11. Casaniers
Pansy Parkinson n'aimait pas la salle à manger. Bien qu'à de nombreux égards elle soit impressionnante, c'était un espace terne et impersonnel.
Le haut plafond était peint de scènes de chasses représentant des chevaliers et leurs dames. Plusieurs tapisseries anciennes et défraîchies étaient accrochées sur trois de ses murs. La plus ancienne tapisserie représentait Arthur enfant devant la forge de Wayland, où il tirait l'épée - Caledfwlch - de l'enclume. Le quatrième mur était percé de trois grandes fenêtres étroites aux vitres à motif en losanges. Entre les fenêtres, les murs étaient blanchis à la chaux, sans décoration autre que le blason unique portant les armoiries de la famille Nott : deux clefs au dessus d'une corde nouée, tout d'or, sur un champ d'azur.
Malheureusement, la salle donnait à l'extérieur sur le recoin le plus sombre de la cour, un endroit où la lumière peinait à trouver son chemin pour passer par les fenêtres. Elle n'était ni lumineuse ni joyeuse quand elle était utilisée pour le petit-déjeuner ou le déjeuner. Quand le soleil disparaissait derrière les murs extérieurs, peu de temps après midi, elle était sombre et souvent - comme en cette occasion - déprimante.
C'était la tradition. La salle à manger de Pennerley Hall était l'endroit où Le Maître de Pennerley mangeait, c'était aussi simple que ça. Même si Pansy n'appréciait pas l'expérience, elle n'allait pas suggérer de changement. Briser une tradition qui datait très probablement de plus d'un demi-millénaire n'était pas quelque chose qui se faisait à la légère.
Pansy plaça avec soin son couteau et sa fourchette parallèles dans son assiette. Elle n'avait mangé qu'une seule des deux cailles rôties et avait laissé toute sa purée de rutabagas, car elle n'aimait pas ça. Le Maître de Pennerley mangeait bien et elle aussi. En conséquence, elle prenait du poids. Bien que Theodore n'ait rien dit, elle savait qu'il était mécontent de ce fait. Il était mécontent d'autre chose également, mais elle n'avait pas idée de ce dont il s'agissait. Il était bien plus difficile à décrypter que Draco.
Soulevant son gobelet d'argent ouvragé, elle prit une gorgée de vin des elfes et se risqua à lancer un regard à son fiancé. Il était à plus de six mètres d'elle, à l'autre extrémité de la table d'acajou lisse et soigneusement polie. Comme elle s'y attendait, il l'observait calmement, la jaugeant. Il était largement hors de sa portée, bien trop loin pour qu'elle tente de le charmer. Son malaise dans cette pièce se rassembla en une seule réflexion : ce n'était pas un espace intime.
Malgré sa taille et sa grandeur austère, la pièce n'était pas un témoignage de la fortune des Nott, elle représentait plutôt leur longévité. Sur ce point, c'était redondant, car presque tout le monde savait combien la famille était ancienne.
Personne ne savait exactement à quel point ils étaient riches et, malgré tous ses efforts, Pansy avait été incapable de le découvrir. Ce n'était pas une richesse ostentatoire, c'était bien le problème. C'était la richesse d'une famille qui n'avait jamais rien eu à dépenser, car ils avaient déjà tout. Cette illumination lui fit baisser les yeux en contemplation sur les restes de son dîner. Les Parkinson était une vieille famille, mais par rapport aux Nott ils étaient des parvenus, des nouveaux venus. C'était un samedi soir ordinaire et elle mangeait des cailles rôties.
En contemplant son repas abandonné, Pansy se demanda combien de générations de Nott avaient utilisé les ustensiles devant elle. Les couverts en argent massif étaient, lui avait dit une fois Theodore, 'neufs'. Ils avaient plus d'un siècle ; cependant, il avait raison. Le service en porcelaine en poudre d'os dans lequel ils dînaient remontait au règne du Roi George III le Fou. La table, comme la salle dans laquelle elle était placée, était de style solidement Tudor. Quant aux gobelet, elle n'était pas experte, mais il semblait être du début de la période médiévale. Elle le souleva à nouveau, mais au lieu de boire, elle se contenta d'examiner le motif complexe de nœuds qui le décorait.
"Il y en a une douzaine. Un cadeau à l'un de mes ancêtres de la part de l'Impératrice Maude, durant l'Anarchie," dit Théodore, démontrant une fois de plus sa prescience de ce qu'elle pensait. "Ils font partie de nos plus anciennes possessions, mais si vous préférez quelque chose de moderne..."
"Non, pas du tout," dit-elle, relevant ce qu'elle pensait être la plus infime trace de dédain dans ce dernier mot. "Le gobelet est magnifique. Je l'apprécie beaucoup."
"Vous n'appréciez pas Draco Malfoy." C'était une déclaration, pas une question.
Malgré la distance physique entre eux, elle essaya d'être aguicheuse. "C'est mon ex-petit-ami, bêta," dit-elle, gardant sa voix basse et voluptueuse. "Vous ne voudriez certainement pas que je l'apprécie."
"Mais je souhaite qu'il nous fasse confiance et nous respecte, ma chère," dit Theodore d'un ton neutre. "Je pense qu'il pourrait nous être utile à l'avenir. Malheureusement, il intéresse toujours les Aurors. Avez-vous une idée de leurs motivations ?"
"Non, Theo." Inquiète, Pansy secoua la tête. "Je le devrais ?"
"Il semble qu'un témoin a positivement identifié Draco comme la personne qui a tué un Moldu en cambriolant la maison de ce Sang-de-Bourbe de Finch-Fletchley."
Pansy laissa échapper un couinement de plaisir, avant de voir l'expression de Theodore. Elle se tut.
"Il peut prouver qu'il n'était pas là, ma chère, et les Aurors ne sont pas stupides."
Pansy ouvrit la bouche.
"Weasley est un bouffon ! C'est une chose bien différente," dit fermement Theodore. "Ils suspectent que la personne qui a tué le Moldu utilisait du Polynectar. Et que cela signifie-t-il ?"
Pansy réfléchit rapidement. "Que les tentatives des Aurors de restreindre la disponibilité des ingrédients du Polynectar ne fonctionnent pas ?" suggéra-t-elle. Theodore resta impassible ; elle crut détecter un infime mouvement d'exaspération, mais ne put en être certaine.
"Cela signifie que les Aurors, et Draco, ont comprit que quelqu'un a fourni aux ennemis de Draco une mèche de ses cheveux" dit-il. "En se fiant à l'utilisation d'un Sortilège Explosif, ils supposent que Gregory Goyle est le responsable de la mort du Moldu. Pour cette raison, les Aurors vont sans aucun doute interroger quiconque a eu l'opportunité de voler les cheveux de Draco. La liste est courte. Les Malfoy ont peu de visiteurs et font encore moins de visites."
Theodore se pencha en avant de façon à peine perceptible et baissa la voix. "Mais ils nous rendent visite."
Sentant le danger, Pansy se leva. Elle avait besoin de se rapprocher de lui. "Vrai, mais..."
"Asseyez-vous !" ordonna-t-il. Elle se rassit et attendit qu'il poursuive.
"Je ne souhaite pas que les Aurors se présentent ici à l'improviste," dit doucement Theodore. "J'ai assuré à Draco que nous ne retirerions jamais de cheveux de la cape d'un invité pour les envoyer à quelqu'un comme Gregory Goyle. Je lui ai même promis que nous prendrions tous les deux du Véritaserum s'il souhaitait être certain de notre honnêteté."
Pansy laissa échapper un gémissement de panique et décida d'avouer. Elle n'en eut pas besoin.
"Ne vous inquiétez pas, Pansy ; j'ai déjà préparé un antidote pour vous, s'il décidait d'accepter mon offre." Son regard noir la surprit. Theodore ne laissait que rarement ses sentiments être visibles. "Devrions-nous nous marier, vous rejoindriez la Noble et Plus Ancienne Maison des Nott. Nous adhérons aux plus anciennes règles de courtoisie. Les invités de cette demeure, même nos ennemis, sont sous notre protection. Tant qu'ils sont entre ces murs, nous ne faisons rien pour leur causer du tort." Ses paroles n'étaient guère plus qu'un murmure, mais elles étaient tranchantes comme des lames et plongèrent au plus profond de sa chair.
"Désolée, Theodore," dit-elle en baissant la tête.
"Était-ce Goyle ?"
"Oui," admit-elle. "Mais Draco était..."
"Je n'ai que faire des excuses." Theodore reprit son niveau de voix normale, mais il avait l'air frustré. "Vous devez me faire confiance. Si vous avez un problème avec Draco, autre qu'un simple agacement causé par sa désaffection pour vous durant ses tentatives pour s'attirer les faveurs de Voldemort, faites-le moi savoir." Il marqua une pause et lui offrit le plus bref des sourires. "Il a été imprudent et a perdu énormément, alors pourquoi vouloir le punir encore ? Ses pertes font mon profit."
"Merci." Elle lui sourit en retour, croyant la discussion close. Elle ne l'était pas ; il frappa à nouveau.
"Si vous savez où se trouve Goyle, pourquoi ne me l'avez-vous pas dit ?"
"Je ne peux pas !" protesta-t-elle. "Je ne suis pas sa gardienne du secret ! Je ne peux rien vous dire, Theo chéri. Je suis vraiment désolée !"
"Ah !" Il marqua d'un hochement de tête sa compréhension et lui fit un sourire pincé. "Je n'ai jamais rendu visite au Château Goyle, mais vous le pourriez."
"Seule !" dit Pansy. "Non, pitié ! Greg, je peux le gérer, mais Bletchley..." Elle secoua la tête.
"Je ne vous placerais jamais face à un tel danger," la rassura Theodore. "Je n'ai aucune raison de vous le demander. De notre point de vue, plus longtemps Goyle, Bulstrode et les autres restent en fuite, le mieux ce sera. Les recherches gardent les Aurors occupés. Tant qu'ils les recherchent, ils ne s'intéressent pas à nous." Bissant la tête, il se gratta un sourcil avant de fixer son visage. "À nous deux, Pansy, nous pouvons gérer Draco. Si vous le voulez embarrassé de quelque manière que ce soit, vous n'avez qu'à le demander. Je pourrais faire en sorte que rien ne révèle notre main derrière cela."
"Non, merci beaucoup," dit Pansy, ressentant la réponse qu'il voulait entendre.
"Je vous prie de vous souvenir que je serais fort contrarié si vos actions nous plaçaient dans le collimateur des Aurors, ma chère. Je serais fort contrarié, vraiment."
"Désolé, mon chéri," dit-elle. S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire..."
"Il y a quelque chose. Je souhaiterais que vous contactiez votre amie Daphne," dit-il. "Des informations de mes sources au sein du Ministère me laissent penser que les Aurors savent que son imbécile de mari au Sang-Mêlé envisage d'intercepter une livraison d'ingrédients de potion. Je préférerais qu'il reste libre pour encore quelques temps. Je suis curieux de découvrir si ce plan insensé qu'il a imaginé a la moindre chance de réussir."
"Plan, quel plan ?" demanda Pansy.
"Il a l'intention de... persuader... les gens de tuer Potter."
~~~oooOOOooo~~~
Quand Hermione entra dans la cuisine, Ron était assis au comptoir de petit-déjeuner, buvant du thé et mangeant un toast. Il avait l'air assez content de lui. Elle était toujours dans sa robe de chambre et se séchait les cheveux avec sa baguette. Ron était entouré par le chaos. Le plan de travail derrière lui était une mer de miettes. Le visage d'Hermione se décomposa et Ron parut un peu nerveux.
"Qu'est-ce que tu as encore fait ?" le réprimanda-t-elle. "Regarde moi ce bazar."
En guise d'explication, il pointa l'instrument en chrome reluisant à côté de lui, un îlot brillant au milieux de vagues de pain et de miettes de tartines. "C'est parce que je t'ai préparé des toasts dans ta nouvelle machine électroniquement à toast," lui dit-il fièrement. "Ça m'a prit un temps fou, mais j'ai fini par comprendre qu'on devait appuyer sur ce levier pour le faire marcher. Je vais nettoyer, ne t'inquiètes pas."
"Ça s'appelle un grille-pain électrique, Ron," dit-elle. "Mais ça n'explique pas pourquoi il y a autant de miettes de partout.'
"Ben, j'ai dû mettre le grille-pain à l'envers pour sortir le toast, évidemment !" expliqua-t-il patiemment.
Hermione soupira, et lui fit signe de se rapprocher du plan de travail. "Cette mollette contrôle la durée et quand c'est terminé, la tartine sautera !" expliqua-t-elle. "Et si tu veux la récupérer avant que la durée soit écoulé, tu appuies sur ce bouton." Elle lui fit la démonstration des boutons.
"Durée, mollette, saut, sinon bouton. Compris," dit Ron doucement. "Compliqué, tu ne crois pas ?" Au moins, ça explique pourquoi la deuxième fournée de toasts a bondi avant qu'ils soient prêts. Au début j'ai cru que j'avais cassé le grille-pain, mais quand j'ai appuyé sur le levier de nouveau ça a marché."
Son soulagement était évident à son expression, mais après l'incident avec la machine à laver, Hermione n'était pas étonnée. Au moins il n'avait pas inondé la pièce cette fois.
"Ce n'est pas compliqué ; c'est une mollette, un poussoir et un levier !" dit-elle. "Si tu ne peux pas maîtriser un simple grille-pain, tu n'arriveras jamais à maîtriser une voiture." Se tournant, elle indiqua le porte-toast vide. "Et où sont ces toasts que tu as préparé pour moi ?"
Ron regarda le porte-toast, puis la tartine de confiture dans sa main. Il n'en avait prit qu'une bouchée.
"Oh," admit-il honteusement, "on dirait que j'ai tout mangé. Je vais t'en faire d'autres, ce sera un bon entraînement pour moi. Tu peux prendre celui-ci." Il avança le toast qu'il avait entamé vers son visage. Elle ouvrit la bouche et le mordit. Ne l'aurait-elle pas fait, le toast aurait été écrasé sur ses lèvres plutôt qu'entre elles.
"Merchi," marmonna-t-elle, le fixant avec un mélange d'agacement, de frustration, d'affection et du bonheur qu'il apportait invariablement avec lui. Il avait mis une telle pagaille ; elle lui avait expliqué comment utiliser le grille-pain quand elle l'avait acheté, mais il n'écoutait jamais. Il lui avait donné la dernière tranche de pain, il ne l'aurait fait pour personne d'autre qu'elle.
"Il y a du thé dans la théière, si tu veux une tasse," dit-il, ajoutant à son bonheur. Il mettait ses propres compétences à l'épreuve, mais également ses nerfs par la même occasion.
Hochant la tête, Hermione s'assit à la table de la cuisine et le laissa lui verser du thé dans son mug de petit-déjeuner. En mâchant son toast, elle l'observa travailler. Comme elle, il portait sa robe de chambre. Lui, en revanche, n'était pas encore douché ; la lueur orangée du soleil du petit matin frappait sa joue et révélait qu'il ne s'était pas encore rasé non plus. Elle sourit. Il y avait quelque chose de mignon dans la façon avec laquelle il trancha délicatement deux tranches de pain, les plaça dans le grille-pain et abaissa le levier. Il se tourna anxieusement pour lui faire face.
"Est-ce que j'aurais dû tourner la mollette d'abord, ou je peux le faire maintenant ?" demanda-t-il.
"Tu peux le faire maintenant sans problème, Ron," lui assura-t-elle. "À quelle heure est-ce qu'on devra partir chez Maman et Papa ?"
Ron haussa les épaules. "Quand tu veux. Si tu veux, on pourra partir dès que j'aurais fait le cador."
"Le cador ?"
"Caca, douche, rasage," dit-il avec un sourire.
Elle soupira et secoua la tête. "Je désespère," dit-elle, aspirant une gorgée de thé.
"Tu as des paires de quoi ?" demanda-t-il du tac au tac.
Elle rit et toussa quand le thé se prit dans sa gorge.
"Certaines personnes n'ont aucun sens du décorum," dit Ron d'un ton pincé.
Elle le frappa, avant de lancer ses bras autour de lui. "Crétin," lui dit-elle.
"Ouaip," dit-il fièrement. Il l'étreignit brièvement, la relâchant pour qu'elle puisse prendre une autre gorgée de thé. "Je pense que Harry voudra te parler de Bobbie Beadle," poursuivit-il. "Il a une réunion avec Kingsley et Robards à neuf heures demain matin ; ce sera juste pour parler d'elle."
"Quel est le souci avec Bobbie ?"
"Robards ne l'aime pas. Il n'aime même pas l'idée qu'elle soit là. 'Une Moldue au Ministère !' Il veut qu'elle dégage."
"Je croyais qu'elle vous avait déjà apporté une aide précieuse ?"
"Elle l'a fait, oui. 'Ouvrir de nouvelles perspectives d'investigation', elle appelle ça. Je t'ai raconté notre dernier interrogatoire de Draco, n'est-ce pas ?"
"Plusieurs fois, et avec tous les détails," dit-elle avec résignation. "Tu ne devrais vraiment pas t'en prendre à chaque fois à lui, tu sais."
"Ça valait le coup. Tu aurais dû voir sa tête quand il a compris qu'il parlait avec une Moldue en chair et en os. Impayable !" dit Ron avec joyeusement. "De toute façon, tu sais qu'il s'en prend à moi à chaque fois qu'il le peut. Il l'a toujours fait ! Il le faisait aussi avec toi."
"Nous valons mieux que ça," dit Hermione avec raideur.
"Toi, oui," dit-il fièrement.
"Tu l'as encore arrêté, Ron," dit-elle, prise une fois de plus entre agacement et plaisir. "Mais à la fin ce n'était qu'une perte de temps, n'est-ce pas ?"
Ron secoua la tête. "Non," dit-il fermement. "Okay, son alibi était solide, mais en l'emmenant pour l'interroger on lui a fait rater un ou deux rendez-vous importants. Donc ce n'était pas une perte totale."
"Ron !" Hermione se renfrogna.
"Sérieusement, Hermione, ça valait vraiment le coup. Cette copine qu'il a, Hystéria Greengrass..."
"Astoria," intervint Hermione. Ron l'ignora.
"Elle nous a été particulièrement utile hier. Je voulais t'en parler hier mais tu m'as distrait." Ron s'interrompit plusieurs secondes, regardant dans le vide et souriant bêtement.
"Lavande..." Son expression redevint plus sombre quand le prénom de son ex-petite-amie sortit avec une précipitation embarrassée. Hermione savait très bien que, devant elle, il le serait toujours. "Enfin, je ne sais pas ce qu'elle a fait, mais Astoria a contacté... notre bureau. Daphne en a marre d'être en cavale ; elle veut se rendre. Avec un peu de chance on aura Bletchley en cellule sous peu et ça fera une personne de moins sur la liste. Et Bobbie a confirmé que la personne qu'elle avait vu quitter la maison de Justin était sans le moindre doute Draco. Elle était tellement certaine que c'était lui qu'elle a refusé de croire son alibi. On n'a pas réussi à la convaincre avant de lui faire la démonstration du Polynectar. Grâce à Bobbie, on a la certitude que la personne qui a cambriolé la maison de Justin et tué ce Moldu a accès à du Polynectar et est suffisamment proche de Draco pour être capable de se procurer un de ses cheveux ou une rognure d'ongle ou n'importe quoi de lui."
"Astoria..." commença Hermione.
"C'est exactement ce que j'ai dit," approuva Ron. "Harry a peur qu'Astoria mente et que tout ça soit un un piège."
"Je suppose qu'Astoria en a parlé à Lavande ; qu'est-ce que Lavande en pense ?" demanda Hermione. Ron réagit exactement comme elle s'y attendait.
"Aucune idée. Lui ai pas demandé," dit-il rapidement. "Tu devrais en parler à Harry."
"Tu pourrais lui demander toi-même," lui dit Hermione.
Ron répondit par un murmure évasif. Satisfaite, Hermione revint à leur discussion sur la policière Moldue qui avait su les pister.
"Si Bobbie vous est utile, pourquoi est-ce que Robards veut se débarrasser d'elle ?" demanda Hermione. "Si c'est simplement parce qu'elle est Moldue..."
"C'est la raison principale," dit Ron. "Mais pour être honnête, Robards n'aime aucun des changements que Harry suggère. Ou les miens, ou... En fait, il n'apprécie absolument aucun changement."
"Des préjugés," commença Hermione.
"Je ne pense pas que ce soit parce qu'elle est Moldue," dit hâtivement Ron. "Enfin, si, c'est parce qu'elle est Moldue, mais je ne pense pas que ce soit réellement des préjugés. Robards ne pense pas qu'elle puisse faire un boulot correct parce qu'elle ne peut pas faire de travail de terrain. Il nous a dit que ce serait dangereux de l'employer. Il ne peut pas l'envoyer seule ; elle serait constamment en danger si les gens se rendaient compte qu'elle est Moldue et ne peut pas se défendre."
"Je peux comprendre son point de vue," dit pensivement Hermione. Elle frissonna, et Ron la serra contre lui. "Personne n'a jamais attaqué Papa et Maman quand ils ont visité le Chemin de Traverse, mais ils ont eu à l'occasionnel regard de travers et je pense qu'ils auraient vraiment eu des problèmes si jamais ils s'étaient rendu Allée des Embrumes. Ils n'ont jamais eu à aller dans des endroits risqués, mais Bobbie poursuivrait activement des criminels. Robards a peut-être raison ; ça pourrait être dangereux pour elle."
Ron hocha la tête. "On l'a déjà équipé d'un des manteaux anti-maléfices, mais je vais discuter avec George pour augmenter les protections dessus. On lui a proposé un des chapeaux Bouclier mais elle a refusé de le porter. Elle a appelé ça un 'chapeau pointu ridicule' et ensuite elle s'est énervée quand j'ai dit que les 'chapeaux pointus ridicules' étaient ce que portaient les policiers Moldus."
"Tu n'as pas totalement tort," approuva Hermione en riant. "Mais il sont traditionnels."
"Les Chapeaux de sorciers aussi," dit Ron. "On devrait être capable de rajouter un Sortilège de Bouclier sur le manteau, donc je présume que ça ira pour elle." Son visage se renfrogna. "Le seul problème, c'est qu'elle provoque tellement de travail en plus pour tout le monde qu'ils parlent d'autoriser les heures supplémentaires. Je ne veux pas d'heures sup' ! Je n'ai pas assez de temps pour faire des heures sup'. Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux n'arrive pas à suivre les demandes de Miroiphones. Les affaires marchent comme jamais et je ne peux passer que quelques jours par semaine à aider George."
~~~oooOOOooo~~~
Harry se réveilla avec la sensation d'être observé.
Il l'était. Les yeux chocolat de Ginny étaient si proches de son visage qu'ils étaient presque nets malgré le fait qu'il ne portait pas ses lunettes.
"Bonjour, l'endormi," dit-elle d'un air radieux. "Si tu n'avais pas bougé quand tu l'as fait, je me serais levé pour te préparer du thé."
"Bonjour," marmonna-t-il avec une grimace. Il y avait quelque chose, un cheveux probablement, dans sa bouche. L'ignorant, il continua de parler. "Tu le peux toujours. "T'es réveillée depuis longtemps ?"
Soulevant sa tête de son oreiller, elle regarda la pendule. "Cinq minutes," lui dit-elle. "Tu avais l'air serein. Je n'ai pas bougé parce que je ne voulais pas te déranger." Sur ce, elle se déplia et s'étira. Il sentit à la fois la couette et le matelas bouger avec elle.
Harry utilisa sa langue pour partir en chasse du cheveu. Victorieux, il tira la langue. Il lui fallu deux tentatives avant de réussir à saisir le fil entre son pouce et son index et tirer dessus. Il vint longuement. Il n'eut pas besoin de chercher ses lunettes et d'en vérifier la couleur. Il ne faisait aucun doute que ce cheveux dans sa bouche n'était pas un des siens.
"Un des miens," dit avec sympathie Ginny. "Ils se mettent de partout. J'en ai un peu marre moi aussi. Je devrais probablement me faire couper les cheveux courts."
"NON," cria Harry, alarmé.
La passion de sa réponse le surprit lui-même. Même sans ses lunettes il pouvait en distinguer suffisamment de l'expression de Ginny pour remarquer qu'il l'avait surpris elle aussi. Il essaya de s'expliquer auprès d'elle.
"Euh, c'est tes cheveux, donc tu peux en faire ce que tu veux," s'excusa-t-il. Il avança la main et caressa sa crinière rouge luisante. "Mais ne crois pas qu'avaler quelques brins de ça..." Il entortilla ses doigts dedans. "... pendant que je dors signifie que tu aies besoin de les couper."
Ginny caressa sa joue râpeuse. "Tu ne m'as jamais vraiment dit que tu aimais ma coiffure... si on peut appeler ça une coiffure," murmura-t-elle. "Je savais que tu aimais la couleur, mais..."
"J'aime tout en toi," dit-il, incertain de ce qu'il pourrait dire d'autre. "Mais... je ne veux pas que tu croies que tu n'as pas le droit de les couper, si tu le veux. Je veux dire... euh... Je ne te trouverais pas moins attirante, c'est... enfin... En vérité, je..." Il pouvait la voir sourire et il sut qu'elle était amusée par ses balbutiements. "J'aime tes cheveux juste comme ils sont," termina-t-il assez pathétiquement.
"Tu es vraiment nullissime pour les compliments, Harry," dit-elle en souriant. "Mais je comprends, vraiment ; ce premier NON était suffisant. Tu ne veux pas que je me coupe les cheveux."
Harry ouvrit la bouche mais elle plaça délicatement son index sur ses lèvres pour le faire taire.
"Arrête avec ces inepties de 'c'est tes cheveux, fais ce que tu veux,'Harry," dit-elle doucement. Retirant son doigt de ses lèvres, elle frappa le bout de son nez d'une pichenette. "Des fois, un fille veut qu'on lui dise non ! Des fois, la passion d'un seul mot est tout ce qu'elle a besoin d'entendre." S'asseyant, elle secoua la tête, faisant fouetter ses cheveux sur son visage. "Maintenant, je vais aller préparer le thé et... un petit-déjeuner au lit me semble être une bonne idée."
"Hmm," murmura Harry, perdu dans les senteurs de ses cheveux.
Quand elle ferma la porte, Harry regard autour de la pièce. La maison de Beaumaris de Ginny devenait de plus en plus familière pour lui mais il restait rarement dormir. Habituellement, s'ils passaient la nuit ensemble, c'était Square Grimmaurd, mais ils avaient tous les deux un peu trop bu pendant les célébrations à Holyhead.
Il ferma le yeux et laissa son esprit vagabonder vers la soirée précédente. Le match pour l'Angleterre de Ginny s'était bien passé. Bien que ce n'ait été qu'un match amical, ils avaient battu l'Écosse avec la manière. Pendant la soirée de la Ligue Britannique et Irlandaise qui avait suivi, il avait dansé avec elle. Pour quelqu'un qui ne dansait pas, il avait beaucoup dansé.
L'instant d'après, la porte de la chambre s'ouvrit.
"Tu t'es rendormi," observa Ginny. "Je viens de te réveiller, n'est-ce pas ?"
"Très bonne soirée, hier soir," dit-il en guise de réponse.
"Oui, vraiment," approuva-t-elle. Enchantant le plateau de manière à ce qu'il lévite au dessus du lit, elle se glissa à côté de lui. "Tes talents de danseur s'améliorent mais tu as encore besoin d'entraînement avant qu'on aille à la fête de Dudley."
"C'est dans des mois," lui rappela-t-il.
Au moment où elle s'installait dans le lit à ses côtés, il fut assailli par les odeurs du petit déjeuner. Ginny utilisa sa baguette pou ouvrir les rideaux, chassant la semi-obscurité dans une éruption de soleil matinal.
"Le petit-déjeuner sent bon, qu'est-ce que c'est ?" demanda-t-il. Il s'assit.
"C'est une ciabatta au bacon, aux œufs au plat et au boudin noir," dit-elle. "Mona McLeod, la Batteuse remplaçante des Harpies, dit que c'est le meilleur pain pour le petit-déjeuner. J'ai pensé qu'on pourrait essayer."
Après avoir enfilé ses lunettes, il s'assit, arrangea les oreillers derrière son dos et plaça un bras autour des épaules de Ginny. Prenant la ciabatta de l'autre main, il prit une bouchée. Ginny fit de même.
"Alors ?" demanda-t-elle.
"Tu pourras en refaire," dit-il. "En fait, si tu ne veux pas finir la tienne..."
"Je vais finir ! Et on va prendre le déjeuner dominical au Cricketers avec les Granger," lui rappela-t-elle. "Tu sait à quel point leurs menus rôtisserie sont copieux."
"Mmm." Harry hocha la tête. Regardant la fenêtre et contemplant la vue sur le Détroit de Menai, il se contenta de manger et de tenir Ginny en silence.
"Une noise pour tes pensées ?" demanda Ginny.
"Je ne pensais à rien," admit-il. "J'étais.. je suppose que je profitais de l'instant." Il souleva sa main libre et caressas sa joue. "La vie est belle."
Prenant sa main, Ginny la porta jusqu'à ses lèvres et l'embrassa. "Elle l'est," approuva-t-elle.
Ils restèrent assis en silence. Le bras de Harry autour de ses épaules et sa propre main libre sur la sienne. Hanche contre hanche et cuisse contre cuisse, ils contemplèrent la vue par la fenêtre et terminèrent leur petit-déjeuner en silence.
"Est-ce que je peux parler du travail ?" demanda Harry en déposant sa tasse vide sur le plateau.
"Bien sûr."
"Je pense qu'on avance enfin, Ginny, mais je suis inquiet. J'ai la sensation que quelque chose se prépare. Quelque chose me fait penser qu'ils ont un plan, je ne sais pas lequel, ni même qui est impliqué."
"Si tu penses que quelque chose se trame, Harry, alors c'est le cas. Alors dis-moi ce que tu sais."
"Marcus Flint, Millicent Bulstrode... je veux dire Flint, Gregory Goyle et Miles Bletchley sont tous en cavale depuis La Bataille."
"Je sais ça, Harry." Elle pressa sa main. "Dis-moi ce que je ne sais pas."
"Si Astoria Greengrass disait la vérité à Lavande, on sait que sa sœur est terrée avec Bletchley chez Goyle et qu'elle est maintenant Daphne Bletchley ; tu sais aussi ça," poursuivit Harry. "Mais Ron est inquiet au cas où Draco et Astoria conspirent avec les autres."
"Et Ron a souvent raison." Ginny hocha la tête. "Mais pas toujours. Qu'est-ce que tu en penses ?"
"Goyle est un tueur et il déteste Draco. Je suis presque certain qu'il a essayé de piéger Draco en utilisant du Polynectar et un badge de Préfet. Ça fait d'eux des alliés très peu vraisemblables. Et..." Harry s'arrêta.
"Et quoi ?" demanda Ginny.
"Je me suis tu parce que je me suis rendu compte de ce que j'allais dire," admit-il. "Lavande pense qu'Astoria dit la vérité sur Daphne quand elle dit qu'elle est malheureuse et aimerai rentrer chez elle. Et... je ne pensais pas dire ça un jour, mais je fais confiance au jugement de Lavande."
Ginny rit doucement.
"Et puis, 'Dromeda comme Cissie croient fermement que Goyle veut voir Draco mort," dit pensivement Harry. "Mais..." il marqua une pause. "Il y a quelque chose d'autre, Ginny. C'est Daphne... On lui a en quelque sorte promis..."
"Vous lui avez promis en quelque sorte qu'elle ne serait pas poursuivie si elle pouvait vous aider à capturer Bletchley," dit Ginny. "Je sais, Harry. Ne t'inquiète pas pour ça. Vrai, elle a utilisé Linny pour me faire avaler la Potion Amour/Haine. Mais, à l'exception de quelques semaines de mauvaise publicité et de niveau de jeu perturbé, il n'y a pas vraiment eu de mal. Elle est mariée à Bletchley, souviens-toi. Il était cruel et vindicatif à l'école et il n'aura pas changé. Elle est déjà punie."
~~~oooOOOooo~~~
Dans les quelques secondes qui suivirent le commentaire de Harry, Ginny regarda autour du grand et confortable salon des Granger. Jean Granger, qui était assise dans le fauteuil le plus proche de la fenêtre, croisa le regard de Ginny et sourit. son mari, qui était de l'autre côté de la porte donnant sur le couloir, ne semblait pas s'être rendu compte de ce qui venait d'être sous-entendu.
John Granger regarda sa femme avec insistance. "Ça fait très longtemps que quiconque m'a apporté le petit déjeuner au lit."
"Une ciabatta bacon, œuf et boudin noir ?" Jean paraissait incrédule. "Je ne suis pas certaine que tu me remercierais."
"Ça a l'air d'un excellent petit-déjeuner, pour moi," dit Ron, essayant de masquer son malaise vis-à-vis des propos qui avaient début cette conversation particulière.
"C'est de la nourriture, Ron, évidemment que ça te paraît excellent," dit Harry à son ami avant de se retourner vers le père d'Hermione. "Je n'étais pas convaincu moi-même, mais c'était très bon et très nourrissant. C'est pour ça qu'on n'a pas prit de dessert avec notre déjeuner dominical, hein, Ginny ?"
"Oui," approuva-t-elle.
Elle et Harry étaient à leur place habituelle, enlacés dans le coin du canapé d'angle des Granger. Leur déjeuner au Cricketers, le pub habituel des Granger, s'était terminé des heures plus tôt et ils profitaient d'un thé tardif, ou d'un souper en avance, composé de fromage et de biscuits. Coupant un morceau de Stilton Bleu sur la petite assiette qu'elle et Harry partageaient, Ginny le plaça sur un biscuit et en prit une bouchée.
"Ron m'a préparé le petit-déjeuner ce matin," dit innocemment Hermione. "Ce n'étaient que des toasts mais il a réussi à maîtriser le grille-pain électronique."
Ginny observa le rougissement s'étendre sur le visage paniqué de son frère. Croisant le regard de la mère d'Hermione, elle sourit malicieusement.
"Il reste du thé ?" demanda désespérément Ron.
"Je vais préparer une nouvelle théière," dit Jean, prenant pitié de lui. "Hermione," ajouta-t-elle, penchant la tête vers la porte.
Ginny nota l'expression confuse d'Hermione. "Tu peux me montrer où est le fromage, Hermione," dit-elle, retirant sa jambe de sous celle de Harry. "J'aimerais un peu plus de roquefort, si ça ne te dérange pas."
"Pas trop de roquefort, sinon les voisins vont encore se plaindre" dit John Granger.
"Papa !" Hermione leva les yeux au ciel.
"Pourquoi les voisins se plaindraient de trop de fromage ?" demanda Ron, saisissant avec soulagement l'opportunité de changer de sujet.
"C'est la plus vieille blague de Papa," dit Hermione en se levant pour suivre sa mère et Ginny hors de la pièce. "Je pensais qu'elle était drôle, quand j'ai appris à parler... Penses-y."
Quand les trois femmes entrèrent dans la cuisine, Jean ferma la porte et sourit. "Qu'il est mignon," dit-elle. "C'est un homme tellement gentil."
"Papa ?" demanda Hermione.
"Ron !" dit Ginny. "Sérieusement, Hermione, tu n'as pas vu sa tête ?"
Jean Granger rit et s'adressa à sa fille. "Des fois, tu es aussi inattentive que ton père, ma chérie. Ton petit-ami est vraiment de l'ancienne école, n'est-ce pas ? Tu ne pouvais probablement pas voir son visage, parce que tu étais penchée en arrière et qu'il était assis penché vers l'avant. Mais ton copain était scandalisé quand Harry a mentionné que Ginny lui avait préparé le petit-déjeuner au lit. Je pense qu'il n'est pas certain que ce soit quelque chose que les parents doivent savoir. Et ensuite tu as vendu la mèche sur le fait qu'il a préparé ton petit-déjeuner."
"Oups," dit Hermione, penaude. "Mais on part en vacances tous les quatre, Maman. Je veux dire, ça doit être évident que..."
"Ça l'est." Sa mère balaya les implications d'un revers de main. "Mais Ron veut préserver ta réputation. Il est vraiment vieux-jeu."
"Il l'est," approuva Hermione. "C'est assez mignon, à vrai dire. S'il te plaît, ne te moques pas de lui pour ça, Maman, et n'ose même pas dire quoi que ce soit, Ginny, il n'en serait que plus mal à l'aise." Elle regarda avec inquiétude le visage de Ginny. "S'il te plaît," répéta-t-elle.
"Il n'a rien à craindre," accepta à contrecœur Ginny. "À mois qu'il ne sorte une histoire à dormir debout à propos d'arriver à ton appartement très tôt ce matin. S'il essayait ça, je m'assurerais qu'on puisse cuire le bacon, les œufs et le boudin noir sur son visage !"
Pendant qu'Hermione et sa mère préparaient le thé, Ginny se coupa une autre fine tranche de roquefort. "Roquefort, Rock Fort," annonça-t-elle, souriant alors que la réalisation se fit.
"Ne dis pas à John que c'est drôle, tu ne ferais que l'encourager," implora Jean.
Le temps que les trois femmes reviennent dans le salon, la conversation avait dérivé vers les bières. John Granger louait les vertus de la bière blanche belge qu'il buvait au lieu du thé et encourageait à la fois Ron et Harry à essayer.
"Ramenez un bouteille à la maison avec vous," suggérait-il alors que Ginny, un mug de thé fraîchement infusé à la main, se réinstallait à côté de Harry. "Je sais que vous n'aimez pas boire avant de Transplaner, alors prenez..."
"Harry Potter." La voix haut perchée et excitée hurla depuis la poche de Harry.
"C'est mon téléphone d'Auror," dit Harry avec inquiétude. Se tortillant vers l'avant, il sortit le Miroiphone de sa poche et le regarda.
Plusieurs filles couinèrent et il y eut une cacophonie de "Salut Harry".
"Mademoiselle Ebhart, c'est un Miroiphone d'Auror !" dit fermement Harry.
Ginny pouvait voir la colère dans se yeux. Jetant un coup d'œil par dessus son épaule, elle vit cinq jeunes femmes dans le miroir. "Il vaudrait mieux pour vous que ce soit important pour les Aurors," leur dit-elle fermement. Son apparition fut accueillie par une cacophonie de "ooh".
"Il est avec Ginny Weasley !" cria quelqu'un.
"Si vous avez quelque chose à me dire, faites-le,"dit Harry d'un ton menaçant. "Mais faites sortir vos amies de la pièce avant ! Si vous n'avez rien..."
"Il est bougon, vous ne trouvez pas ?" dit une fille au fond.
"C'est un Miroiphone d'Auror," leur répéta Harry avec un soupir. "Vous m'avez vu, donc maintenant, à moins que vous n'ayez des informations pour moi, sortez !"
"Ouais, vous voyez ! Je mentais pas, alors oust !" Abigail Ebhart ne semblait pas repentante mais elle fit partir ses amies. "La collecte est prévue à neuf heures demain matin, Harry," dit-elle avec enthousiasme. "La livraison devrait être autour de neuf heures vingt, en fonction du planning des Portoloins."
"Merci," dit Harry.
"Il est sept heures un dimanche soir !" lança Ron depuis l'autre bout du canapé. "Je peux pas croire que cette fille, comment elle s'appelle, vienne juste de l'apprendre. Je parie qu'elle attendu pour pouvoir impressionner ses copines en t'appelant !"
"Euh..." Il étai évident à son expression qu'Abigail avait entendu Ron. "C'est... euh..."
"J'en parlerais à sa mère si j'étais toi, Harry," suggéra Ginny.
Les supplications angoissées d'Abigail furent tues lorsque Harry coupa avec exaspération la connexion. "Ron," commença-t-il.
"Ouais, le boulot des Aurors ne s'arrête jamais," dit Ron. "Qu'est-ce que tu en penses ? On s'organise maintenant pour s'offrir une vraie nuit de repos ?"
Harry hocha la tête. "Je ferais mieux de contacter Robards pour le prévenir de ce qui se passe. Je vais devoir annuler mon rendez-vous avec Kingsley," dit-il en se levant. "Je vais rentrer pour utiliser la cheminée sécurisée pour contacter Robards."
"Il n'a pas de Miroiphone ?" demanda Ginny, même si elle était sûre de ce que la réponse allait être.
Harry secoua la tête. "Il ne fait pas confiance à tous ces gadgets dernier cri."
"Mieux vaut ne pas lui parler de ce dernier appel, alors," dit Ron. "Je me demande quand elle a réellement su pour la livraison et à qui d'autre elle en a parlé."
Note du traducteur
Cette histoire de Northumbrian s'arrête malheureusement ici. Nous ne pouvons qu'espérer qu'un jour nous pourrons en découvrir la fin, et connaître les péripéties menant à l'interpellation (ou autre ?) des fugitifs, ce qu'il adviendra des otages de Cardiff et ce qu'il arrivera à Harry et aux autres.
En attendant, merci à vous lecteurs d'avoir lu jusqu'ici, et n'hésitez pas à continuer votre découverte des autres histoires traduites de Northumbrian. Je ne sais pas encore quelle sera la prochaine publiée, je suis à peu près à la moitié de la traduction d'une autre énorme histoire ( Des Inconnus à Drakeshaugh), mais il se pourrait que je cherche avant à publier quelques autres histoires plus courtes.
Merci pour vos commentaires !
Silk.
