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Chapitre V : Décapitation

« Temari…. Qu'est-ce tu fais ? » demanda Kankuro avec précaution. Bien sûr, il savait très bien ce qu'elle faisait : elle le faisait solennellement depuis trois jours, au détriment du bien-être des postes d'entraînement. Kankuro était quasiment certain que si elle continuait comme ça, il ne resterait plus aucun poteau de bois à Suna, et bordel, ça coûte cher le bois – ils devaient l'importer ! – et pendant un instant, Kankuro en vint à souhaiter qu'elle dirige son agressivité sur des matériaux moins coûteux, comme les rochers, ou le sable. Mais pas sur les gens, ajouta-t-il hâtivement, et surtout pas sur ses petits frères, que Kami me vienne en aide…

Temari l'ignora, continuant à lancer des kunais sur son poste d'entraînement où un visage avait été dessiné à la va-vite, visage qui ressemblait de manière suspicieuse à un certain jonin konohien de sa connaissance.

Un kunai toucha le poteau avec une précision mortelle, pile entre les deux yeux griffonnés. « Yosh » marmonna Temari, cherchant une autre lame dans son étui.

« Um… Temari ?... Te-ma-ri ? Temari ! » finit par appeler sèchement Kankuro.

Temari se retourna brusquement avec un sifflement et jeta le kunai sur Kankuro à la place de sa victime. Il le saisit dans les airs par le manche. « C'est quoi ton foutu problème, frangin ? Tu vois pas que je suis occupée à trucider Shikamaru – euh, je veux dire, le poste d'entraînement ? »

En dépit du bon sens (qui lui hurlait de n'en rien faire), il rendit à Temari son kunai, le manche en avant. « Ouais, je sais, mais Gaara… »

« Je m'en fous, » cracha Temari, balançant un kunai sur sa cible encore une fois. Cette fois-ci, il atterrit sur la spirale de Konoha inscrite sur le « ventre » du poteau. « Je suis occupée. Fiche-moi la paix. »

«Temari, c'est important… »

« Qu'y-t-il de plus important que moi bousillant Shika – je veux dire, le poste d'entraînement ? » gronda-t-elle.

Kankuro commença à transpirer. « Tu as une mission. »

Son visage s'illumina à cette déclaration. « Tu veux dire que ma requête pour la mission d'ambassade a été accordée ? Je vais pouvoir aller au pays de la Foudre cette année ? »

Kankuro se prépara psychologiquement pour l'attaque à venir et grommela : « Non. Tu es sensée escorter une délégation diplomatique étrangère. »

« Une délégation diplomatique étrangère ? » murmura Temari, le calme de sa voix ne pouvant dissimuler la malveillance qui y transparaissait. « Quelle délégation diplomatique ? »

Kankuro était intimement persuadé que normalement, le mensonge était à proscrire. Bien entendu, il était un ninja, et il devait user de supercherie pendant les missions, mais en dehors de ça, il avait toujours été sincère. Enfin, oui bon, des fois il n'avait pas été tout à fait honnête avec les filles rencontrées au bar – Bien sûr, chérie, je suis amoureux de toi. T'ai-je déjà dit à quel point tu es belle ? Non, en fait, je suis vierge – mais quand il s'agissait d'amis ou de la famille, Kankuro ne mentait jamais, absolument jamais.

Oui, Kankuro était un honnête fils de pute – sauf à cet instant précis.

« Je – heu – ne sais pas d'où vient cette délégation, » répondit Kankuro en haussant les épaules. Il espérait avoir l'air désinvolte et que Temari impute la sueur coulant sur son visage à la chaleur environnante en cette journée. « Gaara ne me l'a pas dit. Il veut juste que tu viennes dans son bureau. »

« Kankuro, si cette délégation vient de Konoha – si Shikamaru Nara en fait partie – je te tue. » Ce n'était pas une menace. C'était une promesse.

« Hé, hé, ne tue pas le messager ! Je ne sais ni qui, ni quoi, ni où, juste que Gaara veut te voir dans son bureau, okay ? A plus tard, Temari ! » lança Kankuro par-dessus son épaule tandis qu'il fuyait à toute vitesse vers les dunes de sable qui déferlaient.

Après être parvenu à une distance de sécurité convenable, il jeta un coup d'œil en arrière. Il vit Temari jeter un dernier regard noir au poste d'entraînement avant de déployer son éventail. « Jutsu de Vent – les Lames du Vent ! » rugit-elle, balançant son arme en un arc de cercle. Un instant après et le poste d'entraînement fut décapité par un mince souffle d'air. La tête, représentée par le visage griffonné et les yeux de dessin animé, roula par terre.

Kankuro frissonna et continue à courir à travers les dunes de sable. Il se fit la promesse d'épouser une gentille fille d'origine civile, n'ayant aucun problème pour gérer sa colère et aucun jutsu mortel.

« Gaara, qu'est-ce que ça veut dire ! » gronda Temari, ne se souciant pas de tempérer sa fureur malgré le fait que son frère soit également son Kazekage.

« Temari, » grogna-t-il, d'une voix sans intonation. « Je ne peux pas me permettre de te laisser quitter le village… »

« Mais t'as besoin d'un ambassadeur au pays de la Foudre, et je suis parfaite pour… »

« Temari, » la coupa-t-il d'une voix aussi tranchante qu'un kunai. « Je ne peux pas te laisser quitter le village alors que je te soupçonne d'avoir attrapé la Peste du Zombie. Et je ne peux pas me priver d'un de mes jonins d'élite pendant une année complète. J'ai envoyé le fils de Baki, Odoriko, à ta place. C'est un chunin maintenant, et il a plus que fait ses preuves pendant la guerre… »

« Je voulais y aller, » grommela-t-elle, en s'asseyant enfin en face de Gaara avec un soupir acariâtre.

« Je m'inquiète au sujet de cette peste. Tu n'iras nulle part, et surtout pas pendant les neuf prochains mois. »

Temari haussa un sourcil. Que savait son frère exactement ? Après tout, il était le Kazekage. Il pouvait demander les rapports médicaux de n'importe quel ninja, y compris ceux de sa sœur. Secret professionnel, mon cul, fulmina intérieurement Temari, ses mains mourant d'envie d'étrangler le médecin le plus proche.

Il ne fallait pas que sa colère transparaisse. Elle ne pouvait pas se permettre de révéler sa situation, et surtout à son frère. « Neuf mois, frangin ? C'est terriblement précis, » murmura-t-elle, son regard glacial contrastant avec son ton calme.

Mais si son regard noir le mettait mal à l'aise, Gaara ne le montra pas. « J'ai parcouru d'anciens rapports sur les microbes potentiellement transmis par les victimes de l'edo tensei. Il semblerait que la maladie régresse au bout de neuf mois. »

Temari réprima l'envie d'hausser un sourcil une nouvelle fois. A la place, elle se maîtrisa pour avoir l'air calme et répondit : « Je vois. Tu sembles certain que j'ai attrapé la peste… »

« Tous les signes le prouvent : la nausée, la fatigue, l'irritabilité… »

« Je ne suis pas irritable ! » s'énerva-t-elle.

« Les troubles du sommeil, l'augmentation des tendances à la violence… » Le sable de Gaara bloqua le kunai que lui avait jeté Temari. Imperturbable, Gaara continua : « Et les changements d'humeur. Heureusement, la peste, une fois contractée, n'est pas contagieuse. Donc nous n'avons pas à te mettre en quarantaine, sauf si tu commences à te couvrir de pustules. »

Temari pâlit – était-ce l'un des symptômes de la grossesse, être recouverte de boutons suintants ? Elle allait devoir vérifier dans son livre tout à l'heure. Pour l'instant, elle masqua sa surprise et rétorqua : « Très bien. Au moins, tu me crois lorsque je te parle de la peste, pas comme un certain frère de ma connaissance. »

« On ne sait pas grand-chose sur la peste, » répondit Gaara pour être juste, s'appuyant contre son fauteuil et tapotant ses doigts ensemble. « Il semblerait que cela affecte principalement les femmes, mais maintenant que les zombies ne sont plus, aucune autre kunoichi ne devrait être infectée. Du moins, c'est ce que j'espère. Tu iras voir les médecins pour faire un examen hebdomadaire… »

« Awwww… »

« Histoire d'être sûr que la peste n'empire pas. Mais jusqu'à ce qu'on soit sûr que tu survives à la peste, tu resteras à Suna. »

Cela avait l'air d'une sentence de mort. Elle ne pouvait pas rester à Suna et avoir ce bébé – sinon tout le monde allait savoir. Et elle n'était pas prête à ce que tout le monde sache. Selon le livre, elle avait quelques semaines devant elle avant que des signes de la grossesse ne se voient. Cela faisait trop peu de temps pour décider ce qu'elle allait faire de cette chose grossissant dans ses entrailles. Cela faisait certainement trop peu de temps pour décider que faire de Shikamaru.

La solution la frappa comme un kunai lui transperçant la tête – mais oui, bien sûr ! Une fois qu'elle commencerait à devenir grosse, elle s'arrangerait pour avoir des furoncles et irait en quarantaine ! Il y avait une herbe dans la famille des renoncules que les mendiants frottaient sur leur peau pour se donner des boutons, des affreux trucs suintants qui forçaient les passants à leur donner de l'argent pour alléger leur impression de culpabilité.

« Temari ? Tout va bien ? Temari ? » l'appela Gaara.

« Oh, désolée, j'étais juste… en train de penser ! C'est tout, » dit Temari en gloussant nerveusement. « Bref, Kankuro m'a dit que tu avais une mission pour moi ? Par pitié, dis-moi qu'il s'agit d'une délégation diplomatique qui vient du Brouillard, ou du Pays de la Foudre… »

« C'est l'équipe Ino-Shika-Cho de Konoha. » répondit Gaara, la regardant sans ciller.

« Quoi ! » hurla-t-elle. Elle faillit renverser la table, mais Gaara avait déjà renforcé tous les meubles de son bureau avec du sable. « Putain Gaara ! Tu sais que Shikamaru et moi… »

« Assieds-toi, » aboya Gaara. Temari cilla et se jeta dans sa chaise avec un sifflement de colère. Elle croisa les bras sur sa poitrine et fusilla du regard son plus jeune frère qui l'ignora.

« Temari, je me fiche de ta vie personnelle comme du cul d'un scorpion. Tu es un shinobi de Suna et tu vas effectuer cette mission… »

« Mais… »

« Tu es on-ne-peut-plus qualifiée pour cette tâche. Je ne la donnerai à personne d'autre. Point final. Est-ce que j'ai été clair ? »

Temari passa une main à travers ses cheveux ébouriffés. Gaara lui parlait en mode Kazekage. Il n'était plus son frère à cet instant précis, mais un chef et un guerrier au visage de pierre, buriné par le sable. Elle savait qu'elle n'irait nulle part avec lui maintenant. Elle courba la tête et grinça des dents. « Quels sont les détails de ma mission, Kazekage-sama ? » grogna-t-elle.

« Tu es assez proche d'Ino, Choji et… Shikamaru. J'ai besoin que tu joues sur leurs faiblesses pour qu'ils acceptent un marché. »

Temari releva la tête, sa rage partiellement envolée en entendant la nature de sa mission. « Jouer sur leurs… faiblesses ? »

« Oui. Konoha vient ici nous emprunter des ninjas spécialisés dans la construction. Tandis que Konoha a été décimée par la guerre, Suna – grâce à mes justus de sable – a été épargnée.

« Nos spécialistes en construction sont efficaces et peuvent construire des bâtiments en peu de temps et utilisant peu de chakra. Konoha va non seulement leur demander de tout reconstruire, mais aussi d'enseigner leur jutsu aux utilisateurs konohiens de jutsu de type terre. »

« Mais c'est… Tu vas partager avec eux le jutsu secret du Sable ? » s'exclama Temari.

Gaara se contenta d'hausser les épaules. « Ce n'est pas un jutsu offensif ou défensif. Je vais l'autoriser. Cependant, pour une telle concession, je veux quelque chose en échange. » Gaara se leva et tendit un rouleau de parchemin à Temari. Elle le déroula prudemment.

« Tu veux – ce n'est même pas un échange équitable, Gaara, » songea à voix haute Temari alors qu'elle parcourait le rouleau des yeux. « Tu demandes beaucoup. Tu veux que Konoha nous prête Sakura Haruno pendant une année entière afin qu'elle crée une fournée de ninjas médecins. Tu veux deux ambassadeurs permanents de ton choix en roulement qui servent à Suna. Tu veux qu'ils te donnent le secret du jutsu de la barrière protectrice autour de Konoha afin qu'on puisse le reproduire ici. Et la dernière demande mais non la moindre, tu veux que l'un des ambassadeurs choisis contracte un mariage arrangé avec toi. »

« C'est un échange équitable. Mes ninjas constructeurs vont leur fabriquer de nouvelles maisons en un temps record, ils vont me donner Sakura pour entraîner des ninjas médecins. Mes ninjas constructeurs vont leur enseigner leur jutsu, ils vont nous enseigner leur jutsu de barrière. Quant à la part sur l'ambassadeur, c'est pour notre bénéfice mutuel : bien sûr, nous créerons notre propre ambassade à Konoha. » Les coins de la bouche de Gaara esquissèrent l'ombre d'un sourire. « Tu penses pouvoir t'en charger ? »

Temari renifla avec mépris. « Ils vont pas aimer ce contrat. L'Hokage va répugner à se séparer de Sakura, et elle sera encore plus réticente à l'idée d'enseigner le jutsu de barrière – jutsu que nous pourrions utiliser pour détruire la barrière autour de Konoha s'il venait à être connu de Suna. »

« Mais ils seront aussi capable de briser notre barrière une fois que nous l'aurons mis en place. » ajouta Gaara à voix basse. « Nous serons justes. Je me fiche de la façon dont tu comptes t'y prendre, Temari, mais Suna a besoin que Konoha accepte ce marché. Tu es autorisée à utiliser tous les moyens nécessaires pour que Konoha accepte les termes de ce contrat. »

Temari se tapota le menton, perdue dans ses pensées. D'un côté, la dernière personne qu'elle souhaitait voir était Shikamaru. De l'autre, elle venait juste de recevoir la permission expresse de son Kazekage de torturer Shikamaru – pour le bien de Suna, bien entendu. « Et tu veux que je joue sur les faiblesses de Shikamaru ? » pensa-t-elle à haute voix.

« Tu connais l'équipe de Shikamaru mieux que quiconque. » répondit Gaara. « Fais de sa vie un enfer, je m'en moque. Je sais que Tsunade a dit à ses envoyés qu'ils ne rentreraient pas à Konoha sans un contrat signé. Alors ils seront là jusqu'à ce qu'ils aient accepté les termes que nous avons définis. Shikamaru est têtu, mais tu peux le dompter. J'ai confiance en toi. »

Temari se leva de son siege en un mouvement fluide. « Kazekage-sama » déclara-t-elle sur un ton en partie moqueur, « Je vais prendre cette mission. »

« Bien, » murmura Gaara. « Je savais que tu la prendrais après que je t'ai expliqué les détails. On attend la délégation au coucher du soleil. Prépare-toi pour leur arrivée s'il te plait. »

Temari lui offrit un hypocrite sourire béat alors qu'elle acquiesça puis sortit à grands pas du bureau, la tête haute.

Gaara eut un sourire pour lui-même et regarda à travers la fenêtre. Si tout se déroulait comme prévu – ce qui sera le cas, Gaara avait foi en son plan diabolique – alors Suna aurait beaucoup plus à gagner que ses manœuvres politiques, et pas que les articles listés dans le contrat.

« Shikamaru, pour la dernière fois, ressaisis-toi, » grinça Ino.

« Allez Shikamaru, » râla Choji, « On devrait déjà y être. J'ai faim, et le restaurant barbecue de Suna va fermer dans… »

« Je vais aussi vite que je le peux ! » répliqua sèchement Shikamaru. Cependant, la vérité était qu'il traînait littéralement des pieds depuis trois jours. Il était un génie, il savait ce qui allait arriver. Il n'y avait seulement trois raisons possibles pour que son équipe, de toutes les équipes disponibles, ait été demandée d'aller conclure un marché avec Suna.

Raison numéro une : Gaara allait le tuer pour avoir couché avec sa sœur.

Raison numéro deux : Kankuro allait le tuer pour avoir couché avec sa sœur.

Raison numéro trois : Temari allait le déchiqueter en petits morceaux avec un jutsu de vent pour un outrage inconnu qu'il aurait commis envers sa personne.

Et encore, il y avait une quatrième possibilité : une combinaison des scénarios un, deux et/ou trois.

Les portes de Suna apparurent dans la lumière du crépuscule. Le ciel bleu électrique du désert juxtaposé aux portes en or les faisait ressembler à l'entrée dorée qui menait à la vie après la mort. Shikamaru déglutit devant sa propre comparaison. L'au-delà était précisément sa destination une fois qu'il serait entre ces murs.

Ino le prit par le bras et en vint quasiment à le traîner sur le reste du chemin vers Suna. Ses membres semblaient faits de plomb, encore plus lourds qu'ils ne l'avaient été durant ces trois derniers jours. Il avait le moral dans les chaussettes, une boule dans la gorge et il avait l'impression d'avoir le cerveau fourré dans le cul. Il n'arrivait pas du tout à réfléchir.

Ses coéquipiers ne lui témoignèrent aucune pitié. Même Choji commença à le traîner derrière lui au bout d'un moment, de manière à ce que Shikamaru pende tel un corps flasque entre les bras de Choji et d'Ino. Choji était généralement quelqu'un de sympa, mais pas quand il avait faim. Shikamaru ne pouvait compter sur l'aide de son meilleur ami tant que celui-ci n'aurait rassasié sa faim. Pendant ce temps, Ino et Choji le conduisait à Suna, comme un homme condamné aux galères.

« Bienvenue à Suna, honorables visiteurs, » fit une voix glaciale. La tête de Shikamaru se releva brutalement : c'était Temari. Son visage n'était qu'un masque indéchiffrable mais une méchanceté évidente miroitait au fond de ses yeux verts.

Malgré tout, Shikamaru en eut le souffle coupé, et pas uniquement parce qu'il était la source de sa fureur. Temari était magnifique. Elle se tenait devant une torche enflammée et un halo d'orange et d'or éclairait son dos. Mais Shikamaru jurait que, malgré le feu qui l'assombrissait, Temari rayonnait. Le temps s'arrêta un moment, et Temari devint la statue vivante de la Déesse du Feu, brillant à la lumière du soleil, brûlant avec les flammes de la colère.

Elle eut un rictus pour son expression bouche-bée et l'enchantement fut rompu. Elle était toujours aussi belle, certes, mais à la place de la vénération, il ne ressentit plus que de la terreur. « Vous devez être las de votre voyage, » continua Temari sur le même ton formel et guindé. « Je vais vous montrer vos chambres. »

« Pas de chichi entre nous Temari-chan ! » cria Ino à Temari qui s'était ostensiblement retournée pour les conduire à leurs appartements. « Après tout, nous sommes amis… Pas vrai ? »

Temari jeta un regard par-dessus son épaule vers Ino. « Je vous en prie. Mon titre est Temari-sama du Désert. Mais si vous insistez pour abandonner les formalités d'usage, vous pouvez m'appeler Temari-sama. Suivez-moi s'il vous plait, honorables invités. » répondit-elle aussi hautaine que n'importe quelle princesse.

Elle ne parla pas une seule fois à Shikamaru, et ne lui adressa pas non plus un seul regard après le bref rictus devant les portes. Temari les laissa à un hôtel – non pas aux appartements royaux du Kazekage pour les invités officiels mais à une taverne.

Il y avait tellement de choses qu'il voulait lui dire, mais à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, les mots se mourraient sur ses lèvres. Il tenta d'attirer son regard, mais elle l'ignora ostensiblement. Le temps que Shikamaru regagne son calme – le temps qu'il soit prêt à s'excuser, peu importe ce qu'il avait fait – elle était partie.

Il se rendit compte que l'attitude glaciale de Temari envers était bien pire que sa colère. Il était quasiment certain qu'il préférait essuyer les menaces de mort de la part de Temari ainsi que ses assauts mortels sur sa personne plutôt que sa froideur.

« Elle doit vraiment me haïr, » chuchota Shikamaru, poussant du bout de sa baguette la viande grillée se trouvant dans son assiette.

« Ouaip. T'as merdé, mon gars, » répondit Ino, la bouche pleine de poulet.

« Ino ! » cria Choji. Mais c'était trop tard. Shikamaru avait repoussé son assiette et se dirigeait vers sa chamber.

« Je suis crevé, » marmonna-t-il. « Je vous verrai demain matin. »

« Shika, excuse-moi, je voulais pas dire ça comme… » l'appela Ino, mais la porte de sa chambre claqua avant qu'elle puisse finir. « Merde. »

« T'as merdé, fillette, » grommela Choji sous sa barbe. Cela lui valut une tape sans enthousiasme d'Ino avant qu'ils fixent tous deux sombrement la porte fermée de Shikamaru.

« La mission va être un désastre total, Choji. »

« Tu veux dire que c'est pas déjà un désastre ? »

Ino secoua la tête et essuya ses doigts graisseux sur sa serviette. « Tu sais quoi, ça me ressemble pas d'être aussi rabat-joie. Choji-kun, on a un coéquipier dans le besoin. Et un coéquipier dans le besoin reste un coéquipier ! Nous allons aider Shikamaru ! »

« En se mêlant de ce qui nous regarde pas ? » fit Choji d'un air dubitatif. Il n'aimait pas trop ce qui était en train de se passer.

« En se mêlant de ce qui nous regarde pas. » affirma Ino avec un sourire éclatant. « Je sais justement quoi faire. »