Cascade de One-shots

Auteur : Moi, Rubis-san

Genre : Romance, hurt/comfort

Crédits : Tout, que ce soit les personnages ou le monde, en gros One Piece dans son intégralité appartient à Oda-sama (DONNEZ-LES MWOUAAAAA ! J'EN AI BESOIN POUR SURVIVREEEEE D8 Comment ça "si je meurs le monde s'en portera mieux " ? Ah non, en fait ça ne changerait rien...). Bref, je désespère et j'espère toujours et encore, mais One Piece n'est pas à moi... Monde cruel... T^T

Le petit -ou pas- mot de l'auteur : Hey la compagnie ! Quoi il n'y a personne ? Bon, bah tant pis alors... xD La rentrée s'est bien passée ? (Ahhh les vacances 8D Je suis nostalgique T.T)

Merci à Florette qui me suit, à Estrella-san qui me commente et à Leelo250 pour son favori. Et à tous ceux qui me lisent. D'ailleurs laissez une trace de votre passage, un petit mot, même très court fait toujours plaisir et illumine la journée de l'auteure ! =D

Et sur ce chapitre ? Un ZoRo ! Ce n'est pas mon couple préféré, j'ai beaucoup de mal quand je lis de la guimauve sur eux, mais je me suis lancée (par la fenêtre 8D *SBAAF*). Ne vous attendez pas un de la romance niaise et toute dégoulinante par contre, ce n'est même pas de l'amour qu'il y a entre eux dans cet OS. xD

Cet OS est classé [R] (ou +16), suggestif. Bonne lecture ! :D


Jusqu'à ce qu'il tombe de sommeil

Etourdi par la jouissance, haletant, il se laissa doucement tomber sur la brune, tout aussi essoufflée que lui. Le nez enfoui dans la chevelure de jais, la peau de son visage tanné contre celle, douce et chaude, de sa partenaire, ses bras musclés et recouverts d'une fine pellicule de sueur encerclant le corps tiède de cette dernière, il attendit que son cœur se calme et reprenne une allure normale alors que les dernières brumes du plaisir disparaissaient. Sa compagne, elle, laissa vagabonder son regard bleu sur le plafond pendant que sa respiration erratique se faisait plus régulière. Puis, quelques minutes plus tard, la jeune femme bougea et repoussa gentiment mais fermement l'homme qui l'enlaçait. Celui-ci desserra son emprise et s'assit sur le lit, permettant ainsi à la brune de se lever. Il la regarda se baisser pour ramasser ses vêtements épars, se relever et ensuite se diriger, nue, vers la salle de bain attenante à la pièce qui avait accueilli leurs ébats.

C'était toujours ainsi, songea Zoro en étirant ses muscles. Ils couchaient ensemble, puis elle se relevait sans un mot et partait s'enfermer dans la salle d'eau pour se laver. Après, ils buvaient un verre, en général également dans le silence. Et la jeune femme s'en allait. C'était toujours comme cela. Oh pas comme si cela le dérangeait, le silence ne le gênait pas. Après tout il n'était pas très bavard, et sa compagne non plus.

Finalement, il se décida à bouger en entendant le bruit de la douche. Il récupéra lui aussi ses habits sur le sol avant de les jeter, pêle-mêle, dans une corbeille de linge sale. Il ouvrit ensuite les battants de l'armoire située à gauche de son lit. Il enfila rapidement un nouveau boxer, un bermuda noir et, après s'être aspergé de déodorant, un vieux t-shirt. Il aurait tout le temps de se doucher une fois Robin partie.

Quand il eut fini de se vêtir un peu plus décemment, il se traîna jusqu'au salon qui lui faisait aussi office de cuisine. Il sortit une bouteille de rhum – de loin son alcool préféré – ainsi que deux verres d'une armoire qu'il posa sur la table basse qui trônait au centre de la salle, devant un confortable canapé sur lequel Zoro s'affala. Il remplit son cylindre de verre et but une gorgée du liquide, savourant le goût de l'alcool sur sa langue et son palais. Peu de temps après, la porte de la salle de bain s'ouvrit, et Robin le rejoignit, à nouveau fraîche et habillée.

« Tu veux un verre ? lui proposa le vert en lui désignant la bouteille.

– Non, merci. Je dois y aller, lui répondit la brune.

– T'es sûre ? insista son interlocuteur.

– Oui, j'ai beaucoup de travail.

– Ok. »

La jeune femme avança vers la porte d'entrée, située sur le mur qui séparait le salon du corridor de l'immeuble de Zoro. L'archéologue attrapa son sac à main posé négligemment sur un fauteuil et s'apprêtait à quitter l'appartement quand, semblant se raviser, elle se retourna vers l'homme aux cheveux verts.

« En fait… C'est terminé. »

Son vis-à-vis écarquilla légèrement les yeux, surpris, et se dépêcha d'avaler le rhum encore présent dans sa bouche.

« Qu-quoi ?!

– Tu as bien entendu. C'est fini. C'était la dernière fois. » reprit Robin.

Et elle partit, ouvrant délicatement la porte et la refermant tout aussi doucement, plongeant le salon dans le silence. Le laissant seul, figé sur son canapé, comme un roi déchu sur un trône terni.

Puis, enfin, après quelques secondes – ou étaient-ce quelques minutes ? –, l'escrimeur sembla s'animer à nouveau. Il reposa le verre vide qui reposait encore dans sa main sur la table basse, et ferma brièvement les yeux avant de les rouvrir pour contempler, pensif, l'entrée de son petit appartement trois pièces. Il soupira.

Ainsi donc, tout était terminé entre eux ? Mais y avait-il eu seulement quelque chose ? Zoro se rappelait de comment leur « histoire » avait commencé. Dès le départ ce n'était pas de l'amour, ni même une quelconque attirance. Ils n'avaient même pas d'affinités communes, si ce n'est le fait qu'ils étaient peu loquaces. Ce n'était que du sexe. Du sexe et uniquement cela. Un arrangement plaisant. Un accord comme un autre où ils avaient su tous deux trouver leur compte.

Comment en étaient-ils arrivés là déjà ? Il saisit la bouteille de rhum presque pleine et la porta à ses lèvres alors qu'il se replongeait dans ses souvenirs.

C'était un soir de juillet, il y a de cela huit mois. Lui, Robin et l'intégralité de leur petite troupe d'amis s'étaient réunis chez l'un d'eux, Luffy, afin de fêter comme il se doit l'anniversaire de Nami. Il se souvenait que la soirée avait été plaisante, emplie de rires et de joie, entrecoupée de ses batailles quotidiennes contre Sanji, son rival de toujours. Zoro, dans un confortable fauteuil, s'était légèrement isolé pour boire de l'alcool en paix, diverses bouteilles – vides – s'entassant au fur et à mesure devant lui. Puis, alors qu'il goûtait avec délectation un mélange vodka/coca que Franky lui avait mis d'autorité dans les mains – « Dé-li-cieux ! Tu dois tester ça ! » s'était exclamé l'ingénieur. –, la jeune archéologue s'était approchée et assise à ses côtés. Il avait tourné la tête vers elle en sentant son regard azur peser sur lui.

« Qu'est-ce que tu veux ? lui avait-il demandé d'un ton dénué d'agressivité.

– Rien de particulier. »

Et il avait continué à siroter de l'alcool tandis que sa compagne savourait silencieusement son cocktail à la cerise. Ils n'avaient pas échangé un mot de plus. La soirée avait filé doucement pendant que tous deux buvaient verre après verre. L'escrimeur ne savait plus trop quand cela avait dérapé et qu'ils s'étaient retrouvés, fortement éméchés malgré la résistance tenace du bretteur, à s'embrasser langoureusement contre la porte de la chambre à coucher de Luffy, à se serrer furieusement l'un contre l'autre tout en dégustant avec férocité leurs lèvres engagées dans un baiser fougueux. Zoro se souvenait qu'il avait tenté, dans un fugace et bref éclair de lucidité, de mettre fin à leurs débuts d'ébats. Il s'était immobilisé et avait brisé le sceau de leurs bouches. Il avait questionné, quelque peu haletant, la sylphide brune :

« Tu ne vas pas le regretter ?

– Non. » lui avait-elle soufflé avant d'insinuer à nouveau sa langue dans la cavité buccale de l'escrimeur.

Ils s'étaient replongés dans leur étreinte enflammée. Aux baisers et suçons dans le cou avaient rapidement succédé des attouchements plus intimes, et les deux amants s'étaient vite retrouvés enlacés entre les draps du lit de leur ami brun. Le bretteur se rappelait qu'ils avaient fait sauvagement l'amour, presque bestialement. Les soupirs et les grognements de plaisir avaient précédé et fait place à l'extase la plus totale et à un orgasme des plus puissants. Et quand ils étaient retombés, épuisés par la volupté, dans les bras l'un de l'autre, Robin et lui avaient accueilli et cédé avec délice à Morphée.

Le vert reposa sa bouteille de rhum vide.

Au matin, lorsqu'ils s'étaient peu à peu éveillés en sentant les rayons du soleil caresser leur peau et que les effets de l'alcool s'étaient définitivement dissipés, le jeune homme avait réalisé pleinement son acte. A vrai dire, il n'avait su qu'en penser. Il n'aurait jamais pu imaginer que faire une telle chose avec Robin fût possible. Bien sûr elle était plus qu'attirante, mais elle était si… réservée. Puis, l'archéologue lui avait proposé cet étrange marché, auquel il ne s'attendait pas le moins du monde.

« Deviens mon partenaire sexuel. » lui avait-elle dit soudainement, tout à fait sérieuse.

A cette déclaration il avait été surpris et n'avait su que répondre. Il s'était néanmoins presque instantanément repris et lui avait demandé ce qu'elle entendait par cela. Elle lui avait alors clairement exposé ses raisons.

« Comme tu le sais, je suis très occupée par mes recherches et mon travail d'archéologue et, en tant qu'historienne passionnée, je m'y investis totalement. Ce qui ne me laisse que très peu de temps pour entretenir des relations, notamment des relations amoureuses. Pas assez de temps et trop de contraintes. Mais là n'est pas l'ennui. Comme chaque personne j'ai des besoins, en particulier sexuels. Tu pourras comprendre que l'absence de partenaire est problématique et ne me permet pas d'assouvir correctement mes envies.

– Pourquoi moi ? l'avait-il interrogé, un peu sceptique. Tu n'aurais aucun mal à trouver des amants d'une nuit.

– Je sais. Mais comme je te l'ai dit, cela demande du temps. Et d'aller à des endroits appropriés. Je n'ai pas de temps à perdre et je suis peu adepte de ce genre de choses. »

Il était resté silencieux.

« Quant à mes collègues, je me refuse à toutes relations autres que professionnelles, répondit-elle, anticipant sa question muette.

– Et les autres ? avait repris Zoro.

– Sanji tourne autour de Nami, Usopp a Kaya, Franky est bien trop émotif. Et Luffy n'est pas mon genre. Quant à Ace, il tente de séduire Vivi* depuis quelques temps, n'avais-tu pas remarqué ?

– Si, ce n'est pas très discret, avait-il soupiré, souriant brièvement. Donc il ne reste plus que moi… »

La brune avait acquiescé. Le bretteur avait rapidement réfléchi. Cette proposition était alléchante après tout… Alors pourquoi pas ? De plus, il devait admettre que lui aussi avait peu de temps, étant en terminale – qu'il avait redoublée – et très pris par son entraînement intensif en escrime pour devenir un bretteur de renom – il passait plusieurs heures chaque jour à entretenir son art. En outre, à l'instar de l'archéologue, il n'était pas immensément social. Il n'avait pas de véritables raisons de refuser la proposition de la jeune femme. Celle-ci était désirable, et leurs premiers ébats avaient été fort agréables. Il avait donc accepté, après s'être toute fois assuré d'une chose.

« Pas de sentiments ?

– Non

– Alors, marché conclu. »

Et c'est ainsi qu'ils étaient devenus ce qu'ils étaient, du moins ce qu'ils avaient été jusqu'à présent. Des partenaires sexuels. Une relation plus qu'amicale mais pas pour autant amoureuse. Un lien quelque peu dangereux en somme...

Zoro se leva de son canapé et se dirigea vers sa cuisine afin de se munir d'une nouvelle bouteille d'alcool – de la vodka cette fois. Puis il se rassit, ôtant le bouchon du récipient avant de coller ses lèvres au goulot.

Ils s'étaient vus plusieurs fois – hors les réunions avec leurs amis bien entendu –, secrètement. Lorsqu'ils le désiraient, ils s'appelaient, échangeant à peine quelques mots – les salutations d'usage, l'heure et le lieu –, ou s'envoyaient un rapide texto. Ils se retrouvaient ensuite, en général chez lui – il n'était allé que rarement chez l'historienne – et comblaient leurs envies respectives pour un temps. Et quelques jours ou semaines plus tard ils recommençaient. Voilà quelle était la nature de leur relation.

Le fait que Robin ait voulu l'arrêter ne le dérangeait pas, ou du moins n'aurait pas dû le déranger, étant donné l'absence de lien affectif entre eux – autre qu'amical. Alors… pourquoi ce petit, presque infime, pincement au cœur ? L'athlète aux cheveux verdoyants ne comprenait pas. Ils n'étaient rien d'autres que des partenaires, des amants ne ressentant rien l'un pour l'autre sinon de l'amitié – et encore, il n'avait jamais été très proche de la jeune femme. Alors, pourquoi, pourquoi avait-il eu la fugace pensée – vite étouffée – espérant que les dires de l'archéologue ne soient que des mensonges ? Se pourrait-il qu'il y ait eu autre chose ?

Non… répondit-il intérieurement. Impossible.

Et pourtant…

Il avait fini par s'y habituer, à leurs étreintes enflammées. A ses légers moments de tendresse qui le prenaient, une fois leurs ébats terminés. Lorsqu'il entourait de ses bras musclés le corps fin et tiède de Robin. Lorsque les cheveux sombres de cette dernière venaient chatouiller sa joue. Il avait pris goût à tout cela. La saveur de ses baisers. Le souffle chaud de sa compagne sur sa nuque. Les soupirs rauques de plaisir qui sifflaient à son oreille. Les jambes douces qui enserraient fermement son bassin. Le frottement de leurs corps dénudés et brûlants de volupté. Quand ils sombraient tous deux dans un sommeil réparateur, enlacés. Il avait aimé tout cela.

Mais… « tout cela » était terminé désormais… Alors il allait juste ignorer cet incompréhensible pincement au cœur et boire… boire pour oublier cette sensation glacée qui s'insinuait progressivement, vicieusement en lui. Ce début de sentiment qu'il ne voulait pas comprendre ni même entrevoir.

Zoro avala goulûment une lampée de vodka.

Oui…

Il allait juste boire jusqu'à ce qu'il tombe de sommeil.


Alors verdict ? Compliments ? Critiques ? Insultes ? TOMATES ? (que j'aie le temps de me planquer sous mon bureau xD).