Chapitre 17: Don't say goodbye

Il y eut des flashs. La lumière d'un plafond. Des cris, dont le sens restait obscur. Finalement, à nouveau la lumière d'un autre plafond.

Bulma l'observa un bon moment avant de réaliser qu'il ne ressemblait à aucun plafond de la Capsule. Elle voulut bouger mais ça ne marchait pas. Son corps ne marchait pas. Ses yeux tombèrent sur une perfusion sans qu'elle sache exactement à qui elle était reliée. A toi, elle est reliée à toi. Très lentement, elle comprit qu'elle était dans une chambre d'hôpital.

Elle réussit après un temps qui lui parut infini à lever ses mains pour les regarder. L'une d'elle était égratignée. Elle releva distraitement que sa manucure était à refaire. Subitement, Trunks frappa son esprit. Elle devait aller le chercher chez Satan. Elle avait préparé la décapotable pour lui faire plaisir. Elle serait sûrement en retard.

- Bulma ? Tu es réveillée ? s'exclama la voix de quelqu'un qu'elle ne pouvait pas voir.

Gohan s'approcha du lit, un gobelet à la main.

- Gohan ! s'écria t-elle avec joie.

Elle ne l'avait plus vu depuis plusieurs semaines, depuis la fête chez Chichi. Elle fut émue de sa présence parce qu'elle la ressentait comme un pardon.

- Gohan, je devais aller chercher Trunks… enchaina t-elle aussitôt.

- Ne t'inquiète pas pour ça, tes parents s'en occupent.

- Mes parents… Mais que s'est-il passé exactement ?

- Bulma, ça fait presque trois semaines qu'on est rentrés, tu as eu un accident de voiture.

- Un accident de voiture ?...

La glissade interminable lui revint en mémoire, le choc du métal broyé. Elle se mit à trembler un peu; elle voulut interroger encore Gohan mais déjà plusieurs médecins avaient fait irruption dans la pièce et se mettaient en quête d'examiner ses pupilles et de lui poser une série de questions.

Elle répondait par monosyllabe cherchant Gohan du regard. Il était sorti et elle eut subitement peur qu'il ne revienne pas.

- Où est le jeune homme ? demandait-elle aux médecins qui la manipulaient en échangeant des regards entendus et des signes de tête.

- Calmez-vous, il est juste dehors. Vous sentez, ça ?

Bulma voulut se débattre mais ses muscles ne répondaient pas franchement à sa volonté quand ils ne lui résistaient pas douloureusement.

- Gohan ! cria t-elle

La pièce restait impitoyablement encombrée de personnel en blouse blanche.

- Gohan ! appela t-elle encore une fois.

Sa tête apparut timidement au milieu de ce qui paraissait une foule envahissante à Bulma. Elle fut instantanément soulagée.

- Ta mère va venir avec Trunks, Bulma, je viens de les appeler, annonça t-il doucement.

- Ne t'en va pas tout de suite, hein ?

- Je suis là, Bulma.

Assurée qu'il acceptait de rester, elle se laissa patiemment examiner. Elle finit par questionner celui qui paraissait être le chef des médecins sur son état.

- Tout va bien. Il y a quelques fractures et des cicatrices à surveiller. Ce qui nous inquiète, c'est les suites de votre coma. Pour l'instant, nous ne constatons pas de séquelles. Mais il faut attendre pour être sûrs, expliqua t-il.

Ce dont Bulma ne retint que « Tout va bien » et « cicatrices ». Elle mit ses mains sur son visage et repéra au toucher quelques plaies, mais pas de traces de couture, ce qui la rassura.

Quand la chambre fut vide, Gohan revint et s'assit sur la chaise à ses côtés.

- Tu nous as fait peur, commença t-il.

- Tout va bien, tu vois. Je suis heureuse que tu sois là. J'avais pensé…

Il la regarda d'un air interrogatif.

- J'avais pensé que ta mère t'interdirait définitivement de me voir, termina t-elle

Gohan but une gorgée de son gobelet.

- Ma mère est très malheureuse. Il ne faut pas lui en vouloir et faire son maximum pour ne plus la blesser. Quand tu as eu ton accident, elle a tout de suite pris Trunks à la maison, en attendant qu'on localise tes parents qui étaient en voyage.

- Ca ne m'étonne pas d'elle, murmura Bulma, en prenant subitement conscience du sort de Chichi.

- Dans deux jours, nous appellerons le Dragon, annonça Gohan. Tu ne pourras pas être là mais nous saurons si mon père et Végéta peuvent revenir.

Ils se turent un moment. Bulma contemplait le ciel blanc par la fenêtre.

Elle imagina ce que pourrait être le retour de Gokû pour Chichi. Elle ferait sûrement comme si de rien n'était. Elle l'aimait tant. Elle n'évoquerait jamais l'incident entre Bulma et Gogeta. Elle garderait tout ça enterrée au fond, feignant le bonheur retrouvé. Imaginant tout et son contraire sur l'implication de son mari dans cette histoire. Souffrant sans espoir de soulagement. L'humiliation souriante jusqu'à la tombe.

Un frisson parcourut Bulma à l'idée qu'elle était en partie à l'origine de tout cela.

Gohan avait visiblement décidé de lui pardonner. C'était plus facile comme ça pour lui. Tourner la page et oublier, il était jeune et avait sa propre vie à faire sans s'encombrer des regrets et des erreurs de celles des autres.

Il était très certainement amoureux et convaincu que rien de tout cela ne lui arriverait jamais.

- Il y a peut-être une solution, souffla Bulma

Gohan la regarda avec incompréhension.

- Pour ta mère, précisa Bulma. Peut-être…peut-être peux-tu demander au Dragon de lui faire oublier tout ça ?

Les traits du jeune homme se décontractèrent. Il reprit une gorgée.

- C'est vrai, je n'y avais pas pensé. Mais comment formuler le souhait ? Devant tout le monde…

- Tu n'as qu'à demander qu'elle oublie tout de sa dispute avec Bulma. Ca suffira, non ?

Il hocha la tête. A cet instant la porte s'ouvrit et Trunks surgit suivi par la mère de Bulma. En une minute, la chambre fut remplie des cris de joie de l'enfant qui sautait dans tous les sens et voulait étreindre sa mère sans ménagement. Gohan se leva et s'écarta pour laisser la place aux arrivants.

Il salua rapidement l'assemblée et sortit. Avant de s'éclipser, il envoya un clin d'œil à Bulma.

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Le jour arrêté pour appeler le Dragon, Bulma vit le soleil se lever. Il était trop tôt bien sûr mais elle avait à peine pu dormir. Elle admira la lumière qui prenait progressivement possession du paysage. Dendé avait été suffisamment indulgent pour permettre cette aurore sans nuage. Elle qui avait été une si mauvaise fille, elle lui adressa un remerciement muet.

Elle avait essayé d'envisager tous les scénarii possibles de cette journée. Peut-être, le Dragon ne pourrait-il pas rompre la fusion. Peut-être la romprait-il mais perdrait-elle l'affection de Végéta ? L'amitié de Gokû ?

Tandis qu'elle réfléchissait à cela pour la millième fois, une ombre apparut devant sa fenêtre. Elle se redressa avec vivacité. Gogeta ouvrit la fenêtre, laissant un vent glacial s'engouffrer dans la pièce. Il se posa sur le sol immaculé sans prendre le soin de refermer, le battant étant de toute façon endommagé par son irruption.

Ils se regardèrent en silence. Il s'approcha du lit et passa sa main doucement sur le bandage qui enserrait la tête de Bulma. Elle ne protesta pas, hypnotisée par sa présence. Il passa encore ses doigts sur les plaies de son visage, examinant avec compassion les dégâts de l'accident.

Elle saisit sa main et la serra dans la sienne.

Il s'agenouilla à côté de son lit pour être à peu près à sa hauteur.

- Je vais peut-être disparaître aujourd'hui, commença t-il, enfin, d'une certaine façon. Si tel est le cas, je voulais te faire mes adieux.

Elle acquiesça. Elle qui désirait tellement que ça marche, avait le cœur serré de le voir ainsi. Une larme coula sur sa joue malgré elle.

Il l'essuya d'un doigt en souriant.

- Quoiqu'il arrive, tout ce que je te demande, c'est d'être une bonne mère pour Trunks. Pour le reste, je dois t'avouer que si la fusion n'est pas rompue aujourd'hui, il est très probable que Gokû et Végéta disparaissent progressivement. Leurs âmes fusionneront comme leurs corps.

Bulma le regarda avec effarement.

- Quoiqu'il arrive aujourd'hui, répéta t-il, tu seras libérée, soit de porter son deuil, soit de le retrouver. Je continuerai toujours à veiller sur vous tous mais je ne vous embêterai plus.

Elle pressa sa main, qu'elle n'avait pas lâchée, contre son visage.

- Si la fusion n'est pas rompue, nous ne t'abandonnerons pas. Tu seras toujours le bienvenu… Même si je n'ai pas toujours été à la hauteur avec toi, bredouilla t-elle avec émotion.

Il lui sourit avec bienveillance.

- Bulma, reprit-il, si la fusion n'est pas rompue, tu devras faire ce deuil. Je suis la dernière personne qui pourra t'aider et je ne reviendrai pas.

Il l'embrassa sur le front et se releva.

- J'aurais voulu aller voir Chichi mais je sais que je ne peux pas. Si j'existe encore ce soir, je te laisse le soin d'expliquer aux garçons.

Bulma hocha la tête en reniflant. Elle pleurait franchement maintenant et refusait de lâcher sa main. Il la laissa la serrer contre elle un instant et dégagea ses doigts avec douceur avant de s'éloigner du lit. Elle voulut le rappeler tandis qu'il escaladait le reborde de la fenêtre, mais rien ne sortit de sa bouche qu'un sanglot incompréhensible.

Il s'envola malgré son regard suppliant, laissant derrière lui le vent frais de la fin d'hiver sécher les larmes intarissables de Bulma.

Cette visite la laissa inconsolable. Personne ne viendrait la voir aujourd'hui. Tout le monde était au Palais de Dendé, pour assister à l'incantation. C'est peut-être mieux comme ça.

Jamais journée ne fut plus longue. Gohan avait dit que l'invocation devrait se faire en fin d'après- midi pour respecter le calendrier. L'après-midi arriva avec réticence, puis la fin d'après-midi.

Elle alternait les crises de larmes et l'excitation joyeuse sans se décider, immobile dans son lit dont elle parvenait maintenant à s'extraire à grand peine sur des distances très limitée.

Les infirmières avaient les plus grandes difficultés à la calmer et elle les recevait avec tant d'animosité, qu'elles renoncèrent à essayer de lui changer les idées.

Finalement, le soleil commença à décliner. L'angoisse la saisit. Elle n'avait aucune nouvelle. Bien sûr, il n'y avait pas de téléphone au Palais du Très-Haut. Mais il y avait la télé-transportation.

Pourquoi personne ne venait-il ? Est-ce que tout avait échoué et personne n'osait venir le lui dire ? Est-ce que ça avait marché et que Végéta l'avait déjà quittée ?

Elle s'extirpa du lit pour se poster à la fenêtre. Un employé de l'hôpital l'avait bricolée pour la maintenir fermée après le passage de Gogeta. Elle l'ouvrit en forçant un peu, faisant sauter le kit de réparation sans scrupule. Elle se pencha dangereusement pour scruter l'horizon. Elle voulait profiter des dernières lueurs du jour pour le voir arriver. Si il arrivait jamais.

Le vent faisait voler les mèches de cheveux qui dépassaient de son bandage et congelait littéralement l'ensemble de son visage, lui arrachant des larmes. Viens !

Mais le ciel s'assombrit et devint noir sans que rien ne se passe. Les infirmières voulurent la forcer à quitter la fenêtre et à se recoucher. Elle se débattit avec rage persuadée qu'il allait arriver. Finalement on lui fit une piqure qui la laissa groggy. Ajouté au travail continuel de ses nerfs durant toute la journée, le médicament la précipita dans un sommeil assommant.

Quand elle rouvrit les yeux, l'obscurité et le silence régnait dans sa chambre. Elle tourna les yeux et son cœur fit un bond. Il était là. Assis dans la pénombre, le visage appuyé sur son poing fermé, les jambes croisées, il la scrutait comme si il l'attendait depuis des jours.

Immédiatement, elle voulut se redresser mais la tête lui tourna instantanément et elle dut avorter sa tentative. Elle fit glisser sa main vers lui jusqu'au bord du lit. Il était trop loin. Alors, lentement, il se redressa et tendit le bras pour saisir cette main.

- C'est vraiment toi ? chuchota t-elle en fermant les yeux à son contact.

- C'est vraiment moi.

- Tu ne repars plus ?

Il eut un petit sourire.

- Dors maintenant, grogna t-il.

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Espérant que ça vous a plu. Toutes mes excuses pour le style, pas toujours au top, et pour avoir malmené les personnages. Certains diront que ça appelle une suite. On verra bien. Et puis, puisque c'est la devise du site "unleash your imagination".