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Chapitre IX : Docteurs
« Je ne sais pas, Choji-kun. Il y a vraiment quelque chose ici qui ne colle pas, » murmura Ino, ses sourcils froncés par la réflexion.
« Il faut savoir lire entre les lignes, » murmura Choji en guise de réponse tout en suivant Kankuro, Ino pendue à son bras. Kankuro ne s'occupait plus d'eux pour le moment : il parlait à certains shinobis qui le taquinaient au sujet de sa dernière conquête, ivre-morte, ce qui leur laissait un peu de temps pour discuter.
« Choji, et si la Peste du Zombie n'existait pas ? Je veux dire, c'est pas parce que je vomis tous les matins que j'ai forcément la Peste du Zombie. »
« Oh, Ino, tu vomis tous les matins ? »
« Hé, c'est pas grave. J'ai un entraînement médical, je peux le supporter. En plus, » ajouta-t-elle avec un sourire, se caressant le ventre, « ça vaut carrément le coup. » Elle se tint sur la pointe des pieds et embrassa Choji sur la joue. Mais Choji, loin de s'abandonner à son côté fleur bleue, fixait le vide devant lui, perdu dans ses pensées.
« Qu'est-ce qui ne va pas, Choji ? » Ino fit la moue. Elle détestait quand il ne faisait pas attention à elle.
« C'est juste que… non, laisse tomber. Quoique… Ino, c'est normal de vomir beaucoup quand on est enceinte ? »
« Bien sûr, c'est assez commun durant le premier trimestre. Heureusement pour moi, nos natures de chakra sont compatibles. On est tous deux des ninjas de type terre, donc la grossesse sera facile. Ce n'est pas aussi grave que cela en a l'air – Choji ? Qu'est-ce qui va pas ? »
Choji prononça ses mots très lentement, comme s'ils étaient durs à dire : « Ino, que se passerait-il si un ninja qui utiliserait des jutsus de type terre et un autre qui serait plutôt de type vent avaient un enfant ensemble ? La grossesse serait-elle difficile ? »
« Oh, Choji-kun, les ninjas médecins avertissent généralement les kunoichis qu'il leur serait néfaste d'avoir des enfants avec des hommes dont la nature de chakra serait opposée à la leur. Et si ça arrive quand même, il y a un jutsu qu'on peut faire pour atténuer les symptômes déplaisants de la grossesse. Mais c'est tellement mignon que tu t'inquiètes pour ça, » répondit Ino, finissant sur cette note sentimentale qui aurait fait grimacer Shikamaru s'il avait été présent.
« Ino… l'équipe médicale de Suna. Ils n'ont pas l'air d'avoir à s'occuper de beaucoup de kunoichis enceintes, pas vrai ? Et si, en théorie, ils devaient avoir à faire avec une kunoichi enceinte qui aurait un problème avec la nature de chakra de son bébé, est-ce qu'ils sauraient quoi faire ? » Choji conserva un ton égal et très bas. Cependant, ses yeux restaient pointés sur elle, et elle pouvait entendre l'urgence cachée dans la question.
« Hé, Choji, ne te fais pas trop de souci ! » le gronda gentiment Ino. « Je suis un médecin entraîné. Je peux prendre soin de moi. »
« Je ne m'inquiète pas pour toi – mais pour Temari, » chuchota-t-il. Néanmoins, Kankuro avait fini de se prendre la tête avec ses camarades, et revenait vers eux. Choji ne pouvait s'étendre davantage sur le sujet. « Penses-y, Ino-chan. C'est toi l'experte. »
Ino restait sous le choc alors que Choji la prit par le bras et la conduisit au département d'ingénierie. Elle fit semblant de contempler un plan alors qu'en vérité, elle était perdue dans ses pensées. Toutes les pièces du puzzle s'emboitaient enfin ensemble. Comment avait-elle pu ne pas le voir plus tôt ? Quel super professionnelle de la santé elle faisait ! Temari était enceinte – du bébé de Shikamaru.
« Oh mon Dieu, » souffla-t-elle. « Choji. Choji ! »
Il lui fit un geste lui signifiant d'utiliser son jutsu de liaison d'esprits. Elle fit les signes et entra dans sa tête précipitamment – Choji ! On peut pas laisser Shikamaru seul avec Gaara ! Pas s'il pense que Temari a attrapé la Peste du Zombie par sa faute ! Pas s'il ne sait pas… »
« Ino, tu es en train de me hurler dans le crâne, » grommela la voix intérieure de Choji, bien qu'en apparence, il demeurait sans expression. « Ino-chan, je reste ici. Toi, tu vas courir jusqu'au bureau du Kazekage… »
Et juste à ce moment-là, un messager approcha de la table à dessins. « Kankuro, monsieur ! Honorables invités de Konoha ! J'apporte de bonnes nouvelles. Le traité a été ratifié par votre chef d'équipe, Nara Shikamaru-san. Félicitations. » L'homme s'inclina de manière un peu raide puis s'en fut.
Kankuro conserva son visage figé dans un masque sans émotions mais Ino pouvait voir ses mains se crisper, comme s'il était anxieux. « Et bien, voilà de bonnes nouvelles, » dit-il prudemment.
Ino ne put s'en empêcher. Elle se décomposa. « Quel idiot, » chuchota-t-elle afin que seul Choji l'entende. « Pourquoi aurait-il signé le traité sans nous ? »
La voix de Choji était calme, mais Ino sentait bien qu'il était aussi bouleversé qu'elle. « Il a le pouvoir de faire ça. C'est le seul qui soit investi de l'autorité de l'Hokage. »
Ino se battait pour regagner son sang-froid mais elle n'y arriva pas. Elle savait pertinemment qu'après la débâcle de ce matin, Gaara tenait Shikamaru par les bourses. Shikamaru, le soi-disant Génie de Konoha, venait juste de se faire avoir – elle le savait très bien. Ino s'enfonça dans son fauteuil, réalisant que tout ça était de sa faute, suite à ses deux erreurs : premièrement, elle avait convaincu Shikamaru de la véracité de la Peste du Zombie, et deuxièmement, elle aurait dû comprendre plus tôt le secret caché dans le vent.
Bien sûr, il restait un élément inexpliqué dans l'affaire : Naruto. Pourquoi avait-il autant insisté sur le fait qu'il ait la Peste du Zombie ? « Oh Seigneur, » grogna Ino à voix haute. « Choji, » appela-t-elle via la connexion de leurs esprits. « Naruto ! Naruto est de mèche avec Gaara ! »
« Je sais. » répondit-il sombrement. « Je viens juste de m'en rendre compte. »
Bien, au moins leur Hokage ne risquait pas de les appeler pour les engueuler d'avoir foutu en l'air l'accord – à moins, bien sûr, que Naruto, le futur Hokage, n'ait omis de discuter des termes du traité avec Tsunade, l'Hokage actuelle. Mais plus Ino y pensait, plus elle était certaine que Naruto n'avait pas pensé à consulter l'Hokage actuellement en position à ce sujet, laissant à Gaara le pouvoir de les enculer en ce qui concernait le traité. Après tout, Naruto restait un idiot naïf et Gaara était aussi rusé qu'un coyote.
« Kankuro-san, veuillez-nous excuser. Nous devons contacter Naruto-kun pour lui faire part de la bonne nouvelle, » siffla-t-elle.
« Bien sûr, » répondit Kankuro d'un ton égal, même s'il avait l'air confus.
« Hé ! » Une voix les interpella avant même qu'Ino et Choji se soient écartés de la table à dessins. C'était Temari, qui les faisait des signes de la main d'une manière un peu embarassée. « Ino-san, je peux te poser une question juste comme ça, en passant ? »
« Docteur, est-ce que vous pouvez me dire ce qui ne va pas ? » marmonna Temari alors que son médecin la tripotait dans tous les sens. « Mon chakra fait n'importe quoi. »
« Bien sûr, Temari-sama. Est-ce que vous sauriez quelle est la nature du chakra du père ? » Le médecin cessa de lui enfoncer ses doigts dans le ventre et la fixa dans l'expectative.
« Je-Je sais pas… » songea Temari. De quel élément peut bien être faite une ombre d'ailleurs ?
« Et bien, Temari-sama, je ne suis un ninja médecin, mais je me suis occupée d'un bon nombre de kunoichis enceintes. Parfois, si l'enfant hérite de la nature de chakra du père, et si celle-ci est opposée à celle de la mère, cela peut drainer le chakra de la mère. Je suppose que c'est ce qui vous arrive à présent. » Elle offrit à Temari un sourire sirupeux avant de lui planter une aiguille dans le bras.
« Oh, » fit Temari, se crispant alors que le médecin lui faisait une prise de sang. « Est-ce que c'est… mal ? »
« Non, ça arrive. Vous vivrez. Mais tant que le bébé se trouve dans votre ventre, votre chakra sera compromis. »
C'est bon, songea Temari. Elle allait tuer Shikamaru. Bien sûr, elle devrait le tuer à mains nues si son chakra venait à lui faire défaut, mais quoi qu'il en soit – Shikamaru était un homme mort.
« Il n'y a pas moyen d'alléger les symptômes ? » demanda Temari.
« Vous devriez interroger cette kunoichi blonde de Konoha, Temari-sama. Elle est spécialisée dans les arts médicaux. J'ai bien peur de ne pas être un ninja médecin. »
« Mmmmm, » fut la réponse taciturne de Temari. Il était hors de question qu'elle approche Ino pour avoir la clé de son problème. Ino, la commère de Konoha, ne devait pas apprendre la condition de Temari.
Ça y est, Temari était officiellement (et littéralement) baisée. Ne panique pas, se réprimanda-t-elle, peut-être que Shikamaru est de type feu, ou peut-être même de type foudre ?
Une fois que le docteur ait fini de la torturer, Temari alla chercher Ino et Choji. Elle ne pouvait poser la question à Shikamaru, oh non, pas directement. Mais Ino et Choji n'étaient que le partie apparente de l'iceberg. Ils ne seront pas capables de comprendre ce qu'elle insinue avec sa question.
Les deux shinobis se trouvaient avec Kankuro, regardant des plans dans le département d'ingénierie. « Hé, » lança Temari en les saluant de la main. « Ino-san, je peux te poser une question juste comme ça, en passant ? »
Ino leva les yeux du schéma en sursautant. « Euh – bien sûr. Qu'est-ce qui te tracasse ? » Ino la fixait prudemment, mais il y avait quelque chose d'autre dans ce regard, comme quelque chose de calculateur et de perspicace.
Temari ignora ses entrailles qui lui criaient de fuir, et demanda plutôt, « Oh, je me demandais juste – par le plus grand des hasards, Shikamaru ne serait-il pas de type terre ? »
Ino ouvrit la bouche, puis la referma, puis l'ouvrit à nouveau. Temari commença à transpirer. Elle marmonna « Désolée, je sais, c'est très soudain comme question, mais c'est juste que je… »
Ino s'avança vers elle et lui chuchota à l'oreille : « Tu es enceinte. »
Temari cilla à la manière d'un hibou. « Non. Oui. Non ! »
Ino soupira, un long sifflement d'expiration. Elle prit Temari par le bras et la conduisit hors du bâtiment. « Toi, ma belle, tu viens avec moi. »
Temari fut traînée dans l'auberge la plus proche, trop stupéfaite pour protester. Ce ne fut que lorsqu'Ino la jeta sur le lit qu'elle murmura faiblement : « Comment… Comment t'as su ? »
« Temari ! J'arrive pas à croire que tu ne me l'aies pas dit ! J'arrive pas à croire que tu ne l'aies pas dit à Shikamaru ! » gueula-t-elle.
Temari sursauta à cette réponse. « Chut ! Il pourrait être là ! Peux-tu… peux-tu mettre en place une barrière ? Mon chakra… » marmonna-t-elle maladroitement.
« Femme ! » cria Ino en agitant les mains en l'air. Mais Temari lui fit un regard de chien battu et la colère d'Ino redescendit. « Gah. Très bien. » Secouant la tête et marmonnant, Ino installa une barrière visant à éviter que l'extérieur n'entende les sons provenant de la chambre.
« Il n'y a personne ici de toute façon, » râla Ino en lançant un regard noir à Temari. « Maintenant, allonge-toi et laisse-moi t'examiner correctement. La Peste du Zombie, mon cul oui ! »
Temari s'allongea en grognant. « Comment tu t'en es rendue compte ? »
Ino fit rouler ses yeux et souleva son haut pour montrer son ventre. « Tu n'es pas la seule à avoir des nausées matinales ici. »
Les yeux de Temari se voilèrent de confusion. « Ino, tu es grosse, » lâcha-t-elle. Elle était assez surprise qu'Ino se soit laissé aller ainsi. Elle avait toujours été obsédée par l'idée d'être mince… Peut-être que Choji avait une mauvaise influence sur elle ?
« Idiote ! T'as poussé comme un oignon, avec la tête enfoncée dans le sol, ou quoi ? Je suis enceinte ! »
« T'es enceinte, » répéta lentement Temari, les yeux écarquillés. « Oh. Merde. »
« Pourquoi je ne m'en suis pas rendu compte plus tôt, seule Kami le sait. Si la stupidité était un arbre, je serais une forêt. » marmotta Ino pour elle-même avant que le chakra n'illumine ses mains et qu'elle ne les place sur le ventre de Temari. « Exactement ce que je pensais. »
« Peste va bien ? » lâcha Temari. Ino lui lança un regard perplexe auquel Temari lui répondit : « Je…euh…l'ai appelé Peste-Zombie. Peste pour faire plus court. »
« Tu réalises à quel point c'est tordu tout de même ? » fit Ino avec ce même regard confus.
« Juste – est-ce que la chose va bien ? » hésita Temari. Elle ne parvenait toujours pas à nommer la créature logée dans ses entrailles autrement que par son nom de code morbide.
« Ton bébé va bien. C'est à ton sujet que je m'inquiète… »
« Ne l'appelle pas comme ça ! » beugla Temari. « Ne l'appelle pas… »
« Quoi ? Ne l'appelle pas un bébé ? Je m'en veux de briser tes illusions, mon cœur, mais tu n'as pas la Peste du Zombie. Tu as un fœtus dans le ventre, » répliqua Ino. « D'ailleurs, tu l'as probablement déjà deviné, mais Shikamaru est de type terre. Et le chakra de ton bébé, malheureusement pour toi, est aussi de type terre. »
Temari s'affala sur les oreillers en grognant. « Ecoute. Je suis sûre que t'es gaie comme un pinson, d'être enceinte et tout et tout, mais je suis… »
« Oh Temari, » la coupa Ino, son ton indiquant qu'elle ne tolérerait aucune sottise, « si tu ne voulais pas le garder, tu aurais avorté il y a longtemps… »
« Non ! Dis pas ça !" cria-t-elle en rejetant la main d'Ino de son abdomen, s'asseyant sur le lit et croisant ses bras autour de son ventre comme pour le protéger.
« T'es impossible ! Pire qu'une mule ! Si tu es sure que tu veux garder le bébé, alors il faut que tu le dises à Shikamaru… »
« Je peux pas ! »
« Il le faut ! C'est aussi son bébé ! Son bébé, dont le chakra est en train de détruire ton foie et stagne vers ton estomac, » grinça Ino en s'appuyant contre la commode derrière elle et croisant les bras sur sa poitrine. « Maintenant calme-toi et laisse-moi réparer le bordel qu'est le réseau de ton chakra actuellement. »
« Je suis désolée – je sais, je – je ne suis pas douée pour… » Temari se laissa tomber sur le lit et soupira. « J'ai été idiote. J'au… J'aurais dû lui dire. »
Ino ne répondit rien. Elle commença simplement à travailler sur Temari avec son chakra médical, ses mains bleutées suivant le dessin de ses méridiens. Ino avait raison, songea Temari. Elle aurait dû confronter Shikamaru. Mais… Shikamaru avait tellement insisté pour qu'elle reste à Konoha quand ils couchaient ensemble. Il avait insisté sur le fait qu'ils « sortaient ensemble », sans même lui demander son avis.
Elle ne voulait pas qu'il assume quoi que ce soit en ce qui concernait Peste-Zombie – non, Temari se corrigea, en ce qui concernait son bébé. Elle voulait décider de tout toute seule. Après tout, il se trouvait dans ses entrailles, et c'était elle qui payait le prix de la grossesse. Pourquoi toutes les décisions au sujet de la grossesse ne pourraient-elles pas être prises par Temari, et Temari seulement ? Même si Shikamaru avait le droit de savoir, cela ne changeait rien.
« Tu te rends compte que, » fit remarquer Ino ironiquement, « si je m'étais occupée de ton cas plus tard, ton foie aurait été sévèrement endommagé. »
« Quoi ? »
« C'est la nature de chakra opposée qui veut ça. Ton médecin ne sait donc rien ? Oh, Kami, je vais aller pourrir le chef du département d'obstétrique dès que j'en ai fini avec toi. »
Elle laissa échapper un profond soupir avant de continuer. « Porter un enfant dont la nature de chakra est opposée à celle de la mère cause des inflammations au corps. Cela stresse aussi le foie, qui stresse à son tour les méridiens de l'estomac et de la rate – d'où les nausées. Et plus le chakra des parents est puissant, plus l'opposition devient forte – ainsi que la fatigue de la mère. »
« D'accord, » murmura faiblement Temari, bien qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce dont parlait Ino. Ino recommença à faire usage de son chakra médical et Temari soupira de plaisir. « Oh, je sais pas ce que tu fais mais c'est trop bon… ahhhh. »
« Idiote. Si tu m'avais laissée m'occuper de toi plus tôt, tu n'aurais pas autant souffert. La Peste du Zombie, c'est clair. Tu as vraiment dû avoir l'impression d'être malade, pauvre petite chose. » Ino se mordit la langue et termina ses soins. « Laisse-moi faire un peu d'acupuncture sur toi. Ton corps en a besoin. »
Pour la première fois depuis longtemps, Temari n'avait pas l'impression qu'elle allait vomir d'une minute à l'autre. « Hin-hin, » soupira Temari. « Tout ce que tu veux. »
« Ne bouge pas, je vais te planter plein de petits trucs pointus et tranchants. Ça ne devrait pas faire trop mal. »
Merveilleux derniers mots. A chaque aiguille, Temari cria des obscénités et mugit comme un animal blessé. Enfin, quand elle fut couverte d'aiguilles des pieds à la tête, affalée dans le lit comme une victime torturée ou un porc-épic exotique, Ino hocha la tête de satisfaction.
« Et voilà, Temari-chan, ça devrait le faire. On garde les aiguilles pendant une demi-heure environ puis je les enlèverai. »
« En fait… ça fait du bien. Maintenant que le plantage est terminé, » marmonna Temari, les yeux fermés, le visage couvert d'une fine couche de sueur. « C'est bien que Sakura vienne entraîner nos médecins. L'équipe médicale de Suna n'y connait rien visiblement. »
« Mmmmm, » acquiesça Ino. Elle tira une chaise près du lit et s'appuya sur la table de nuit, son menton dans sa main. « Temari-chan, je suis ton amie. Tu peux me dire des choses, tu sais ? S'il te plait, dis-moi, qu'est-ce qu'a fait Shikamaru pour te foutre en rogne ? »
Temari expira doucement. Son corps lui donnait l'impression d'enfin fonctionner correctement pour la première fois depuis des semaines. Elle était si détendue. Il était dur de se mettre en colère pour éviter de répondre à Ino. Les mots sortirent spontanément : « Il est parti du principe qu'on sortait ensemble, et que je devrais tout simplement abandonner mes racines pour vivre à Konoha avec lui. Aussi… »
Cela semblait idiot à dire maintenant. La bouche de Temari se courba en un demi-sourire. « A Suna, c'est une énorme offense de courtiser une femme sans avoir demandé la permission à ses parents d'abord. C'est comme si on prenait la femme pour un objet, et c'est un grave manque de respect envers sa famille. En y regardant de plus près, je suis sûre que Shikamaru ne voulait pas… Je veux dire, je sais qu'on couchait ensemble, mais il n'a jamais… »
« Quel idiot, » la coupa Ino, en secouant la tête de droite à gauche. « Il t'a jamais invité à sortir, pas vrai ? Il a juste pensé que la vache était à lui vu qu'il avait droit au lait gratuitement, excuse mon langage. Et toi, en bonne Mule-du-Désert bornée, tu ne lui as jamais dit pourquoi tu étais furieuse contre lui. Tu lui as juste dit que vous n'étiez jamais sortis ensemble sans jamais rien n'expliquer. »
« Ouaip. C'est à peu près ça, » répondit Temari dans un soupir.
« Shikamaru, en bon abruti de génie sûr de lui, n'a jamais vu la réponse qui se trouvait juste sous son nez. Vous avez une montagne d'une taupinière. » Ino décroisa les bras et se dirigea vers la fenêtre, regardant le ciel au-dessus d'elle.
« Il t'aime, tu sais ? T'as failli lui faire faire une crise cardiaque ce matin, » la réprimanda la Konohienne. « On pouvait tous t'entendre l'appeler fils eunuque d'un millier de prostituées depuis les toilettes. »
« Mmmm » fut la réponse évasif de Temari.
« Et pour dire la vérité, » continua Ino, toujours en regardant le ciel, « Shikamaru a choisi lui-même le pendentif. Cela lui a coûté deux mois de salaire – deux mois de salaire hasardeux en fait. C'est pas de sa faute si le vendeur ne l'a pas prévenu au sujet du double symbolisme de ce putain truc. Tu sais que Shikamaru n'est pas doué question excuses, ou pour choisir des bijoux. Ce mec est aussi romantique qu'une banane. »
« Mmmmm hmmm, » marmonna Temari en fermant les yeux. Elle sentait que ce n'était pas le bon moment pour argumenter avec Ino.
« Et puis dernière chose mais non la moindre, princesse, à cause de tes singeries, Konoha vient officiellement de se faire enculer par Gaara. Lui et Shikamaru ont ratifié le traité ce matin. Shikamaru a tout accepté. »
« Même – même la clause sur l'enseignement du sceau de barrière à Suna ? » répondit Temari, incrédule.
« Ouaip. Il a officiellement échoué à sa mission. Tsunade va l'émasculer suite à ça. »
« Oh Seigneur, » gémit Temari, « je suis qu'un misérable clown. » C'était de sa faute. Même si sa méchanceté et sa malveillance avaient été approuvées et encouragées par le gouvernement, elle n'aurait pas dû se conduire comme une super méga garce juste pour qu'un traité soit signé en faveur de Suna.
Ino se retourna et lui lança un regard perplexe. « Qu'est-ce que tu entends par « misérable clown » ? Oh, laisse tomber. Laisse-moi enlever ces aiguilles, t'es cuite à point. Puis, t'as qu'à faire une sieste pendant que je vais te chercher un repas convenable – ton bébé n'a pas assez à manger avec ton régime constant de gruau d'avoine – et puis on va réfléchir à la manière dont tu vas cracher le morceau à Shikamaru. »
« Tu – Tu ne vas rien lui dire, hein Ino ? »
« Oh, hors de question. C'est ton boulot, princesse. Maintenant dors. Je te réveille dans une heure. » Ino secoua la tête de droite à gauche en signe de désapprobation. Cela rappela à Temari sa mère décédée depuis longtemps, pour une raison inconnue.
Alors qu'Ino allait ouvrir la porte, Temari marmotta, « Merci… Ino-chan. »
« M'en parle pas. C'est à ça que servent les amis, pas vrai ? »
« Ouais. » Temari parvint à lui sourire faiblement avant de tomber dans un profond sommeil sans rêves. Elle n'entendit même pas Ino refermer la porte derrière elle.
« Comment… Comment t'as su ? »
« Temari ! J'arrive pas à croire que tu ne me l'aies pas dit ! J'arrive pas à croire que tu ne l'aies pas dit à Shikamaru ! »
« Chut ! Il pourrait être là ! Peux-tu… peux-tu mettre en place une barrière ? Mon chakra… »
« Femme ! »
Après ça, la pièce redevint silencieuse. Merde, pensa Shikamaru. Il était allongé sur son lit en regardant le plafond. A la minute où il avait senti Temari entrer dans le bâtiment, il avait dissimulé son chakra. Il semblait qu'Ino et Temari avaient érigé une barrière filtrant les sons autour de la chambre, et Shikamaru n'osait pas trahir sa présence en la transperçant grâce à un jutsu d'espionnage. Ino connaissait trop bien ses méthodes.
Il n'osa pas bouger, encore moins laisser filtrer sa présence. Il respirait à peine. Que ne lui disait pas Temari ? Pourquoi Ino était aussi furieuse contre elle ?
Un nombre infini de scénarii lui traversèrent l'esprit. Avec un précision méthodique, il les examina tous, calculant la probabilité pour que tel scénario soit le bon. Enfin, il les supprima un à un, jusqu'à conserver l'unique et horrible possibilité : Temari était en train de mourir de la Peste du Zombie.
Pour quelle autre raison Ino – un médecin – serait-elle aussi bouleversée juste parce que Temari ne l'avait pas laissé l'examiner ? Pour quelle autre raison Gaara aurait-il tellement insisté pour que le contrat soit négocié sur-le-champ, si ce n'était pour garder sa sœur saine et sauve ?
Le fait était que Temari était mourante et que c'était de sa faute. Les paumes de Shikamaru commencèrent à transpirer et la pièce à tourner. Ce ne fut que lorsqu'il entendit le clic d'une porte s'ouvrant qu'il sentit un faible chakra. Ino sortait de l'auberge, et Temari était dans la chambre à côté de la sienne.
Il resta sans bouger, hésitant sur la conduite à suivre. Enfin, avec de lents mouvements incertains, il se leva du lit et se faufila sournoisement dans le couloir. Il entrouvrit la porte et se glissa dans la chambre sans un bruit.
Temari se trouvait sur le lit, son visage encadré par ses cheveux blonds indisciplinés. Elle soupira contre les oreillers, les yeux fermés. Elle n'avait pas l'air d'avoir mal, mais elle avait le teint cireux et la peau brillante en même temps. Shikamaru n'était pas médecin mais il pensait que Temari avait peut-être de la fièvre. Il alla jusqu'à la commode sur la pointe des pieds, là où reposait le bloc-note d'Ino, et lut ses notes.
La condition de la patiente est critique. La main experte de Sakura sera nécessaire pour diminuer les dommages opérés sur le foie, même si la patiente est stable pour le moment. De plus, la « Peste-Zombie » a épuisé le chakra de la patiente et a endommagé les méridiens du Foie et de l'Estomac/de la Rate. Cependant, « Peste-Zombie » semble en lui-même suivre une croissance normale. Recommandations : repos, un régime sain de nourriture cuisinée, et éviter le stress.
Shikamaru fixa la note. Il semblait qu'il ait eu raison. Il ne comprenait pas tous les termes utilisés par Ino – il n'y connaissait rien question méridiens – mais il savait que Temari était dans une condition critique avec un foie endommagé et souffrait en effet de la Peste du Zombie. Il ne savait pas pourquoi les mots « Peste-Zombie » étaient placés entre guillemets, mais ce n'était pas important.
Temari remua, et Shikamaru quitta précipitamment la chambre, de peur qu'elle ne s'aperçoive qu'il ait lu son dossier médical.
Chère Kami, pensa Shikamaru, assis sur son lit avec la main entre les mains. J'ai quasiment tué Temari avec la peste. Quel putain d'ami il faisait. Mais que pouvait-il faire ? Il s'était déjà assuré que Sakura se rendrait à Suna dès que possible, et, comme l'avait écrit Ino, seule Sakura pouvait aider Temari maintenant.
Kami, c'était entièrement de sa faute ! Il avait refilé à Temari une peste mortelle, et par-dessus tout, il n'avait rien fait d'autre que la stresser et la consterner pendant tout le temps qu'il s'était trouvé à Suna. Shikamaru prit alors une décision : puisque le stress était visiblement nocif pour la santé de Temari, il allait l'éviter le plus possible. Shikamaru était persuadé qu'il était la dernière personne que voulait voir Temari actuellement. Il avait fait assez de dégâts comme ça et la meilleure chose qu'il pouvait faire pour elle était de la laisser tranquille.
Shikamaru s'échappa par la fenêtre et sortit de l'auberge. Il n'était pas sûr de là où il allait aller, mais peut-être qu'il pouvait trouver un endroit calme où il pourrait réfléchir – ou plus vraisemblablement, broyer du noir – au sujet du gaspillage d'espace qu'il représentait. Un endroit où il ne pourrait pas faire plus de mal à Temari. Je suis désolé, Temari. Cela aurait été mieux pour toi si tu ne m'avais jamais connu…
