Note de l'auteur:
Salut à tous ! Eh bien, cela fait un petit moment depuis le dernier chapitre n'est-ce pas ?
Je m'en excuse.
Récemment, mes journées ont été un peu bouleversées par un travail éprouvant et à emploi du temps très variable. Ajouté au fait qu'on arrive vers la fin de cette histoire et que les derniers chapitres sont un peu plus durs à écrire, ça fait que je n'ai plus autant de temps qu'avant pour la mettre régulièrement à jour.
Merci encore à ceux qui suivent toujours cette histoire, je compte bien aller au bout, car j'adore ces personnages et cet univers, et si vous êtes encore là, c'est peut-être que vous les aimez un peu, vous aussi.
Je vais tâcher d'être plus régulier désormais. En attendant, voici la suite de l'histoire de Jay et Cleo, avec une nouvelle invitée de marque ;) !
Enjoy !
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« Pour l'instant, ça m'a pas l'air trop mal parti, qu'est-ce que tu en dis Price ?
- Ce que j'en dis gamin, c'est que tu vas tous nous faire tuer.
Jay ne put s'empêcher d'afficher un petit sourire sarcastique en entendant le Mécano Organique soupirer dans son oreille.
D'un autre côté, il pouvait le comprendre: pour lui qui venait tout juste de le ramener quasiment à la vie après qu'il ait été laissé pour mort, le voir se lancer dans une entreprise aussi risquée pouvait facilement passer pour de la provocation.
- Pourtant, dit-il, c'est toi qui m'a dit de tout faire pour aller sauver Cleo.
- Me fais pas dire ce que j'ai pas dit p'tit con ! grinça Price, lorsque je t'ai dit d'aller sauver ta copine, ça voulait pas dire d'aller chercher la merde avec une des pires psychopathes de tout le pays !
Le hacker haussa les épaules, et continua de marcher, tout en desserrant la lanière du sac dans lequel était rangé son matériel. Son épaule gauche le lançait encore un peu par instants, là où la balle de Peacemaker l'avait atteint, et le frottement de la toile contre sa peau lui faisait mal.
Dans la poche ventrale du sac, installé comme un général sur son char, Sebastian semblait attendre patiemment, et se faisait de plus en plus calme à mesure que Jay avançait dans la rue.
- Très honnêtement, répondit ce dernier à son ami, entre ça et aller se jeter tout seul en plein milieu d'une des prisons les plus surveillées et les plus sordides au monde, je pense qu'en termes de "chercher la merde" ça se vaut largement."
Price ne lui répondit pas, et se contenta d'un grognement bourru. Avec un petit sourire, Jay désactiva son oreillette, et continua d'avancer. La rue était bondée, mais cela lui allait très bien.
Il avait l'habitude de se fondre dans la masse. C'était même une règle d'or chez les hackers: se montrer ostensiblement, tout en restant parfaitement invisible aux yeux du commun des mortels. L'image du hacker, vissé sur sa chaise de bureau devant son ordinateur, un hoodie sur la tête avait beau avoir un fond de vérité, une fois à l'extérieur, le hacker pouvait être n'importe qui: de l'étudiant bien propre sur lui à la petite grand-mère qui nourrissait les pigeons. Jay le savait très bien, et il en jouait à la perfection. Avec sa dégaine de surfeur fumeur de shit, aucun des badauds autour de lui ne pouvait se douter du génie qu'il était. Et accessoirement, la présence d'un rat qui dépassait de la poche de son sac lui assurait une certaine tranquillité, devant la mine dégoutée que lui lançaient les passants.
Il avait beau être pressé, Jay ne pouvait s'empêcher de jeter fréquemment un coup d'œil sur Sebastian. D'abord parce que, sans lui, il ne serait plus de ce monde, et puis parce que le rat représentait pour lui la promesse qu'il avait fait à Cleo.
Il allait tout réparer. Ses bêtises, sa lâcheté, sa peur qui, des années durant, l'avait empêché de faire ce qui était juste pour ne pas avoir d'ennuis. Comme s'il ne s'en était pas attiré de toutes façons...mais si jusqu'ici, il s'en était toujours tiré sans trop d'embrouilles, cette fois, c'était la femme qu'il aimait, celle qui avait presque miraculeusement accepté de partager sa vie, qui en avait fait les frais. Il ne pouvait pas gâcher ça. La présence de Sebastian dans sa poche ne signifiait pas seulement pour lui le fait non négligeable d'être encore en vie. C'était également le symbole de la confiance que Cleo avait placée en lui. En eux.
"T'inquiète pas Seb', dit-il autant pour lui-même que pour l'animal, on va y arriver tu vas voir."
Comme pour se donner raison, il s'arrêta quelques mètres plus loin au bas d'un immeuble. Placé en plein milieu de la rue, il semblait presque invisible, tant il ressemblait à absolument tous les autres, Typiquement le genre d'immeuble qui, si ce n'était pas précisément celui que l'on cherchait, vous passait totalement sous le nez pour peu que vous ne leviez pas un peu la tête de l'écran de votre téléphone. Mais pour cette fois, Jay était en alerte. Indifférent au flot ininterrompu des passants pressés, il s'arrêta en plein milieu de la rue, et une fois sur le perron, porta la main à son oreille.
"Price...je crois que j'y suis.
- Sans blague, répondit son ami, tu crois vraiment que c'est le moment de te payer ma fiole gamin ? C'est ça, ton repaire de méchante top secret ?
- Bah d'après le GPS et les infos que j'ai pu trouver, c'est là.
Le Mécano Organique partit dans son oreille d'un petit rire sarcastique.
- Bah sans vouloir te vexer, je sais pas où tu les as piochées tes infos, mais à mon avis si t'as cherché pour trouver ça, tu dois vachement te paumer dans le métro ! Sans rire gamin, t'es vraiment convaincu qu'une criminelle aussi recherchée qu'elle irait se planquer dans un truc aussi évident et à la vue de tout le monde ? Tu veux pas sonner à l'interphone, tant que t'y es ?
Jay haussa les épaule, et regarda autour de lui. La rue était bondée. De toutes parts des vendeurs ambulants vendaient en hurlant de la nourriture, des souvenirs en plastique, des peluches et autres attrapes gogos pour touristes. Les odeurs, les bruits et les couleurs s'entrechoquaient dans un kaléidoscope de vie, grouillant comme une fourmilière. En tant normal, c'était le genre d'endroit qui aurait vite donné à Jay des sueurs froides et un rythme cardiaque inquiétant, mais à cet instant, tout cela lui paraissait foncièrement et paradoxalement logique.
- Au contraire, dit-il, ça me parait pas con. Réfléchis Price, si t'étais un criminel recherché, où tu préfèrerais te planquer ? Dans un endroit hyper louche et rempli de criminels de base, ou bien ailleurs...genre...un coin totalement normal, où des centaines de gens défilent chaque minute...le genre d'endroit où n'importe qui peut passer inaperçu ?
- Je trouve ironique que tu demandes ça à un gars qui crèche à l'Iceberg Lounge, ricana Price, mais effectivement, maintenant que tu le dis, je vois la logique...
- Planquer l'aiguille dans le tas d'autres aiguilles, au lieu de la botte de foin...ça me paraît totalement être le genre de Quinn", conclut Jay.
Ce disant, il jeta un dernier coup d'œil rapide dans la rue, et sortit son smartphone. Price avait raison, autant ne pas alerter les éventuels habitants de l'immeuble. Il ne lui fallut que 4 secondes pour pirater l'ouverture automatique de la porte, qu'il poussa prestement, pressé de s'extirper du capharnaüm ambiant de la rue.
Il se retrouva dans un hall d'immeuble Gothamien tout ce qu'il y avait de plus normal. L'endroit était même bien plus accueillant que le sien. Quitte à se planquer, Harley Quinn s'était assurée d'avoir au moins le confort nécessaire. Cependant, Sebastian dut sentir que quelque chose n'allait pas, car Jay vit le rat se recroqueviller au fond de la poche de son sac. Il tapota légèrement cette dernière pour le rassurer, mais lui même devait bien avouer ressentir un certain trouble.
Si l'on pouvait encore entendre le bruit de la rue à l'extérieur, le hall, lui, était totalement silencieux. Un silence lourd, pesant, et, Jay devait bien l'avouer, inquiétant. D'instinct, le hacker se dirigea vers ce qui semblait être la loge du concierge.
Elle était vide. Jay avança vers le fond de la pièce pour étouffer quelque peu le bruit de l'extérieur, et mieux entendre, mais il dut vite se rendre à l'évidence. Il n'y avait pas la moindre vibration sonore dans le hall de l'immeuble.
"Chelou ça..."
Après quelques instants d'hésitation, Jay se dirigea finalement vers les boîtes aux lettres. Le fait de les trouver quasiment toutes pleines de prospectus, de publicités et de courriers encore enveloppés ne contribua pas à le rassurer.
"Gamin t'es là ? s'enquit Price à son oreille, qu'est-ce qui se passe ?
- Rien Price, justement, répondit Jay, l'immeuble est totalement vide.
- Vide ? Qu'est-ce que tu me chantes encore ?
- Je te jure. Y'a pas un chat, les boîtes aux lettres semblent pas avoir été vidées depuis un bail, c'est totalement mort. Comme si tout le monde s'était barré précipitamment.
- Tout le monde, tout le monde ? Eh bah, ça va pas arranger nos affaire ça...t'es vraiment sûr que c'est le bon coin ?
Jay jeta un œil à son smartphone. Il était sûr de lui. Il l'était toujours quand il s'agissait de trouver des infos.
- Pas de doute possible, dit-il, si Harley se cache à Gotham, elle est forcément ici. Toutes les infos que j'ai pu trouver mènent à ce lieu.
- Bah si tu me dis que tout le monde s'est barré...
- Je te dis ce que je...
Il s'interrompit lorsqu'un détail attira son attention. Regardant attentivement le mur de boîtes aux lettres devant lui, il repéra un nom qui, s'il ne lui paraissait pas si familier, dénotait quelque peu au milieu des autres.
- Jay ? s'enquit Price, qu'est-ce qui se passe ?
- Rien rien. Je crois que j'ai trouvé.
La boîte qui correspondait au nom semblait vide. Ce qui, d'office, la plaçait à part des autres, toutes remplies de publicités.
- Il y a un nom sur cette boîte aux lettres: "Frances".
- Et alors ?
- Alors c'est la seule à n'avoir qu'un seul nom écrit dessus, toutes les autres ont au moins une initiale placée devant.
- Eh bah c'est sûrement que celle là n'en a pas.
Jay regarda l'article qu'il venait d'ouvrir sur son smartphone, avec un petit sourire.
- Oui. Ou alors, c'est qu'elle n'a pas voulu les indiquer. Par sécurité.
Harleen Frances Quinzel.
Le véritable nom d'Harley Quinn. Celui sous lequel elle était connue lorsqu'elle était encore une psychiatre respectée. Avant qu'elle ne devienne la marionnette du Joker, et l'une des plus dangereuses criminelles de Gotham.
Ce numéro d'appartement ne pouvait être que le sien.
Jay indiqua sa trouvaille au Mécano Organique, et entreprit de monter les étages qui menaient au fameux numéro. Plus il progressait dans les escaliers, plus il commençait à comprendre l'influence de la criminelle: l'immeuble entier semblait parfaitement silencieux, vide, comme si Harley était parvenue à se débarrasser de l'intégralité de ses occupants. En montant, Jay songea que, si cela devait être le cas, il espérait grandement que ces derniers se soient simplement enfuis. Il aimait autant ne pas tomber sur une montagne de cadavres en poussant une porte.
Arrivé justement devant celle qu'il cherchait, il s'immobilisa un instant pour reprendre son souffle.
S'il ne s'était pas trompé, il s'apprêtait à se confronter à une des personnes les plus dangereuses qu'il avait pu croiser dans sa vie. Ce qui n'était pas peu dire lorsque ces derniers mois lui avaient valu des confrontations avec les Wound Ravens, Amanda Waller et Peacemaker. Mais malgré son appréhension, le hacker pensa à Cleo.
Après tout, elle avait bien réussi à survivre à sa rencontre avec Harley Quinn. Et il était sûr que cette dernière ne partageait pourtant pas le tempérament doux et gentil de sa petite amie. Peut-être Quinn n'était-elle pas aussi folle qu'on le prétendait après tout ?
Pour se donner du courage, Jay gratta doucement la tête de Sebastian, engoncé dans la poche de son sac.
- Ok. T'es prêt Seb' ? Alors on y va.
Par précaution, il sortit son arme paralysante, et poussa doucement la poignée de la porte. Et à sa grande surprise, cette dernière n'était pas fermée à clé ! Elle s'ouvrit tout doucement, et eut même le bon goût de ne pas grincer, au grand soulagement de Jay. Il pénétra dans la pièce en se glissant dans l'embrasure aussi silencieusement que possible, et ne put réfréner une grimace de dégout.
Jamais il n'avait pénétré dans un appartement aussi sale. Des tags et des dessins étaient tapissés partout sur les murs, la plupart d'un mauvais goût absolu. Des plantes mortes reposaient dans des verres qui, jadis, eussent été transparents, mais qui avaient à présent la même couleur que le vieux canapé marron au centre de la pièce, taché de graisse, de sang, et d'une dernière matière dont Jay ne voulait surtout pas connaître la nature. Dans un coin de la pièce, des mouches volaient furieusement autour de restes de viandes déposés nonchalamment dans ce qui semblait être une gamelle pour chien, beaucoup trop petite pour l'énorme pièce de barbaque déposée dedans et à moitié rongée. Autant dire qu'à côté de ce désolant spectacle, l'ancien appart' qu'occupait Jay avant qu'il ne parte un fumée passait pour un loft de styliste.
- Tiens donc...
Curieux, Jay s'avança vers le fond de la pièce, derrière le canapé. Sur le mur, au milieu de la gigantesque cible tracée à la peinture noire dégoulinante, se trouvait un portrait dessiné que Jay reconnut comme étant celui du Joker. Tous les habitants de Gotham connaissaient le célèbre visage du Prince du Crime et son abominable sourire. Mais à présent, sur ce mur, c'était la première fois que Jay le voyait avec des fléchettes, des couteaux et des sabres plantés dedans.
- On dirait que ça s'est terminé en eau de boudin, entre Bonnie & Clyde, ironisa le hacker.
Il se détourna du mur, et jeta un coup d'œil circulaire à la pièce. Hormis l'indescriptible pagaille, celle-ci paraissait vide. Pourtant, Jay sentait tout de même une impression aussi désagréable que familière. Il se sentait observé. Comme si elle était là sans y être.
Jay sentit son pouls s'accélérer. Il respira lentement. Céder à la panique était la dernière chose à faire. S'il s'était trompé, et que Quinn n'était pas là, il ne voyait vraiment aucun moyen simple pour lui d'aller sauver Cleo. Mais au fond de lui, il était absolument certain de la véracité des informations qu'il avait pu trouver.
S'avançant doucement vers le centre de la pièce, il entreprit d'observer le vieux canapé, mais hormis une odeur de rance et de vieux cuir, il n'y trouva rien de significatif. Mais alors qu'il levait la tête en commençant sérieusement à s'inquiéter, quelque chose attira son attention. Jay se redressa, et alla jusqu'au rebord de la fenêtre ouverte. Dessus était posé ce qui semblait être une veste en cuir. Un vieux blouson de style motard, dont le motif afficha un sourire aux lèvres du hacker.
Un motif noir et rouge, à damier. Ajouté à l'inscription dans le dos "Live Fast, Die Clown", il ne pouvait dire qu'une seule chose: il ne s'était pas trompé.
Jay tira sur le vêtement. L'espace d'une seconde, son cœur manqua de s'emballer lorsqu'il sentit une résistance. Il n'eut pas le temps de réagir.
"OK T'AS GAGNÉ ! TU M'AS TROUVÉE !"
Il y eut un brusque mouvement de balancier sur le rebord de la fenêtre, et un violent coup de pied l'atteignit en plein front. Jay se retrouva projeté en arrière sous la violence du coup, et bascula derrière le canapé lorsqu'il le percuta en reculant. Atterrissant lourdement sur le sol dur et froid de l'appartement, il eut l'impression qu'on venait de lui tabasser l'occiput avec un marteau.
"Aaargh ! Bon sang je l'ai sentie, celle là !
Il plissa les yeux pour se protéger du rayon de soleil filtrant à travers la fenêtre avant de se relever, mais ce dernier s'estompa soudainement lorsqu'une silhouette longiligne se plaça devant.
Jay écarquilla les yeux.
Il ne s'était pas trompé.
Devant lui, le surplombant avec un regard fixe, se tenait Harley Quinn.
C'était bien entendu la première fois que le hacker pouvait voir la criminelle d'aussi près, mais il sut instantanément qu'elle n'avait clairement pas usurpé sa réputation de folle furieuse.
Ses longs cheveux blonds, tombant en cascade sur des épaules étonnamment carrées, se terminaient bien par leur teinture rouge et bleue caractéristique, ce qui, Jay pouvait à présent le constater, accentuait à merveille le regard de la jeune femme.
Cette fois, le hacker sentit véritablement l'impression désagréable et flippante de se retrouver devant le regard d'un membre de la Suicide Squad. Celui d'Harley Quinn n'avait rien à voir avec ce qu'il avait pu voir chez Cleo la première fois. Il n'y avait chez elle ni peur, ni inquiétude, ni même de curiosité. Le regard qu'elle avait à cet instant était en tous points semblable à celui que le monde lui connaissait sur les photos de presse dont elle avait eu les honneurs: un regard fou, incontrôlable, imprévisible, et surtout prouvant qu'il appartenait à quelqu'un de véritablement dangereux.
Jay se releva le plus lentement possible en se massant la tempe. Il allait devoir choisir ses mots avec soin.
- Ouais...je me disais bien que le kiné c'était la porte d'à côté...
L'espace d'un instant, la surprise le prit de nouveau mais cette fois, il était prêt. Face à lui, sans même prendre la peine de répondre, Quinn se saisit de l'énorme batte de baseball posée contre le canapé et l'abattit violemment à l'endroit où il se serait trouvé s'il n'avait pas pris la peine de rouler sur lui-même pour l'esquiver.
- Allez ! cria-t-elle, reste tranquille, ça sera pas long mon chou !
- Désolé, couina Jay, mais moi avec les femmes, j'aime bien prendre mon temps !
Il dut esquiver quasiment un coup de batte à chaque mot. Il ignorait la raison de la soudaine hostilité de Quinn, mais elle ne semblait vraiment pas ouverte à la discussion.
- J'ai déjà dit plusieurs fois à Madame Belle Reve que j'avais vraiment pas envie de revenir dans son équipe ! J'ai pas trouvé ça drôle du tout la dernière fois ! brailla-t-elle en s'avançant vers lui.
Tout en cherchant une échappatoire des yeux, Jay répéta ces mots dans sa tête, et la situation le frappa aussi clairement que si cela avait été la batte.
Elle pensait qu'il venait pour Waller. Que, comme Christopher Smith l'avait fait pour Cleo, il était venu pour la capturer et la ramener à Belle Reve. Après tout, cela paraissait logique. Si Waller s'était donné autant de mal pour récupérer Cleo, elle en avait surement fait autant pour tous les anciens membres de la Suicide Squad. S'il voulait s'assurer de rester en vie, Jay avait intérêt à dissiper le malentendu au plus vite.
- Hein ? Belle Reve ?
Il n'esquiva le prochain coup de batte que de très peu. Se roulant frénétiquement sur le sol pour éviter les assauts furieux de Quinn, il tenta de la raisonner en haletant, ce qui, il en avait conscience, était un choix de verbe bien peu judicieux au vu de la personne à qui il s'adressait.
- Ok attends...attends ATTENDS ! Je suis pas là pour...
Il poussa un petit cri aigu lorsque Quinn explosa un vase dans lequel dépérissait une rose fanée, à quelques centimètres de sa tête.
- JE TRAVAILLE PAS POUR WALLER !
Il se retourna pour faire face à la criminelle, qui s'avançait de nouveau vers lui en levant sa batte. Etrangement, elle affichait un grand sourire, comme si elle était en train de beaucoup s'amuser.
- Ah bon ? dit-elle d'un air faussement curieux, ce serait dommage, tu es pas le premier qu'elle envoie pour que je puisse m'amuser.
- Je suis venu pour...ARGH !
Le visage de Jay se tordit de douleur lorsque Quinn se mit à exercer une pression sur son épaule avec sa batte, pile là où se trouvait sa blessure par balle. Le hacker sentit des larmes de douleur perler au coin de ses yeux. Décidément, ses rencontres successives avec les membres de la Suicide Squad n'allaient pas lui laisser d'agréables souvenirs corporels. Il ne fallut pas longtemps à Jay pour remercier le ciel d'avoir fait entrer Cleo par sa fenêtre: les choses se seraient sans doute passées autrement si Harley Quinn avait été à sa place.
Cette dernière, insensible à la douleur du jeune homme, continua d'appuyer sa batte sur son épaule, tout en se baissant devant lui. Elle approcha son visage du sien en souriant. Jay devait bien reconnaître que celui-ci était beau, mais le fait qu'elle ait également approché son pied levé au niveau de son entrejambe le dispensa de tout commentaire.
- Pour "argh" ? interrogea Quinn, ça c'est original dis donc...attends non...c'est exactement ce qu'on dit ceux qui sont venus avant toi. N'est-ce pas Brucie ?
Un bruit de grattement se fit entendre, comme si un animal avançait sur le parquet. Par dessus l'épaule de Quinn, Jay leva un œil, et comprit d'où venait l'odeur famélique de la pièce: une énorme hyène avançait vers eux. La lèvre rouge et la langue pendante, l'animal vint se frotter contre Quinn comme un chat, tout en regardant Jay d'un air carnassier. Le hacker eut une pensée pour Sebastian, qu'il espérait toujours planqué au fond de son sac. Si le rat avait la mauvaise idée de sortir son museau maintenant, il ne donnait pas cher de sa petite peau.
- Qu'est-ce que tu en dis Brucie ? s'enquit Quinn en caressant la hyène comme s'il s'agissait d'un vulgaire chien, celui là à ton avis, il vient pour me baiser ou me buter ?
Agenouillée, elle regardait à présent Jay avec un sourire carnassier, qui ne laissait que peu d'ambiguïté quant à la première impression qu'il lui faisait.
- Ni l'un ni l'autre, bredouilla ce dernier en grimaçant, je suis venu demander de l'aide.
Quinn leva un sourcil circonspect. De toute évidence, elle ne s'était pas attendue à cette réponse. Et à en croire la pression de sa batte qui se fit moins forte sur l'épaule de Jay, sa surprise semblait être bien réelle.
- De l'aide ? pouffa-t-elle, à moi ? Ah ouais, t'es encore plus cinglé que moi toi.
- Waller poursuit les anciens membres de la Suicide Squad, et je cherche à l'arrêter.
Jay poursuivit sans laisser à Quinn le temps de réagir plus longtemps. Il connaissait sa réputation. S'il voulait la convaincre, il allait devoir le faire vite. Employer les bons mots. Ne pas laisser le temps à son cerveau dérangé de réfléchir.
- Elle a déjà enlevé Cleo, et elle est bien partie pour en faire autant avec tous les autres.
L'espace d'un instant, Jay crut que ses paroles avaient fait mouche. Mais, alors qu'il aurait juré qu'un début de sourire était apparu au coin des lèvres de Quinn, ce dernier sembla s'estomper, et la criminelle se releva, caressant sa hyène d'une main, et faisant des moulinets avec sa batte de l'autre.
- Cleo ? grinça la blonde d'un ton ironique, et c'est qui ça Cleo ? Je connais aucune Cleo moi.
Jay écarquilla les yeux. Il s'était attendu à tout sauf à ça. Quinn avait-elle peur au point de prétendre ne même pas connaître le nom de ses anciens coéquipiers ? Soit ça, soit elle était royalement en train de se payer sa tête. Et Jay n'aimait pas beaucoup ça. Il tenta de se redresser, mais décida qu'il valait mieux rester assis par terre lorsque la hyène se mit à le regarder en grognant.
- De quoi ? Mais enfin Cleo, c'est...elle était avec...
Il sursauta violemment lorsque, sans prévenir, Quinn abattit sa batte sur la petite commode à côté de lui, faisant exploser un des tiroirs, qui renversa sur le sol une pile d'argenterie. Puis, elle l'attrapa par le col en lui collant sa batte sous le nez. Jay crut sa dernière heure arrivée, mais de toute évidence, Quinn semblait d'humeur joueuse.
- Allez dis moi, c'est quoi "Cleo" ? Un nom de code ? Un méchant ? Un poisson ? Oh, je suis sûre que c'est un poisson !
Jay roula des yeux. Il voulait bien profiter des divagations de la criminelle, mais si elle ne lui laissait pas en placer une, il allait avoir du mal à expliquer quoi que ce soit. Tâchant tant bien que mal de ne pas montrer qu'il s'impatientait, il soupira:
- Cleo Cazo. Ratcatcher 2. Ton ancienne coéquipière. Au Corto Maltese.
Instinctivement, il leva la main pour se protéger. Il avait eu beau dire les choses le plus simplement possible, il n'était pas sûr que cela suffise pour outrepasser la folie furieuse de la personne en face de lui. Il attendit le prochain coup, mais rien ne vint. Il entrouvrit prudemment un œil pour en avoir le cœur net.
Quinn semblait en pleine réflexion, comme si elle était parvenue à saisir quelques bribes de souvenirs à travers les mots de Jay. Finalement, elle se tourna vers lui et s'enquit:
- Ratcatcher 2 ? Au Corto Maltese tu dis ? Attends, ça me dit un truc...une fille ?
- Oui, acquiesça Jay du tac au tac.
Si la criminelle sentait poindre dans son cerveau un début de piste, autant ne pas la laisser lui échapper.
- Avec des cheveux noirs et un accent rigolo ?
- Oui oui !
- Elle a pas un masque un peu flippant, genre comme un éboueur de l'espace ?
- Absolument !
- Et elle fait venir plein de rats mignons autour d'elle, c'est ça ?
- C'est exactement ça !
Jay souriait presque. Si Quinn la remettait, il était quasi certain que Cleo pourrait compter sur son aide. Mais alors qu'il sentait l'espoir revenir, il sentit son cœur tomber dans sa poitrine comme une pierre lorsqu'il la vit hausser les épaules d'un air maussade:
- Humm...non, désolée, jamais entendu parler.
Jay n'en croyait pas ses oreilles. Elle était en train de se foutre de lui ! D'abord elle le menaçait de l'émasculer à coups de battes, et ensuite elle le faisait tourner en bourrique ! Il avait beau être dans une situation peu enviable, il sentit une colère sourde monter en lui.
Harley Quinn était peut-être qui elle était, mais il n'avait pas l'intention de la laisser se payer sa tête pendant des heures alors que Cleo était en danger.
- Non mais c'est pas vr...
- Navrée, le coupa Quinn en reposant sa batte sur son épaule, je crois que je me souviens un peu de quelqu'un comme ça, mais bon, des copains morts, j'en ai eu plein dans l'équipe de barges de Madame Waller. C'est dommage, je les aimais bien.
Elle fit un signe à sa hyène, qui recommença à avancer vers Jay en se léchant les babines.
- Je sais pas qui t'es, ni ce que tu lui veux à Ratcatcher, mais j'ai bien appris une chose ces dernières années: faut jamais parler aux inconnus.
Elle leva une dernière fois sa batte. Jay soupira.
- OK. Fait chier..."
Il n'avait pas le choix. Les minutes s'égrenaient, et, en complément de son inquiétude pour Cleo, le hacker n'avait pas envie de voir Price s'impatienter et débouler dans l'immeuble.
Tout alla très vite.
Avec un sourire carnassier, Harley Quinn abattit sa batte, mais cette fois, Jay était prêt.
Ignorant son mal de crâne, il roula sur le côté, et, tandis que le coup de Quinn rencontrait le vide, il envoya son pied dans le genou gauche de la jeune femme. Cette dernière poussa un cri, et tomba sur le sol lorsque sa jambe céda sous la douleur. Sans attendre, Jay s'arc-bouta contre le mur dans son dos, et bascula en avant pour se relever.
Il fut aussitôt de nouveau sur pieds, mais il n'en avait pas terminé. Face à lui, la hyène de Quinn n'hésita pas, et lui sauta au visage, toutes dents dehors.
Instinctivement, le hacker leva un bras pour se protéger, et dut se retenir de hurler lorsque la mâchoire de l'animal se referma dessus. Il eut l'impression que son bras venait de se prendre dans un piège à ours. L'espace d'un instant, il songea à secouer le bras pour que la hyène le lâche, mais il n'avait pas le temps de tergiverser. Quinn allait se remettre sur pieds d'une seconde à l'autre.
Mais alors qu'il tentait désespérément de porter la main dans son dos pour atteindre sa clé à molette, il sentit du mouvement dans la poche de son sac.
Rapide comme l'éclair, Sebastian, qu'il avait presque fini par oublier, s'extirpa de la poche, et grimpa sur son épaule et son bras pour atteindre la tête de la hyène de Quinn. La douleur commençait à devenir difficilement supportable pour Jay, aussi failli-t-il crier de joie lorsque Sebastian planta ses dents dans l'oreille de son agresseuse, et que cette dernière le lâcha en couinant.
D'un mouvement brusque, Jay retira son bras meurtri de la portée de l'animal, et, sans attendre, profita des quelques secondes de répit offertes par Sebastian pour sortir son arme paralysante.
Il n'eut besoin que d'un souffle, et d'un grognement derrière lui, pour se décider. Il fit volte face, l'arme au poing, et se retrouva face à face avec Harley Quinn.
Cette dernière, elle aussi, le pointait désormais avec un énorme pistolet, qui devait bien faire deux fois la taille de sa main et qui, Jay en était sûr, n'était pas du tout chargé avec des munitions paralysantes.
"Tu parles pas aux inconnus hein ?
Il n'avait plus le temps de palabrer. S'il embarquait Quinn dans son entreprise, il devait le faire maintenant, ou pas du tout. Il parla vite, et avec toute l'assurance dont il était capable.
- OK, alors je me présente: je m'appelle Jay Gallagher, et non, je suis pas Irlandais. Je suis un hacker. C'est ce que je fais pour gagner ma vie. Et Ratcatcher 2, c'est ma copine.
Votre ancienne employeuse, Madame Waller, a visiblement décidé de s'en prendre à tous ceux qui faisaient partie de son escouade suicide hyper secrète à la con. Et donc, à elle.
Qu'on me menace, qu'on me pointe avec un flingue ou qu'on me tabasse, j'en ai rien à cirer, pour ainsi dire, j'ai l'habitude. Mais qu'on se pointe chez moi, et qu'on embarque ma nana sous mes yeux pour la foutre en taule gratuitement, ça, je compte pas laisser passer.
Il parlait sans s'interrompre, d'une seule traite, et sans prendre le temps de souffler. La main fermement crispée sur la poignée de son arme, il continuait de la pointer sur Quinn. Et, chose, qui le faisait lui-même halluciner, il la pointait sans trembler.
- Alors voilà qui je suis: je suis celui que tu vas aider à aller récupérer Cleo. Celui qui va aller à Belle Reve, qui va mettre un joli coup de pied dans sa belle petite fourmilière, et accessoirement, je suis celui qui va exploser la tronche à Amanda Waller !
Un ange passa lorsqu'il eut fini de parler. Face à lui, Quinn resta interdite, et se contenta de le fixer avec un regard vide qui ne laissait pas transparaître la moindre émotion.
Jay devait bien admettre qu'elle était très forte. Si c'était là sa façon de ne rien montrer de l'effet que ses paroles produisaient sur elle, c'était foutrement réussi. Plus il y pensait, plus il réalisait à quel point la femme en face de lui pouvait être dangereuse. Il avait traîné avec suffisamment de personnes louches pour savoir qu'il n'y avait rien de pire que quelqu'un dont il était impossible de prévoir les pensées ou les actes.
Le hacker se mit à espérer très fort qu'elle ne tenterait rien de stupide. Le poids de son arme commençait à se faire sentir sur son bras tendu, et il ne pouvait s'empêcher de regarder du coin de l'œil la hyène derrière Quinn, qui le regardait à présent d'un air féroce en se léchant les babines. Il sentit dans son dos Sebastian s'agiter dans la poche de son sac, et dut réprimer un frisson de stress qui parcourut son échine.
Ses battements de cœur venaient de s'accélérer. Le souffle court, Jay sentit sa tempe palpiter alors qu'inconsciemment, il commença à baisser le canon de son arme.
Il était vraiment dans la me...
- Eh bah ça...t'as pas la p'tite lumière rouge !
Jay écarquilla les yeux. Le visage de Quinn venait enfin de bouger. Elle affichait à présent un petit sourire, et bien qu'il n'aurait pas su dire s'il était sincère ou non, ce n'était pas là sa première source d'incompréhension.
- Pardon ? s'enquit-il, la quoi ?
- La p'tite lumière rouge ! expliqua Harley, celle qui s'allume dans ma tête lorsque je reçois le signal ! Tu sais, ce signal louche qui me crie en permanence "Alerte psychopathe !" lorsque je rencontre un mec. Bah toi, je sais pas comment dire mais...tu l'as pas. Comment tu fais ça, c'est très bizarre...
Abasourdi, le hacker bredouilla, sans trop comprendre où elle voulait en venir.
- Euh...et bah...je...c'est probablement que je ne suis pas un psychopathe.
Au fond de lui, il trouvait particulièrement culotté de sa part que Harley Quinn se permette de qualifier qui que ce soit de psychopathe, mais quelque chose lui disait qu'il valait mieux garder cela pour lui.
Eberlué, il regarda la criminelle baisser son arme, et lui faire un grand sourire. Sourire qui lui donnait étrangement un air de petite fille, mais Jay ne s'en laissa pas compter: il avait bien compris à qui il avait affaire.
- Alors, on y va ?
Il faillit avaler de travers.
- Quoi ? Mais qu'est-ce que...
Face à lui, Harley se mit soudainement à refaire ses tresses, et ceignit sa batte à sa ceinture avant de se pencher vers sa hyène, comme s'il s'était agi d'un simple chien.
- OK Brucie alors tu vas rester bien sage, Maman va sortir un peu pour aller casser des trucs et des gens avec le Monsieur, toi tu restes ici et si tu es bien sage, je te ramènerai une des bonnes grosses cuisses dodue de Mamie Waller !
Jay la regarda caresser affectueusement la tête de l'animal, avant qu'elle n'aille chercher son blouson. Puis, il la regarda s'affairer dans quelques tiroirs, et la vit en sortir des armes, des munitions, des grenades, et il crut halluciner lorsqu'elle balança négligemment un lance roquettes sur son épaule.
Les yeux ronds comme des assiettes à soupe, il se risqua à demander:
- Euh...Quinn vous..vous faites quoi là ?
Il sursauta presque lorsqu'elle se retourna brusquement et que le bout du lance-roquettes faillit lui casser le nez. Elle lui tendit la main avec un grand sourire, sans faire attention à son air ahuri.
- Oh je t'en prie mon chou, appelle moi Harley ! Désolée pour le coup de pied tout à l'heure, si j'avais su qu'on allait faire équipe...
Jay n'en croyait ni ses yeux ni ses oreilles. Non, ça ne pouvait être aussi simple...il pouvait comprendre que Harley Quinn soit d'un tempérament instable, mais à ce point là...
- Mais...mais alors...vous ve...euh, tu..tu viens ?
- Et comment que je viens ! Je sais pas qui c'est ta Cleo, mais si elle connait Ratcatcher 2, alors elle doit être très gentille. Et puis j'aime bien ton idée: ça fait longtemps que je suis pas allée m'amuser un peu à Belle Reve et puis...comment c'était déjà ? Ah, oui ! "Exploser la tronche à Amanda Waller !", j'adore ! Bon, on y va ?
Elle n'avait même pas fini sa phrase qu'elle enjamba les débris d'un vase brisé dont les fleurs et l'eau croupie se déversaient sur le tapis, et se dirigea vers la porte, sautillant joyeusement comme une petite fille qui allait jouer dehors.
Jay avait l'impression d'être sur une autre planète. Il échangea un regard circonspect avec Sebastian par dessus son épaule, et vit le rat hausser les siennes, comme pour l'inciter à la suivre.
Il emboîta discrètement le pas à Harley, tentant de la rattraper. Il arriva à sa hauteur alors qu'elle commençait à descendre les escaliers pour retourner dans le hall.
- Euh, Qui...Harley ? Je...tu..enfin je suis pas sûr que...y'a du monde dans la rue...tu vas vraiment sortir avec tout ça ?
- Tu as dit qu'on allait rendre visite à Waller, je lui ai pris quelques petits cadeaux. T'inquiète, tu pourras les utiliser aussi si tu veux ! Après tout, comme on dit, les amis de mon ennemie sont pas mes meilleurs ennemis !
Jay réprima un facepalm.
- Tu veux dire "les ennemis de mon ennemie sont mes amis" je suppose ?
Harley partit d'un grand rire.
- Voilà c'est ça ! T'es fort à ce jeu ! Où avais-je la tête ?
Cela faisait un bon moment que Jay se posait exactement la même question, mais là encore, il préféra s'abstenir de tout commentaire.
Il s'apprêtait à sortir en pleine rue bondée, aux côtés d'une Harley Quinn armée jusqu'aux dents. Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?
Il tenta de se convaincre qu'elle avait un autre plan en tête, mais alors qu'il essayait de positiver, elle se tourna vers lui, la bouche en cœur, et demanda:
- Mais du coup, j'ai toujours pas compris si tu voulais me mettre dans une tombe ou dans ton lit...
Jay se frotta les yeux de fatigue.
Price allait adorer.
