Je ne sais plus exactement combien de temps ça fait, à présent. Dix ou onze mois, peut être ? Je me souviens parfaitement comment ça avait commencé, et comment j'en suis arrivé là. J'ai changé, pendant tout ce temps. J'en connais la raison, et je ne suis plus cette même racaille.

Je n'aurais jamais imaginé pouvoir autant changer. D'ailleurs, mes amis n'en sont pas peu fiers. La plupart d'entre eux pensaient que j'allais crever au fond d'un caniveau et .. en fait, c'est à peu près ce qu'il m'a fallu pour que je me rende compte que j'avais pris le mauvais chemin, dans ma vie. Bosser dans un club libertin n'est pas une mauvaise chose en soi, mais à présent, j'évite de faire des paris avec les mauvaises personnes. Je ne joue d'ailleurs plus du tout d'argent, et je peux même dire que j'en ai pas mal de côté.

Bon, je dois avouer, vu la vie que je mène, si j'avais plus de fric, il y aurait un soucis ! Mon boulot n'est pas parfait, et me prend pas mal de temps, mais au moins, je peux voir mon mec dès que j'en ai envie. Et quel mec ! Putain, y'a encore quelques temps, je pensais être totalement hétéro et à présent, je baise un cul presque tous les jours.

Et je peux le dire sans soucis, j'adore ça.

Le mec en question est déjà parti bosser, là. Il m'a appelé hier soir, parce qu'il arrivait pas à se concentrer sur ses écrits et qu'il sait que je suis parfait pour lui changer les idées. À la base, je devais juste lui raconter certaines de mes conneries, que j'ai faites pendant mon adolescence parce que son prochain bouquin parle d'un mec plutôt mal barré dans la vie qui va faire une rencontre qui va tout changer pour lui. Oui, c'est un peu basé sur moi, mais je lui en veux pas, si ça lui plait.

Je disais donc, à la base, nous devions seulement parler. Il avait même prévu un peu de vin, ma bouteille préférée, d'ailleurs, et de quoi grignoter, mais au final, il a préféré bouffer autre chose ! On dirait pas, quand on le voit pour la première fois, mais il est très libéré, à ce niveau. Ou bien, c'est seulement moi qui lui fait cet effet mais merde, quand ma queue est entre ses lèvres et qu'il me sert ce regard malicieux, entre ses mèches rouges, je résiste pas. Ce mec me rendra fou !

Pour être honnête, finalement, on a baisé toute la nuit et on dirait que son inspiration lui est revenue, vu que je suis seul dans ses draps maintenant. Le cul à l'air et plutôt fatigué mais merde, je dirais pas non à un nouveau round. Mais s'il est en train d'écrire, c'est même pas la peine de lui demander quoique ce soit. J'ai plus qu'à attendre qu'il ait terminé !

S'il y a pourtant une chose que j'adore, c'est bien son cul. Mais vu la surprise que je lui prépare depuis des semaines, je sais que ce soir, il oubliera rapidement qu'il a un chapitre à envoyer à son éditeur.

Après m'être étiré en long, en large et en travers, je me lève enfin, alors que le réveil indique près de treize heures et je récupère quelques vêtements dans l'armoire de mon homme pour au moins mettre un caleçon et un pantalon et sortir de la chambre. La semaine dernière, il m'a demandé de laisser une brosse à dents ici, ainsi que des vêtements de rechange. Je crois que ça veut dire qu'il aimerait qu'on habite ensemble mais je préfère pas trop m'avancer, il peut être vraiment bizarre des fois. Il est très réservé, quand ça touche les sentiments, sûrement à cause de cet enfoiré d'Orochimaru.

J'ai envie de manger mais la flemme de cuisiner, alors j'appelle un de nos services de livraison préféré et vais toquer à la porte de son bureau pour voir si je peux le déranger un peu. Ça ne lui fera pas de mal de prendre une pause, s'il bosse depuis si tôt ce matin, et je souris en le voyant m'ouvrir la porte.

Lui semble déjà fatigué, et près à retourner se coucher, mais il porte un de mes tee shirt et un pantalon en lin dont il connait l'effet sur moi. Je le vois me sourire et je l'attrape par les hanches pour le plaquer un peu brusquement au montant de la porte de l'embrasser.

Il me rend fou.

D'une main sur le torse, il m'écarte légèrement, pour que je me calme et évite de le bouffer sur place.

- Hidan .. tu n'es pas calmé encore ? Souffle-t-il.
- Jamais.

Quand est-ce qu'il comprendra ?

Son rire m'aide à me détendre un peu, littéralement, parce que je sais qu'il a besoin de bosser aujourd'hui et qu'il fait ce qu'il peut pour ignorer que je ne suis pas loin de bander mais ses bras glissent quand même autour de mes hanches et je l'attire contre moi.

J'adore peut être son cul, mais j'aime encore plus ce genre de moment, où nous partageons une étreinte douce. Putain, si l'ancien moi entendait ça, il se foutrait de ma gueule ! J'ai jamais pensé qu'au sexe, qu'aux filles, et voilà que je suis maqué avec un mec et que je suis amoureux de lui. Je sais que c'est bien, mais je n'aurais jamais pensé que ça arriverait. Je suis pas le genre de mec à faire ça, et pourtant, me voilà.

- J'ai commandé le déjeuner, ça arrive dans vingt minutes.

Son estomac grogne automatiquement, indiquant que oui, c'était une bonne idée et Nagato m'embrasse pour me remercier avant de retourner s'enfermer dans son bureau.

En attendant, je vais patienter devant la télé, jusqu'à ce que le livreur arrive. Celui ci a d'ailleurs pas hésité à me regarder sans pudeur mais le suçon que j'ai au niveau de la clavicule a semblé le refroidir un peu, alors je lui ai adressé un sourire désolé, mais tout aussi arrogant, avant de lui claquer la porte au nez.

Je suis peut être en couple avec un mec, mais ça fait pas de moi un homo !

J'arrête pas de le répéter. Je sais que Nagato aime pas l'entendre, parce qu'il pense, parfois, qu'un jour, je le quitterais pour une gonzesse mais il ne comprend pas non plus que j'ai quitté mon ancienne vie pour lui. Que j'ai arrêté les conneries, que je me ruines en fringues pour toujours être présentable quand nous sortons ensemble, que je ne vois plus une grande partie de mes amies parce qu'il est trop jaloux. Il sait pourtant que je suis arrogant, et que j'ai une grande gueule, et que faire mine de mater des filles est un jeu pour moi parce que j'adore flirter, mais il me fait parfois de ces crises !

Et ça dure des jours ! Pour ça, d'ailleurs, il est pire qu'une femme, et extrêmement rancunier.

Bon, je préfère ne pas penser à ça, pour le moment. Ça fait longtemps que c'est pas arrivé, et je touche du bois pour trouver un moyen qu'il comprenne que je veux rester avec lui.

Par contre, je n'ai pas besoin de l'appeler pour qu'il vienne récupérer son repas, et il allait repartir tout aussi vite mais je le rattrape par le poignet et le fait s'asseoir au salon, pour qu'il mange avec moi. Il a déjà réussi à filer assez de fois pour que je connaisse la ruse. Je veux bien le laisser bosser quand l'inspiration est là, mais si je le laisse manger seul, il touche à peine à son repas et ça m'emmerde.

Un regard coupable sur le visage, Nagato prend place à côté de moi mais avant qu'il ne me sorte ses excuses habituelles, je lui grogne, en entamant mon repas :

- Tes idées ne vont pas s'envoler.
- Mais …
- Laisse moi un peu profiter de ta présence !

D'abord, il tente de me faire les yeux doux, sachant pertinemment que j'y suis insensible, puis il ronchonne.

- T'étais moins chiant quand t'étais un chat …

Cette phrase, il la sort assez souvent. Trop à mon goût, parce que j'ai l'impression qu'il pourrait bien se passer de moi mais je sais ce qu'il veut dire. Un chat est moins compliqué à gérer que moi et l'investissement n'est pas le même. Après tout, il avait pleuré ma mort, pendant des mois, il s'est occupé de moi pendant des semaines, il m'a aimé, sans aucune condition.

Et j'ai dû le convaincre au mieux de mes sentiments pour lui sans jamais lui faire peur, alors que je suis là, en humain et que je me donne à lui.

Voyant qu'il en a besoin, je l'embrasse sur la tempe en lui murmurant qu'il ne m'aura pas comme ça et son regard change. Il passe de la dureté à la douceur, il s'attendait certainement à ce que je le prenne mal.

Sans attendre, il m'embrasse, mon menton entre ses doigts avant de me murmurer qu'il s'excuse et qu'il devrait arrêter de dire ce genre de choses. En tous cas, ça me fait plaisir qu'il s'en rende compte et j'aimerais vraiment lui dire quelque chose en retour mais je crois que ça casserait l'ambiance.

Et il prend place dans mes bras, sans un mot et je le sers contre lui en embrassant sa tempe.

- Tu arrives à écrire, alors ?
- Ça va, souffle-t-il. Mais je n'ai pas vraiment la tête à ça.

Surpris, je le regarde s'écarter et fronce les sourcils en le voyant me regarder dans les yeux. Ça n'est pas dans ses habitudes de se confier à moi, à propos de ses écrits et je me demande vaguement ce qui ne va pas mais il se contente de hausser une épaule et force un sourire.

- Je peux faire quelque chose ?
- Non, murmure-t-il.

Remarquant son regard sur mes lèvres, je l'embrasse, en douceur et rapidement, mon idée se confirme. Il a ce tic, dès qu'il a envie de moi, à me mordre la langue dès que j'essaye de la glisser dans sa bouche mais je sens bien que quelque chose ne va pas pour lui et cette fois, je compte bien le retenir avant qu'il ne file.

Mais quand il s'écarte, je sens qu'il a réellement quelque chose à me dire et attends qu'il se lance. Cependant, je ne m'attendais pas du tout à ça.

- H-Hidan, j'aimerais .. être seul, aujourd'hui. Tu pourrais …
- Je te gêne ?
- Non, mais j'ai vraiment .. besoin de solitude là.

J'allais le retenir, en le voyant se lever mais il libère sa main avec une violence que je ne lui connais pas et je l'entends retourner s'enfermer dans son bureau.

Je ne comprends pas. Je ne sais pas ce que j'ai fait de mal, ni ce qu'il me reproche. Il y a encore quelques minutes, il semblait heureux, il avait ce sourire que je lui connais parfaitement, celui qu'il me réserve mais là, d'un coup, il a juste changé de personnalité et je dois avouer que je ne l'ai jamais vu aussi sérieux.

Sans un mot, et en colère qu'il ne m'explique pas son soucis, je glisse une main agacée dans mes cheveux avant de rejoindre sa chambre pour m'y habiller correctement, attraper ma veste et quitter l'appartement avec bruits.

D'abord, j'ai pensé aller chez moi, mais je n'ai rien à y faire et j'y passerais des heures à tourner en rond, à ruminer. Cet enfoiré de Kakuzu est pas encore rentré, à cette heure ci, et mes autres connaissances .. ne savent même pas que je suis en couple avec un mec. J'ai besoin de parler de ce qu'il vient de se passer, à n'importe qui mais je ne vois personne qui pourrait m'aider.

Enfin si, il y a une personne, mais je sais pas comment elle va réagir. Je veux dire … Elle me déteste. J'ai essayé de demander des explications mais tout ce que j'ai récolté, ça a été un regard froid et calculateur. Le regard d'une personne capable de tuer pour protéger ses amis.

J'arrête rapidement un taxi et au moment où le chauffeur me demande ma destination, je soupire. J'ai envie d'un verre là. J'en ai besoin, pour me changer les idées, et je lui donne l'adresse de mon bar préféré. Ou du moins, le bar dans lequel je trainais. Avant Nagato. Un endroit peu recommandable mais qui m'a toujours proposé tout ce dont j'avais besoin. Bon, je sais que là, j'ai surtout besoin du mec dont je suis amoureux, mais je connais Nagato, et il est rancunier. Très rancunier.

Le bar est déjà ouvert, bien entendu. Je ne suis même pas certain qu'ils ferment, pas même le dimanche. C'est pour ça que je l'ai toujours adoré. Bon, pour être honnête, c'est plus un club privé qu'un bar, et j'y ai gagné un accès à vis en sortant le patron de la galère, il y a quelques temps. Sans moi, ça ferait bien longtemps qu'ils auraient mis la clé sous la porte. Pour faire simple, j'ai .. joué les gros bras pour que certains habitués payent leur ardoise.

Je suis donc accueilli par une des hôtesses avec beaucoup de chaleur et je ne peux empêcher mon regard de lorgner sa poitrine généreuse. Elle est nouvelle, ça se voit tout de suite et elle ne me connait certainement pas. D'ailleurs, en la voyant s'accrocher à mon bras de cette façon, je ne peux m'empêcher de penser que ça ne plairait certainement pas à Nagato de voir ça mais tant pis pour lui. Je l'aurais emmené, s'il avait demandé mais qu'il fasse sa tête de con tout seul. Moi, je veux pas gâcher ma vie ..

Qu'est ce que je pense là ? Pourquoi je pense à ce genre de choses alors que je sais que j'en suis amoureux ? Putain, je suis vraiment grave.

Sans que la fille me lâche, je m'installe au bar où je salue le responsable, et celui ci me fait un clin d'oeil :

- Tu peux l'emmener derrière, si tu veux …

Il parle de la fille à mon bras, bien entendu, et il me connait bien, et voyant le sourire de l'hôtesse, je vois parfaitement que ça ne la dérangerait pas que je la prenne contre un mur mais j'en ai pas envie. Je veux juste me souler la gueule, et oublier.

- Na, pas envie. Sers moi plutôt de la vodka.

Je ne rate pas l'air surpris sur le visage du gérant mais il acquiesce en renvoyant son employée du regard et me donne directement une bouteille.

- T'es malade, pour pas avoir envie de baiser une de mes filles ?
- Quelque chose comme ça.

Je dois avoir l'air misérable pour qu'il me regarde de cette façon mais après tout, ça ne le regarde pas. On a peut être trainé dans les mêmes recoins sombres de la ville pendant un temps mais c'est terminé, pour moi. Je suis un mec respectable, je veux pas que Nagato ait honte de moi.

Ma bouteille aux lèvres, je ne peux m'empêcher de penser à lui. Qu'est ce qui a déclenché ce changement de comportement ? Il avait l'air d'aller bien, cette nuit, et quand je l'ai cherché, et le repas a tout changé. Qu'est ce que j'ai fait de mal ? Pourquoi cet enfoiré a voulu que je me tire ?

Pourquoi j'ai mal, comme ça ?

Si ça se trouve, il va vouloir me quitter. Mais à cette pensée, je sens mon coeur me faire mal. Putain, ca fait tellement de temps qu'on est ensemble que je me souviens plus de ma vie avant ça. De ce que je faisais de mes journées, de ce à quoi je pouvais bien penser. Maintenant, c'est simple. Je pense genre tout le temps à lui et la plupart du temps, ça me fait même bander.

Et puis merde, je dois être réaliste. S'il me quitte, je vais faire quoi ? Baiser des mecs, ou je pourrais retourner avec des filles ? Ça fait des mois que j'ai pas bandé devant une fille, je crois pas en être toujours capable. Ça me dégoute, d'y penser. Je dirais pas que je me sens plus à l'aise dans le cul d'un mec, mais au moins, ça ne me rend pas malade.

Je vais être franc. Coucher avec Nagato pour la première fois a été une épreuve pour moi. Déjà, parce que j'étais incapable de toucher une autre queue que la mienne, mais surtout parce que je pensais qu'il allait vouloir mettre la queue en question à des endroits jusqu'ici inexplorés. Merde, j'ai même pensé à partir en courant, la première fois qu'il m'a touché. Une vraie pucelle, y'a pas à dire.

Je dois même avouer que certains gestes qu'il avait me dégoutaient. J'ai peut être rapidement accepté mon amour pour lui mais mon attirance physique pour son corps ? Ca a été très difficile. J'étais juste incapable de m'imaginer coucher avec un mec, et il m'a fallu trois mois pour me décider.

C'était comme .. ouvrir la boite de Pandore. Comme si le faire allait me définitivement ranger dans la case « PD ». Et je refuse que ça arrive.

Mais il m'a appris à aimer son corps. Au début, je pensais que c'était surtout parce qu'il a rien d'un mec viril, bien au contraire, et que son côté moins masculin m'attirait. C'était même difficile de penser que mon attirance venait d'autre part mais au final, ma vision de lui a changé quand j'ai osé le prendre dans mes bras. D'une manière plus érotique que romantique.

Ce jour là, il était en rogne. Je voyais parfaitement que mon corps l'attirait. Il se mettait à bander dès que je l'embrassais, même sur la tempe et il était à bout. Et pour enfin avoir ce qu'il voulait, il m'a simplement enfermé dans sa chambre, et il a planqué la clé. Au début, j'ai pété un plomb, je l'ai menacé et il a passé un sale quart d'heure. À ce moment là, il a sûrement vu mon pire côté, celui que j'aurais préféré ne jamais lui montrer.

Mais après quelques minutes, je me suis calmé. Quand je me suis souvenu de cet enfoiré d'Orochimaru, et de ce que Nagato avait subi à cause de lui. Je me suis excusé et mon homme m'a demandé des explications.

J'étais incapable de parler. Lui dire que j'étais .. attiré par lui était au dessus de mes forces mais il l'a compris. En fait, je n'ai pas ouvert la bouche. Il m'a posé des questions simples, sans piège, et je secouais la tête pour lui indiquer ma réponse. J'avais honte, tellement honte de dire que oui, j'avais envie de lui, mais que oui, j'avais un côté homophobe dont j'arrivais pas à me séparer. Il connaissait mon comportement avec les filles, il savait que j'étais un coureur de jupons et que baiser était presque plus important que respirer pour moi.

Mais au final, il m'a dit que tout ça n'était qu'une étape avant que je m'accepte, tel que j'étais.

Je crois pas que je m'accepte, encore …

Bref, après ce monologue, il m'a fait me déshabiller pour que je sois plus qu'en boxer et m'a allongé sur son lit. Je le voyais presque baver devant moi, et plus tard, il m'a avoué que j'étais le mec le plus sexy qu'il avait eu. Et qu'il était pas prêt de me lâcher pour un autre. Ça m'avait fait sourire.

Il s'est ensuite mis à genoux au dessus de mes hanches, en caleçon, lui aussi et il m'a fait poser une main sur son érection rageante. Il m'a dit que c'était l'effet que je lui faisais, juste en l'embrassant, et que c'était douloureux, autant physiquement que mentalement, que je le repousse comme je le faisais. Qu'il avait voulu laisser tomber depuis longtemps déjà, mais qu'il m'aimait trop pour le faire.

Cette phrase m'a fait beaucoup de mal, mais au moins, j'ai réagis. Ou du moins, j'ai mis mes appréhensions de côté pour le laisser prendre les choses en main. Il s'est allongé sur moi, pour m'embrasser, j'ai senti sa queue contre la mienne, et j'ai eu envie de lui. Ça n'était pas désagréable, au contraire, et profitant que je le tienne contre moi, que je refuse de le voir s'éloigner, il nous a fait jouir, ensemble. Sans finir de nous déshabiller, il nous a caressé, jusqu'à un orgasme rapide.

Ce fut d'autant plus difficile pour moi de me dire que ce mec m'avait fait autant d'effet.

Puis, nous avons fait l'amour. Il est toujours resté au dessus de moi, pour contrôler mes mouvements, sachant que ça m'aiderait à me rassurer, mais aussi pour que j'ai toujours la possibilité de l'observer avec une certaine distance. Que je ne me sente pas enfermé là dedans. J'ai aimé le voir se déhancher sur moi, j'ai adoré ces sons, qui s'échappaient de ses lèvres et j'ai joui, en le voyant prendre autant de plaisir.

Après ça, j'ai plus jamais hésité à coucher avec lui. Ni à en redemander.

Ma bouteille est déjà à moitié vide et je sais pas quoi penser de tout ça. J'ai fait tellement d'efforts pour lui, j'ai changé toute ma façon de vivre, sans jamais lui faire de reproche à ce propos, et c'est comme ça qu'il me remercie ? Ça fait mal.

Après tout, je ne suis plus la même personne. Je ne regrette pas d'avoir changé pour lui mais de voir que tous les efforts que j'ai pu faire ne comptent pas pour lui, ça me tue. Ça a été difficile, de changer mes habitudes, de passer du connard de base à un jeune homme rangé dans la société, sans vice. À part le sexe, je veux dire. Ça, je ne pourrais pas le changer.

Il y a encore moins de deux ans, je pensais ouvrir un strip club, ou quelque chose du genre, et que ça me ferait gagner un max de fric. Je ne me voyais nulle part d'autre que dans quelque chose d'illégal, ou de dangereux. Ou les deux, d'ailleurs mais maintenant, mon travail est beaucoup plus traditionnel. Je ne suis qu'à mi temps, ce qui m'arrange bien, mais mes commissions me suffisent à vivre. En fait, c'est Kakuzu qui m'a trouvé ce boulot, grâce à un de ses contacts.

Pour faire simple, je vends des produits de luxe dans les quartiers bourgeois de la ville.

Je sais pas ce qu'il a dit pour qu'on me prenne à l'essai, j'avais vraiment pas la tête de l'emploi mais Kakuzu m'avait assuré que je m'en sortirais très bien. Parce que j'avais une grande gueule, et que ce genre de personnes aimaient les originaux comme moi. Et il avait raison, vu le fric que je me fais, mais pour être honnête, j'ai parfois l'impression de m'être vendu.

Bref, ça, c'est pas important. Je compte pas le faire toute ma vie, et j'espère qu'un jour, je pourrais changer de métier, pour quelque chose qui me correspondra un peu plus, même si je pense que Nagato détesterait ça, et me le reprocherait, encore.

Je me demande bien ce qu'il fait, là. Sûrement en train d'écrire. C'est ce qu'il fait dans toutes les situations, de toutes façons. Quand il va mal, il écrit, quand il a besoin de se changer les idées, il écrit. Il va bien ? Il s'enferme aussi pour écrire. Je sais pas ce qu'il y a de passionnant à ça, parce qu'honnêtement, même si j'adore ses bouquins, j'aurais jamais la patience de rester assis pendant des heures à taper sur un ordinateur mais bon, je sais que ça lui plait. Et je sais aussi que sans ça, il ne serait plus vraiment lui même.

Et surtout, en ce moment, il écrit sur ma vie. Je lui ai raconté tellement de choses, sur mes conneries, toutes mes galères, mes plans cul aussi. Je ne vois pas comment ça pourrait intéresser quelqu'un, ni même si ce livre là aura autant de succès que les autres mais je préfère pas lui en parler. Il peut être très susceptible, à ce propos.

En pensant à ça, je soupire, longuement. Je n'avais jamais réalisé qu'il avait de tels défauts. Je les ai toujours pris avec humour, sans jamais le critiquer mais je dois avouer que c'est le genre de choses que je déteste. Je suis pas quelqu'un de profond, ni de philosophe, et je prends les choses comme elles viennent, sans jamais faire de plans. Mais merde, Nagato est quelqu'un de complexe, et même si je l'aime pour ce qu'il est, je le hais pour ces défauts. Sa susceptibilité, la distance qu'il peut mettre entre nous, sa façon de me regarder, parfois, un peu snob et hautain, qu'il soit autant rancunier, qu'il me reproche presque d'avoir une vie avant lui.

Les yeux fermés, j'avale une nouvelle gorgée d'alcool.

Avant, je me serais jamais autant pris la tête. Et j'aurais laissé tomber. Depuis longtemps.

Cette pensée me fait mal mais en même temps, je suis rassuré. Au moins, je n'ai pas changé tant que ça, et peut être que c'est ce que je devrais pas ? Laisser tomber, et passer à autre chose ?

Sur ce genre d'idées stupide, je continue de boire une grande partie de la journée, et de la soirée. Rien à foutre de Nagato, ou de ce qu'il peut faire. J'ai juste envie de me changer l'esprit, de penser à tout sauf à lui et l'alcool m'a toujours aidé pour ça. J'ai jamais été amoureux, mais ça veut pas dire que j'ai jamais souffert. Au contraire, j'ai pas eu une vie des plus facile et même si je l'ai toujours pris avec beaucoup d'humour et de confiance, me sentir aussi seul pendant autant de temps a été douloureux. J'avais une unique crainte, et elle me hante toujours.

Qui assisterait à mon enterrement, le jour où je crèverais ?

Kakuzu. Cet enfoiré de Kakuzu serait là, il payerait peut être pour mon cercueil, s'il était de bonne humeur mais à part lui, il n'y aurait personne. Mais depuis quelques temps, je pensais que Nagato pourrait être présent, lui aussi.

Putain, je suis pitoyable.

Ça n'est que tard dans la nuit que je me décide à sortir de là. Je tiens à peine debout, et le monde est flou autour de moi mais la fille qui m'a accueilli commençait à me souler et je veux pas lui faire de mal. Merde, même ça, ça ne m'aurait pas gêné, avant.

Mais je peux pas marcher plus que ça et je finis par m'écraser sur le trottoir en face du club, incapable d'aller plus loin. Ça faisait longtemps que je m'étais pas retrouvé dans un état pareil et j'ai même pas le fric pour payer un taxi. Ils me connaissent, dans la région, et si je paye pas un acompte, ils me prennent pas. Je les ai baisés pendant trop longtemps à ne pas payer mes courses et ça m'a valu pas mal de coups.

Qu'est ce que je pourrais faire, alors ? Dormir là ? Ça caille un peu, mais ça pourrait passer. Ou bien, je pourrais appeler Kakuzu, pour qu'il vienne me chercher. Ouais, c'est une bonne idée ça, et il en a l'habitude. Alors je prends mon téléphone et l'appelle mais il ne décroche pas. Cet enfoiré doit être occupé à compter son fric, ou une connerie comme ça. Je vois que ça.

En soupirant, je parcours le reste de mon répertoire, et y'a bien un numéro que je pourrais appeler mais je sais pas ce que ça va donner. Elle doit dormir, à cette heure ci, et elle ne m'aime pas trop. Surtout parce que j'arrête pas de flirter avec elle, devant Nagato, surtout pour les emmerder mais je peux pas m'en empêcher. Elle doit être la seule à toujours me faire fantasmer et j'ai envie d'elle, à chaque fois que je la vois. Putain, je suis grave.

Alors, je l'appelle, et j'entends sa voix fatiguée. Mais elle m'assure qu'elle va venir me chercher, que je ne dois pas bouger.

Après un soupire, rassuré de ne pas avoir à dormir dans la rue, je m'allonge sur le bitume et pose les bras sur mon visage. Cette soirée est vraiment pourrie. Avant, j'aurais pu boire autant, et aller en boite, après. Le genre d'endroit où je finissais toujours dans les chiottes avec la première venue. Pas très loin d'ici d'ailleurs, mais je suis devenu tellement sage que j'ai arrêté de boire. Donc, je ne tiens plus l'alcool, d'où mon état misérable. Même pour ça, je lui en veux. J'étais tellement fier de ma capacité à boire !

En fait, cet enfoiré a totalement changé ma vie, pour la rendre digne de lui. Me rendre digne de lui. Je le hais.

Je sais pas combien de temps s'est écoulé avant qu'une voiture s'arrête devant moi. Les phares m'aveuglent et j'ai envie de me tirer mais je sens une main dure et pas du tout délicate m'attraper par le bras et m'obliger à me lever pour me faire entrer à l'arrière du véhicule.

- Et t'as pas intérêt à gerber ..

Ca n'est pas elle. Elle ne m'aurait jamais parlé comme ça. C'est cet enfoiré, celui qui me déteste pour des raisons que j'ignore mais bon, au moins, je dormirais pas sur le macadam. Et peut être que je pourrais même me reposer.

Le voyage est plutôt longtemps et je somnole sur la banquette. C'est confortable, et même si ma tête tourne un peu c'est pas si désagréable.

En arrivant, il ouvre la porte, me fait sortir sans la moindre douceur et me supporte jusqu'à ce qu'on entre dans un pavillon de banlieue. C'est la première fois que je viens ici. Il ne voulait jamais que je vienne, parce que justement, il me déteste. On ne s'est jamais vus que chez Nagato.

Mais mon accueil est plus agréable que ce que j'aurais imaginé.

Konan. Oh, ma belle et plantureuse Konan nous attendait en nuisette. Sa poitrine généreuse, apparente sous un décolleté profond me donne envie de l'embrasser et ses jambes découvertes par la longueur de son vêtement me tente tellement. Son sourire est fatigué. Et triste, aussi, parce qu'elle a pitié de moi.

Yahiko aussi, a pitié de moi, mais il ne se formalise pas.

- Tu t'occupes de lui.

Puis, il monte l'escalier, sûrement pressé de retourner au lit alors que Konan me prend par le bras pour m'emmener au salon, m'aider à enlever mes chaussures et m'allonger. D'un geste doux, elle me couvre, avant de s'accroupir face à moi et m'embrasser sur le front.

- Allez, Hidan … Dors un peu, on parlera demain.
- Tu voudrais pas qu'on baise, plutôt ?

Son rire me fait sourire et elle secoue la tête.

- T'es pas en état.
- Tu veux parier ?

Son sourire se fait amer et elle caresse doucement ma joue avant d'ajuster la couverture sur mes épaules et partir. Je l'entends monter à l'étage, j'entends Yahiko grogner, comme il le fait toujours en ma présence puis plus rien. Et je m'endors, lamentable.

À mon réveil, je sens que quelqu'un est installé près de moi. Ou en tous cas, un poids est là, près de mes jambes mais j'ai trop mal à la tête pour ouvrir les yeux. Alors je grogne, en essayant de me faire de la place, jusqu'à entendre la douce voix de Yahiko.

- Lève toi.

Comme si j'étais en état de me lever. Sérieusement, je me suis jamais senti aussi mal et l'enfoiré veut que je bouge. Cependant, il me laisse pas vraiment le choix parce qu'il m'agrippe par le bras et me tire jusqu'à ce que je sois assis. La tête dans mes mains mais je suis au moins sur mes fesses.

- T'es misérable, Hidan.

Comment si je le savais pas ? Comme si j'avais besoin de cet enfoiré pour me le rappeler.

- Allez, ouvre les yeux, faut qu'on parle.
- Konan est pas là, plutôt ?
- Konan travaille. Et j'ai aucune envie que tu la baises sur mon canapé.

Je soupire, en secouant la tête.

- Arrête, depuis le temps que je lui fais des avances …
- Ma femme fantasme sur toi, c'est pas nouveau. Elle rêve que tu la baises contre un mur ..
- C'est pour ça que tu me détestes ?
- Entre autres.

Il est sérieux, je l'entends à son ton et ça me fait ouvrir les yeux. Je l'ai jamais vu comme ça et j'ai même pas le coeur à le provoquer. Il a l'air aussi mal que moi, et ça vient sûrement de ce qu'il vient de m'avouer. Sa femme fantasme sur moi.

Voyant que je suis à présent beaucoup plus réveillé, il me tend un paquet de cigarettes et s'en allume une. Je ne savais même pas qu'il fumait mais je ne le connais pas si bien que ça. Alors, en silence, je l'imite, et nous passons quelques minutes en silence, juste à savourer notre cigarette.

- Nagato veut te quitter.

L'aveu me tue mais je l'avais pressenti, de toutes façons. Et c'est pour ça que j'ai préféré aller boire, hier. D'ailleurs, en y repensant, j'aurais peut être dû me retenir. Si Nagato me voyait dans cet état …

- Je sais. Mais je comprends pas ce que j'ai fait de mal.

Yahiko secoue la tête.

- Tu sais, Hidan, je te savais con, mais pas à ce point.
- Je t'emmerde …
- Nagato est fou de toi.
- Alors pourquoi est-ce qu'il voudrait me quitter ?
- Parce que tu n'es plus l'homme qui le faisait frissonner …

Cette remarque me fait froncer les sourcils et Yahiko soupire, sûrement désespéré de devoir me l'expliquer.

- Nagato a toujours été attiré par les personnes qui pouvaient lui faire le plus de mal. C'est pour ça qu'Orochimaru lui plaisait autant, et pour ça qu'il a voulu tenter avec toi, même si t'étais tellement .. niais.
- Je suis pas niais.
- Tu l'as été, pour le faire tomber à tes pieds.

Je lève les yeux au ciel devant sa connerie mais je ne réponds pas. Si, quand même, j'ai été niais et guimauve, quand je lui ai fait ma déclaration. Mais j'avais pas d'autre choix.

- Mais tu as trop changé, à ses yeux. Et plus tu lui racontes tes .. péripéties de gosse, plus il s'en rend compte.
- N'importe quoi …
- Laisse moi parler. T'es devenu un enfant de chœurs …
- J'ai changé pour lui !
- Mais il t'a rien demandé !

Ces mots me font me tourner vers lui. Plus cette conversation avant, moins je comprends. Où est-ce qu'il veut en venir ?

- Putain, Hidan, c'est évident !
- Non, ça ne l'est pas …
- Nagato ne supporte pas le gentil garçon que t'es devenu pour lui. Il ..
- Je ne suis pas un gentil garçon !
- Oh que si ! Il m'a appelé, hier, après que tu sois parti. Il m'a dit que t'avais même pas cherché à discuter, ou même à l'engueuler. Que tu t'étais juste tiré, à peine claqué la porte.
- Tu voulais que je fasse quoi ? Que je détruise son appart ?
- Il aurait préféré !

Je secoue la tête, devant sa bêtise mais il ajoute quelque chose à laquelle j'avais jamais pensé.

- Au moins, tu te serais battu pour lui.

Je me détourne, mal à l'aise et il ajoute :

- A part si t'en as rien à foutre de lui.

Cette fois, je peux pas me retenir. Mon poing part pour atterrir sur sa joue et il me lance le regard le plus froid dont il est capable alors que je me lève en le pointant du doigt.

- Je t'interdis de dire ça ! Et si j'ai changé, c'est pour lui ! Pas parce que ça me plaisait !
- Il ne t'a pas demandé de le faire …
- Mais …
- Et il déteste la mauviette que t'es devenu ! Toujours à faire des courbettes et …
- Je voulais pas qu'il ait honte de moi !

Les mots m'échappent et Yahiko écarquille les yeux. Non, je n'en suis pas fier mais c'est la réalité. Je voulais pas que Nagato ait honte de moi quand on sortait ensemble, comme j'aurais eu honte que mes connaissances apprennent que j'étais en couple avec un mec.

Sans attendre la réponse du rouquin, je me détourne pour tenter de trouver la salle de bain et me passe de l'eau sur le visage, pour me calmer. Mais il revient à l'attaque.

- Tu crois qu'il aurait eu honte de toi ?
- Il est .. Je te jure, Yahiko, je l'aime, plus que tout mais il est toujours bien habillé, toujours bien coiffé et il fait attention à son image ! Et avant de le connaître, je me coiffais jamais, j'avais un trou dans tous mes jeans, et .. S'il m'avait présenté comme ça à son éditeur, ou à toi ou à n'importe qui, personne ne m'aurait accepté.
- Et tu penses qu'il .. qu'il t'aurait laissé tomber ? Qu'il aurait plutôt écouté les critiques des autres que son coeur ?

Je réponds pas, le coeur lourd. Oui, c'est ce que je pense mais il fait passer ça pour une idée tellement stupide que je ne sais plus si c'est ce qu'aurait fait Nagato ou non. En tous cas, j'ai pas envie de l'avouer.

- Tu sais que je te déteste mais .. Nagato t'aime. Et il souffre de te voir aussi loin de ce que tu es. Il veut retrouver son connard …
- Enfoiré.
- Mais je te dis la vérité. Il en a rien à foutre de ce que disent les autres. Il est tombé amoureux de toi quand il a vu ta vraie personnalité, le soir où tu l'as emmené dans ce bar et que vous avez couché dans les toilettes. Il ne veut pas que tu sois romantique sept jours sur sept et toujours attentionné. Il veut que tu sois arrogant, et chaud, et sexy. Comme tu l'étais au début.
- Pourquoi il ne m'a rien dit ?
- Justement parce qu'il avait peur de te voir réagir comme une gamine, à rien dire et juste l'abandonner. Et c'est exactement ce que tu as fait.

La main dans mes cheveux, je soupire et Yahiko pose une main douce sur mon épaule. C'est sûrement la chose la plus intime qui arrivera entre nous :

- Je serais toujours contre votre relation, parce que t'es qu'un connard qui drague ma femme et qui fait souffrir mon meilleur ami mais .. tu devrais retourner le voir. Et lui prouver que t'es pas une mauviette.

Avec un regard moqueur, je lâche un petit rire cynique et passe à côté de lui. J'aurais dû le remercier, je le sais mais ce connard ne le mérite pas. C'est pas pour moi qu'il l'a fait, mais pour son ami.

En arrivant en bas, je ne peux pourtant pas me retenir :

- Hey ! Yahiko ?
- Ouais ?
- Un jour, je la baiserai, Konan … Dans ton lit !
- Fils de pute !

Avec un rire, je sors de la baraque et je rejoins la ville pour prendre le bus, afin de rentrer chez moi. Rien à foutre des contrôleurs.

Une fois chez moi, je fouille au fond de mon armoire. Mes vieux vêtements sont dans des cartons, et je pensais les foutre à la poubelle mais on dirait qu'ils vont me servir. J'en sors un vieux jean, mon préféré, mes rangers ainsi qu'un tee shirt sûrement plus vieux que moi, seul héritage de mon père et me prépare.

Il est tard, déjà, j'ai dormi une bonne partie de la journée mais ça n'est pas si grave. Connaissant Nagato, il a sûrement passé une bonne partie de la journée à écrire et j'espère que Yahiko l'aura pas prévenu de ma possible venue. Y'a aucune chance pour que cet enfoiré gâche ma surprise.

Quand je suis prêt, je prends un taxi pour aller chez Nagato et soupire en me retrouvant devant sa porte. Je sais déjà exactement ce que je faire.

Je sonne, et l'entends arriver lentement. Et quand il ouvre, je le vois se figer.

Faut dire que ma tenue change de ce à quoi je l'avais habitué depuis un temps. Loin de mes costumes, je porte un jean bon à jeter, mon tee shirt dévoile le bas de mon ventre et mes cheveux sont en bordel alors que depuis quelques temps, je les lissais vers l'arrière, à grand renfort de gel. Il me détaille, les lèvres entrouvertes, avant de prendre la parole :

- Hidan, je ne …

Mais je ne le laisse pas finir. Je m'avance vers lui, dominant, arrogant, comme je l'ai toujours été et il écarquille les yeux. Je le sais, il allait certainement me dire qu'il ne voulait pas que je revienne, que je n'étais plus à son goût mais je ne le laisserai pas faire. Pas avant qu'il se rende compte que j'ai pas perdu mon réel caractère.

Sans attendre, je le pousse contre un mur, grogne sur ses lèvres :

- Tu ne … ?
- Hidan …

Sa supplication me fait sourire et je glisse une main sur sa gorge.

- Tu ne veux plus me voir, n'est ce pas ? Tu veux me quitter … Dis le.
- Oui, souffle-t-il, les larmes aux yeux.
- Mais .. Tu crois que je vais te laisser faire .. ?

Son souffle tremble sur mes lèvres et il déglutit. Il a l'air de comprendre que j'ai parlé avec Yahiko, parce qu'il ne sourit pas. Il n'est pas heureux de me voir comme ça, parce qu'il n'a pas eu le courage de m'en parler lui même. Mais je le vois, dans ses yeux. Il sait que je suis déçu, et il s'attend au pire.

Mais, et ça a l'air de le surprendre, je l'embrasse. Je n'aurais pas pu résister plus longtemps. Mais je veux lui faire comprendre que je l'aime. Non, qu'il m'appartient alors je le coince contre le mur, sans lui laisser une chance de s'écarter et il hoquette. Ses mains se posent sur mon torse quand je le soulève. J'ai envie de lui. J'ai envie qu'il comprenne qu'il n'y a que lui qui peut me faire faire ça.

Sans attendre, je l'emmène dans sa chambre, le lâche sans douceur sur le lit et enlève mon tee shirt, dans une attitude qu'il ne me connait sûrement pas. Non, il ne m'a jamais vu comme ça. Pas au lit, en tous cas. Un sourire aux lèvres, je déboutonne lentement mon pantalon et indique mon érection d'un signe de tête.

Nagato reste figé, au début. Il a l'air choqué par ce qu'il se passe, certainement parce qu'il s'était préparer à me quitter, mais, après un temps, il se redresse, le souffle court et pose les lèvres sur ma queue. J'ai toujours adoré cette sensation. Que ce soit lui ou n'importe qui d'autre, je dois l'avouer, et quand je me retrouve au chaud, dans les profondeurs de sa gorge, je soupire de plaisir. Mes mains dans ses cheveux, sans douceur, sans romantisme lui font prendre un rythme qui me convient, loin de notre tendresse habituelle et Nagato ferme les yeux, d'un air serein, s'appliquant à me faire gémir.

J'ai jamais connu le sexe de cette façon. Ça a toujours été une façon de me vider, de me calmer, mais là, c'est différent. On baise, parce qu'on a chacun quelque chose à se faire pardonner.

En sentant ses mains agripper mes genoux, je lui jette un coup d'oeil et souris. Pas de bienveillance, ni parce que je l'aime mais parce que je trouve que comme ça, soumis à mon plaisir, il est magnifique. Et ça n'a pas l'air de lui déplaire. Au contraire, même.

Quand j'en ai assez, que je veux plus, je le fais se reculer, toujours en tenant ses cheveux et l'approche de moi. Son souffle est court, ses lèvres brillent de salive et d'autre chose et il a besoin que je m'occupe de lui. Que je le prenne en main, parce qu'il ne sait pas comment réagir devant cette version de moi. Il ne sait pas ce que je pourrais aimer.

Brusquement, je le repousse sur le lit, y grimpe et le déshabille. Je ne l'ai jamais vu aussi fébrile, ni aussi désireux de continuer. Je le savais chaud, plus que ce qu'on peut penser, la première fois qu'on le rencontre, mais pas à ce point. Il semble ne désirer qu'une chose, et je vais la lui donner.

Avec lenteur, pour l'attiser un peu plus encore, j'enlève mon pantalon, me caresse en le toisant et il gémit d'impatience. Il soupire mon prénom, en ondulant des hanches et je le fais se tourner sur le ventre.

Par respect, je ne l'ai jamais pris en levrette. Parce que c'est comme ça que je l'avais vu, avec Orochimaru, et que je ne voulais pas lui faire subir ça une nouvelle fois. Je pensais qu'il en serait traumatisé, parce que le connard ne le prenait que de cette façon mais à peine est-il en position que ses fesses viennent appuyer contre ma queue, la demandant avec impatience. Alors je le pénètre, sans préparation. Je sais que ca peut être douloureux, mais pas cette fois. Pas avec la salive qu'il a laissée sur ma queue.

D'abord, je ne bouge pas, parce que je veux savourer son expression, et la façon dont son corps réagit, puis j'agrippe ses bras, les lui croise dans son dos et le fais bouger de cette façon.

Je trouve ça beaucoup plus agréable que d'habitude. Enfin, c'est pas que j'aimais pas ça, mais il est tellement chaud, tellement sexy que j'en perds la tête. Et au même moment, je me perds en lui, de plus en plus profondément. On aurait dû faire ça beaucoup plus tôt. Ça aurait réglé pas mal de soucis.

Bon, je dois l'avouer. C'est pas parce que je l'ai jamais fait que j'ai jamais imaginé le baiser dans cette position. Et je dois dire que j'ai longuement pensé que ça ne ferait que lui enlever le peu de virilité qu'il avait, de ne pas voir sa queue. Mais ça n'est pas vraiment le cas. Pas quand je vois les muscles de ses épaules se tendre de cette façon, son dos plutôt masculin se cambrer. Ses cheveux rouges m'ont toujours plut, signe de son coté non conventionnel et ça ne fait plus aucun doute. J'ai jamais autant pris mon pied avec une fille.

Dans un instant incroyable, nous atteignons ensemble l'orgasme et je le libère enfin. Mes mains ont laissé des traces sur ses poignets, et ça ne m'étonnerait pas qu'il en ait des hématomes, et son souffle est chaotique. Mais je le regarde se tourner sur le dos avec un air comblé, il me sourit, me fait signe de me rapprocher de lui. Mais avant cela, je fouille dans mon pantalon pour en sortir une cigarette et l'allumer en m'installant confortablement. Il vient immédiatement se blottir contre moi et je glisse un bras autour de lui.

Nous gardons le silence un long moment, et je crois que ça nous fait du bien. En tous cas, j'ai pas envie de gâcher ce moment et j'aurais apprécié pouvoir m'endormir, et ne plus penser au reste mais ça ne semble pas être son cas parce qu'il soupire longuement.

- Hidan …
- Mh ?
- Tu as parlé avec Yahiko …
- Ouais.
- Qu'est ce qu'il t'a dit ?
- Que tu voulais me quitter parce que j'étais devenu trop sage.
- Alors … Tu es venu me montrer que tu pouvais ne plus l'être et …
- Je vais te dire un truc simple, Nagato.

Incertain, il relève les yeux vers moi et je remarque qu'il est au bord des larmes. Je sais pas à quoi il pense, mais ça doit pas être joyeux.

- Si j'ai changé, c'est pour toi. Parce que je pensais que tu voulais quelqu'un de bien. Mais si tu me préfères au naturel, attends toi au pire, mais ne me le reproche jamais.
- J-je préfère .. quand tu es toi même.
- Je m'en souviendrais.

Son regard s'adoucit et il embrasse ma mâchoire avec tendresse tandis que je le sers contre moi.

Et puis, pour ton information … Si tu veux que je vienne habiter chez toi, tu n'as qu'à demander franchement. Tes insinuations sont ridicules …

Les joues rouges, il sourit légèrement et je soupire. J'avais autre chose à lui dire, mais je ne pense pas que ce soit le moment. Pour être honnête, ça fait plusieurs semaines que je me prépare, parce que j'ai envie qu'il me penne, qu'il me montre qu'il peut être un homme lui aussi, et je sais que ça va être difficile, mais je suppose qu'il va bien falloir que je passe par là. Enfin, en tous cas, j'espère que ça ne changera pas notre relation.

Et alors que j'étais prêt à lui proposer une bonne nuit de sommeil, il se redresse, s'assied sur mes hanches, les mains sur mes clavicules.

Non, je ne pourrais pas le changer. Et j'espère que c'était notre dernière crise avant longtemps. Je sais pas combien de temps on va rester ensemble, ni si cette relation est faite pour durer mais je suis bien avec ce mec. Même s'il ressemble à une diva ou qu'il me donne parfois envie de le tuer. Je l'aime, c'est tout ce qui compte pour moi.


Ah ! Personne ne s'attendait sûrement à recevoir une notification pour cette fic, hein ? Surprise !

Ca fait aujourd'hui deux ans que je publie mes histoires sur Fanfiction. Certaines ont beaucoup marché, d'autres beaucoup moins mais j'ai apprécié chaque review, chaque mail m'indiquant que quelqu'un avait mis une de mes histoires en favoris, ou demandé à recevoir les alertes. Certaines reviews étaient très courtes, d'autre très longues. Certaines m'ont émues et d'autres m'ont fait me poser des questions sur ce que j'écrivais, et ce que je pourrais faire pour m'améliorer ! Et j'espère que ça continuera ^^

Ces derniers temps n'ont pas été très productifs, pour moi. L'inspiration est là, mais pas la motivation et comme je l'ai annoncé, dans Anges et Démons, je vais mettre l'histoire en hiatus pendant un temps. A la place, je publierais peut être de vieilles histoires, bourrées de fautes, avec un style plutôt bancal et sans vraiment de fin, juste pour le plaisir. Certains apprécieront peut être l'histoire, d'autres détesteront, je ne m'en fais pas pour ça, mais à vrai dire, ces fictions me représenteront toujours :)

Comme plusieurs d'entre vous le savent, je n'écris pas pour la gloire ou pour attirer les reviews par centaines en écrivant sur des couples populaires mais parce que mes histoires me font voyager et que je souhaite faire rêver les gens autant que je rêve en regardant certaines séries, ou en lisant. Et c'est ce qui m'a toujours motivée à écrire ^^

Bref, je ne vais pas m'étendre plus longtemps, pour l'instant, du moins. Je vous tiendrais au courant pour la suite, ne prenez pas ça comme un adieu ! Et s'il le faut, secouez moi !

Sylencia