Chapitre 20


La route jusqu'à Rome fut longue pour les trois hommes. Entre les deux qui se languissaient de leurs amants, et le troisième qui réfléchissait à la conversation qu'il allait avoir avec le fils de Dio, ce ne fut pas la joie : il n'y eut aucune conversation pendant tout le trajet, et ça se faisait ressentir sur le moral des trois hommes qui avaient hâte d'arriver à destination.

Risotto arrêta la voiture devant une maison de campagne, dans la banlieue de Rome. L'endroit plut immédiatement à Bucciarati, il s'y sentait comme chez lui. Il décida à ce moment précis que, s'ils s'en sortaient, il viendrait s'installer non loin de là avec Abbacchio, s'il était d'accord bien sûr ! Il n'imposera pas son choix à son amant.

"- Nous sommes à une demi-heure de Rome, déclara Nero en coupant le contact de la voiture. C'est Prosciutto qui a choisi l'endroit, il est tombé sous le charme du lieu.

- Je le comprends, dit Bucciarati avec un petit sourire. C'est pareil pour moi.

- Pas étonnant… Ah, en parlant du loup… dit-il en sortant de la voiture et en voyant Prosciutto sortir de la maison."

Risotto rejoint rapidement son amant afin de l'embrasser tendrement. Bruno sourit doucement en les voyant aussi amoureux l'un de l'autre, puis il sortit pour aider Polnareff à sortir de la voiture. Il est rejoint par le couple qui vient les aider quand ils remarquent que Bucciarati n'allait pas y arriver seul.

"- Désolé, murmura Polnareff; gêné.

- Ce n'est rien, dit Bucciarati en souriant. Ça ne nous dérange pas du tout de vous aider.

- Merci, répond poliment Jean-Pierre, alors que Bruno pousse sa chaise vers la maison, suivi de Risotto et Prosciutto."

Le blond prit vite les devants, et emmena le groupe vers un petit salon où étaient installés les membres du gang de Bucciarati, ainsi que Melone et Ghiaccio. Bruno remarqua en entrant dans la pièce qu'ils discutaient tous de bon train, sauf Giorno et Mista, dans leur bulle dans un coin de la pièce, et Abbacchio qui n'avait pas l'air d'être de très bonne humeur. Après tout, c'était rare de le voir heureux sans son chéri. Pour preuve, le visage de Leone s'illumina en voyant Bruno entrer dans la pièce.

Les discussions cessent doucement quand les membres remarquent les nouveaux venus et surtout l'inconnu qui se tenait droit dans son fauteuil roulant.

« - Les garçons, voici Jean-Pierre Polnareff ! Il va nous prêter main forte pour combattre le Boss ! annonça Bucciarati. Giorno, peux-tu venir un moment s'il-te-plaît ? Monsieur Polnareff voudrait te parler...

- Oui bien sûr, répondit Giovanna en se levant tout en quittant les bras d'un Mista récalcitrant.

- Je viens avec toi ! s'exclama Guido. Je ne te laisse pas seul avec un inconnu !

- Mista… commence Bruno, un peu gêné que Mista s'interpose.

- Ce n'est pas un souci Bucciarati… Il peut venir avec nous si ça ne dérange pas, Giorno… coupe Polnareff avec un petit sourire, comprenant leur proximité."

Bruno soupira avant d'emmener Polnareff, Giorno et Mista dans une autre pièce, que Prosciutto avait préparée, pour qu'ils puissent discuter en toute tranquillité.

"- Vous avez besoin de quelque chose avant que je parte ? demanda le Capo avec un petit sourire.

- Ça devrait aller, je te remercie, répondit Polnareff en faisant rouler son fauteuil vers le petit coin salon de la pièce.

- On n'a besoin de rien, déclara Mista. Vas donc retrouver ton homme ! Il s'impatiente !"

Bucciarati sourit doucement avant de faire un signe de tête et de les laisser. Giorno entraîne Mista vers le canapé présent dans la pièce et il oblige le brun à s'installer sans dire un mot. Le couple focalisa son attention sur le français et attendit qu'il se lance.

« - Bien… Giorno… Tu dois certainement te demander pourquoi j'ai demandé à te parler alors que nous ne nous connaissons pas. Mais je dois t'avouer quelque chose : j'ai rencontré ton père lors d'un voyage il y a une dizaine d'années maintenant…

- Mon… père… ? demanda Giovanna, soudainement intéressé.

- Oui. Mes compagnons et moi-même allions en Egypte pour y trouver ton père et l'éliminer… Sache que des vies étaient en jeu, et que nous n'avions pas vraiment le choix.

- Je comprends tout à fait, je ne vais pas vous en vouloir pour cela, annonça le blond, voulant connaître la suite. Que savez-vous sur lui…?

- C'était un homme très charismatique et puissant… Il savait comment convaincre beaucoup de monde… On ne pouvait pas lui résister, lui dire non c'est impossible... Même moi, je n'y ai pas résisté… Mon stand pouvait lui être utile et je suis tombé sous son contrôle rapidement. Je n'ai rien pu faire contre lui. Il m'a ordonné de tuer ceux qui allaient devenir mes amis une fois libéré de son contrôle. Avec le recul, sans Dio, je n'aurais jamais rencontré les meilleurs camarades qu'on puisse avoir. Mes aventures à leurs côtés ont sûrement été les meilleurs moments de toute ma vie. Je n'oublierai jamais tout cela. Pour en revenir à ton père… Physiquement, tu lui ressembles, mais à l'intérieur… tu as tout pris des Joestar. Ça doit être les gènes de Jonathan qui t'ont rendus ainsi !

- Jo… Jonathan ? Mais mon père est Dio, non ?

- Dio a volé le corps de Jonathan bien avant qu'on ne le rencontre et c'est son sang qui coule dans tes veines ! Le sang noble et pur des Joestar ! On peut dire que tu as deux pères pour le prix d'un…

- Je vois… Donc vous vouliez voir duquel je tenais le plus, c'est ça ?

- Exactement !

- D'accord… Et en quoi ça nous aide à combattre le Boss ?

- Je connais son identité et je voulais te tester pour voir si tu étais digne d'utiliser un grand pouvoir mais tu es un Joestar… Tu es bâti pour accomplir de grandes choses ! Après tout, les Joestar ont réalisé de grandes choses ! S'exclame Polnareff, ce qui fait sourire Giorno qui se sentait un peu plus important maintenant.

- Je suis heureux d'être digne de votre confiance !

- Bien… Allons au vif du sujet… Vos collègues doivent s'inquiéter que nous prenons autant de temps… J'ai dans mes mains une arme capable de battre votre Boss et pour cela j'ai besoin de toi, Giorno ! Quand je te donnerai ce pouvoir, ton stand sera ampli de meilleures capacités et il deviendra presque imbattable ! Même King Crimson ne pourra pas le battre ! Une fois le Boss devenu impuissant face à ton stand, tu n'auras plus qu'à tendre la main pour prendre sa place !

- Une arme qui améliore les stands ? C'est assez peu commun…

- Oui, votre Boss veut lui aussi s'en emparer donc il faut le garder en lieu et l'utiliser qu'en cas d'urgence… Le pouvoir de cette arme est incroyable… Tu comprendras quand tu l'utiliseras sur ton stand ! Je ne peux pas t'en dire plus, tout dépend du stand pour la suite. Mais vu le pouvoir du tien, je pense qu'on va avoir quelque chose d'incroyable.

- Giorno ne peut pas essayer de l'utiliser ? demanda Mista, intéressé. Comme ça, on peut voir de quoi Gold Experience est capable.

- Je ne préfère pas, répondit Polnareff. Ce pouvoir est souvent très instable et il peut se déclencher automatiquement s'il s'agit d'un pouvoir de zone… Vaut mieux être prudent avec ce pouvoir…

- Bien, nous verrons donc à ce moment-là, déclara Giorno avec un petit sourire.

- Giorno, je suis très sérieux. Promets-moi de faire très attention le jour où tu utiliseras cette arme.

- Je vous le promets monsieur Polnareff."

Le français acquiesça à cette promesse. Il savait qu'il pouvait faire confiance aux promesses du blond face à lui.


Quand Bucciarati ferma la porte de la pièce où il venait de laisser Giorno, Mista et Polnareff, il se fit happer par Abbacchio qui l'emmena dans une autre chambre, assez éloignée des autres. Bruno rit légèrement en comprenant qu'il était hors de question qu'il retourne voir les autres dans le salon : Abbacchio voulait qu'ils passent un moment ensemble et que le brun respecte sa promesse. L'ancien policier ferma rapidement la porte de la chambre sans la fermer à clé et se jeta sur le Capo pour l'embrasser passionnément.

"- Tu as une promesse à respecter Bruno, déclara Abbacchio en coupant le baiser.

- Tu n'as donc pas oublier ? demanda malicieusement Bucciarati.

- Pourquoi l'oublierais-je ? J'attends depuis mon départ et c'est long, très long, de t'attendre en pensant à cela.

- Ah oui~? Tu n'as pensé qu'à cela~? Quel pervers tu fais~ taquine gentiment Bruno en faisant en sorte qu'Abbacchio recule vers le lit.

- À quoi tu joues, Bruno~?

- Moi~? À rien, voyons~ répond Bucciarati à Leone avant de le pousser sur le lit, ce dernier se laissant faire, curieux de voir la suite.

- À rien, bien sûr~ réplique Abbacchio qui lève un sourcil, ne croyant pas trop Bruno qui s'installa sur ses jambes."

L'intéressé était occupé à défaire lentement sa veste de costume pour faire languir son partenaire qui bouillait déjà de désir pour son Capo. Leone pouvait enfin voir l'entièreté du tatouage présent sur le torse de Bucciarati, il représentait un cœur décoré comme un mandala vide. Leone approche son visage du torse de son partenaire et y dépose quelques baisers, y laissant des marques de son rouge à lèvres. Cela fit gémir doucement Bruno qui obligea son amant à s'allonger sur le lit. D'un regard, il ordonna à Leone de ne pas le toucher.

"- Laisse-moi faire et profite du spectacle, murmura le brun à l'oreille de l'ancien policier. Ça va te plaire."

La bouche d'Abbacchio s'assèche d'anticipation. Il était déjà dans tous ses états alors que le Capo avait seulement enlevé son haut, alors il n'osait pas imaginer comment il allait être par la suite.

Quand il fut sûr que son amant allait le laisser faire, le brun commença à onduler doucement du bassin avant de se redresser un peu pour commencer à enlever son pantalon. Bruno contrôlait la descente lente de son pantalon, voulant toujours teaser de plus en plus son compagnon pour qui la respiration s'accélère de plus en plus. Il finit par le faire descendre mi-cuisse, laissant apparaître un joli boxer qui moulait bien son fessier. Bucciarati se penche pour baisser le reste, laissant son beau postérieur sous le nez de Leone qui déglutit difficilement.

Après avoir enfin retiré son pantalon, Bruno se tourne doucement vers Abbacchio, le regard coquin. C'était la première fois que Leone le voyait aussi taquin et ça lui plaisait beaucoup.

"- Ne bouge surtout pas, ça va te plaire.

- Tu me l'as déjà dit, déclara Abbacchio. Dépêche-toi de continuer !

- Oh ? Impatient mon cher Leone ? ~ Et… Oh, il n'y a pas que toi qui est impatient, le mini toi également, dit Bucciarati avec un petit sourire en descendant le regard. Mmhh, je vais m'occuper de toi mini-Leone ~"

Abbacchio gémit quand son amant ouvrit la fermeture éclair de son pantalon. Il était vraiment de plus en plus à l'étroit dans son pantalon : Bucciarati savait bien y faire !

Alors que le brun baissa son visage vers mini-Leone, la porte de la chambre s'ouvrit brusquement sur Melone qui affichait un large sourire en regardant le couple. Il allait s'installer dans un coin pour observer quand Ghiaccio débarqua à son tour pour l'arrêter, sous les regards énervé d'Abbacchio et gêné de Bucciarati.

"- Melone, sors d'ici ! cria Ghiaccio. Tu ne peux pas les laisser tranquille !?

- Mais je veux voir ! déclara Melone. En plus, ils arrivaient à un moment intéressant ! Oh, ne faites pas attention à nous et continuez, annonça-t-il au couple avec un large sourire.

- Mais comment tu veux qu'on continue espèce d'abruti ! s'énerva Leone en se redressant et en se rhabillant correctement alors que Bruno alla se cacher sous la couette. Je vais t'étriper, et même ton chef ne pourra rien faire pour toi !

- Hmm… J'avoue, la dernière fois que j'ai fait ça quand il était occupé avec Prosciutto, j'ai failli me faire tuer, dit Melone.

- Ça n'a pas l'air de t'avoir servi de leçon ! Dégage d'ici ! s'énerve Leone alors que Melone restait assis dans sa chaise.

- Mmmh~ Autoritaire~ Je commence à comprendre pourquoi Bucciarati a craqué…~ rajoute Melone sur un ton joueur, voulant gentiment pousser à bout Abbacchio.

- Sors de cette pièce avec ton pote ou je te traîne de force par le caleçon !

- C'est un string~

- Hein ?

- Je ne mets pas de caleçons, juste des strings~ répond Melone au tac au tac, laissant Leone mal à l'aise face à sa réponse."

Abbacchio serre les dents avant d'attraper Melone par le col et de le soulever à un bras, prêt à le jeter dehors alors qu'un troisième intrus entre dans la pièce. Il s'agissait de Fugo, il n'avait pas l'air dérangé ou confus face à cette situation.

"- Giorno, Mista et Polnareff sont revenus dans le salon, si ça peut vous intéresser…"

Il avait dit ces quelques mots avant de les laisser dans leur situation plus qu'étrange mais encore une fois, ça n'avait pas surpris Fugo une seule seconde. Bruno se cache encore plus sous la couverture, complètement embarrassé. Leone repose Melone, vraiment excédé, il n'a pas l'impression d'avoir d'intimité avec son compagnon et ça le frustrait beaucoup vu comment ça avait bien commencé. Bucciarati demanda, avec une petite voix, aux deux membres de la Squadra de sortir de la pièce. Ghiaccio obéit, poussant son ami vers la sortie. Quand ils furent sortis, le brun sortit de la couverture et se tourna vers son amant, désolé. L'ancien policier soupira en sachant très bien ce qu'il voulait faire : retrouver Giorno et Mista et voir si tout allait bien pour le blond.

"- Bien, on y va…, dit-il à contrecœur. Vas voir comment ils vont, tu t'inquiètes trop pour eux.

- Merci Leone… Et la prochaine fois, on fermera à clé, chuchota le brun à l'oreille de son amant qui s'était approché de lui avant de se détourner pour s'habiller, sous le regard de Leone qui attendait déjà avec impatience la prochaine fois."