Chers lecteurs et lectrices,

Tout d'abord un immense merci pour vos reviews, mise en fav ou en alerte, pour cet OS et comme toujours un grand merci à ma Jackye, pour sa correction, ses commentaires et ses encouragements.

Pour en revenir à cette histoire et répondre à quelques questions que beaucoup m'ont posées :

Toutes les explications sur le Japon, les techniques de tatouages, les règles des Yakusa et la légende de la Princesse Toyotama ne sont pas du tout le fruit de mon imagination, mais d'un gros travail de recherches.

D'autre part, je voulais profiter de ce post, pour vous informer que Lost Memories était en lice pour les ADDICT OF LEMON AWARD, organisé par le forum DAMN ADDICT OF LEMON, dans la catégorie BEST OS. Je ne vais pas m'entendre sur le sujet, sauf pour vous dire que j'en suis assez fière.

Néanmoins, je vous invite grandement à aller faire un tour sur le forum DAOLFF, pour découvrir la sélection proposée et voter pour vos fics préférées.

Les autres catégories retenues sont :

BEST HISTORICAL STORY

BEST TRADUCTION

BEST LOVE STORY

BEST LEMON

BEST DARKWARD

BEST JELLA

BEST SLASH OR FEMSLASH

BEST FANTASY/SUPERNATURAL STORY

BEST BDSM STORY

Vous y découvrirez ou redécouvrirez de merveilleuses histoires et de fantastiques auteurs.

Pour plus d'infos, aller jeter un œil sur :

/ / damn-addict-lemon .forumgratuit . fr

Bonne lecture,

Rendez-vous en bas.

PS: Merci aux anonymes, et à celles à qui je ne peux pas répondre par MP, pour leurs reviews :

Roxylady666 : Merci ma belle, venant de toi ça fait toujours super plaisir !

Floeolia62 : Ravie de constater de tu as dépassé ta peur et apprécié cet OS.

Diana : Un grand merci.

Laura : Idem, merci beaucoup.

Karima : ça me fait très plaisir de savoir que c'est ton histoire préférée sur 2046 !

Nini33 : Merci, merci, merci !

Lulu : C'est vraiment très gentil.

Popo : Thanks.

PatiewSnow : J'espère que tu aimeras ce petit bonus !

Aby : Ce n'est pas vraiment une suite mais j'espère que ça te plaira, tout de même.

Fan de ta fic : Vraiment, merci infiniment, le compliment me touche beaucoup. J'espère que tu apprécieras ce petit bonus.

Jessieok : Je te laisse découvrir le POV d'Edward. Pour le bébé surprise, ça donnera peut-être lieu à un autre bonus…


Atterré.

Dévasté.

Anéanti.

Effondré.

Abattu.

Brisé.

Voilà comment je me sentais.

Lorsque je m'étais réveillé seul dans la bibliothèque, il m'avait fallu quelques secondes pour que tout me revienne en mémoire : Notre dernière conversation, la vérité sur son passé, son baiser presque désespéré, son regard perdu, affolé puis tout à coup un éclat inconnu une détermination que je ne lui avais jamais vu… ensuite les ténèbres qui m'entourent et moi qui sombre dans les limbes de l'inconscience.

Presque distraitement, je passais une main sur mon cou, quand une vive douleur me rappela le geste de Bella.

Qui aurait pu croire qu'elle était capable, de mettre un homme K.O. d'un unique mouvement ?

Certainement pas moi.

Je l'avais toujours vu tel un ange débarquant dans ma vie par hasard. Une douce jeune fille qui devait être sauvée et protégée. A chaque fois que je la serrais dans mes bras ou qu'elle posait simplement ses yeux sur moi, je me sentais comme un chevalier dans son armure étincelante, tirant son sabre au clair, prêt à prendre la plus haute tour d'assaut pour délivrer la charmante princesse.

Hélas pour moi, j'avais découvert de la plus dure des manières que Bella, ou quel que soit son véritable nom, n'avait aucunement besoin de ma protection. Au contraire, elle était dangereuse, réellement dangereuse. Elle avait eu mon cœur entre les mains et l'avait poignardé, me laissant pour mort dans ce stupide endroit… Un lieu vide d'elle…

Pourtant, il me semblait qu'elle allait passer le seuil, dans la seconde, m'adressant un sourire d'excuse et me disant qu'il s'agissait d'une mauvaise blague.

Après tout, sur son bureau, se trouvait toujours son sac et ses clefs. Sa veste était encore accrochée à la patère. Son essence flottait dans l'air, tout autour de moi. J'avais une minute, une heure, je ne savais plus.

Sans que je comprenne comment, j'avais néanmoins réussi à revenir à mon appartement. A peine la porte fermée derrière moi, je m'étalais contre elle, totalement désespéré. Qu'allais-je devenir maintenant qu'elle était partie, qu'elle m'avait quitté ?

Dès le premier jour, en salle de trauma, j'avais su au fond de mon cœur qu'elle était spéciale. En apprenant à la connaître, tout s'était mis en place, j'avais compris que c'était elle. Mon cœur l'avait reconnue. Elle était celle qui m'était destinée, la femme que j'épouserais, la future mère de mes enfants.

Je ne voulais que Bella, elle et seulement elle. Depuis que mon regard avait croisé ses prunelles chocolatées, à son réveil, je n'avais plus vu qu'elle. Adieu flirts avec les infirmières, adieu rendez-vous arrangés par ma mère ou mes belles-sœurs, adieu coups d'un soir… Sans regret aucun, car j'avais la plus magnifique des femmes à mes côtés.

Elle était mon monde, tout mon univers était rassemblé dans la sphère formée par ses bras. Je ne m'étais jamais senti plus vivant que lorsque mon corps avait étreint le sien. A présent, dans ma poitrine, il n'y avait plus qu'un organe mort. Je n'étais plus qu'une coquille vide, que tout souffle de vie avait désertée.

Cette nuit là, la première de nombreuses autres, je n'avais pas dormi. J'étais resté assis contre la porte, mes jambes refusant de m'obéir et de m'amener jusqu'à mon lit. J'aurais pourtant aimé m'y rendre pour sentir une fois encore le parfum de Bella, me saouler avec sa fragrance exquise, me perdre dans mes souvenirs, pour oublier mon malheur.

Seule l'horloge du salon me rappela mes obligations. L'hôpital devait m'attendre, mais je n'avais pas la force de me lever. Le téléphone se mit tout à coup à sonner. Ils devaient commencer à s'inquiéter pour moi. Ils avaient raison, j'étais ni plus ni moins qu'un mort-vivant dorénavant, condamné à errer sans but sur terre.

Ma Bella m'avait abandonné, partie à jamais retrouver les siens. Sa bande de tueur. Fille d'un yakusa, m'avait-elle dit. Selon elle, ils m'auraient assassiné sans aucun remord, si je m'étais interposé pour la retenir. Bella avait soi-disant sauvé ma vie en partant de son plein gré avec eux, mais sans elle je n'étais rien, j'avais perdu ma raison de vivre. Elle aurait tout aussi bien pu m'exécuter de ses propres mains, le résultat aurait été le même.

Curieusement, je ne pleurais pas, pas encore. Sûrement que j'avais encore du mal à réaliser. Une infime partie de moi continuait secrètement à espérer. Dans un recoin de mon esprit, j'imaginais que tout cela n'était qu'un rêve. J'avais dû m'endormir dans la salle de garde, entre deux appels des urgences. Lorsque je me réveillerais, j'irais retrouver ma Bella pour l'emmener en balade sur la plage. J'avais prévu de la demander en mariage à First Beach, au coucher du soleil. Un plaid moelleux attendait déjà dans mon coffre. Il ne me restait plus qu'à passer chercher le pique-nique que j'avais commandé chez le meilleur traiteur de la ville. La bague de ma grand-mère Eléonore semblait peser des tonnes dans le fond de ma poche. Cela faisait trois semaines que je l'avais demandée à ma mère. J'attendais simplement le bon moment, je ne voulais pas effrayer ma douce Bella en précipitant les choses, après tout, nous ne nous connaissions que depuis quelques mois seulement.

C'est ça Edward. Tout cela n'est qu'un horrible cauchemar. Tu vas finir par reprendre conscience et tout rentrera dans l'ordre. J'avais beau me répéter ces phrases comme une litanie. Le réveil n'était jamais venu.

Tout ce qu'il y avait eu, c'était des coups à la porte, quand les sonneries de mon téléphone, de mon bipper et de mon portable s'étaient enfin tues. Uniquement des coups et des cris… Emmett menaçait de défoncer ma porte si je n'ouvrais pas dans la seconde. Malgré le ton de sa voix, qui m'indiquait clairement qu'il ne plaisantait pas, je n'esquissais pas le moindre mouvement, toujours incapable de bouger. Si je me relevais alors ma bulle éclaterait et je devrais nécessairement faire face à la réalité : le départ de Bella, sa perte définitivement. Or, je n'étais pas assez fort pour y faire face, pas encore. Le serais-je un jour ? J'en doutais.

Les coups de poings enragés de mon frère furent remplacés par des coups d'épaule acharnés. Chaque secousse me faisait tressauter. J'eus tout juste le temps et le courage de me décaler un peu lorsque les gonds cédèrent.

C'est à moitié recroquevillé sur moi-même qu'Emmett me trouva. Immédiatement, il tenta de me faire réagir, à sa manière, en m'assénant deux trois gifles, sans résultat.

Aussitôt, il opta pour la manière forte, contactant Jazz et notre père.

Le diagnostic tomba : catatonie.

Ils m'emmenèrent dans ma chambre, je les aurais bénis si j'avais été capable de parler. Dans le fond de mon lit, je pouvais retrouver Bella. Je laissais mon inconscient m'emmener près d'elle, tandis que mon père m'administrait un calmant ou un sédatif.

En me réveillant, plus tard dans la nuit, je les avais entendus chuchoter, dans le salon. Ils se demandaient tous les trois où étaient Bella. Ils se doutaient bien que quelque chose avait dû lui arriver pour me plonger dans un tel état. Ils espéraient que je n'aie rien fait. Comment pouvaient-ils ne serait-ce que m'imaginer levant la main sur elle. Elle était l'amour de ma vie. J'aurais tout donné pour elle, pour revoir son visage devant moi.

Les jours avaient passé, les visages s'étaient succédés à mon chevet, mais je refusais toujours de parler, de mettre des mots sur ce que je ressentais, sur la douleur intense qui me dévorait de l'intérieur.

Vint le temps où des décisions durent être prises pour moi. Jasper me trouva une très bonne clinique, discrète dans la banlieue de Portland. On m'enferma dans une chambre avec vue sur le parc, on me présenta à différents psys, on me donna des médicaments, comme on distribue des bonbons le soir d'Halloween. Au bout d'un mois à ce régime, je me remis à parler. Cela s'était fait curieusement, lors d'une visite d'Esmé, elle m'avait parlé des préparatifs pour l'anniversaire de Claire. Lorsque ma mère avait mentionné ma filleule, les mots étaient sortis de ma bouche tous seuls :

- Comment va-t-elle ?

- Bien, mais elle n'arrête pas de nous demander de tes nouvelles. Répondit-elle à la fois gênée et surprise de m'entendre à nouveau.

C'était avec cette simple phrase que j'avais repris pied dans la réalité. Bien évidemment, chaque parcelle de mon corps continuait de me faire souffrir affreusement, mais j'avais décidé de me reprendre pour ma famille, pour Claire. Elle méritait mieux qu'une loque comme oncle et parrain.

Il m'avait encore fallu quelques semaines pour que les médecins acceptent de me laisser sortir. J'avais emménagé dans le cottage de Bella. Mes parents étaient trop contents de pouvoir garder un œil sur leur fils en perdition. Pour moi, c'était une façon de me reprocher d'elle, de la faire exister encore, de me persuader que ce que nous avions vécu ensemble n'avait pas été qu'un mirage.

Petit à petit les choses avaient repris leur cours normal : je me levais le matin, je me préparais pour ma garde, je travaillais 12 heures d'affilée, je rentrais chez moi, je me servais un verre de bourbon, puis deux, puis trois, jusqu'à oublier.

Oublier la solitude qui me dévorait.

Oublier que personne ne m'attendait.

Oublier tous les projets que j'avais fait pour nous.

Oublier que mon âme sœur avait disparu de ma vie, définitivement envolée.

Si je n'avais pas été aussi respectueux de la vie en tant que médecin et par égard pour ma famille, j'aurais certainement attenté à ma vie. Toutefois, cela ne m'empêchait pas de me détruire à petits feux. Pas vraiment plus glorieux comme réaction.

J'avais réussi à maintenir cette illusion de normalité pendant trois mois. Enfermé entre les quatre murs de la maison, j'essayais, sans succès de me sevrer d'elle. Dans les bons jours, j'arrivais à croire qu'Isabella n'avait été qu'une chimère, une créature merveilleuse issue de mes fantasmes et je parvenais à la rejoindre dans mes songes. Dans les mauvais jours, j'avais beau relire pour la centième fois un de ses livres ou respirer un de ses vêtements, j'avais la sensation qu'elle était partie à tout jamais, m'abandonnant à mon triste sort.

Finalement, j'avais de nouveau jeté l'éponge. Faire semblant était littéralement épuisant, bien plus que je ne l'aurais cru.

Il fallait constamment penser à sourire, même faiblement, lorsque quelqu'un vous disait bonjour, hocher la tête de temps en temps, quand un patient ou un collègue vous racontait sa vie, afin de lui faire croire que vous attachiez de l'importance à la logorrhée qui sortait de sa bouche…

Un matin, je n'avais pas eu le courage d'enfiler mon masque et de sortir, pour faire comme si…

Comme si tout allait bien.

Comme si je n'étais pas mort à l'intérieur.

Comme si l'existence avait encore un sens.

Comme si un avenir radieux était toujours possible.

J'avais seulement téléphoné, pour demander un congé. Heureusement qu'à une période plus faste, j'avais accumulé les jours de vacances à foison. Ainsi j'éviterais peut-être de perdre mon job.

Comme toujours, la cavalerie n'avait pas tardé à débarquer, ma mère en tête, suivi par un monceau de nourriture qui fini au fond de la poubelle. Me nourrir ne faisait pas partie de mes préoccupations, tout comme me laver ou m'habiller. Comme chaque soir, tout ce que je voulais c'était des tombereaux d'alcool, de préférence fort, très fort. Comme membre du corps médical, j'avais aussi pensé à un cocktail d'antidépresseurs et autres médocs, à base de valium, prozac et lithium, mais je savais que mon père faisait surveiller mes prescriptions.

Mes frères étaient venus. Jasper avait voulu testé une nouvelle fois ses talents de psy sur ma petite personne. Je l'avais envoyé se faire foutre, me retenant de lui coller mon poing dans sa gueule compatissante.

Mes belles-sœurs avaient tenté leur chance, également. Rosalie m'avait traité de pauvre type, en essayant de me faire comprendre à quel point je faisais souffrir ma famille, mais je m'en moquais. Je souffrais atrocement, toute trace de miséricorde en moi s'était volatilisée en même temps que Bella. Alice m'avait menacé de s'installer chez moi, ce qui m'avait provoqué une crise d'hilarité. Je l'avais traînée jusqu'à ma salle de bain et lorsqu'elle avait vu l'état de la pièce, j'avais vu à sa mine défaite, qu'elle n'oserait pas franchir le seuil de ma porte avec armes et bagages dans un futur proche.

Enfin, il y avait le patriarche, Carlisle Cullen. Alors que j'aurais lire dans son regard quelle profonde déception, j'étais pour lui, je n'y avais lu qu'une profonde tristesse et un amour paternel sans borne. Je m'étais senti encore plus misérable et mon besoin viscéral de me saouler avait augmenté de manière exponentielle.

L'once de courage qui me restait me permis de mettre tout ce joli monde à la porte de chez moi en les sommant de ne plus revenir et de me laisser seul.

M'apitoyer sur mon triste sort et me rouler en boule pour me complaire dans mon malheur, voilà tout ce qui m'intéressait. Bien sûr, mon plan impliquait une dose monumentale de tord-boyaux. La perspective d'un coma éthylique me semblait, dans ma situation, hautement réconfortante.

Les heures s'égrainèrent, tout comme les jours. J'émergeais à intervalles plus ou moins réguliers de ma forteresse avinée. Je perdais la notion du temps. Plus rien ne comptait que l'oubli.

L'amnésie. Je songeais à Bella et à sa perte de mémoire, comprenant à présent que l'oubli avait ses avantages. Elle avait choisi de ne pas se rappeler, afin de laisser son passé derrière elle. J'aurais aimé avoir cette capacité de faire taire la douleur, néanmoins, cela signifiait également faire une croix sur la femme de ma vie et ça, j'en étais proprement incapable. Elle me possédait corps et âme, à jamais.

Dans le tréfonds de ma conscience, je savais que j'étais pathétique. Si par le plus grand des hasards, Bella me revenait, elle aurait en face d'elle une loque humaine, mais c'était tout ce que j'avais à offrir. Dans un éclair de lucidité, j'essayais d'ailleurs de tuer dans l'œuf ce dernier soubresaut d'espoir insensé. Ça me faisait plus de mal que de bien.

C'est le cœur complètement sec que je basculais de nouveau dans le brouillard.

Pourtant, un jour le miracle se produisit.

Une voix distante et étouffée me ramena à la vie.

La voix d'un ange… mon ange…

Mon prénom, à peine murmurée, puis les chuchotements à mon oreille s'intensifièrent, mais c'était trop dur de revenir. J'étais parti trop loin, trop longtemps.

Les murs de ma citadelle intérieure se fissurèrent sous l'effet d'un séisme, me forçant à émerger.

Péniblement, j'ouvris les yeux, pour apercevoir son visage rayonnant et dévasté à la fois.

Ma Bella…

Ça ne pouvait pas être réel. Les démons de l'enfer s'amusaient à me torturer, pour me punir d'avoir été un tel fou, pour avoir cru aux contes de fées, aux fin joyeuses, aux « et ils vécurent heureux jusqu'à la fin des temps ». J'avais goûté au paradis et on m'avait fait redescendre sur terre en me bottant le cul.

Face à moi, j'avais la plus douce et la plus cruelle des visions.

- Bella… Anonnai-je d'une voix que j'eue du mal à reconnaître. Ma douce Bella… Tu sais, j'en ai assez de rêver de toi. Arrête de me torturer… Laisse-moi dormir en paix, par pitié…

- Edward, tu ne rêves pas. Je suis bien là.

Mensonge.

Les fausses Bella qui hantaient mes nuits, mentaient sans arrêt. Elles me faisaient croire qu'elles m'aimaient et que nous resterions ensemble éternellement.

Foutaises.

- C'est drôle, ça. C'est exactement ce que la Bella de mes rêves me dit à chaque fois. Grognais-je.

- Allez, viens par là Cullen. Déclara-elle, résolument.

Je me sentis soulevé tandis que mes yeux décidaient de se fermer à nouveau, afin de bénéficier d'une pause salutaire.

Une marionnette, voilà ce que j'étais devenue, ni plus, ni moins. Pourquoi pas… Je me laissais faire, savourant ce soudain élan de facilité.

Simple, tranquille, presque agréable.

Je n'avais rien éprouvé de tel depuis des lustres, depuis Bella…

Comme j'aurais dû m'y attendre, cela ne dura pas. Ce début de paix intérieure fut réduit à néant par une intense sensation de froid… de froid et d'humidité…

Bordel !

Qui était en train de m'arroser ?

- Bordel de merde ! C'est quoi ce délire ! Beuglai-je, en tentant de me redresser, avant de m'écrouler lamentablement.

Mes yeux s'étaient refusaient obstinément de faire le point et ma vue restait floue.

Un corps chaud se pressa tout à coup contre moi. Une odeur apaisante m'enveloppa. Une force vitale et primitive s'instilla par tous les pores de ma peau. Jamais, même en un millier d'années, je n'aurais pu oublier cette chaleur, cette douceur, cette tendresse.

Le monde autour de moi reprenait des couleurs. Le soleil brillait à nouveau. Des cohortes d'anges chantaient tout autour.

Au bout de plusieurs minutes, il leva les yeux vers moi et nos regards s'accrochèrent. Le maelstrom des émotions qui bataillait au fond de ses pupilles me déchira le cœur, j'y lisais toute sa douleur et sa tristesse. Je lui avais fait endurer tellement d'épreuves en l'abandonnant lâchement, pourtant tout cela avait été nécessaire. Si je n'avais pas réintégré le Clan, nous n'aurions jamais eu la chance d'être ensemble.

C'est à cet instant que je la vis, bien réelle, devant moi.

- Tu es là ? Soufflai-je, encore incrédule.

- Oui. Confessa l'ange.

- Pour combien de temps ?

- Ça dépend. Me Répondit-elle, faisait exploser une boule d'angoisse dans mon estomac.

- De quoi ?

- De toi… Ça dépend si tu veux toujours de moi…

- Et si c'était le cas ? Tentai-je, pour ne pas laisser mon imagination débridée galopée avec elle dans le soleil couchant.

- Alors je resterais à tes côtés pour aussi longtemps que tu le désireras.

- Qu'est-ce qui me le prouve ? M'enquis-je.

- Edward, lis en moi, regarde si mes yeux te mentent : Je t'aime sincèrement, de tout mon cœur et pour toujours. Je ne m'éclipserai plus jamais, sauf si tu me le demandes…

Un silence pesant s'installa entre nous. Je cherchais à déceler un signe de tromperie dans ses paroles et dans son regard, mais il n'y avait rien, hormis la preuve d'un amour sincère teinté de culpabilité.

Je baissais la tête, afin de retrouver l'homme qui sommeillait en moi et que j'avais choisi d'ignorer depuis son départ.

Puis nos prunelles se trouvèrent pour ne plus se quitter. Une phrase pour lui dire tout mon amour, mon acceptation, mon pardon.

- « Le voyage s'achève à la naissance de l'amour »

- Depuis quand tu cites Shakespeare. S'étonna-t-elle.

Une parade pour alléger cette tension qui régnait entre nous. C'était bien ma Bella, magnifique, courageuse, audacieuse, drôle…

- J'ai trouvé plusieurs recueils de ses œuvres dans ta bibliothèque et disons que j'ai eu beaucoup de temps à tuer, ces 6 derniers mois. M'expliquai-je, avec un sourire.

- J'espère qu'un jour tu m'excuseras pour ce que je t'ai fait. Me supplia-t-elle, en caressant ma joue tendrement.

- Sans toi j'étais complètement paumé… Je n'avais jamais ressenti ça et je ne veux plus que ça m'arrive.Avouai-je.

- Moi aussi mon amour, tu m'as manqué horriblement, mais je n'avais pas le choix.

- Chut. La stoppai-je, en plaçant mon index sur sa bouche délicieuse. Je ne veux rien entendre. Tout ce dont j'ai besoin de savoir c'est que tu ne me quitteras plus… jamais…

- Je t'en fais le serment.

Il ne m'en fallait pas plus.

Immédiatement, je laissais cette déferlante de passion et de désir me submerger.

Elle m'était revenue et s'était tout ce qui comptait.

Un simple sourire, un éclat dans le regard, un souffle sur ma joue. C'est tout ce qu'il lui avait fallu pour pourfendre les fantômes qui me tourmentaient depuis des mois, faire disparaître les ténèbres qui avaient envahi mon être. Sous son toucher délicat et enchanteur, je revenais à la vie, malgré toutes ses semaines durant lesquelles j'avais erré dans l'obscurité, tel un zombie.

Dans ma poitrine, je reconnus à un son familier que j'avais cru disparu à jamais. Mon cœur s'était remis à battre, à un rythme fort et régulier. Mes poumons s'emplirent d'oxygène pour la première fois, depuis ce qui me semblait être une éternité.

Bella, la plus douce des médecines, avait fait son œuvre, me guérissant plus sûrement que l'élite des thérapeutes. Ses mains sur moi avaient une action plus puissante qu'un shoot d'adrénaline et d'endorphine combinées. Elle m'avait ressuscité, tout simplement.

Cette femme m'avait tellement manqué et sa seule présence à mes cotés supplantait toutes mes douleurs, comme si je me réveillais après un cauchemar particulièrement réaliste.

Alors, mes doigts se refermèrent sur sa taille, l'emprisonnant dans une étreinte avide, pour ne plus jamais la laisser m'échapper. Instinctivement, ma bouche alla trouver la sienne pour la capturer et nous entraîner dans un baiser fougueux. Un torrent de volupté nous emporta.

Ce contact sensuel enflamma mon épiderme et une coulée de lave incandescente inonda mes veines. Une énergie sans précédent traversa nos enveloppes charnelles, aussi sûrement que si nous avions été frappés par la foudre.

C'était irrévocable, elle était mon âme sœur. J'allais m'employer à lui prouver jour après jour et cela commençait maintenant.

Nous avions du temps.

Du temps pour nous expliquer.

Du temps pour nous aimer.

Du temps pour vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants…


J'espère que ce bonus du point de vue d'Edward vous a plu.

Peut-être y aura-t-il un ou deux autres bonus, car j'avoue avoir du mal à raccrocher avec cette histoire, dans laquelle je me suis beaucoup investie.

Si le cœur vous en dit, laissez une petite review, pour me dire ce que vous en pensez. J'apprécie toujours de vous lire.

Bye

PS : Si vous avez aimé Lost Memories, votez pour elle !

PPS: Pour celles et ceux qui suivent L'invité mystère, le chapitre 9 est actuellement à la correction et devrait être publié cette semaine !