Note de l'auteure : Le dernier chapitre de cette petite histoire. J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture.
Lili
~ 5. T'as fini de marmonner ? ~
Izuku ouvrit difficilement un œil, puis un second, avec l'intense sentiment d'avoir passé une très bonne nuit. Il s'étira avec délectation, soupirant de plaisir en sentant son corps parfaitement détendu. Il tourna la tête vers sa droite, vaguement surpris de se retrouver dans la chambre de Katsuki. Ce n'était pas la première fois qu'il atterrissait dans le lit de son ami d'enfance, ayant régulièrement la flemme de rejoindre le sien et le blond partageant sa couche sans, trop, se plaindre. Mais il ne se souvenait pas comment il y avait atterri la veille.
Tournant la tête de l'autre côté, Izuku sourit, amusé de voir la tête blonde enfoncée dans l'oreiller. Il profita de voir le visage de Kacchan aussi détendu, chose rare, même si l'oreiller lui cachait toute une partie dudit visage. Ils avaient sûrement passé la soirée ensemble et regardé un quelconque film ou une série, et Izuku n'avait pas eu le courage de rejoindre son appartement, squattant sans vergogne le matelas de Katsuki.
Du moins ce fut la première chose à laquelle pensa Izuku, jusqu'à ce qu'il ne remarque un détail perturbant. Il était entièrement nu. Totalement, absolument, incontestablement nu ! Pris d'un doute, Izuku souleva discrètement la couette et jeta un œil curieux, constatant que son voisin de couche était dans la même tenue que lui. Ça c'était inhabituel. Très inhabituel ! Katsuki dormait en général en tee-shirt et en boxer, voire juste en boxer quand il faisait très chaud, mais pas nu. En tout cas pas quand Izuku partageait son lit.
Izuku lui-même portait toujours un tee-shirt et un sous-vêtement quand il se couchait. Il n'aimait pas dormir nu. Il empruntait d'ailleurs régulièrement les tee-shirt de Kacchan quand il restait passer la nuit chez lui. Alors pourquoi étaient-ils tous deux dans cette tenue ce matin ? Qu'est-ce qu'ils avaient foutu hier soir ? Son cerveau se réveilla totalement et eut, finalement, l'amabilité de lui offrir la réponse, lui envoyant les souvenirs de la nuit passée.
Il se revit dans une salle de bain, moche au demeurant, répondant aux textos provocateurs de Kacchan. Il se revit planter sa conquête du soir comme un malpropre et foncer jusqu'à l'appartement du blond trop allumeur pour son propre bien. Il revit Katsuki ouvrir sa porte, simplement vêtu d'un boxer noir, un rictus narquois aux lèvres. Izuku ne lui avait même pas laissé le temps de dire quoique ce soit, se jetant sur lui comme un assoiffé sur une fontaine à eau, plaquant ses lèvres contre les siennes avec une telle force qu'il avait littéralement propulsé Katsuki contre le mur de son entrée.
Mais loin de se plaindre, le blond avait répondu avec fougue au baiser passionné, poussant sa porte du bout du pied pour la claquer. La traversée du court vestibule et du séjour avaient été ponctuée par le vol des vêtements d'Izuku, Katsuki ne perdant pas de temps pour le déshabiller, et Izuku l'aidant dans cette tâche indispensable. Izuku se souvint qu'il avait été plus d'une fois plaqué contre un mur ou un meuble par son meilleur ami, lequel avait, lui aussi, subi le même sort.
Il devrait penser à vérifier l'état des murs... Avec leurs forces respectives, il n'était pas exclu que ceux-ci aient quelques séquelles... Un coup d'œil vers l'entrée de la chambre confirma à Izuku que leurs boxers gisaient sur le seuil, là où ils avaient été lâchement abandonnés la veille. Un éclat argenté attira l'attention d'Izuku qui soupira discrètement de soulagement. Au moins dans leur licencieuse frénésie, aucun d'eux n'avaient oublié l'essentiel : les capotes.
Le cerveau d'Izuku, parfaitement éveillé maintenant, jugea le moment opportun pour lui rappeler tout ce qu'il s'était passé dans la nuit. Izuku se mordit les lèvres pour ne pas gémir de délices au simple souvenir de Kacchan le plaquant sur son matelas pour s'empaler sur son érection sans la moindre hésitation. Les grognements, soupirs et râles de plaisir du blond le chevauchant sauvagement lui revinrent, ne donnant qu'une seule envie à Izuku : les réentendre au plus vite !
Oui, il voulait sentir à nouveau le corps musclé de Kacchan glisser contre le sien. Il voulait à nouveau se sentir emprisonné entre les cuisses puissantes et les chairs brûlantes et palpitantes de son meilleur ami. Il voulait à nouveau unir ses lèvres aux siennes et mêler passionnément leurs langues. Il voulait encore voir le visage de Kacchan transfiguré par la jouissance et ses yeux carmins brûler de luxure.
Le souvenir de son bassin accompagnant la danse sensuellement sauvage des reins de Katsuki suffit à éveiller une certaine partie de l'anatomie d'Izuku, le surprenant un peu. Il ne pensait pas pouvoir être à nouveau en état de marche si rapidement. En temps normal, il était pleinement satisfait après un orgasme. Et cette nuit, il en avait eu plus d'un ! Au moins deux, voire trois, il n'était plus très sûr. Mais la voix rauque et emplie d'un désir brûlant lui susurrant un "Putain, ouais, encore !" avait suffit à le motiver pour tous les rounds que Kacchan voulait.
Bref, leurs étreintes avaient été à leur image : passionnées et explosives. Une sorte de combat où il n'y avait ni vainqueur, ni vaincu, avec comme seul trophée le délice de jouir et de faire jouir l'autre. Izuku se passa une main curieuse dans le dos, pas surpris d'y sentir des marques de griffures. Il était certain d'avoir quelques bleus aussi. Kacchan devait en avoir aussi. Aucun d'eux n'avaient été doux ou tendre avec l'autre.
Habituellement, Izuku prenait toujours garde à ne pas brusquer ses amants, ou amantes, conscient de sa force et ne souhaitant pas leur faire mal sans le vouloir. Mais cette nuit, il n'avait rien retenu, ni sa force, ni sa passion, ni ses envies, ni sa voix. Il avait d'ailleurs la gorge un peu irritée. Mais si les entraînements réguliers que faisaient les deux jeunes hommes avaient bien appris une chose à Izuku, c'était que Katsuki était parfaitement de taille pour supporter sa force. Et vice-versa.
Jetant un discret coup d'œil au corps assoupi près de lui, Izuku se mordilla les lèvres. Maintenant qu'il avait éclairci son emploi du temps nocturne récent, il se trouvait face à une épineuse question. Comment agir face à son ami d'enfance ? Avait-il dit quoique ce soit durant l'acte charnel qui puisse laisser deviner ses sentiments envers le blond ? Izuku était bien du genre à hurler son amour en plein orgasme...
Oh Mon Dieu ! Il espéra vraiment n'avoir pas fait ça ! Ne recevant aucune réponse, ni positive, ni négative, de son cerveau et de sa mémoire, Izuku était bien infoutu de se souvenir de ce qu'il avait pu dire dans les affres de la luxure à celui qu'il aimait. Lequel l'avait allumé sans vergogne pour l'attirer dans son lit. Pourquoi Kacchan avait-il fait ça ? La mémoire d'Izuku se manifesta à ce moment là, lui rappelant les mots prononcés par le blond au moment du délicat enfilage de capote :
- Putain, j'ai envie de ta queue depuis la pipe dans ma caisse ! Pour ton cul, on verra ça une prochaine fois !
Bon, au moins, il avait sa réponse au pourquoi. Katsuki en avait envie. Et c'était bien connu, quand le blond voulait quelque chose, il finissait toujours par l'obtenir. Pas qu'Izuku le lui aurait refusé de toute façon. Surtout pas ça ! Et donc, Katsuki envisageait de remettre le couvert, en inversant les rôles. Si Izuku n'était pas contre une nouvelle nuit de folie avec son meilleur ami, se retrouver en tant que receveur le tentait bien moins.
Il avait déjà tenté l'expérience, curiosité oblige. Mais non seulement il n'y avait pris que très peu de plaisir, mais en plus il avait eu du mal à s'asseoir pendant toute une journée, et s'était traîné une très désagréable sensation de brûlure anale durant trois jours. Bref, ça n'avait nullement été concluant pour lui. Et l'idée de retenter l'expérience le faisait grimacer d'avance. Mais bon, pour Kacchan, il accepterait certainement, en croisant les doigts pour que le blond soit aussi doué avec sa bite qu'avec sa bouche.
N'étant pas stupide, Izuku se doutait bien que se faire pénétrer devait procurer un certain plaisir. Après tout, il avait toujours réussi à faire jouir ses amants, et Kacchan n'avait pas échappé à cette règle. Donc, il y avait moyen de prendre du plaisir à ça, beaucoup même s'il en croyait les vocalises enfiévrées de Katsuki quelques heures plus tôt, l'encourageant à y aller plus vite, plus fort, encore et encore...
Avec une grimace, Izuku chassa le son et l'image que lui envoyèrent aimablement son cerveau et sa mémoire. Il avait déjà convenu avec lui-même que coucher avec Kacchan était bien meilleur qu'avec n'importe lequel de ses précédents partenaires. Inutile de revenir sur la question. Non, ce qui inquiétait Izuku à l'heure actuelle était autre chose. Et maintenant ? Kacchan et lui... Ils étaient quoi au juste ?
Juste deux potes ayant cédé à une pulsion étrange, et qui ne se reproduirait pas à l'avenir ? Allaient-ils revenir à leur amitié platonique ? Izuku n'en avait pas envie. Pas du tout ! Il voulait d'autres nuits, ou jours peu lui importait, dans les bras de Kacchan. Il voulait se réveiller encore d'autres matins, nu dans le lit du blond tout aussi nu, leurs vêtements éparpillés partout dans l'appartement. Il voulait encore cette luxure passionnée, cette félicité jouissive, cette euphorie sensuelle.
Alors quoi ? Des amis qui couchaient ensemble ? Des amis avec bénéfices ? Des sex-friends ? Bizarrement l'idée ne lui plaisait pas plus. Parce que n'être que ça signifiait que Kacchan pourrait se perdre dans d'autres bras. Et ça, Izuku ne le voulait pas. Imaginer des inconnus voir Katsuki comme lui l'avait vu cette nuit était absolument révoltante pour lui. La jalousie et la possessivité grondèrent dans son ventre et il serra les poings pour contenir la rage qui monta brutalement en lui.
- T'as fini de marmonner ? bougonna une voix grave près de lui le faisant sursauter.
Izuku tourna brutalement la tête vers la voix en question, remarquant que Katsuki était réveillé et le fixait d'un œil amusé, son visage encore partiellement enfoncé dans l'oreiller.
- Sérieusement Deku, tu marmonnes dès le réveil ! C'est chiant ! râla le blond sans bouger d'un iota.
- Ah désolé, Kacchan, sourit Izuku. Je t'ai réveillé ?
- Non, assura Katsuki en se redressant finalement, dévoilant son torse musclé.
Izuku écarquilla brutalement les yeux en remarquant une marque de morsure sur l'épaule droite du blond.
- Oh Mon Dieu ! souffla-t-il catastrophé. Je t'ai mordu ?
- Ah ? s'étonna le blond en se tordant le cou pour voir l'endroit désigné par un index tremblant. Faut croire...
Voyant qu'Izuku allait encore s'excuser, il l'arrêta d'un geste.
- C'est rien ça ! T'as un suçon dans le cou toi ! Donc, on est quitte. Alors, ta gueule !
La moue boudeuse d'Izuku fit sourire Katsuki qui se pencha vers lui et souffla :
- Au fait, je garde ta vie sexuelle en otage. Donc si tu vas voir ailleurs, je te fais ressortir les couilles par les trous de nez ! Et oui, on est en couple ! C'est clair, le nerd ?!
Et sans attendre de réponse, il claqua un baiser sonore aux coins des lèvres entrouvertes de stupéfaction d'Izuku.
Figé sur place, Izuku vit Katsuki sortir du lit, exposant sans complexe sa nudité pleine et entière, les bleus ornant ses hanches et les griffures dans son dos. Il se pencha pour ramasser son boxer, l'enfila, jeta l'autre sous-vêtements abandonné au visage d'Izuku, toujours immobilisé par la stupeur, et sortit de la chambre en décrétant :
- Va te laver, je prépare le petit déj !
Katsuki avait toujours été très doué pour cacher ses sentiments, et pour ne surtout pas avoir à en parler à qui que ce soit. Aussi, quand il s'était rendu compte que l'affection qu'il portait à son nerd d'ami d'enfance allait bien au-delà de la simple amitié, il avait fait ce qu'il savait faire de mieux : le cacher et ne rien dire. Ça n'avait pas toujours été simple, surtout qu'à l'époque Izuku vivait chez lui, mais il avait brillamment réussi, comme toujours.
Il n'avait nullement l'intention de se déclarer, ou de faire quoi que ce soit pour que la situation entre Izuku et lui change. Il savait son ami d'enfance bisexuel, mais était persuadé que celui-ci finirait par se caser avec une gentille fille qui lui ferait tous les marmots dont il pouvait rêver. Katsuki n'avait nullement envie de mettre en péril leur relation, déjà rendue bien bancale par leur passé chaotique, avec ses propres sentiments. Il finirait bien par réussir à oublier son amour pour cet abruti de Deku.
Du moins, c'était ce qu'il pensait jusqu'à il y a environ cinq mois. Les choses avaient changé à cause d'Eijiro et de son incapacité à se taire dès qu'il avait un peu trop bu. Ce soir-là, lors d'une sortie avec, donc, Eijiro accompagné de Denki et d'Hanta, ils avaient été dans un bar et avaient longuement discuté de tout et de rien au début, comme toujours. Izuku travaillant, il n'avait pas accompagné les quatre amis. L'alcool aidant, Eijiro avait commencé à pleurnicher sur sa récente dispute avec son cher et tendre, Double face pour ne pas le nommer.
Que ce crétin de tête d'ortie ait fini avec ce glaçon bicolore avait beaucoup amusé, et surpris, Katsuki. Mais bon, ils étaient heureux, c'était bien là l'essentiel. Mais ce soir-là, Eijiro s'était disputé avec Shoto, sur un quelconque sujet banal et commun comme tous les couples, et avait noyé son chagrin dans la bière. Denki et Hanta avaient compati, consolant comme ils pouvaient leur ami éploré parce que sa douce moitié avait refusé que "Le rêve du pêcheur", qu'Eijiro aimait tant, ne se retrouve accroché dans leur chambre. Shoto trouvait ce tableau très moche et refusait de le voir dans la chambre, arguant que ça lui donnerait des cauchemars. Il avait même proposé de reléguer l'œuvre dans les WC, au grand damne de son compagnon.
Comme toujours dans ce genre de situation, Katsuki n'avait rien dit, se contentant d'écouter les lamentations alcoolisés de l'un et les consolations clichés des autres. Fatigué par le sujet, qui tournait en boucle depuis bien trop longtemps à son goût, il avait fini par perdre patience faisant remarquer à Eijiro que franchement s'engueuler pour si peu c'était complètement con.
- Tu peux causer hein, avait bougonné Eijiro boudeur. Izuku et toi vous vous engueulez pour moins que ça.
- Mais nous, on est pas un couple, avait contré Katsuki.
- Ah bon ? Pourtant vous avez tout du couple ! avait répondu Eijiro avec une franchise désarmante.
Katsuki en était resté comme deux ronds de flancs, surtout que Denki et Hanta avaient vigoureusement approuvé les dires du déprimé alcoolisé.
La suite de la conversation n'avait été qu'une énumération de toutes les preuves que les deux amis d'enfance formaient un couple, ou en tout cas en avaient tout le comportement. Troublé par ces révélations, Katsuki avait alors mieux observé Izuku et leurs interactions en public ou en privé, cherchant à voir ce que les autres voyaient. Et ça lui avait finalement sauté aux yeux. Oui, Izuku et lui se comportaient comme un couple... en permanence !
Katsuki avait donc saisi la première occasion pour tenter quelque chose de plus... charnel avec celui dont il était amoureux depuis longtemps. Le sucer sur la banquette arrière de sa voiture avait été hautement satisfaisant, mais la suite avait été profondément frustrante. Izuku n'avait rien changé dans son comportement, le traitant comme il l'avait toujours fait. Katsuki avait donc douté, lâchant de temps en temps quelques piques pour tester un peu les sentiments de son nerd, sans oser aller trop loin de peur de le faire fuir.
La situation avait donc stagné, au grand damne du blond condamné à ronger son frein. Il savait parfaitement qu'Izuku était parti en chasse hier soir, et il avait enragé seul dans son appartement, tournant en rond comme un fauve en cage. Jusqu'à ce texto... Rongé par la jalousie et la possessivité, Katsuki avait vu là le parfait moyen d'éloigner ce sale nerd du trou du cul, ou de la pouffiasse, avec qui il était. Et quand Izuku avait débarqué comme une furie dans son appartement, lui sautant sauvagement dessus, il aurait pu hurler victoire s'il n'avait pas eu la bouche trop occupée par celle de son nerd.
Katsuki s'était réveillé quelques minutes avant Izuku. Il n'avait pas bougé, attendant de voir comment allait réagir celui-ci. A travers ses cils, il avait observé chaque expression sur le visage de son amant, suivant le cours de ses pensées. Katsuki savait toujours ce que pensait Deku juste en le regardant... Bon, il faisait parfois fausses routes, mais en général il tapait assez juste.
Il avait dû se retenir pour ne pas ricaner d'amusement quand les marmonnements d'Izuku avaient envahi la chambre, se contentant de tendre l'oreille pour capter ce que le nerd disait. Il espérait ne pas avoir exprimé ses sentiments dans le feu de l'action ? Raté ! Katsuki avait parfaitement entendu le "Je t'aime, Kacchan, tellement" soufflé à son oreille. Il l'avait entendu et s'en était délecté, incapable de répondre à ce moment-là fauché par un orgasme dévastateur. Le temps qu'il se remettre, son amant s'était endormi. Katsuki avait donc renoncé à lui répondre, préférant se laisser emporter par les bras de Morphée.
Oh... Deku avait eu une mauvaise expérience en tant que receveur ? Putain ! Si Katsuki chopait le connard qui avait pris son nerd, rien qu'à lui d'abord, comme un putain d'incompétent ignorant, il allait lui arracher la queue et la lui enfoncer si loin dans le cul qu'il s'étoufferait avec ! Mais pas de soucis, il se chargerait lui-même de faire découvrir à Deku tous les plaisirs qu'on pouvait ressentir quand on se faisait prendre par quelqu'un d'attentif à son partenaire. Il avait bien réussi à lui faire aimer la fellation, il arriverait bien à le convertir à ça aussi.
Quand Izuku en était finalement arrivé à la suggestion d'amis avec bénéfices, Katsuki avait décidé qu'il était plus que temps de l'arrêter dans ses élucubrations. Et d'éclaircir les choses une bonne fois pour toute. Il avait donc signalé son réveil, puis avait clairement dit qu'ils étaient en couple. Pas question qu'Izuku aille voir ailleurs ! Katsuki était possessif, jaloux, et il ne comptait pas partager son nerd avec qui que ce soit maintenant qu'il avait enfin réussi à le mettre dans son lit, et pas juste pour y dormir !
Tout en préparant le petit déjeuner, le blond explosif guetta les mouvements de son, tout récent, petit ami. Vu la tronche qu'avait fait ce dernier à sa déclaration, il allait lui falloir quelques minutes pour digérer l'information et se bouger. Effectivement, Katsuki avait eu le temps de ramasser les vêtements épars de Deku, de les poser dans la salle de bain, de préparer et mettre en marche la cafetière, de mettre les toasts à griller, et de battre les œufs en omelette quand Izuku sortit enfin de la chambre, se dirigeant vers la salle de bain avec force marmonnements.
Quand Izuku arriva finalement dans la cuisine, propre et habillé, Katsuki finissait son café. Posés sur le bar, une tasse de café fumante, une assiette de toast parfaitement grillés, une belle omelette juteuse et un pot de confiture de fraises attendaient Izuku.
- Merci Kacchan, s'exclama Izuku en s'asseyant, heureux à l'idée de pouvoir remplir son estomac.
Mine de rien l'activité physique ça creusait.
Il vit du coin de l'œil Kacchan glisser sa tasse vide dans le lave-vaisselle et se diriger vers la salle de bain. Un infime sourire étira les lèvres d'Izuku. Ainsi il était en couple avec Kacchan ? Ça lui convenait parfaitement. Katsuki pouvait garder sa vie sexuelle en otage aussi longtemps qu'il le voudrait, Izuku la lui laissait avec plaisir. Après une intense réflexion, Izuku en était arrivé à la conclusion que Kacchan devait être amoureux lui aussi. Le blond ne jouait jamais avec les sentiments des gens. Et il ne se mettrait jamais en couple avec quelqu'un sans l'aimait. Il était bien trop honnête pour ça.
Ce petit déjeuner, pourtant très habituel et banal, eut un goût des plus délicieux pour Izuku. C'était le premier petit déjeuner préparé non pas par son ami d'enfance et meilleur ami, mais par son petit ami. Et ça, ça changeait tout.
- Tu comptes sourire bêtement comme ça pendant longtemps ?
La réplique moqueuse fit sourire un peu plus Izuku, qui répondit par une question au blond appuyé sur le bar juste en face de lui, les cheveux encore humide de sa douche.
- Tu m'aimes Kacchan ?
- Un problème avec ça, Deku ? rétorqua immédiatement ledit Kacchan.
- Aucun, assura Izuku son cœur battant à mille à l'heure tant il était heureux par cet aveu déguisé.
Katsuki se pencha en avant et vola un doux baiser à Izuku qui le lui donna avec plaisir.
- Au fait, susurra le blond d'un ton un peu trop chaud pour la santé mentale d'Izuku, tu as gardé la corde rouge du sex-shop ?
Izuku manqua s'étouffer avec son café à la question, appuyé par le regard brûlant posé sur lui.
- Je... bafouilla-t-il. Je croyais que tu gardais toujours le contrôle ?
Le haussement de sourcil du blond le fit se sentir comme le dernier des imbéciles, chose que devait penser aussi Katsuki si Izuku se fiait au soupir amusé de celui-ci.
- Avec toi ? souffla finalement Katsuki. J'ai jamais eu le plein contrôle avec toi, tu n'en fais toujours qu'à ta tête, abruti ! Je vois pas comment ça pourrait changer maintenant...
L'image de Kacchan soumis à son bon vouloir, enroulé dans la corde rouge, s'imposa dans l'esprit d'Izuku qui rougit jusqu'aux oreilles, amusant ledit Kacchan. Il se garda bien de préciser qu'il n'avait jamais dit lequel d'eux deux se retrouverait enroulé dans la fameuse corde.
- Me mets pas des images comme ça dans la tête de si bon matin ! geignit Deku en se cachant dans ses bras.
- Ah ? Je peux en mettre d'autres alors ? ricana Katsuki en se penchant vers l'avant, son souffle allant s'écraser sur le front penché de son amoureux.
- Lesquelles ? demanda prudemment Deku, curieux malgré tout de savoir ce que son petit ami pouvait avoir en tête.
- Moi faisant tes cartons pour que tu emménages ici ? suggéra Katsuki.
Izuku releva la tête si vite qu'il entendit parfaitement ses cervicales craquées. Il fixa avec un ébahissement incrédule le blond qui lui sourit doucement, toute trace de moquerie envolée.
- Tu vis déjà pratiquement ici, justifia ce dernier. Tu bouffes ici, tu dors ici la moitié de la semaine... C'est con de payer deux loyers alors qu'un seul suffirait non ? Tu devras dormir dans ma chambre par contre, la tienne je l'ai transformée en salle de muscu...
Les mots atteignirent finalement le cerveau d'Izuku. Kacchan voulait qu'ils vivent ensemble ? Et pas juste comme des colocataires ? Vraiment ? Il était en plein rêve ? Si c'était ça, surtout qu'on ne le réveille pas ! Jamais ! Descendant de son tabouret, Izuku contourna le bar pour enlacer avec ferveur son amoureux, l'embrassant passionnément au passage.
- Je paye la moitié du loyer, et des charges ! décréta-t-il entre deux baisers.
- Ok, sourit Kacchan.
- Et tu arrêtes de vouloir toujours tout payer pour nous deux ! ajouta-t-il avec fermeté.
- Ok, confirma Katsuki.
- Et tu... Kacchan ? Tu fais quoi là ? demanda Izuku en constatant qu'il n'était plus dans la cuisine, mais dans le couloir menant à la salle de bain et à la chambre.
Trop occupé à savourer l'évolution très prometteuse de sa relation avec son ami d'enfance, il n'avait pas remarqué que celui-ci l'avait fait reculer jusque-là. Kacchan se pencha vers lui, déposant une multitude de doux baisers depuis le coins de ses lèvres jusqu'à son oreille où il souffla :
- Parait que ton cul eu une mauvaise expérience. Je vais réparer ça ! Y'a que moi qui ait le droit de te traumatiser, sale nerd !
La porte de la chambre avait été franchie, et Izuku se laissa tomber sur le lit en riant. Son rire se transforma en un tendre sourire quand Katsuki s'allongea doucement sur lui, son regard vermeil demandant muettement une autorisation. Izuku enroula ses bras autour des épaules puissantes de son amoureux et souffla :
- D'accord Kacchan ! Traumatise moi !
Le baiser qui suivit fut tellement empreint d'amour et de douceur qu'Izuku fondit littéralement. Il s'accrocha avec force au corps de Katsuki, bien décidé à le garder pour toujours près de lui. De toute façon, c'était là qu'était sa place depuis toujours : dans les bras d'un blondinet à la sensualité aussi explosive que son alter et que son caractère. Et ce même blondinet n'avait sa place qu'entre ses bras à lui. Point !
Fin.
Commentaire de l'auteure :
Voilà, cette histoire se termine. J'espère qu'elle vous a plu.
Et non, toujours pas de lemon... Comme dit plus tôt, ce n'est pas ma tasse de thé... En écrire un me demande des litres de sueurs, de sang et de larmes... Alors quand je peux éviter, j'évite. Et j'avais pas envie de pleurer et transpirer l'équivalent de la mer méditerranée pour cette histoire, que je voulais amusante et légère.
J'ai hâte de lire vos avis sur ma petite histoire sans prétention.
Lili
