Cascade de One-shots

Auteur : Rubis-san, moi quoi ;)

Genre : romance, one-shot, drabble, drame, réflexion.

Crédits : Tout appartient à Eiichiro Oda bien entendu ! :D

La note de l'auteure : Et voici l'OS numéro 7 ! Un petit CrocoRo, bien plus sombre et mâture que le premier. J'aime vraiment pas mal ce couple et j'ai pris beaucoup de plaisir à mettre en forme cette idée qui m'est venue un matin de vacances, comme ça, tout simplement.

Alors, je pense que c'est assez évident, mais Robin n'a - dans ce texte - pas encore rencontré Luffy et compagnie, donc l'histoire se situe lorsque Robin est à Baroque Works.

Bonne lecture !

/!\ CET OS CONTIENT UN LIME /!\


Elle préférait cela à la solitude

ou

Juste femme

L'homme agrippa fermement les hanches fines alors qu'il possédait la femme qui s'accrochait à lui sans un mot.

Elle ne l'aimait pas.

Robin laissa ses doigts se perdre dans les cheveux gominés tandis que Crocodile, lui, se perdait en elle.

Elle ne l'avait jamais aimé.

Elle n'avait jamais ressenti ne serait-ce qu'une once d'amour à l'égard de cet homme. Sa peau claire ne rougissait pas lorsque la brune sentait sur elle le regard scrutateur du pirate. Son corps ne lui paraissait pas fait de coton en la présence de celui-ci, ni même embrasé d'une douce chaleur. Et dans sa poitrine, son cœur ne battait jamais plus fort ou plus vite lorsque Robin fixait Crocodile ou que ce dernier ancrait ses yeux jaunes dans les siens. Il n'y avait rien de tout cela.

Il n'y avait qu'à l'apogée de leurs ébats que son cœur daignait marteler puissamment sa cage thoracique à l'en faire éclater, résonnant dans tous ces muscles bandés au maximum ; dans tout cet épiderme qui alors seulement devenait rouge d'effort et de sueur ; dans tout cet être qui était le sien et qui alors brûlait, brûlait, presque à lui en faire perdre la raison.

Et là, à travers ce feu de désir qui la consumait et qu'elle provoquait chez son partenaire, la criminelle se sentait vivante et un peu plus humaine. Juste femme. Loin de l'abominable monstre sanguinaire que la Marine avait fait d'elle.

Parce que dieu que c'était douloureux, que ça faisait mal, que ça faisait saigner, de savoir que l'on était honni, abhorré, maudit et craint par tout un peuple, par tout un monde. Que l'on ne suscitait que révulsion et peur dans les cœurs et les esprits. Que l'on n'était même pas humain pour eux, mais juste un être abject, une de ces créatures effroyables qu'on devait écraser. Que l'on était complètement isolé, seul contre tous et que les amis promis n'étaient finalement jamais venus. Et que pourtant, on devait tenir, on devait lutter, parce que toute la mémoire d'un monde, toute la mémoire d'un peuple reposait sur nos fragiles épaules. Ne pas succomber, juste survivre, survivre. Pour nous-mêmes ou pour eux, on ne savait plus très bien. Car si on disparaissait, que resterait-il d'eux ? Et s'ils s'évaporaient, qu'adviendrait-il de notre histoire et de nous ? Il fallait juste continuer. Mais qu'il était dur d'avancer lorsqu'on était vide !

Robin s'accrocha avec plus de force au cou de son amant, laissant quelques soupirs de plaisir s'échapper de ses lèvres entrouvertes. La peau était douce sous ses doigts. Elle quémanda un baiser qui n'avait de baiser que leurs bouches scellées l'une contre l'autre. Il lui fut accordé.

Collée à ce grand corps d'homme qu'elle n'aimait pas et qui ne l'aimait pas, qui était même son ennemi, elle se sentait toujours un peu moins solitaire. Un peu moins haïe. Un peu moins vulnérable. Même si, en fait, elle ne partageait rien d'autre qu'une étreinte mensongère avec le corsaire. Même si en vérité, Crocodile la détestait sûrement et faisait d'elle son amante juste le temps d'une nuit, pour l'exploiter jusqu'au bout. Même si en vérité, elle le détestait sûrement elle aussi, ce sale forban qui voulait le savoir juste pour le pouvoir qu'il pourrait lui procurer. Même si elle n'était jamais aussi exposée au danger que lorsqu'elle était dans les bras du pirate, ces bras qui d'un geste pouvaient lui ôter la vie en une seconde.

Lorsqu'ils s'unissaient comme ce soir-là, la jeune femme ne fermait jamais les yeux, même l'espace d'un instant, afin de ne pas perdre de vue son partenaire s'il tentait quoi que ce soit contre elle. Il faisait de même, elle le savait. Et ils restaient se défier d'un regard méfiant et allumé de désir sous leurs paupières mi-closes, loin, très loin l'un de l'autre, alors même que leurs langues dansaient, que leurs souffles se mêlaient et qu'ils ne formaient plus qu'un.

Crocodile effleura de sa paume le dos de la brune alors qu'il embrassait son ventre plat et qu'il poussait un peu plus fort en elle. Entre ses lèvres serrées, Robin gémit.

Les mains du corsaire étaient toujours froides sur sa peau nue, la faisant doucement frissonner. Aussi fraîches que le muscle qui palpitait sous les chairs de son amant peut-être…

Mais cela n'avait pas d'importance, ça n'en aurait jamais.

Le sien ne l'était-il pas tout autant ?

Ce cœur de femme torturée, froid, si froid, glacé, gangrené de peur et de haine, envahi d'ombre et de ténèbres. Ce cœur qui ne voulait s'attacher à personne, parce qu'il ne savait pas, parce qu'il n'avait jamais su, parce que tous ceux qui auraient pu lui apprendre étaient partis trop tôt, bien trop tôt pour pouvoir lui donner cette confiance pourtant essentielle en la vie et les autres. Ce cœur encore, qui, révulsé, dégoûté, terrifié par la folie des hommes, n'avait pu que fuir et se parer d'une forteresse de glace imprenable, s'entourer d'une muraille implacable et cruelle afin de ne pas imploser, afin de ne pas succomber à toute cette démence, afin de ne pas se briser encore plus en mille morceaux qu'il ne l'était déjà. Ce cœur, sombre et dur, qui désormais était le sien, et que rien, rien ne pouvait plus surprendre, parce que Robin en avait déjà trop vu, parce que Robin savait déjà trop bien que l'innocence en ce monde ne pouvait qu'être bafouée et que le mal régnait partout, partout en maître.

D'enfant triste et pure, la brune était devenue adulte fourbe et manipulatrice.

Peut-être était-ce pour cela aussi qu'elle se donnait si facilement au pirate dont elle aurait dû se tenir la plus lointaine possible… Car, au fond, c'était rassurant de savoir qu'une personne aussi traître et perfide qu'elle, sinon plus, existait en ce bas monde ; c'était rassurant de savoir que non, elle n'était pas la seule à être un monstre impitoyable et démoniaque ; c'était rassurant de savoir qu'elle n'était pas la pire, qu'il y avait pire, qu'il y aurait toujours pire.

Robin laissa tout son être se tendre alors que, corps contre corps, le plaisir montait, montait toujours plus haut, envahissant les deux amants. La jeune femme s'abandonna à la volupté alors qu'elle subissait les assauts de plus en plus rapides et puissants du corsaire. Et enfin, la jouissance vint les cueillir, éclatant dans leurs veines en myriades de sensations, électrisant au maximum tous leurs sens une dernière fois. Quand la brune retomba, épuisée, sur les draps rouges, enfermée qu'elle était dans les bras chauds et glacés à la fois de Crocodile, elle se sentit, comme toujours, étrangement bien comblée et rendue euphorique par l'acte pour un temps, presque comme si elle était heureuse un instant. Juste femme.

Et jamais, jamais rien n'avait été aussi bon.

Alors seulement pour cela…

Peu importait que tous ces baisers ne soient qu'un affreux mensonge, que toutes ces étreintes ne soient qu'une ridicule pantomime.

Peu importait que son amant soit le plus vil des individus, qu'il puisse la trahir et l'anéantir à chaque seconde.

Peu importait qu'elle précipite sûrement sa chute, qu'elle s'abîme des nuits entières dans une relation qui n'avait aucun sens.

Grâce à cela, peut-être qu'elle ne rêverait plus des incendies provoqués par le buster call mais de ces mains fraîches qui parcouraient son corps et du brasier qu'elles allumaient dans son bas-ventre.

Peut-être qu'alors elle aurait un peu moins mal, qu'elle n'étoufferait plus de toute cette haine, de toute cette peur qui la poursuivaient sans relâche.

Peut-être qu'alors le soir elle aurait un peu moins froid, seule dans son lit et dans ce cœur où l'obscurité venait la narguer.

Peut-être réussirait-elle à tromper sa solitude en s'évertuant à bâtir cette illusion.

Dans le noir, les yeux vides, la jeune femme caressa machinalement les cheveux gominés de Crocodile.

Peu importait que tout cela ne soit qu'une gigantesque et pathétique fantasmagorie, Robin n'en avait que faire.

Elle préférait cela à la solitude.


Alors ? Un petit avis à faire partager ?

Merci d'avoir lu !

Le prochain one-shot sera une surprise, avec j'espère un couple (bien qu'il soit assez original) qui vous plaira ! :D

Bises