Je vous présente mes plus plates excuses: le chapitre était prêt vendredi dernier mais j'ai complètement oublié de le poster et je suis partie lundi à Rome. Je viens juste de rentrer et j'en profit pour vous donner ce chapitre en espérant qu'il vous plaira! Bonne lecture :)
Chapitre 13 : On ne choisit pas sa famille
Georgiana était assise dans le petit salon, attendant le retour d'Élisabeth avec impatience depuis qu'elle avait appris que cette dernière avait quitté la maison tôt dans la matinée pour rendre visite à sa famille. Lorsqu'elle entendit le majordome ouvrir la porte, elle se précipita dans le hall.
- Élisabeth ! J'étais inquiète ! Cela fait si longtemps !
- Oh Georgiana, j'ai de merveilleuses nouvelles à t'annoncer ! annonça Élisabeth en s'avançant vers elle. Elle lui prit les mains en l'entrainant dans le salon. Une fois la porte refermée derrière elle, elle retira ses gants et son bonnets avant de partager ce qu'elle venait d'apprendre.
- C'est sont d'excellentes nouvelles Lizzie. D'après tout ce que tu m'as dit concernant ta sœur et la connaissance que j'ai de Mr Bingley je suis persuadée qu'ils seront infiniment heureux ensemble, déclara Georgiana.
Élisabeth peinait à cacher sa joie mais elle remarqua cependant les traits de Georgiana s'assombrir l'espace d'une seconde lorsqu'elle mentionna les fiançailles de Mr Bingley. Soudainement les paroles de la sœur de Bingley lui revinrent en mémoire. Élisabeth n'avait jamais ignoré les espoirs de Caroline concernant les fiançailles de son frère et de Georgiana mais elle n'avait jamais imaginé que ces espoirs pouvaient être partagés !
- Georgiana, je suis sincèrement désolée si je t'ai blessé ! Miss Bingley m'avait parlé de ton attachement pour son frère mais j'étais persuadée que ce n'était que le fruit de son imagination, dit Élisabeth en se levant pour s'approcher de la jeune fille le visage inquiet.
- Quoi ? Non ! Je n'ai jamais ! Oh Lizzie, s'il te plait crois-moi quand je te dis que je ne ressens rien d'autre que de l'amitié pour Mr Bingley, et que je ne pourrais pas être plus heureuse pour ta sœur, déclara Georgiana en la regardant avec sincérité mais s'apercevant qu'elle ne la croyait pas elle prit conscience que la seule solution était de lui parler de Richard. Je ne pourrais jamais aimer Mr Bingley Lizzie… puisque j'en aime un autre.
Élisabeth senti que demander l'identité du jeune homme serait indiscret mais elle ne pouvait faire disparaitre la curiosité qui brillait dans ses yeux.
- J'aime Richard, dit Georgiana dans un soupir en tentant de soutenir de regard d'Élisabeth sans pouvoir s'empêcher de rougir.
- Richard, demanda Élisabeth confuse. Le Colonel Fitzwilliam ? Oh Georgie, je comprends mieux pourquoi tu étais si triste dans le Kent. Je n'arrivais pas à croire que le décès de ta tante t'avait mis dans un tel état mais je me suis dit que j'avais mal jugé votre relation.
Comme Georgiana ne répondait rien Élisabeth poursuivit :
- Je sais que cela ne sera que d'une petite consolation mais Anne n'est en rien comme sa mère et tu peux au moins avoir le réconfort de savoir que ton cousin sera heureux avec elle.
- J'aimerai que soit morte ! cria Georgiana avant de se couvrir la bouche de sa main.
Élisabeth fut d'abord scandalisée, plus par le fait que c'était Georgiana qui avait prononcé ce mots que par la déclaration en elle-même. Mais rapidement elle fut prise d'un fou rire et tenta désespérément de s'empêcher d'éclater de rire.
Lorsque Georgiana vit le sourire sur le visage de son amie elle commença aussitôt à glousser. Rapidement les deux amies se retrouvèrent riant à pleins poumons, de nouveau joyeuses.
- Mais alors, pourquoi as-tu pris l'air si accablée lorsque je t'ai annoncé la nouvelle des fiançailles ? demanda Élisabeth après quelques minutes.
- J'ai simplement réalisé que Mr Bingley aurait sans nul doute partagé les nouvelles avec mon frère et je suis inquiète quant à sa réaction.
- Inquiète ? s'enquit Élisabeth qui ne comprenait pas.
- Je sais que ce fut déjà difficile pour William de faire face au bonheur de ses cousins, mais de voir son plus proche ami accéder au bonheur que lui ne pourra jamais avoir sera, j'en ai peur, encore dur pour lui.
Il n'y aurait pas eu de moyen plus rapide de mettre un terme au rire d'Élisabeth que de mentionner la souffrance de Mr Darcy. Mais la douleur qu'elle ressentait n'était que justice et elle détourna les yeux vers la fenêtre.
- Lizzie, mon frère décida qu'il était plus sûr de ne plus être en ta présence.
À ces mots le visage d'Élisabeth se tourna brusquement pour regarder Georgiana.
- Je l'ai fait fuir sa propre maison ? s'écria Élisabeth.
- Lizzie, tu dois comprendre pourquoi, n'est-ce pas ? Il ne pouvait rester ici. Ses intentions étaient pures mais sa détermination faible. Tu dois savoir qu'il a fait ceci pour te protéger. Je ne voulais pas violer votre intimité hier me heureusement que c'est moi qui ait ouvert la porte et non un des serviteurs ! Je peux voir qu'il tient à toi Élisabeth, énormément, et ferait tout ce qui est en son pouvoir pour t'éviter de souffrir par sa faute.
Élisabeth marcha silencieusement jusqu'à la porte et l'ouvrit se préparant à sortir mais avant de se faire elle se retourna vers Georgiana et l'enlaça affectueusement. Après quoi elle sortit et se retira dans sa chambre pour réfléchir à sa misérable existence.
Sa misérable existence allait devenir encore plus misérable à l'arrivée de sa mère et de deux de ses jeunes sœurs depuis le Hertfordshire la semaine suivante. Elles étaient venues sur la demande de Jane, pour l'aider à acheter son trousseau, mais il semblait plutôt que c'était pour humilier un peu plus encore les deux ainées.
Ce ne fut pas longtemps après l'arrivée de Mrs Bennet accompagnée de Kitty et Lydia, qu'elles, ainsi que Jane et Mrs Gardiner, rendirent visite à Miss Darcy et Mrs Collins à Grosvenor Square. Bien que la confiance en elle de Georgiana ait grandi depuis qu'elle avait rencontré Miss Élisabeth, elle ne n'était pas du genre des plus jeunes Bennet, leur exubérance et manque de manière ne cessant de la choquer. Elle avait supplié Élisabeth du regard lorsque sa mère l'avait tiré par le bras pour l'entrainer dans une discussion. Voyant son malaise, Jane and Mrs Gardiner, qui considéraient maintenant Georgiana comme une amie après les visites de Gracechurch Street et Grosvenor Square, prirent part à leur tour à la conversion afin de la rassurer.
Pendant ce temps Élisabeth subissait la honte infligée par sa mère et son manque de manière, restant malgré tout reconnaissante que cette conversation soit privée et non exposée au reste de la société londonienne.
- Ma Lizzie, quelle exquise demeure ! Et quel mobilier ! Mr Collins ne taisait jamais d'éloges à propos de celui de Rosings mais je suis sûre que celui de Mr Darcy est plus cher, il a dix milles livres par an !
- Mère, parlez doucement s'il vous plait ! Ce n'est pas une conversation à avoir alors que Miss Darcy est dans la pièce, lui reprocha Élisabeth dans un soupir.
Mais Mrs Bennet ne sembla pas entendre sa fille et continua sur le même sujet, admirant les rideaux, le chandelier de l'entrée, les tapis, même les vêtements des serviteurs. Élisabeth, exaspérée, réalisa cependant combien il serait inutile de tenter d'arrêter sa mère et s'enfonça dans le fauteuil en soupirant, regardant la fenêtre en attendant qu'elle ait fini.
- Oh Lizzie, ton amitié avec les Darcy est une chance inouïe !
- Pourquoi appelez-vous cela une chance Mère ? Sa tante est morte, mon mari est inconscient et je suis prisonnière de leur gentillesse.
- Bien sûr que c'est une chance Lizzie ! Miss Darcy deviendra amie avec Lydia et Kitty, c'est comme si elles l'étaient déjà regarde ! dit Mrs Bennet avec confiance en jetant un œil vers les jeunes filles.
Élisabeth ne pouvait s'empêcher de remarquer le regard de panic reflété dans les yeux de Georgiana qui démentait les intentions de sa mère.
- Une fois qu'elles seront amies, Miss Darcy les invitera à séjourner ici, et bien sûr elles seront invitées à tous les bals et jeux de cartes. Oh Lizzie, mes filles, grâce aux connaissances des Darcy, se trouveront en présence de riches partis qui tomberont instantanément amoureux de leur beauté et avant même que je ne finisse de pleurer la perte de Jane après son mariage deux autres seront fiancées ! A des Lords, peut-être même des Ducs… Oh Lizzie, je suis si heureuse de t'avoir fait épouser Mr Collins l'an passé, réfléchi un peu à toute la joie qui en est venue.
Élisabeth resta quelques instants sans voix devant les propos insensés de sa mère et sa totale indifférence face au malheur de sa fille. Les deux restèrent en silence pendant quelques minutes, Élisabeth ne pouvant surmonter sa colère et sa mère ne pouvant cacher sa joie face à la richesse que ses filles allaient acquérir grâce à leur nouvelle amitié.
Finalement, juste avant que les dames ne partent, Mrs Bennet se souvint qu'elle avait reçu une mission de son mari et sorti une lettre froissée qu'elle tendit à sa fille.
La relation entre Élisabeth et son père s'était quelque peu tendue depuis son mariage. Elle ne lui en voulait pas pour sa situation actuelle mais lui s'en voulait et il pensait naturel qu'il en fut de même pour elle. Bien que ce ne soit pas le cas elle avait perdu toute confiance en lui et ne pouvais plus se confier comme elle en avait l'habitude. Leur correspondance ces derniers mois avait donc été distante et Élisabeth n'imaginait pas que celle-ci soit différente. Bien que son père lui manque énormément, elle savait que la culpabilité de celui-ci finirait par disparaitre contrairement à ses propres espoirs qui resteraient déçus à jamais.
Elle attendit que sa famille soit partie pour se retirer dans le bureau de Mr Darcy, le sanctuaire qu'elle s'était établie depuis qu'elle lui avait presque avoué son amour dans cette même pièce, et s'assit pour lire la lettre.
Ma très chère Lizzie,
Lorsque j'ai appris votre décision de partir pour Londres à la recherche des meilleurs soins possibles pour votre époux, et en compagnie de Mr Darcy, j'ai d'abord pensé que vous aviez perdu l'esprit. Ne détestez-vous pas cet homme depuis toujours ? Mais depuis que j'ai reçu votre réponse négative à ma proposition de revenir à Longbourn je dois avouer que je ne vous comprends plus du tout ! Peut-être, comme le dites-vous, Mr Darcy n'est pas aussi mauvais que nous le pensions tous ici en Hertfordshire, et peut-être sa sœur est-elle aimable mais, Lizzie, ce sont des étrangers. Vous avez besoin du soutien de notre famille et j'insiste en exigeant que vous reveniez à Longbourne avec Jane à la fin de la semaine.
Puisque l'état de votre époux n'évolue pas, et puisque Mr Darcy a décidé de s'occuper lui-même de sa prise en charge, je vous conseille de le laisser à Londres pour qu'il puisse poursuivre son traitement. Je ne peux cependant m'empêcher de penser que son état actuel rendrait sa compagnie meilleure qu'avant ! Je vous laisse vous occuper des détails.
Je n'attends pas d'autre réponse à cette lettre que votre retour à la fin de la semaine Lizzie.
Affectueusement,
Papa.
- Oh Père ! Si seulement vous pouviez comprendre combien ma vie a changé, combien il m'est impossible de revenir à ma vie passée vous ne me le demanderiez pas ! cria Élisabeth en froissant la lettre dans ses mains en pleurant.
