussi personnelle ? « Comment osez-vous ? C'est un sujet qui ne vous concerne en rien ! Vous n'êtes ni mon père ni mon… » Mais Elizabeth ne put finir sa tirade avant d'être interrompu pas Darcy.
« S'il vous plaît Elizabeth. Vous devez me dire pourquoi vous l'avez épousé ! Vous l'aimez ? » Cria-t-il, l'angoisse colorant son visage.
« Il est mon époux et… » mais une fois encore elle fut interrompue.
« Mais l'aimez-vous Lizzy ? ». Cette fois sa question était plus insistante, demandant une réponse qu'elle ait envie ou non de la donner.
Peut-être était-ce son ton, ou peut-être le fait qu'il l'ait appelée Lizzy ce qui lui rappelait sa famille et ses amis, mais elle répondit à sa question alors même qu'elle s'était juré quelques secondes auparavant qu'elle ne le ferait pas. « Non je ne l'aime pas. Mais mon père n'a pas de fils, son domaine doit aller à l'héritier mâle le plus proche : mon cousin. Si quoi que ce soit arrivait à mon père, toute ma famille se retrouverait sans toit et déshonorée. Mais ce sacrifice que j'ai fait aura au moins permis d'assurer à ma mère et mes sœurs un lieu où vivre. » Murmura-t-elle, espérant presque qu'il ne l'entendrait pas. Mais il était suspendu à ses lèvres.
« Mais votre père n'est pas en mauvaise santé ? Qu'est ce qui a rendu ce sacrifice aussi urgent ? Après tout, une de vos sœurs aurait pu faire un bon mariage. Ou vous… vous auriez pu faire un bon mariage. » Bredouilla-t-il.
« Bien que ça n'ait jamais été son intention, car je sais que ma sœur ne pourrait en aucun cas épouser un homme qu'elle n'aime pas, si Jane s'était marié à Mr Bingley, cela n'aurait pas seulement assuré son avenir mais aussi celui de toute notre famille. Et il aurait été préférable de se lier à un homme tel que Mr Bingley plutôt que Mr Collins mais les personnes dans le besoin ne peuvent choisir, Mr Darcy. » Ayant retrouvé son calme, son ressentiment pour l'homme face à elle décupla. « Votre intervention dans cette affaire a rendu mon sacrifice nécessaire et a, non seulement, causé à ma sœur une peine qu'elle a, aujourd'hui encore, du mal à surmonter, mais a aussi fait disparaître, et peut-être à jamais, ses chances d'être heureuse. Elle avait donné son cœur à votre ami et à cause de votre intervention elle ne sera jamais plus heureuse. Si quelqu'un est à remercier pour ma condition actuelle, Mr Darcy, c'est vous-même ! »
Ses mots donnèrent l'impression à Darcy qu'on lui transperçait le cœur. A cause de son intervention et de son jugement, il avait perdu la seule femme qu'il ait jamais aimée. « J'ignorais… Ce ne fut jamais mon intention… Si j'avais su qu'elle l'aimait… » Mais cette fois ci ce fut au tour d'Elizabeth de l'interrompre.
« Comment pourriez-vous savoir ce que c'est d'aimer vous qui êtes si égoïste ? Votre arrogance, votre suffisance et votre mépris égoïste des sentiments d'autrui vous empêchent de voir l'amour et la compassion autour de vous ! » Cria-t-elle.
« Mais votre sœur n'a jamais montré une préférence particulière, je l'ai observé avec attention et je n'ai pu déceler aucune marque d'affection particulière ! » Bien qu'il dise ces mots avec l'intention de se justifier auprès d'elle, il tentait en fait de se justifier auprès de lui-même. Il était sûr que Jane, bien que gentille et naïve, ne ressentait rien de plus que de l'amitié pour Mr Bingley mais qu'elle aurait accepté de l'épousait, s'il lui avait demandé sa main, pour sa fortune. Il pensait encore que cela était vrai, encore plus maintenant qu'Elizabeth avait expliqué la raison de son mariage avec Mr Collins. Il ne voulait pas lui avouer que la raison principale de son intervention était en fait ses relations. Il réalisa cependant qu'à cet instant, si Elizabeth n'avait pas déjà été mariée à Mr Collins, rien n'aurait pu l'empêcher de demander sa main, ni la vulgarité mère, ni son manque de fortune, ni le manque de tenu de ses sœurs.
« Ma sœur me montre à peine ses sentiments, à moi ! Comment auriez-vous pu, vous, en quelques soirs, discerner ce qu'il m'a fallu des années pour comprendre ? » Avec chacun de ses mots elle s'était rapprochée de Darcy et était maintenant à quelques centimètres de lui. Il pouvait sentir la chaleur de son corps alors que sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration, et il pouvait même voir les taches de rousseur qui parsemaient son nez. Sa respiration devenait saccadée et avant qu'il ne puisse s'en empêcher, il commit l'impensable. Il posa fermement ses mains sur les épaules d'Elizabeth et l'attira à lui.
« En vain j'ai lutté. Je ne peux plus réprimer mes sentiments. Laissez-moi vous dire l'ardeur avec laquelle je vous admire et je vous aime. » Ses mots étaient pleins d'affection. Son souffle chaud caressait ses cheveux et son cou, et bien, qu'elle sente son cœur battre comme jamais, elle ne pouvait ni bouger ni articuler un mot. « Dites quelque chose Elizabeth » a supplia-t-il après quelques minutes.
« En des circonstances comme celle-ci, je crois qu'il est d'usage d'exprimer de la reconnaissance pour les sentiments dont on vient d'entendre l'aveu. C'est chose naturelle, et si je pouvais éprouver de la gratitude je vous en remercierais. Mais je ne le puis. Je n'ai jamais recherché votre affection, et c'est certes très à contrecoeur que vous me la donnez. Je regrette d'avoir pu causer de la peine à quelqu'un, mais je l'ai fait sans le vouloir, et cette peine, je l'espère, sera de courte durée. » Elle prononça ces mots d'une voix monotone mais elle ne pouvait détourner son regard de son visage tandis que la passion sur son visage semblait occulter le reste du monde. Elle n'avait même pas encore tenté d'échapper aux mains de Darcy, toujours posées sur ses épaules.
« Est-ce là la seule réponse à laquelle je dois m'attendre ? »
« J'ai toutes les raisons du monde de vous détester Mr Darcy. Vous avez ruiné, peut-être pour toujours, le bonheur d'une sœur qui m'est si chère et vous m'avez obligé à passer le reste de mes jours mariée à un homme que je haïs. Que voulez-vous que je vous dise ? Que je retourne vos sentiments ? Cela ne changerait rien si c'était le cas. Je suis mariée Monsieur, par la loi si non par l'affection et je vous demanderais de vous en souvenir. » Elle baissa finalement le regard sur les mains de Darcy toujours agrippées sur ses épaules. Ce dernier la relâcha immédiatement et ses bras tombèrent le long de son corps.
« Vous en avez dit assez Madame. Je comprends parfaitement vos sentiments, et n'ai plus maintenant qu'à regretter d'avoir éprouvé les miens. Pardonnez-moi d'avoir ainsi abusé de votre temps et acceptez mes meilleurs vœux pour votre santé et votre bonheur. » Et sur ces mots il sorti.
Alors ? Qu'en pensez-vous ? Il est vrai que la déclaration de Darcy est presque semblable à celle du livre, bien que certains passages aient dû être enlevés pour correspondre à l'histoire. Comment pensez-vous que les sentiments d'Elizabeth pourraient évoluer maintenant qu'elle est mariée à Collins ? Et que faire de Collins ? Dites-moi ce que vous pensez de tout ça ! Et si, personnellement j'ai réussi à tenir mes délais malgré la longueur du chapitre, je ne suis que la traductrice et l'auteur semble être en panne d'inspiration alors quelques commentaires que je pourrais lui faire suivre seraient les bienvenus ! De plus l'une d'entre vous m'avait proposé d'être ma bêta mais n'a laissé aucune adresse pour que je puisse entrer en contact avec elle ! Merci d'avance :)
