Chapitre 17
La porte de la dernière chambre du couloir se referme au nez de Trish, elle venait de se faire rejeter par toute l'équipe qui devait la protéger. Elle relève le menton, l'air hautain et insensible jusqu'à ce qu'elle entende rire au bout du couloir. Il s'agissait de Illuso et Melone, un duo plutôt atypique, elle les fusille du regard, ce qu'ils ne les empêchent de continuer de se foutre d'elle. Elle serre les dents, n'aimant pas leurs ricanements incessants.
« - Vous n'avez pas autre chose de mieux à faire que de rester planter là ? demande Trish, un poil énervée mais essayant de rester classe.
- Tu parles de toi là ? Je ne sais pas, il doit te manquer quelques cases, je crois ma pauvre… déclara Illuso.
- Ma pauvre ?! Tu m'as pris pour quoi ? J'ai bien plus de moyens que vous… Vos vêtements ne sont clairement pas de marque… Et vous vivez dans cet endroit minable… ajoute Trish d'un air désinvolte, commençant à bien s'énerver.
- En effet, il lui manque quelques cases, dit Melone en se tournant vers Illuso. Même pas capable de comprendre une simple phrase. Et de toute façon l'argent ne fait pas tout sur cette terre !
- Bien sûr que si ! rétorqua-t-elle.
- L'argent n'achète pas l'amour, espèce d'écervelée ! Et franchement, tu pourras payer autant de fois une personne que tu aimes pour qu'elle reste avec toi, ça ne marchera jamais… Surtout avec quelqu'un déjà en couple et amoureux de quelqu'un de mille fois mieux que toi !
- Et puis, tu nous a vu, on ne roule pas sur l'or mais nous, on est heureux ! Toi par contre… Tu vas devoir revoir tes priorités… Tu es vraiment pitoyable ! Tellement superficielle avec tes vêtements de marque et ton maquillage… Tes goûts de riche et tes manières d'enfant ingrate… Et homophobe par dessus le marché... Tu ferais sûrement l'une des pires mères que j'ai eu l'occasion de croiser dans ma vie… Non, pas l'une mais LA pire !
- Bucciarati ne te voudra jamais, finit Illuso. Abbacchio est son âme-soeur et tu ne pourras rien y faire ! Un conseil pour toi, arrête maintenant, ou tu te feras tuer, voire pire. Allons-y Melone, je ne supporte plus de la voir.
- Ouais… Ça commence à puer l'imbécillité ici… ricane le dernier avant de suivre Illuso dans un miroir du couloir, laissant Trish en plan à nouveau."
Trish soupire, remettant une mèche dans sa coiffure, elle entend des pas lourds venir du fond du couloir. Ils se rapprochent, une silhouette se dessine dans la pénombre du couloir.
Elle déglutit, se rendant compte de la taille et la musculature de l'homme qui l'approchait, elle rougit, levant ses yeux de biche vers lui. Il lui sourit en retour, elle sent son coeur battre plus fort jusqu'à ce que l'homme ténébreux ne lui passe à côté comme si elle n'existait pas.
" - Comment vas-tu ? Tu t'es encore battu ? demande une voix masculine derrière elle.
- Je vais bien… J'ai failli attraper l'informateur du Boss mais il m'a échappé… grogne Risotto avec sa voix rauque. "
Trish se tourne pour voir qui lui volait la vedette devant Risotto. Ses yeux tombent sur Risotto qui était occupé à embrasser tendrement le blond qui avait parlé plus tôt. Cette vision lui donna des frissons de dégoût, son destin était-il de tomber amoureuse de tous les gays d'Italie ?!
" - Je suis sûr que tu as fait ton maximum, Riso !
- Ça n'a pas été suffisant… soupire le plus grand avant de sourire à Prosciutto. Merci d'être passé me voir Pros'...
- Tu vas faire quoi maintenant ? demanda Prosciutto en se blottissant contre son amant. On pourrait passer un petit moment ensemble…
- On fera ça un peu plus tard, je dois aller voir Bucciarati… Mais ne t'inquiète pas, je m'occuperai bien de toi juste après, chuchota-t-il à l'oreille de Prosciutto qui devint rouge écarlate. "
Ces dernières paroles n'arrivent pas à l'oreille de notre chipie mais elle a très bien compris ce qu'il se tramait à la réaction de Prosciutto. Dire qu'elle était verte de jalousie était peu dire. Alors qu'elle fulminait de rage dans son coin, le couple se sépara. Prosciutto se dirigea vers le salon tandis que Risotto entra dans la chambre où se trouvait le gang de Bucciarati presque au complet.
L'entrée de Risotto Nero dans la chambre ne passa pas inaperçue. Le groupe encore debout se tourne vers l'homme et le salue calmement.
" - Bonjour, Bucciarati… Comment va ton équipe ? demande poliment le chef de la Squadra en observant la pièce et les blessés.
- Bonjour, Nero… Ils vont mieux… Ils ont besoin de repos pour le moment mais tout ira bien ! sourit doucement Bruno alors qu'il caresse les cheveux de Narancia d'un geste paternel. Merci de nous accueillir et de nous protéger…
- Ce n'est rien… Ça fait partie de notre arrangement… Tous les alliés disponibles sont à prendre dans une guerre comme celle-ci… ajoute calmement Risotto, s'approchant des blessés et remarquant qu'ils avaient été soignés.
- Merci qu'en même… Vous avez des informations supplémentaires sur le Boss depuis le dernier contact ?
- J'ai trouvé l'informateur mais il a filé… Je sais à quoi il ressemble mais ça ne nous aide pas… Je n'ai pas eu d'informations en plus… Et ton côté ?
- Le Boss est déterminé à nous abattre au plus vite… Il s'est attaqué à Narancia dès qu'il en a eu l'occasion… Je suis étonné qu'il n'ait pas encore essayé de nous atteindre ici…
- Il sait très bien ce qu'il l'attend s'il ose passer la porte de cette maison… Toute mon équipe est prête à se battre ! Elle ne le laissera pas partir vivant d'ici… Il va sûrement essayer de nous envoyer son équipe personnelle d'abord… Et quand elle aura échoué, il viendra de lui-même… ou nous irons le chercher.
- Bien… Mais je ne veux pas qu'on tue les membres de l'équipe du Boss…
- Q… Quoi ?! Pourquoi ça ?! Ils ne seront pas cléments avec nous, tu le sais !
- Je suis sûr qu'on pourra les convaincre de nous rejoindre ! Le Boss est un tyran ! Et son équipe doit être aussi puissante ! Ça serait magnifique d'en avoir un ou deux dans notre poche !
- Si tu le dis… soupire Risotto, peu convaincu."
Ils discutaient tous ensemble calmement avant que quelque chose vienne briser l'une des vitres de la pièce, ils se tairent tous d'un coup, sur leurs gardes. Une silhouette se dessine au sol, quelqu'un enjambe la vitre brisée et entre dans la pièce. L'homme observe tour à tour chaque visage présent dans la pièce, il avait repéré les deux blonds dont parlait le mail, il avait réussi à les différencier et se dirige dangereusement vers Giorno, l'air confiant. Personne ne bougeait, comme s'ils étaient figés, personne à part Mista qui avait été réveillé par le brisage de la vitre, il faisait le mort, attendant d'avoir un bon angle pour abattre l'intrus. Alors que celui-ci s'était approché de Giorno, Mista se redressa après avoir récupéré son arme de la table de chevet à ses côtés, et il tira, visant la tête de l'intrus qui s'écroula, mort. Les personnes présentes dans la chambre se tournèrent vers la source du tir, et Bucciarati sourit à Mista, soulagé.
"- Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais il en avait après Giorno, et il est hors de question que je le laisse s'en prendre à lui…, déclara Mista après s'être rallongé, faisant rougir un Giorno encore affaibli.
- Tu as bien fait Mista, dit Bucciarati. Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais l'impression que je ne pouvais plus bouger…
- Sûrement l'effet d'un stand, déclara Risotto. En tout cas, on ne peut pas rester ici, nous ne sommes plus en sécurité."
Le groupe s'active, regardant pour sortir les blessés de la pièce alors que quelque chose bouge et se déplace dans le corps refroidi de Carne. Risotto se tourne vers le corps, inquiet.
"- Sortez d'ici ! Vite ! crie Risotto, comprenant à qui ils avaient affaire."
Fugo s'inquiète rapidement, prenant Narancia dans ses bras et voulant quitter la pièce au plus vite, alors que Mista se presse, portant aussi Giorno toujours affaibli. Bruno reste auprès de Risotto pour l'affronter, Abbacchio, un point protecteur, reste avec Bruno et Risotto tout en surveillant les arrières de Mista et de Giorno qui étaient sortis de la pièce. Ils furent rejoints par Illuso et Melone qui les guidèrent à l'extérieur, rejoignant Trish qui était aux côtés de Formaggio. Ils eurent juste le temps de sortir que quelque chose jaillit du corps de Carne. Fugo, paniqué, attrapa Narancia et alla s'enfermer avec lui dans la salle de bain attenante à la chambre pour le mettre en sécurité. Bucciarati avait pris peur pour Narancia, mais il fut soulagé en voyant que Fugo avait pris les choses en main. Il allait pouvoir se concentrer sur le combat qui allait venir et il ne tarde pas à venir à lui.
C'est avec angoisse que Bucciarati vit le stand de l'ennemi se diriger vers Abbacchio.
"- Attention, Abbacchio ! L'ennemi n'est pas là ! s'exclame Bruno pour occuper l'attention de Leone, alors qu'il voulait le prévenir de la présence de l'ennemi.
- Hein ? Tout va bien, Bruno ? demande Abbacchio, un peu perdu.
- Qu'est-ce que vous me faites ? Restez concentrés ! les interrompt Risotto, furieux qu'ils soient aussi dissipés dans un moment pareil."
Ils se reprennent et observent l'environnement, cherchant où s'était caché le stand de Carne. Bucciarati comprit que quelque chose n'allait pas. Le stand n'était pas présent dans la pièce, et il ressentait la présence d'un autre stand ennemi. Après tout, il n'était pas maître de ce qu'il disait… Cela devait être un stand autonome ou à longue portée, le manieur ne devait pas être loin mais comment Bruno pouvait-il s'exprimer sans dire le contraire de ce qu'il voulait vraiment dire… Rapidement, une idée lui vient, le faisant sourire et même rire. Il se tourne vers Abbacchio, ce dernier et Risotto regardent bizarrement Bucciarati, se demandant vraiment ce qu'il avait.
Ce qui suit était improbable, venant de Bruno, il giffle durement la joue de Leone avant de crier de toutes ses forces, les larmes aux yeux.
"JE TE DETESTE LEONE !"
Risotto avait des doutes jusqu'ici mais pour lui, l'affaire était claire, maintenant. Bruno n'était pas malade mais sous l'emprise d'un stand et heureusement pour le jeune Capo, Risotto le connaissait bien. Abbacchio, lui, ne comprenait pas. Il n'avait rien fait pour que Bucciarati se mette à le détester, et ça le faisait angoisser. D'un coup, il avait peur… Peur que Bucciarati décide de le quitter pour une raison qui lui est inconnue.
Nero remarque vite l'état de Leone, ne voulant pas perdre plus de temps. Il active son stand sur Bruno, transformant le sang dans la langue de Bucciarati en ciseaux et lames de rasoir. La victime de Metallica crie de douleur en sentant les lames le couper, lui et le stand parasite qui l'habitait. Abbacchio, en remarquant la souffrance de son amant, se précipita à ses côtés, il regarde Risotto, l'air méfiant et perdu.
"- Qu'est-ce que tu fais, Risotto ?! Bruno n'est pas ton ennemi !
- Lui non, mais le stand sur sa langue oui ! C'est à cause de ce stand s'il t'a dit cela !
- Comment ? demande Leone, abasourdi par la nouvelle, alors que Risotto arrête de torturer Bruno en sentant le pouvoir de Talking Head s'estomper.
- M… Mer… ci…, articule faiblement Bucciarati, avant de soigner ses blessures avec des tirettes.
- Pas de quoi… Je crois qu'il a pris peur et qu'il est parti… Il est du genre à bosser en duo, utilisant l'autre comme distraction pour semer le doute…
- Ow… dit Abbacchio, la voix basse, s'en voulant un peu.
- Tu aurais pu le comprendre si tu n'avais pas eu l'esprit biaisé à cause de votre situation…
- Quoi ?! Mon esprit n'était pas biaisé !
- Mais tu as quand même cru ce qu'il t'a dit… Si tu avais vraiment confiance envers les sentiments de ton partenaire, tu aurais compris directement ! Mais bon, vous n'y connaissez encore rien… soupire Risotto, comme si c'était une vérité ultime."
Bruno rougit un peu, embarrassé par la situation, alors qu'il voyait Risotto et Abbacchio se chamailler.
"- Les garçons… Il reste un stand à combattre si la théorie de Risotto se tient…
- Bien sûr que j'ai raison ! s'exclame Risotto, alors qu'ils se repositionnent, guettant le second stand qui se cachait dans la pièce."
