Chapitre 22
Après le départ de Trish, et une fois Bucciarati rassuré, le couple rejoignit les autres qui étaient installés dans le salon, leur lieu préféré pour discuter. La journée avait été bien entamée, la nuit commençait à tomber, alors la joyeuse troupe s'est décidée à souper tous ensemble dans la salle à manger très spacieuse.
Autour de cette table, tous les membres discutaient et rigolaient, échangeant des assiettes remplies de charcuterie, de fromages et de légumes. Des paniers de pain étaient éparpillés sur tout le chemin de table, permettant à chacun de faire bonne chair. Mista nourrissait ses Sex Pistols avec de la charcuterie sous le regard attendri de Giorno. Risotto partageait son repas avec Prosciutto, se faisant manger l'un l'autre. Fugo surveillait que Narancia ne fasse pas de bêtises, s'étant mis entre lui et Melone, il avait peur que ce pervers détruise l'innocence qui définissait si bien son élève.
Bruno ne pouvait pas s'empêcher de sourire en voyant toute cette douce ambiance autour de la table. Il avait enfin réussi à rassembler du monde pour en faire une vraie famille, Leone ne disait rien, prenant la main de Bucciaratti sous la table pendant qu'ils mangeaient. Polnareff, quant à lui, observait cette ambiance du bout de la table. Cela lui rappelait les moments passés avec les Crusaders et il se permit un petit sourire attendri qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Bucciarati et d'Abbacchio qui ne dirent rien.
L'ambiance était de plus en plus joyeuse alors que Melone avait jugé bon de ramener quelques bonnes bouteilles de vin de la cave. Fugo avait très vite éloigné l'alcool du nez de Narancia, alors que Mista n'avait pas eu le temps pour Giorno. Ce dernier était bien plus ambitieux et entreprenant auprès de son cher et tendre après avoir bu un verre de vin. Le brun ne tarda pas à embarquer rapidement le blond vers leur chambre quand ce dernier commença à enlever sa ceinture, et cela sous le regard amusé d'une bonne partie de la salle, et catastrophé de Bucciarati.
"- Bruno ? demanda Abbacchio.
- Mais, mais… Giorno est mineur, il… Ils ne peuvent pas faire ça !
- Ton côté papa-poule ressort, Bruno~… Laisse-les s'amuser un peu… On a tous besoin de décompresser à notre façon… Mista sera doux avec lui, ne t'inquiète pas pour lui.
- Ça ne les tuera pas, Bucciarati~ Et puis, Giorno avait l'air d'avoir les crocs…~ rajoute Melone, n'ayant rien raté de la scène.
- Dis Bucciarati, demanda innocemment Narancia alors qu'il revenait des toilettes. Pourquoi Mista a pris les fraises et la bombe de crème chantilly dans la cuisine?"
Bruno s'étouffa alors qu'il venait de boire une gorgée de son vin, tandis que Melone éclata de rire.
"- Il va les manger avec Giorno ~ répondit Melone avec un petit air vicieux.
- Ne cherche même pas à les rejoindre Mel', menaça Ghiaccio en claquant son verre d'eau contre la table, déjà énervé alors que Melone n'avait encore rien fait. Et tu ne les rejoins pas non plus, continua-t-il alors que Risotto et Prosciutto se levèrent rapidement, le blond rouge écarlate.
- Tu n'es pas drôle Ghiaccio… A moins que tu ne veuilles me rejoindre dans ma chambre ?~
- Plutôt mourir ! s'écrit Ghiaccio à nouveau.
- Ah oui~ Ce n'est pas ce que tu m'as fait miroiter avant-hier~ Quand j'avais commencé à m'occuper de mini Ghiaccio~ rajoute Melone en venant coller gentiment Ghiaccio qui se leva rapidement, alors que Fugo avait vite attrapé Narancia pour lui couvrir les oreilles. Allez, Ghiaccio ! ~ Avoue le~ Tu te sentiras mieux après, ne complexe plus~
- La ferme ! ordonne Ghiaccio en tirant un Melone heureux à sa suite alors qu'ils sortent de la salle à manger."
Il ne restait plus que Pesci, Formaggio, Polnareff, Narancia, Fugo, Bruno et Abbacchio à table maintenant. Les derniers membres de la Squadra décidèrent de nettoyer la salle à manger et ils obligèrent les autres à quitter la pièce et à se reposer. Polnareff rejoignit tranquillement la bibliothèque afin d'emprunter un livre. Fugo tira Narancia jusqu'à leur chambre afin de laisser à Abbacchio et Bucciarati l'intimité dont ils avaient besoin. Le couple se dirigea vers l'extérieur, voulant profiter d'une balade sous le ciel étoilé.
Le silence de la nuit contrastait beaucoup avec le chahut dont ils avaient été témoins dans la salle à manger. Les deux étaient plaisants mais la nuit était bien plus apaisante pour eux qui aimaient le calme et se retrouver seuls.
"- Dis Leone…
- Oui ?
- Que veux-tu faire une fois qu'on aura battu le Boss ?
- Je ne sais pas Bruno… La seule chose que je veux, c'est qu'on continue ensemble… Qu'on garde notre grande famille près de nous… Je veux vivre à tes côtés Bruno… Peu m'importe où et comment…
- Pareil pour moi… C'est vrai qu'on n'a pas vraiment eu le temps de réfléchir au futur avec tout ça… Même si je ne le vois pas sans toi…
- Je n'ai jamais eu l'impression d'avoir trouvé un chez moi… Les seules fois où je me sens vraiment bien, c'est quand tu es auprès de moi, Bruno…
- Le… Leone… répond à demi voix le brun, alors que Abbacchio se tourne vers lui pour remarquer des larmes au coin de ses yeux.
- Ah ? Bru… Bruno ?! Pourquoi tu pleures ? paniqua Leone en venant essuyer rapidement les larmes de son âme sœur.
- Ce sont des larmes de joie… C'est la première fois qu'on me dit des mots aussi doux… rigole doucement Bruno.
- Je t'en ai déjà dit pourtant... se vexe Leone.
- Oui mais c'est différent… Merci pour tout Leone… Je ne pensais pas retrouver un bonheur comme celui-ci ! Tu m'as prouvé le contraire, dit-il avant d'attirer Abbacchio vers lui pour l'embrasser tendrement."
Ils approfondirent rapidement le baiser, mais les mains restèrent sages. Ils s'étaient promis plus tôt après la tentative avortée d'attendre que le Boss soit vaincu pour passer à l'acte. Alors, ils tiendraient cette promesse, coûte que coûte. Après quelques baisers supplémentaires, le couple décide de retourner dans la demeure et d'aller dormir pour être en forme pour le lendemain. Cela n'allait pas être de tout repos pour eux, même si leur plan allait reposer en grande partie sur les épaules de Giorno, les autres devaient être là pour s'assurer que tout soit mené à bien.
L'heure du départ arriva rapidement aux yeux de tous. Ils avaient tous le cœur un peu lourd, sachant qu'ils allaient affronter le Boss. Certains plus que d'autres et ça se ressentait dans l'air. Les plus insouciants montent en premier dans les voitures. Giorno s'avance vers les voitures, suivant Narancia, Fugo et Pesci, mais Mista le retient par la manche. Tout sur le visage de Guido trahissait son stress et sa peur, Giorno fronce les sourcils en le voyant, il se tourne vers lui, inquiet pour son état.
" - Guido ? Quelque chose ne va pas ? demande Giorno, n'arrivant pas à garder un ton neutre en présence de Mista, très inquiet pour lui.
- Gio', je… J'ai peur pour toi… Tellement peur de ce qu'il peut t'arriver… Et s'il t'arrive quelque chose… je ne sais pas ce que je ferai…
- Guido… Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. Aie confiance en moi d'accord ?
- Je… d'accord… Mais tu n'arriveras pas à m'empêcher de m'inquiéter pour toi…
- Dans ce cas, reste toujours avec moi à Rome, comme c'est prévu. Ne me quitte pas, protège mes arrières… De toute façon, tu es le seul en qui j'ai confiance pour faire cela… Tu es mon âme-soeur après tout Guido…
- Je le ferai Giorno… Je t'aime mon coeur, alors survis à cela !
- Je t'aime également, et cela vaut pour toi aussi !"
Le brun sourit puis attira à lui le blond afin de l'embrasser tendrement, puis il le lâcha et le suivit vers une des voitures, ne voulant pas le lâcher d'une semelle.
Abbacchio et Bucciarati avaient observé de loin la scène avec un pincement au cœur, Bruno se tourne vers Leone qui vient l'enlacer en le voyant au bord des larmes. L'ancien policier savait que son amant tenait énormément aux autres membres du gang, les considérant un peu comme ses propres enfants même s'ils n'avaient pas une grande différence d'âge. Pour Bruno, c'était son rôle de protéger les autres, et il s'en voulait de laisser Giorno aller en première ligne.
"- S'il-te-plaît Bruno, arrête de t'en vouloir…
- Désolé Leone… Mais je ne vais pas arrêter de m'inquiéter pour eux… Et j'ai accepté que Giorno aille en première ligne… C'est à moi d'y aller et non à lui !
- Arrête Bruno ! On sait très bien que si on avait eu un autre choix que celui-là, on l'aurait pris ! Et ça me fait mal de l'avouer, mais Giorno est balèze, il arrivera à le vaincre. Et de toute façon, il ne sera pas seul, nous serons là pour l'épauler. sourit Abbacchio, essayant tant bien que mal de rassurer Bruno.
- Je sais… Mais ça ne m'empêchera pas de m'inquiéter et tu le sais...Et puis, continua-t-il avec un petit sourire en coin pour tenter de se changer les idées, je suis sûr que tu t'inquiètes aussi pour eux…
- M… Moi ?! Bien sûr que non ! Ils sont grands et ils savent se défendre !"
Abbacchio essaie de paraître fort et insensible, mais Bucciarati voyait derrière la carapace de son amant. Il était mort de trouille, autant que lui, si ce n'est plus. Le brun eut un petit sourire avant de prendre les mains de l'ancien policier pour les serrer dans les siennes.
"- J'ai peur pour toi Bruno…, murmura Leone. Je t'en conjure, fais attention…
- Je le ferai… Mais ça vaut pour toi également Leone … Notre ennemi n'a rien à perdre, il ne sera pas tendre avec nous… Notre plan est censé nous offrir la victoire sur un plateau mais c'est rare qu'un plan marche à la perfection…
- Il fonctionnera ! Il le faut ! Nous allons y arriver ! Ca ne peut plus durer… Pour le bien de tous Bruno, on doit y arriver… Et il faut que tout le monde s'en sorte…
- Je suis d'accord avec toi Leone, on y arrivera, je te le promets."
Abbacchio eut un petit sourire. Alors que Bruno se tourne pour retrouver les autres, Leone l'attrape par le poignet, l'attirant vers lui pour l'embrasser comme si c'était la dernière fois qu'il en avait l'occasion. Bruno était un peu étonné par le geste de Leone, répondant d'abord maladroitement à ce baiser avant d'y répondre avec passion. Il espérait vraiment que ce ne soit pas le dernier…
"- Je t'aime Bruno..
- Moi aussi je t'aime Leone… Allons-y maintenant, ils nous attendent…"
Ils rejoignent les autres, le cœur serré et la main de l'un dans celle de l'autre. Ils savaient qu'ils allaient rester tous les deux ensemble à Rome, mais ça ne les empêchait pas d'avoir peur que l'autre disparaisse sans qu'ils ne soient là… Et la peur de perdre son âme-sœur est plus forte que tout dans ces cas-là.
"- Nous pouvons y aller Risotto, déclara Bucciarati, la peur dans l'âme.
- Bien, dit Nero. Rejoignons-nous au forum comme prévu. Et surtout, faites attention à vous sur la route, on ne sait pas ce qu'a prévu le Boss pour nous empêcher d'arriver dans la ville."
Une fois sûr qu'ils aient tous compris, Risotto ordonna le départ pour la capitale italienne. C'est donc la peur dans l'âme qu'ils partirent tous.
