Merci pour les petits commentaires motivants.
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Chapitre 7: Crash
Deux mois s'étaient écoulés depuis le départ des enfants. Des nouvelles qu'elle avait reçues, Bulma savait qu'ils étaient sur le point de dénicher la troisième boule. L'automne s'était définitivement installé.
Depuis le salon, elle observait la pluie qui tombait et le vent qui s'acharnait sur les feuilles pourrissantes encore accrochées aux branches. Elle sirotait un thé et pensait à Gogeta.
Elle se demanda où il avait trouvé refuge. Certainement avait-il migré loin vers le Sud, pour éviter les intempéries et mieux profiter de sa liberté. Peut-être même, était-il tout simplement parti rendre visite à certains de leurs amis.
La nuit commençait à tomber.
Bulma revenait d'une visite à Chichi.
En fait, il s'agissait de la première visite depuis la disparition de Boo et de leurs maris respectifs. Chichi n'avait pas parlé de Gogeta. Elle savait cependant qu'il n'était plus à la Capsule.
La femme de Gokû portait le veuvage comme d'habitude, comme si la situation n'était pas vraiment différente de ce qu'elle avait toujours connue. Ca avait rassuré Bulma dans un sens car elle avait redouté des questions de sa part. Elle était encore un peu ébranlée de sa conversation avec Gohan.
Bulma sortit de sa poche la photo de Végéta. Elle avait rompu sa promesse de la cantonner à la chambre. Elle l'avait débarassée de son cadre et la baladait maintenant partout avec elle, comme un porte-bonheur.
Elle s'était même donné la peine de faire demi-tour, une fois, sur le chemin du bureau, parce qu'elle l'avait oubliée sur la table du petit déjeuner. L'image était maintenant cornée et les couleurs commençaient à pâlir.
Végéta n'avait pas toujours été très fidèle à ses pénates, c'était certain. Il avait même disparu souvent et longtemps avant de commencer à se poser. Leur relation s'était plutôt construite à distance. Mais il n'avait jamais été aussi « absent ». Le fait de savoir que son retour était encore incertain avivait le manque qu'elle avait de lui. Et l'absence de Trunks la laissait finalement encore plus seule qu'elle ne l'aurait soupçonné.
Subitement le bruit de la chute d'un corps interrompit ses pensées. Elle se retourna pour trouver Gogeta allongé sur le sol de son living. Il était sale, et surtout, il avait l'air très mal en point. Il venait visiblement de se télétransporter jusqu'à la Capsule. Elle se précipita et s'agenouilla à côté de lui.
- Bon Dieu, qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? s'écria t-elle.
- Bulma… Il me faut un senzu… articula t-il.
- Un senzu ? Mais, j'en ai pas !
Il ferma les yeux avec lassitude. Il semblait à bout de force et respirait avec difficulté. Bulma posa sa tasse de thé sur le sol.
- J'ai un kit médical. Je vais t'emmener, décréta t-elle.
Elle entreprit de l'asseoir. Il était lourd mais elle réussit à le redresser. Il ne semblait pas en mesure de l'aider et était à peine conscient.
- Allez ! cria t-elle soudainement, dans le but de le rappeler à la réalité, on se lève ! Gogeta ! Je ne vais pas pouvoir te porter ! Aide moi ! C'est pas loin.
Il rouvrit les yeux et les posa sur elle. Après un instant, il força ses muscles à mettre le reste du corps debout. Bulma enroula le bras du blessé autour de son cou pour mieux le soutenir et ils se mirent en marche à pas traînant.
Arrivé dans le couloir du laboratoire, Gogeta trébucha et s'écroula, entraînant Bulma dans sa chute. Elle se retrouva coincée sous le tas de muscles de son bras.
- Gogeta ! Gogeta !
L'affolement commençait à la gagner. Son cœur s'accéléra quand elle comprit qu'il avait perdu connaissance.
- Réveille-toi par pitié ! S'il te plaît ! gémit-elle
Elle commença un simulacre de massage cardiaque avant de réaliser que son réflexe était complètement absurde, voire dangereux. Le désespoir et la lassitude s'emparèrent d'elle.
- Ne meurs pas, Ne meurs pas, implorait-elle tout bas, ne me laisse pas comme ça.
Des larmes roulaient sur ses joues et tombaient sur le visage du Saïyen, se mêlant aux coulées de sang. Elle le serra contre elle, prise de sanglot mais son corps restait totalement inerte. Elle reprit ses esprits peu à peu et réussit à se relever. « C'est pas le moment de perdre la tête. »
Elle le traîna sur une bonne distance avant de réussir à atteindre la chambre d'hôpital que Végéta utilisait dans la maison. Après un effort qui lui parut surhumain, elle parvint à le mettre sur le lit.
Elle vérifia son pouls, réfléchit une minute puis sortit une seringue et un flacon d'un placard. Elle observa la solution transparente avec hésitation. Le produit qu'elle s'apprêtait à lui injecter avait un effet régénérant assez fulgurant sur les Saïyens, du moins sur Végéta. Néanmoins, elle s'en servait peu car il était quasiment mortel sur les hommes et à la limite de la légalité. Ses rudiments de pharmacologie lui imposaient de s'en méfier. Il n'y avait pas de raison qu'il ne marche pas sur Gogeta.
Elle hésita encore. S'il en mourrait ? Aucune raison.
Finalement, elle remplit la seringue d'un geste déterminé et injecta le sérum.
Elle vérifia sa montre et attendit avec anxiété. Le temps d'action moyen était de deux heures avec Végéta. Elle enleva ce qui restait de ses vêtements crasseux et ses chaussures, le recouvrit et s'installa dans le fauteuil à côté du lit.
Après tout juste une heure et demi, il se redressa brusquement en inspirant violemment, comme si il avait été sur le point de se noyer. Bulma poussa un cri à la fois de surprise et de joie.
Il passa ses mains sur son visage comme pour se réveiller complètement et parcourut la pièce de son regard, tentant de rassembler ses souvenirs.
Bulma n'osait rien dire, retenant son souffle, attentive au moindre signe médical inquiétant.
- Bulma ? grogna t-il
- Comment te sens-tu ? demanda t-elle avec une pointe d'angoisse.
- Pas terrible. J'ai faim.
Elle hocha la tête. C'était plutôt bon signe. Elle se leva et prit son pouls. Elle toucha son front pour vérifier la température qui était un peu élevée, ce qui pouvait être normal.
- Tu peux te lever ? Je vais te faire à manger.
- Je crois que oui, répondit-il en s'étirant.
Il se mit debout seul, vacilla un peu puis se stabilisa. Bulma l'observa un instant. Quand elle fut certaine qu'il ne tomberait pas, elle saisit la couverture et la passa sur ses épaules sans dire un mot.
Il baissa les yeux et réalisa qu'il était en sous-vêtement. Il la laissa faire, encore un peu groggy.
Tu as vraiment peur qu'il prenne froid ? grinça une voix dans la tête de Bulma.
Elle ajusta les pans du plaid avec nervosité et quitta la pièce.
Il la suivit à la cuisine tandis qu'elle prenait soin de ne pas se retourner.
Sans dire un mot, elle le fit s'installer dans le canapé et lui prépara un plateau composé d'à peu près tout ce qu'elle trouva dans le frigo. Elle le lui apporta et constata qu'à nouveau, il avait pris la place de Végéta. Cependant cette fois-ci, elle ne fit aucune remarque.
Elle repensa à sa panique à l'idée qu'il meure, dans le couloir, deux heures auparavant. S'il était mort… Ils seraient morts tous les deux. Gokû et Végéta. Elle frissonna en admettant qu'elle n'aurait pas été plus affolée si Végéta lui-même avait menacé de s'éteindre entre ses bras.
Il l'observa tandis qu'elle s'agitait à replacer les coussins. Il commença à manger, la laissant passer le doigt sur certaines blessures, dont elle examinait l'importance et l'emplacement. A un moment, elle appuya trop fort et il eut un mouvement de recul. « Désolée » murmura t-elle. Puis elle disparut.
Elle revint un instant plus tard et posa un T-shirt et un pantalon propres sur le canapé. Il y jeta à peine un coup d'œil et continua à dévorer.
La pièce était devenue sombre bien que Bulma ait allumé quelques lampes. La pluie battante sur les larges baies vitrées couvrait le silence de la maison et de ses occupants.
Bulma se tenait devant son hôte, qui semblait n'avoir pas mangé depuis des jours. C'est ce que font les animaux carnivores, ils restent des jours entiers sans manger et quand ça les prend, ils dévorent. Elle ne pensa même pas à lui demander ce qui lui était arrivé. Elle en avait une vague idée. Une rage, une colère quelconque l'avait poussé à s'entraîner avec une dureté que son corps n'avait finalement pas supportée. Une colère, un désespoir ou une solitude peut être, rectifia son esprit.
La scène de la douche émergea dans sa mémoire. Ils ne s'étaient pas reparlé depuis cette nuit-là. Bulma se sentit rougir dans la pénombre et préféra s'éclipser à la cuisine.
Elle se servit un verre de chardonnay et alluma une cigarette. Elle tremblait un peu, encore perturbée par la terreur qu'elle avait ressentie à l'idée de le perdre. La pièce était presque dans le noir, car la seule lumière allumée peinait à éclairer mieux qu'une bougie. Debout, appuyée contre un plan de travail, elle sentait une boule douloureuse dans sa gorge. Ses envies subites de pleurer l'agaçaient prodigieusement et elle tenta d'avaler la boule avec une ou deux gorgées de vin. Elle devait aller de l'avant.
Gogeta ouvrit le frigo subitement. Une fois de plus, elle ne l'avait pas entendu venir. Il prit la bouteille d'eau et se tourna vers elle. Il but au goulot, comme toujours…
- Je…Je voulais te dire que…Enfin, désolée pour l'autre soir, bredouilla Bulma
-Désolée pour quoi ? demanda t-il en s'avançant vers elle.
Elle inspira profondément. Il ne pouvait pas se contenter de ça ? Il fallait qu'elle explique dans le détail, tout ce dont elle devait s'excuser. Végéta dans toute sa splendeur.
- Pour… pour t'avoir obligé à venir me chercher dans cet endroit que tu détestes, pour t'avoir dit des trucs, je ne sais plus tout, la voix de Bulma mourut un peu
- Et pour m'avoir embrassé ? demanda t-il avec aplomb.
Bulma écarquilla les yeux. Quel connard...
- Oui aussi, murmura t-elle
- Et pour m'avoir sauté dessus ?
Il allait trop loin, elle décida de ne plus jouer son petit jeu pervers. Néanmoins, à mesure qu'il parlait, il s'était approché d'elle et elle se retrouvait quasiment bloquée contre le plan de travail derrière elle.
Il prit sa cigarette et la fit sauter sur le sol de l'entrée. Elle eut un réflexe d'agacement et voulut protester mais elle n'en eut pas le temps, il mit sa main sur sa joue et l'embrassa doucement. Elle ne dit rien et ferma les yeux. Plus à ça près.
Il détacha ses lèvres des siennes et planta son regard dans le sien.
- Pour ça, tu n'as pas besoin de t'excuser.
Sans qu'elle s'y attende, il la prit par la taille et l'assit sur le plan de travail. Elle eut un petit hoquet de surprise.
- C'est pas possible. C'est juste pas possible, répétait-elle en boucle avec une conviction vacillante, sur un ton presque implorant.
Il lui plaqua la main sur la bouche.
- Chuut ! Ecoute-moi. Il y a des fois, je suis l'un, des fois, je suis l'autre, des fois, je suis les deux. Dans tous les cas, je reste un homme. Quand je suis lui, je ne peux pas supporter que tu sois là.
Bulma fronça les sourcils mais ne réagit pas. Il passa sa langue dans son cou et remonta jusqu'à son menton pour l'introduire dans sa bouche et l'embrasser longuement. Elle baissa les armes et l'attira à elle en enroulant ses jambes autour de lui.
Il passa ses mains sous son pull, avide de sentir sa peau. Elle se cambra et passa fébrilement ses mains dans son cou et dans ses cheveux.
Il se recula légèrement et la regarda.
- On arrête ? chuchota t-il avec un demi-sourire.
Elle fronça les sourcils en signe d'incompréhension.
- Tu me crois maintenant ? reprit-il.
Elle lui sourit en retour.
- Je te crois, admit-elle, à voix basse, se rapprochant à nouveau de ses lèvres.
Il se recula à nouveau, s'amusant des yeux incrédules, presque fâchés, de Bulma.
- Tu es pressée alors? demanda t-il encore.
- Mais tais-toi ! grogna t-elle en se jetant littéralement sur lui.
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