À mon réveil, je me sens tout à fait normal. Ce rêve était flippant, vraiment ! Moi ? Un chat ? Mais où est ce que je suis allé chercher ça encore ?
Quelque chose vient me chatouiller la joue et je réalise, d'une part, que ça m'appartient, et d'autre part, que je suis plus dans la merde que ce que je pensais. J'ouvre les yeux, vois le bout de ma queue me passer devant la tête.
Et merde.
Je soupire, à savoir « ronfle » en langage de chat et me tourne sur le dos pour m'étirer.
Alors c'est ça ? Je suis un chat, incapable de se débrouiller seul ?
Et j'ai toujours une patte en vrac.
Je me lève, finis de m'étirer et remarque, enfin ! si je puis dire, que Nagato est installé à un mètre de moi, un café à la main, la tête dans le cul.
Ahahahaha, la tronche qu'il a au réveil !
Les cheveux en bataille, les yeux cernés.
Il me jette un regard blasé pendant que je me moque, intérieurement. Je ne crois pas avoir déjà vu un chat rire en fait. Étrangement, un léger sourire apparaît sur ses lèvres quand il me voit. Il me murmure de pas bouger et s'en va tandis que j'entreprends une toilette sans trop contrôler mes mouvements. Mes pattes, que je passe doucement sur ma tête pour la nettoyer, mon dos, ma queue, même mon ventre ! J'ai jamais été aussi souple !
Il revient avec un bol et le pose par terre avant de me mettre devant. Tain, il m'a servit du lait !
Je le regarde en miaulant et il sourit en disant :

- C'est du lait ! Tous les chats boivent du lait !

Je suis pas un putain de chat !

Bon, pour le coup, j'en suis un, mais du lait ?
Une douce odeur sucrée remonte dans mes narines et je me décide de gouter. Ah, c'est pas si mauvais en fait. Si bien que je finis le bol, allant même lécher les dernières gouttes, tout au fond. Il me reprend ensuite par le ventre, ce qui n'est pas spécialement agréable et me repose sur le canapé en disant :

- Je m'habille et je t'emmène au véto.

Ah cool !

Comment ça, au véto ? Tu vas quand même pas me faire piquer, connard ! Non mais !
Je lui souffle dessus mais il m'ignore et s'en va.
Tain, la prochaine fois que je le vois, je le tue !
Bon, qu'est ce que je pourrais faire en attendant ? Déjà, vu qu'il fait jour, une exploration s'impose ! D'ailleurs, la pièce est plutôt belle. Comme je l'avais vu, hier soir, c'est une grande pièce, sur parquet avec de grandes fenêtres en une sorte d'arc de cercle. Très lumineux.
Première difficulté, descendre du canapé sans atterrir sur ma patte !
Oh, l'idée parfaite me vient en pensée. Je m'accroche avec les griffes sur le tissu et laisse mes fesses pendre dans le vide. Je me tire au maximum et frôle le sol du bout des coussinets. Ça n'est qu'à ce moment là que je rétracte les griffes de mes pattes avant et je tombe gracieusement sur le sol sans souffrir. Je suis parfait en fait.
Je fais ensuite un petit tour sous la table basse, où sont posés plusieurs magasines littéraires. Pas le genre de trucs que je lirais !
La seconde difficulté m'apparait rapidement.
Le salon est en contre bas, de deux marches, par rapport au reste de l'appartement.
Soupir intérieur. Il pouvait pas vivre dans un taudis avec une seule pièce ?
J'escalade les marches du mieux que je peux et me dirige vers ce qui ressemble à la salle à manger. De grandes chaises en fer forgé sombre avec des assises en tissu noir, une table du même genre avec un plateau en verre.
C'est classe ici !
En jetant un regard circulaire à la pièce, je remarque pas mal de plantes vertes, sans fleurs.
Je me dirige ensuite vers le coin cuisine planqué derrière un grand bar. Il y a plusieurs lampes descendant sur le bar, un grand frigo, plein de placards mais je ne vois pas le reste. La porte d'entrée et en face de la cuisine en fait. En gros, quand on entre, en face, y'a la cuisine et un couloir menant aux autres pièces, à gauche, la salle à manger, le coin salon.
Je parcours ensuite le couloir. Plusieurs portes sont fermées et je ne peux, malheureusement pas les ouvrir. Une des portes mène à une grande salle de bain avec baignoire, douche et un lavabo sur un gros meuble prenant la largeur de la pièce. Une autre vers des toilettes.
La dernière est entrouverte. Je la pousse de la tête et me retrouve dans la chambre principale. Il y a une grosse armoire à gauche de la porte. Je me faufile, sentant à nouveau le chatouillement dans mes joues et regarde un peu partout. Un grand lit entouré de tables de chevet avec une couette en vrac, une commode. Une porte fenêtre menant à un grand balcon.
Nagato est devant sa penderie, en train de choisir ses fringues et est … et bien .. en boxer. Je me détourne rapidement.
Ce chat là n'aime que les chattes !

- Tu visites ?

Miaulement. Tu t'attends à ce que je te réponde, du con ?
Je me pose devant la porte fenêtre pour regarder dehors. On est loin de mon quartier. Sûrement proche du centre, dans une de ces grandes tours.
Ah tiens, un oiseau ! Et si je le bouffais ?
… Merde, j'en ai pas que l'apparence mais aussi ces putains d'instincts me dictant de faire n'importe quoi.
Et pendant que je suis dans mes pensées, je n'entends pas vraiment Nagato arriver derrière moi. J'ai sentit mes oreilles se coucher, indiquant qu'un bruit venait de derrière mais je n'ai encore pas réagit.
Il me soulève doucement et me place dans le bas d'une boite à chaussures. Mais ça va, il a mit un truc doux au fond. J'échappe à une nouvelle caresse et il me sourit en disant qu'il m'aurait.
Tu peux toujours rêver !
Il me transporte ensuite dans l'appartement, met rapidement ses chaussures et sort. Et il a un putain d'ascenseur, lui !
En descendant, je me rends compte d'une chose. Ca fait longtemps que j'ai pas pissé.
Tant pis, je me retiendrais !
On arrive au rez de chaussé. Merde, ça change vraiment de mon taudis ! Il y a un grand hall, plusieurs rangées de boites aux lettres .. Un gardien qui nous ouvre la porte ! La grande classe !
Bon, par contre, il conduit pas. On dirait qu'il a appelé un taxi exprès ! Il fait pas si jeune que ça, pourtant. Il a quoi ? Vingt deux ? Vingt trois, peut être ?
Plusieurs minutes plus tard, il dit au taxi de laisser le compteur tourner et nous sort de la voiture. Il pense mettre combien de temps, pour ça ?
Il m'emmène dans une petite salle d'attente, avec beaucoup, mais alors, beaucoup trop d'odeurs. À côté de Nagato, il y a une petite dame avec un caniche et je sens les poils sur mon dos se hérisser quand celui ci me regarde, un peu trop curieusement.
Et si c'était un mec comme moi, enfermé dans un corps d'animal ?
À l'appel de son nom, Nagato se lève et suit une secrétaire sexy le long d'un couloir avant d'entrer dans une petite pièce. Il pose la boite sur la table et je regarde autour.
Bordel, il ne va quand même pas me faire piquer ?
Un .. Une vétérinaire entre, une minute plus tard et Nagato semble la connaître. Ils se font une grande accolade. En la détaillant rapidement, elle a les cheveux bleus, un piercing à la lèvre, un visage agréable. Et un bon 95D.
Une fois les politesses échangées, elle se tourne vers moi, me sortant de ma boite et me pose sur la table. Nagato s'approche et dit :

- Je l'ai trouvé hier soir, en faisant mes courses. Il était à ce magasin, dans lequel je vais tout le temps, tu sais ?
- Celui ouvert de nuit ?
- Voilà. Il semblait terrorisé alors je l'ai ramené à la maison. Je lui ai donné un peu de jambon, du lait mais je crois qu'il souffre à sa patte droite.

Tu crois ? Je souffre le martyr, connard !
La belle vétérinaire caresse doucement ma tête et je me laisse faire, ronronnant, tout bonheur. Elle sent bon en plus. Un mélange de .. de phéromones et de parfum au jasmin. Je frotte même volontairement le coin de ma bouche à sa peau. Elle glisse ensuite les doigts sur ma patte que je retire rapidement et elle dit :

- Il a peut être fait une mauvaise chute.

Oui, y'a un connard qui m'a chopé par la tête pour se moquer de moi !
Le docteur récupère un petit appareil qu'elle me passe sur le corps avant de dire :

- Pas de puce, pas de tatouage. Sûrement un chat errant.

Ou un humain transformé en chat. Possible aussi !
Nagato approche sa main de moi pour me caresser mais je me recule et … mes pattes arrière partent dans le vide. Je me retiens, in extremis avec mes pattes avant et il me remonte sur la table en souriant.
Vas y, moque toi, je te ferais regretter ce sourire.
D'ailleurs ! J'ai une envie pressante que j'aimerais bien satisfaire.
Bon, comment je fais ça moi ? Non parce que pisser debout, en se tenant d'une main, pas sûr que ça soit un comportement de chat.
Je profite qu'ils me tournent le dos pour me lâcher, là, sur la table en inox. Je panique quand même en sentant le liquide toucher mes coussinets et m'écarte de la petite flaque en secouant les pattes avant de m'asseoir, fièrement, à côté de ma connerie.
Quand ils reportent leur attention vers moi, Nagato pose une main sur sa bouche et murmure :

- Oh, Konan, je suis vraiment désolé !
- T'en fais pas, ca arrive souvent ici !

Elle récupère un peu de tissu essuie-tout et l'applique sur ma bêtise avant de me bander la patte en disant :

- Ca l'aidera un peu mais pour une foulure, on peut pas faire grand chose.
- Tu .. Tu crois que je peux le garder ?

Comment ça, le garder ? J'appartiens à personne moi, oh !

- Je pense que oui. Il doit avoir six mois, donc il est sevré. Il a sûrement été abandonné, ou né d'une mère sauvage. Je t'apporterai un bouquin pour t'aider, si tu veux.
- Et pour ses yeux ? Ils sont violets quand même !
- Sûrement une tare génétique mais rien de grave.

Hé ! C'est toi la tare avec tes cheveux bleus !

- Donc, évites de l'embêter au début, le temps qu'il se fasse à son environnement. Tu le laisses découvrir, et pour ta main, tu la désinfectes dès que tu rentres. Je lui fais rapidement des vaccins et tu pourras y aller.

Vaccins .. ? VACCINS ! Piqures !
Trop tard. Elle m'attrape doucement par la peau du coup, y attache une petite pince qui m'empêche totalement de bouger.
SORCIERE ! ANNULE DONC TON MALEFICE ET RENDS LEUR LIBERTE A MES PATTES !
Oui oui, je parle bien à cette Konan.
Je sens un petit pique en dessous de ma nuque et elle annonce que c'est terminé en enlevant la pince. Je me précipite dans la boite, boitant encore plus à cause du bandage qui m'empêche de plier la patte et ferme les yeux. J'entends Nagato rire avant de sentir la boite se mettre en mouvement et ça n'est qu'une fois que je sens l'air frais que je rouvre les yeux. Le taxi est, effectivement, toujours là et nous attend. Nagato y entre et demande au chauffeur de nous ramener.
Et il paye en cash devant mes yeux hallucinés !
Il me remonte à son appartement, me pose doucement sur le canapé en disant qu'il revient dans vingt minutes.
Je me sens faible. Cette Konan m'a injecté je ne sais quel produit et voilà que je somnole sur le canapé, au soleil. Je pense même m'être endormit.
À mon retour dans le monde des vivants, je sens des doigts chatouiller doucement mon ventre rond. Hé ! Elle t'a dit de me foutre la paix non ?
Je m'étire, baille largement et essaye de virer la main envahissante de mes pattes arrière, bien qu'un ronronnement s'élève dans ma gorge. J'ouvre les yeux et vois Nagato me sourire. Il murmure :

- Tu es vraiment capricieux, toi.

Je suis pas capricieux ! J'étais en train de me faire caresser par un mec ! Ramène donc cette Konan, elle peut me caresser autant qu'elle veut, elle !
Je me lève, tant bien que mal et descends du canapé avec la même technique que la dernière fois avant d'aller m'aventurer, à nouveau, dans l'appartement. Il a placé une litière dans les toilettes.
Hors de question que je fasse mes besoins là dedans.
Ah, et il y a deux belles gamelles pour moi, collées contre la largeur du bar. L'une contient de l'eau tandis que l'autre est vide. Désespérément vide.
Par contre, une porte est mal fermée ! Je la pousse doucement du museau, nouveau chatouillement dans les joues et entre dans … une buanderie. Il y a une grosse machine à laver, des fils pour étendre le linge, et ça sent la lessive. J'en ressors et vois Nagato passer pour entrer dans une autre pièce, mais celle là, il ne me laisse pas y accéder.
Alors je vais dans sa chambre. Pour me venger. Je me place à nouveau devant la porte fenêtre pour regarder la vue et reste là plusieurs minutes avant de m'étendre de tout mon long. Ça fait un bien fou !

Ça a l'air plutôt cool, en fait, la vie d'un chat.