Et je dors comme ça jusqu'à sentir des doigts sur mon ventre. Ah, ça ressemble pas aux doigts de Nagato ça. Ni à son odeur. J'ouvre les yeux et vois la belle Konan penchée sur moi. Oooh, quel belle vue sur ses pare-chocs ! Je fais mine de m'étire pour y poser les pattes et elle murmure :

- Alors, terreur, on fait des misères à Nagato ?

Moi ? Rien du tout ! Je suis tout ce qu'il y a de plus sage ! La preuve, il est encore vivant !
Hé, Nagato, passe pas derrière elle sans regarder ses fesses, merde ! Elle est quand même en position, prête pour une levrette là ! Matte et attaque !
Konan enlève doucement le sparadrap accroché à mes poils et je me redresse pour me réveiller un peu. Je baille et elle me soulève pour me poser sur ses genoux et me caresser doucement pendant que Nagato lui sert à boire.

- C'est grave qu'il ait retiré son bandage ?
- S'il l'a fait, c'est qu'il se sentait mieux. Ne t'en fais pas, les chats sont très instinctifs.

Je m'étire un peu, pose la tête sur un de ses genoux tandis qu'une de mes pattes arrière va se glisser sous sa petite jupe.
En fait, ça a du bon d'être un chat.
Mon « maitre » soupire.

- Comment tu fais ? Je peux à peine le caresser, moi !
- Laisse lui le temps de s'habituer.

Ou pas ! T'es un mâle, Nagato. Je t'ai laissé faire, ce matin, parce que tu semblais en avoir besoin mais ne vas pas croire que ça va être le cas à chaque fois !

- Il a trouvé sa litière ?
- Ouais. Il a un comportement un peu bizarre, des fois, mais rien de bien grave, je pense.
- Il t'a réveillé ?
- Oui ! J'avais l'impression qu'il allait mourir de faim si je me levais pas dans la seconde.
- Au moins, il te considère comme son maitre. Il sait que c'est toi qui lui donne.

Nagato soupire et murmure :

- J'ai toujours rien trouvé pour ma nouvelle.
- Ça viendra ! T'es un écrivain de talent.
- Mais du comique ! Comment veux tu que j'écrive du comique ? Le tragique, dramatique, sur fond d'aventure épique, je t'en écris des milliers de mots, mais faire rire les gens …

Décris leur ta tête au réveil, ça sera parfait !

- Change toi les idées un peu. Sors, prends l'air, ça te fera du bien.

J'aimerais bien sortir, moi aussi. Allez en boite, me bourrer la gueule, BAISER !
Merde, ça a pas des saisons de reproduction, les chats ? Je redresse la tête. Quoi ? Si je reste comme ça, je vais plus pouvoir baiser quand je veux ? On est en quelle saison déjà ? Printemps ? Oh, c'est bon pour moi, ça ! Je vais aller me trouver des minettes et en profiter.
Et si je pouvais pas ? À cause de ma condition. Merde, je peux ou pas ?
Je soupire en m'étirant un peu. Qu'est ce qu'elle sent bon, Konan. Pourquoi tu lui fais pas d'avance ? Regarde, tu l'embrasses, tu la caresses et tu l'emmènes dans ta chambre ! Pas si dur que ça, je le fais presque tous les soirs !
A moins que tu sois puceau … Bon, vu ta tête, c'est peut être le cas, après tout !
Konan reste une bonne partie de la soirée, et ils dinent en tête à tête alors que je dois me contenter de ma pâté. Malgré toutes mes supplications pour avoir un morceau de jambon. Elle est ferme, Konan, quand elle dit que si on me donne rien, j'arrêterais de quémander.
Deux jours passent. Nagato reste pendant tout ce temps dans son bureau, les yeux paumés sur sa page blanche. Jusqu'à ce qu'il se lève, brusquement, en râlant. Je le regarde passer dans le couloir. Je squatte son lit dès qu'il en sort. C'est vachement confortable !
Ça n'est qu'en l'entendant passer sa veste que je me lève. Je galope vers lui et le regarde faire. Il sort jamais. Ses placards et son frigo sont pleins. Qu'est ce qu'il va faire, hein ?
Il me regarde un court instant avant de me caresser en disant qu'il va faire un tour.
Héééé ! Je veux venir !

- Non non non, tu restes là toi.

Allez, fais pas l'enfoiré, prends moi avec toi ! J'ai même pas le droit de sortir sur le balcon quoi !

- Non. Tu es un chat !

Et j'ai besoin de sentir l'air frais, Merde !
Il enfile ses chaussures, entrouvre la porte et je sors agilement avant d'aller m'asseoir devant l'ascenseur. Il soupire, essaye de m'attraper mais je lui échappe plusieurs fois.

- J'ai même pas de laisse !

Allez, je serais sage et je resterai dans le coin ! Laisse moi sortir !
Je te ferais un câlin !
Il soupire une dernière fois avant de claquer la porte et d'appeler l'ascenseur. Il me prend quand même dans ses bras, attrape mon collier, sûrement pour pas que je parte.

- Je fais quoi, moi, si tu t'enfuis ?

Mais je le ferais pas ! Je préfère ma vie de chat à ma vie d'homme ! Au moins, je suis pas menacé tous les jours, je dors quand je veux, et je fais à peu près tout ce que je veux ! Je peux même me lécher les couilles sans que ça choque personne !
En arrivant en bas, il me sert un peu plus fort contre lui. Le gardien nous regarde bizarrement mais ne dit rien. Je ne suis pas certain qu'il puisse dire quelque chose, de toutes façons. Il risquerait de perdre sa place je pense.
Une fois dehors, je m'étire doucement et Nagato me caresse.

- Il y a un parc, pas loin, si je me souviens bien.

Pose moi, nom d'un chien ! Je sais marcher ! T'as l'air d'un clown avec un chat dans les bras !
Il se dirige rapidement vers le parc dont il a parlé et s'installe sur un banc en me posant sur ses genoux. Il me caresse doucement.

- Voilà, tu es dehors, heureux ?

Je serais heureux si tu me lâchais en fait ! Y'a plein d'odeurs que je connais pas et j'aimerais bien aller les découvrir !

- Si je te lâche, tu reviendras ?

T'auras qu'à m'appeler !
Ses doigts se détendent doucement et il lâche enfin mon collier, d'un air un peu craintif. J'en profite pour m'étirer, descendre du banc et regarder autour avant d'aller gambader dans l'herbe. Oooh, ça fait du bien ! En plus, je cours vite ! Et je peux même grimper aux arbres, faire mes griffes sur une branche, essayer d'attraper un oiseau .. le louper et me retrouver accroché à la branche, l'arrière train dans le vide.
Merde, heureusement que j'ai de la force dans mes pattes avant pour remonter.
Je fais comment pour redescendre déjà ?
Allez, spider cat marche le long du tronc, saute et c'est une réception parfaite !
J'adore cette vie !
Nagato me regarde faire en se marrant. Tu comprendrais si t'étais aussi un chat ! C'est super agréable de se défouler, se rouler dans l'herbe fraiche.
C'est quoi ces gosses qui viennent me voir ?
Merde ! Faut que je m'enfuie ! Je galope l'autre côté de la pelouse mais ils me suivent. Qu'est ce qu'ils sont cons ! Argh, un chien ! Activation du mode attaque !
Bon, il me fout la paix, je suis tranquille mais pas pour longtemps vu que les gosses me rattrapent ! Nagatooo, aide moi au lieu de te fendre la poire !
Je retourne sur le banc, m'installe en équilibre sur le dossier et lèche doucement ma patte en les regardant de haut.
J'ai la classe, moi, les mioches !
Oh merde, y'en a un qui arrive à monter sur le banc. Et Nagato l'aide ! Merde, t'es de quel côté toi ! Je recule la tête pour éviter qu'il me touche, prends l'équilibre et me retrouve par terre, derrière le banc mais sur mes pattes. Nagato m'appelle et je suis bien obligé de m'approcher de lui. Qu'est ce qu'il ferait, sans moi ?
Je monte sur ses genoux et il attrape mon collier en disant aux jeunes de me caresser. Sale traitre, tu me le paieras ! Je lui jette un regard noir tandis que des mains collantes viennent appuyer sur ma tête, mon dos, jusqu'à ce que des parents viennent les récupérer.
C'est bon, tu peux me lâcher, maintenant !
À peine libre, je me dirige vers de grandes haies. Il y a de bonnes odeurs, par là. Mais que vois-je ? Une souris ? Oh, ca sent bon ! Et ça a l'air bon ! Je la course pendant à peu près trente secondes avant qu'elle aille se planquer dans un trou, et malgré toutes mes tentatives, impossible de la récupérer.
Ça n'est que partie remise.
J'entends ensuite Nagato m'appeler et le rejoins sur son banc. Il se lève, me fait un signe de tête et prends le chemin pour rentrer à l'appart. Bon, je tiens plus du chien, quand je le suis sans le perdre de vue mais ça me dérange pas vraiment. Après tout, il me nourrit et me loge gratuitement.
Je vois tout de même pas mal de monde s'écarter à notre passage. Hé ouais ! Je suis un chat bien dressé, moi ! Je m'arrête même au passage piéton pour attendre que le feu passe au rouge et qu'on puisse traverser. Enfin, je vois pas le rouge. C'est bizarre, j'ai l'impression d'avoir ces lunettes de soleil à verres colorés, vous savez ? Tout semble bleu/vert. Ça fait super bizarre. Et avec quelques expériences, j'ai constaté que je vois mieux les choses en mouvement que les objets fixes.
On rentre rapidement et il me regarde un moment pendant que je vais reprendre ma place sur son lit. Il s'enferme rapidement dans son bureau et n'en sort pas de la nuit. Ça n'est qu'au matin que je l'ai sentit se coucher. Je le regarde en ronronnant et il caresse doucement ma tête.

- Tu es mon inspiration.

AH ! Enfin ! Je t'avais dit que j'étais une muse !

- J'ai un rendez vous ce soir, alors je vais devoir te laisser un peu seul.

Oh ! Un rendez vous ? Avec la belle Konan ? Oh, tu remontes dans mon estime, mon gars !
Il règle son réveil, caresse doucement ma tête et se laisse s'endormir. Je vais lui foutre la paix, faut qu'il soit en forme pour ce soir, s'il la ramène dans son lit.
C'est bien gamin, ce soir, je verrais que t'es un homme, un vrai !
Je passe la journée à trainer dans l'appart, je mange, je ronronne au soleil. Il a de la chance que j'ai un minimum de respect parce que j'ai bien envie de me faire les griffes sur son canapé moi ! Il va falloir qu'il m'achète un arbre à chat !
Je retourne dans sa chambre quand j'entends son réveil se mettre en route. Je trottine doucement dans le couloir, saute sur son torse, ronronne dans ses oreilles. Je lui ai promis un câlin avant d'aller au parc et il aime bien les recevoir au réveil mais cette fois, il me repousse. Il semble de mauvaise humeur et a les sourcils froncés. Il ne me laisse même pas le suivre à la salle de bain !
Arrête, ne me fait pas ça ! J'ai été hyper sage aujourd'hui en plus !
Bon, j'avais prévu de te faire prendre une douche froide mais quand même … !
Il sort en serviette et va s'habiller dans sa chambre. Hé ! Il met un costard ! Il est classe comme ça. Une belle chemise blanche, un trois pièces noir. Il sort les chaussures qui vont avec avant de se diriger vers la porte d'entrée. Quand il voit que je le suis, il me sourit.

- Ah non, pas aujourd'hui. Tu vas m'attendre sagement ici. Je renterai accompagné alors sois sage, ok ?

Je miaule.

MON MAITRE VA TIRER UN COUP ! YEAH !
Il caresse doucement ma tête et s'en va en verrouillant la porte.
En l'attendant, je m'occupe à escalader à peu près tout ce que peux. Ça m'aide à ajuster mes sauts et à économiser mes forces. Tout y passe, ou presque. La table basse, la table de la salle à manger, le bar, les meubles de la cuisine. J'évite quand même à monter au dessus de ceux en hauteur pour éviter de rester coincé ! Je fais aussi un tour dans le bureau en ouvrant moi même la porte. Sauter sur les poignées, c'est le pied ! Malheureusement, son ordinateur est éteint. Ça ferait un peu flag si je l'allumais !
Oui, je suis un chat et je consulte mes mails. Normal !
Non, hors de question !
Dommage, j'aurais bien aimé lire ce qu'il a écrit sur moi.
Je m'installe sur son fauteuil pour l'attendre. C'est drôlement confortable d'ailleurs ! Je comprends mieux comment il fait pour y rester autant de temps. Je l'entends rentrer. J'entends bien plusieurs démarches. Je le laisse aller dans la chambre. Je vais pas débarquer genre « Tada ! Je viens gâcher ton moment romantique ! ».

Ca y est, mon petit maitre va devenir un homme. Oh, je verserai bien une petite larme !

Je suis fier de lui.


Prochain chapitre pour bientôt, n'hésitez pas à me faire part de vos critiques ! (Non, je ne réclame pas de reviews :p)