Cascade de One-shots

Auteur : Moi, Rubis-san

Genre : Romance, hurt/comfort

Crédits : Tout, que ce soit les personnages ou le monde, en gros One Piece dans son intégralité appartient à Oda-sama (DONNEZ-LES MWOUAAAAA ! J'EN AI BESOIN POUR SURVIVREEEEE D8 Comment ça "si je meurs le monde s'en portera mieux " ? Ah non, en fait ça ne changerait rien...). Bref, je désespère et j'espère toujours et encore, mais One Piece n'est pas à moi... Monde cruel... T^T

Le petit -ou pas- mot de l'auteur : Tout d'abord, merci à Leeloo250 pour son commentaire et son ajout en favoris, ça fait toujours plaisir =)

Et bien voilà le second OS de ma compilation. Il est assez court, bien que plus long que le premier, et toujours dans un registre dramatique. Je l'ai écrit il y a quelques mois avec beaucoup de plaisir. Je crains malheureusement que Zoro en soit un peu OOC, malgré mes efforts. U_U

Et sur ce chapitre ? : Comme vous l'aurez compris, il y a Zoro déjà xD C'est donc un Zoro/Kuina. Rating K+

Bonne lecture ! :D


Le sourire d'un fou

Il marchait. Il marchait sous la pluie, dans la neige, sur la glace, dans le froid, sous le soleil. Il ne faisait que marcher, inlassablement, quel que soit le temps. Il était un vagabond. Il aimait la solitude, il n'avait connu qu'elle depuis longtemps. Et même s'il avait voulu y échapper, où serait-il allé ? Il n'avait pas de chez lui, personne qui attendait son retour avec impatience. La seule qui l'avait jamais attendu n'était plus de ce monde désormais. La seule qui lui avait offert un endroit où s'ancrer. La seule qui avait su briser sa carapace impassible. La seule qu'il ait jamais chérie. Celle avec qui il était prêt à fonder une famille… Elle était morte, renversée par une voiture. Leur idylle avait volé en éclats. Alors il était parti, il n'avait pas eu le courage d'assister aux funérailles. Il n'était qu'un lâche. Il comprenait mieux les parents de son aimée qui avait vu d'un mauvais œil leur relation. Comment aurait-il pu être digne d'elle alors qu'il n'avait même pas eu la force d'aller à son enterrement ? Il était pathétique, le plus pathétique des hommes. Il s'était réfugié dans l'alcool, l'alcool et la débauche. Il était devenu un tueur à gages, un criminel, abandonnant ses rêves de devenir le plus grand sabreur du monde. Maintenant il en ricanait. Ce rêve stupide à quoi lui servait-il si elle n'était plus à ses côtés ? A rien, il ne pouvait tout simplement pas envisager de vivre sans elle. Mais il avait pourtant continué, un semblant de fierté l'empêchant de se suicider. Il utilisait maintenant ses sabres pour faire le mal, ressentant une satisfaction sadique à détruire ce que le destin lui avait enlevé. Une pitoyable vengeance… éternellement vaine. Cela ne soulageait en rien le terrible vide qui occupait constamment son cœur. Il était devenu cruel, insensible, presque dément en somme. On l'avait surnommé « le démon aux trois sabres ».

~O~

A présent devant sa victime, il la fixait d'un regard froid tandis que le liquide écarlate s'échappait de la plaie béante et inondait le sol, plongeant le cadavre dans une mare de sang. Il retira lentement la lame du corps, ne s'occupant pas du bruit de succion que celle-ci produisit. Le voyait-elle depuis l'Au-delà ? Voyait-elle tous les crimes qu'il avait commis ? Que pensait-elle de lui ? Il était pitoyable n'est-ce pas ? Un faible qui ne pouvait même pas oublier, préférant s'abandonner à la folie.

Il n'entendit pas les policiers entourer la maison isolée dans laquelle il avait commis son ignoble forfait. Il n'entendit pas le bruit métallique des fusils. Même au milieu de cette macabre scène, ses pensées étaient totalement orientées sur le souvenir de son amour perdu. Ce ne fut qu'à l'instant où les forces de l'Ordre surgirent brusquement autour de lui et lui coupèrent tout moyen de fuite qu'il comprit. Il était perdu. Etrangement, aucune peur, aucune détresse ne se saisit de lui. Il ressentit seulement du soulagement, comme s'il attendait ce moment, comme une délivrance. Il se laissa emmener, n'opposant aucune résistance.

~O~

On le jugea, il ne nia rien. Il resta impassible durant tout le procès, acquiesçant silencieusement. On le condamna à la peine capitale. La peine de mort. Cela ne l'ébranla pas. On le conduisit dans une cellule. Il était tout entier à ses pensées. Il n'avait pas respecté la promesse qu'il lui avait faite. Il n'était pas devenu le plus grand sabreur du monde. Il n'en avait eu ni la force, ni la volonté. Lui en voulait-elle ? Il s'était damné lui-même. Pourquoi ? S'était-il enfoncé dans le mal pour qu'un autre lui ôte la vie, lui qui se savait incapable de suicide ? La dégoûtait-il ? Pouvait-elle encore l'aimer malgré tous les gens qu'il avait tués, tout le sang qu'il avait versé ? Il était un monstre. Si indigne… Il n'avait même pas accompli ses dernières paroles, celles qu'elle avait prononcées sur son lit d'hôpital, son lit de mort. Des paroles si simples et pourtant si dures…

« Oublie-moi et sois heureux, refais ta vie. Vis. Je t'aime. » lui avait-elle murmuré, dans un douloureux râle, avant de fermer les yeux pour toujours.

Il n'avait pas pu. C'était impossible. Il ne pouvait pas l'oublier, oublier leur histoire, effacer leur mémoire. Non… Alors il avait fui, refusant d'écouter, refusant de l'oublier. Il n'avait réalisé qu'une seule de ses demandes. Il avait continué à vivre, même si c'était en s'immergeant complètement dans la violence, au prix de sa raison. Cela importait tellement peu dorénavant. Il allait mourir. Lui pardonnerait-elle toutes ses horreurs ? Lui pardonnerait-elle de la rejoindre ? C'était maintenant ses seules appréhensions.

~O~

Une grande sérénité, une comme il n'en avait jamais ressenti, s'empara de lui à mesure qu'il approchait de l'échafaud. Il monta, on l'agenouilla, honte publique de la soumission, mais il n'y accorda aucune importance. Ils avaient voulu qu'il soit guillotiné, il ignorait pour quelle raison, sûrement un caprice des nobles. Il en avait occis quelques-uns. Le bourreau leva sa hache. Le criminel se rendait maintenant compte que tout ce qu'il avait cherché depuis le début, c'était de la rejoindre. La lame s'abattit. Il eut une dernière pensée. Il pensa à elle. Kuina… si belle. Il allait bientôt la retrouver. Alors il sourit, un sourire heureux, le premier depuis des années. Le sourire d'un fou.

~O~

Le lendemain matin, dans le journal, un gros titre accaparait la première page. Un gros titre qui créait l'agitation de la population. Un gros titre qui disait « Le "démon aux trois sabres", Roronoa Zoro, enfin exécuté ! »


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