Chapitre 6 :

Hey, Hey, Hey ! Voici le sixième chapitre. Désolée d'avoir mis un certain temps pour le publier, mais il est légèrement plus long que les précédents et avec les examens, je n'avais pas trop le temps. Cependant, je n'abandonne pas :). Encore une fois, merci pour vos reviews, elles me font vraiment plaisir et m'encourage à continuer. J'espère que vous prendrez plaisir à lire ce nouveau chapitre.


Rachel Berry saisit les lèvres de sa petite amie avec une passion dévorante. Elle colla la blonde bouillante contre la fenêtre glaciale de sa chambre si soudainement que le choc thermique fut puissant, surprenant, l'empreinte des corps tracée par un halo de buée. Elle emprisonna la cheerleader dans une étreinte pleine de fougue, lui caressant délicatement chaque parcelle de mue visible, remontant sur ses cuisses. Elle se détacha de sa bouche pour passer sur sa mâchoire avant de terminer dans son cou, lui arrachant de nouveaux gémissements. Les cheveux détachés de la blonde lui chatouillaient le visage. Elle souriait. Elle sentait sa propre respiration devenir incontestablement haletante, irrégulière. Elle lui mordillait le lobe de l'oreille, parsemait sa peau de doux baisers tandis que la cheerio passait ses mains au travers la chevelure de la chanteuse. La brune faisait passer tout l'amour qu'elle ressentait par ses effleurements. Elle recula son visage un instant pour observer la jeune femme qu'elle avait en face d'elle et lui signifia en un regard qu'elle était prête à tout pour elle. Elle vivait littéralement pour elle, ses erreurs appartenaient au passé, et plus jamais elle ne l'obligerait à revivre les derniers événements. D'un geste attentionné, elle passa doucement ses mains sous l'uniforme de la sportive avant de le lui enlever, laissant découvrir une chaire suave, exquise, à l'odeur subtile de café. Toujours emprise d'une adresse à toute épreuve, elle frôla la poitrine qui s'offrait à elle avant de la porter à sa commissure, goûtant fiévreusement les seins. La capitaine profita de cet instant pour effacer le peu d'espace qu'il restait entre elles, serrant férocement ses bras autour de la nuque de la brunette. La diva releva alors la tête et enferma l'adolescente dans un baiser profond, emplit d'ardeur, ses doigts se dirigeant vers l'intimité tant désirée.

Pour l'une, il était question de sentiments, de tendresse, de promesses. Les émotions allant au-delà du seuil de la transcendance. Pour l'autre, ce moment n'était que le dernier venu d'une longue série de gestes préparés, répétitifs et sans âmes.

Quinn Fabray releva la tête en arrière et ferma les yeux, s'assurant silencieusement que cet acte mécanique, empreint dans une routine lassante ne s'éterniserait pas. Dans un simulacre, elle lâcha un râle, laissant présumer un orgasme. Rachel se retira presque instinctivement, persuadée du plaisir qu'elle venait d'offrir, avant d'embrasser furtivement son amie. La blonde se laissa glisser contre le mur, s'agenouillant sur le sol. Sa partenaire vint s'asseoir à ses côtés et posa sa tempe sur son épaule.

En cette mi-mai, les deux lycéennes étaient venues chez les Berry après leur journée de cours. Mais Quinn, une fois de plus, regrettait d'être là. Depuis quelques temps, quelque chose s'était brisé dans son couple, irréparable. L'osmose, jadis si intense, avait disparu. Àl'image de morceaux de verre fracassés sur sol, elle savait la situation funeste. Elle aimait toujours, mais était-elle toujours amoureuse ? Comment en était-elle arrivée là ? Elle se perdait dans ses pensées et ne sentit pas son amante entrelacer ses doigts aux siens :

« - C'est drôle, ta respiration est tout à fait normale alors que j'ai le souffle littéralement coupé, j'ai l'impression que mon cœur est sur le point d'exploser. » dit Rachel, intriguée par le manque de réaction de sa camarade.

« - Pourtant, je t'assure que moi aussi, mentit la capitaine, je suis épuisée. » Elle se força à sourire, apaisant du même coup, les craintes de sa compère.

Une vibration se fit entendre. Le portable reposant en équilibre sur un coin du bureau tomba sur la moquette, et la meneuse se leva pour le ramasser, voyant le nom de Santana s'afficher.

#Puckerman fait un petit apéro improvisé chez lui, Mike, Tina et Sam seront là, mais je ne veux pas y aller seule.#

Àcet instant, sans le savoir, la latina présentait à Quinn une échappatoire sur un plateau d'argent. La blonde décida qu'il était temps pour elle de partir, et elle se servit du message pour pouvoir le faire sans blesser la brune :

« - C'est ma mère, fabula-t-elle presque sans aucune honte, il faut que j'y aille, elle trouve que je rentre trop tard ces derniers temps. »

Rachel releva la tête, elle semblait avoir repris son souffle, mais elle était fade, comme si toute joie avait disparu de la surface de son visage. Elle fixa sa petite amie quelques secondes avant de demander :

« - Qu'y a-t-il Q ? J'ai l'impression que quelque chose ne va pas. » Le ton était monocorde, mais elle peinait à retenir ses larmes. Quinn s'en aperçu et se pencha pour l'embrasser. Àdéfaut d'être sincère, ce baiser ferait diversion.

« - Rien, ne t'inquiète pas, je vais bien. » La cheerio détourna instinctivement les yeux, preuve de sa culpabilité et consulta son téléphone.

#On se retrouve chez moi et on y va ensemble :)#

Quelques minutes plus tard, la jeune fille avait pris la fuite, sa comédie avait marché et peut-être allait-elle passer une bonne soirée loin de tout ce qui la tracassait. Elle sentit un bref frisson de soulagement parcourir tout son être à la simple idée d'une possible plénitude, éphémère ou non. Ces dernières semaines n'avaient pas été faciles. En début de mois, elle avait dépassé ces mêmes limites qu'elle imposait à Rachel en couchant avec Kelly mais n'avait pas eu autant de courage que la brunette. Elle s'était tue. Était-ce un gage de lâcheté ou d'intelligence ? Elle affirmait agir ainsi pour sauver son couple. Mais avait-elle peur d'être quittée par son aimée, ou de lui infliger cette même souffrance qu'elle-même semblait porter continuellement au travers de chacune des fibres de son entité ? Après sa grossesse, cette histoire aurait pu être dérisoire, mais les émotions étaient identiques. La tromperie, le mensonge, la honte de soi, chaque sensation lui rappelait de mauvais souvenirs.

Une fois dans son allée, l'adolescente aperçut l'auto de Santana garée devant chez elle. Elle coupa le contact, se regarda dans le rétroviseur pour y voir de la confusion mais n'y prêta pas attention. D'un geste souple, elle ébouriffa ses cheveux, attrapa son sac et sortie pour rejoindre son acolyte, la saluant d'une étreinte sincère et l'invitant à entrer. Le récent coming-out de la latine ne semblait pas l'affecter plus que de raison, du moins en apparence. Cependant, une joie familière les envahis et apaisa Quinn. Cette soirée ferait du bien à tout le monde :

« -On y va ? Lança l'hispanique en mettant son sac sur ses épaules. Ta voiture ou la mienne ? » Elle agitait son trousseau de clés sur lequel étaient accrochés un tas de pendentifs tous aussi inutiles les uns que les autres. La blonde gloussa légèrement.

« -Non, taxi, je compte bien boire un peu ce soir et je ne pense pas être capable de conduire ensuite. Et tu vas boire avec moi. » Elle inclina la tête, plissant les yeux, signifiant à son amie qu'elle n'avait pas le choix.

« - Très bien, appelle le. » La jeune femme afficha une certaine satisfaction sans réellement savoir pourquoi.

« - Non, toi appelle-le, il faut que je me change avant. » La blondinette monta les escaliers avant de les redescendre, une dizaine de minutes plus tard, vêtue d'une robe d'été rayée rouge, un gilet en coton blanc et d'une paire de bottines en cuir brun clair s'accordant parfaitement avec sa ceinture. « Je suis prête, on peut y aller ». Elle entraîna sa compère à l'extérieur, toutes ses affaires au bras et verrouilla la porte d'entrée se demandant si elle serait capable de la rouvrir une fois saoule.

Elles furent les dernières à arriver chez le rockeur. Celui-ci avait prévu quelque chose de simple mais s'était tout de même fourni un fût de bière « histoire de s'amuser un peu » comme il aimait le dire. Il était maintenant 22h et le petit groupe était dans le jardin, autour d'un verre. Les deux sportives sentaient l'alcool faire son effet. Nous étions lundi soir, et tout ceci n'était pas raisonnable, mais nous approchions de la fin de l'année, et n'ayant aucun examen à préparer, elles préféraient profiter de l'instant présent oubliant du mieux qu'elles pouvaient leurs soucis. Santana était assise sur les genoux de Quinn qui se leva, prétextant un besoin pressant. La jeune blonde se hissa sur ses deux jambes, titubant, et attrapa sa camarade par la main afin que celle-ci l'aide à marcher. Les lycéens présents les regardèrent avec perplexité, la complicité d'antan des cheerios refaisant soudainement surface. Seulement, aucun n'y accorda d'attention particulière, hormis Puck. Il connaissait Quinn et il connaissait Santana. Au vus de leurs comportements respectifs, il imaginait parfaitement ce que la latina cherchait. Depuis que Rachel avait couché avec Finn, la capitaine n'était plus la même, et elle avait beau dire à qui voulait l'entendre qu'elle avait pardonné, le footballeur savait pertinemment que c'était faux. La reine de McKinley entrait dans une spirale de déboires et l'épisode « Kelly » n'en avait annoncé que les prémices. Il se redressa, et alla rejoindre les étudiantes, espérant se tromper.

Lorsque le jeune homme ouvrit la porte de la salle de bain, il se retrouva face à l'un de ses fantasmes les plus fous. Seulement, ce n'est pas de l'excitation qui le traversa, mais bel et bien de la colère. Devant lui, il y avait Santana, assise sur un des meubles de la pièce, les jambes autour de Quinn, occupée à l'embrasser comme si rien d'autre n'avait jamais eu d'importance. Son sang ne fit qu'un tour. Sans vraiment réfléchir, il tira la plus ivre des deux par le bras et l'emmena à l'extérieur, côté rue, afin que personne n'assiste au sermon qu'il s'apprêtait à faire :

« - Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi, bordel de dieu ? » On y était, toute la rage jusque-là accumulée par le sportif était sur le point de jaillir tel un volcan en éruption. « Pourquoi tu fais ça, hein ? Pourquoi ? Tu ne te souviens pas à quel point tu as souffert du comportement de Rachel ? Tu raconte que tu lui as pardonné, mais tout ça c'est des foutaises ! » Il était rouge, ses muscles étaient crispés, on pouvait habilement deviner que si ce n'était pas de la mère de son enfant en face de lui, il l'aurait sûrement cognée. « Et avec Lopez en plus ! Elle en a rien à foutre de toi. Maintenant qu'elle a dit à tout le monde qu'elle était lesbienne, elle va vouloir toutes les mettre dans son lit, exactement comme elle le faisait avec les mecs ! » Lorsque Noah utilisait les noms de famille cela signifiait que le mépris, souvent ajouté à la rancœur, était à son apogée.

« - Je sais que je fais n'importe quoi ! » rétorqua la cheerleader, les yeux déjà boursouflés par un flot de larmes et le maquillage complètement noyé. « Mais tout va de travers en ce moment. Avec Rachel, ça va mal. » Elle sanglotait, comme si le destin l'avait rappelée à l'ordre avec un coup de masse. « Je pensais être passée au dessus, mais je n'y arrive pas. Je sais qu'elle fait des efforts, mais c'est plus fort que moi. Il va me falloir plus que deux mois pour digérer tout ça et...

- Et c'est une raison pour agir de la sorte ? » La coupa Puck, sur un ton autoritaire. « S'il y a bien une chose que j'ai apprise l'année dernière, c'est que l'infidélité peut faire très mal, et je pensais que toi aussi tu avais compris. J'ai saisi, t'as voulu te venger et tu t'es tapée cette pétasse dans les vestiaires, mais là... » Il marqua une pause. « Là, je prends le parti de mini Barbra, elle ne mérite pas ça. En tant qu'ami, je te le dis, tu vas perdre celle que t'aime pour une foutue histoire de jambes en l'air. Alors un conseil, arrête tes conneries. Si t'as besoin de parler je suis là, tu le sais, mais...

-Et bien parlons ! J'en peux plus moi. J'ai mal Puck, tu peux le comprendre ça, oui ou merde ? » Elle colla sa main contre son cœur avec une certaine fureur pour appuyer ses mots. Elle tremblait et la quantité de bière ingurgitée précédemment n'aidait pas du tout à la discussion. Elle faillit tomber sur le sol mais fut rattrapée par son ami, le contact de leurs membres semblant apaiser quelque peu la situation. « Je suis désolée, San m'a fait comprendre que je lui plaisais, et je dois avouer qu'elle a quelque chose d'hypnotisant, tu es bien placé pour le savoir » Elle gloussa légèrement, ce qui fit timidement sourire le chanteur. « Quand elle m'a embrassée, j'ai eu l'impression qu'il n'y avait pas de problème, que tout allait mieux. Je veux sauver mon couple, mais ... » Elle soupira et se colla à lui. « Au fait, continua-t-elle, pourquoi tu l'as invitée ? Je croyais que vous étiez en froid.

- Je voulais avoir une discussion avec elle, mais j'attendais le bon moment, puis elle est allée jeter un coup d'œil à tes amygdales et je n'ai pas eu le temps. » Il haussa les épaules, l'air moqueur adouci par le simple fait d'avoir Quinn dans ses bras qui en profita pour le mettre une petite tape sur le torse.

C'est à cet instant que la latina vint les rejoindre, les obligeant à se séparer l'un de l'autre. Elle passa sa main dans le dos de sa conquête, demandant si on avait besoin de son aide :

« -Je pense que ça ira. » s'empressa de dire l'adolescent avec un air sévère. « -Je vais raccompagner Q chez elle, et toi et moi, il faut qu'on parle. » Il ne laissa pas le temps à l'hispanique de réagir, surprise par sa réplique, et se dirigea vers sa voiture.

Après avoir ramené la jolie blonde, Puck retourna chez lui. Ses convives étaient sur le point de prendre congé mais Santana, elle, n'avait pas bougé. Elle s'était assise sur le divan, attendant patiemment. Plus vite aurait lieu cette conversation, mieux ce serait. Elle savait que son ancien petit ami ne la lâcherait pas sans explication valable, et si pour cela elle devait avouer l'avoir trompé, elle le ferait. Après tout, leur histoire était terminée, et sa réputation lui valait déjà le titre de reine des garces. À moins de révéler son homosexualité à tout le lycée, rien de grave n'arriverait. Une fois seuls, le rockeur vint s'installer à ses côtés :

« - Pourquoi tu ne m'as rien dit ? » Il était calme et examina la brune d'un air bizarrement compréhensif.

« - À quel sujet ? » Elle savait évidemment ce dont il voulait parler, mais elle avait besoin de l'entendre dire.

« - Tout. Ta sexualité. Quinn. Brittany...

- Qui t'a dit pour Brittany ? » Elle s'insurgea. Depuis que la danseuse avait mis fin à leurs petits jeux sous la couette, elle s'était efforcée de ne plus y penser.

- Personne. J'ai su quand tu l'as regardée à la soirée de Rachel. » Il fit un temps d'arrêt. Il lui avait fallu un certain regard sur lui-même pour dire ce qu'il s'apprêtait à dire. « Ça m'a fait de la peine que tu ne m'en parle pas. J'aurais compris si tu m'avais expliqué. »

« - On sortait ensemble. Comment voulais-tu que j'annonce à mon copain que j'allais rompre avec lui parce qu'après avoir couché avec ma meilleure amie, je m'étais aperçue être en réalité lesbienne ? » Se défendit-elle en sanglotant. Elle venait de mettre son âme à nu.

« - Je me rends bien compte que l'on ne peut plus être ensemble et je veux que tu sois heureuse. Mais tu ne peux pas sauter sur Quinn, elle est avec Rachel, et elles ont quelque chose toutes les deux. Respecte ça, s'il te plaît. » Il répondit avec une accalmie que jamais la brune ne lui avait connue. Son ami apparaissait plus mûr, plus adulte. Toutefois, elle ne put s'empêcher de rétorquer sèchement :

« - C'est toi qui me dit ça ? Alors que l'année dernière tu as mis la copine de ton meilleur ami en cloque !

- Je suis désolé, déclara le garçon, mais j'ai grandi tu sais ? Depuis Beth, j'ai grandi. J'ai compris que c'est facile de blesser l'autre, surtout lorsqu'on aime. Ne fais pas quelque chose que tu pourrais regretter plus tard.

- Aucun risque, je ne peux pas la mettre enceinte, moi ! » souligna la jeune fille de façon plus virulente qu'elle l'aurait voulu. « Maintenant, si tu veux bien, je vais rentrer chez moi, il est presque minuit, et tu m'agaces ! » Elle essuya vivement ses larmes, appela un taxi et sortit en prenant soin de claquer la porte afin de signifier son mécontentement.

La nuit fut courte. Le lendemain, chacun des invités ressassait la soirée de la veille. L'alcool avait eu raison d'eux et plus particulièrement d'elles.

Quinn traversait les couloirs de McKinley, son masque de reine des glaces bien en place quand elle se fit interpeller. Elle fit volt face, Santana l'avait rejointe :

« - Alors, tu vas bien ? Dit la jeune hispanique, presque essoufflée.

- Oui, je suppose. Pourquoi cet intérêt soudain ? » Remarqua la capitaine, tout en continuant à marcher vers son casier qu'elle ouvrit afin de récupérer quelques affaires.

« - Je me demandais juste. Je voulais savoir, après la soirée d'hier... » lança-t-elle en rigolant. La blonde ne lui adressa pas même un regard et fit mine d'être absorbée par le contenu du compartiment métallique rouge devant elle.

« - Quelle soirée ? » Rachel venait d'arriver. Elle enlaça sa petite amie par la taille en l'effleurant d'un chaste baiser et salua Santana qui ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. « Alors, de quelle soirée parliez-vous ? » Elle regarda son amie droit dans les yeux, qui s'en trouva légèrement déstabilisée :

« - Q s'est faite engueulé par sa mère hier soir parce qu'elle rentre toujours super tard. Et comme elle ne voulait pas te déranger pour presque rien, elle m'a appelée. C'est tout. » Le couple se retourna vers la latina. La jeune lycéenne venait de fournir une explication crédible, et la meneuse allait s'en contenter :

« - Voilà. Je ne voulais pas te déranger. Et au final, on a beaucoup parlé. » affirma la blondinette aussi convaincante que possible. La diva acquiesça, imperceptiblement déçue, décidant de croire à cette histoire.

La sonnerie retentit, obligeant les élèves à rejoindre leurs classes. Les deux cheerleaders devaient se rendre à leur entraînement quotidien tandis que Rachel devait répéter quelques solos pour le Glee club. Sur le chemin du gymnase, Quinn chercha à savoir pourquoi Santana, d'habitude plutôt égoïste, l'avait sortie de ce pétrin. Elle préféra répondre simplement, éclipsant totalement le discours que Noah lui avait tenu quelques heures auparavant :

« - Écoute, j'ai quelque chose à te proposer. Toi et moi, après les cours. » L'annonce était brève, concise.

Les deux jeunes femmes étaient assises l'une en face de l'autre, près d'une des grandes baies vitrées du café où elles se retrouvaient de temps en temps. La blonde avait pris un double moka avec crème, pendant que la brune savourait sa boisson frappée au caramel surmonté de chantilly :

« - Si le coach nous voyait, on se ferait virer de l'équipe pour ne pas avoir suivi son régime à la lettre. » Commença Quinn dans une gaieté devenue rare ces derniers temps. Cela fit sourire sa compère qui s'empressa d' ajouter, sur un ton plus sérieux :

« - T'es mignonne Q. » Elle se tue un instant, prenant bien soin d'observer la réaction de son interlocutrice.

« - Pardon ? » La blonde avait maintenant les yeux grands ouverts et avait manqué de s'étouffer. Elle essayait de reprendre son souffle. Cette forme de compliment n'était pas du tout le genre de son amie.

« - Tu crois vraiment que je t'ai amenée ici pour discuter de la pluie et du beau temps ? » Maintenant, l'adolescente en face d'elle, toujours sous le coup de la remarque précédente, arborait un air à la fois perplexe et curieux. « Bien, laisse Tata Santana te raconter une histoire. Tu es frustrée. Tu étais sans doute déjà frustrée depuis un moment, mais encore plus depuis que RuPaul est allée faire des galipettes avec Finnocence...

- Ne l'appelle pas comme ça. Elle a un prénom je te signale ! » Rétorqua la cheerio, les sourcils froncés. Elle n'aimait pas du tout qu'on remette ce surnom au goût du jour, sûrement parce qu'elle avait une des premières à l'employer. « Et puis, je n'étais pas frustrée ! » En effet. Jusqu'à il y a quelques temps, faire l'amour avec Rachel s'était avéré être un réel plaisir.

« - Laisse-moi finir ! Coupa la brune. Elle avait horreur d'être interrompu, surtout lorsqu'elle avait quelque chose de bien précis en tête. « Donc, entre RuPaul et toi, ça va mal. Mais tu as besoin de te détendre.

- Je ne vois pas en quoi tu peux m'être utile. » La chanteuse mentait. Elle savait assurément où sa coéquipière voulait en venir.

« - C'est là que j'interviens. Je sais que tu as apprécié notre petit échange d'hier et pour être tout à fait honnête, moi aussi. Même si j'en aurais voulu un peu plus. » Un sourire malicieux vint se placer au milieu de son visage lorsqu'elle porta son breuvage à sa bouche, lui dessinant une moustache de crème. C'est dans un lent coup de langue, qu'elle s'essuya la lèvre supérieure.

Un silence s'installa, occultant complètement le brouhaha habituel du lieu maintenant remplit d'une quantité non négligeable d'étudiants. Quinn devait se l'avouer, ce qui s'était passé la nuit dernière dans la salle de bain de Puck avait été une bouffée d'air frais. Elle n'avait pensé à rien, elle avait juste laissé ses envies la guider, sans se soucier de la moindre conséquence. En y repensant, elle fut parcourue d'un tressaillement, lui rappelant l'odeur vanillée mêlée aux effluves de bière dont elle avait pu se délecter. Mais il lui fallait plus que ça pour céder. Elle voulait entendre sa compère lui dire directement ce qu'elle attendait. 5 petits mots « Je veux coucher avec toi. ».

La blonde était en proie à une confusion curieusement inhabituelle. Cela faisait maintenant un certain temps qu'elle était avec Rachel, et personne n'avait eu l'audace d'essayer de les séparer, adultère ou non. Aucun ne voulait subir les foudres de la reine des glaces, trop conscient de l'importance d'être en vie. Sans exagération, après la présentation quasi officielle de leur couple, Quinn avait mis en garde quiconque tenterait quoi que ce soit contre sa petite amie, et ils n'étaient pas fous. Mais, quelque part, elle était séduite par la situation, nouvelle, excitante, fascinante. La sportive tapota nerveusement ses doigts sur son gobelet, montrant qu'elle réfléchissait sérieusement à la proposition de la brune.