Chapitre 26


Ce n'est que quelques heures plus tard qu'Abbacchio ouvrit les yeux. Il fit face à un plafond entièrement blanc et il comprit rapidement : il se trouvait dans un hôpital. Mais il paniqua un peu : il ne se souvient pas de la raison pour laquelle il est là. Il ferma les yeux et se concentra. Il voyait à nouveau devant lui un Diavolo acculé, et il ressentait encore une peur qu'il avait eu. Il ouvrit les yeux, vaincu. Il ne se souvenait pas de ce qu'il s'était passé juste après. Il soupira avant de se décider à tourner la tête. Il ressentait une présence rassurante à ses côtés, et il voulait voir de qui il s'agissait. Il ne fut pas étonné de voir Bruno, et il eut un petit sourire tendre en le voyant endormi paisiblement. Il serra doucement la main de Bucciarati qui était dans la sienne. Ce geste réveilla le brun qui posa directement son regard sur son amant allongé qui lui souriait tendrement.

"- Tu es réveillé, dit doucement Bruno, soulagé.

- Comme tu peux le voir. Est-ce que ça va Bruno ? demanda Abbacchio, inquiet en voyant le teint pâle de son amant.

- Maintenant oui… J'ai eu tellement peur pour toi… Le médecin avait dit que tu n'avais rien de grave, mais je n'ai pas pu m'empêcher de m'inquiéter pour rien… Comme d'habitude…

- Je suis là maintenant, tout va bien. Dis Bruno, je ne vois pas les autres... , commença Leone en s'asseyant et en regardant autour de lui.

- C'est normal, ils sont partis chercher des boissons ou partis manger un morceau. Tout le monde est vivant, si c'est ce qui te tracasse."

Toute la tension présente en Abbacchio s'échappe. Il avait tellement eu peur en voyant Bucciarati seul qu'il soit arrivé quelque chose aux autres.

"- Que s'est-il passé après…"

Bruno se mit à raconter ce qu'il s'est passé, de son craquage à la victoire de Giorno, en passant par la lutte contre leurs doubles.

"- On a gagné alors…

- Oui. Et on a encore du mal à y croire…"


Giorno regarda la rivière à ses pieds. Il avait réussi, il ne savait comment, à vaincre Diavolo. Il se tourna vers son stand, toujours sous sa forme requiem, et le détailla du regard. Il avait tellement changé physiquement, et il avait l'air plus intelligent aussi. Il ne savait pas quel pouvoir il avait bien pu utiliser, et ça lui faisait peur. Il avait peur de ne plus pouvoir contrôler son stand maintenant… Il fut soulagé quand son stand reprit sa forme initiale, la flèche tombant au sol dans un bruit métallique. Il la ramassa avant de se tourner vers Mista qui arrivait en courant vers lui avec un grand sourire.

"- GIORNO ! cria Mista. TU L'AS FAIT ! TU AS RÉUSSI !

- Ne crie pas Guido, s'il-te-plaît. Et…"

Le blond n'eut pas le temps de rajouter quelque chose que le brun se jeta sur lui pour l'embrasser fougueusement. Le plus jeune ne s'y attendait pas, manquant de tomber, il se rattrape comme il peut à une rampe avant de répondre à son partenaire avec autant de fougue qu'il lui donnait. Ils se séparèrent par manque d'air et Mista posa son front contre celui de Giorno.

"- Je suis tellement heureux Gio'... On s'en est tous sortis vivants… Tu es vivant … J'ai eu tellement peur pour toi… Chut, ne dis rien, dit Mista en voyant que son amant allait parler. Je sais ce que tu vas me dire, je te connais…

- Mis'...

- Allons rejoindre les autres, ils doivent nous attendre...

- Oui tu as raison, évitons de trop les inquiéter…"

Le brun sourit à son blond avant de prendre sa main et de le guider vers l'endroit où ils pouvaient trouver le reste du gang.

En arrivant dans la petite ruelle où les autres s'étaient cachés, ils virent dans un coin Bucciarati assis par terre, Abbacchio allongé et la tête sur les jambes du brun. Il ne semblait pas s'être réveillé. Non loin de l'entrée de ruelle, on trouvait Narancia et Doppio en grande conversation. Ils devaient certainement être là en temps que gardes et ils ont dû baisser leurs gardes et prévenir les autres que Diavolo était mort quand Doppio l'avait ressenti. Narancia se tourna vers le couple qui venait d'arriver avec un grand sourire et de grands signes du bras.

"- Il est temps que vous arriviez ! On allait partir à votre recherche avec Doppio ! s'exclame bruyamment Narancia. Bucciarati s'inquiétait pour vous deux !

- Bien sûr que je m'inquiétais ! déclara Bruno en se tournant vers eux avec un petit sourire tout en continuant de jouer avec les cheveux d'Abbacchio. Bon travail et… bon retour parmi nous…

- Merci Bucciarati, dit Giorno en souriant. Nous avons réussi, notre rêve peut se réaliser maintenant…

- Et je te laisse le réaliser pour nous deux Giorno… Je quitte Passione. Et Abbacchio aussi..

- Mais pourquoi !? s'exclama Narancia.

- Nous voulons vivre notre vie tranquillement, sans l'influence de la mafia.

- Vous allez nous laisser ? Pour toujours…? s'inquiète directement Narancia.

- Mais non, nous allons juste quitter Passione mais vous restez notre famille avant tout. Jamais, on ne vous laissera Narancia ! Et puis, vous êtes en droit aussi de quitter l'organisation. Mais ça, vous verrez avec Giorno.

- Je ne veux pas de réponse immédiate, déclara le blond. De toute façon, une fois à la tête de Passione, je devrai faire un tri et réorganiser tout ça, et ça va prendre un bon moment.

- Tu as raison, dit Narancia, soulagé. Au fait, où sont monsieur Polnareff et Ghiaccio ? demanda-t-il pour changer de sujet.

- Ghiaccio est en haut du Colisée, il va faire fondre toute la glace, commença Bruno. Quant à Polnareff… Il est parti passer un coup de fil je crois, mais je ne sais pas où il le passe. Il ne devrait plus tarder à revenir je pense. Pareil pour Ghiaccio.

- Et je suis là ! cria Ghiaccio en apparaissant devant le groupe.

- Ah Ghiaccio ! s'exclame Narancia, heureux de le revoir.

- Oh Ghiaccio, qu'est-ce que tu m'as manqué~ s'exclame Melone derrière un homme aux cheveux bleus, il vient l'enlacer avant de se faire repousser violemment.

- T'es malade ?! Ne me touche pas, pervers ! s'écrit Ghiaccio en jetant Melone au sol, alors que Pesci était juste derrière, observant sans un mot.

- Aïe… Toujours aussi violent, Ghia~, minaude Melone avant de se redresser, sous le regard curieux du reste de l'équipe. Quoi ?

- Melone… Pesci…? Qu'est-ce que vous faites là ? Seuls…? demande Bruno, très inquiet de ne voir que la moitié de l'équipe de Risotto."

Ils prirent tous peur quand ils virent Melone prendre un air sérieux, mais avec un regard triste, tandis que Pesci éclata en sanglots.

"- Formaggio et Prosciutto sont en vie, et ils n'ont que des blessures légères… commença Melone avant de s'arrêter pour souffler un coup avant de lancer la bombe. Et Risotto… On ne sait pas s'il va s'en sortir… Il… Il a été blessé gravement pour sauver Prosciutto… On… On est venus vous prévenir tout de suite… Ils sont partis l'emmener à l'hôpital le plus proche…

- Allons-y, déclara Bucciarati en se levant après avoir posé délicatement Abbacchio au sol. Nous devons y aller également pour Leone, on va en profiter pour prendre des nouvelles ! Il nous faut deux voitures pour qu'on puisse tous y aller."


"- On s'est dépêchés d'arriver à l'hôpital. On t'a emmené aux urgences et Melone et Pesci se sont précipités pour avoir des nouvelles de Risotto.

- Et… comment va-t-il ? demanda Abbacchio, inquiet pour le chef de la Squadra.

- Il est vivant, répondit Bruno, soulageant Leone. Ils ont soigné ce qu'ils pouvaient, maintenant, il faut laisser le temps s'en occuper. On ne sait pas dans combien de temps il va se réveiller… Prosciutto va rester avec lui et il nous tiendra au courant.

- Donc, tout le monde s'en est sorti ? Et pour… le double du Boss ? Il est resté avec nous pour finir ?

- Oui ! Doppio est un brave garçon ! Il s'est très vite rapproché de Narancia ! J'ai l'impression qu'ils vont vite devenir inséparables ces deux-là ! Fugo va en avoir du boulot avec eux !

- Mista et Giorno vont bien aussi..? demande Abbacchio, baissant d'un ton en prononçant le nom du blond pour qu'il soit à peine audible par Bruno, ce qui le fait sourire.

- Oui, ils sont en pleine forme. Et…

- Bucciarati ! On est là ! On t'a ramené de quoi manger ! Et ... , commença Narancia en ouvrant brusquement la porte avant de se tourner vers le lit. Abbacchio, tu es réveillé ! C'est génial ! Les gars venez ! Abbacchio est réveillé ! s'exclame Narancia en faisant demi-tour pour aller chercher le reste de l'équipe dans le couloir qui ne tarde pas à rentrer dans la chambre.

- Bordel Abbacchio, tu nous as fait peur ! s'exclama Mista en s'approchant de l'ancien policier. Plus jamais tu nous fais un coup pareil !

- Ca n'arrivera plus comme je quitte Passione, déclara Leone en regardant son amant qui lui sourit avant de se tourner vers le reste du groupe. Bruno vous l'a déjà dit je pense…

- Ouais…, dit Fugo en se grattant l'arrière de la tête. Et on comprend votre décision, vous avez bien raison de partir. Il faudra que vous nous donniez une date pour préparer un petit pot de départ ! Vous avez fait tellement pour nous tous…

- Pas besoin Fugo, annonça Bucciarati avec un sourire. Nous tenons à vous voir le plus souvent possible, nous serons toujours là. Toujours."


"- Tu crois que tu vas y arriver Giorno? demanda Mista alors que le couple parcourait les couloirs de l'hôpital.

- Je devrais réussir à arranger un peu son cas, répondit Giorno. Je ne vais pas le laisser dans cet état alors qu'il est possible que je puisse faire quelque chose."

Mista acquiesça. Ils arrivent rapidement à la chambre du chef de la Squadra. Son équipe au complet était au chevet de Risotto, ils avaient tous l'air soulagés de voir Giorno et Mista entrer dans la salle.

"- Ah, Giorno, Mista ! Comment va Abbacchio ? demande Prosciutto

- Il va bien, il s'est réveillé… Et Risotto ?

- Il est encore endormi mais les médecins ont dit qu'ils ne savaient pas quand il allait se réveiller… répond Prosciutto, peiné. J'espère vraiment qu'il va vite se réveiller…

- Je viens voir si je peux améliorer son état, déclara Giorno en s'approchant de Nero tandis que son stand apparaissait derrière lui.

- Tu… je… commença Prosciutto, ému par la proposition.

- Pas besoin de me remercier, coupa Giovanna avant de se pencher au-dessus de Nero pendant que son stand commençait les soins.

- Mais..

- Ça ne sert à rien de lui parler maintenant, dit Mista à Prosciutto. Il est tellement concentré qu'il ne fait plus attention à ce qu'il se passe autour de lui."

Prosciutto et Mista observent Giorno à l'œuvre, tout le reste du groupe était silencieux, laissant le blond soigner Nero. Après de longues minutes, Giorno se redresse, l'air épuisé, il fait un pas en arrière et chancela. Mista le rattrapa : il s'était tenu près, sachant très bien que faire des soins de cette envergure épuisait le blond.

"- Merci Guido…, chuchota Giorno.

- De rien Gio', c'est tout à fait normal.

- Comment va-t-il ? demanda Prosciutto après s'être approché à nouveau de Risotto.

- De ce que j'ai ressenti, il est toujours dans le coma… Je n'ai pu que régénérer une partie de ses tissus grâce aux éclats toujours présents dans son corps… Je ne suis pas sûr d'avoir pu apporter une grande différence… répond Giorno, un peu penaud.

- Mais… Il va se réveiller n'est-ce pas ? demanda Prosciutto, paniqué.

- Oui, j'en suis sûr à 100%. Mais ce ne sera pas pour tout de suite. Je dirai… entre 10 et 15 mois à peu près.

- Merci Giorno… Pour tout… Pour avoir lutté pour notre liberté, pour avoir soigné Risotto.. Merci, merci mille fois.

- Merci à vous pour nous avoir aidé, déclara Mista alors que Giorno fit juste un signe de tête, fatigué. Sans vous, nous n'aurions pas réussi. Merci.

- Nous garderons contact n'est-ce-pas ? demanda Melone tandis que le couple s'apprêtait à partir.

- Bien sûr, répondit Mista en souriant. Nous sommes une famille, et une famille reste en contact même quand les chemins se séparent. On ne vous lâchera pas. Nous allons y aller, reposez-vous bien et à la prochaine !

- A bientôt les gars ! cria Melone avec de grands signes avant que le couple ne sorte de la pièce."


Mista avait bien vu que quelque chose n'allait pas chez Giorno. Une fois que la porte se ferme derrière eux, il se tourne vers son amant.

"- Gio… J'ai vu que quelque chose n'allait pas. Qu'est-ce qu'il se passe mon coeur ?

- Je n'ai pas l'impression d'avoir gagné contre Diavolo… Il nous a fait tellement de mal… Il n'a pas payé correctement ses crimes… Tout le mal qu'il a fait sur son passage… Et toutes ces personnes qui souffrent…

- Tu penses aux gars de la Squadra n'est-ce-pas ? Gio… Malgré l'état de Nero, ils sont heureux. Ne l'as-tu pas vu ? Tu as libéré énormément de personnes de son joug. On est tous fiers de toi amour. Sois heureux Giorno, tu le mérites amplement !

- Mis', je… D'accord Mis', tu as totalement raison. sourit faiblement Giorno.

- Alors, laisse moi te rendre heureux, Gio'~"