Je voulais tout d'abord m'excuser pour le temps qui s'est écoulé depuis la publication du dernier chapitre. Certain(e)s d'entre vous m'ont même demandé si je comptais finir de traduire cette histoire. Et la réponse est OUI! Je finirait, j'ignore combien de temps cela prendra mais je promets de publier la traduction de cette histoire jusqu'à sa fin! :)
L'auteur a fini de publier la version anglaise, il y aura donc 19 chapitres. Le prochain est très long et la prochaine publication risque donc de prendre un peu de temps... Les encouragements seront les bienvenus!
Sur ce, bonne lecture à toutes/tous!


Chapitre 7: Réminiscence

Elizabeth restait sous la stupeur de sa rencontre avec Darcy. Sa respiration était saccadée et il lui semblait qu'elle allait suffoquer. Elle s'assit sur la chaise près de son bureau et tenta de se calmer. Elle ne parvenait pas à réaliser ce qui venait de se passer. Etait-ce plus choquant que Mr Darcy ait été amoureux d'elle tout ce temps ou bien qu'il décide de se déclarer maintenant alors que cela faisait près de trois mois qu'elle était mariée à Mr Collins ?

Elizabeth pressa les paumes de ses mains sur ses yeux, essayant de se souvenir de ce qu'ils s'étaient dit et d'en estimer les conséquences.

« Je le hais ! Je sais que je le hais ! Comment pourrait-il me faire ça ? A moi ! A Jane ! Peut-être qu'en dépit de sa fierté et de son arrogance j'aurais pu lui pardonner s'il n'avait pas causé autant de souffrance à Jane, mais à présent… Jamais ! »

Et malgré cela, alors qu'elle criait les mots à travers la pièce vide, la vision de ses yeux noirs emplis d'émotion apparue devant ses yeux. Son visage avait été pale et sérieux, ses mains avaient agrippés ses bras si fort qu'elle avait pu sentir le sang battre dans ses veines, et ses yeux avaient été pleins de passion et de désir alors qu'ils avaient plongés dans les siens.

Elizabeth dû se concentrer pour se libérer de ces images. Elle essuya d'un revers de la main les larmes qui coulaient le long de sa joue et tenta de mettre un terme aux sanglots qui agitaient son corps. Elle ne s'était jamais aussi mal sentie de toute sa vie, pas même après avoir accepté la demande en mariage de Mr Collins, ni même après leur première nuit ensemble. Elle ne parvenait pas à comprendre la raison de son malaise. Elle le haïssait. Elle était déterminée à le haïr pour ce qu'il avait fait. Alors pourquoi ne pouvait-elle pas s'empêcher de pleurer ?

Finalement, la fatigue l'emporta et elle s'enferma dans sa chambre avec, cette fois –ci, une vraie migraine. Elle était allongée sur son lit, éveillée, sanglotant dans ses draps lorsqu'elle entendit son époux rentrer. Elle essuya rapidement ses larmes et se retourna, feignant de dormir.

Mr Collins était revenu au presbytère avec un joyeux sourire et un pas plus léger qu'à l'habitude. Plutôt que d'être en colère contre sa femme et son refus d'accepter l'invitation à diner, Mr Collins était en fait ravi d'avoir été flatté et félicité plusieurs fois au cours du repas. A tel point que son propre esprit avait fini par croire l'histoire qu'il avait inventée quelques heures auparavant. C'est pourquoi, la voyant paisiblement endormie en entrant dans la chambre, il ne dérangea pas son épouse et se retira dans sa propre chambre pour la nuit.

Elizabeth et Darcy passèrent tous deux une nuit blanche, se remémorant chaque mot prononcé dans le petit salon du presbytère au cours de cette affreuse soirée. Elizabeth était désespérée. Après une nuit complète passée à pleurer, elle avait fini par réaliser qu'elle ne haïssait pas l'homme autant qu'elle le pensait. Oui il était fier, égoïste et hautain, et il avait traité sa famille, et particulièrement Jane, de la pire façon qu'il soit. Mais il tenait à elle. Non, il l'aimait ! Bien qu'Elizabeth n'ait jamais été amoureuse, elle n'avait jamais été aimée non plus. Quelques flirts, certainement, mais jamais de l'amour tel qu'elle l'avait vu reflété dans chaque trait du visage de Darcy le soir précédent.

Darcy aussi n'avait jamais aimé une femme autant qu'il aimait Elizabeth Bennet. Il était encore sous le choc des mots blessants qu'elle avait dits à son égard. Mais bien plus encore par la vérité qu'il y décelait malgré lui et qui se répandait dans ses veines telle un poison. Mais n'était-ce pas point que justice de souffrir, il avait bien fait souffrir Elizabeth. Il avait ruiné le bonheur de Jane et à travers elle avait ruiné celui de la femme qu'il aimait. Il l'avait obligé à l'acte de désespoir qu'était épouser Mr Collins. Cet homme qui ne la méritait pas et ne la mériterait jamais.

A cause de son intervention et de son arrogance à croire qu'il était mieux placé pour organiser la vie de son ami que Bingley lui-même, Elizabeth le haïssait et avait toutes les raisons de le faire. Et il passerait le reste de ses jours à essayer de réparer les dégâts qu'il avait causés.

Darcy avait versé, lui-aussi, de nombreuses larmes au court de la nuit. Il s'était retiré dans sa chambre dès son retour d'Hunsford, ne tentant pas même de s'excuser auprès de sa tante. Il s'était tenu à la fenêtre durant ce qui semblait avoir été des heures. Contrairement à Elizabeth qui revivait les évènements de la soirée, il était perdu dans ses souvenirs des mois précédents.

Bien qu'il ne s'en soit pas rendu compte alors, et que jamais il ne l'aurait cru si quelqu'un le lui avait dit, il était tombé amoureux d'Elizabeth le moment même où il avait posé ses yeux sur elle. Bien que sa démarche ne soit pas particulièrement élégante, son pas était léger et sa personne toute entière rayonnait de vie et de passion. Après ce premier soir il lui était devenu impossible d'effacer la vision de ses yeux brillants de son esprit. Toutes les semaines et tous les mois qui avaient suivi n'avaient été que torture. La voir mais ne jamais pouvoir la toucher. Ce ne fut que lorsque Caroline reçu cette funeste lettre de Jane qui l'informait du mariage de sa sœur qu'il réalisa enfin combien il l'aimait vraiment. Et si fort qu'il crû que son cœur se briserait.

Mais il était trop tard. Il le savait et malgré tout il était parti pour Rosings. Il ignorait ce qu'il espérait réussir mais il devait simplement la revoir. Comme si, alors, le poids qui écrasait son cœur disparaîtrait enfin. Mais à la place d'un soulagement ce fut une souffrance encore plus forte qui prit possession de lui. Et après tout ce qu'Elizabeth lui avait dit ce soir il lui avait été impossible de se retenir et il lui avait avoué tout l'amour et l'admiration qu'il avait pour elle, une femme mariée, qui même si elle ne l'avait pas été, n'aurait jamais retourné ses sentiments.

Finalement, après plusieurs heures de reproches et de regrets, alors que le soleil commençait à se lever, il s'assit à son bureau et tenta de rassembler ses esprits pour coucher ses pensées sur le papier tout en réfléchissant à ce que sa vie serait maintenant qu'il était sûr qu'Elizabeth n'en ferai jamais partie.