Chapitre 21
Les personnes présentes dans le salon virent Melone arriver en courant dans la pièce. Ce dernier alla se cacher derrière Risotto et Prosciutto qui étaient installés ensemble dans un des coins de la pièce. Juste après Melone, ce fut Ghiaccio qui déboula dans la pièce, tentant de rattraper son comparse.
"- C'est la dernière fois que tu les déranges Melone ! Plus jamais tu m'entends !?
- Qu'est-ce que tu as encore fait Melone ? demanda Risotto.
- A ton avis Risotto ? Cet abruti a dérangé Bucciarati et Abbacchio ! Je ne veux plus jamais voir ce regard d'Abbacchio, j'ai eu la trouille de ma vie !
- Eh bien, vous n'avez qu'à pas venir nous emmerder, déclara le dit Abbacchio qui venait d'arriver dans le salon, accompagné de Bucciarati. La notion d'intimité est inexistante ici ou quoi ?
- Il n'y a que chez Melone que c'est inexistant, répondit Prosciutto en soupirant. Il faut faire avec. Je ne compte plus le nombre de fois où il a été poursuivi par nos stands.
- Ça valait le coup~ s'exclame Melone avant de s'asseoir dans un canapé, repensant à ce qu'il avait pu voir. J'ai pu voir deux magnifiques spécimens à l'action ~
- Incorrigible… soupire Risotto, embarrassé par le comportement déplacé de son subordonné, il se tourne vers Bruno et Abbacchio, l'air désolé. Excusez le pour son comportement… Nous avons tout essayé mais impossible de le raisonner… Il a même déjà forcé la serrure de notre chambre… Nous n'avons pas de solutions…
- Ce n'est pas grave, dit Abbacchio avec un petit sourire sadique. La prochaine fois, je lui tords le cou, comme ça il ne recommencera plus.
- Je verrai pour faire ça plus discrètement à l'avenir, vous êtes plus timides que Prosciutto et Risotto~ s'exclame Melone, répondant au tac au tac à Leone, alors que Prosciutto essayait de cacher ses rougeurs."
Polnareff prend la liberté de couper court à cette discussion gênante en se raclant la gorge. L'attention de tout le monde se reporte sur l'homme en fauteuil roulant, il se tourne vers Bruno et Risotto.
"- Venez vous deux… Maintenant que j'ai fait mon choix, nous devons parler… dit-il avant de repartir vers la pièce où il avait conversé avec Giorno et Mista."
Risotto entre en second dans la pièce, suivi de Bruno et Abbacchio qui ne semblait pas vouloir laisser son partenaire seul. Polnareff soupire devant ces gamineries mais il ne dit rien et s'installe là où il s'était mis pour parler à Giorno et Mista. Risotto prit place dans un fauteuil, laissant le canapé au couple. Polnareff se racle à nouveau la gorge avant de prendre la parole.
"- Bien. Je vous avais parlé d'un pouvoir qui peut nous permettre de battre le Boss. J'en ai discuté avec le principal intéressé et je vais vous mettre au courant de cela.
- Le principal intéressé ? Giorno ? demanda Bucciarati.
- Oui, Giorno. Il est certainement le seul capable d'utiliser et de contrôler ce pouvoir, répondit le français en sortant un objet emballé qu'il déballe devant les autres, dévoilant une flèche en or. Cette flèche permet de modifier le pouvoir d'un stand, mais le stand, dans la plupart des cas, devient incontrôlable.
- Pardon !? Incontrôlable !? s'exclama Abbacchio. Et vous voulez utiliser cette flèche sur le stand de Giorno ? Et pourquoi cela ?
- Giorno a un stand qui permet de contrôler la vie en quelque sorte. Je ne pense pas que son stand deviendra maléfique avec le pouvoir de la flèche.
- Et si son stand, avec ce pouvoir, fait tout le contraire de ce qu'il fait normalement ? continua Abbacchio, pas rassuré.
- Nous n'aurons pas d'autre choix que de le neutraliser… Mais j'ai confiance en Giorno, déclara Polnareff avec un petit sourire. Après tout, le sang des Joestar coule dans ses veines.
- Nous ne sommes sûrs de rien avec cette flèche donc, nous resterons sur nos gardes quand Giorno l'utilisera ! ajoute Bruno
- Qu'allons nous dire aux autres membres du groupe ? Ils doivent savoir que l'objet est dangereux et que le Boss ne doit pas mettre la main dessus peu importe le prix à payer… remarque Risotto, alors que Bruno acquiesça aux paroles de Nero.
- Oui… Qu'allons nous leur dire pour qu'ils protègent efficacement la flèche ?
- Que nous avons une arme qui nous permet de battre le Boss, mais que l'inverse est possible si cette arme vient à tomber en sa possession, répondit Polnareff après un petit moment de réflexion. Et dites leur de ne pas toucher à l'arme sinon les effets seront dévastateurs…
- D'accord… Nous avons tout ce qu'il nous faut… Bucciaratti, d'autres questions ? demande Risotto en se levant.
- Euh… Non ! C'est bon pour moi ! Nous allons informer notre gang de votre décision en restant vague sur l'arme en question… affirme Bruno avec un sourire avant de se lever, imité par Leone."
Polnareff ne dit rien, les regardant quitter la pièce, il sourit malgré lui, ayant l'impression de revoir Kakyoin suivi par Jotaro. Cela lui rappela de bons souvenirs mais aussi de mauvais, il croisait les doigts pour que ces deux là ne connaissent pas la même fin funeste. Après tout, Jotaro ne s'est toujours pas remis de la mort de son âme-soeur. Le français se demandait souvent si ça valait le coup de trouver son âme-soeur quand on voit l'état dans lequel se trouve son ami depuis ce jour funeste. Rien n'est plus dur que de rencontrer son âme sœur et de la perdre peu de temps après. Il ne savait même pas si Jotaro s'en était vraiment rendu compte avant de le perdre.
Les trois hommes avaient laissé le français dans ses pensées. Ils ne savaient pas à quoi il pouvait bien penser, mais vu le regard que Bucciarati avait remarqué, ça devait vraiment être triste comme pensées ou souvenirs. Le brun avait bien remarqué que le regard avait changé quand Polnareff les avait observés lui et Abbacchio. Avait-il perdu la personne qu'il aimait ? Ou alors un proche ? Dans tous les cas, Bruno le savait, perdre un proche ne fait jamais de bien, se souvenant de ses parents, le regard légèrement triste jusqu'à ce que Leone vienne lui prendre la main pour le ramener à lui, ne voulant pas qu'il sombre dans de mauvaises pensées. Abbacchio avait subi de mauvais moments lui aussi mais il avait besoin de Bruno pour illuminer ses journées, cela pouvait paraître égoïste mais il avait besoin que Bruno soit heureux pour qu'il le soit aussi. Fugo leur avait parlé de la symbiose entre eux, et il avait pensé qu'ils étaient des âmes-soeurs. Après tout, ils dégageaient la même chose que Giorno et Mista, et le fils de Dio avait confirmé l'hypothèse de l'autre blond. Giovanna avait bien remarqué le lien entre les deux hommes dès leurs rencontres et le couple était heureux d'avoir un tel lien, malgré les inconvénients que cela pouvait entraîner : jalousie excessive, sensation de vide quand l'autre disparaît...
Le trio revient rapidement au salon où on pouvait trouver la plupart des membres de leurs deux groupes. Bruno et Risotto viennent se poster devant le groupe qui se tait progressivement pour laisser leurs leaders prendre la parole. Ce fut Risotto qui expliqua la situation, Bucciarati étant seulement là pour compléter si besoin. Après quelques questions de la part des membres du gang, ils étaient tous brièvement au courant de ce qu'il se passait. La prochaine étape restait de trouver où se terrait le boss à présent, ce qui n'allait pas être chose aisée. Ils n'avaient que le nom de Diavolo après tout, peu de chance qu'il ait acheté une quelconque propriété à ce nom, ça serait trop voyant pour ses problèmes d'anonymat qu'il voulait à tout prix protéger. Giorno se tourna brusquement et chercha quelque chose dans la pièce qu'il ne trouve pas, en déduisit Mista, en voyant la bouille mécontente mais adorable de son amant.
"- Tu cherches quelque chose Giorno ? demanda Guido, attirant l'attention sur eux.
- Oui. On doit parler à Trish, elle doit sûrement avoir des informations sur son père.
- Mais bien sûr, pourquoi on n'y a pas pensé !? Je vais la chercher, elle doit sûrement être dans sa chambre ! s'exclama Fugo en se levant pour sortir de la pièce.
- Elle est tellement discrète en ce moment qu'on l'a oublié, murmura Bucciarati, choqué.
- C'est pas plus mal, marmonna Abbacchio. Moins je la vois et mieux je me porte."
Ils se mirent à suivre Fugo qui semblait savoir où la jeune fille se terrait, abandonnant Narancia qui s'était endormi durant le monologue de Risotto. Comme le pensait le blond, la jeune femme était effectivement dans sa chambre, occupée à se tartiner le visage de produits devant un miroir.
"- Qu'est-ce que vous faites là !? cria Trish, surprise, n'aimant pas qu'on entre dans sa chambre sans prévenir.
- On te cherchait, répondit Abbacchio, déjà énervé.
- Et pourquoi !? rétorqua la jeune femme. Vous ne faites pas attention à moi depuis un bon moment et d'un coup, vous voulez me voir !?
- Tu ne chercherais pas à briser mon couple, on te supporterait un peu ! cria Leone.
- Calme-toi Leone, ordonna Bucciarati. Nous ne sommes pas ici pour ça… Trish, que sais-tu sur ton père biologique ?
- Rien, à part qu'il est le boss de Passione. dit-elle sur la défensive alors que Fugo fouille discrètement ses affaires, Bruno et Abbacchio occupant l'attention de la jeune fille, Fugo pouvait ainsi agir librement.
- Tu ne l'as jamais vu ? Ni une description de ta mère ? insiste gentiment Bucciaratti.
- Non… Vraiment rien… Je vous jure…
- Bien sûr… Et ça, c'est quoi ? demande Fugo en sortant une photo de la trousse à maquillage de Trish, montrant sa mère accompagnée d'un homme, la photographie était déchirée sur un coin.
- Rien ! Ça ne te regarde pas ! s'exclame Trish en récupérant la photo rapidement, sur les nerfs.
- Tu ne penses vraiment qu'à toi petite peste ! cracha Abbacchio. On s'est démené pour toi, pour ta protection, et maintenant qu'on a besoin d'informations, tu nous les caches !? Tu te rends compte de ta connerie !? Tu nous mets tous en danger !
- Et alors !? Je m'en fous littéralement de vous ! Si je reste, c'est pour Bucciarati ! Et… "
Et Bam ! Personne ne l'avait vu venir, la baffe de Polnareff… La jeune femme recula sous la force de l'impact, surprise, tout en ayant posé une main sur sa joue. Les autres garçons semblaient un peu choqués du geste de Polnareff qui était pourtant une personne calme.
"- Tu es une aberration… Tu ne mérites aucunement qu'on se préoccupe de toi ! Comment oses-tu vouloir séparer des âmes-soeurs !? C'est un lien sacré, tu ne peux pas le briser ! s'écrit Polnareff, frustré de voir tant d'égoïsme en une personne.
- Je m'en fous ! J'ai le droit à ma fin heureuse ! Et j'ai décidé que je l'aurais avec Bucciaratti ! Alors personne ne m'en empêchera ! grogne Trish, voulant se faire respecter mais sans succès, tout le monde la regardait avec dégoût.
- Et lui ne sera jamais heureux avec toi ! rétorque le français. Tu me dégoûtes, on devrait te faire partir et ne plus s'occuper de toi ! Mais avant cela… Fouillez ses affaires ! On trouvera peut-être quelque chose ! Et Una, tu as intérêt à nous donner toutes les informations que tu as en ta possession !
- Je … je ne sais vraiment rien !
- Je ne te crois pas, déclara Giorno en regardant la photo. Il y a quelque chose d'écrit sur le dos de la photo, mais il faut retrouver l'autre morceau. J'ai l'impression que c'est un nom. Et vu comment ta mère a l'air amoureuse sur cette photo, elle a dû te raconter des choses sur ton père ! poursuivit-il avant de changer la photo en papillon qui se mit à virevolter dans l'air avant de se poser dans la main de Risotto dans laquelle elle se transforma à nouveau.
- Qu'est-ce que tu as fait !? hurla Trish, furieuse. Rends-moi cette photo !
- Tu parles avant et on verra ensuite ! Alors ? s'exclama Abbacchio."
Elle soupira et se mit à raconter ce qu'elle savait. Sa mère était tombée amoureuse d'un homme nommé Doppio - elle ne connaissait pas son nom de famille. Risotto sursauta à l'entente de ce nom : c'était celui du bras droit de Diavolo ! Il comprit de suite : l'homme qu'ils prenaient tous pour le bras droit du Boss était en fait le Boss ! Il fit part de sa déduction aux autres et ils palirent. Dire que le Boss avait été si près d'eux ! Enfin si près de Risotto, il l'avait presque attrapé, il serre les dents et les poings. Il était énervé contre lui-même et contre cette pimbêche qui n'avait pas donné l'information plus tôt !
Risotto s'avance vers elle et vient frapper du poing sur sa coiffeuse, faisant sursauter Trish.
" - Tu as vraiment été inutile et exaspérante ! Tu n'auras pas pu en parler plus tôt ! Ça ne te semblait pas important ?! Non, tu étais trop occupée à essayer de détruire le couple de Bucciarati et Abbacchio, n'est-ce pas ?! s'énerve Risotto, alors que Trish se faisant toute petite, effrayée par Nero.
- J… je… bégaye Trish.
- Tu quoi ?! Vas y, parle ! Espèce d'enfant gâtée… Tu ne fais que nous gêner, tu ne sers à rien ! Je ne veux plus te voir chez moi ! Je pense qu'Abbacchio à des choses à te dire, et une fois cela fait, tu dégages de chez moi ! Et ne demande surtout pas aux autres de te protéger, ils ne te suivront pas !"
Elle baissa la tête de peur : Risotto était terrifiant quand il était énervé… Elle savait qu'elle avait merdé mais elle ne voulait pas que ça se termine comme ça ! Elle allait tout faire pour que Bucciarati la suive ! Mais elle n'eut le temps de rien faire. Abbacchio s'était approché d'elle avec un sourire sadique et lui mit une claque. Le son résonna dans la pièce tandis que Trish recula sous le coup. Aucun des hommes présents ne s'approcha d'elle pour l'aider et elle commença à pleurer, pensant toucher le côté sensible de Bruno. Quand elle leva les yeux pour le regarder, elle s'arrêta. Jamais elle n'avait vu un regard si froid chez l'homme. Elle prit peur en comprenant : il n'allait rien faire pour elle, et en plus il semblait d'accord avec Risotto et Abbacchio. Elle était stupéfaite, elle ne reconnaissait pas Bruno. Son regard doux et patient avait disparu, plus jamais elle ne verrait ce regard tourné vers elle. Elle avait dépassé les limites et maintenant elle s'en mordait les doigts.
Elle pleurait toujours, elle s'avance vers sa coiffeuse, récupérant son maquillage, ainsi que quelques vêtements dans l'armoire.
" - J'ai bien compris… Je m'en vais… dit-elle à voix basse et cassée par ses pleurs."
Personne n'essaye de l'arrêter et Trish quitte la planque, les yeux plein de larmes. La pièce se remplit d'un lourd silence, alors que les garçons s'échangent des petits regards avant de quitter la chambre les uns après les autres. Seuls Bruno et Leone restent dans la chambre.
" - Elle ne comptait pas changer… Pourquoi ne l'ai-je pas vu plus tôt ? demande Bruno en chuchotant, seul Leone pouvait entendre.
- Tu n'as pas à t'en vouloir… Tu n'avais pas la tête à ça… Elle ne peut pas changer… Elle avait passé le point de non retour… explique calmement Leone en s'approchant de Bruno et finissant par l'enlacer tendrement pour le calmer."
Cela sembla fonctionner car le brun se laissa aller dans les bras de son amant. Des bras forts qui le rassuraient dans n'importe quelle circonstance. Il l'aimait tellement son Leone...
