Bonjour à tous, je suis désolée du temps que m'a pris la traduction! Le chapitre est prêt depuis plus d'un moi maintenant mais je n'ai pas trouvé le temps de le poster. J'ai perdu mon père début janvier et avec les cours et le retard à rattraper je n'ai pas eu le temps. Je vais me mettre au chapitre suivant pour essayer d'être plus rapide cependant vous me conaissez et vous savez que j'ai un peu de mal avec les limites que je me donne.
En tout cas continuez de commenter, ça fait toujours plaisir et c'est vraiment motivant!
Sur ce bonne lecture!
Chapitre 8 : Explications
-Ma chère Madame, me feriez-vous l'honneur de lire cette lettre ? demanda Darcy.
Elizabeth était sortie tôt le lendemain dans la brise fraîche du matin pour une promenade à travers le parc de Rosings pour essayer d'éclaircir ses esprits. Darcy l'attendait apparemment à cet endroit, puisqu'à l'instant où elle contournait un bosquet elle se retrouva face à lui. Une fois la première surprise passée elle tenta de partir mais il la retint par le bras se tenant face à elle une lettre à la main adressée à Mrs Collins. Elle la prit, et Darcy s'en alla en direction de Rosings après l'avoir saluée d'un bref geste de tête.
Elizabeth senti le sang colorer son visage avant de le déserter aussi rapidement. Il ne l'avait pas regardé dans les yeux ce matin. En fait, ses yeux étaient restés fixés sur un objet invisible juste derrière son oreille gauche. Mais elle pouvait apercevoir les cernes noirs sous ses yeux, semblant refléter son propre visage.
Bien que ses sentiments envers lui se soit légèrement adoucit après cette nuit à réfléchir, particulièrement les instants durant lesquels elle revoyait son regard brulant alors qu'il déclarait son amour, elle ne pouvait toujours pas lui pardonner. Elle avait désespérément envie de bruler cette lettre dès qu'elle arriverait au presbytère, mais après plusieurs minutes durant lesquelles elle n'avait pas bougé, hormis ses mains qui retournaient la lettre dans tous les sens, elle s'abandonna à la curiosité qui la dévorait.
Chère Madame,
Ne craignez pas en ouvrant cette lettre, que j'aie voulu y renouveler l'aveu de mes sentiments et la demande qui vous ont si fort offusquée hier soir. Je n'éprouve pas le moindre désir de vous importuner, non plus que celui de m'abaisser en revenant sur une démarche que nous ne saurions oublier trop tôt l'un et l'autre. Je n'aurais pas eu la peine d'écrire cette lettre ni vous de la lire, si le soin de ma réputation ne l'avait exigé. Vous excuserez donc la liberté que je prends de demander toute votre attention. Ce que je ne saurais attendre de votre sympathie, je crois pouvoir le réclamer de votre justice.
Vous m'avez accusé la nuit dernière d'avoir, sans égard pour les sentiments de l'un et de l'autre, détaché Mr. Bingley de votre sœur. Je n'étais pas depuis longtemps en Hertfordshire lorsque je m'aperçus avec d'autres que mon ami avait distingué votre sœur entre toutes les jeunes filles du voisinage, mais c'est seulement le soir du bal de Netherfield que je commençai à craindre que cette inclination ne fût vraiment sérieuse. Ce n'était pas la première fois que je le voyais amoureux. Au bal, pendant que je dansais avec vous, une réflexion de Sir William Lucas me fit comprendre pour la première fois que l'empressement de Bingley auprès de votre sœur avait convaincu tout le monde de leur prochain mariage. Sir William en parlait comme d'un événement dont la date seule était indéterminée. À partir de ce moment, j'observai Bingley de plus près et je m'aperçus que son inclination pour Miss Bennet dépassait ce que j'avais remarqué jusque-là. J'observai aussi votre sœur : ses manières étaient ouvertes, joyeuses et engageantes comme toujours mais sans rien qui dénotât une préférence spéciale et je demeurai convaincu, après un examen attentif, que si elle accueillait les attentions de mon ami avec plaisir elle ne les provoquait pas en lui laissant voir qu'elle partageait ses sentiments. Si vous ne vous êtes pas trompée vous-même sur ce point, c'est moi qui dois être dans l'erreur. La connaissance plus intime que vous avez de votre sœur rend cette supposition probable. Dans ce cas, je me suis trouvé lui infliger une souffrance qui légitime votre ressentiment ; mais je n'hésite pas à dire que la sérénité de votre sœur aurait donné à l'observateur le plus vigilant l'impression que, si aimable que fût son caractère, son cœur ne devait pas être facile à toucher. J'étais, je ne le nie pas, désireux de constater son indifférence, mais je puis dire avec sincérité que je n'ai pas l'habitude de laisser influencer mon jugement par mes désirs ou par mes craintes. J'ai cru à l'indifférence de votre sœur pour mon ami, non parce que je souhaitais y croire, mais parce que j'en étais réellement persuadé.
Comme vous vous en souvenez, il quitta Netherfield le lendemain avec l'intention de revenir peu de jours après. Le moment est venu maintenant d'expliquer mon rôle en cette affaire. L'inquiétude de Miss Bingley avait été également éveillée ; la similitude de nos impressions fut bientôt découverte, et, convaincus tous deux qu'il n'y avait pas de temps à perdre si nous voulions détacher son frère, nous résolûmes de le rejoindre à Londres où, à peine arrivé, j'entrepris de faire comprendre à mon ami les inconvénients certains d'un tel choix. Je ne sais à quel point mes représentations auraient ébranlé ou retardé sa détermination, mais je ne crois pas qu'en fin de compte elles eussent empêché le mariage sans l'assurance que je n'hésitai pas à lui donner de l'indifférence de votre sœur. Il avait cru jusque-là qu'elle lui rendait son affection sincèrement sinon avec une ardeur comparable à la sienne, mais Bingley a beaucoup de modestie naturelle et se fie volontiers à mon jugement plus qu'au sien. Le convaincre qu'il s'était trompé ne fut pas chose difficile ; le persuader ensuite de ne pas retourner à Netherfield fut l'affaire d'un instant.
S'il existait des mots pouvant réduire la souffrance que votre sœur et vous éprouvez je les prononcerais immédiatement. A la place, je propose la seule chose en mon pouvoir qui puisse aider le chagrin de votre sœur ainée. Ce matin j'ai écrit deux lettres, la première se trouve à ce moment même dans vos mains et la seconde est destinée à Mr. Bingley détaillant tout ce que je viens de vous relater quant à l'implication de ses sœurs et de ma propre personne dans cette affaire. J'ai expliqué à mon ami, s'il souhaite encore que je le sois, que je m'étais entièrement trompé et que je sais de source sûre que Miss Bennet retourne son affection. Comment mon ami réagira à une telle nouvelle je l'ignore, mon seul espoir est que vous me pardonnerez maintenant que vous avez connaissance de mes motivations.
Que Dieu vous garde,
Fitzwilliam Darcy.
Elizabeth avait lu la lettre tellement rapidement qu'elle avait de la peine à y donner du sens. Elle la lu de nouveau, encore et encore. Elle ne pouvait croire que Mr Darcy admettait qu'il s'était trompé à propos de l'attention que Jane portait à Mr Bingley. Et non seulement il s'en excusait mais en plus il promettait de réparer ses erreurs en écrivant à son ami. Il lui avait même, d'après ce qu'il disait, déjà écrit en espérant que dès que ce dernier recevrait la lettre il retournerait vers Jane.
Doucement, alors que les mots commençaient à prendre sens, Elizabeth réalisa combien elle avait été injuste en lui parlant ainsi. Aussi injuste que l'intervention de Darcy dans la relation entre Bingley et Jane. Il avait laissé parler son cœur et bien que, en tant que femme mariée, elle soit dans l'impossibilité de retourner ses sentiments, elle n'avait pas besoin d'être aussi cruelle. Elle l'avait blessé peut-être autant que lui avait blessé Jane.
Après la joie première qu'avait entrainée la lettre d'excuse de Darcy ainsi que la promesse de réparer ses erreurs, Elizabeth se sentie misérable face à son incapacité à trouver en elle les sentiments que Darcy lui avait avoués. Elle s'en retourna au presbytère pour passer une nouvelle nuit et journée enfermée dans sa chambre.
Pendant ce temps, Darcy était rentré à Rosings espérant pouvoir fuir dans la librairie avec une bonne bouteille de vin, se convaincant en regardant son verre vide que son futur n'était pas aussi désespéré.
Sa tante n'avait aucune intention, cependant, de le laisser s'échapper de la sorte et à l'instant même où il entra dans la maison elle l'appela.
- Fitzwilliam, vous voilà, dit-elle !
Darcy était tellement dans ses pensées qu'il sursauta lorsque sa tante lui adressa la parole. Il ne l'avait pas vue en pénétrant dans le salon et la manière dont elle se tenait avec ses doigts maigres entrelacés et ses yeux pénétrants, il semblait à Darcy qu'il voyait un spectre. Cette dernière ne sembla cependant pas remarquer le regard surpris et en colère de son neveu (sa haute opinion d'elle-même l'avait toujours empêché de croire qu'il était possible pour quelqu'un de ressentir autre chose que de l'admiration et de la gratitude envers elle).
-Où étiez-vous ? demanda-t-elle. Oh, Hunsford bien sûr, répondit-t-elle à sa propre question. Bien que ce soit votre devoir de vous occuper de ce pasteur, il ne me semble cependant pas nécessaire que vous passiez tout votre temps là-bas ! C'est pourquoi, moi-même, je n'y vais qu'une fois par mois, et uniquement pour m'assurer que Mrs Collins dirige cette maison correctement. J'ai vu de mes propres yeux les extravagances et le manque de gout de cette fille de campagne. Elle est encore jeune et je lui pardonne cependant sa naïveté, je suis certain que mon aide l'aidera à s' améliorer et que bientôt elle fera bien mieux ! Si seulement elle n'était pas aussi têtue elle progresserait bien plus rapidement mais on ne peut pas espérer grand-chose d'une jeune femme sans éducation, il n'y a aucuns doutes sur le fait qu'on la laissait faire tout ce qu'elle voulait chez elle.
Pendant ce discours, elle s'était débrouillée pour amener Darcy dans le salon du matin où il vit qu'Anne était assise. Elle ne s'asseyait jamais au soleil, toujours à l'ombre. Elle était assise relativement près du feu mais avec l'immense dossier de son sofa, Darcy doutait qu'elle en tire la moindre chaleur. Son visage livide semblait être le miroir de celui de Darcy.
Sa tante n'avait pas cessé de parler, tantôt insultant les manières d'Elizabeth, tantôt présentant ce qu'elle avait l'intention de faire pour les rectifier. Il sentait la rage grandir en lui alors que ses mots semblaient lui lacérer le cœur, mais il avait réalisé la nuit précédente qu'il n'existait qu'un seul moyen pour lui d'être proche d'Elizabeth, physiquement si non sentimentalement, et il comprit qu'il ne pouvait plus repousser la discussion qu'il aurait due avoir il y a longtemps d'un instant. Cette décision prise il jeta un regard vers sa pauvre cousine avant de se tourner vers sa tante et de plonger dans l'abîme qui s'offrait à lui.
- Ma tante, je crois qu'il y a un sujet qu'il est urgent que nous abordions…
Quel est le sujet que Darcy doit aborder avec sa tante à votre avis? Et que va-t-il se passer par la suite? Dîtes moi ce que vous en pensez!
