Cascade de One-shots

Auteur : Rubis-san, moi quoi ;)

Genre : Amitié, Famille, Réflexions, Drame et puis... je crois que c'est tout xD

Crédits : Tout appartient à Eiichiro Oda bien entendu ! :D

La note de l'auteure : Et voilà un nouvel OS, une petite surprise, un pairing improbable que je ne crois pas avoir déjà croisé. Ce n'est pas un couple à proprement parler, plus une relation fraternelle voire même paternelle. Trouverez de quel pairing il s'agit ? ;D

Quelques éléments de ce one-shot peuvent choquer (même s'il n'y a ni lime, ni lemon), j'ai donc pris l'initiative de le classer [R], ([+16] quoi). Afin de ne pas casser le suspense, je ne vous dirai pas de quoi il s'agit exactement, cependant je vous demanderai de lire jusqu'au bout parce qu'au final ce ne sera sans doute pas ce à quoi vous vous attendiez. =)

Et maintenant, bonne lecture ! :D

Réponses aux commentaires anonymes :Merci Roblochon (sympathique pseudo en passant ;D) pour ta review ! Elle m'a fait très plaisir ! Je suis ravie que mon Doflamingo/Nami t'ait plu, quant aux caractères des personnages, je fais toujours mon maximum pour les respecter qu'importe sur lequel j'écris, donc je suis contente que ça porte ses fruits. ^^

La question de la suite... Honnêtement ce n'est pas prévu au programme, je préfère laisser planer le doute et le lecteur s'imaginer ce qui lui plaît. Mais on sait jamais, je changerai peut-être d'avis. =)

Encore merci de ton commentaire et de tes encouragements !


Ruban de soie

ou

Promesse

Marco embrassa du regard l'horizon et la terre sur laquelle l'équipage de Barbe Blanche venait d'accoster.

L'endroit était sale, crasseux jusqu'aux moindres recoins. Devant le port sur lequel le phénix se tenait, port empli d'épaves ou de navires y ressemblant fortement, s'étendait une ville délabrée et décadente. Le ciel, même d'un noir d'encre, y était constamment obscurci par la fumée noirâtre et malodorante des incendies déclenchés çà et là, au hasard des ruelles mal fréquentées. La poussière des rues était aride et sèche, irritant les yeux et la gorge. L'air asphyxiait presque, tant il était putride et vicié d'émanations d'ordure, d'urine et de sang. Des immeubles croulants et abîmés, aux façades d'un blanc devenu noir, se dressaient de-ci de-là, dans le plus grand désordre et sans aucun esthétisme, faisant de la cité un véritable labyrinthe dans lequel il était aisé de se perdre. Des déchets traînaient et encombraient souvent les seules voies praticables, voies qui menaient, au choix, aux bars malfamés, aux taudis rebaptisés « habitations citadines » ou, encore, aux maisons closes ou de jeux.

Ici, pas d'étals de marché attrayants, pas de bars décents et accueillants, de jolies jeunes femmes se baladant en robe légère sur la jetée, ni même d'enfants courant devant les maisons – d'ailleurs, s'il y avait des enfants, on ne les voyait jamais. Seulement les néons durs et blancs des carcasses de casinos ou les atmosphères pesantes et irrespirables de cafés sordides. Seulement des filles de joie en guenilles qui hantaient les allées et des ivrognes vautrés sur le sol terreux. Seulement des bandits au coin des murs qui vous laissaient agonisants dans votre propre sang sans que cela ne choque personne.

Le blond soupira tout en passant une main dans ses cheveux ébouriffés par le vent. Il n'avait jamais apprécié cette île dépravée et la ville qui lui avait donné son nom. Kefcillik*, la cité où débauche et misère étaient maîtresses. Kefcillik, la cité des vices. Alcool, drogue, sexe, violence… Tous les plus bas penchants que pouvait avoir un individu y occupaient une place de choix.

Un endroit parfait pour un pirate, aurait-on pu penser, un endroit parfait pour lui. Cependant, Marco n'était pas de ceux qui appréciaient les lieux insalubres et pervertis comme celui-ci. Ces lieux-là il les abandonnait volontiers aux lavettes qui se targuaient d'être libres alors même qu'elles se laissaient volontairement assujettir par le dévergondage, perdant ainsi tout honneur, se discréditant même en tant qu'homme. Forban des mers, le phénix l'était, certes, mais avec rationalité et modération, avec finesse et droiture*.

Le navigateur souffla à nouveau tandis qu'il se décidait à entrer dans la bruyante et peu attrayante cité. Une partie assez conséquente de ses compagnons s'y était déjà aventurée afin d'acheter de nouvelles provisions et de ce fait, une fois le log pose rechargé, rapidement quitter l'île déplaisante. Dès le lendemain matin, le navire pourrait appareiller et reprendre la mer, satisfaisant ainsi la grande majorité de l'équipage qui ne portait pas Kefcillik dans son cœur.

Le blond, lui, faisait partie des chanceux – ce que lui avait fait remarquer un Tatch de corvée d'un soupir à fendre l'âme – ayant quartier libre. Il pouvait déambuler à sa guise et faire ce que bon lui semblait. Il avait donc mis pied à terre, malgré sa grande envie de se cloîtrer dans sa cabine pour y dessiner quelques cartes supplémentaires. En effet, un problème assez commun l'indisposait depuis quelques jours, petit souci qui, après cinq semaines à sillonner l'océan sans halte, était tout à fait compréhensible, surtout pour un homme d'âge mûr comme lui. L'abstinence devait sans doute être la contrainte la plus lourde lorsqu'on naviguait, hormis les tours de garde et l'épluchage de pommes de terre en cuisine.

Marco s'engagea dans la ville, empruntant ce qui devait être une des avenues principales aux vues de la voie praticable plus large que les autres. En avisant le dédale de rues sombres qui s'offrait à lui, jonché de déchets, grouillant de prostituées aguicheuses – presque squelettiques, éméchées, même vieilles et édentées pour certaines –, d'ivrognes rampants à demi inconscients ainsi que de dealers de drogue taillés comme des armoires à glace – visions peu flatteuses en somme –, le second de Barbe Blanche fut tenté de se transformer en phénix et de survoler ces immondices. Cependant les fumeroles et les vapeurs grasses des incendies qui infestaient le ciel gris l'en dissuadèrent vite. L'air était déjà assez insupportable en bas, il ne voulait même pas imaginer ce qu'il en était au-dessus des immeubles. De plus, il n'arriverait sûrement à rien de là-haut, et ce n'était sans doute pas dans les nuages qu'il allait dénicher une partenaire digne de ce nom ! Le forban se résolut donc à parcourir les ruelles miséreuses aidé de ses jambes plutôt que de ses ailes, regardant droit devant lui, ignorant volontairement les yeux qui le suivaient, les mains négligemment fourrées dans les poches de son bermuda noir.

Au coin d'un carrefour, alors qu'il venait d'enjamber avec dégoût un alcoolique qui ronflait au sol, le navigateur fut abordé fort peu subtilement par un gloussement. Sachant à quoi s'attendre, il tourna à peine la tête, juste assez pour couler un regard indifférent vers l'inconnue. C'était une femme d'une petite trentaine tout au plus, plutôt bien fournie par la nature – il avait d'ailleurs une vue superbe sur son décolleté –, habillée d'une robe rouge vif qui seyait parfaitement ses courbes. Ni trop maigre – contrairement à la plupart de ses comparses –, ni trop dodue, d'un blond roux sympathique, elle aurait pu plaire au commandant, en excluant sa tenue délibérément provocante. Néanmoins, son hygiène visiblement plus que discutable de par ses cheveux gras et sa peau souillée de crasse répugnèrent le pirate qui réprima une grimace. Outre sa propreté déplorable, les pupilles dilatées de la fille de joie l'incitèrent à penser que cette dernière était droguée à il ne savait quelle substance illicite. Ne se formalisant ni de la moue suggestive qu'affichait la prostituée, ni de son indignation à se voir ignorée ensuite, il passa son chemin, reprenant sa route.

Tant qu'à copuler avec une péripatéticienne – les mots étaient crus, certes, mais il fallait dire les choses telles qu'elles l'étaient –, autant le faire dans un établissement avec un minimum de confort et d'hygiène, et non au fond d'une ruelle sordide avec une femme aussi sale que shootée. Marco se dirigeait donc vers les maisons closes, sachant pertinemment que dans les bars, il ne trouverait pas mieux que dans les rues. Il savait pour y avoir déjà été il y a de cela deux ou trois ans – Grand Line était vaste – que c'était ce qu'il pouvait espérer de mieux, même s'il reconnaissait sans embarras qu'il avait fréquenté des lieux mieux entretenus.

Alors qu'il marchait nonchalamment, fixant d'un regard morne la cité déchue et le soir qui tombait, un morceau de tissu pourpre vint se perdre dans sa chevelure blonde, emporté par la brise. Il fixa d'un œil désabusé le bout rosé qui pendouillait de son front avant de s'en saisir calmement. C'était un ruban ; un peu abîmé, effilé aux extrémités, et qui avait perdu de son lustre. En soie visiblement. Une de ces bricoles qu'on jetait aux ordures parce qu'elles étaient trop vieilles.

Sans trop savoir pourquoi, au lieu de l'abandonner, il le fourra dans sa poche avec un haussement d'épaules désintéressé.


Dès qu'il avait poussé la porte de l'établissement « Au bon plaisir » – un nom assez bien trouvé il fallait le dire –, la gérante, potelée et faussement affable, s'était précipitée vers lui, visiblement ravie d'avoir un client. Elle lui avait ensuite appris, avec ce qui ressemblait à une moue désolée – « De l'hypocrisie, rien de plus. » avait alors songé le phénix avec un rictus. – qu'il devrait malheureusement attendre quelques minutes que la prochaine fille se libère – « Un habitué vous comprenez ? » lui avait-elle lancé avec un clin d'œil. Toutes les autres pensionnaires étaient apparemment occupées pour plusieurs heures avec les membres d'un équipage pirate fraîchement débarqué – le reste de ses compagnons libres de corvées, avait-il deviné tout en pensant qu'ils avaient été bien rapides à la tâche.

Le commandant avait été d'abord très réticent à l'idée de se voir « imposer » une femme qu'il ne pourrait choisir, encore plus si elle sortait d'une séance avec un autre homme. Qui ne l'aurait pas été en vérité ?

Mais l'appel de la chair était fort et, en outre, il semblait que les autres maisons closes du quartier étaient pour la plupart désaffectées – les causes étaient un incendie et des mises en faillite, avait-il compris. Celles qui restaient étaient sûrement complètes également, aux vues du nombre de forbans arrivés, et le navigateur n'avait ni l'envie, ni la patience de marcher jusqu'aux prochains quartiers réservés aux plaisirs charnels. La promesse d'une hygiène et d'une compétence impeccables ainsi qu'une alléchante réduction du prix initial avaient achevé de le convaincre.

Il s'était donc dirigé, après avoir payé, vers la chambre mise à sa disposition, prêt à patienter une quinzaine de minutes afin de découvrir celle qui lui tiendrait compagnie pour la nuit et qui le rejoindrait directement dans cette même salle – Au moins gagnerait-il un certain effet de surprise…

Le blond, accoudé à la petite fenêtre, contemplait désormais le soir envelopper peu à peu la ville décadente d'une chape de ténèbres. Dans un coin de la pièce, une lampe à huile diffusait quelques rayons ténus. L'astre n'était guère visible depuis les vitres sales, seules les carnations roses et orangées dont se parait le ciel se laissaient admirer, délicates couleurs toutefois entachées par l'air souillé de la cité. Air d'ailleurs très lourd, étouffant, encombré de nuages grisâtres qui présageaient une tempête imminente.

Depuis le troisième étage, le second de Barbe Blanche avait une vue dégagée de l'avenue en contrebas et de celles aux alentours. Ici et là, à mesure que l'obscurité envahissait les ruelles, les conquérant avec facilité, les lanternes des immeubles miteux s'allumaient, distribuant une lumière faiblarde et tremblante qui contrastait avec l'éclairage dur et froid, brûlant les yeux, des néons blafards des casinos.

On aurait pu penser qu'avec le jour, s'en irait aussi le fourmillement incessant des gens dans les rues, mais il n'en était rien, et l'agitation paraissait même redoubler tandis que le soleil se mourait. Le monde s'agitait dans les allées, les bars et les coins sombres, les vies grouillaient comme des milliers d'insectes affamés. Les prostituées absentes la journée sortaient des recoins poussiéreux, rejoignaient les autres déjà adossées aux murs. Les trottoirs n'étaient plus que filles de joie en guenilles, gloussantes et maigres comme des os. Les ivrognes vautrés au sol, qui avaient cuvé leur vin tout le petit jour, se relevaient en titubant, ivres de s'abreuver à nouveau de la liqueur corruptrice. La concentration d'individus dans les cafés explosait, se démultipliant encore et encore. Et dans l'air, toujours plus de fumée et d'effluves de drogue, toujours plus de cris et de danger, toujours plus d'extase à se laisser pervertir. La nuit, comme chaque soir, amenait dans son sillage toujours plus de dévergondage et de misère, semblant les dissimuler mais ne faisant en réalité que les exacerber.

Le grincement timide d'une porte sortit Marco de sa contemplation désolante. Prenant le temps d'étirer ses épaules endolories, il se retourna lentement, toujours avec flegme et nonchalance mais quelque peu curieux de découvrir enfin sa partenaire.

Dans l'embrasure de l'entrée entrouverte, il n'aperçut d'abord qu'une main blanche sur la poignée et une mèche de cheveux roses qui dépassait. Mais qu'elle était petite cette main ! Minuscule même, par rapport à sa grande main d'homme. Et ces doigts si fins qu'il avait l'impression qu'il les briserait rien qu'en les serrant trop fort, qu'ils semblaient fragiles ! Etaient-ce vraiment des mains de femme ?

Le phénix haussa un sourcil intrigué et un peu agacé. Sur quoi allait-il tomber ? Sur une naine ? Il fit un pas vers l'inconnue encore cachée derrière le panneau de bois. Celui-ci finit par s'ouvrir en grand, après un encouragement du blond. Ce qu'il y vit derrière le laissa pantois alors que son visage restait, lui, parfaitement impassible. Seuls ses yeux noirs s'écarquillèrent imperceptiblement. La porte claqua en se refermant.

Devant lui, se tenait une demoiselle aux profonds iris violets et sur les épaules de laquelle ruisselait une cascade rose bonbon de cheveux ébouriffés.

Devant lui, se tenait un adorable minois aux joues délicieusement rebondies et à la peau lisse.

Devant lui, se tenait un petit corps frêle qui ne lui arrivait même pas à l'épaule et aussi menu que sa cuisse.

Devant lui, se tenait une enfant.

Marco ne put s'empêcher de reculer, profondément choqué.

On voulait qu'il fasse l'amour à une gamine ? C'était cela, la femme envoyée et pour laquelle il avait payé ? Une fillette ? Quelle était cette blague de mauvais goût ?

Mais le fait était là, une enfant le dévisageait de ses grandes pupilles noires où brillaient à la fois curiosité, timidité, appréhension et innocence.

Dehors, le soleil s'était couché, laissant la nuit souveraine des lieux, la noirceur maîtresse des moindres recoins…

Le commandant finit par s'asseoir sur le lit, toujours aussi incrédule. Bien entendu, il n'était pas assez naïf pour croire que la pédophilie n'existait pas, mais c'était la première fois qu'il y était aussi directement exposé. Il passa une main dans sa chevelure tout en fermant les paupières quelques instants.

Comment pouvait-on être assez ignoble pour vouloir posséder une petite fille ? Comment pouvait-on même imaginer profaner ainsi un être aussi pur et candide ? Il y avait donc des gens assez fous pour fantasmer, désirer une telle chose ? Pour pervertir un gamin ? La simple vision d'une étreinte entre un gosse et un adulte le révulsa, lui donna presque la nausée. Comment ne pouvait-il pas éclater en mille morceaux, ce corps si chétif plaqué, emprisonné contre celui d'un homme tellement plus viril et fort ? C'était horrifiant, sale, atroce, malsain. C'était un peu comme songer à un effroyable démon qui aurait violenté un ange, à un monstre qui l'aurait arraché des cieux pour détruire ses ailes blanches.* Comme du sang impur sur la glace, de la boue gluante sur la neige la plus propre, comme du noir visqueux et corrompu sur l'immaculé.

Le forban rouvrit finalement les yeux pour les planter avec fermeté dans ceux incompréhensifs de la fillette :

« Comment t'appelles-tu ? Quel âge as-tu ?

– Bonney, répondit-elle d'une voix fluette et hésitante tout en s'avançant vers lui. Je viens d'avoir onze ans, monsieur. »

Onze ans ? Comment pouvait-on corrompre, oser souiller une vie de onze ans ?Elle n'avait même pas vécu quinze années…

« Bien, Bonney, je vais… »

Il s'interrompit en voyant qu'elle s'était agenouillée entre ses jambes et qu'elle avait placé des mains peu assurées sur son bermuda. Se raidit lorsqu'elle se pencha et qu'il sentit sur son ventre imberbe un souffle chaud et étrangement tremblotant. La repoussa vivement, un peu durement même, quand il comprit ce qu'elle allait faire. Elle retomba sur les fesses, faisant voler les plis de sa robe bleue, un air craintif au visage. Puis, elle se releva gauchement et, tortillant ses doigts clairs et fuyant son regard, lui demanda :

« Je… J'ai fait quelque de mal ?

– Non… Bien sûr que non. » s'empressa de lui répondre le pirate désarçonné.

Mais enfin… N'était-ce pas évident ?

Elle le fixa quelques secondes avant de babiller, confuse :

« C'est parce que je suis pas assez jolie n'est-ce pas ? C'est pour ça que vous voulez pas hein ? »

Le blond se leva du lit, complètement décontenancé même s'il ne le montrait pas – il se permit néanmoins un haussement de sourcil. Il soupira un bon coup avant de s'approcher de la fillette et d'ébouriffer gentiment ses mèches roses.

« Ce n'est pas ça le problème, tu es très jolie, mais… (il hésita) tu es une gamine, tu comprends ça ?

– Et alors ? » lâcha celle-ci innocemment.

Le phénix eut presque une expression ahurie. N'avait-elle pas conscience ?

Il s'accroupit pour la regarder dans les yeux, sérieux.

« Tu ne comprends pas ? Une enfant comme toi ne doit pas, ne doit jamais coucher, faire ce que tu fais avec un adulte, avec des hommes ou des femmes comme moi. Ce n'est pas bien, c'est sale. Tu dois attendre d'être grande.

– Pourquoi ? l'interrogea-t-elle. Elle ne comprenait pas.

– C'est mauvais pour toi. Tu aimes (il grimaça) quand ils te font ça ? »

Elle baissa la tête, apeurée.

« Non… Ca fait mal… C'est pas drôle. Mais Madame Martha (Marco haussa un nouveau sourcil lorsqu'il comprit que c'était la gérante) dit que c'est normal que je fasse ça, que pour survivre ici il faut le faire. Si je le fais pas bien et que le client n'est pas content, j'ai pas le droit de manger le soir, comme les autres. Et j'ai toujours faim, même si je mange. C'est normal que je fasse ça, Madame Martha m'a recueillie quand j'avais huit ans, il faut que je la rembourse. »

Il y avait presque de la résignation dans sa voix. Le commandant la fixa d'un air sombre et impénétrable.

« Madame Martha a tort, dit-il fermement. Les enfants ne doivent jamais faire ce genre de choses. Je suis sûr que tu pourrais la rembourser d'une autre manière. »

Bonney garda le silence. Le navigateur reprit, un peu mal à l'aise sous son visage dénué d'expression :

« Il y a d'autres enfants comme toi ici ?

– Nan, je suis la seule. Il y avait Suzy avant, mais elle est morte l'année dernière à cause d'une fièvre, lui expliqua la fillette avec un soupçon de tristesse dans la voix. Mais il y a des filles comme moi dans les autres bordels de la rue. Après je sais pas. »

Le phénix se massa les tempes tout en se rasseyant sur le lit au centre de la pièce. Quelle ville dépravée… Le vice n'avait décidément aucune limite. C'était malheureux à dire, mais il n'avait pas le pouvoir de changer cela. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait presque rasé la cité, voire même l'île toute entière. Mais seule la compassion restait à sa portée, tout comme la pitié. Ou l'ignorance. Parce qu'il fallait avouer que c'était tellement plus facile d'oublier, tellement plus tentant de faire semblant de ne rien voir plutôt que d'encaisser toutes les horreurs.

Cependant, Marco était homme à assumer ce qu'il voyait, à ne pas chercher à le fuir. Cela ne servait à rien, seulement à vivre dans l'illusion et à s'inventer un monde parfait qui n'existait pas, qui n'existerait jamais. Et puis… Il avait eu le temps d'en connaître des atrocités durant sa vie de forban, certaines même bien pires que celles de cette terre. Des villages ravagés par la guerre, des corps immolés par le feu, des femmes égorgées sans une once de sentiment, des nourrissons empalés, des esclaves torturés pour le seul plaisir de leurs maîtres… Au moins, l'enfant était-elle vivante, en assez bonne santé et jouissait de quelques libertés, même si en contrepartie le prix à payer était lourd.

En parlant de prix… Il semblait qu'il ne pourrait pas se faire rembourser, sinon, de ce qu'il avait saisi, la gamine serait privée de repas, faute d'avoir satisfait « son client ». Cela pouvait paraître étrange, absurde pour un pirate, mais, il n'avait pas le cœur à faire cela, ou du moins à en être la cause indirecte. De plus, ses ardeurs avaient été refroidies de façon considérable par la situation, il n'avait plus le désir de s'ébattre joyeusement, ni même celui de s'amuser. Il se sentait juste incroyablement las, pour le coup il aurait bien voulu être tranquillement installé dans sa cabine à dessiner quelques cartes ou à calculer leur prochain cap. Et le ciel s'était mis à pleurer des larmes grises pour parfaire ce tableau utopique.

Mais la pluie n'était rien comparée à ces immenses yeux violets qui le jaugeaient, encore et encore, avec toujours plus d'incompréhension, de questionnements dans les pupilles. Et cette innocence, malgré l'enveloppe charnelle souillée, qui brillait, brillait, encore et toujours dans les obsidiennes ! Déplacée en ce lieu, incompréhensive des enjeux que tout cela représentait. Etouffante, presque insupportable dans cette atmosphère feutrée, cet endroit corrompu. Mais pourtant si apaisante, si réconfortante aussi. Comme si savoir que la candeur était encore possible dans ces contrées déchues, qu'elle persistait en dépit de la décadence sociale, lénifiait, consolait l'esprit des images miséreuses, rallumait une lueur d'espérance éteinte.

Le phénix fit signe à la petite fille d'approcher. Il posa doucement sa grande main sur l'épaule minuscule.

« Ecoute Bonney, je ne vais rien te faire, d'accord ? Mais je vais devoir rester là quelques heures sinon tu te feras gronder j'imagine. »

Elle esquissa un sourire timide, et heureux lui sembla-t-il.

« Tu devrais profiter du lit pour dormir, tu ne dois pas avoir beaucoup de temps pour te reposer je me trompe ? » lui demanda-t-il.

Elle acquiesça. Et même si elle ne l'avait pas fait, les fines cernes qui marquaient sa peau en témoignaient. L'homme tapota le matelas sur lequel il était assis avant de se lever, enjoignant l'enfant à y prendre place. Elle y monta lentement, un peu gênée, visiblement pas habituée à ces attentions et se glissa sous la couverture. La fillette sursauta légèrement en le sentant remonter avec délicatesse le lainage afin qu'elle n'ait pas froid, puis le regarda d'un air surpris. Marco lui sourit avant de s'éloigner pour saisir, au hasard, un livre sur une étagère accrochée au mur et s'installer à la table placée au coin de la chambre.

Sur les vitres retentissaient à rythme régulier les gouttes de pluie sales. Le ciel était complètement recouvert des nuages gris devenus d'un noir menaçant. Derrière grondait le tonnerre, attendant son heure pour rugir à pleine puissance et déverser ses éclairs vengeurs sur la terre. Le vent sifflait entre les murs, donnant l'impression trompeuse que la nuit sombre prenait vie et murmurait des mots inconnus. L'orage était proche, le navigateur ne s'était pas trompé.

Ce dernier ouvrit l'ouvrage sans conviction et entama sa lecture. C'était une histoire romantique quelconque qui ne l'intéressa pas grandement. Dans son dos, le regard de la gamine suivait le moindre de ses mouvements. Tournant mollement les pages, il finit néanmoins par se retourner, l'observation continue de la fillette devenant pesante.

« Tu ne dors pas ? » lui lança-t-il.

Elle ne prit même pas la peine de répondre à sa question idiote, se contentant juste de le fixer avec curiosité et une certaine fascination. Remarquant qu'elle s'attardait sur le tatouage qu'il arborait sur l'abdomen, il anticipa son interrogation muette.

« C'est l'emblème de Barbe Blanche. Je suis un pirate.

– Comme ceux qui sont arrivés toute à l'heure ? lui demanda-t-elle.

– Oui, c'est une partie de l'équipage. »

Elle ne paraissait pas effrayée. Sûrement avait-elle l'habitude. Ses pupilles semblèrent même étinceler davantage.

« Dis, monsieur le pirate… Est-ce que c'est vrai que sur Grand Line il y a plein de grands monstres et des fruits magiques ? » dit-elle de sa voix fluette.

Il la toisa, surpris.

« Ouais, c'est vrai, finit-il par sourire, des monstres très étranges parfois. Quant « aux fruits magiques », les fruits du démon je présume, c'est vrai aussi, même si c'est difficile et assez rare d'en trouver. Au fait, je m'appelle Marco. »

Marco. Elle roula le prénom timidement sur sa langue, apparemment ravie. Puis elle lui rendit au quadruple son sourire. Peut-être n'avait-elle pas l'habitude que ses clients prennent la peine de lui donner leur nom…

« Tu en as déjà trouvé un, de fruit du démon ? C'est bon ? le questionna-t-elle encore.

– Oui, j'en ai trouvé un. Et non, c'est parfaitement dégueulasse. » lui apprit son interlocuteur avec une grimace.

Cela la fit rire. Un gloussement cristallin et joyeux, un rire d'enfant, sortit de ses lèvres rosées. Il carillonna longtemps dans la pièce avant de s'éteindre. C'était un des plus beaux rires que le blond avait jamais entendu tant ses notes transpiraient la candeur et l'honnêteté.

La petite fille le contempla encore, les yeux brillants.

« Dis Marco… Tu veux bien me montrer ? Je veux voir ! » s'écria-t-elle avec vigueur.

Celui-ci se leva, amusé, et s'approcha du lit jusqu'à s'asseoir à droite de la gamine.

« Je veux bien, mais tu es sûre que tu ne vas pas avoir peur ? se moqua-t-il gentiment tout en étant à la fois sérieux.

– Non ! » répliqua cette dernière en battant des mains.

Le matelas s'affaissa légèrement lorsqu'elle s'extirpa à demi de la couverture pour se redresser sur le lit.

« C'est d'accord alors. Mais si tu as peur ne viens pas te plaindre après ! » la taquina encore le cartographe.

Il se leva et s'éloigna de quelques pas afin d'avoir plus de place. Puis, il laissa le pouvoir l'envahir, la tiédeur des flammes bleues l'envelopper. Des plumes de feu le recouvrirent peu à peu, ses bras devinrent ailes, ses jambes, serres acérées. Son cou s'allongea pour devenir plus long et gracieux. Une queue azur et jaune éclatant lui poussa tandis qu'un bec remplaçait son nez et sa bouche. Seuls restèrent ses iris d'un noir profond et sa touffe de cheveux blonds devenus flammèches orangées. Bientôt devant la fillette émerveillée se tint un magnifique oiseau d'un bleu inaltérable, créature de mythes et de légendes, le Phénix immortel.

Le navigateur faillit soupirer de bien-être. C'était toujours aussi agréable, aussi excitant, aussi extatique. A chaque fois qu'il se transformait, il y avait cette sensation de force qui émanait de tout son être, cette aura de puissance qui l'enivrait tout entier. Et jamais Marco ne se sentait aussi libre que lorsqu'il pouvait voler aussi haut, aussi loin qu'il le voulait, jusqu'à toucher les nuages cotonneux, jusqu'à ce que le monde et les hommes ne lui paraissent de ridicules et minuscules points sombres perdus sur la surface miroitante de la mer.

Bonney le regarda, admirative, fascinée, extatique. Jamais elle n'avait vu plus belle métamorphose. Il était si harmonieux, si ravissant, si parfait qu'elle en avait presque le souffle coupé. Mais en même temps, elle avait l'impression que rien qu'en le frôlant du bout des doigts il pouvait disparaître aussi vite que la lumière, s'évaporer aussi vite qu'un rêve en dévastant tout sur son passage. Alors, pour ne pas le perdre, pour s'assurer que tout cela n'était pas juste un merveilleux songe, l'enfant planta ses pupilles cerclées de violet dans celles, obscures et pourtant étincelantes, de l'oiseau.

Ils restèrent longtemps se fixer, yeux dans les yeux, âme dans l'âme, jusqu'à ce que le phénix s'approche à nouveau du lit d'un battement d'ailes léger. Alors la petite fille avança timidement sa main vers le volatile, hypnotisée. Elle ne fit d'abord qu'effleurer comme un souffle d'air les plumes outremer avant d'y plonger la main entière, voyant que les flammes ne brûlaient pas. Elle s'enivra elle aussi de cette douceur soyeuse, de cette chaleur réconfortante, de cette force confiante qui transpirait du duvet, de cette vie qui palpitait sous les chairs. Jamais rien n'avait été plus beau et étrangement solennel.

L'enflammé, spectateur de la scène, fut attendri malgré lui par ce sourire béat, par ces iris brillants, par ce corps fragile tendu vers lui, par cette innocence littéralement époustouflée. Tout fier pirate qu'il était, il ne put s'empêcher d'être conquis.

Il finit cependant par reprendre forme humaine, juste pour pouvoir s'exprimer à sa guise, espérant peut-être aussi secrètement amoindrir la fascination de Bonney qui devenait gênante. Mais la fillette le regardait toujours avec admiration et extase. Et puis, soudain, elle sortit de sa transe et s'écria avec une spontanéité touchante :

« Fais-moi voler Marco ! Je veux voler très haut dans le ciel ! »

Si cette demande le surprit – ce devait être la première fois qu'on lui quémandait cela –, il n'en laissa rien paraître. Doucement il lui répondit :

« Je crois que c'est impossible, l'orage gronde dehors. Pas question de sortir avec ce temps-là. »

Comme pour confirmer ses dires, le tonnerre retentit violemment.

Devant ce refus, la gamine laissa se peindre sur sa bouche un rictus boudeur tandis que son regard se faisait suppliant.

« S'il te plaît ! insista-t-elle. Fais-moi voler très haut ! »

Le pirate rétorqua, sans qu'il puisse s'en empêcher, d'une voix tendre :

« Non, je ne peux pas. C'est impossible. Tu sais combien tu es jeune ? Tu es si petite… Tu tomberais. Tes bras ne sont même pas assez longs et forts pour t'agripper à moi. Tu es si fragile, j'aurais peur de te blesser en montant trop haut, de te briser d'un seul coup d'aile…

– Mais… »

Il l'interrompit d'une caresse sur la tête.

« Quand tu seras grande, je t'emmènerai voler, l'apaisa-t-il.

– Tu me le promets, hein ? geignit-elle.

– Ouais, promis, lui accorda-t-il. Mais pour cela il faut que tu deviennes grande et forte pour pouvoir tenir sur mon dos, d'accord ?

– Oui. » lui jura-t-elle.

Il lui ébouriffa encore une fois les cheveux.

Peut-être, sûrement, était-ce faire là une promesse en l'air, enrober un refus d'un mensonge brillant, provoquer plus tard chez la fillette une déception plus grande encore, mais si cela pouvait la rendre heureuse quelques instants et l'inciter à se battre, non pas pour cette promesse, mais surtout d'abord pour elle, alors le forban ne regrettait pas. Et peut-être aussi, qui sait, un jour pourrait-il vraiment honorer ce qu'ils s'étaient juré au cœur de la nuit…

Plus tard, lorsque la voûte céleste laissa s'échapper sur terre des éclairs blafards, plus blancs encore que les néons des casinos, Marco et l'enfant, allongés côte à côte sur le matelas, regardèrent se déverser la pluie sur les carreaux de la fenêtre. Le commandant, accoudé vers la petite fille bien au chaud sous la couverture, lui parla de son rêve, lui conta ses aventures au sein du chaleureux équipage de Barbe Blanche, émerveillant toujours un peu plus la gamine. Elle l'écoutait avec attention raconter ses histoires de chasses au trésor, de combats glorieux contre d'effrayants monstres marins ou de puissants pirates, de découvertes d'îles fabuleuses endormies sous les glaces éternelles ou au contraire plongées dans une fournaise perpétuelle.

« Et toi quel est ton rêve ? finit-il par lui demander nonchalamment, curieux.

– Moi ? Je ne sais pas trop…

– Tu n'as pas quelque chose que tu aimerais absolument faire ?

– Je veux pouvoir quitter cette île et voir quelque chose de beau, voir toutes les choses belles dans ce monde. Je veux devenir forte aussi, pour pouvoir aller où je veux et faire ce que je veux ! énonça-t-elle alors avec beaucoup de sérieux.

– C'est un beau rêve… dit doucement le blond, les yeux un peu vagues et un petit sourire aux lèvres. On se reverra sûrement sur les océans alors, puisque tu veux, semble-t-il, voyager. »

Bonney lui fit un sourire éblouissant.

« Oui, et tu seras obligé de me faire voler parce que je ne serai plus petite, rajouta-t-elle avec espièglerie.

– On dirait bien que je ne pourrai pas y échapper. » soupira faussement le blond.

La petite rit en lui affirmant que non, en effet, il ne pourrait pas y échapper.

Plus tard encore, la fillette, les paupières lourdes, s'endormit, blottie dans la chaleur de la couverture et du navigateur, la tête emplie d'images fantasques de navires imposants et de paysages plus fantastiques les uns que les autres, de pirates chantants et de trésors étincelants de mille joyaux.

La fureur des cieux s'était apaisée, il ne restait que quelques nuages et une pluie fine qui ricochait sur le parterre des rues.

Marco se releva lentement, prenant garde à ne pas réveiller la petite fille allongée entre les draps. Il remonta sur ses épaules menues le lainage qui avait glissé avant d'ébouriffer délicatement une dernière fois la chevelure rose. Il contempla ensuite quelques secondes l'enfant.

Puis il partit. Silencieusement, comme un chat, comme un souffle de vent. Répondant à la patronne que « oui, la gamine avait été satisfaisante, parfaite. », lui faisant promettre de ne pas la réveiller avant l'aube, en même temps qu'il glissait dans sa main quelques écus supplémentaires.

La porte de la maison close grinça, se referma, puis il n'y eut plus rien.

Juste un chaleureux souvenir qui dansait dans l'esprit d'une fillette endormie, et le bruit de la pluie qui gouttait sur les vitres.

Et dehors, dans le ciel, un phénix qui s'éloignait.


Quand Bonney se réveilla le lendemain matin, un soleil blanc et frais éclairait déjà la chambre. La pluie avait cessé, il ne subsistait d'elle qu'une dizaine de perles humides sur un coin de la fenêtre. Le gris du ciel était déjà parsemé des fumées noires et des rougeurs de quelque incendie naissant. Mais ce n'était pas ce qui intéressait la petite fille. A côté d'elle, il n'y avait plus personne. Le lit était vide, le lit était froid. Il était parti.

Tout en frottant ses orbes violets encore embués de sommeil, elle tâta maladroitement le matelas, comme pour s'assurer pleinement qu'il n'était pas dissimulé, quelque part, dans le pli d'une couverture ou le recoin d'un oreiller. Mais Marco, le grand homme à l'allure de songe, le gentil pirate d'une nuit, le merveilleux oiseau bleu n'était plus. Il s'était ré-envolé vers ses mers mystérieuses et ses contrées lointaines dont le nom seul suffisait à émerveiller la petite fille. Elle était seule.

Tout à coup, un tintement retentit doucement alors qu'elle repoussait le lainage afin de quitter le lit. Surprise et incertaine de ce qu'elle allait trouver, elle souleva timidement l'épaisseur de laine qui recouvrait ses jambes frêles. L'étonnement se peignit sur ses traits alors qu'un sourire incrédule prenait place sur ses lèvres roses. Là, au creux des draps froissés et clairs, dormaient un ruban et quelques pièces.

L'enfant saisit délicatement le bout de tissu pourpre, les doigts un peu tremblants, les yeux un peu émus.

Ce n'était qu'un simple ruban pourtant ; il n'était pas très beau, il n'avait rien d'extraordinaire, il était même un peu délavé et effiloché sur les bords. Néanmoins, jamais la fillette n'avait reçu plus beau cadeau.

Un sourire béat illumina son visage rond de petite fille tandis que, sur ses joues, ruisselaient quelques larmes. A genoux sur le matelas, elle serra fort le minuscule morceau de soie contre son cœur, symbole de leur promesse, l'étreignit puissamment de ses petites mains. Etourdie, surprise, heureuse.

Ce fut la première fois que Bonney pleura de joie.


* « Kefcillik » signifie « débauche » en azéri. Merci Google traduction ! xD

* Droiture ici dans le sens « honneur », pour éviter la répétition quoi. )

* « Ailes blanches », je fais ici référence autant aux ailes qu'à la pureté, à l'innocence.


Alors alors ? Il était bien ce Marco/Bonney ? ^^ Qu'en pensez-vous ? J'ai vraiment besoin de vos avis, je n'en ai peut-être pas l'air, mais j'ai l'impression tenace d'avoir en quelque sorte "désacraliser" Marco, d'avoir fait dans l'OOC total . Quant à Bonney... Le fait qu'il lui reste de l'innocence malgré ce qu'elle fait vous semble-t-il bizarre ? Ah, et est-ce que ça vous choque que je l'appelle "fillette", "petite fille" etc. alors qu'elle a onze ans ? xD

Merci de votre lecture ! En espérant que cet OS vous a plu et vous revoir~