Dans les précédents chapitres: Élisabeth est contrainte d'épouser Mr Collins par son père et part donc s'installer à Hunsford avec son nouvel époux. Rapidement le Colonel Fitzwilliam et Mr Darcy viennent rendre visite à leur tante et Élisabeth apprend le rôle qu'a joué Mr Darcy dans la fin de la relation entre Mr Bingley et Jane. Disant souffrir de maux de tête, elle refuse de répondre à l'invitation à dîner de Rosings. Mr Darcy vient la féliciter après que Mr Collins ait fait croire qu'elle attendait un enfant et fini par déclarer son amour. La scène ressemble fort à celle du livre, Élisabeth ajoutant que de toute façon elle est mariée et n'aurait pu répondre à ses avances (cependant Wickham est absent de cette fanfiction). Darcy lui écrit une lettre d'explication et décide qu'il est temps pour lui d'avancer. Il rentre à Rosings et annonce à sa tante qu'il a une conversation importante à avoir avec elle.
Chapitre 9: Les malheurs arrivent toujours là où on ne s'y attend pas
Presbytère d'Hunsford, Kent
21 Avril
Ma très chère Charlotte,
Je sais qu'une éternité s'est écoulée depuis ma dernière lettre mais dès que tu auras fini celle-ci qui relate les évènements de ces derniers jours, je suis persuadée que tu me pardonneras.
Bien que j'espère que toit et ta famille alliez bien, j'ai peur de ne pouvoir en dire autant de la mienne. Et bien que je veuille faire disparaître toutes craintes, ce n'est simplement pas en mon pouvoir. Mais j'ai peur de t'avoir effrayée avec ces quelques lignes alors laisse-moi t'exposer mes douleurs dans l'espoir qu'une fois sur tes épaules, elles deviennent aussi légères que des nuages sur les miennes. (Si seulement cela était possible !)
Comme tu le sais grâce à ma dernière lettre, Mr Darcy et son cousin le Colonel Fitzwilliam sont en visite chez leur tante, Lady Catherine de Bourgh, depuis quelques semaines maintenant. Comme je te l'ai déjà dit au cours de notre correspondance, c'était le souhait de Sa Grâce que les familles Darcy et De Bourg soient réunies par le mariage de sa fille et de Mr Darcy. A travers toutes les conversations de Sa Grâce, il était évident qu'elle était persuadée que le seul point qu'il restait à décider quant à ce projet était la date de la cérémonie. Cependant j'avais cru discerner ces derniers temps qu'elle commençait à douter qu'un tel évènement se produirait un jour. Tu peux te demander comment j'en suis venue à découvrir cela. Eh bien, la réponse est simple. Lorsque la demande en mariage a été faite, Lady Catherine en fut tellement surprise et étonnée que c'en fût trop et qu'elle rendit son dernier souffle.
Oui, Charlotte, tu lis bien Lady Catherine est morte. Notre cher Dr Ford soutient que son cœur n'était pas assez fort pour survivre à l'excitation entraînée par la demande en mariage. Je pourrais dire que cet organe n'avait jamais ressenti autant d'émotion mais alors ma chère sœur Mary me rappellerait qu'il ne faut pas mal parler des morts (même s'ils le méritent).
En effet, sa demande fût une surprise pour nous tous mais bien moindre que celle de la mort de Lady Catherine. Et cependant, cela ne fait qu'empirer j'en ai peur. En entendant les nouvelles concernant Sa Grâce, mon époux souffrit d'une apoplexie si sévère qu'elle le rendit inconscient. Le docteur ne laisse que peu d'espoir à un éventuel retour de la santé pour lui, bien au contraire. Je sais que notre mariage n'a jamais été basé sur l'amour, où aucun sentiment d'affection, mais de voir cet homme dans un tel état est réellement déroutant. Et bien que je tente de ne pas l'être, ma nature égoïste l'emporte souvent lorsque je suis assise à son chevet et me fait me demander ce qu'il adviendra de moi si le pire devait arriver. Bien que je sache que je n'ai pas d'autre choix que de retourner à Longbourne, j'ai appris à apprécier mon indépendance et je dois avouer que je redoute le jour où je viendrai à la perdre.
Oh Charlotte, j'ai peur d'abuser de ton temps avec mes inquiétudes (Jane est bien trop sensible pour que je lui communique tous ces évènements, elle en serait encore plus bouleversée que moi) mais depuis que j'ai commencé cette lettre une autre épreuve s'est présentée à moi. J'imagine que tout cela est une sorte de punition pour toutes les pensées et paroles désobligeantes que j'ai pu avoir.
Deux jours ne se sont pas écoulés depuis la mort de Lady Catherine et il semblerait que sa fille se soit enfuie ! J'ai, ce matin, reçu une courte lettre d'Anne elle-même expliquant son action et me suppliant de l'annoncer à son « fiancé », Mr Darcy, puisqu'elle pense qu'en temps que son amie je pourrais l'aider à supporter cette épreuve. Que dois-je faire Charlotte ? Je suis sûre que je finirai folle.
D'après la lettre, Anne et son autre cousin le Colonel Fitzwilliam, sont en fait fiancés depuis au moins six ans. Apparemment le Colonel avait déjà demandé à Lady Catherine l'honneur de la main de sa fille mais celle-ci était si décidé à la marier à Darcy qu'elle avait refusé. Anne et le Colonel étaient persuadé que ce n'était qu'une question de temps avant que Darcy se trouve une épouse et qu'alors, Lady Catherine serait plus encline à accepter la demande du Colonel puisque Anne approchait les trente ans. Mais les évènements de ces derniers jours ont bouleversés leurs plans et Anne a rapidement organisé un envol en pleine nuit vers la frontière accompagnée de son amant. (Pardonne mon romantisme Charlotte, ce fut plus une fuite ayant pour but une licence spéciale). Apparemment, Darcy, qui n'a jamais vraiment reçu la permission de Lady Catherine d'épouser sa fille, pensait la chose comme acquise et n'a jamais même demandé à Anne son avis sur le sujet.
Il semblerait que Mr Darcy soit l'ogre du conte de fée de Miss de Bourgh, ce qui est, je te l'assure Charlotte, un titre qu'il ne mérite nullement ! Mr Darcy a ses défauts (comme nous tous) mais si elle lui avait dit ce qu'elle ressentait je suis persuadée que jamais il ne l'aurait forcée à l'épouser. J'ai commencé à comprendre Mr Darcy ces dernières semaines et j'ai honte de dire que nous avons bien mal interprété son caractère, moi plus que quiconque.
Bien qu'il serait injuste de ma part de dire qu'il ne semblait pas porter beaucoup d'affection à sa tante et à sa cousine, il est un homme – un homme fière en plus de cela, et après tout ce qu'il avait déjà dû supporter voilà une épreuve en plus. Il a été lamentablement utilisé et j'espère de tout mon cœur qu'il parviendra à surmonter sa peine et son humiliation. Je dois avouer avoir été profondément attristé par la tournure des évènements et savoir que je suis celle qui dois lui reporter les actions indescriptibles de ses cousins me mets très mal à l'aise.
Pour l'heure, je dois te demander, s'il te plaît, de garder ces détails pour toi. J'aurais écrit à mon père pour l'informer des dernières nouvelles mais il m'ordonnerait simplement de rentrer à la maison et, bien que je n'ai jamais caché le fait que je n'aime pas Mr Collins, j'ai juré devant Dieu et je ne peux pas tourner le dos à ce pauvre homme (ou ce qu'il en reste du moins), maintenant, lorsqu'il a le plus besoin de moi. Je ne sais quand j'aurais le courage d'envoyer une lettre à ma famille et il est possible que tu doives garder le secret pour une certaine période.
Prie pour moi Charlotte, puisque je suis persuadée que ce n'est qu'avec ta force et une intervention divine que je survivrai à cette semaine.
Ton amie dévouée,
Élisabeth.
Élisabeth avait été prise d'un irrépressible besoin de se confier à son amie. Il lui était impossible d'en parler à Jane, elle serait tombée malade de savoir que sa chère sœur devait souffrir tout cela seule, loin de sa famille et de ses amis. Elle avait de plus récemment reçu des nouvelles de Jane et il semblait que Mr Darcy avait tenu sa promesse, puisque Mr Bingley s'était présenté à Gracechurch Street suppliant Jane de lui pardonner de ne pas être venu la voir plus tôt. Ils avaient repris leur relation là où elle s'était arrêtée. D'après les Gardiner, il ne devrait plus passer beaucoup de temps avant que Mr Bingley demande sa main. Ceci était une autre raison pour laquelle Élisabeth voulait que Jane reste ignorante des évènements du Kent. Elle ne voulait pas être responsable de la séparation des deux amoureux.
Élisabeth venait de finir sa lettre et était sur le point de retourner auprès de son époux pour le restant de la matinée lorsqu'elle entendit quelqu'un frapper doucement à la porte. Elle eut tout juste le temps de ranger ses papiers et de redresser son chapeau avant que Mr Darcy ne pénètre dans le salon.
- Je vous demande pardon pour cette intrusion. J'ai entendu le Dr Ford que votre mari avait souffert d'une apoplexie. Je souhaitais simplement vous offrir ma sympathie, vous assurer mon soutien ainsi que m'enquérir de quelque besoin que vous auriez, dit Mr Darcy après les politesses d'usages. Son ton était formel mais Élisabeth reconnu une pointe de gêne dans ses manières. Elle aussi, ressentait une certaine gêne à la pensée qu'une semaine auparavant, Mr Darcy lui avait déclaré son amour dans cette même pièce dans laquelle il venait aujourd'hui lui offrir son soutien face à la maladie de son époux.
Mais Élisabeth tenta de repousser ces pensées. Non seulement elle lui avait pardonné presque tout ce qu'il avait fait mais elle avait aussi commencé à réaliser combien elle avait pu le blesser en le traitant aussi froidement. Elle regrettait grandement son comportement et le seul moyen qu'elle avait de s'excuser était de lui montrer qu'elle ne lui en voulait plus. Malheureusement, elle avait peur que leur amitié s'arrête avant même d'avoir commencé puisqu'elle avait reçu la difficile mission de lui annoncer la fuite de Miss Anne de Bourgh et de son cousin.
- Votre visite n'est en rien une intrusion Mr Darcy. Elle est au contraire la bienvenue. Je suis désolée de ne pas avoir pu rendre visite à Miss de Bourgh à la suite du départ de sa mère. A la place je vous offre mes plus amitiés les plus sincères pour le décès de votre tante, monsieur.
- Merci Miss Élisabeth, répondit Mr Darcy. Je serai certain de transmettre ces amitiés à ma fiancée. Elle fait de son mieux pour survivre à ce choc. Cependant elle a choisi de ne pas quitter sa chambre ce matin. J'imagine qu'elle se sentira mieux après la cérémonie des funérailles.
- Mr Darcy, vous devez me pardonner de ne pas vous féliciter pour vos fiançailles avec Miss de Bourgh mais après avoir entendu ce que je vais vous dire vous comprendrez pourquoi. Élisabeth était si tourmentée par l'annonce qu'elle devait lui faire qu'elle ne cessait de retourner ses mains sur ses genoux encore et encore. Mr Darcy dissimulait mal son incompréhension face à un tel comportement. Il pouvait facilement voir l'agitation sur le visage de la jeune femme et ignorait ce qui pouvait la troubler à ce point.
- Miss Benn… Je vous demande pardon, Mrs Collins, que se passe-t-il ? Allez-vous bien ? demanda-t-il inquiet.
- Oui, merci monsieur. Je vais aussi bien que possible dans ces circonstances. J'ai simplement des nouvelles que l'on m'a demandé de vous annoncer et j'ai peur qu'elles vous blessent et vous contrarient grandement.
- Je suis certain qu'il n'y a rien que vous ne m'ayez déjà dit que… lui répondit-il avec amertume avant que les douloureux mots qu'elle avait prononcés en réponse à sa déclaration d'amour ne lui reviennent en mémoire, mais elle l'interrompit avant qu'il ne puisse finir.
- S'il vous plaît monsieur, vous avez mal interprété mes mots. Ce que j'ai à vous annoncer est à propos de votre fiancée et de votre cousin le Colonel Fitzwilliam.
Darcy se retrouva bien embarrassé, mais son caractère et ses émotions semblaient toujours l'emporter ces derniers temps. Mais il était encore bien plus surpris par le fait qu'Élisabeth doivent lui faire une annonce quant à sa fiancée et à son cousin.
- Pardonnez-moi madame, s'il vous plaît continuez. Je vous écoute.
- J'ai peur, Mr Darcy, que vous ayez fait erreur dans votre interprétation de la raison pour laquelle Miss de Bourgh n'a pas quitté sa chambre ce matin, dit-elle et voyant qu'il était sur le point de l'interrompre elle leva la main pour lui faire signe d'attendre avant de continuer. Je peux vous assurer cela car j'ai reçu de sa part une courte lettre ce matin m'apprenant son projet. En la recevant j'ai tout d'abord cru qu'elle désirait s'enquérir de la santé de mon époux mais en la lisant j'ai été plus choquée que je ne pourrais le dire, continua-t-elle sans cesser de retourner ses mains sur ses genoux et sentant les yeux de Darcy sur son visage alors que le sien montrait de plus en plus son impatience. Mr Darcy, votre fiancée m'a écrit, me suppliant de vous expliquer ses actions dans l'espoir que, venant d'une amie, d'une vraie amie, précisa-t-elle doucement, elles seront moins difficiles à accepter pour vous.
- Pour l'amour de Dieu Élisabeth ! Dites-moi, cria-t-il.
- Pardonnez-moi monsieur, mais votre fiancée et votre cousin ont été secrètement fiancés ces six dernières années. Votre tante n'a jamais accepté cet amour, gardant toujours l'espoir que vous épouseriez Anne. Mais surtout, le Colonel est un second fils et n'était pas assez riche d'après elle. Mais après votre demande et la malheureuse réaction de votre tante, Anne et votre cousin ont estimé que le moment était venu pour eux de s'enfuir. Les voilà donc parti, et sûrement marié à cette heure.
Élisabeth se préparait à n'importe quelle réaction il pourrait avoir. Elle savait que sous son calme et son apparente indifférence, sommeillait une colère qui éclaterait d'ici quelques secondes.
- Ils ont fait quoi ? Mais pourquoi ? demanda-t-il finalement.
- Je suis sûre qu'ils pensaient que ceci était leur unique moyen de s'échapper.
- De m'échapper vous voulez dire. Suis-je un tel monstre, que je forcerais une femme à m'épouser alors qu'elle en aime un autre simplement par fierté ? Est-ce vraiment ce que vous et mes cousins pensez ?
Le visage d'Élisabeth pâlit au mot « fierté », ce mot qu'elle avait si souvent prononcé le soir de sa déclaration. Darcy ne manqua pas de remarquer sa réaction et après une seconde de réflexion se redressa sur son fauteuil avant de poursuivre.
- C'est cela n'est-ce pas ? Ma fierté incroyablement démesurée serait si blessée par leurs aveux que je l'obligerai à m'épouser malgré tout afin d'éviter l'humiliation que son refus me causerait aux yeux du monde ?
Il semblait lui poser la question sans toutefois vouloir en connaître la réponse, mais elle était cependant déterminée à la lui donner. Elle comprenait pourquoi sa colère était dirigée vers elle et savait aussi qu'elle en méritait une partie après la façon cruelle dont elle l'avait traité. Mais elle voulait qu'il comprenne que quelle que soit l'opinion que ses cousins avaient de lui, elle ne la partageait plus.
-Oui, peut-être que c'est ce qu'ils croient. Mais ce serait pour l'unique raison qu'ils ne vous connaissaient pas aussi bien que je vous connais.
Une vague de timidité l'envahit après avoir prononcé ces mots mais elle était soulagée de l'avoir fait malgré tout. Ils semblaient avoir eu l'effet désiré et elle vit les flammes commencer à danser dans son regard passionné. Après une longue pause il poursuivit.
- Une vraie amie Miss Bennet ? demanda-t-il repensant à ses mots.
Élisabeth se leva et se dirigea vers son fauteuil à côté duquel elle se mit à genou. Elle avait pertinemment que son comportement allait à l'encontre des convenances mais sa vie entière n'était plus que convenances et elle désirait lui montrer la part d'elle-même qui était sincère et réelle. Elle posa doucement sa main sur son bras avant de répondre.
- C'est tout ce que je peux offrir monsieur.
Il senti son cœur battre à la sensation de sa main sur son bras, présence qui semblait le brûler. Avant qu'elle ne puisse l'enlever il la recouvrit de la sienne et mêla ses doigts aux siens.
- C'est assez Élisabeth, lui dit-il le souffle court.
Ils restèrent ainsi quelques minutes, les yeux Darcy plongés dans les siens, essayant de lire une signification plus profonde à ses mots avant qu'Élisabeth ne se lève réclamant sa main. Darcy ne l'en empêcha pas mais ressentit cruellement son absence. Elle se retourna et se dirigea vers la fenêtre à l'opposé de la pièce. Elle tourna doucement le visage au-dessus de son épaule pour le regarder avant de lui demander.
- Qu'allez-vous faire maintenant Mr Darcy ?
Il leva la tête vers sa silhouette, serrant toujours le poing pour vaincre la brûlure que ses doigts avaient laissée.
- Je vais retourner à Londres. Il me semble que Mr Bingley y est encore… pour l'instant. Il m'a presque complètement pardonné mon intervention et sera, je pense, prêt à reprendre notre amitié.
- Vous n'êtes pas en colère contre eux ?
- Contre Anne et Richard ? demanda-t-il, Élisabeth acquiesça. Ils sont maintenant libre de montrer ouvertement leur amour l'un pour l'autre et de passe le restant de leur jour à se prouver leur affection. Ce qui m'est interdit. Alors non Élisabeth, je les envie.
Élisabeth se retourna à ces mots, regardant de nouveau par la fenêtre. Darcy savait qu'elle n'apprécierait pas une nouvelle déclaration de ses sentiments et, après avoir fermé ses yeux durant quelques secondes pour se retenir, s'obligea à changer de sujet.
- Et vous concernant Mrs Collins?
Elle remarqua qu'il avait utilisé son nouveau nom, preuve qu'il avait regagné le contrôle de ses émotions.
- Qu'allez-vous faire maintenant ? Lorsque Richard et Anne reviendront à Rosings ils se verront dans l'obligation de chercher un nouveau révérend à la place de votre mari. Et ce faisait, le presbytère lui sera donné.
Élisabeth vacilla à ses mots. Elle commençait tout juste à voir cette maison comme la sienne et elle allait se voir dans l'obligation de la quitter. Elle n'avait en effet pas réalisé qu'elle devrait partir d'Hunsford. Mais elle savait que Mr Darcy avait raison. Ils ne pouvaient continuer à vivre ici quand son époux ne quittait pas son lit et était incapable de remplir son rôle. Mais où iraient-ils ? Peut-être qu'une fois Jane et Mr Bingley mariés, ils accepteraient de les accueillir pour quelque temps. À terme, elle n'aurait cependant pas d'autre choix que de rentrer chez elle. Et ce futur ne lui plaisait en rien.
Elle fixait la fenêtre depuis maintenant plusieurs minutes, réfléchissant aux différentes options qui se présentaient à elle, si bien qu'elle n'entendit pas que Mr Darcy s'était levé et approché d'elle.
- Où irez-vous ? lui demanda-t-il doucement. Elle se retourna brusquement, remarquant la proximité de sa voix et lui souris difficilement.
- Je vais retourner chez moi. Il n'y a nulle part ailleurs où nous pouvons aller. Bien que j'aimerais de tout cœur qu'il y en ait.
- Mais cela ne vous réconfortera-t-il pas d'avoir le soutien de votre famille et de vos amis en de telles circonstances ?
- À vous, je n'hésiterai pas à vous dire la vérité. Parfois ma famille est plus un poids qu'un support.
Elle continua à sourire timidement mais elle parlait avec tant de vérité qu'il ne put s'empêcher de retourner son sourire.
- Je ne voudrais pas être présomptueux Miss Élisabeth, mais en tant qu'ami, j'aimerais vous aider… vous et votre mari.
Élisabeth le regarda avec attention, espérant contre toute attente, qu'il pourrait la sauver de son triste sort.
