Merci à ceux qui sont fidèlement et patiemment arrivés jusqu'ici. Je n'avais pas du tout l'intention de faire une histoire aussi longue mais ça tombe comme ça. Si mes calculs sont bons, la fin devrait arriver dans 3 ou 4 chapitres. Le minimum que je puisse faire pour les courageux qui me suivent, c'est de finir cette histoire donc je suis obligée d'écrire tous les jours, sous peine de perdre le fil et d'arrêter. Pour dire que je paye aussi le prix de mes errements...

Et merci à "Pauline" pour ses commentaires assidus. Promis, il y aura une fin.

Hold on, please ! I'm doing my best.

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Chapitre 14: Nos actes manqués.

Cette soirée avait anéanti Bulma si c'était encore possible. Elle n'avait pas dormi de la nuit.

Etendue sur un matelas dans la chambre de Goten, elle avait laissé les larmes couler silencieusement le long de ses pommettes en fixant la pendule qui n'avançait pas. Les premiers temps, elle entendit les sanglots étouffés, à peine audibles, de Chichi, puis le silence de la maison endormie.

Elle ne pensait plus à rien, elle attendait l'heure de rentrer. Lorsque l'horloge indiqua 4 heures 30, ses nerfs donnèrent le signal. Elle se leva, enveloppa Trunks dans sa couverture et l'emporta hors de la chambre. Il serait déçu d'être parti comme ça, sans faire ses adieux à son inséparable ami et aux autres. Mais il était hors de question que Bulma croise Chichi au petit matin.

Elle descendit les escaliers avec peine, son petit fardeau sur l'épaule. Elle faillit perdre l'équilibre plus d'une fois mais parvint à rejoindre le rez-de-chaussée sans encombre. Comme elle ne voyait pas vraiment devant elle, elle se laissa surprendre quand Gogeta lui prit l'enfant des bras.

- Tu m'as foutu la trouille ! chuchota t-elle furieusement.

Il se chargea de Trunks sans répondre. Ils avaient pris soin de ne pas allumer la lumière. La maison était uniquement éclairée par la lueur de la lune, qui se reflétait sur la neige immaculée qui s'entassait à l'extérieur.

Libérée du poids de son fils, Bulma mit ses chaussures et son manteau hâtivement en observant le ciel par la fenêtre. Elle fut soulagée de constater qu'il était tout à fait pur. Elle pourrait voler sans encombre. Elle enfonça un bonnet sur la tête de Trunks et le recouvrit de son manteau. L'enfant balbutia quelques mots inintelligibles et entrouvrit les yeux. Il enroula ses bras autour du cou de Gogeta et se rendormit, lové contre son épaule.

Comme si c'est son père, ne put s'empêcher de penser Bulma. Elle sortit, suivie par Gogeta. Ils installèrent le gamin à l'arrière de l'appareil et Bulma l'attacha précautionneusement. Elle était prête à partir.

Lorsqu'elle se retourna, Gogeta s'était calé sur le siège passager et attendait patiemment le départ.

Elle eut un temps d'arrêt. Elle n'avait pas vraiment prévu de le ramener avec elle. Elle haussa les épaules avec lassitude. Que pouvait-elle dire ? Depuis quelques temps, le monde qui l'entourait semblait avoir décidé de marcher sans elle. Maintenant, elle se sentait juste extrêmement fatiguée et pressée de rentrer chez elle.

Elle mit le moteur en route et décolla sans un mot.

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Après cette "fête", il ne restait plus qu'une chose que Bulma pouvait espérer. Le dragon résoudrait le problème de la fusion et chaque famille retrouverait sa place. Chichi mettrait du temps à se remettre mais certainement les amitiés des uns et des autres pourraient cimenter les fissures. Ou pas.

Au minimum, Bulma ne serait plus seule à gérer tous les problèmes. Après tout, Végéta et Son Gokû auraient peut-être aussi des explications à apporter.

Dans l'immédiat cependant, Bulma avait un peu perdu le goût des choses.

Elle dormit quasiment deux jours et bénit finalement Gogeta d'être rentré avec elle, parce qu'il s'occupa de Trunks avec une attention que son père seul n'aurait pas eue. Elle se fit la réflexion que sa présence n'était pas « que » une source de problème. Pour les enfants qui ne s'embarrassaient pas de scrupules philosophiques, il était une source de bonheur non dissimulé.

Les enfants savaient toujours trouvé des avantages aux inconvénients. Elle les enviait pour ça.

Videl avait appelé le deuxième jour pour dire que, si Bulma était toujours d'accord, elle viendrait récupérer Trunks le lendemain pour poursuivre la quête des boules de cristal. Biens sûr, Bulma était d'accord. Trunks avait été tellement déçu de découvrir le quasi kidnapping de sa mère, la nuit de la fête. Il avait fermement espéré rester chez les Son plusieurs jours.

Bulma écouta le message sur le répondeur et ne put s'empêcher de relever que ce n'était pas Gohan qui l'avait appelée. Ca ne l'avait pas étonnée mais cela la rendit triste, si c'était encore possible.

Cependant, le message de Videl lui rappela la séparation prochaine d'avec Trunks, qui pourrait durer plusieurs semaines. Elle décida de passer le dernier jour avant son départ avec lui. Cela supposait qu'elle arrête de se lamenter sur son sort.

- Trunks ! Videl a appelé. Elle vient te chercher demain pour chercher les deux dernières boules ! annonça t-elle à son fils qui suivait avec passion un dessin animé dans le salon.

- Super !

- Pour profiter du dernier jour, j'ai décidé de t'emmener manger dans ton restaurant préféré.

Le gamin bondit sur ses pieds, les yeux pétillants.

- C'est vrai ?

Bulma eut un sourire énigmatique et hocha la tête.

- Trunks réfléchit un instant.

- Et Gogeta ? Il vient avec nous?

Bulma hésita, prise de court par la question qu'elle n'attendait pas si prompte.

- Hmmm… Non. C'est une petite virée mère-fils.

L'enthousiasme fit place à la déception sur le visage de l'enfant. Le cœur de Bulma se serra un peu. Comment expliquer à son fils que cet homme-là n'était pas tout à fait son père ?

- Trunks, c'est juste un moment à nous, en amoureux. Tu comprends. On aura d'autres occasion de faire des choses tous ensemble. (menteuse).

- S'il te plaît, Maman ? implora Trunks avec le regard.

- Tu crois vraiment que Gogeta voudra venir dans un fast-food ? Où est-il d'ailleurs ? objecta Bulma

- J'étais dans ma douche, répondit une voix derrière elle.

Bulma eut un hoquet de surprise. Elle ne l'avait pas entendu venir. Un truc typique de Végéta, qu'elle ne supportait déjà pas chez lui. Depuis quand est-il là ?

- Trunks, va avec ta mère. On se verra plus tard, enchaina t-il.

Trunks eut l'air contrarié. Il aurait dû se douter que ce genre de sorties n'intéresserait pas son idole du moment. Mais il ne baissait pas les bras si vite.

- Je sais ce qu'on va faire ! On va prendre un truc à emporter et on reviendra le manger ici et on regardera un film tous les trois. Un film de guerre comme Papa les aime !

Super plan. Bulma détestait déjà cette idée. Mais elle avait conscience de ne pas avoir consacré assez de temps à son fils depuis la disparition de son père. La mine réjouie du gamin la découragea de décliner son offre.

- Ca me va, dit-elle simplement en croisant les bras et en jetant un coup d'œil oblique à Gogeta.

- Ca me va aussi alors, répéta t-il en écho.

Trunks poussa un cri de victoire en courant chercher son manteau.

- Bulma ! appela Gogeta

Elle l'interrogea du regard.

- Pas d'excès, hein ? lâcha t-il avec un sourire narquois.

Elle lui fit un doigt d'honneur et suivit son fils sans un mot.

Deux heures plus tard, elle se retrouvait calée avec ennui dans le canapé, face à l'écran de télévision sur lequel des colosses plein de testostérone, crasseux et balafrés échangeaient des répliques sommaires et brutales. A côté d'elle Trunks avait enroulé son bras autour du sien, déjà hypnotisé par le spectacle. De l'autre côté, il s'était collé à Gogeta qui semblait suivre attentivement le scénario.

Malgré le bruit des bombes et de rafales de mitraillettes que l'installation high-tech rendait avec un réalisme inquiétant, Bulma ne tarda pas à s'endormir carrément.

Elle fit un rêve agréable dont elle fut incapable de se souvenir au réveil, comme souvent. Elle ne s'en souvint pas mais le baiser qui la réveilla le clôtura harmonieusement. Il ne la surprit pas et son esprit se débattit un instant pour trier la réalité de l'imaginaire.

Elle ouvrit doucement les yeux. La télé était éteinte et le salon baignait dans la pénombre. Trunks n'était plus là. Gogeta était penchée sur elle et l'embrassait. Elle lui rendit son baiser instinctivement sans laisser une seule chance à son cerveau de se mettre en route correctement. Il tenait son visage entre ses mains et l'allongea lentement sur le canapé, rompant le contact de leurs lèvres et de leurs langues un instant.

- Où est Trunks ? murmura t-elle, profitant de ce répit.

- Il dort. Il dort dans sa chambre souffla t-il avant de reprendre son baiser.

Elle passa ses bras autour de son cou et le rapprocha d'elle. Il passa ses mains sous son pull. Elle eut un peu la chair de poule quand il le releva pour découvrir son vente. Il commença à l'embrasser dans le cou.

- C'est pas bien, dit-elle tout bas.

Il se redressa et la regarda avec un sourire amusé.

- Tu es bien consentante pour quelqu'un qui trouve que c'est pas bien, répondit-il.

A cet instant, sa ressemblance avec Végéta la frappa à nouveau dans le clair-obscur de la pièce. L'illusion était totale, puissante, irrésistible. Elle lui sourit comme si il était revenu et caressa sa joue doucement.

Il la serra subitement en enfouissant son visage dans son cou, inhalant son odeur comme une drogue.

- Putain, tu m'as manqué, lâcha t-il.

Elle posa ses mains sur son dos avec précaution. « Tu me sers trop fort » protesta t-elle faiblement.

Au moment où il desserrait son emprise pour l'embrasser à nouveau, un gémissement se fit entendre à l'étage.

- Manman !

Bulma sursauta aussitôt. Elle eut du mal à se dégager de l'étreinte et du poids de Gogeta.

- Man-Man !

Elle se remit sur ses pieds et se précipita vers les escaliers qu'elle monta quatre à quatre. Dans sa chambre, Trunks était debout au pied de son lit, le regard horrifié, les joues barbouillées de larmes.

- Cauchemar ? demanda Bulma avec douceur.

Il ne répondit pas et laissa sa mère l'enlacer. Il tremblait encore de peur et reniflait. Elle le souleva et le prit dans ses bras en le berçant imperceptiblement. Il s'accrocha à elle pour mieux se rassurer.

Elle le sentit s'apaiser progressivement.

- Manman ? marmonna t-il

- Oui mon chéri ?

- Quand il revient Papa ?

- Bientôt mon ange, bientôt, répondit-elle à mi-voix en resserrant son étreinte.

- Peux dormir dans ton lit, bredouilla encore Trunks, la voix empâtée par le sommeil qui commençait à s'emparer à nouveau de lui.

Elle déposa un baiser sur son crâne et sortit de la pièce. Gogeta se tenait dans le couloir, adossé au mur. Ils échangèrent un regard mais elle ne s'arrêta pas en passant devant lui.

Elle entra directement dans sa chambre et la referma du bout du pied, ses bras étant encombrés. La porte se claqua pour ne plus s'ouvrir.

Le lendemain, Videl se présenta à la Capsule pour récupérer Trunks. Bulma avait confirmé, via son répondeur, qu'il participerait bien à la fin de la quête.

Elle était un peu mal à l'aise parce qu'elle ignorait ce que Videl savait de ses révélations à Chichi. Elle avait toujours l'impression que tout le monde savait tout. Nue au milieu de la foule.

Elle trouva donc l'œil de la jeune fille particulièrement inquisiteur.

- Bonjour, Bulma. Trunks est prêt ? demanda t-elle en arrivant.

- Presque, entre une minute. Il arrive. TRUNKS ! VIDEL EST LA !

Elle entendit une réponse monosyllabique de l'étage, puis le silence.

- Vous êtes partis drôlement tôt l'autre fois, mentionna Videl frontalement.

- Oui, Je ne me sentais pas bien, j'avais envie de rentrer. J'ai pas besoin de t'expliquer pourquoi ? En revanche, toi, je t'ai pas vue rentrer, contre-attaqua nerveusement Bulma.

Videl rougit un peu. Me cherche pas petite. Trunks, qu'est-ce que tu glandes ?

- Tout le monde va bien chez les Son ? demanda Bulma, presque par réflexe, pour changer de sujet de conversation. Elle regretta sa question presque aussitôt.

- Chichi est bizarre mais je suppose que votre dispute l'a un peu ébranlée. Je pense que c'est pas si grave; des fois, je me dis qu'elle ne connait pas très bien son fils.

- Pourquoi ? Ton père soupçonne que tu rentres par la fenêtre dans la chambre de Gohan ? répliqua malicieusement Bulma.

Videl se raidit un peu. Calme-toi, Bulma, elle ne t'a rien fait.

- Excuse-moi, Videl, je suis un peu chatouilleuse en ce moment. J'espère que Chichi se remettra, reprit-elle en avisant Trunks qui descendait enfin les escaliers.

Elle serra le gamin dans ses bras avant qu'ils ne partent, violant la règle sacrée. Pas en public.

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