Chapitre trois :
Maintenant que Quinn était de nouveau célibataire, elle pensait pouvoir se concentrer sur ces études. Il lui restait un peu plus d'un an dans ce lycée, mais elle avait pris du retard dans son travail, et un peu de concentration lui ferait le plus grand bien. La moitié du mois de mars s'était écoulée, et même si aucun examen n'était prévu cette année, pour la cheerleader, il était temps de s'y mettre. De plus, cela l'obligerait à se sortir Rachel de la tête. Leur rupture était récente, et selon la jeune fille, les premières vingt-quatre heures étaient les plus douloureuses. Après, la souffrance s'estomperait petit à petit et enfin, elle passerait à autre chose. Si seulement l'hisoire en avait décidé ainsi, tout aurait été plus simple.
Comme à l'accoutumée, les élèves se dispersaient lorsque Quinn Fabray traversait les couloirs. Malgré son coming out, l'adolescente restait la reine de McKinley. Impeccablement coiffée, fièrement vêtu de son uniforme de cheerleader, ses livres de cours à la main, une démarche assurée, un regard droit remplis d'aplomb et d'audace, rien ni personne ne lui résistait.
Rachel Berry se tenait face au miroir de sa salle de bain. Ses yeux bouffis et et les cernes qui en faisaient presque le tour révélaient un manque de sommeil évident. Elle posa ses mains sur le rebord du lavabo et essaya aussi fort qu'elle pouvait de relever la tête. Mais rien à faire, la culpabilité était trop intense et l'image d'elle que lui renvoyait la glace la dégoutait plus qu'autre chose. Durant toute sa vie, elle avait suivi tout un panel de principes dont elle n'avait eut de cesse de se vanter : sa loyauté envers ses amis, sa fidélité envers Quinn, son honnêteté, pour ne citer que quelques exemples. Malheureusement, aujourd'hui, tout cela était révolu. Tout ce qu'elle ressentait n'était que déplaisance, faiblesse et honte. Elle ne se reconnaissait plus. Pourquoi diable avait-elle cédé aux avances de Finn ? Pourquoi n'avait-elle pas pris la fuite après leur baiser ? Pourquoi était-elle restée ? Toutes ces questions s'entremêlaient les unes aux autres dans son esprit, lui prodiguant de nouveaux maux de crâne. Elle alluma le robinet, passa ses mains sous l'eau froide avant de s'asperger le visage, espérant naïvement soulager son élancement. Son amour pour Quinn était si puissant, qu'elle pensait ne jamais se remettre de leur séparation. Elle avait conscience que la situation actuelle résultait de ses propres erreurs, mais elle ne pouvait se résigner à oublier. Quinn était sienne et peu importe le temps et les moyens qu'il lui faudrait, elle la reconquérrait.
Une fois sur le parking du lycée, la diva hésita un instant à sortir. L'idée de retourner chez elle et de se blottir sous sa couette en regardant Funny Girl, un pot de crème glacée à la main la séduisit. Cependant, elle devait assumer ses fautes, c'était la première des choses à faire si elle voulait regagner le coeur de sa belle. Dans un élan sorti de nulle part, la brunette attrapa son sac de cours, claqua la portière de sa voiture et se mit à chercher la cheerleader. Elle devait se dépêcher, pour deux raisons. La première étant que son soudain courage pouvait la quitter d'une minute à l'autre et la seconde, que les cours étaient sur le point de commencer.
La brune entra dans l'allée principale du bâtiment, et, à peine eut-elle fait quelques pas, qu'une vague de froid s'abatit sur elle, la figeant sur place :
"-Avec les compliments de l'équipe de hoquey !" ricana un des joueurs, tout en s'éloignant, fier de son geste. Les moqueries de ses acolytes raisonnaient.
Non loin de là, une blonde avait observé toute la scène. Elle s'approcha de la victime, un mouchoir à la main :
"-Viens. On va t'enlever tout ce slushi. Ça va très vite coller sinon." annonça la jeune femme, en prenant Rachel par le bras, la trainant vers les toilettes.
La chanteuse essayait du mieux qu'elle pût de se débarrasser du liquide poisseux, s'efforçant de tout son être de ne pas regarder la sportive qui, de son côté, ne la quittait pas des yeux :
"-Je suis désolée, lança-t-elle.
-Tu n'as pas à l'être, répondit la brunette. Je fais partie des loosers, c'est mon destin." Un rire nerveux lui échappa. Ce genre d'évènement était quasiment devenu un rituel. "J'ai toujours ce qu'il faut avec moi". Elle sortit un haut de rechange de son sac et se retourna vers la cheerleader. "Comme nous ne sommes plus ensemble..." commença-t-elle.
"-Ho oui. Excuse moi" Quinn fit un demi-tour sur elle-même.
"-C'est moi qui suis désolée" renchérie alors Rachel. Elle venait de revêtir son vêtement. "Je t'aime encore tu sais ?"
"-Je sais." assura la blonde, faisant de nouveau face à son amie. "Et pour être totalement honnête, moi aussi."
Un silence gêné s'installa. Toujours dans un esprit de reconquête, la jeune fille s'approcha de celle qu'elle désirait :
"-Peut-être avons-nous besoin d'une autre chance. Je ne supporte pas de te savoir loin de moi. C'est inhumain de te voir ainsi dans les couloirs sans pouvoir être là, sans pouvoir te toucher, ni t'embrasser, je...
-C'est dur pour moi aussi" la coupa son interlocutrice. "Mais je n'arrive pas à oublier".
Rachel mit quelques seconde à répondre :
-Je ferai ce qu'il faut. Tu es forte Q. Notre couple est te laisserai le temps qu'il faudra pour me pardonner. Je sais que tu en es capable." Elle réduisait dangereusement la distance qui les séparait. "Rappelles-toi de tout ce que nous avons traversé en dix mois, de tout ce qu'il a fallu assumer." Elle n'était maintenant plus qu'a une douzaine de centimètres et sentait le souffle de son amie lui embrumer l'esprit. Elle laissa échapper un sanglot. Quinn ne put se retenir plus longtemps. En un mouvement, elle attrapa le visage de la brune et l'embrassa, le goût salé des larmes se mêlant à leur échange.
Quinn sentit l'excitation monter dans son bas-ventre. Elle parvint tout de même à se resaisir :
"-Je veux bien t'accorder une seconde chance, concéda la capitaine, mais je ne veux pas me précipiter. Je veux pouvoir te faire confiance à nouveau, je veux sentir la sincérité dans notre alliance. Je ne veux pas regretter.
-Tu ne le regretteras pas. Je te promets de faire absolument tout ce qui est en mon pouvoir pour te rendre à nouveau heureuse." La voix de Rachel était déchirée mais l'espoir venait remplacer peu à peu la tristesse que ressentait la jeune femme. Elle profita de ses paroles pour poser ses mains sur la taille de sa semblable. Elle apprécia cette tendresse un instant puis demanda, un sourire au lèvre :
"-Je peux te reconsidérer comme ma petite-amie ?
-Tu le peux." glissa la blonde à l'oreille de son amoureuse avant de l'embrasser encore et encore.
Quinn Fabray était seule, allongée sur son lit, son oreillé nonchalement posé sur son visage et ses bras le long du corps. Le cheerio semblait en pleine réflexion et émettait un grognement étouffé de temps à autre pour signaler un mécontentement. Nous étions vendredi soir, et la semaine avait été riche en émotions. Elle avait quitté Rachel, pour se rendre compte qu'elle l'aimait toujours, pour ensuite se remettre avec elle. Cependant, elle ne pouvait s'empêcher de ressasser les derniers évènements de sa vie amoureuse. Bien évidemment qu'elle voulait que son couple fonctionne. C'est ce qu'elle désirait le plus au monde, passer au-dessus de cette histoire et véritablement pardonner à sa promise. Seulement, son coeur et son cerveau étaient en perpétuel conflit au sujet de ses futurs agissements. Que faire ? Rester avec Rachel ? La quitter ? Lui pardonner ? Lui en faire baver ? Oublier ? Se venger ?
Soudain, elle se redressa, jetant le coussin au travers de la pièce. Elle agrippa la croix qu'elle avait autour du cou comme si une réponse divine allait lui tomber dessus. Elle scruta sa chambre. Des murs couleur jaune pastel, une commode en bois brut, une armoire, des peluches, des photos, des souvenirs. Ce n'était pas possible. Rien de tout cela n'était réel. Rachel ne pouvait pas lui avoir fait si mal, elles se l'étaient promis. La blonde éclata en sanglots. Elle brulait à l'intérieur. Elle n'était qu'une immense confusion entre tristesse, colère et honte. Offrir son absolution à la brune semblait s'avérer plus compliqué qu'elle ne l'aurait imaginé et cela engendrait en mal-être dont la blonde n'était pas encore sure de pouvoir dépasser.
