Chapitre 19
L'ambiance redevient rapidement sérieuse quand Nero rappela à Bucciarati qu'ils avaient une mission à accomplir. Le groupe se scinde juste après, la partie la plus nombreuse montent dans les voitures et démarre pour s'éloigner et aller se cacher dans une autre planque.
Quand les voitures furent loin, Bucciarati soupira avant de se tourner vers Risotto.
"- Bien, tu m'expliques maintenant ?
- On doit retrouver deux de ceux qui nous ont attaqués, répondit Nero. Ils se sont retirés parce qu'on en a blessé un… Ils tiennent plus à leur vie qu'aux ordres du Boss, ils pourraient être utiles… Sinon, ils ne nous feront rien et on pourra les aider.
- Ok, mais pourquoi on y va seulement qu'à deux ? Leone ou même Prosciutto auraient pu venir avec nous.
- Je préfère qu'on soit le moins possible, on leur donnera plus facilement confiance. Si on est plus nombreux, ils seront toujours sur leurs gardes et on ne sait pas ce qu'ils pourront faire pour se protéger."
Bucciarati acquiesça, ayant compris la raison derrière cela. Ils se dirigent calmement dans une des rues qui longent le canal. Risotto donnait la cadence et Bruno le suivait.
"- Fugo a dit que le stand qui l'attaquait était apparu dans l'eau, c'est pour ça qu'on reste près du canal, j'imagine ? demande Bruno.
- Oui, exactement. Si l'un des deux est blessé, l'autre veut le protéger et il est plus puissant près d'un point d'eau… Avançons prudemment, Bucciarati !"
Ils remontent doucement la rue avant d'entendre du bruit dans une ruelle à leur droite. Ils se tournèrent vers celle-ci, sur leurs gardes. Deux hommes s'y trouvaient, l'un des deux était blessé et le second s'occupait de soigner ses plaies, semblant très inquiet pour le premier. Bruno les observe un moment, repensant à Leone avec qui il avait passé un moment similaire quelques jours plus tôt. Risotto ne semble pas s'y intéresser et entre dans la ruelle, alertant les deux autres hommes qui n'avaient pas vu les deux anciens Capos arriver. Celui qui n'était pas blessé se positionne devant l'autre, prêt à attaquer en cas de besoin. Nero leva les mains en signe de paix, surprenant les deux hommes qui ne crurent pas au geste de paix.
"- Qu'est-ce que vous faites là !? Vous êtes venus finir le travail !?
- Non Squalo, répondit Nero. On est venus ici pour discuter. Nous avons un marché pour vous… Ça vous intéresse ?"
Squalo et Tiziano se regardèrent, se comprenant d'un regard. Ils n'avaient pas besoin de plus pour se comprendre, et la seule chose qui comptait pour eux était d'être toujours ensemble, ils n'avaient rien à perdre à écouter la proposition. Alors que Squalo allait prendre la parole, Tiziano fut pris d'une quinte de toux assez forte, inquiétant Squalo qui se mit à paniquer.
"- Je peux le soigner, annonça Bucciarati qui était resté discret depuis le début. Je peux fermer les blessures les plus graves avec mon stand. Ca tiendra le temps qu'il se fasse soigner par un médecin, ou par Giorno si vous acceptez de rejoindre le groupe.
- Faites-le, déclara Squalo en ne lâchant pas du regard Tiziano. Et comment ça, rejoindre le groupe?
- Cela fait partie du marché, répondit Nero en croisant les bras sur son torse.
- On gagne quoi dans ce marché, nous ? demande Squalo, toujours un peu méfiant.
- Une vie tranquille, sans l'influence du boss. Vous vous faites oublier quelques temps et quand le boss ne sera plus, nous vous recontacterons… Du coup, vous devez quitter Passione.
- Vous savez que le boss, c'est pas une petite pointure ? Vous vous en rendez compte ?
- Il est seul, nous sommes une dizaine… Il n'a aucune chance…
- Il a un stand surpuissant, ça se sent rien qu'à son aura… Même en étant une dizaine, vous n'avez aucune chance contre lui…
- Nous allons obtenir quelque chose qui nous permettra de l'écraser ! renchérit Bruno, faisant référence à cette rencontre avec l'inconnu.
- Nous devons d'abord voir ce qu'il nous veut mais j'imagine qu'il cache quelque chose de spécial qui nous permettra de renverser le boss… rajoute Risotto, alors que Tiziano et Squalo s'échangent quelques regards, se mettant d'accord en silence.
- Nous ne risquons rien si nous disparaissons de Passione du jour au lendemain ?
- On peut faire croire au boss qu'on vous a éliminé… Il ne viendra pas vérifier par lui-même… Vous n'êtes que des pions à ses yeux après tout…
- Alors, on doit juste faire profil bas jusqu'à ce que vous éliminiez le Boss ? D'accord pour ça… Mais après il se passe quoi ?
- L'un d'entre nous prendra les rênes et nous réformerons Passione… Vous pourrez revenir si le cœur vous en dit…
- Je ne sais pas, déclara Squalo. Je pense qu'on verra au moment venu. ajoute-t-il avant de se tourner vers Tiziano pour avoir son avis."
Tiziano acquiesça. Pour le moment, ils avaient surtout besoin de repos et de tranquillité pour qu'ils puissent soigner Tiziano correctement. La suite, ils y penseront plus tard.
"- Nous allons faire profil bas pour le moment, déclara Squalo. Nous partons pour le sud de la France, nous avons toujours voulu y aller…
- Ça m'a l'air d'être une bonne destination, sourit Nero, tournant son regard vers Bruno qui acquiesce à la réponse du couple avec un petit sourire.
- Je vous conseille de passer voir un médecin avant de partir, dit Bucciarati. Ou aller voir Giorno pour éviter de mettre la puce à l'oreille au Boss."
Le couple, après un regard, annonça qu'ils allaient rejoindre Giorno avant de partir vers leur destination. Risotto donna à Squalo un papier contenant l'adresse de la planque, et il laissa le couple partir après que ceux-ci les aient remerciés.
Après leur petite entrevue avec le couple de manieurs, Bruno et Nero se dirigent calmement vers le pont Vecchio où ils avaient rendez-vous avec le fameux inconnu qui avait un secret pour combattre et éliminer le Boss. En parlant de lui, il observait le duo s'approcher, restant dans la pénombre de la pièce pour ne pas être repéré. Il remarque que Bruno vérifie l'adresse sur un bout de papier avant d'entrer dans la boutique où l'inconnu leur avait donné rendez-vous. Le duo remonte à l'étage et toque à la porte de l'homme.
"Entrez… répond une voix avec un léger accent français."
Ils obéissent. En entrant, ils remarquèrent que la pièce était plongée dans la pénombre, et ils pouvaient voir dans l'ombre une forme qui ressemblait à un homme sur un fauteuil roulant.
"- Pourquoi un accueil dans la pénombre ? demanda Risotto. Vous cacher ainsi ne nous permettra pas de vous faire confiance.
- Je ne me révélerai que lorsque je serai sûr d'une chose. Etes-vous prêt à aller jusqu'au bout pour faire tomber le boss ?
- Le tuer voulez-vous dire ? commença Bucciarati. Oui, sans aucune hésitation.
- Pareil pour moi et la Squadra, déclara Risotto.
- Bien, c'est ce que je voulais savoir. Par contre, je croyais que Giorno Giovanna devait venir également.
- Il est en train de se remettre d'un grand vide d'énergie suite à une trop grande utilisation du pouvoir de son stand, répondit Bruno. On a préféré le mettre à l'abri et de toute façon Mista ne l'aurait pas laissé venir avec nous, finit-il en souriant tendrement.
- Je vois… J'aurais besoin de le voir avant de vous confier l'objet dont je veux vous parler… Après tout, ça a en partie à voir avec son histoire familiale…
- Son histoire familiale ? En quoi ça a à voir avec le Boss et notre mission ? demande Risotto, un peu heureux que la conversation ne dérive mais le français insiste.
- Ses origines nous aideront ou nous mèneront à notre perte… Son père était un vampire d'une centaine d'années, il s'est emparé du corps de l'arrière-arrière grand père de mon ami ! Il a failli causer la mort de la mère de ce même ami ! Il a causé bien des malheurs mais la question est : a-t-il hérité de ce vampire ou de l'arrière-arrière-grand-...
- C'est bon, on a compris ?! le coupe Nero, peu patient pour ce genre d'histoire, soupire, alors que Bruno offre un sourire gêné au français.
- Si vous connaissiez Giorno, vous sauriez, mon ami, que Giorno est vraiment quelqu'un de fiable.
- Je veux bien vous croire, mais je préfère me faire mon propre avis sur la question. Du coup, pour revenir à ce que je disais sur le père de Giorno et le lien avec l'objet que je veux vous confier… Sachez que ce vampire a obtenu les pouvoirs de son stand grâce à un de ces objets.
- Cet objet ne sert à rien donc ? Nous avons déjà tous un stand… souffle Risotto.
- Si vous arrêtiez de me couper, on pourrait avancer ! s'exclama l'homme, s'énervant autant que notre gothique préféré. Le boss a trouvé plusieurs de ces objets dans sa jeunesse, lui conférant un stand. Mais nous sommes plusieurs à penser que ces objets ont un autre pouvoir sur les stands et je peux confirmer que pour certains stands, ils ont un effet. Et je reste persuadé que le stand de Giorno Giovanna peut développer un grand pouvoir. C'est pour cela que je veux parler avec lui avant de vous le confier.
- Pas qu'on ne nous fait pas confiance mais pourrions-nous avoir votre nom au moins ? demande poliment Bruno dès que l'homme eut terminé sa tirade.
- Oh… Oui… Où sont passées mes manières ? se demanda-t-il à haute voix en parlant français sans s'en rendre compte avant de s'avancer vers la lumière. Je m'appelle Jean-Pierre Polnareff ! déclare-t-il dans la langue des deux Capos."
Les deux italiens peuvent observer un homme d'une trentaine d'années en fauteuil roulant, il avait des prothèses à la place des jambes et son œil droit avait l'air blessé, peut-être même aveugle. Ils se regardent, ne sachant pas quoi penser de son allure.
"- Que… commença Nero.
- Je sais que mon apparence peut surprendre, dit Polnareff avec un petit sourire triste.
- Comment avez-vous fini ainsi ? Si ce n'est pas trop indiscret bien sûr ! demanda Bucciarati.
- C'est votre Boss qui m'a mis dans cet état… soupire Polnareff à la surprise générale.
- Et vous êtes toujours en vie ?! C… C'est-
- Incroyable, je sais… Mais je connais son identité… C'est pour ça que je peux vous aider !
- Vous auriez pu commencer par ça ! Comment s'appelle-t-il ?! s'exclame Risotto, voulant avoir la réponse qu'il cherchait depuis des années en travaillant dans l'ombre.
- Diavolo…
- Ça ne me dit rien… C'est peut-être un nom de code ? propose gentiment Bruno, il voyait bien que Risotto voulait des réponses alors il le devance. Ce Diavolo, vous savez à quoi il ressemble, j'imagine ? Vous pouvez nous le décrire ?
- Oui, bien sûr… Je crois que je suis le seul à avoir survécu à un combat contre lui… Il est assez grand. Il a des yeux verts magnifiques, je n'en ai jamais vu de tels… Et il a des cheveux roses, aussi... J'ai trouvé ça bizarre la première fois que je l'ai vu…
- Des cheveux roses, vous dites… répète Risotto, pensif.
- Tu sais quelque chose, Risotto ? demande Bruno, attirant son attention et celle de Polnareff.
- J'ai vu un adolescent avec des cheveux roses ce matin… Je sais que c'est l'informateur du Boss… C'est peut-être quelqu'un de sa famille… Si on l'attrape, on pourra en savoir plus…
- De sa famille ? Peut-être son petit frère s'il a l'air plus jeune… réfléchit Bucciarati à voix haute.
- C'est étrange…, commença Polnareff. J'ai fait des recherches sur Diavolo et, à part sa fille, Trish Una, il n'a plus de famille.
- C'est une coïncidence, alors…? demande Bruno, septique.
- Nous verrons plus tard… Maintenant que vous ne semblez plus être une menace, nous allons vous amener à Giorno… Si ça te va, Bucciarati ? demande poliment Nero, recevant une réponse positive du jeune Capo qui hoche la tête.
- Pour la conversation avec lui, vous verrez avec lui, déclara Bucciarati avec un petit sourire. Le connaissant, il va accepter de vous parler, surtout s'il peut en apprendre plus sur lui. Par contre, attendez-vous à voir Mista très protecteur envers lui, il voudra assister à la conversation.
- Pas de soucis, dit Polnareff.
- Bien, nous allons rejoindre les autres alors, commença Risotto. J'ai demandé à Prosciutto d'aller à notre planque en périphérie de Rome.
- Direction Rome ! s'exclama le français."
Il suivit les deux italiens, Risotto les emmenait vers sa voiture personnelle, stationnée non loin du lieu de rendez-vous.
Une fois les trois hommes installés, la longue route vers Rome débuta.
