Bonsoir à tous, pour commencer un immense merci à toutes les personnes qui ont laissées un commentaire! Je suis heureuse de voir que mon 'odieux chantage" a fonctionné!
J'avais prévu de ne le publier que demain mais devant le nombre de commentaire j'ai décidé de le faire ce soir.
Et de même, je ne publierai pas le prochain avant d'avoir 12 commentaires (attention ça monte!)
Sur ce je vous laisse lire ce chapitre tant attendu..!


Chapitre 12 : Entre frère et sœur

-… Que pensais-tu ? Élisabeth es… dit Georgiana, reconnaissant à peine se propre voix avec l'impression que ses mots étaient dénués de sens.

Darcy n'avait pas bougé depuis qu'Élisabeth s'était enfuie, mais les reproches de sa sœur semblèrent vaguement l'atteindre. Il se tourna vers elle, tel un homme aveugle vers le son d'une voix mais sans être capable de voir la personne.

- Je sais Georgiana, fini-t-il par dire dans un murmure.

- Non Fitzwilliam je ne suis pas sûre que tu saches !

Cette fois elle parla avec une voix plus forte et pleine de reproches qui sembla ramener son frère à la raison. Il la regardait maintenant dans les yeux mais restait silencieux.

- Comment as-tu pu Fitzwilliam ? Elle n'est pas seulement une femme mariée donc le mari est allongé dans une chambre à l'étage, elle est aussi une invitée dans cette maison. Pense à sa réputation frère. Et si n'importe qui d'autre que moi était entré dans cette pièce ?

Et à ces mots elle referma rapidement la porte de peur que sa voix ne soit entendue par des serviteurs passant dans le couloir.

- Georgiana, ne me dis pas comment m'adresser à Elisa… Mrs Collins. Tu ignores tout… dit-il amèrement en secouant la tête.

- Je ne suis plus une enfant Fitzwilliam et je comprends mieux que tu ne le crois.

- NON ! Tu ne comprends pas, affirma-t-il avec toute la force de sa déception. Tu ne peux pas comprendre ce que l'on ressent lorsqu'on aime quelqu'un de tout son cœur mais qu'on ne peut pas agir ainsi !

Habituellement Georgiana se serait tût devant le ton de son frère. Il ne lui avait jamais parlé ainsi auparavant, bien qu'elle l'ait déjà entendu s'adresser à d'autres de la sorte et elle se souvenait de la peur que cela lui avait causée. Mais cette fois-ci c'était l'effet inverse. L'injustice de ses suppositions et une colère inconnue coulaient dans son sang.

- Je suis une femme ! C'est tout ce que je sais : aimer quelqu'un de tout mon cœur mais ne pas pouvoir agir comme si ! Je n'ai pas eu le luxe de dire à celui que j'aimais la profondeur de mes sentiments. Les convenances m'interdisaient de me déclarer. Et j'ai dû rester assise à regarder celui qui hante mes pensées nuit et jour tomber amoureux d'une autre, se faire aimer d'elle et l'épouser. Et je ne pouvais rien dire ! Je ne pouvais rien montrer ! Alors en effet, que pourrais-je comprendre de ta souffrance ?

- Georgie. Je n'ai jamais… tu ne m'as jamais dit… Qui ? demanda Darcy choqué par le venin dans son ton et la colère dans son attitude. Il ignorait que sa jeune sœur avait été amoureuse de quelqu'un, et qui était-ce qui ne partageait pas ses sentiments ?

- Je suis une jeune femme bien élevée dictée par les lois de la société. Je ne pouvais rien te dire. Je ne t'aurais rien dit, tu serais intervenu à ma place.

- Je ne serai jamais intervenu à moins que…

- Si tu serais intervenu, frère, le coupa-t-elle sa voix étant de nouveau douce. Tu aurais pensé bien faire. Tu aurais essayé de m'épargner mon chagrin actuel, mais ce n'est pas ce que je désirais. S'il m'avait aimé, si j'avais gagné cet amour par moi-même je te l'aurais dit, je t'aurais demandé ton soutien mais, hélas, il n'en fut rien. Il ne m'aimât pas et ce fut tout.

Darcy resta silencieux quelques temps, examinant le calme de sa sœur. Il réalisa soudainement qu'elle n'avait plus le visage d'enfant dont il se souvenait. Elle était plus âgée, mature physiquement, mais un voile semblait couvrir ses yeux qui avaient jadis été brillants de naïveté.

- Richard. Richard est l'homme dont tu parles.

Il ne demandait pas, il savait. D'une certaine façon il savait. Georgiana ne répondit pas, elle acquiesça vaguement. Le nom ne semblait plus importer, elle était juste soulagée d'avoir enfin pu en parler à son frère. Maintenant elle savait qu'il pouvait vraiment comprendre son amour et la douleur qu'elle ressentait. Et c'était un lien bien plus fort que ceux qu'ils avaient partagé jusque-là.

Il alla jusqu'à elle et la prit tendrement dans ses bras en caressant ses cheveux.

- Je vais aller m'installer chez Charles et profiter de sa gentillesse. Je n'ai pas la force de rester ici. Sa réputation vaut bien l'agonie que cette séparation entrainera. Je te promets Georgie, je ne la considérerais jamais plus comme acquise, et toi non plus.


Élisabeth ne quitta pas sa chambre pour le restant de la journée. Sa femme de chambre, Sarah, était entrée pour demander si elle avait besoin de quoi que ce soit. Élisabeth avait feint des maux de tête et avait supplié qu'on la laisse seule. Le lendemain matin, elle s'était levée tard exprès. Elle ne voulait rencontrer ni Mr Darcy ni sa sœur et c'est pourquoi elle attendit jusqu'à ce qu'elle soit sûre qu'ils soient en train de prendre leur petit déjeuné avant d'enfiler son bonnet et de partir pour Gracechurch Street.

En entrant dans le salon de son oncle et sa tante, elle fut accueillie par des cris de joie. Il lui fallut un moment pour réaliser qu'elle n'en était pas la cause. Il semblait même que personne n'avait remarqué son entrée jusqu'à ce que finalement, Jane la voit et se jette dans ses bras.

- Lizzie ! Oh désormais je suis complètement heureuse ! Oh pourquoi tout le monde ne peut voir combien je suis heureuse ! S'exclama-t-elle avec joie en conduisant Élisabeth vers son oncle et sa tante.

Élisabeth remarqua que Jane s'était détournée d'elle et rapprochait quelqu'un du groupe. Lorsqu'ils se séparèrent pour l'accueillir elle reconnut Charles Bingley qui semblait, si cela était possible, sourire encore plus que Jane. C'est à ce moment-là qu'elle regarda leur main qu'elle vit l'une dans l'autre et qu'elle comprit la raison de tout ceci.

- Oh Jane ! Je suis si heureuse pour toi ! S'exclama-t-elle en prenant la main libre de Jane dans les siennes. Pour vous deux !

L'heure qui suivit fut une des meilleures de ces dernières pour Élisabeth. Ils s'assirent tous ensemble pour le thé et taquinèrent les nouveaux fiancés. Élisabeth et Jane s'assirent l'une à côté de l'autre, conversant doucement tandis que Bingley parlait avec Mr et Mrs Gardiner.

- Il est allé hier à Longbourn demander le consentement de notre père, dit Jane souriant à Mr Bingley alors qu'elle parlait. Il a dit que père avait accepté de tout cœur et qu'il serait heureux de nous voir mariés aussi vite que nous le désirions. Charles est pressé et m'a supplié de me dépêcher de trouver mes toilettes afin de choisir une date rapidement. Je sais que mère ne voudrait pas que je prenne une décision sans l'avoir consultée donc je lui écrirait cet après-midi pour lui annoncer la bonne nouvelle et lui demander de venir à Londres. Oh Lizzy, qui aurait cru que les choses termineraient ainsi ?

- Et bien je le savais depuis le début chère sœur, répondit Élisabeth avec confiance. Tu es bien trop gentille et généreuse pour que le destin ne t'ait pas réservé une vie emplie de bonheur !

- Oh Lizzy ! Ne parle pas comme si je méritais le bonheur et pas toi. Car toi aussi Lizzy tu seras heureuse. Ce n'est pas possible pour moi d'en avoir autant et toi rien. JE te le donnerai si je pouvais car la chaleur de ton cœur est tout ce que cherche le bonheur.

Les sœurs se séparèrent de nouveau avec la promesse de se revoir dans les jours suivants. Le cœur d'Élisabeth était sur le point d'exploser ! Elle était si fière de Mr Darcy ! Qu'il ait eu l'humilité de reconnaitre son erreur de les séparer et qu'il se soit assuré que son ami et sa Jane puissent connaitre la joie d'un amour réciproque.