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Chapitre XI : Confession

« Je suis désolé, » balbutia Shikamaru. « Je ne voulais pas… »

« Quand es-tu arrivé là ? » le coupa impatiemment Temari. Elle regretta immédiatement son ton en voyant le visage de Shikamaru s'assombrir. Il fourra ses mains dans ses poches et garda les yeux fixés sur le sol.

« A l'instant, » répondit-il enfin. « Temari, écoute, je suis vraiment désolé – je suis un connard et c'est entièrement de ma faute… » Quand il releva les yeux pour la regarder, Temari le fixait bizarrement, comme s'il venait d'avoir une seconde tête qui aurait poussé à côté de la première.

« Shikamaru, » finit-elle par murmurer, « juste… » Elle soupira et se tourna vers la tombe. « Hé M'man. C'est mon ami, Shikamaru. Ouais, même s'il a l'air d'un idiot, il est plutôt malin en fait. Ouais, je sais, c'est dur à avaler. Enfin, c'était sympa de te parler, M'man. J'essayerai de repasser avant… enfin bref. A plus. »

Shikamaru cilla en entendant le non-dit caché dans ces mots, parce que Temari comptait sûrement dire : « J'essayerai de repasser avant de mourir. » Il savait que c'était la vérité, il l'avait entendue le répéter par deux fois, répéter qu'elle ne voulait pas mourir, oh Kami, oh Kami

Temari se redressa. Une fois qu'elle fut sur pied, Shikamaru se maudit pour ne pas l'avoir aidée dès le départ. Sa précieuse amie se mourrait à cause de la Peste du Zombie qu'il lui avait transmise et il ne l'aidait même pas à se relever ! Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui…

« Shikamaru, » marmonna Temari en s'accrochant à son bras. « Arrête de réfléchir si fort. Allez viens, on va se faire une balade. Qu'est-ce que tu foutais là d'ailleurs ? »

« Je priais près de la tombe de Lady Chiyo, » grommela-t-il.

« Lady Chiyo ? Pourquoi ? » demanda Temari en l'entraînant le long du chemin s'éloignant du cimetière.

Shikamaru était quasiment certain qu'il arborait différentes nuances de la couleur puce. Finalement, il parvint à énoncer quelques mots. « Je priais pour que tu te rétablisses. »

« Pour que je me rétablisses ? » répéta Temari, un peu incrédule. « C'est… »

« Je sais que c'est dur à croire mais je m'inquiète vraiment et je suis tellement désolé de t'avoir contaminée avec la Peste du Zombie et – oh Kami, voilà que je recommence à blablater, » marmonna Shikamaru en espérant que Temari ne pouvait le voir rougir à la lueur de la lune.

Temari s'arrêta et lui lança un regard désapprobateur. « J'allais dire que c'était très gentil de ta part, » fit-elle sèchement. « Est-ce que tu peux arrêter de parler pour ne rien dire pendant une minute ? J'ai un truc important à te dire. »

« Mais… »

« Pas ici. J'ai pas envie de te le dire dans un cimetière. J'aurai l'impression que les morts m'écoutent. C'est glauque, » grommela-t-elle, puis elle s'efforça de le traîner un peu plus loin sur le chemin abîmé par le temps.

Shikamaru savait ce qui allait arriver. Temari allait lui annoncer qu'elle allait bientôt mourir. Oh Kami, il savait que ce n'était pas bon, mais il avait cru en lisant le rapport médical d'Ino que Temari finirait par retrouver la santé – qu'il ne s'agissait que d'une vague rencontre avec la Mort, mais franchement, quel ninja pouvait se vanter de ne jamais l'avoir approchée ? Il avait cru que Temari s'en sortirait. Il s'était trompé.

La lune nimbait les environs d'une lueur argentée, et il aima à penser que cela rendait le visage de Temari encore plus cireux qu'il ne l'était. En même temps, cela donnait l'impression qu'elle brillait d'une aura intérieure. Il avait entendu que certaines victimes de la fièvre avaient connu le même destin, brûlées de l'intérieur par de vicieuses maladies incurables. La Peste.

Il ne pouvait parler, il était bien trop bouleversé, et il ne fit pas attention à la route qu'ils empruntaient avant que Temari n'arrête de marcher. Il cilla devant ce qui les enveloppait, soit un jardin de pierres bien entretenu et entouré d'un large mur. Avant qu'il ne puisse dire un seul mot, Temari le poussa sur un banc en pierre tandis qu'elle restait debout.

« Shikamaru, j'ai quelque chose d'important à te dire… »

« Je sais, » grinça-t-il.

« Tu sais ? » répéta Temari. Elle semblait déçue. « Mais… t'es pas content ? »

« Bien sûr que non, je suis pas content ! » cria-t-il en se levant du banc, ses bras étirés à leur maximum. « C'est entièrement de ma faute ! »

Temari se recroquevilla en entendant ces mots et se laissa doucement tomber sur le banc. Désormais, c'était elle qui était assise alors que Shikamaru se tenait debout. Elle fixa le sol et entoura son ventre de ses bras, comme si elle tentait de se protéger.

« Ben, je sais que c'est de ta faute, » murmura-t-elle enfin, « mais j'ai pensé que ça te rendrait au moins heureux… »

On aurait dit qu'elle allait se mettre à pleurer – Temari ! Pleurer ! Ce devrait être illégal, un oxymore, mon Dieu ! Et c'était de sa faute, de sa faute, oh Kami !

« Temari, » fit Shikamaru, incrédule, « en quoi ça pourrait me rendre heureux ? Comment as-tu pu penser… »

« Tu sais quoi, espère de putain d'enfoiré ! » hurla Temari, des larmes amères coulant le long de son visage. Elle se leva brusquement du banc et énonça ses griefs en soulignant chacun d'entre eux d'un doigt planté répétitivement dans la poitrine de Shikamaru. « Je maudis le jour où ta mère a couché avec ton père ! Fils d'un millier de putes malades ! Puisses-tu être tabassé par six mille chaussures et brûlé dans de nombreux enfers ! Puisses tes couilles se ratatiner comme un fruit mourant au soleil ! Quand je pense que j'ai cru que tu serais heureux d'être… »

« Temari ! » cria Shikamaru, l'attrapant par les épaules. « En quoi le fait que tu vas mourir pourrait-il me rendre heureux ! »

Temari ouvrit la bouche, puis la referma, puis l'ouvrit à nouveau. Elle le regardait comme si une paire d'ailes venait d'apparaître dans son dos et qu'il allait s'enfuir en volant.

Elle choisit ses mots avec précaution. « Shikamaru… Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu penses qu'il se passe ici… exactement ? »

« De toute évidence, tu es en train de mourir à cause de la Peste du Zombie. Une Peste que je t'ai donnée. Temari, je ne peux même pas commencer à te dire à quel point je suis incroyablement… »

« Par tous les dieux du ciel et des enfers ! Par les cornes du Dieu de la Mort ! Par les nichons de la Déesse du Soleil ensanglantée ! Toi, le génie proclamé de Konoha… »

« Temari, s'il te plait, je me sens suffisamment mal comme ça. Je le jure devant les Saints Esprits, je ne te laisserai pas mourir, j'apprendrai le dernier jutsu de Lady Chiyo et te sauverai des griffes du Dieu de la Mort… »

Mais Shikamaru ne put finir sa phrase parce que Temari explosa de rire, s'esclaffant et mugissant à la fois. Elle lui tomba dans les bras, se gondolant en riant bruyamment jusqu'à ce que les larmes ne dévalent le long de son visage.

Pendant un long moment, Shikamaru se contenta de fixer Temari, troublé et perplexe. Enfin, il marmonna : « Temari, je ne vois pas ce qu'il y a de si drôle… »

« Espèce de débile, de génie débile, » cria Temari. « Je suis pas mourante – Je suis enceinte ! De ton enfant ! Que les dieux l'empêchent d'être aussi abruti que toi ! » Temari essuya les larmes de ses yeux et sourit.

Shikamaru resta figé, le visage vidé de toute émotion. Il ne cilla même pas. Après une longue pause, il bredouilla : « Tu n'es pas mourante ? »

« Nan. »

« La… La Peste du Zombie n'existe pas. » fit-il lentement, comme si les mots avaient du mal à quitter sa bouche.

Temari poussa un profond soupir et prit la main de Shikamaru dans la sienne avant de la placer sur son ventre. « Ce… Ce bébé. Son nom de code… C'est Peste-Zombie. »

« Tu es enceinte. De mon enfant, » chuchota-t-il.

« Roi des imbéciles ! Je n'ai couché avec personne d'autre ! » le coupa impatiemment Temari.

Shikamaru s'effondra, et sans Temari, il se serait probablement retrouvé par terre. Elle le poussa sur le banc et s'assit à ses côtés. « Alors ? T'es content ? » lui demanda-t-elle.

« Je ne sais pas quoi penser, » expira-t-il. « Il y a une minute, je pense que tu es victime de la peste, et à la suivante, j'apprends que tu es en parfaite santé – et que je vais être père. » Il joignit le bout de ses doigts dans son geste de réflexion favori, puis rencontra son regard. « Tu as nommé notre enfant Peste-Zombie ? »

« Euh… C'est possible. Oui. Oui, j'ai fait ça. Mais ça n'a pas… »

« T'es enceinte, » l'interrompit-il en reposant à nouveau sa main sur son ventre.

« C'est ce que j'ai essayé de te dire, Ô Génie-de-la-Feuille, » déclama-t-elle.

« Okay. Est-ce que tu… ? Es-tu… ? » Sa tête lui donnait l'impression d'être emplie de rembourrage, et il avait du mal à laisser sortir les mots. Heureusement, Temari prit la suite.

« Ecoute, Shikamaru, je m'en suis rendue compte qu'après avoir quitté Konoha – qu'après qu'on ait rompu. »

Shikamaru ne put réprimer l'amertume qui pointait dans ses paroles quand il rétorqua : « T'as dit qu'on ne sortait pas ensemble – qu'on ne pouvait pas parler de rupture. »

« Un idiot pose plus de questions en une heure qu'un sage en une année ! Laisse-moi t'expliquer, » répliqua-t-elle.

« A Suna, il est insultant de courtiser une femme sans la permission expresse de ses parents. Quand tu as conclu que j'étais ta petite-amie – que j'allais juste rester comme une merde à Konoha et devenir ta poupée gonflable – sans avoir fait aucune démarche, sans avoir demandé mon avis ou celui de mes miens – c'était une grande offense, à la fois à mon égard et à celui de ma famille. »

« C'est pour ça que t'étais aussi furieuse… » songea Shikamaru, les yeux écarquillés.

« Et après j'ai découvert que j'étais enceinte. J'ai voulu te hacher en tout petits morceaux et nourrir les coyotes avec. Ça aussi, ça m'a rendu furieuse. »

Shikamaru déglutit. « Je vois… »

« Ecoute-moi bien, petit génie, » dit Temari, croisant les bras sur sa poitrine. « C'est pas parce que je suis enceinte de ton gosse que ça veut dire qu'on devient automatiquement quoi que ce soit. J'ai eu tort de garder l'info pour moi et de prétendre avoir la Peste du Zombie. Je suis désolée que tu ais crû que j'allais mourir. Mais je ne compte pas déménager à Konoha et arrêter de vivre parce que tu m'as mise en cloque. Compris ? »

« Ça va si j'emménage à Suna ? » fit Shikamaru à voix basse, tranquille et déterminé.

Temari cilla comme une idiote. « Suna ? Tu détestes Suna à peu près autant que je déteste Konoha. Pourquoi… »

« Parce que je t'aime. T'es cinglée, une vraie tête de cochon, et je t'aime. » répondit Shikamaru en lui prenant la main. « Laisse-moi rester, Temari. »

« Tsss. C'est exactement ce dont j'avais peur, » marmonna-t-elle en secouant la tête. « Pourquoi je devrais changer – pourquoi devrais-tu changer – juste à cause d'un espèce d'alien ridé qui a élu domicile dans mes entrailles ? T'as ta vie, j'ai la mienne, et c'est… »

« Je te demanderais bien de m'épouser, mais j'ai aucune idée de comment le faire sans te foutre en rogne. Temari, espèce de tête de mule bornée, s'il te plait écoute-moi, » grogna Shikamaru. « Je. T'Aime. Je t'aime. Si je dois décapiter un autre millier de zombies et sauver ton cul d'une nouvelle armée de morts-vivants, je le ferai. Si je dois ramper aux pieds de tes frangins pour avoir l'autorisation de te courtiser, ou peu importe comment ils font dans le désert… »

« Qui vient devant moi et demande à courtiser ma sœur ? » fit une voix grinçante. Shikamaru et Temari se retournèrent brusquement dans un bel ensemble.

« Gaara, putain, depuis combien de temps es-tu planté là à écouter le moment le plus embarrassant et le plus intime de ma vie, espèce de bâtard ? » hurla Temari.

Mais son frère l'ignora avec insouciance et traversa les murailles qui entouraient le jardin rocailleux jusqu'à ce qu'il parvienne devant eux. « Je vais me répéter au cas où tu n'ais pas entendu la première fois, Nara Shikamaru : qui vient devant moi et demande à courtiser ma sœur ? »

« Gaara, » gronda Temari, « je jure devant les dieux… »

« Moi, Nara Shikamaru, viens devant toi, Gaara du Désert, pour courtiser ton honorable sœur, » lâcha Shikamaru avant que Temari n'ait pu finir sa phrase.

« De tous les cinglés… » grommela-t-elle. Elle n'eut pas le temps de grommeler longtemps qu'une autre personne émergea de l'ombre.

« Mais tu n'es pas un fils de Suna, comment pouvons-nous te faire confiance avec l'honneur de notre sœur ? » déclara Kankuro, son ton grave contrastant nettement avec son grand sourire merdique qui lui barrait le visage. Il alla se placer à côté de Gaara, dansant quasiment tout le long du chemin.

« Si jamais je déshonore votre sœur, puissiez-vous me jeter en pâture aux chiens. Puissiez-vous me trancher la gorge et laisser mon sang s'épancher en guise de libation au désert, » clama Shikamaru. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait dire, mais il pensait que ce qu'il venait d'improviser n'était pas si mal.

« Putain, Shika, tu n'as pas à aller aussi loin… » marmonna Temari, mais elle fut encore coupée par Gaara.

« Et quelles sont tes intentions vis-à-vis de ma sœur ? » tonna-t-il.

« Je compte l'épouser, si elle veut bien de moi. Et sinon, laissez-moi devenir son homme-lige, que je puisse la protéger. Et sinon, alors laissez-moi devenir le serviteur de votre maison, que je puisse la servir, » déclara Shikamaru d'un ton bourru.

Temari posa une main sur son épaule et chuchota : « Shikamaru, tu ne sais pas ce à quoi tu t'engages… »

« Je sais exactement ce à quoi je m'engage, » fut sa réponse murmurée. « Maintenant, ferme-la s'il te plait, et laisse-moi faire ça. »

« As-tu l'intention alors de devenir un fils de Suna afin de courtiser ma sœur ? » Cette fois, ce fut Kankuro qui posa la question. Son ton était sérieux, mais il y avait quelque chose dans l'expression de son visage qui rappelait à Shikamaru celle d'un chien ridicule à longues oreilles.

Néanmoins, Shikamaru fut d'un sérieux mortel quand il répondit : « Si Suna veut de moi, je plaiderai mon allégeance au village, si je puis courtiser votre sœur. »

« Et si tu y entres avec le statut le plus bas de notre société ? En tant que seulement forgeron, ou en tant qu'homme qui nettoie les rues ? » gronda Gaara.

Temari marmotta : « Shikamaru, le mec qui nettoie les rues balaie littéralement la merde des autres… »

« Si cela veut dire que je peux courtiser votre sœur, » répondit Shikamaru d'un ton égal, « c'est avec plaisir que je nettoierai les rues. »

« Qu'en dis-tu alors, sœur ? Accepteras-tu la main de ce prétendant ? » demanda Kankuro, sautant d'un pied sur l'autre.

Temari se frappa le front du plat de la main. « Je… J'accepte sa main, » marmonna-t-elle.

« Pour qu'il te fasse la cour ou pour qu'il t'épouse ? » fit la voix rauque de Gaara.

« Je… euh… Shikamaru, tu veux vraiment qu'on se marie ? » lâcha Temari, incrédule. « Non – je suis sûre que non. Je suis sûre que c'est parce que je suis enceinte… »

« Le bébé est une bonne excuse, » murmura-t-il en prenant ses mains dans les siennes. « S'il te plait ? Je le veux vraiment. Si tu veux bien de moi, je t'épouserai. Tu n'auras pas à mettre un seul orteil à Konoha, ni à prendre mon nom de famille, ni quoi que ce soit d'autre. C'est toi seule qui choisis. »

« Shikamaru, ce n'est pas juste pour toi… »

« C'est ce que je veux. Maintenant dis oui ou non à tes frères avant que je ne meure d'une attaque cardiaque. »

« Tu… Tu es vraiment sûr que tu veux faire ça ? » demanda faiblement Temari.

« Pour l'amour des Esprits, Temari, y a moins d'une heure j'étais prêt à mourir pour te sauver de la peste ! Oui, je veux t'épouser, oui, oui, oui ! »

« Qu'en dis-tu, ma sœur ? » grinça Gaara et, est-ce l'imagination de Shikamaru ou le Kazekage est-il en train de sourire ?

« Oui, j'accepte son offre de mariage, » chuchota Temari.

Kankuro, souriant bien trop largement au goût de Shikamaru, énonça : « Le prendras-tu comme un membre de ton harem, ou comme consort, ou comme… »

« Pour l'amour de Dieu, p'tit frère ! Arrête de torturer Shikamaru ! Je le prends comme mon partenaire à part entière. » siffla Temari.

« Utilise le langage formel, neechan, » la pressa Gaara. « Après tout, c'est toi qui l'as voulu au départ. »

« Pour l'amour de – oh, très bien, » renifla Temari. « Mais si tu voulais vraiment être formel, tu aurais la bague de pè…»

« J'ai la bague juste ici, Temari-chan, » l'appela Kankuro en lui tendant quelque chose dont la lune souligna le reflet argenté. Temari sembla trembler sous le poids de ce que Kankuro lui avait pressé dans la paume.

Elle se tourna vers Shikamaru et prit ses mains dans les siennes. Il réalisa vaguement que ses mains étaient moites. « Plus jamais tu n'auras à te présenter devant moi ou mes frères en une humble posture, » déclara Temari, les yeux brillants de larmes, « car tu as prouvé que tu méritais ma confiance à de nombreuses reprises. A partir de cet instant, nous sommes égaux en toute chose. » Elle cafouilla un temps avant de glisser une lourde chevalière à son doigt.

« Maintenant, jure fidélité à Suna, » ordonna Gaara.

« Gaara ! Tu ne peux pas faire ça sans la permission de l'Hokage ! » hurla Temari. « Et il n'y a aucun précédent pour… »

« Aucun précédent ? Dans ton cul ! » dit Naruto alors qu'il s'élança à travers l'arche de l'entrée, Sakura le suivant de près.

Sakura se frappa le visage. « Tu es, oh, si élégant, futur Hokage-sama. Mais l'idiot a raison, Temari-chan : tu ne serais pas la première à épouser un shinobi venu d'un autre pays. »

« Combien de ninjas venus de nulle part rôdent autour de ce jardin de pierres en écoutant tout ce qui se dit ici ! » glapit Temari.

On l'ignora.

« Gaara du Désert, » déclara Naruto, bien que son ton relève plus de la fanfaronnade que de la gravité, « est-ce que cette union remplit la clause de notre traité concernant un mariage entre nos deux pays ? »

« Oui, » fut la réponse rocailleuse de Gaara, « et une autre serait la bienvenue, bien que non mandée par le traité. » En disant cela, il regarda directement Sakura dont le visage prit la couleur de ses cheveux.

Cependant, Naruto reprit avant que Sakura ne puisse dire quoi que ce soit : « Très bien, alors j'approuve le serment de fidélité à Suna de Shikamaru. En tant que représentants de Tsunade-sama, » dit-il en désignant d'un geste Sakura et lui-même, « nous l'approuvons. »

« Mais je – est-ce qu'il faut que je fasse un serment à Konoha ? » couina Temari.

« Nan, tu peux faire ça plus tard, si tu veux, » répondit Naruto en haussant les épaules. « Y a pas d'urgence. »

« Les ninjas de Konoha sont cinglés, » chuchota Temari. Elle chercha Shikamaru du regard, qui était déjà à genoux devant Gaara.

« Je n'ai pas la moindre de quels sont les mots pour ça. J'ai tout inventé au fur et à mesure, » énonça Shikamaru. « Dans n'importe quelle circonstance, je jure ma loyauté à Suna comme s'il s'agissait de mon pays natal. Si une guerre se déclarait entre Konoha et Suna, je ne me battrai pas. Si Suna était en guerre et pas Konoha, alors je me battrai pour Suna. Je protègerai vos terres et votre peuple jusqu'à mon dernier souffle s'il le faut. Est-ce… ? » Ses yeux cherchèrent le visage de Gaara pour avoir son approbation.

« Ça me va, » répondit Gaara. « Plus besoin de se mettre à genoux, tu es maintenant mon frère. Et je suis vraiment, vraiment désolé pour le subterfuge de la Peste du Zombie… » Shikamaru n'avait jamais vu le Kazekage avoir l'air penaud avant cet instant. Il se redressa sur ses pieds instables et Gaara lui tapota l'épaule.

« Tu sais, » dit Kankuro, en posant sa main sur l'autre épaule de Shikamaru, « J'ai toujours voulu avoir un autre frère. Bienvenue dans la famille – ou comme j'aime l'appeler, dans l'asile de dingues. »

« Merci, enfin je crois, » fut la réponse hébétée de Shikamaru. « Est-ce qu'on en a fini avec la partie formelle ou… ? »

« Oh, Shikamaru, aucune manière comme d'habitude ! Ne veux-tu pas passer une bague au doigt de Temari ? Oh, les hommes, » tempêta Ino en sautillant dans le jardin, Choji sur ses talons avec un grand sourire ingénu.

« Vous… Vous le saviez pendant tout ce temps ! » grogna Shikamaru en pointant un doigt accusateur sur ses deux coéquipiers.

« Hé Shikamaru, tu es sensé être le soi-disant le Cerveau de Konoha. Combien de fois devions-nous te dire de lire entre les lignes pour que tu comprennes ? » le taquina Choji, ses yeux plissés par l'amusement. « Tiens, j'ai quelque chose pour toi. »

Choji attrapa la main de Shikamaru et fourra un truc froid et métallique dans sa paume. C'était une ancienne alliance. « Comment as-tu… ? » bafouilla Shikamaru, fixant avec surprise l'héritage de la famille Nara.

« Oh, ce fut facile. Ino et moi avons expliqué la situation à tes parents. Bien sûr, Naruto-kun a été assez aimable pour nous faire faire l'aller-retour Suna-Konoha via Hiraishin. »

« Mais – Comment avez-vous – Oh et puis on s'en fout, » répondit Shikamaru, en secouant la tête.

Ino ria devant sa confusion. « Ne crois pas que tu sois tiré d'affaires par contre, champion. Tu devras te remarier pour que tes parents puissent y assister cette fois. Allez, donne à la mariée rougissant sa bague, on ne va pas en rajeunissant. »

Shikamaru se tourna vers Temari, incapable de contenir le tremblement de ses mains. « Ecoute, je ne sais même pas si tu veux une alliance ou non… »

Temari pouffa en s'avançant et lui tendit sa main. « On ne fait pas attendre une dame. »

La fête de mariage improvisée se transforma après cela en rires déchaînés et en huées. Faiblement, Shikamaru nota que même le Kazekage au putain-de-regard-imperturbable-et-mortel affichait un rictus. Bien sûr, Shikamaru ne paya pas beaucoup d'attention aux gloussements et aux ricanements derrière lui. Il était bien plus intéressé par sa femme.

Temari tenait toujours sa main dans la sienne et rougissait des joues jusqu'aux oreilles. Elle lui sourit, et ce fut comme un lever de soleil. Elle l'embrassa et ce fut électrisant. Au bout d'un moment, le temps recommença à s'écouler – il ne savait pas quand il s'était arrêté – et il s'éloigna à peine pour pouvoir poser son front sur le sien.

« J'ai entendu dire qu'il y a un siège d'ambassadeur de libre à Suna, » chuchota Shikamaru. « Je me demande si Gaara m'accepteras pour ce rôle ? »

Temari renifla. « Je suis certaine que tout cela n'était qu'un plan très élaboré pour que tu remplisses cette position sur une base permanente. Parlant de cela, j'ai entendu dire qu'il y a une position similaire à Konoha ? Peut-être pourrais-tu me mentionner auprès de ton Hokage. » le taquina Temari, les yeux brillants. « On pourrait passer six mois à Suna et six mois à Konoha. On serait quitte alors. »

Elle lui sourit et le tira vers elle pour un nouveau baiser, et alors il n'y avait plus de temps à gaspiller pour songer à une réplique spirituelle.

Bien, ne vous en déplaise, je sais que le temps d'attente a été très très long, deux mois au lieu de deux semaines. Je pourrais vous accabler d'excuses mais je doute que ça vous intéresse réellement. Donc merci à ceux qui ont eu la patience d'attendre ce chapitre, ce dernier chapitre puisqu'il ne reste plus que l'épilogue qui arrivera bien plus vite. Peut-être pas pendant les vacances (parce que je ne suis pas en vacances malheureusement) mais je vais tenter de faire au plus vite !