Chapitre 2 :
Puck sentis une vibration brève et légère dans la poche de son jean. Il lâcha alors la main de Santana pour regarder et afficha un air surpris. Il commençait à répondre lorsque la latine lui demanda :
"-Qui est-ce ?
-Quinn, répondit le jeune homme, lui adressant un regard perplexe.
-Qu'est-ce que Fabray peut avoir à te demander ? Je croyais que vous ne vous parliez plus." Lança Santana à son petit ami.
"-Je croyais aussi. Mais elle semble avoir besoin d'aide. Ça te dérange si on remet notre soirée à plus tard ?
-Non."
Le rockeur fut déconcerté par la réponse qu'il venait d'entendre. Il souria et embrassa tendrement la jeune fille, lui promettant de se rattraper le plus vite possible. Santana acquiessa, se leva et prit congé. En réalité, le message de Quinn tombait à pic. Depuis quelques temps, elle ne savait plus trop où elle en était, et cette annulation de dernière minute allait lui permettre de réfléchir. Elle prit place dans sa voiture, mit le contact et alluma l'autoradio. Elle se dit alors qu'une petite balade l'aiderait à se remettre les idées en place. Si la latine ressentait un tel besoin, c'est parce que depuis quelques mois, tout un tas de questions tournaient et retournaient à l'intérieur de son crâne. Suis-je normale ? Pourquoi est-ce que je ressens ça ? Puck est-il celui qu'il me faut ? Pourquoi ai-je l'impression qu'il manque quelque chose dans notre relation ? Faut-il que j'en parle à quelqu'un ? Suis-je la seule ? Non, elle n'était pas la seule, puisque Quinn et Rachel sortaient ensemble et qu'elles affichaient clairement leur relation. Pour Santana, il s'agissait là d'une évidence. Depuis que ses amies avaient officialisé leur liaison, elle remettait en doute sa propre sexualité. Elle avait toujours eu des relations dîtes normales, mais avec le temps, elle sentait que cela lui convenait de moins en moins. Il fallait qu'elle en ait le coeur net. Et Santana connaissait une personne en particulier qui pourrait l'aider à résoudre son problème.
Elle décida de garer sa voiture sur le côté pour passer un coup de fil. Au bout de quelques minutes, la conversation prit fin. La latina remit le moteur en marche, parcouru quelques kilomètres jusqu'à se retrouver dans une banlieue résidentielle, tout ce qu'il existe de plus paisible. Le soleil terminait sa course quotidienne et était sur le point de disparaître derrière l'horizon. Les beaux jours étaient de retour. Santana s'arrêta devant une maison bleue, sortis, s'avança jusqu'au porche et appuya sur la sonette. Elle patienta, une légère boule au ventre. La porte d'entrée s'ouvrit laissant apparaître une grande et mince blonde pétillante, une queue de cheval parfaite, et un sourire capable de remonter le moral à un cancéreux en phase terminale. La brune lui rendit timidement son sourire :
"-San ! Je suis contente que tu sois là, s'exclama Brittany. Je jouais à cache-cache avec Lord Tubbington mais je n'arrive pas à le trouver. Tu viens m'aider ?
-Britt..., commença la brune d'un ton las, il faut que je te parle d'un truc." Elle n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit que la blonde l'avait attrapée par le bras et l'emmena dans la chambre.
"-Moi aussi, dit-elle. La semaine dernière j'ai surpris Lord Tubbington en train de fumer. Il est devenu ingérable.
-Britt ! siffla Santana. C'est important. Écoute-moi s'il te plaît." Brittany s'assit sur son lit et invita la brunette à la rejoindre d'un geste de la paume avant de la prendre dans ses bras.
"-Qu'y a-t-il ? interrogea la blonde ? Je te connais, et quand tu prends cet air sérieux, c'est que quelque chose te tracasse.
-Je n'arrive pas très bien à remettre de l'ordre dans mes pensées. C'est personnel. Promet-moi de n'en parler à personne." La blonde jura, sous le regard concentré de son amie. "Tu as toujours raconté que tu avais embrassé presque tout le monde au lycée, les garçons, les filles. Comment c'est ?" Santana avait ce ton qui trahissait une peur si ce n'était un abattement moral. Pourtant, cette fois-ci, au travers de sa question avait pris place une teinte d'innocence inhabituelle. Elle se redressa pour faire face à sa camarade.
"- Je peux te montrer si tu veux." La blonde était à ce point candide qu'il était impossible de douter de sa sincérité. Elle ne semblait pas voir les mauvais côtés qui pouvaient transparaître d'une personne à l'autre. Elle se contentait de ce qu'elle voyait de bon en eux sans se soucier de ce qu'on pourrait en penser. Ce trait de caractère avait quelque chose de rassurant, et cela permit à Santana de se détendre un tant soit peu. Elle baissa le regard, mais Brittany lui releva le menton. "Ça ne me dérange pas tu sais ?" chuchota la blondinette en approchant son visage de la brune. À présent, leurs lèvres se touchaient presque. Santana sentie une chaleur, étrangement agréable, lui parcourir chaque parcelle du corps. Une vague d'excitation la traversa de part et d'autre et lorsque la bouche de Brittany se connecta à la sienne, elle comprit. Elle aimait les femmes comme elle n'aimerait jamais les hommes.
La blonde fit basculer la brunette en un mouvement, de manière à se retrouver entre ses jambes, jambes que Santana resserra instantanément. L'étreinte se fit plus forte, les gestes plus assurés. Les mains passèrent sous les vêtements qui ne tardèrent pas à disparaître, les doigts se baladèrent, les muscles se contractèrent, leurs respirations se firent plus fortes. La latine n'en pouvait plus, elle désirait plus, tellement plus et chérissait le fait que sa coéquipière soit la première à le lui donner. La blonde profita de cet échange pour caresser plus intensément son amie, qui dans un gémissement, lui assura que jamais elle n'avait connu pareil plaisir.
Elles se lâchèrent l'une l'autre et s'écroulèrent sur le lit, la respiration haletante. Santana souriait. Elle n'en pouvait plus. Brittany passa une main dans ses cheveux noirs, et d'un ton chaleureux, elle dit :
"-Je crois bien que tes idées se sont remises en place.
-Je crois bien, oui, approuva Santana. Malheureusement, je ne peux pas passer le reste de la nuit avec toi. J'ai promis à mes parents de ne pas rentrer trop tard et il est déjà vingt-deux heures.
-Ce n'est pas grave, garantis la blonde. Je dormirai avec Lord Tubbington, je crois qu'il est enfin sortis de sa cachette."
La brunette se mis à rire. Décidément, son amie était surprenante. Elle se leva, s'habilla à la hâte, remercia son hôte avec un baiser furtif puis s'en alla. Santana savait maintenant qu'elle préférait les femmes, même s'il faudrait surement avoir de nouvelles expériences. Mais un autre problème se posait à elle. Sa relation avec Puck. La cheerleader prit conscience qu'elle venait d'être infidèle à son petit ami et qu'elle ferait mieux de taire ce sujet lorsqu'elle déciderait de rompre avec lui.
Une dizaine de jours s'étaient écoulés depuis que Santana avait testé la rive gauche. Et manifestement, cette nuit-là refusait de s'évaporer de son esprit. La chaleur, le désir, l'envie, l'attirance, les émotions revenaient sans cesse quand la brune croisait le regard de Brittany, celle-ci lui adressant constamment des séries de sourires tous plus étincelants les uns que les autres. La cheerleader n'en pouvait plus. Rompre avec Noah s'avérait inévitable. Avant la fin de la journée, tout serait réglé. Elle claqua la porte de son casier dans un bruit sourd, mis son sac sur ses épaules et se dirigea vers sa salle de classe.
L'après-midi touchait enfin à sa fin lorsque Santana trouva Puckerman. Elle s'approcha et lorsque celui-ci se pencha légèrement en avant pour l'embrasser, la brune eut un mouvement de recul, à peine perceptible :
"-Qu'y a-til ? lanca le jeune homme.
-J'ai besoin de te parler."annonça la chanteuse. Son ami arqua un sourcil, preuve de sa surprise, qu'il tenta tant bien que mal de dissimuler. "Je préfère qu'on en reste là" ajouta fermement la jeune femme.
Dans sa stupéfaction, le footballeur ne sut quoi répondre. L'annonce était laconique, incisive et dure. La latine émit quelques paroles d'excuses avant de se retourner et de prendre la fuite.
"-Santana ! hurla le rockeur. Santana ! Donne moi au moins une explication !" Mais la jeune fille ne se retourna pas et continua sa marche. Des larmes perlaient sur son visage. Elle n'arrivait pas à savoir s'il s'agissait là de tristesse pour avoir fait souffrir un ami, ou la honte d'être différente.
Arrivée à sa voiture, elle fouilla son sac pour en sortir son téléphone. Elle consulta le répertoire et envoya un message.
#Britt, j'ai besoin de toi.#
