Tribu de sang

Disclaimer : L'histoire et certains personnages m'appartiennent, mais l'univers de Twilight reste la propriété de Stéphanie Meyer. Et le monde d'Harry Potter appartient à JK Rolling.

Résumé : Tout ce que désirait Harry Potter était de rapidement partir à l'internat pour effectuer les études de ses rêves. Il tente de vivre le plus discrètement possible, ne déviant presque jamais de sa route. Enfin... Ça c'était avant ! Avant que quelque chose, ou quelqu'un, en décide autrement, et il voit sa vie chamboulée. Il n'aurait jamais pensé que cette aventure le pousserait au-delà de ses limites, de ses valeurs, de ses convictions… Tout ça pour devenir... Un tribut de sang...

Attention : Harry Potter n'est pas sorcier et le monde magique n'existe pas dans cette histoire. Il est au contraire un humain normal qui va vivre une aventure extraordinaire…

Une petite review pour me donner votre avis et du courage est toujours la bienvenue !

Réponse aux review :

Kivorona : Coucou, merci pour ta review 😊

Je dirais qu'ils sont aussi cons et cruelles par ma faute ? Mais aussi car ils reflètent les sales gosses qu'on peut trouver dans notre société bien réelle ! J'ai hésité à continuer, je l'avoue, je n'étais pas sûre d'être « suivi dans le délire » de cette nouvelle histoire. Mais tu me donnes envie alors : voilà la suite ! J'espère qu'elle te plaira !

Chapitre 2 : Adieu la Terre

Tout était sombre, paisible et immuable.

Puis du silence jaillit la lumière de la vie. Et une voix féminine et douce s'éleva :

Qu'avons-nous là ? Demanda-t-elle. Une âme esseulée qui traverse le voile… Tellement de mélancolie, tellement de peine, tellement de regrets qui font écho au mien… Très, je suis prête à t'offrir une autre chance. Puisses-tu les sauver tous…

La quiétude reprit ses droits et la lumière faiblit un court instant avant de surgir, encore plus puissante, pour tout avaler.

La première chose que fit Harry fit fut de prendre une grande goulée d'air. Avant même d'ouvrir les yeux, il gorgea ses poumons noyés d'oxygène et toussa pour évacuer tout liquide qui pourrait y être encore rester. Gémissant, il roula sur le côté, et cligna des yeux sous les rayons du soleil qui l'aveuglait. Son esprit chamboulé, son corps ankylosé, il peinait à trier ses pensées sur les dernières heures qui venaient de se passer. Malfoy avait tenté de le tuer ! Se rappela-t-il vaguement. La stupeur se mêla à la colère puis de nouveau à la peur en repensant à Hermione et Ginny. S'en étaient-t-elles sorties ? Ou étaient-elles ? Gémissant, il tenta de rassembler ses forces pour se redresser, levant la tête pour tenter de se repérer, avant d'écarquiller les yeux d'effarement. Son sang se gela sur place.

- Mais c'est quoi ce délire ?! Hoqueta-t-il.

Le paysage était infini, de sable ou de roc jusqu'à l'horizon, sans eau sans herbes sans fleurs, ni âme qui vive, ou presque. Le soleil, seul maitre en ce royaume, faisait étinceler au loin cet étendu d'or jaune. Tournant la tête en tous sens, il remarqua la seule présence incongrue de l'énorme arbre au pied duquel il se trouvait. Dépourvu de tout feuillage, aux racines profondément ancrer dans le sol et aux branches secs, se balançant sans plier dans l'air chaud ambiant, il se dressait fièrement dans cet horizon désolé. Un arbre au bois sec et entièrement blanc si saugrenu que magnifique dans ce désert brulant.

- Mais comment j'ai fait pour atterrir là ? Mais... Ce n'est… C'est impossible !

Son esprit qui lui semblait plus lent avait beau tourner à plein régime, Harry avait du mal à comprendre ce qu'il avait sous les yeux. Avait-il été enlevé ? Pourquoi ? Il se mit à repasser ses derniers souvenirs dans sa tête. En bride, son altercation avec Malfoy et sa clique lui revint en tête, et le souvenir de l'eau des toilettes qui envahissait ses poumons le brûla comme une claque. Que s'était-il passé ? Ou était Hermione ? Elle était en larmes et se faisait malmener, et ce souvenir aussi lui pinça le cœur. Mais ça n'expliquait sa présence en plein foutu désert ! Il n'y en avait pas dans sa région ! Le pensant mort, Malfoy avait-il emmener son cadavre ici pour masquer son crime ? Ou était-il vraiment mort et ce paysage était « l'autre côté » ? Harry se sentit hyperventilé à cette simple idée, se redressant en position assise, il tâta tout son corps comme s'il pouvait s'assurer d'être en vie et qu'il ne lui manquait rien de cette manière. Son cœur battait à ses oreilles, n'étais-ce pas la preuve qu'il était bien en vie ? Les mains tremblantes, il tentait en vain de refouler la montée de panique qu'il sentait prendre naissance dans ses entrailles. Manifestement, il n'était pas mort. N'est-ce pas ? Et il n'était... Il n'était plus blessé ! Touchant sa lèvre, il ne retrouva plus la coupure qu'il avait eu sous les coups, ses côtes ne le faisaient plus souffrir non plus. Oh ! Ou était passé ses lunettes ? Plissant les paupières, il fut surpris d'y voir pourtant clair comme s'il les portait encore. Il se leva lentement, tournant les épaules, levant une jambe après l'autre, et devait admettre qu'il allait, physiquement, parfaitement bien. Il était en pleine forme. Et en vie ! Restait à déterminer « où » ? Comment expliquer la raison de sa présence en ces lieux, et comment y était-il parvenu ? Il n'y avait qu'une seule explication à ses yeux.

- Ce crétin de Malfoy ! Riche comme il est, il a payé des gorilles pour m'enlever, et ils m'ont jeté ici en pensant que j'étais mort ?!

C'était peut etre un peu excessif et tiré par les cheveux comme explication... Mais il voulait bien s'y raccrocher pour pas devenir fou. Sérieusement, il n'y avait pas de désert comme celui-là d'où il venait ! Il avait forcément dû prendre l'avion, inconscient, pour atterrir ici. Les Malfoy étaient bien assez riches pour organiser pareil crime. Et ce n'était pas sa famille adoptive qui irait le chercher. Dans ce cas, dans quelle région était-il ? Hermione devait s'en être sortie n'est-ce pas ? Elle viendrait à son secours. Il ne démordait pas sur le fait que le blond était coupable dans cette mésaventure. Sa « fausse » mort avait dû les faire paniquer pour en arriver à de telles extrêmes. Sa famille était vraiment puissante, il le savait déjà mais aujourd'hui il le comprenait aussi.

Une goutte de sueur coula le long de son front, le soleil tapait fort et l'accablait. La soif commençait aussi à grignoter sa gorge. Devait-il attendre qu'on vienne le chercher ? Quelqu'un avait-il été témoin de son enlèvement ? Ginny avait-elle bien lancée l'alerte ? Pensé à la jolie rousse l'amena à se rappeler aussi de son frère. Comment allait Ron qu'il avait aperçu évanoui ? Il se demanda un instant en regardant autour de lui si ses camarades d'infortunes se trouvaient avec lui. Mais non, il était désespérément seul. Il sentit immédiatement sa gorge se nouer et força difficilement la salive à s'y écouler. Quelqu'un allait-il se préoccuper de sa disparition ? Hermione n'allait pas l'abandonner, n'est-ce pas ? Après tout, nous étions en 2022 ! Les gens qui disparaissaient faisaient forcément l'objet de recherches par les autorités, et ce, même si sa famille ne sauterait pas de joie cette « attention ennuyeuse » que ne manquerait pas de causer sa disparition. Il espérait sincèrement qu'Hermione avait pu être secourue, et ne douta pas un instant qu'elle remuera terre et ciel pour le retrouver.

Rester sur place... Avancer pour trouver un abri... Harry n'avait jamais été un aventurier. Il était même tout le contraire. Il vivait une vie aussi simple et ordonnée que possible, concentré sur ses études et plongé dans ses livres, et ne s'était jamais intéressé à la survie. Pourtant, son instinct lui disait que s'il restait là, au milieu de nulle part, sans chercher d'eau, ou un abri, il mourrait. Il portait toujours son manteau d'hiver, et sa grosse écharpe. Il avait vu dans une émission que lorgnait en dormant Dudley qu'au Sahara, les gens portait des vêtements qui couvraient l'intégralité du corps pour les garder au frais. Mais il n'avait certainement pas ce qu'il fallait pour se confectionner un takakat comme les Touareg. A défaut, il enleva son écharpe et se protégea la tête en s'en faisant un turban, et noua son manteau autour de sa taille en se rappelant que généralement la température baissait dramatiquement une fois le soleil couché en milieu désertique. Alors qu'il passait la main près de son visage pour en essuyer les premières gouttelettes de transpiration, il tenta, dans un geste lié à l'habitude, de remonter ses lunettes sur son nez. Ils les avaient perdus dans la bagarre, il s'en rappelait maintenant. Levant une main devant lui, il plissa les yeux, et les écarquilla de nouveau en réussissant à percevoir le moindre trait du paysage sans la moindre difficulté. Il avait toujours été myope. Pourtant, là, il y voyait parfaitement, chaque rainure de sa peau, chaque montagne de sable au loin, chaque branche du seul arbre à l'horizon. De stupeur, il toucha de nouveau son corps, cherchant d'autres changements en lui, et nota aussi ses cheveux qui lui semblait plus long. Un frisson glacial lui remonta dans le dos. C'était impossible. C'était ce que criait son esprit : impossible ! Rien dans cette histoire n'était logique. Et il comprenait de moins en moins ce qui lui arrivait. Mais il sentait que s'il s'attardait sur ces pensées, il se briserait. Il s'essuya le front moite de sueur, et sentir les prémices de la soif se renforcer le poussa à chasser le tumulte de sa conscience pour se décider à avancer. Il devait trouver quelqu'un, de l'eau, un abri, n'importe quoi, et vite.

Harry marcha pendant ce qui lui sembla être des heures dans ce désert impitoyable. La soif lui brulait à présent la gorge et le sable la rétine. Il avançait maintenant plus par automatisme et instinct que par réelle envie. Ses pensées s'égaraient aux quatre vents à mesure que le désespoir l'étreignait, tout comme ses forces s'amenuisaient à mesure qu'il sentait… savait… qu'il s'écroulerait bientôt. Et ce serait fini. Il ne reverrait pas Hermione. Il ne continuerait pas ses études de médecine en souvenir de sa mère. Il ne croisera plus jamais le regard si bleu de cette fille, Ginny... Il buta sur une pierre quelconque et s'étala de tout son long dans le sable. Il sentait qu'il arrivait trop tôt au bout de ses ressources. Adressant une prière, il cherchait vainement ses forces pour tenter de se relever lorsqu'un cri lui parvint au loin et brisa abruptement le silence du désert. Il redressa la tête, et aperçu plusieurs silhouettes se rapprocher de sa position, le sable se soulevant sous leur empressement.

- Maintenant des hallucinations... Se dit Harry. Ce n'est vraiment pas bon signe...

- Ratahir, Naka ! Lui parvient le hurlement de rage d'un des mirages.

Quoi ? Son esprit embrouillé par la fatigue et la soif semblait marcher au ralenti. Mais quel était cette langue ? Il voulut le demander à voix haute lorsque sa vision se stabilisa un court instant. Sa tête enfoncée dans le sable de fatigue, il se tourna vers les voix et vit courir dans sa direction deux hommes à toutes jambes. Et derrière eux, au triple galop, les poursuivaient deux cavaliers munis de fouets qui claquaient violement dans l'air. Soudain, l'un d'eux sorti un long arc et d'une flèche abattue un des fuyards. La scène se déroula comme au ralenti pour Harry qui hoqueta de peur et, les yeux écarquillés, sentit son sang se glacer dans ses veines. Il se repris à deux fois mais parvint à se redresser, l'énergie du désespoir coulant dans ses veines, et se pressa de se trainer pour opérer un demi-tour et tenter de courir. Il ignorait qui était ces gens, il ne savait pas ce qui était en train de se jouer derrière lui, mais il venait d'assister à un meurtre, et un instinct qui hurlait à tue-tête "Danger" ! Et il avait pour habitude de toujours s'écouter.

Malheureusement pour lui, sa fuite alerta les cavaliers de sa présence, et s'ils ne l'avaient pas remarqué, ils venaient de le faire et ne tarderaient pas à le pourchasser à son tour. Dans un cri de peur venant de ses tripes, il se remit sur ses jambes flageolantes pour courir. Courir pour sa vie !

Feintant vers la droite, tout en espérant qu'ils abandonneraient et poursuivraient l'autre homme, et non lui, il gémit en entendant la cavalcade d'un cheval furieux suivre ses pas et le rattraper. Dans un couinement de détresse, il subit la morsure d'un fouet qui lui faucha les jambes, et il s'étala et roula un moment dans le sable avant de s'immobilier. Sonné.

- Rachi molokesh'ka, disait un cavalier sans qu'il ne comprenne.

Il se redressa et recula sur les fesses en ne le quittant pas du regard, la peur au ventre. Entièrement enveloppé dans un takakat noir, et un chèche rouge autour de la tête, Harry distinguait à peine ses yeux sombres qui scrutaient chacun de ses gestes. Avisant le bras menaçant qui se levait, le fouet prêt à s'abattre, il stoppa sa fuite et leva les mains en signe de reddition, le cœur battant à ses tempes. Du coin de l'œil, il vit le second cavalier revenir, le dernier malheureux allongé en travers de sa monture.

- Operi ? Reshin'ta isto Naka ? Demanda-t-il à son complice.

- Na. Maraki Kesno.

Son poursuivant s'approcha et tendit une main pour le saisir, le fouet en menace de l'autre.

- Bra'iko... ? Ishko !

- Non... Bégaya Harry. Non... Je ne comprends pas ! Je... Je n'ai rien vu ! Vous... Vous pouvez partir !

- Na. Marak, Naka.

Avisant le fouet qui se leva dans les airs pour le pourfendre, il retint son souffle. Ce n'était pas comme s'il avait des options ou le luxe de refuser. Voilà un moment qu'il souffrait de la chaleur accablante du désert et il n'avait plus la force de fuir ou même de se battre. Mais son instinct ne cessait de lui crier de déguerpir au plus vite, de ne pas se rendre, le laissant glacé d'effroi et d'indécision, tel une biche prise dans les phares d'une voiture, à mesure que le cavalier s'approchait pour le saisir. Et au moment où l'étranger sembla sourire de plaisir de le savoir attraper, fouettant le sable à quelques centimètres de son visage pour faire bonne mesure, Harry se retourna pour se redresser et déraper dans le sable pour s'enfuir dans une nouvelle direction. Malheureusement, son geste fut anticipé, et une main gantée surgit de derrière pour lui saisir le bras tandis qu'une autre main se plaquait durement devant sa bouche. Sans attendre il se mit à se débattre contre le corps qui l'enveloppait, cherchant à mordre, donnant coup de pieds et ruant des poings dans le vide à mesure qu'on le saisissait plus fermement pour le soulever du sol. C'était une lutte acharnée. Il entendit un ricanement provenir des deux cavaliers, visiblement amusés par ses tentatives de fuites, avant qu'on ne lui agrippe fermement son cou de son autre main.

- Yahi ! Mokato ishi, Naka ! Gronda le kidnappeur, sa main autour de son cou serrant avec force dans une menace explicite : silence ou il lui brise la nuque. Yahi !

- Mahi, Tilo, lui cria son comparse, mahi. Nopa sav itaka.

Sans sommation, Harry se sentit être tiré vers la monture, mais rendu fou par tout ce qui lui arrivait, il sentit reculer la peur pour de nouveau se débattre. Il se tortilla malgré la menace et finit par réussir à se tourner de moitié vers son agresseur, et, sans la moindre hésitation, balança avec force son pied droit entre ses jambes. Espérant le faire lâcher prise par la douleur. Le temps se figea un instant. Puis un rire grave vint accueillir sa prestation par l'autre cavalier qui semblait se régaler de ses efforts. En revanche, le regard meurtrier qu'il reçut de l'autre lui promit milles souffrances, et la gifle qui suivit envoya sa tête valdinguer tellement fort qu'il crut qu'elle s'était décrochée. A moitié assommé, il se sentit quitter du sol par une main de fer enroulé autour de son cou. Ses pieds bougeant lamentablement dans le vide, son souffle court et presque inexistant alors que son agresseur le fixait d'un regard noir sans broncher. A bout de force, alors que des points noirs apparaissaient devant ses yeux, il cessait enfin totalement de se débattre.

- Na... Yahi. Lui parvint une voix suave alors que la prise mortelle sur son cou se desserrait. O'koyé mati, Naka.

Harry peinait à reprendre son souffle, lorsqu'il fut sans prévenir balancer en travers d'une monture, la selle lui rentrant dans les côtes. Il se trouvait maintenant dans la même position que son camarade d'infortune.

- Non ! Laissez-moi partir, supplia-t-il une dernière fois en gigotant, je jure que je ne dirais rien...

Il sentit une main lourde de tension se poser de manière ferme derrière son cou. Comprenant une fois encore la menace, il cessa tout mouvement, et ferma les yeux de frayeur lorsqu'il sentit qu'ils reprenaient sans attendre le galop vers une destination inconnue.

La chevauchée dura un trop long moment pour Harry qui hyperventilait et commençait même à s'agiter de nouveau sur la monture. Son geôlier étant parfois obliger de le maintenir fermement, sa prise se faisant douloureuse, pour qu'il garde la même position. La peur se disputait avec l'envie, le besoin, de résister pour s'échapper en lui. Quand enfin, il sentit le cheval ralentir jusqu'à s'arrêter, il ne put empêcher sa tête de se redresser pour observer les alentours. Il venait d'atteindre un petit campement, et des dizaines de tentes faite de longues toiles couleur jaune, orange, marron, s'amoncelaient tout autour d'eux. Plusieurs personnes encapuchonnées de pied en tête s'activaient près du feu qui avait été aménagé dans un coin, ou plus loin vers une petite source d'eau, ou encore près des montures pour les bichonner après leur journée de chevauchée.

Le cavalier mit rapidement pied à terre, l'attrapa immédiatement par les hanches avant qu'il ne puisse émettre un geste de fuite, et il fut posé en travers d'une épaule solide, tête vers le bas. Il entendit plus loin l'autre kidnappeur faire de même avec son prisonnier qui geignait de peur.

- Lâchez-moi ! Trouva-t-il le courage de dire en gesticulant. Laissez-moi partir !

En lui asséna une claque sur les fesses, comme à un enfant désobéissant, avant d'être violemment jeter au sol près du feu de camp. Il pensait qu'il allait rester sagement là ? Sans attendre, prenant un souffle, il balança violement ses deux pieds joints dans l'abdomen de son assaillant qui sembla plus reculer de surprise que de douleur. Déséquilibré, il recula légèrement, assez pour qu'Harry puisse bondir sur ses jambes flageolantes. Il ne savait pas où il trouvait encore de l'énergie, mais à croire que la peur était un bon moteur.

Sans demander son reste, regardant rapidement autour de lui, il s'élança entre deux tentes qui ouvraient une voie vers le désert. Il préférait la douleur et l'incertitude des montagnes de sable que de rester avec ces inconnus, ces assassins. Il sentait ses membres ankylosés par la chevauchée et puisa dans ses dernières forces. Partout des gens encapuchonnés, tel des ombres meurtrières, tendaient leurs mains pour le saisir. Mais il entendait surtout leur rire à chaque dérobade, comme s'ils s'amusaient, comme s'ils aimaient voir leur proie se débattre et fuir. Courant aussi vite que possible, il allait enfin parvenir à s'éloigner du camp lorsque son kidnappeur apparut soudainement devant lui. Ce fut comme s'il s'était téléporté, à un moment derrière lui, et au suivant sur sa trajectoire. Pilant net, Harry regarda frénétiquement autour de lui et remarqua qu'ils l'avaient subtilement encerclés. Toutes ces silhouettes qui l'entouraient semblaient étudier, méticuleusement, ses moindres gestes et presque l'encourager à continuer sa vaine fuite. Il frissonna alors qu'ils avançaient lentement, comme flottant, tel un piège se refermant sur lui.

Avisant ses options, son cœur prêt à sortir de sa poitrine, Harry fixa les étendues de sables au loin, les ombres qui le bloquait, et avec l'énergie du désespoir fonça vers elles. Il les vit se préparer à le recevoir, mais au dernier moment, il contourna par la droite pour éviter une paire de mains et se faufila habilement entre deux silhouettes. Ne s'attendant visiblement pas à cette feinte, il sentit des doigts frôler son bras, alors qu'il esquivait une nouvelle fois ses attaquants telle une anguille. Seulement, il avait oublié leur vitesse surhumaine dont ils avaient fait preuve. La vitesse et la force. Moins d'une seconde plus tard, il sentit une main agripper ses cheveux et le tirer vers l'arrière, alors qu'un bras se refermait sur sa gorge, lui coupant le souffle pendant qu'il continuait à ruer en tous sens. Le manque d'oxygène ne prit pas longtemps à se faire ressentir et, comme dans un brouillard confus, il se sentit repartir vers l'arrière. Un voile noir s'abattit quelques secondes sur lui. Lorsqu'il reprit légèrement ses esprits, il se vit être ramener lentement vers le camp, ses pieds sans force raclant le sol et soulevant la poussière. Il se rendit alors compte qu'il gémissait pitoyablement comme un animal blessé. Mais c'était exactement ce qu'il était, blessé, apeuré et aux abois. Que se passait-il ? Comment tout cela avait-il pu se produire ?

- Mayi, Naka. Rach'iko.

Harry reconnu immédiatement la voix sombre du cavalier qui l'avait enlevé. Il gémit, espérant qu'il comprenne sa reddition informulée. Il était, pour l'instant, trop épuisé pour continuer la lutte. Il avait raté sa chance. Il le sentait. Il lui fallait à présent recouvrer un minimum de force et de lucidité avant de tenter de nouveau quoi que ce soit. Hochant la tête, comme s'il avait compris, son bourreau relâcha son cou et le saisit par la taille, le redressant tout en l'aidant d'une main ferme à tenir sur ses deux jambes. Était-ce une secte ? Un réseau de traite d'êtres humains ? Il trembla d'effroi à cette seule idée.

- Laissez... moi... partir... Ayez pitié... Hoqueta-t-il, la gorge sèche.

- Mayi, Naka. Fut la seule réponse.

- Je ne dirais rien ! Je n'ai même pas vu vos visages ! Je ne dirais rien !

Sans répondre, son agresseur lui l'agrippa plus fermement et le balança sur son épaule, mettant ainsi clairement fin à la discussion. Ils ne tardèrent pas à revenir au camp, où il fut déposé sans ménagement à sa place initiale. Harry attendit qu'il s'éloigne, de recouvrer un souffle dans l'attente d'une attaque qui ne vint pas, se faisant le plus docile possible, avant de difficilement se redresser en position semi assisse. Ses yeux fouillaient frénétiquement autour de lui, et il se débattit de nouveau lorsqu'on vint nouer ses deux mains entre elles avec une lourde corde. En vain. Au contraire, il capta le petit rire amusé de son ravisseur qui se dépêcha d'attacher ses pieds avant de s'éloigner vers ses pairs. Observant ses attaches, il tira à s'en faire mal aux articulations, les amena à sa bouche pour les forcer avec ses dents, avant d'abandonner lorsqu'ils se révélèrent trop solide. Il fouilla les alentours de plus en plus sombres du regard, et avisa le groupe d'hommes réunis devant le feu sous le soleil presque entièrement couché. Une fine ligne de lumière à l'horizon, et le feu qui craquait tout proche, était ses seules sources de clarté.

- Djamo Ita, Naka, lui dit une voix calme à ses côtés.

Harry se retourna violemment et remarqua enfin la présence de cinq autres personnes, silencieuses et ligotés, derrière lui. Il reconnut l'homme qui avait été capturé avec lui, et qui semblait être celui qui lui avait adressé la parole, ainsi que deux autres hommes et femmes. Ils étaient tous habillé d'un ensemble qui semblait être fait de peaux de bêtes, caché sous un takakat et un chèche, ainsi qu'une paire de sandale. Il allait répondre qu'il ne comprenait pas leur étrange dialecte lorsqu'ils reculèrent en retenant leur souffle tout en fixant une ombre derrière lui. Se retournant d'un seul geste, Harry resta bouche bée face aux yeux rouge sang qui le fixait en retour.

C'était une femme, il pouvait distinguer sa généreuse poitrine sous le takakat, et les traits fins de son visage, et son sourire aimable et dérangeant ne pouvait le tromper. Elle était dangereuse comme ses compagnons. Mais ce qui le glaça resta son regard. Jamais il n'avait été confronté à de telles pupilles. Était-ce des lentilles ? Cela ne pouvait être que ça se convint-il. Car sinon… Qu'étaient-ils censés être au juste ? Il allait ouvrir la bouche pour parler lorsqu'elle le prit de court en saisissant sa tête des deux mains, le serrant fort. Un petit cri lui échappa et il se débattit pour échapper à l'emprise lorsqu'une violente douleur éclata dans son cerveau. Fermant les yeux, il avait l'impression de voir des flammes danser sous ses rétines, comme si quelqu'un tentait de pénétrer son esprit avec un pied de biche chauffer à blanc. Un hurlement le parvint à retardement, et il comprit que c'était le sien. Mais aussi rapidement qu'avait été l'attaque, elle cessa. L'inconnue le relâcha, esquissant un autre sourire mystérieux, avant de se détourner. Affalé de tout son long au sol, il respirait à grandes goulées d'air, les yeux clos. Il avait l'impression qu'on venait de violer ses pensées. Et il était en miettes.

- Doucement, respire, doucement, lui parvint une voix au-dessus de lui. Ça va passer.

Il tenta d'ouvrir les yeux de surprise pour aviser qui était celui qui parlait enfin sa langue, mais la faible lumière du camp sembla comme griller son cerveau, et il referma sagement les paupières dans un gémissement.

- Chut, petit. Ça va aller, ne t'inquiète pas.

Il sentit qu'on lui soulevait la tête pour qu'il repose sur des genoux au lieu du sol. Il remercia son bon samaritain, peu importe qui il était, d'une voix rauque d'avoir crié.

- Je n'aime pas être aussi près de Nardor, dit une voix rocailleuse plus loin, nous ne devrions pas rester.

- C'est juste pour une nuit, Tilo. Nous ferons des tours de gardes.

- Qui est-ce ? Chuchota-t-il en percevant la réponse dite par une voix féminine, surement celle qui lui avait fait cadeau de ce mal de tête. Qui est la femme ?

Il y eut un petit silence avant qu'il ne sente quelqu'un se pencher vers lui pour lui chuchoter à l'oreille.

- Elle est Tsahik, Grande sorcière. Elle t'a fait don de la langue pour que tu puisses obéir et combattre.

Comment se faisait-il que toutes les réponses qu'il obtenait apportaient plus de questions ? Une sorcière ? Vraiment ? La magie n'existait pas, voulut-il répliquer alors que son mal de crâne gagnait en intensité. Et comment ça, elle voulait qu'il combatte ? Pourtant ils ne semblaient pas avoir appréciés sa combativité dans sa fuite. Il ne comprenait plus rien. Et son esprit malmené n'aidait pas. Il se sentit plus s'évanouir que s'endormir après ces quelques échanges, et il accueillit les ténèbres avec plaisir.

Ce ne fut pas les rayons brulants du soleil qui le réveilla le lendemain, mais plutôt l'eau qui se déversait brusquement dans sa gorge manquant de l'étouffer. Ouvrant brusquement les yeux, Harry croisa le regard rieur d'un des kidnappeurs qui semblait vouloir le forcer à boire. La seule sensation de l'eau réveilla sa soif et, sans même penser à se débattre, il attira à lui de ses mains ligotés la gourde d'eau pour boire le plus possible. Il eut le temps de boire au point de sentir l'eau pesait lourdement et plaisamment dans son estomac avant qu'elle ne lui soit retirer. Toussant, il se redressa et remarqua qu'au cours de la nuit, on l'avait trainé à l'intérieur d'une des tentes avec les autres prisonniers. Il remarqua tout de suite qu'il ne portait plus son manteau à la taille, et son écharpe autour de la tête. Il reçut au même instant d'autres vêtements dans la tête avant que leur geôlier ne s'en aille.

- Dépêche-toi de t'habiller et viens manger. Lui dit une voix d'homme à ses côtés. On ne va pas tarder à reprendre la route.

Se tournant, il remarqua ses autres compagnons d'infortunes, les trois hommes et les deux femmes. Regardant rapidement le takakat et le chèche, il tenta de les enfiler le mieux possible et s'approcha des autres. Ses muscles crièrent à ses premiers mouvements, lui rappelant sa fuite dans le désert, et sa débâcle avec ses agresseurs. Au moins, son crâne ne voulait plus s'ouvrir en deux.

- Euh... Bonjour... ? Demanda-t-il maladroitement.

- Salut, petit, dit un homme bien bâti avec un énorme bleu sur la joue qu'il reconnut comme l'homme fuyant qu'il avait rencontré dans le désert. Je suis désolé de t'avoir embarqué dans ma galère.

- Quel galère ? Ou sommes-nous ? Qu'est-ce que ça signifie ?

Il y eut un silence et les prisonniers se regardèrent entre eux, semblant mal à l'aise et abattus, avant de revenir à lui.

- Je me nomme Abel, reprit l'homme. Tu es dans le Désert de Narbor, et... Par ma faute, tu as été capturé par des Raffleurs.

- Des Raffleurs ?

- D'où tu viens, humain ? Intervint une des femmes. Pour ne même pas connaitre ce qu'est un Raffleur !

Harry reporta son attention sur elle et fut surpris lorsqu'il avisa ses oreilles au bout pointue. Elle dépassait de ses longs cheveux blonds et filandreux, et semblait bouger en tous sens comme pour capter les bruits alentours. Il cligna des paupières en maudissant son cerveau si lent. Il ne comprenait plus rien.

- Nous allons être vendus, petit, continua Abel. De ce que j'ai cru comprendre, pour l'arène de Cina.

- Tu leur a offert un sacré spectacle ! Intervint un autre homme, plus petit avec des tatouages le long des bras. Tu peux être sûr qu'ils prendront soin de toi jusqu'à ce que tu combattes. Et après, ils pourront déguster ce qu'il restera de toi. Ces vampires aiment encore plus le sang lorsqu'il est échauffé...

Un frisson général parcouru l'assemblée. Et Harry était d'autant plus troublé qu'il ne comprenait rien. Il secoua la tête avec énergie, comme si cela pouvait l'aider à effacer sa situation actuelle.

- Dépêche-toi de manger ! Le pressa Abel. Ils ne vont pas tarder à reprendre la marche.

- Attends ! Attends ! Je ne comprends pas ! C'est quoi ces histoires de Raffleurs, et de combats ? D'arènes ? De... De vampires ?

- Oui, des vampires ! L'invectiva la femme aux longues oreilles, semblant trouver sa lenteur d'esprit exaspérante. Et moi je suis une elfe ! D'où viens-tu par les Dieux ?!

Sa tête lui tourna et il dut se retenir de toutes ses forces de tourner de l'œil. Il ne se débattit même pas lorsque que l'autre femme de leur groupe, silencieuse, lui arrangea gentiment ses vêtements. Il tenta de croiser son regard bienveillant, et fit face à des yeux entièrement blancs, pourtant il devinait les pupilles et iris blancs qui le « voyaient » et suivaient chacun de ses gestes. Harry recula violement en retenant un cri d'effroi. Était-elle aveugle ? Elle fit comme une moue comme blessée de son rejet.

- Du calme, dit un autre des hommes de leur groupe, c'est une nymphe. Ce sont des êtres doux et pacifiques. Elle aura certainement une fin bien plus dure que la nôtre...

La... Nymphe... sembla se recroquevillée sur elle-même à ces mots. Harry n'en croyait pas ses oreilles. Vampires, nymphes... Et sorcière ! Tout cela était impossible ! Il était entouré de fous ! Et il allait mourir au cours d'un… jeu de rôle absurde ? N'est-ce pas ? Ces pensées tournaient encore et encore dans sa tête alors qu'il se recroquevillait sur lui-même.

- Ou suis-je ? Souffla Harry en personne en particulier. Je... Je ne suis...

Il allait dire "plus sur Terre ?" mais avait peur que cette question rende les évènements encore plus réels. Il se sentit suffoquer de panique, ses membres trembler de manière incontrôlable, tandis qu'il se gelait sur place. ! C'était les prémices d'une belle crise de panique.

- Chut, petit, Lui souffla Abel en le prenant dans ses bras sans rencontrer de résistance. Quel âge as-tu ? On dirait un enfant. Chut, calme-toi.

Harry sentit les larmes couler sur ses joues sans qu'il n'arrive à les en empêcher. Il ne comprenait plus rien. Et il avait du mal à assimiler, à croire, à ce qui lui arrivait.

- Du calme, lui dit la femme elfe, semblant s'adoucir car touchée malgré elle par sa détresse. Tiens mange !

Et elle lui fourra sans douceur ce qui semblait être du pain dur et moisi dans la bouche. Il s'étouffa presque en s'éloignant de l'étreinte d'Abel pour recracher son "repas".

- Ne gaspille pas ! Mange, dit un des hommes en reprenant les restes recrachés pour les mettre dans sa propre bouche et avaler. Nous n'aurons rien de toute la durée de la chevauchée. Et tu auras besoin de force. Mange, petit.

- Non... Expliquez-moi d'abord... Expliquez-moi s'il vous plait... Supplia Harry.

Ils eurent un échange de regard silencieux. Semblant eux aussi confus face à lui.

- Je sais que c'est dur, petit, repris Abel, mais faut te reprendre. Où est passé ta belle combativité d'hier soir ?

- Sommes-nous encore sur Terre ? Opposa-t-il.

Un autre échange de regard, interloqué cette fois-ci.

- Terre ? Répéta l'elfe. Qu'est-ce que c'est ça la Terre ?

Harry sentit un gouffre s'ouvrir sous ses pieds à cette réponse sincère. Pourtant il ne pouvait se résoudre à accepter cette vérité. Ou il tournerait fou.

- Vous me faites une blague c'est ça ? Rugit-il. C'est impossible...

- Qu'appelles-tu la Terre ? Intervint pour la première fois la nymphe, intriguée.

- La Terre ! La planète ou on vit ! La Terre, dans le Surrey, c'est là où j'habite !

- Euh... Hésita Abel en regardant ses comparses. Nous ne sommes pas sur... Terre... Nous sommes sur Eluym. Dans le désert de Nordor... En route pour se faire vendre comme combattant dans l'arène de Cina... Si on est chanceux... Désolé, petit.

Il dut s'évanouir à cet instant précis car quand il reprit connaissance, ce fut dans un sursaut, tête vers le bas, en travers d'un cheval qui galopait il ne savait vers où. Perdu, effrayé, il ne contrôla rien et se mit à se débattre, forçant le cavalier et freiner sa monture. La cavalcade des autres montures qu'il percevait sembla aussi s'arrêter sous le hennissement sauvage des chevaux.

- Qu'est-ce que tu fous, Tilo ? Gronda une voix au-devant. On n'a pas de temps à perdre !

- C'est encore ce petit emmerdeur qui fait des siennes...

- Dépêche-toi de le calmer ! On doit reprendre la route ! Il ne fait pas bon de déranger trop longtemps les habitants du Nordor…

Harry, n'écoutant que d'une oreille, gigotait en tous sens pour tenter de tomber de cheval lorsque d'un coup, la douleur, puis son esprit fut envahi de ténèbres.

Il s'était fait assommer. Il ne savait pas comment il le savait mais il le savait. Peut-être était-ce le nouveau décor qui lui faisait face qui lui apportait cette certitude. Des milliers de bougies éclairaient une vaste pièce qui semblait faite de marbre blanc. Entouré de colonnes où poussait des plantes grimpantes qui parfumaient l'air, en plus des divers encens qu'il voyait se consumer aux quatre coins. Au milieu, un immense bassin d'eau clair, où l'eau s'écoulait d'une petite fontaine en forme de femme tenant une cruche, rendait la scène plus qu'irréelle.

- Ou suis-je encore ? Murmura Harry de désespoir.

Ses quelques mots provoquèrent un changement immédiat dans l'air, et comme au ralenti, il observa les remous de l'eau s'amplifier. Jaillissant brusquement du milieu du bassin, une silhouette s'éleva de dos en le faisant sursauter. C'était un homme, les épaules fortes et carrés, la carrure large sur un bassin étroit et des fesses fermes, ne laissait aucun doute. Hébété, Harry fixa les muscles du dos qui jouait à chaque mouvement, et les longs cheveux qui cascadaient jusqu'au bas des reins furent rejetés sur le côté par une main impatiente. Les gouttelettes d'eau dévoilaient un corps ou quelques cicatrices étaient disséminés sur une peau claire, et dans le creux des côtes une sorte de tatouage complexe reposait, et qu'Harry peinait à distinguer. Lentement, l'inconnu tourna le visage vers lui, mais il eut beau plisser les yeux, ses traits restèrent flous pour son esprit embrumé.

- Qui es-tu ? Lui parvint une voix grave qui semblait rouler et se répercuter dans toute la pièce.

Lentement, l'homme se retourna aux trois quarts, laissant à sa vue ses bras musclés, son ventre plat, et le début des muscles des hanches qui disparaissaient sous l'eau. Remontant son regard, Harry fut stupéfait par le profond regard violet qui le captura immédiatement. Il resta tout aussi figé que son homologue qui le regardait, expectatif.

- Un humain, gronda la voix grave de l'inconnu avec dédain.

Et sans le connaitre, Harry sut qu'il détesterait cet homme onirique.

Ce qui l'éveilla en sursaut fut l'odeur mélangé de chair brûler, de sang, et de pourriture qui le prit à la gorge. Ouvrant les yeux en grands, il respira fort sous les gémissements, respirations rapides, pleurs et autres raclements de gorge alentour. Il était dans une grande pièce où des millions de cages étaient entreposés. Partout, des formes rabougries semblaient souffrir au fin fond de leur prison. Dans une demi-conscience, il entendit le bruit d'une porte rouillée s'ouvrir. Se redressant sur ce qui lui semblait être de la paille, Harry sentit enfin l'énorme anneau glacé refermé sur sa fine cheville droite. C'était une longue chaine en fer forgé relié au mur derrière sa cage. La fuite n'était plus une option. Totalement déstabilisé, il mit un moment avant de remarquer l'ombre qui se tenait maintenant face à sa grille. Il cligna maladroitement des yeux face à la femme, la très belle femme, le visage découvert, qui se tenait devant lui. Elle était habillée comme les chevaliers des temps anciens. Avec ses grandes bottes marrons, son chemisier blanc et son pantalon cintré. Et son regard accrocha l'espace d'un instant le crochet qui pendait à la place de main droite. Un peu comme le capitaine Crochet dans Peter Pan.

- Il est assez hargneux ! Il a bien essayé de s'enfuir plusieurs fois. Heureusement que nous sommes des professionnels. Se vanta l'ombre qui surgit de derrière et qu'il avait appris à reconnaitre comme étant Tilo. Surveillez-le bien, Miley, ce serait dommage de perdre cette pièce de choix. Il vaudra son prix dans l'arène, vous pouvez me croire !

- C'est ce que nous verrons. Répondit froidement la « Miley » avant de se pencher vers lui, charmeuse. Ne t'en fais pas. Je vais faire de toi le clou du spectacle. Ma pièce maitresse, mon tout beau !

Sans attendre de réponse, ils s'éloignèrent, disparaissant dans l'ombre d'une autre pièce, tandis qu'Harry se collait au fond de sa cage, le cœur battant de peur. Fouillant autour de lui, il se rendit compte qu'il n'avait malheureusement pas rêvé - ou cauchemardé - il n'était pas de retour chez lui. Auprès de cette famille qui le détestait mais qu'il aurait préféré retrouver. Il n'était pas revenu... sur sa Terre. Au lieu de ça, il y avait toujours plusieurs cages autour de sa propre prison et, dans un frisson, il remarqua que certaines enfermaient des êtres humanoïdes à l'intérieur. Blessés, apeurés, agressifs, tels des bêtes, ils étaient tous enfermés et désillusionnés.

S'enroulant sur lui-même, Harry sentit enfin venir les larmes et ne les refoula pas. Il pleura pour lui, pour ses rêves gâchés, pour Hermione, pour tous ses nouveaux compagnons de misère... Et enfin… Il pleura la perte de son monde.

A SUIVRE.

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