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Chapitre VIII : Caché dans le vent

Oh Jésus ! Oh doux, doux Jésus ! Elle avait rendez-vous avec la délégation de Konoha – qu'ils aillent brûler en Enfer et plutôt deux fois qu'une ! – et elle se sentait comme une merde.

Elle avait mal dormi la nuit précédente, après la rencontre avec ce connard de Shikamaru. Elle avait fait d'étranges rêves dans lesquels elle donnait naissance à un zombie vivant pour de vrai – ou du moins à un zombie non décédé – et qui, en sortant de son utérus en une masse de chair suintante, tentait de la tuer de ses mains nues et putrides. Ça avait eu tout l'air d'un film d'horreur, mais en pire, parce qu' elle avait toujours adoré les films d'horreur – enfin, jusqu'à présent.

Temari enfila son uniforme en gémissant. « Oh mon Dieu, je vais vomir. » Elle n'était qu'à moitié habillée lorsqu'elle se rua dans la salle de bain. Ses jambes se prirent dans sa robe, la faisant trébucher. Elle tomba sur le côté en poussant un grognement puis se traîna jusqu'à la salle de bain rien qu'avec la force de ses bras, arrivant au-dessus de la cuvette des toilettes juste au moment où la prenait un haut-le-cœur.

Elle recracha la bile en grimaçant. « Va te faire foutre, Shikamaru ! » hurla-t-elle au vomi qui tournoyait dans la cuvette. « Si on refilait ton cerveau à un poulet, il courrait directement chez le boucher ! » L'insulte, néanmoins, lui avait coûté trop d'efforts et lui tordit le ventre à nouveau. Elle rendit le contenu de son estomac en gémissant.

Elle ne savait pas exactement combien de temps elle resta vautrée ainsi, affalée sur la tinette des toilettes en accablant d'insultes son propre vomi, les jambes entremêlées et coincées dans son uniforme. Pendant un instant, elle chuchotait, en plein déni, que Shikamaru était le fils d'un millier de prostituées. A l'instant suivant, Kankuro la soulevait du sol et essuyait la bile de son visage.

« Petite sœur, t'as une sale gueule. T'es sûre que tu es en état pour la réunion ? »

« Kankuro, » fit-elle d'une voix râpeuse, « s'il te plait, libère-moi de cet adversaire redoutable qu'est ma robe et j'irai parfaitement bien. » En plus, Gaara lui avait promis de lui donner son célèbre « Remède contre la Peste du Zombie » - une adaptation du remède contre la gueule de bois de Kankuro – si elle parvenait à assister à la rencontre. « Et ne m'appelle pas petite sœur, » ajouta-t-elle en grondant. Elle s'agrippa aux barreaux du lit en les serrant avec ses mains blafardes et tenta de ne pas vomir sur son frère tandis qu'il l'aidait à s'habiller.

Le temps qu'ils atteignent la salle de conférence, Temari eut l'impression d'avoir été traînée à travers le désert par une panthère des sables et piquée par six mille scorpions. Avant que Kankuro n'ouvre la porte, elle s'obligea à se tenir debout toute seule et non plus à s'affaler sur son frère, même si cela devait faire bouger la pièce et lui faire remonter la bile à la gorge. Kankuro lui prit le bras, comme s'il l'escortait à un événement royal, et la guida jusqu'à son siège à la droite de Gaara puis s'assit à la gauche de ce dernier.

« Bonjour honorables invités de Suna, » déclama Kankuro. « Veuillez excuser la grossièreté dont nous avons fait preuve en arrivant si tardivement. Ma sœur ne se sentait pas bien, d'où le retard. »

Temari souhaitait mourir. Elle avait déjà dû dégobiller le bol de gruau d'avoine qu'elle avait eu en guise de diner la veille au soir, elle ne voulait pas avoir l'air d'une fleur fanée sortie de sa serre chauffée.

« Je vais bien, niisan. Seule ma propre inattention nous a valu d'être en retard. Veuillez me pardonner cette insulte. » murmura-t-elle. Il lui était difficile de sortir ces mots parce que sa langue semblait vouloir rester collée à son palais.

Et bien qu'elle n'avait attendu que ça, sa honte ne put qu'empirer lorsqu'un serviteur vint lui apporter une tasse du thé spécial de Gaara, une infusion de gingembre et de menthe poivrée avec juste un soupçon de miel et de cardamone. Temari en but délicatement une gorgée tout en souhaitant pouvoir s'enterrer dans le sable, disparaissant aux yeux de tous ces gens.

« Temari-sama, » l'interpella Ino, sincèrement inquiète. « s'il vous plait, laissez-moi vous examiner. Je suis un médecin ninja… »

« Cela ne sera pas nécessaire, Ino-san, » grommela Temari, agrippant discrètement son fauteuil afin de ne pas tomber. « Je dois voir mon propre médecin plus tard dans la matinée. Merci de votre intérêt. »

Ino lui lança un regard inquiet, mais Gaara prit en mains la réunion, et elle n'eut plus le temps de se mêler de la vie personnelle sans-dessus-dessous de Temari. Temari resta assise là, silencieuse, et se balançant telle la sauge au gré du vent. Vers la fin de la conférence – Temari n'avait pas la moindre idée de quels accords ils avaient discuté – Shikamaru se releva avec un toussotement poli.

Il lui jeta un regard penché, comme s'il ne savait pas vraiment comment procéder. Ino lui donna un petit coup entre les côtes. Il s'éclaircit alors la gorge une nouvelle fois et commença :

« Temari-sama – si je puis me permettre de vous appeler Temari-sama ? » Temari lui offrit un petit signe d'acquiescement et il continua, « Je suis profondément désolé de mon manque de respect à votre égard hier... »

« Lequel ? » demanda sèchement Temari.

Shikamaru eut un rire nerveux. « Euh… Je… »

Ino roula des yeux et chuchota, assez fort pour que tous l'entendent. « Ressaisis-toi et crache le morceau, cervelle-de-merde ! »

Shikamaru prit la couleur d'un coucher de soleil sur le désert, le rouge s'étalant de ses joues jusqu'à la pointe de ses oreilles. Malgré elle, Temari sourit, quoique un peu faiblement.

« Qu'aimeriez-vous me dire, Shikamaru-san ? » marmonna-t-elle, d'une voix rêche mais non hostile. « Je ne peux pas passer ma journée à regarder les nuages le temps que vous ne formiez votre phrase. »

L'ennui apparut brièvement au fond des yeux de Shikamaru, et secètement, Temari en fut enchantée. Cependant, il se maîtrisa rapidement et fit glisser sur la table une petite boite vers elle.

« Si cela vous convient, » déclara-t-il sur le ton protocolaire d'un juge, « je souhaiterais vous offrir ceci en témoignage de mon remord. »

Temari prit la boite précautionneusement, comme si elle contenait une vipère des sables. Elle espérait qu'il ne s'agissait pas de nourriture. Si elle voyait de la nourriture maintenant, elle allait gerber, et cela ruinerait le peu de réputation qu'elle avait réussi à conserver ce matin-là. Elle était le Souffle-du-Désert, les Lames-de-Vent. Il était honteux d'être assise là, les lèvres blanchies en buvant du thé contre la gueule-de-bois, alors qu'elle se devait d'être vigoureuse et forte comme la véritable guerrière qu'elle était.

Elle caressa le côté de la boite de ses doigts. Elle ne voulait pas se l'admettre mais elle avait peur de ce qui pouvait se trouver à l'intérieur. Temari, l'héroïque Tueuse de Zombies, avait peur d'une petite boite en velours.

« Vous n'aviez pas à m'offrir quoi que ce soit, Shikamaru-san. Vous êtes mon invité, » marmonna-t-elle, gagnant du temps.

« Quand même, » fut sa réponse énigmatique.

Le silence reparut. Tout le monde la regardait. Inspirant brusquement, et souhaitant que ce moment se termine le plus rapidement possible, elle ouvrit la boite avec des doigts tremblants.

Ce qui se trouvait à l'intérieur faillit la faire tomber de sa chaise. Elle se cramponna aux bords de la table et son visage devint vert. Elle savait que c'était une affreuse façon de réagir lorsqu'on recevait un cadeau mais elle ne pouvait pas s'en empêcher.

« M…Merci, » bredouilla-t-elle, une main agrippant la table et l'autre appuyant sur son estomac sensible.

Kankuro, ce bâtard curieux, attrapa la boite avant qu'elle ne puisse la ranger. Il émit un doux sifflement.

« Oi, Shikamaru, tu lui as pris un pendentif en forme de panthère des sables ? En ambre sculptée ? »

Puisses-tu mourir un millier de fois, Kankuro ! Puissent les scorpions te piquer la bite jusqu'à ce qu'elle en tombe ! Puissent les panthères du désert t'arracher les couilles ! jura intérieurement Temari, son ventre gargouillant plus fortement encore.

« Ta gueule, Kankuro, » siffla-t-elle. Elle sentait son visage la brûler comme si exposé au soleil du désert à midi.

Mais la torture n'était pas finie alors que Gaara inspecta le pendentif, le sortant de sa boite et le levant en l'air afin qu'il brille à la lueur du jour.

« On ne vous a pas expliqué ce que signifiait le symbole de panthère, n'est-ce pas, Shikamaru-san ? » dit tranquillement Gaara.

Temari ne regardait pas Shikamaru. Elle fixait la table, comme si le bois poli était la chose la plus fascinante qu'elle n'ait jamais vue. Si elle levait les yeux, elle allait vomir. Si elle vomissait, elle ruinerait son honneur. Alors, à la place, elle regardait fixement et résolument la table. S'il vous plait, les frangins, s'il vous plait juste – arrêtez les frais. Oh, Seigneur, gentil Seigneur, je crois que je vais être malade…

« Eh, on m'a dit que c'était un talisman contre la peste, » marmonna Shikamaru, un peu grognon.

Temari lança un regard noir aux motifs ondoyants qui transparaissaient dans le bois et pensa aux jurons colorés qu'elle aurait aimé hurler à son opresseur : Si la stupidité se mesurait en grains de sablen tu serais un désert ! Fais le poirier sur ton toit et pointe ta bite vers la Lune ! Cela n'aidait pas son estomac, qui vacillait de droite à gauche, tel un ivrogne qui sortait du bar pour rentrer chez lui.

Elle pouvait entendre le rire à peine étouffé dans la voix de Gaara alors qu'il répondait à Shikamaru, tout mielleux et suffisant. « En effet. C'est une puissante amulette de protection… Mais aussi un charme de fertilité. »

Elle entendit Shikamaru se rejeter dans son fauteuil dans un bruit sourd. Elle entendit le rire silencieux qui régnait dans l'air. Elle se leva brusquement. Son fauteuil s'éclata sur le sol et brisa le pesant silence. « Excusez-moi ! » marmotta Temari alors qu'elle fila en coup de vent aux toilettes.

Dieu merci, ce n'était pas loin et elle y parvint à temps. Elle espérait seulement qu'ils ne pouvaient pas l'entendre vider son estomac de son déjeuner et petit-déjeuner de la veille de la salle de conférence.

« Puisse un chien te traîner par la bite aux fins fonds du désert ! » marmonna-t-elle entre deux spasmes gastriques. « Puisses-tu te faire enculer par un scorpion ! Ta mère t'a laissé tomber sur la tête quand tu étais bébé et tu as le cerveau tout brouillé maintenant, comme un œuf ! »

Ce dernier juron de mauvais goût – puisque mentionnant la nourriture – la rendit encore plus malade. Elle ne connaissait plus rien d'autre que la violence douloureuse avec laquelle son estomac tordait son corps en tentant de s'échapper par sa bouche.

A un moment, elle parvint à se maîtriser, tira la chasse d'eau pour vider les toilettes et se rafraichit le visage à l'aide de l'eau. C'était bien pire que de devoir faire face à sa propre mort devant un champ de bataille empli de zombies mabouls. Bien, bien pire. Temari pouvait diriger un régiment complet et vaincre des ennemis morts-vivants, et recevoir un bijou comme cadeau était au-delà de ses forces ?

« Si on mettait mon âme dans le corps d'un oiseau, je serai en train de voler à l'envers. » jura Temari pour elle-même en s'essuyant le visage. Elle prit une profonde respiration et ouvrit la porte des toilettes, conservant un visage aussi insensible qu'une montagne burinée et imperturbable. Elle marcha à grands pas le long du petit couloir et entra dans la salle de conférence où tous étaient restés assis dans un silence choqué.

Temari se foutait qu'ils aient entendu ses jurons mordants. Ils devraient tous être coincés avec Peste-Zombie dans le tiroir afin de connaître la joie de vider son estomac sur une base journalière. Elle reprit son siège avec un aplomb forcé.

« Excusez-moi, » murmura Temari, la voix enrouée. Et sans plus de cérémonie, elle attrapa la boite traîtresse, sortit le pendentif et l'examina. C'était un magnifique bijou. Temari avait beau ne pas être une grande connaisseuse question bijouterie, elle savait que ce morceau d'ambre sans aucune imperfection devait coûter une petite fortune ici à Suna.

Conservant un visage inexpressif, elle fit glisser la chaîne par-dessus sa tête et plaça le pendentif sous le col de sa robe.

« Merci pour votre cadeau, » déclara Temari dans un silence parfait, sa voix ne subissant pas la moindre modulation. « Il est magnifique. » Et totalement inapproprié, songea-t-elle en son for intérieur, mais elle ne laissa pas transparaître ses sentiments. Elle savait que Shikamaru n'était qu'un idiot, surtout lorsqu'il s'agissait de trucs de filles à froufrous. Il avait dû recevoir une tonne d'encouragements de la part d'Ino pour avoir tenté de lui offrir de ce pendentif.

« Dans le désert, » expliqua Gaara, sa voix ne trahissant aucune émotion, « les choses sont rarement ce qu'elles semblent être, ou alors peuvent avoir deux significations. Nous avons un dicton à ce sujet : « Beaucoup de choses sont cachés dans le vent. » Vous devez en avoir un similaire à Konoha, n'est-ce pas ? »

« Oui, bien sûr, » répondit un peu trop rapidement Ino. « Lis entre les lignes. » Elle eut un rire nerveux avant de continuer, « Vous devez nous excuser pour cette insulte envers vous, Temari-sama. C'est moi qui ai choisi ce bijou. Si vous le souhaitez, je peux en chercher un autre qui conviendrait mieux pour un valeureux soldat ? Peut-être quelque chose en rapport avec la force ? »

« Non, » fit Temari, d'une voix basse et sévère. Elle prit une profonde inspiration et choisit ses prochains mots très prudemment. « Votre présent est très apprécié, Ino-san. Il me portera chance jusqu'à ce que la Peste quitte mon corps. » Elle leva les yeux jusque lors fixés sur la table pour rencontrer le regard souriant d'Ino. A ses côtés, elle pouvait voir le visage assombri de Shikamaru. Avec un tressaillement, elle se rendit compte qu'elle avait omis de citer le nom de Shikamaru et avait remercié Ino seulement.

Selon ses standards, l'étiquette se satisfaisait pleinement des remerciements qu'elle venait de leur adresser. Cependant, quelque chose s'apparentant à de la pitié explosa en son cœur et les mots sortirent comme d'eux-mêmes de sa bouche : « Merci, Shikamaru-san, pour votre prévenance. Je vous pardonne tout manque de respect dont vous auriez fait preuve hier. » Mais ne pense pas que je vais passer l'éponge sur tout ce qui s'est passé avant-hier, ajouta Temari pour elle-même. Shikamaru saisit l'allusion néanmoins. Leurs yeux se rencontrèrent pendant un bref instant, et elle vit qu'il avait compris les mots murmurés au vent.

« Très bien, » déclara Gaara. « Ino-san, Choji-san, si vous voulez bien accompagner Lord Kankuro ? Les spécialistes en construction ont esquissé des plans pour Konoha, et j'aimerai que vous les voyiez. Shikamaru-san, restez ici. J'aimerai avoir un mot avec vous. »

Temari fuit la pièce pendant que Gaara donnait ses directives, prenant ostensiblement le chemin pour aller à son rendez-vous médical. Cependant, elle fit un rapide détour par les terrains d'entraînement réservés aux genins.

Il y avait là quelques poteaux qui tenaient encore debout et qu'elle adorerait étriper et décapiter, dans cet ordre. Et si son chakra venait encore à faire des siennes, aucun souci – elle serait ravie de les tuer à mains nues.

Ces gens vont finir par me tuer, songea Shikamaru alors que tous quittaient la salle, à l'exception de Gaara et de lui-même. Shikamaru avait la certitude que Gaara l'avait pris à part afin de le démembrer et de balancer ses entrailles aux fennecs, ou à n'importe quelle bête citée – hurlée - par Temari entre deux vomissements dans la salle de bain.

Non seulement content d'avoir creusé ma propre tombe, voilà que je l'ai faite deux fois plus grande. Quel meilleur moyen d'insulter l'honneur de Temari en lui offrant un putain de charme de fécondité ? Et cerise sur le gâteau, Temari avait vraiment eu l'air malade, pâle comme un linge et tremblant comme une feuille ballotée par le vent. Il cilla à cette constatation.

« Gaara, est-ce que j'ai vraiment donné la Peste du Zombie à Temari ? » s'exclama Shikamaru dès qu'ils furent seuls. Gaara lui offrit un regard neutre sans dire un mot en guise de réponse. Le silence tordit le ventre de Shikamaru.

« J'ai bien peur que ce soit fort possible, » marmonna enfin Gaara. Il transperça Shikamaru de son regard d'aigle.

« Oh Kami – Gaara, tu dois me croire, j'ai jamais voulu – oh Kami, » souffla-t-il. C'était vrai, genre c'était vraiment, vraiment vrai – et pire que ça, il avait été un vrai connard avec Temari, alors que c'était de sa faute si elle était une victime de la peste. Et histoire de pousser le bouchon encore plus loin, quand il avait tenté de s'excuser, il n'avait réussi qu'à l'insulter. Shikamaru blanchit et se retint de s'exploser la tête sur le bureau apparemment dispendieux de Gaara.

« Du calme, Shikamaru-san. La peste n'est généralement pas fatale. »

« N'est généralement pas fatale ? Vous voulez dire – il y a une chance qu'elle meure ? »

Gaara lui jeta son terrifiant regard impassif et acquiesça lentement. « Il y a une chance. Dieu sait que c'est arrivé à d'autres. »

Shikamaru en resta ahuri, il en avait perdu l'usage de la parole, agrippant seulement sa tête de ses mains. Finalement, il balbutia, « Gaara, tu dois me croire… »

« Bien sûr que je te crois, Shikamaru. Mais tu comprends maintenant pourquoi j'insiste tellement pour que Sakura vienne ici le plus vite possible ? Je veux son expertise médicale lorsque la Peste… viendra à maturité. »

« Viendra à maturité ? » chuchota Shikamaru. « Ne me dis pas que… »

« Et si, » dit Gaara gravement. « La Peste du Zombie est de plus en plus prononcée au fur et à mesure que le temps s'écoule. N'as-tu pas remarqué, Shikamaru, que la nature du chakra de Temari est en train de changer ? »

Shikamaru plissa les yeux en réfléchissant. Si ! Hier soir, quand Temari avait utilisé son jutsu de vent, il lui avait semblé qu'il y avait eu quelque chose d'anormal. « J'ai bien remarqué quelque chose… » admit-il, mâchant inconsciemment l'intérieur de sa joue.

« Nous allons bientôt devoir la mettre en congés. La Peste va finir par dévorer tout son chakra normal, et nous ne pouvons l'envoyer en mission dans ces conditions. »

« Dévorer tout son chakra – mais c'est… »

« Si tu signes juste ici, Shikamaru, tu assureras à Temari les meilleurs soins médicaux de toutes les nations ninjas. Tu peux faire en sorte que Temari ne mourra pas de la Peste. »

« Bien sûr, » répondit Shikamaru sans réfléchir. « Je signerai tout ce que tu veux. »

« Signe juste là, » déclara Gaara. « J'ai déjà signé de mon propre sang à droite. Il ne manque plus que ta signature, en tant que représentant de ton Hokage, pour ratifier l'accord. »

Ce ne fut qu'une fois qu'il se fut coupé le doigt avec un kunai et trempé une plume dans son propre sang, une fois qu'il eut griffonné sa signature d'une main tremblante que Shikamaru eut le vague pressentiment qu'il y avait sans doute quelque chose qui lui avait échappé.

Et alors qu'il rentrait à sa chambre à l'auberge, il se fit la réflexion que peut-être, peut-être, on s'était joué de lui. Mais il n'avait aucune raison de penser ainsi, alors il ignora rapidement ses doutes.

Vous vous en êtes sûrement rendu compte : il y a eu un léger relâchement dans le rythme de parution. Mais qui dit début de l'été, dit déménagements, travail saisonnier et autres légers aléas de la vie. Du coup, je vais quand même de tenter de publier un ou deux chapitres dans les deux semaines à venir. Qui sait, vous en aurez peut-être même trois mais rien de moins sûr. Techniquement, il ne reste plus que quatre chapitres avant la fin donc mieux vaut peut-être ne pas aller trop vite non plus !