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Chapitre VII : La Peste du Zombie n'existe pas
« Ino, la Peste du Zombie n'existe pas, » gémit Shikamaru en se couvrant les oreilles de ses mains. « Peut-on s'il te plait discuter du contrat imminent avec Suna, au lieu de ton idiotie ? »
Ino lui frappa la tête. « Mais Gaara nous a dit lui-même que Temari avait la Peste du Zombie. Ça doit être vrai ! »
« Kankuro m'en a aussi parlé, » ajouta Choji pensivement, affalé dans son fauteuil avec un paquet de chips à la main. « Ça m'avait l'air vrai. Elle arrêtait pas de vomir avant qu'elle ne quitte Konoha, tout comme Naruto. »
Shikamaru se leva et commença à faire les cent pas dans la chambre. « Ecoutez-moi : en tant qu'un des premiers conseillers de l'Hokage, je l'aurais su si Naruto avait attrapé cette fichue Peste du Zombie… »
« Vraiment, Shikamaru ? Peut-être que ton père ne te l'a pas dit ! » insista Ino, croisant les bras sur sa poitrine. « Je pense que nous devons contacter le quartier général. »
« Ino, il nous sera impossible de faire passer un message au sujet de la soi-disant Peste du Zombie de Temari à travers les frontières de Suna, » rétorqua Shikamaru. « Nous devrons attendre la confirmation jusqu'à… »
« Oh, ho, ho ! » s'exclama triomphalement Ino en brandissant un doigt en l'air. « Non, c'est pas nécessaire ! Je peux utiliser mon jutsu de connexion mentale ! »
« Ino, Konoha est à trois jours de marche, » répliqua Shikamaru avec lassitude, « tu vas épuiser ton chakra… »
« Ça vaudra le coup, Shikamaru ! On avoir le fin mot sur la Peste du Zombie. Sinon… »
« Attendez, attendez ! Ino-chan, Shikamaru. J'ai une meilleure idée. » Choji sourit et sortit un kunai à trois dents de son sac. « Vous vous souvenez ? Naruto-kun nous a donné un kunai Hiraishin, juste au cas-où. On a pas à gaspiller le chakra d'Ino, on peut poser directement la question à Naruto. »
Shikamaru arrêta de marcher et se laissa tomber sur une chaise au dossier rigide. « Très bien, faites ce qui est nécessaire pour que vous entendiez enfin raison. Choji, appelle-le. »
« Okay ! » Le kunai se mit à luire doucement alors que Choji y infusait du chakra. Il y eut un grésillement, comme si de l'eau tombait sur une plaque de cuisine encore chaude, et un éclair jaune.
« Hé, comment va mon équipe préférée ! » s'écria Naruto avec un large sourire. « Tout va bien ? »
« Naruto, » lâcha Ino avant que Shikamaru ne puisse en placer une, « est-ce que tu as la Peste du Zombie ? »
Naruto cligna des yeux, confus. « Quoi… ? Vous m'avez convoqué à Suna pour me demander ça ? Vous vous rendez compte que ce truc me coûte du chakra, pas vrai ? »
« Vous voyez ! » s'exclama Shikamaru triomphalement. « La Peste du Zombie n'existe pas ! »
« Whoa, whoa, j'ai pas dit ça ! » cria Naruto, « J'ai carrément la Peste du Zombie. Ça fait des semaines que je le répète à qui veut l'entendre, mais personne ne me croit. J'arrive pas à croire que vous m'avez appelé pour quelque chose d'aussi évident… »
« Oh mon Dieu, Shikamaru, tu AS CARREMENT REFILE la Peste du Zombie à Temari ! » couina Ino, serrant sa tête entre ses mains.
« Whoa, Shikamaru, t'as fait ça ? Enfoiré ! » s'écria Naruto en plaçant ses mains sur ses hanches. « Pourquoi t'as fait un truc comme ça ? Temari ne mérite pas d'avoir la Peste du Zombie – ça craint ! Et je sais de quoi je parle. Tu vois ce que je veux dire ? »
« Naruto, » grogna Shikamaru, « retourne à Konoha. »
« Putain les mecs. Vous savez vraiment comment mettre à l'aise un gars. » Et sur ce, Naruto disparut aussi vite qu'il était apparu.
« Shikamaru… » commença Ino, mais elle fut coupé par Shikamaru lui-même.
« Je sors. J'ai besoin de réfléchir. » dit-il d'une voix rauque, se massant les tempes. « On discutera du contrat ce soir à vingt heures précises, okay ? » Avant que quiconque ait le temps de le contredire, il quitta la chambre et s'enfuit quasiment de leur hôtel.
La Peste du Zombie n'existe absolument, irréfutablement pas. Du tout ! Ino lui avait parlé de l'explication alambiquée de Temari sur cette soi-disant peste – cela défiait le sens commun !
Apparemment, Temari était criminellement folle à lier en plus d'être une harpie exaspérante, et tout simplement impossible ! Et même si la Peste du Zombie existait réellement, pourquoi est-ce que cela ne toucherait que les femmes ? Et si elle ne touche que les femmes, pourquoi est-ce que Naruto l'aurait théoriquement attrapée – le fait que Kyuubi soit une femelle n'expliquait pas tout ! Cela ne rendait la situation que davantage ridicule, à son avis.
Même si cette peste imaginaire existait pour de vrai, en quoi Shikamaru était-il responsable du fait que Temari ait été infectée ? Comment avait-il bien pu lui transmettre ? A moins que la Peste du Zombie soit une maladie sexuellement transmissible – et une image dans la tête, une – il ne pouvait lui avoir transmis la Peste. Shikamaru était tout à fait certain qu'il, lui, n'était pas un Zombie. Par conséquent, il ne pouvait infecter quiconque avec la Peste du Zombie.
« Je n'arrive pas à réfléchir dans ces conditions ! » marmonna-t-il à sa propre intention. Bien, pour être honnête, il se criait plutôt dessus, et les passants dans la rue le fixaient tous comme s'il était cinglé. Toujours marmonnant, Shikamaru commença à courir aussi vite que ses jambes le lui permettaient, jusqu'à ce qu'il sorte par les portes du village et traverse les larges étendues de dunes ensablées.
Une fois qu'il eut quitté toute forme de civilisation, il ralentit son rythme et regarda autour de lui. Il n'y avait aucune pierre où s'assoir, aucun arbre pour l'abriter, aucun nuage à regarder. Kami, que je déteste cet endroit. Comme il aurait aimé avoir un chêne noueux sous lequel s'assoir. A la place, il n'y avait rien d'autre que le rude soleil couchant, les dunes de sable à perte de vue et un ciel vide.
Shikamaru se laissa tomber dans le sable. Il se trouvait sur l'un des terrains d'entraînement, il ne savait pas exactement lequel – toutes ces dunes ensablées se ressemblaient selon lui – mais il était certain que personne ne viendrait s'entraîner à cette heure-ci. Il était tard. Le fraicheur de la nuit allait bientôt arriver, et les inhospitalières créatures nocturnes, comme les panthères des sables, les scorpions et les tarantulas aussi grosses que la tête d'un homme, allaient bientôt sortir de leurs cachettes.
Parfait. Peut-être qu'elles me dévoreront. Etre dévoré par de nombreuses et diverses bêtes sauvages lui avait l'air d'être un destin des plus attirants à présent. C'était nettement mieux que d'avoir à interagir avec une princesse du sable irascible, deux naïfs coéquipiers, et un abruti d'Hokage en formation. Crétin de Naruto, pourquoi as-tu inventé la Peste du Zombie ? C'était entièrement la faute de Naruto de toute évidence puisqu'il avait inventé cette maladie fictive.
Sérieusement, à part avoir transmis à Temari une peste imaginaire, qu'avait bien pu faire Shikamaru pour être traité comme un lépreux ? Ses sourcils se froncèrent alors qu'il se perdait dans ses pensées. Il réfléchit jusqu'à ce que le soleil disparut du ciel écarlate, jusqu'à ce que les étoiles scintillent dans la nuit, et qu'une pleine lune entière flotte vers l'orient violacé. Au bout d'un moment, il abandonna. Il devait retrouver son équipe dans vingt minutes et il n'était toujours pas plus prêt à résoudre ce casse-tête qu'auparavant.
« Cette journée ne pourrait pas être pire que ça, » grommela-t-il, cillant devant les étoiles glaciales. Ce fut à cet instant précis qu'un coup de vent apparut de nulle part, fit s'envoler Shikamaru, et le rejeta six mètres plus loin, le faisant atterrir sur les fesses. Ce n'était pas une tempête, oh ça non. Même si elle était légèrement différente de d'habitude, il pouvait reconnaître cette signature de chakra n'importe où.
« Temari, » appela-t-il de là où il était retombé, « je ne sens plus mon cul. »
Temari avait brisé chaque poste d'entraînement qui venait juste d'être installé dans son terrain privé. Elle se sentait terriblement satisfaite d'elle-même. Le soleil, comme s'il reconnaissait ses putains de talents top mortels, teintait tout de rouge alors qu'il plongeait derrière les dunes à l'est. Elle fit glisser son éventail derrière son épaule et prit le chemin pour rentrer chez elle.
Quelque chose l'embêtait alors qu'elle se dirigeait vers les portes du village : quelque chose semblait bizarre avec son chakra. Pas très inquiétant, mais juste… bizarre. Son justu semblait plus faible que d'habitude, son chakra moins fluide. Son bouquin ne mentionnait rien de tel. Etait-ce l'un des symptômes de la grossesse ? Si tel était le cas, le livre ne lui serait d'aucune aide, puisqu'il s'adressait aux civiles. Peut-être que son médecin pourrait la renseigner ? Elle avait rendez-vous demain…
Tch. Qu'en savent les docteurs ? pensa Temari avec colère. Elle stoppa son trajet pour regarder le soleil alors qu'il disparaissait de sa vue, passant d'une faible lueur à l'horizon à plus rien, laissant une mer de sang sur son passage. Temari adorait les couchers de soleil sur le désert, la large et extravagante vue du soleil mourant et des étoiles florissant dans le ciel limpide. Souriant, elle s'assit sur le sable chaud et regarda le ciel crépusculaire prendre vie.
A la fin, le vent froid du soir se mit à souffler, et Temari se releva, reprenant le chemin des portes. Elle vit quelque chose du coin de l'œil, une protubérance sombre là où il ne devrait y avoir que du sable. Ce n'était pas une ombre, la grâce fluide des ombres du désert lui manquait. C'était bel et bien une personne. Mais qui serait suffisamment stupide pour s'allonger dans le sable à cette heure de la nuit alors que de redoutables prédateurs sortaient chasser ?
Comme si ses pensées avaient attiré le mauvais œil, elle put apercevoir une panthère des sables se glisser vers sa victime qui ne soupçonnait pas le danger. Temari lança son chakra vers la personne allongée sur le sable pour vérifier si elle était morte ou vivante : avec sa chance, il ne pouvait s'agir que de Shikamaru Nara.
« Hé ! » rugit-elle. « Tu vas te faire bouffer par une panthère des sables, imbécile ! » Mais elle se trouvait trop loin, et Shikamaru ne pouvait l'entendre. Temari ne réfléchit pas, elle agit : elle déploya son éventail et envoya un puissant souffle de vent. Bien que son chakra tourbillonne et souffle de manière inégale, il fit quand même voler la panthère. Cependant, Temari savait que cela ne serait pas suffisant pour la faire fuir.
Aussi rapide que le vent, Temari bondit à travers les dunes, ses sandales éparpillant le sable dans toutes les directions. A l'instant même où la panthère des sables retrouva ses repères, Temari atterrit entre le prédateur et sa proie. Ses yeux jaunes la jugèrent précautionneusement, hésitant entre lui sauter dessus ou fuir…
Temari ne lui laissa pas plus de temps pour réfléchir. Elle rugit, comme une panthère des sables défiant une autre dans un combat, tout en laissant son chakra s'échapper. Temari ne valait probablement pas le coup puisque le félin lui lança un regard dédaigneux et retourna se cacher dans la nuit.
« Temari, » dit Shikamaru avec un sifflement derrière elle, « je ne sens plus mon cul. »
Temari s'entendit lui répondre d'un ton sec. « Espèce d'imbécile ! » cria-t-elle, se tournant vers lui. « Espèce de cafard mangeur de merde ! Une mangouste est plus sensée que toi ! A quoi tu pensais, merde, à glander ici à la tombée du jour ? »
« Je m'occupais de mes oignons, voilà ce que je faisais, » marmonna Shikamaru, se soulevant à l'aide de ses jambes raidies et se frottant son arrière-train endolori.
Si avant Temari était en colère, elle était désormais furieuse. Sans prévenir, elle s'approcha de lui avec son éventail et lui donna un grand coup avec sur le crâne. « Fils d'âne ! Tu devrais avaler un poison fulgurant ! Je te sauve des griffes d'une panthère des sables affamée, et c'est les remerciements que j'obtiens ? Je devrais te tuer moi-même vu que tu n'es qu'une paire de testicules ! » gronda-t-elle.
Shikamaru, bien loin d'en rester scotché, fourra ses mains dans ses poches et lui lança un regard noir. « Je pense que je suis encore capable de me protéger moi-même d'un tout petit chaton, princesse… »
Temari poussa un cri inarticulé de frustration avant de reprendre sa route. « J'aurais dû te laisser devenir de la pâté pour chats. Je ne sais pas ce à quoi je pensais pour sauver ta misérable peau une nouvelle fois ! » cria-t-elle par-dessus son épaule. Bien que, de toute évidence, elle connaisse la réponse à propre question : Peste-Zombie, son enfant à naître, ne lui aurait jamais pardonné si elle avait laissé son père connaître une mort atroce entre les griffes d'une panthère des sables.
Ses yeux s'embuèrent de larmes à cette pensée, même si elle ne ralentit pas son rythme. Elle était bouleversée – elle se sentait furieuse, et triste, et ressentait d'autres trucs bizarres qu'elle ne pouvait et ne voulait pas nommer – et elle ne pouvait plus le supporter. Elle était sur le point de se mettre à courir quand elle sentit une main puissante sur son épaule.
« Ne me touche pas, » dit-elle sèchement en tentant de s'échapper mais Shikamaru la tenait fermement.
« Temari – Je suis désolé. Merci d'avoir sauvé ma misérable peau de cette panthère des sables. »
Elle se tint debout là à le fixer pendant un long moment. « J'aurais dû te laisser mourir. » répondit-elle. Elle aurait aimé avoir l'air en colère, mais elle n'y parvint pas, parce que sa voix se brisa en prononçant le dernier mot.
Ses paroles parurent amuser Shikamaru. « Ça aurait été assez pathétique que je survive aux zombies enragés pour finir dévoré par un animal sauvage ordinaire à la place. Pas très héroïque, je suppose. »
« Y a que les pigeons qui sont héroïques, » grinça-t-elle, s'essuyant les yeux du dos de sa main. « Qu'est-ce que tu foutais là dehors de toute manière – à part essayer de te faire tuer ? »
Mais Shikamaru ignora sa question et répondit à la place, « C'est sympa de te voir me parler normalement et non pas jouer à la reine des garces. »
Temari poussa un grognement. « Tu veux vraiment mourir alors ? »
« On peut pas… juste être amis ? » marmonna Shikamaru en soupirant.
« Non. »
Shikamaru soupira à nouveau. « On peut pas… juste pas être ennemis ? »
« Non. Peut-être. Je sais pas ! Pourquoi tu me poses ces questions ? » cria Temari en agitant ses mains dans les airs.
« Peux-tu au moins me traiter comme l'une de tes connaissances et arrêter avec toutes ces formalités merdiques ? » s'écria Shikamaru, exaspérée au-delà du possible. « Plus de Nara-san – on dirait que tu parles à mon père – et il est hors de question que je t'appelle encore princesse du désert. Allez, Temari. S'il te plait ? »
Temari ne répondit pas. Elle rangea son éventail dans son étui dorsal et mâchonna l'intérieur de ses joues. « Je ne sais pas, » fit-elle enfin. « Je… je ne sais pas du tout. »
« Temari, qu'est-ce que j'ai fait putain ? Est-ce tu peux juste me dire où j'ai merdé ? Peu importe ce que c'est, je suis désolé, merde ! Je suis vraiment, vraiment désolé – t'as pas idée à quel point je suis désolé. Tu sais à quel point j'ai été malheureux depuis que tu m'as largué ? »
« Je t'ai pas largué, » répondit doucement Temari. « On est jamais sorti ensemble. »
Shikamaru se frappa le front. « Femme, qu'est-ce qui tourne pas rond chez toi ? Tu peux pas juste me dire où j'ai merdé ? »
« Tu m'as refilé Peste-Zombie. » lâcha-t-elle.
« Temari ! » hurla-t-il. « La Peste du Zombie n'existe pas ! » Ses mots semblaient se faire echo dans la nuit noire. Ils restèrent là, Shikamaru ahanant bruyamment, et Temari regardant ses chaussures, pendant ce qui sembla être une éternité.
Enfin, Temari jeta un regard vers son ventre et répondit, « Dis ça à la Peste. » Et puis elle disparut dans un souffle de vent, s'évanouissant sans prévenir. Sa main qui s'agrippait à son épaule retomba dans le vide pour retourner près de lui à nouveau.
« Putain. Putain ! Je suis un abruti, » marmonna-t-il pour lui-même. Pour un génie, il n'avait pas vraiment fait preuve d'intelligence jusqu'à présent. Il retourna au village en traînant des pieds, en souhaitant qu'il eut su ce qu'il avait fait de mal – ce qu'il avait fait pour que Temari ne lui pardonne jamais. Alors qu'il s'approchait de l'hôtel, il commença à se demander si peut-être, juste peut-être la Peste du Zombie existait réellement et si c'était de sa faute, d'une certaine manière.
Mais ça ne pouvait pas être le cas – pas vrai ?
