Voici la traduction du chapitre six de « Zombie Plague ». Le rythme de parution s'est quelque peu ralenti ces derniers temps mais vous aurez tout de même le chapitre sept ce weekend, sauf empêchement de dernière minute. Merci à « fail » (nom plein de tact !) de m'avoir fait remarquer le couac du chapitre précédent ! J'ai donc effacé la phrase incriminante et en ai profité pour remanier quelques maladresses de style ! Je vous encourage tous à me faire profiter de vos remarques quant à la traduction qui peut parfois donner des phrases pas très françaises ! Le problème d'avoir le nez collé dessus, c'est qu'on ne s'en rend pas forcément compte, à moins de relire quelques jours plus tard. Merci aussi pour vos commentaires en général, ça fait toujours plaisir ! J'arrête de vous embêter, voici le chapitre six !
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Chapitre VI : Mission impossible
« Voici les termes exacts de nos demandes, honorables invités konohiens, » réplica Temari de ce même ton solennel et guindé. « Nous espérons que vous les trouverez acceptables. »
Shikamaru faillit recracher son café sur le bureau hors-de-prix de Gaara. « T'es cinglée ? Ces « demandes » sont... »
« Nara-san, je dois vous demander de vous conduire de manière séante devant notre Kazekage, » le coupa Temari, dont le visage portait un masque de sérénité. « Peut-être ne vous enseigne-t-on pas la politesse d'usage à la Cour à Konoha ? Etrange, je pensais que Tsunade-sama vous avait décrit comme la meilleure équipe d'élite. » Elle but une gorgée de son thé, comme si elle venait juste de faire un commentaire sur le temps – comme si elle ne venait pas de l'insulter.
Shikamaru était sur le point de lui lancer une réplique cinglante, quand Ino lui mit une claque sur le bras et répondit précipitamment. « Excusez-nous, Temari-sama. C'est juste que vos demandes sont… inattendues. »
Gaara, qui, jusqu'à lors, était resté silencieux, prit finalement la parole. « Nous vous laisserons le temps de réfléchir aux termes de notre accord. Vous n'avez pas besoin de signer immédiatement. »
« De plus, nous savons que Nara-san aime se pencher sur tous les aspects de la chose, » ajouta Temari. Elle gloussa à sa propre plaisanterie, d'un rire feint et creux. « Nous imaginons que certains génies ne peuvent réfléchir très vite une fois sur leurs pieds. »
Shikamaru ne put s'en empêcher. Il se leva de son fauteuil, le visage rouge de colère. La faute à son ton dédaigneux, au fait que lorsqu'elle disait « nous », elle ne faisait pas référence à Gaara et elle, mais utilisait le « nous » de majesté.
« Temari, ça suffit, » gronda-t-il. « Tu n'as pas besoin de nous traiter comme… »
« Je vois que Naruto-kun a un effet désastreux sur vos manières, Nara-san… »
« Pour l'amour de Kami, appelle-moi Shikamaru… »
« Yamanaka-san, Akimichi-san, veuillez dire à votre coéquipier de se maîtriser s'il vous plait. » Temari prit une nouvelle gorgée de thé et évita délibérément le regard incrédule de Shikamaru.
« Shikamaru ! » siffla Ino à son oreille. « Ressaisis-toi ! On va se faire enculer avec ce contrat si tu perds ton sang-froid ! »
Shikamaru cilla, réalisant que c'était exactement ce que Gaara avait prévu. Le Kazekage utilisait Temari comme un outil visant à ébranler sa clairvoyance afin qu'ils ne puissent garder leur position concernant le marché. Oui, Suna et Konoha étaient aussi amicales que deux pays peuvent l'être, mais elles étaient aussi deux entités diplomatiques traitant un accord contractuel. Shikamaru savait que Gaara ferait n'importe quoi pour avoir un avantage durant le processus, comme le ferait n'importe quel Kage.
Très bien. Ils pouvaient être deux à jouer à ce jeu-là.
« Pardonnez-moi, Kazekage-sama, Sabaku-hime, » murmura Shikamaru, sa voix devenant acerbe à la mention du titre de Temari. « Je vous remercie de nous laisser le temps d'examiner soigneusement les termes de cet accord. Votre générosité est la bienvenue, » dit-il, gardant du mieux possible le même rythme de diction.
Temari reposa sa tasse de thé sur sa soucoupe de porcelaine. Cela fit un doux clink. « Mais ce n'est rien, Konoha est l'une de nos plus chères amies. Nous souhaitons que vous soyez à l'aise lorsque vous concluez un marché avec nous. De combien de temps avez-vous besoin pour décrypter tous les scénarios possibles ? Une semaine ? Un mois ? » Temari cacha à peine son rictus en posant ses mains sur ses genoux.
Shikamaru prit une profonde inspiration alors qu'il formulait sa réponse. « Un mois ne sera sans doute pas nécessaire pour prendre une décision. Cependant, pour être juste, il nous sera difficile de partir au bout d'une semaine seulement et de nous priver de votre charmante compagnie. » Il prit le temps de dire les mots, laissant rouler chaque syllabe dans sa bouche avant de les laisser couler avec le sarcasme mortifiant à peine dissimulé. « Cependant, comme Suna dépend tellement de Konoha pour l'élaboration de toutes ses stratégies, nous resterons aussi longtemps que nécessaire. »
A sa plus grande satisfaction, Temari laissa échapper un faible sifflement de colère. Elle avait compris le sous-entendu caché derrière ses mots, et elle savait qu'il ne faisait pas référence à Suna et Konoha, mais à Temari et lui-même. Et ouais ! Tu dépends de moi ! Comment as-tu pu rester en vie pendant la dernière guerre si ce n'est en suivant mes conseils, espèce de folle impétueuse ?
Temari ne croisa pas son regard mais regarda paresseusement à travers la fenêtre. Il devinait que l'émotion n'était pas réelle, vu que les coins de sa bouche semblaient railleurs. « Que c'est amusant, Nara-san, » répondit Temari. « Il semblerait que ce soit le contraire : si Suna n'avait pas combattu côte-à-côte avec Konoha durant la dernière guerre, alors de nombreux shinobis konohiens auraient été tués de la main de ces zombies dégénérés. Vous – Konoha – dépendez de notre force militaire pour survivre. »
Shikamaru ouvrit la bouche pour rétorquer, mais il fut trop lent, et Temari poursuivit avant qu'il puisse parer son attaque. « Et n'oublions pas, Nara-san, que vous avez beau être un expert quant à l'élaboration de stratégies, mais que lorsqu'il s'agit de réelles missions, vous ne devez oubliez qui est votre supérieur. La vie, après tout, n'est pas un examen chunin. »
Shikamaru se sentit rougir. Il savait ce à quoi elle faisait référence. Bien qu'il ait gagné son match contre elle à l'examen chunin, c'était Temari qui avait sauvé son cul peu de temps après. Avant qu'il ne puisse s'en empêcher, il lâcha : « Vous avez peut-être raison, Hime, mais avant que votre tête n'enfle démesurément et ne puisse plus porter votre couronne, rappelez-vous l'aide que Konoha vous a apporté durant la dernière guerre. Sans Konoha, vous ne seriez pas assise ici, en train de vous disputer avec moi. » Et faisant de ma vie un véritable enfer, ajouta silencieusement Shikamaru, ses yeux noirs étincelant.
Temari éclata de rire, d'un rire froid et cristallin. « Comme c'est amusant, Nara-san. Il me semble me rappeler que c'était Suna qui était venue à votre secours, et plus d'une fois. Sans Suna, vous seriez mort bien longtemps avant même la dernière guerre. Il suffit, » murmura-t-elle alors que Shikamaru ouvrait la bouche pour répondre. « Nous avons un dicton ici à Suna : quand tu te trouves dans la tanière de la panthère des sables, ne demande pas de scorpions à mettre dans tes chaussures. »
« Nous avons un dicton, nous aussi, que tu ferais bien de te souvenir, Temari, » grogna-t-il, ne s'embarrassant plus des formalités. « Dans le monde des ninjas, ceux qui ne respectent pas les règles sont considérés comme des moins que rien. Mais ceux qui abandonnent leurs compagnons sont encore pires. » Il lança un regard noir à Temari alors. Son visage rougit, puis blanchit, puis rougit à nouveau.
« Nara-san, veuillez vous adresser à moi en utilisant mon titre, » répondit-elle, sa voix à peine audible sous la montée de sang qui lui était parvenue aux oreilles.
« Non, » siffla-t-il. Il pouvait voir Gaara à l'orée de sa vision. Son visage était complètement impénétrable. Qu'est-ce qu'il trafique…
« Shikamaru, » Ino se leva et lui chuchota à l'oreille, « Chef d'équipe ou non, t'es en train de faire foirer la mission. Assieds-toi ! »
Il voulait dire non à Ino, mais il savait qu'il agissait comme un gamin irascible. « Excusez-moi, » grinça Shikamaru. « Je crains d'avoir attrapé une insolation. Yamanaka-san, peux-tu prendre la suite ? »
Ino acquiesça mais Gaara frappa dans ses mains. Le son abrupt surprit Shikamaru, bien qu'il fit de son mieux pour ne pas le montrer.
« Assez parler, » grommela le Kazekage. « Shikamaru-san, j'aimerais que vous veniez avec moi. Je voudrais connaître la possibilité d'obtenir la barrière-bouclier avec vous, ainsi que vos réflexions sur la mise-en-place d'une ambassade konohienne à Suna. Choji-san, venez également avec nous. Je vais vous emmener voir mon frère, Kankuro, qui vous présentera nos spécialistes en construction. Ino-san, si vous pouviez avoir la gentillesse d'accompagner ma sœur, elle vous fera visiter l'hôpital.
« Allons-y maintenant, avant que midi sonne. Je vous remercie, en tant que Kazekage et en tant qu'ami, de vos efforts. »
Avant que quiconque ait la possibilité de protester, Gaara prit Shikamaru et Choji par le bras et les traîna quasiment hors de la salle de conférence. Ino et Temari restèrent attablées, assises dans un silence stupéfait.
« Temari-sama, » commença alors Ino, lentement et prudemment. « Qu'est-ce… »
« Yamanaka-san, laissez-moi vous faire cette visite. Je suis sûre que vous vous rendrez compte que nos commodités auraient bien besoin de médecins entraînés par Konoha. » répondit-elle d'une voix aérienne. Temari sembla s'envoler hors de son fauteuil et flotter vers la porte. Inquiète, les sourcils froncés, Ino la suivit.
Elles sortirent de la tour du Kazekage et entrèrent dans les rues arides de la ville. Il était près de midi, et le soleil frappait fort sur les rues pavées, créant des vagues de chaleur qui scintillaient près du sol. Ino pouvait sentir ses joues rougir.
« Temari-sama, hé, » se risqua-t-elle après qu'elles aient marché pendant un temps. « Je voulais juste te dire… Quoique Shikamaru ait pu faire, je suis sûre que c'est de sa faute, et qu'il est un abruti complet. »
Temari sembla stupéfaite. Elle arrêta de marcher et regarda Ino avec circonspection. « Je… »
« Non, écoute-moi, » la coupa fermement Ino. « Je connais Shikamaru depuis qu'on est né : il est paresseux, misogyne, et égocentrique. Tu as tous les droits d'être furieuse contre lui. Si tu veux que je lui casse la gueule de ta part, que je remplace sa crème à raser par de la soude caustique, que je remplisse sa baignoire de piranhas, tu n'as qu'un mot à dire. Okay ? »
Le masque de Temari sembla craquer pendant un instant. « Je… » Elle soupira et s'appuya contre un lampadaire. Ino eut peur que Temari ne retourne se cacher dans sa coquille et fut surprise lorsque, au lieu de ça, elle lui offrit un réel sourire, celui qui éclaira jusqu'à ses yeux verts. « Je suis désolée. Je ne suis fâchée que contre Shikamaru. Je ne devrais pas m'en prendre à toi et à Choji. »
Ino lui renvoya son aveuglant sourire de top-model et fit passer un bras autour de la femme plus grande qu'elle, malgré la chaleur de la journée. « Je ne sais pas ce qu'a fait Shikamaru, mais on peut toujours être amies, pas vrai, Temari-sama ? »
« Juste – Temari. Merci, Ino. » Ino n'était pas sûre si elle l'avait imaginé ou non, mais Temari détourna la tête et s'essuya les yeux. « Je suis entourée par des têtes de cochons pendant tellement longtemps que j'ai oublié à quel point c'était sympa d'avoir d'autres kunoichis à qui parler. »
« Je sais ce que tu ressens ! » fit Ino, puis elle s'évertua à déblatérer à Temari vieux temps.
C'est ça, ma puce. Baisse ta garde, et laisse-moi réparer ce que t'a fait Shikamaru. Ino applaudit ses artifices féminins et sut qu'elle allait remédier à ce bordel en un rien de temps.
En son for intérieur, Temari riait de la crédulité d'Ino. Laissons le moulin à paroles penser qu'elle avait la confiance de Temari. Seigneur, ces ninjas konohiens étaient tellement mous, tellement faciles à manipuler ! Bien sûr, elle admettait qu'il était sympa d'avoir une femme à qui parler, mais Temari n'allait certainement pas laisser Ino tirer les ficelles.
Au contraire, elle allait utiliser Ino de manière à leurrer l'équipe de Konoha pour qu'ils signent le contrat, et, si elle pouvait le tenter, avoir sa revanche sur Shikamaru. C'est ce que ce bâtard mérite, pensa Temari, moralisatrice malgré un serrement de cœur. Après tout, ce connard m'a refilé Peste Zombie.
Mon Dieu, elle voulait étrangler Shikamaru après ce qu'il avait osé lui dire, ou plutôt ce qu'il avait insinué sous ses mots mielleux. Temari ne dépendait pas, et n'avait jamais dépendu, de Shikamaru. Elle préférerait manger ses propres bras plutôt que de dépendre d'un homme – et plus particulièrement de Shikamaru Nara.
« Je veux dire, tu me comprends, Temari-chan ? Est-ce que les hommes sont des idiots ou quoi ? » fit remarquer Ino, interrompant les pensées de Temari.
« Mmmm, sans aucun doute, » acquiesça Temari avec un léger sourire, bien qu'elle n'eut pas la moindre idée de ce dont parlait Ino. « Voilà l'hôpital. J'aimerais te présenter aux ninjas membres de notre personnel médical. Malheureusement, on n'en a pas beaucoup. Je voudrais que tu établisses par toi-même à quel point ils sont talentueux. »
« Avec plaisir, Temari-chan. Après tout, c'est ce à quoi servent les amis, non ? »
Amis, huh. Ces ninjas konohiens sont terriblement présomptueux. Bien sûr, Ino et elle avaient combattu dos-à-dos durant la dernière guerre, mais cela ne faisait pas d'elles des meilleures-amies-pour-la-vie. Temari restait loyale au village du Sable. Elle était proche de ses frères, mais c'était tout. Elle avait développé un rapport de camaraderie avec ses compagnons d'armes de Konoha, mais elle n'irait pas jusqu'à dire qu'ils étaient devenus amis. Peut-être que Shikamaru et elle avaient été amis, avant qu'ils ne couchent ensemble et ne foutent tout en l'air – littéralement. Mais maintenant ?
Tch. L'amitié. Un idéalisme vain de Konoha. Quelqu'un devrait virer le rembourrage qui se trouvait dans la tête de Naruto avant qu'il ne contamine tout le monde avec son Jutsu de l'Amour.
Le reste de l'après-midi se passa en un éclair. Ino interrogea l'humble équipe de dix ninjas-médecins pendant que Temari surveillait le processus. « Il me semble que la plupart de ton personnel est capable d'effectuer les gestes de base, mais ils sont sérieusement sous-entraînés en chirurgie, médecine avancée et dans les techniques qui requièrent un contrôle du chakra professionnel. »
« Je vois. » Temari pinça les lèvres, comme si elle était perdue dans ses pensées.
« Je serais ravie d'entraîner un peu ton équipe pendant qu'on est là, mais vous avez définitivement besoin d'un expert sur ce sujet. Sakura est de loin beaucoup plus douée que moi. » Ino soupira à cette remarque et tapota le linoléum de ses orteils.
« Quelque chose ne va pas ? » demanda Temari devant le silence d'Ino.
« Oh. C'est juste… Et bien, tu sais, Grand Front – euh, je veux dire, Sakura – n'est plus la même depuis la guerre. Tu sais, avec toute l'histoire sur Sasuke qui s'est avéré être un énorme connard et un cinglé diabolique. »
« Hmm. J'en ai entendu parler. Il a fui après avoir perdu la bataille contre Naruto, en partant avec Kabuto et Madara. »
« Ouais, et bien, je pense que ça ferait du bien à Sakura de venir à Suna – tu sais, histoire de changer de perspective. Ça ne devrait pas être trop dur de convaincre Shikamaru que c'est dans l'intérêt de tout le monde qu'elle vienne ici. »
Temari cilla telle une chouette en entendant Ino. « Pourquoi… Pourquoi m'offres-tu ton aide alors qu'on ne s'est pas encore mis d'accord sur le contrat ? »
Ino éclata de rire, d'un rire puissant et profond qui stupéfia Temari. « Parce qu'on est amies, idiote ! C'est ce que font les amis. » Elle lui lança un regard amical. « Et bien, je sais que vous autres faites les choses différemment à Suna, mais j'espère que ça ne t'ennuie pas si je commence à entraîner ton personnel médical demain matin ? »
Temari haussa les épaules. Si Ino voulait perdre son temps et affaiblir son pouvoir de marchandage, elle était la bienvenue. « Bien sûr. Fais comme tu veux. Je vais… »
Mais elle ne put finir sa phrase parce qu'un médecin – son médecin – venait d'apparaître dans le couloir. « Temari-sama, vous êtes là pour votre examen hebdomadaire ? » demanda-t-elle, d'un ton allègre et insouciant comme jamais.
« Non ! J'étais là il y a quelques jours. Vous pouvez pas juste garder vos mains crasseuses loin de moi ? »
Le médecin lui offrit son écoeurant sourire mielleux. « Nous voulons juste être de vous garder en forme vous et votre… »
« Merci à vous, mon merveilleux docteur, » l'interrompit précipitamment Temari, parlant plus fort que nécessaire afin que son médecin arrête de parler. « Mais il me semble que mon rendez-vous n'a pas lieu avant demain. » Temari grinça des dents et ajouta mentalement : Oh, je vais venir demain – et je vais vous apprendre à garder votre grande gueule fermée au sujet de mon petit polichinelle de malheur !
« A plus tard alors, » grogna Temari en attrapant Ino par le bras et en fuyant quasiment le bâtiment, loin de son médecin psychopathe.
« Désolée pour ce qui vient de se passer, » gloussa nerveusement Temari. « Je déteste les médecins. »
« Pourquoi as-tu besoin d'examens hebdomadaires, Temari-chan ? » demanda Ino, inquiète. « Es-tu… »
« Oh, je vais bien, je vais bien, j'ai juste attrapé un petit virus après la guerre, c'est tout. Gaara veut juste être sûr que je reste en bonne santé ! »
« Eh, Temari-chan, tu veux que je regarde ? Après tout, les médecins d'ici… »
« Non ! Non merci – je vais bien, » marmonna nerveusement Temari. « Vraiment. C'est juste un cas mineur de Peste du Zombie. Heh, heh. »
Les yeux d'Ino s'écarquillèrent. « De Peste du Zombie ? »
«Ouais, tu sais, la Peste du Zombie. Rien de grave. »
« Je croyais… Je croyais que Naruto l'avait inventée, » dit Ino. « Sakura m'a assuré qu'il avait juste mangé de mauvais ramen… »
« Oh, c'est pour de vrai, je te l'assure, » répondit Temari, sa bouche se tordant en une grimace narquoise. « Gaara dit que je ne vais pas en mourir… Probablement pas. » Temari expira longuement. C'était commun que des femmes meurent en couche. C'était une conséquence possible quand on avait attrapé la soi-disant Peste du Zombie.
« Laisse-moi t'examiner, Temari… »
« Non ! Non, je vais bien, tout est sous contrôle. Je ne suis pas contagieuse, et le virus devrait s'en aller de lui-même. » Elle se défit du bras d'Ino et se mit à marcher du côté ombragé de la rue. « Rends-moi un service, n'en parle à personne, okay ? C'est sensé être un secret. On peut pas se permettre d'avoir les troupes se mettre dans tous leurs états juste parce que leur Princesse du Vent sans peur a attrapé un virus. »
« Attends. C'est vraiment… pour de vrai ? »
Temari acquiesce gravement. « Bien sûr que c'est pour de vrai. Ça touche principalement les femmes au chakra lié au vent, c'est pour ça que tu n'as pas dû voir beaucoup de cas. Le chakra lié au vent est assez rare. »
« Mais Naruto… »
« Le Kyuubi est une femelle. »
« Oooooooooooh. » Ino se frotta le visage, perdue dans ses pensées. « Mais Sakura me l'aurait dit si… »
« Bien sûr que non. Imagine la panique qui envahirait ton village si on apprenait que ton futur Hokage a la Peste ! Ne t'inquiète pas, c'est juste une mauvaise grippe qui dure un an. Et Naruto est costaud, il va probablement survivre. »
« Mais – où as-tu choppé cette maladie ? »
Temari choisit ses mots très, très précautionneusement. « Je crois que Shikamaru était porteur du microbe après avoir combattu Asuma. D'après mes recherches, il semblerait que le microbe voyage sur les zombies avec un chakra lié au vent, et qu'ensuite, il contamine les autres utilisateurs de jutsus de vent. Et comme les hommes ne peuvent pas être infectés, ils peuvent juste le transmettre. Asuma a donné ses lames de poing à Shikamaru, tu te souviens ? Les lames qu'il a ensuite donné à Naruto ? »
« Oh merde, » jura Ino. « Shikamaru t'a donné la Peste ! C'est pas étonnant que tu sois furieuse contre lui. »
« Oui, Shikamaru m'a certainement donné Peste Zombie, » répondit Temari en caressant discrètement son ventre. « Je n'ai pas encore de furoncles purulants, donc on dirait bien que je vais y survivre. Probablement. Bien, je vais aller me chercher à manger. On se voit plus tard, Ino. »
Ino leva les yeux et tressauta, réalisant enfin qu'elles étaient arrivées devant son hôtel. « Bien sûr. A plus tard, Temari-chan. »
Temari s'en alla avec un sourire accroché aux lèvres. Oh, qu'est-ce que j'aimerais être une mouche collée au mur quand Shikamaru apprendra qu'il m'a refilé la peste. Dans un sens, tout était absolument vrai. Sauf la partie sur Naruto. Mais comme tous les messages en direction de Konoha étaient interceptés par les ANBU, Temari avait la certitude qu'Ino ne pourrait parler directement avec Sakura au sujet de la « maladie » de Temari avant qu'elle ne retourne à Konoha avec ses amis.
Putain de Shikamaru. J'aimerais lui tordre le cou là maintenant tout de suite… A la place, Temari se rabattit sur la deuxième meilleure chose au monde : un bol de gruau d'avoine sans goût puis un petit voyage vers son terrain d'entraînement privé. Elle avait demandé aux gardes de lui fournir un stock tout frais de postes d'entraînement, postes qu'elle avait l'intention de décapiter après son déjeuner.
