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Chapitre IV : Entraînement

Gaara fixa du regard l'ANBU au masque de chat qui tremblait derrière son bureau. « Temari… a fait ça ? »

« Oui Maître Kazekage ! » affirma l'homme d'une voix faiblarde.

Ça y est, songea Gaara, Temari a fini par perdre la tête. Il n'était pas rare que des ninjas perdent leur santé mentale en revenant à la maison après avoir été sur le terrain. Non, c'était même trop souvent le cas. En fait, un homme du troisième régiment s'était récemment pendu en rentrant chez lui. Un autre avait décidé de démissionner de l'armée, et s'habillait désormais avec des habits féminins quand il allait au bar d'à côté.

Peut-être que Temari souffrait d'un sévère cas de stress post-traumatique ? Non, non, c'était pas ça. Gaara savait quel était le problème, et ce n'était pas une quelconque Peste du Zombie psychosomatique – du moins, pas littéralement. Gaara frotta négligemment ses doigts calleux sur le rapport médical de Temari, ses lèvres serrées en une ligne ferme. Ce Nara Shikamaru. Gaara pourrait écraser la trachée de cet homme jusqu'à ce qu'il devienne bleu. Il pourrait l'enterrer à des kilomètres sous le sable que ça ne résoudrait pas le problème.

Alors que l'ANBU commençait à transpirer et à vaciller sous le regard stoïque de Gaara, le Kazekage parla enfin. « Dites à Kankuro de me remplacer, pour la matinée uniquement. Il y a quelque chose que je dois faire. »

« Mais Monsieur… »

« Je vous prie - en tant que Kazekage et en tant qu'ami - d'amener Kankuro à mon bureau et de lui transmettre mon message. » Gaara continua à fixer l'homme sans ciller jusqu'à ce que l'ANBU s'incline et grommelle une réponse affirmative.

Gaara secoua la tête, et quitta son bureau immédiatement.

« Maître Kazekage ! » l'appela sa secrétaire. « Les dignitaires des provinces occidentales seront là dans moins d'une heure. Où allez-vous ? »

« Il y a quelque chose d'important dont je dois m'occuper personnellement. » RUMBLE Gaara.

« Mais… »

« Kankuro les rencontrera à ma place. »

« Mais… »

« Merci. » dit Gaara en faisant un petit signe de la main tandis qu'il dévalait les escaliers, laissant derrière lui le couloir aux tapis rouges de son bureau. Kankuro serait probablement furieux contre lui, mais il y avait quelque chose que Gaara devait faire : il y avait une information dont il était le seul – en tant que Kazekage - a avoir connaissance. Il était donc impératif qu'il règle ce problème lui-même et maintenant, pour le bien de Suna.

Gaara admit également pendant une fraction de seconde qu'il cherchait une excuse pour échapper à son bureau pour la matinée et un moyen d'emmerder les dignitaires occidentaux. Comme le disait le proverbe, faire d'une pierre trois coups, même si sa priorité était, sans conteste, Temari.

Exactement comme le prétendaient les rapports, Gaara trouva Temari déménageant ses maigres possessions dans une chambre d'amis. « On m'a dit que les tuyaux de ta salle de bains avaient explosé, » murmura Gaara. En dépit de son ton calme, elle sursauta, surprise. Gaara réprima une envie de soupirer. Il semblait qu'il avait cet effet sur les gens, même sur ses propres frère et sœur.

« Drôle d'histoire, hein, » marmonna Temari avec un sourire forcé, les yeux plissés. « Ils font plus la plomberie comme avant, hein, petit frère. »

Gaara acquiesça gravement. Il savait que Temari était derrière l'explosion des tuyaux. Les placards avaient été arrachés des murs, la force de son justu avait fait volé en éclat le carrelage. Il avait senti son chakra s'embraser alors qu'il se trouvait deux étages plus haut. « Cela risque de prendre du temps avant d'être réparé, » répondit enfin Gaara. « Tu sais comment c'est, après une guerre. »

« C'est pas grave, je m'en fiche. Hé, t'as pas besoin de faire ça, » protesta Temari quand il prit une boite et la porta dans sa nouvelle chambre.

« J'en ai envie, » fut sa réponse.

« Tch, je suis assez forte pour tout déménager toute seule. »

« Je sais. » Gaara prit le risque de regarder le visage de sa sœur. Ses yeux n'étaient qu'une ombre verte, bordée par des cernes rouges et violettes à cause du manque de sommeil. Ses joues avaient perdu leur bronzage et leur pâleur avait un teint verdâtre. Ses cheveux étaient plus frisés que d'habitude, ses couettes s'échappant de ses élastiques et voletant autour de son visage comme une aura frénétique. Elle a une sale gueule, pensa Gaara.

« Es-tu venu me tirer les vers du nez ? » demanda Temari. Elle portait prudemment un carton devant elle, comme s'il s'agissait d'un bouclier pouvant parer son attaque.

« En fait, je suis venu te demander si tu voulais bien t'entraîner avec moi. J'essaye d'éviter les dignitaires occidentaux, et j'ai besoin d'une bonne excuse. »

Temari renifla avec mépris devant sa déclaration. « Ces mecs sont de vrais connards. »

« Aide-moi s'il te plait, Temari-neesan ? C'est de la plus grande importance politique… »

« De la merde. Tu veux juste les faire chier, ce qui sera un avantage dont tu pourras tirer profit pour le traité à venir. Espèce de bâtard sournois. Enfin, je suppose que je peux t'aider. » Elle soupira d'une façon mélodramatique, puis farfouilla dans les différents cartons pour trouver son uniforme.

Gaara observa Temari en sortant de la tour du Kazekage. Le soleil sembla faire disparaître les lourdes cernes qui se trouvaient sous ses yeux, rendant à la kunoichi sa couleur habituelle plus dorée. « Je pense que je vais y aller doucement, » songea Gaara. « Ça fait trois semaines que la guerre est finie, et je ne me suis pas entraîné une seule fois depuis. »

Temari grogna. « Qui voudrait s'entraîner avec toi ? T'es un sauvage. »

« Toi. » répondit rapidement Gaara. « Parce que tu es tout aussi bestiale. » Il s'éloigna juste à temps pour éviter son coup, malgré le sable chatoyant entre eux, invoqué par l'attaque. « Garde ça pour le terrain d'entraînement. » grogna-t-il, mais Temari savait qu'il la taquinait.

Puis, juste pour l'embêter, il rassembla son sable sous lui et vola pratiquement à travers les rues du village, forçant Temari à lui courir après. « C'est pas juste ! T'as pas à avoir une avance ! » cria-t-elle.

Gaara haussa les épaules, ralentissant suffisamment pour ne pas essoufler sa sœur, mais allant assez vite pour qu'il reste en tête. « Je suis le Kazekage. Je fais ce que je veux, Traqueuse de Vent. »

Temari lui tira la langue, sauta dans les airs grâce à un habile revers d'éventail, et atterrit à côté de Gaara, profitant ainsi de son moyen de transport. « Ah, c'est la meilleure manière de voyager. »

« Tricheuse. »

Temari éclata de rire, faisant jaillir de sa gorge un son rauque et grinçant, comme du sable pris dans les rouages d'une machine. Cependant, il fut fier de lui avoir tiré un rire. Il sentit ses lèvres lui faire écho en s'étirant d'un sourire.

« Que veux-tu faire en premier, neesan ? On peut s'entraîner, ou on peut exploser les affleurements rocheux. » Gaara ne savait pas pourquoi il s'embêtait à demander, il savait déjà ce qu'elle allait choisir.

Un peu de lumière éclaira le fond de ses iris verts alors qu'ils s'écarquillèrent par anticipation. « Exploser les rochers. Puis je vais te foutre une raclée. »

Le temps qu'ils finissent, ils avaient détruit un gisement rocheux en entire et deux terrains d'entraînement. « C'était une bonne idée, » haleta Temari, « mais je crois qu'il faut que je fasse une pause. »

« Ces dignitaires vont m'attendre, » répondit Gaara en soupirant exagérément. « Veille à ce que tu aies suffisamment à manger, Temari-neesan. J'ai lu qu'il est important de bien manger quand on a la Peste du Zombie. »

Elle cilla, ses yeux embrumés par la confusion. « Tu… Tu crois à la Peste du Zombie ? »

Gaara hocha la tête gravement. « J'en ai discuté avec Naruto Uzumaki. Il semblerait que les femmes de type vent soient particulièrement sensibles à la Peste du Zombie. »

« Mais Naruto… »

« Le kyuubi est une femelle, » répondit Gaara. « Il a la même maladie que toi. »

Temari imagina un kyuubi en cloque – un Naruto en cloque – et explosa de rire. « C'est un sérieux problème, je t'assure, » marmonna Gaara. Il attendit qu'elle regagne son sang-froid avant d'ajouter : « J'ai entendu dire qu'il faut avaler doucement du gruau d'avoine mélangé à du gingembre pour calmer les nausées. En plus, je te suggère d'aller à la bibliothèque et de te renseigner sur la peste. Tu devrais trouver de bonnes informations là-bas. »

Temari acquiesça avec enthousiasme. « Les docteurs n'y connaissent rien, pas vrai Gaara ? »

« Les docteurs n'y connaissent rien, » répéta-t-il sérieusement en hochant la tête. « Je te raccompagne à la tour ? »

« Mmmmm. »

Tous deux retournèrent au village, avec plus d'entrain cette fois-ci. Ils se séparèrent une fois dans la tour, Temari devait trouver de la nourriture insipide et Gaara, aller à son bureau.

« Et voilà notre Kazekage-sama enfin ! » hurla une voix frisant l'hystérie. Kankuro se rua hors du bureau et attrapa Gaara par les revers de sa tenue, ce qui rendit perplexe ce dernier. « Mais putain, p'tit frère ! J'ai failli mourir par ta faute, mourir, tu te rends compte ! »

Gaara passa derrière Kankuro occupé à l'injurier et s'inclina devant ses visiteurs. « Excusez-moi. J'ai dû m'occuper d'un problème de la plus haute importance. Je crois que Kankuro a pris en charge vos demandes ? »

« Pas vraiment, » fit un dignitaire, ses lèvres pincées se déformant en un rictus. Peut-être espérait-il obtenir une augmentation de la part de Gaara. Gaara lui adressa à peine un regard impassible en s'asseyant dans son siège.

« Bien, » grinça Gaara, brisant le silence inconfortable qui s'était installé. « Et que puis-je faire pour vous aujourd'hui ? »

Les trois envoyés devinrent un peu verts aux entournures, et Gaara se souvint à quel point il aimait son boulot.

Temari alla à la bibliothèque après s'être servi un bol de gruau d'avoine. Gaara avait eu raison : elle avait faim, même si elle n'avait pas réussi à manger plus de la moitié du bol de gruau. Enfin, c'était mieux que rien, et c'était la meilleure chose qu'elle avait mangé de la journée.

Elle avait deux livres à la main : l'un disait « A quoi s'attendre quand on attend un enfant » et l'autre, « Les Victimes de la Peste lors de la Première Guerre Ninja ». Elle vérifia les allées grâce à sa vitesse de ninja avant d'enlever la couverture poussiéreuse du livre sur la Peste et de la coller rapidement sur le bouquin sur la grossesse. Elle compléta son petit subterfuge avec un subtil genjutsu, et voilà – pour les badauds non soupçonneux, son livre sur la grossesse portera simplement sur une histoire de peste.

Pourquoi je fais ça ? pensa Temari alors qu'elle retournait à sa chambre. Elle n'était même pas certaine de garder cette forme de vie parasitaire, cet alien grossissant dans ses entrailles. Elle pourrait juste avorter. En fait, c'est ce qu'elle devrait probablement faire. Ce n'est pas comme si elle n'avait jamais eu d'avortement auparavant.

Sa bouche arbora un air désaprobateur à cette pensée. Elle plaça une main protectrice sur son abdomen. L'autre avait été différent. Ce n'était pas un bébé alors : c'était une bombe à retardement plantée par un ninja ennemi, quelque chose voué à exploser et à la détruire. C'était alors un acte de guerre. L'entité qui se trouvait à l'intérieur d'elle désormais était différente, très différente, se rassura-t-elle.

Mais était-ce réellement le cas ?

Okay, okay, en effet, elle avait dit à Shikamaru qu'elle était vierge, mais ce n'était pas techniquement exact. Comme toute kunoichi, elle avait couru le risque élevé d'être violée pendant une mission. Ça arrive, même aux meilleures d'entre nous, pensa Temari, gardant ses pensées éloignées de tout stress. Ce n'était pas grave. J'ai survécu. Je devrais être reconnaissante que cette brute ait pris ma virginité et pas ma vie.

Elle repoussa le souvenir indésirable le plus vite qu'elle le put, se forçant à revenir à la réalité. Elle s'était figée en plein milieu du couloir, mais elle ne se souvenait pas s'être arrêtée. Quelle ninja je fais. Effrayée par un vieux souvenir idiot. Ressaisis-toi, Temari, se réprimanda-t-elle avant de longer à nouveau le couloir plongé dans l'ombre.

Elle faisait juste quelques recherches, se convainquit-elle. C'est tout. Comme tout ninja ayant un minimum de discernement, Temari faisait un peu de reconnaissance avant une mission. C'est parfaitement normal.

Oui, il est parfaitement normal de se cacher dans l'ombre dans sa propre maison afin que personne ne se rende compte que tu as un livre clandestin sur la grossesse. Parfaitement. Normal.

« Je déteste ma vie, » marmonna Temari, tournant au dernier coin menant à sa nouvelle chambre. Elle ferma rapidement la porte derrière elle et la verrouilla à clé. Elle ferma les volets et alluma la lampe avant de se laisser tomber sur son lit avec le volume illicite. Elle lut la première page avec appréhension.

Le premier mois, apprit-elle, était marqué par la nausée et les changements d'humeur. Temari grogna : aucune surprise ici. Elle se renfrogna devant les images de mères épanouies enlacées par leurs maris au physique plastifié. Des civils, pensa Temari avec une condescendance acerbe. Elle prit un marqueur permanent sur sa table de nuit et fit une croix sur leurs visages au sourire idiot. Elle dessina des moustaches et des barbes sur ceux des femmes et gribouilla complètement les visages masculins.

Il y avait tellement d'autres choses à quoi elle devait s'attendre « avec impatience », comme le lui annonçait gaiement le livre sur la peste : une vessie compressée, un dos douloureux, des pieds enflés... Vers la fin, elle se dandinerait comme un canard. Les étranges envies insatiables de nourriture n'avaient pas l'air trop mal néanmoins. Temari avait hâte que la nourriture lui paraisse à nouveau appétissante, même si les mélanges – cornichons et crème glacée, tomates et anchois, pizza et ananas – seraient bizarres.

Temari sauta au chapitre sur l'accouchement. Pendant un moment, elle souhaita ne pas l'avoir fait. Même le livre ne pouvait atténuer les visages tout rouges et tordus par la douleur des femmes. Elle avait vu des ninjas agonisants sur le champ de bataille qui avaient exactement cette tête-là : hurlant, les joues blêmes, les yeux agrandis par l'horreur. « Putain. Ils ont plutôt intérêt à me droguer à ce moment-là," s'exclama Temari en frissonnant.

Elle tourna la page et regarda les photos de bébés aux formes d'aliens ridés aux yeux bleus. « Ils sont sensés être mignons ? On dirait un tas de pruneaux roses, » marmonna Temari devant le livre. Elle n'était pas certaine de vouloir une de ces choses. Ils lui fichaient la trouille.

Temari referma le livre avec un soupir et posa ses mains sur son ventre. Elle n'était pas très avancée. Son estomac n'était pas encore protubérant, ou si tel était le cas, elle ne voyait pas encore la différence. Elle avait toujours été une femme forte, et l'addition d'un zygote nébuleux n'était pas visible.

« Et bien, qu'est-ce que tu en penses… Toi ? » demanda-t-elle à son ventre. Elle ne savait pas encore comment l'appeler. Elle ne le nommerait pas certainement pas « bébé ». Elle n'était pas non plus très confortable à l'idée de lui donner un vrai nom : cela rendait également les choses bien trop réelles. Peut-être « Gamin X » ? Ou peut-être un prénom qu'on donnerait à un animal de compagnie, comme Fido, ou Médor ? Non, ça ne convenait pas non plus.

« Je vais juste t'appeler Peste Zombie. Peste pour faire court, » fit Temari à son ventre. « Peut-être Pestie-chan quand je me sentirai généreuse, ou maternelle. » Temari sentit sa gorge se serrer. Elle descendit du lit et commença à faire les cent pas dans la chambre.

Temari n'avait pas le moindre soupçon d'instinct maternel dans aucune partie de son corps. Elle était née, avait été élevée et entraînée pour être une machine à tuer. Elle n'avait jamais tenu de bébé. La dernière fois qu'elle avait eu quelconque contact avec un enfant de moins de dix ans, elle l'avait presque tué. D'accord, l'enfant était un genin nommé Konohamaru qui l'avait menacée avec un Rasengan géant mais quand même.

« Je ne sais pas, Peste. Qu'est-ce que je dois faire de toi ? Je peux pas te garder, » marmonna-t-elle à son abdomen. « Je sais pas m'occuper d'un bébé. Je vais probablement t'étouffer accidentellement. Ou te laisser tomber. Ou t'empoisonner. Je vais laisser trainer mes kunais sur le sol et tu vas te crever un œil. »

Temari soupira et s'assit sur le lit. « Pourtant, j'ai pas envie de me débarrasser de toi. T'es sûrement soulagé d'entendre ça, hein, petit con. » Elle posa ses mains sur son ventre et prit sa graisse abdominale, la faisant plisser. Non, l'avortement n'était pas une option. Ce petit paquet de cellules fut créé lors d'un acte d'amour – oh Seigneur, ça faisait tellement nunuche, mais c'était vrai.

Cette chose à l'intérieur d'elle-même était comme un instant gelé dans le temps, quand Shikamaru et elle s'étaient envoyés en l'air dans une crasseuse tente militaire standard au milieu des baraquements, entourés par des bouts de zombies décapités et les acclamations de joie de l'Armée Unie des Shinobis. C'était quelque chose de petit, de brillant et infiniment plus précieux que tous les médailles pour son excellence sur le terrain qu'elle avait reçues.

C'était deux petits morceaux de Shikamaru et d'elle-même devenant un seul, comme un virus infectant des cellules, ou un champignon fleurissant sur une branche pourrie. Elle voulait dire ça dans le bon sens, dans le meilleur sens possible. Elle était le sang et il était le microbe, elle était la boue et il était la moisissure. Son mycélium s'était accroché à ses entrailles comme les lumière d'un festival, et avait envoyé un sporophore dans le creux à l'intérieur de son corps*.

« Oh, je suis en train d'avoir un tendre instant nostalgique, » roucoula Temari à l'attention de Peste. Mais cela ne dura pas longtemps. Temari commença à réfléchir à ce qu'elle était sensée faire de Peste un fois qu'il serait né. Comment allait-elle l'élever ? Qu'est-ce qu'elle allait faire de lui ?

Qu'est-ce qu'elle allait dire à Shikamaru ?

« Non, » grogna Temari. « C'est à moi. C'est ma Peste. » Elle enroula ses bras autour de son ventre de façon protective.

Merde. Elle n'avait pas vraiment pensé à Shikamaru. Seigneur, il avait cru qu'ils sortaient ensemble juste parce qu'elle avait couché avec lui. S'il découvrait qu'elle était enceinte, il allait chier des briques. Il allait la demander en mariage et la faire déménager à Konoha.

Ça risquait pas d'arriver. Temari n'était pas la propriété de Shikamaru. Elle fera ce qu'elle voudra, où elle le voudra, et comme elle le voudra. Sale bâtard. Elle n'allait pas se mettre sur son trente-et-un, porter une robe de soirée et des talons hauts, passer l'aspirateur d'une main et le branler de l'autre. Oh, hors de question.

Mais combien de temps pourrait-elle trainer à Suna avant que quelqu'un se rende compte qu'elle devenait grosse ? Elle devait se barrer, aller sur une longue mission de rang D pendant les neuf prochains mois, puis revenir avec le bébé et dire qu'elle l'avait simplement trouvé. C'est ça, elle avait trouvé le bébé dans le caniveau, pauvre petite chose. Elle l'adopterait et personne ne se rendrait compte de rien – problème réglé.

Mais… Et s'il s'avérait que Peste ressemble à Shikamaru, avec des cheveux noirs et des yeux bruns K ? Et si Peste commençait à jouer avec les ombres au lieu de faire des jutsus de vent – que faire alors ? La tristesse submergea Temari. Elle s'effondra sur le lit, soudainement prise de vertiges. Mais peu après, la tristesse s'évanouit. A la place, elle sentit son sang bouillir, sa peau rougir, son corps éprouvant le besoin de tuer le fils de pute qui l'avait mise dans cette situation impossible en premier lieu.

Elle n'avait pas voulu tomber enceinte. Elle n'était pas dans son élément ici, pas dans son champ d'action, elle allait devenir folle. Et c'était la faute de qui ? De Shikamaru, voilà. Et ce connard n'était meme pas là pour l'aider à régler le problème ! Peu importe si c'était elle qui l'avait largué, parce que merde, c'était de sa faute au départ !

Prise d'une juste colère, Temari sortit comme une folle de sa chambre et se dirigea vers les terrains d'entraînement. Il y avait quelques piquets voués à l'entraînement qui portaient le nom de Shikamaru et qui avaient besoin d'être décapités.

* Note de la traductrice : Alors pour les non-botanistes d'entre vous, le mycélium est une sorte de moisissure qui donne naissance aux champignons. On dirait des longs filaments blancs, un peu comme une toile d'araignée. Le sporophore est la partie visible d'un champignon, soit le pied et le chapeau (globalement). N'étant pas mycologue, je vous renvoie à Google pour plus d'information.