12 Juin, 23h 06, Angleterre, Londres:

Dans la chambre luxueuse d'un hôtel quatre étoiles, Butler s'étendit sur le lit de tout son long. Il n'avait même pas prit la peine de retirer sa veste et son Uzi lui broya les vertèbres. Il grogna et retira l'arme de l'étuis qui pendait dans son dos. Dans la salle de bain on entendait déjà le son cristallin du jet d'eau chaude giclant sur les carreaux de porcelaine blanche.

Ils venaient encore une fois de réussir leur mission sans problèmes. À présent ils attendaient leurs nouveaux ordres dans un hôtel couteux. Ils avaient pris deux chambres (histoire d'éviter les soupçons), le prix ne les dérangeait pas, c'était leur employeur qui payait tout, autrement dit, Madame Ko. À cette pensée Butler eut un sourire satisfait. Après s'être débarrassé de la plupart de ses armes (il gardait toujours un poignard et un revolver au cas ou), le jeune homme s'offrit un peu de répit et enfonça son visage dans les oreillers duveteux. À ce moment là, Sanchez sorti de la salle de bain, son corps finement musclé à la peau brune drapé d'une grande serviette blanche. Ses longs cheveux noirs gouttaient le long de ses épaules. Elle posa une main sur l'épaule de Butler.

« Tu es toute mouillée, Elena! Se plaignit-il, le visage toujours profondément enfoncé dans les oreillers.

-Grr, tu sais que je n'aime pas que tu prononce mon prénom. Grinça-t-elle.

-Dis plutôt que ça t'énerve que je l'ai trouvé tout seul. Ricana le jeune homme.

-Prétentieux.

-Mauvaise perdante. »

Il l'attrapa par la taille et l'entraîna dans ses bras. Elle fit mine de lui résister mais même si elle en avait les moyens musculaires, elle ne le repoussa pas. S'abandonnant à son étreinte, elle se blotti contre lui en ronronnant. Un bruit feutré lui fit ouvrir grand ses yeux de chat.

« Bravo, tu as fait tomber ma serviette. Sourit-elle.

-Quel dommage. »

La jeune femme s'allongea sur le torse musculeux de Butler et plongea ses yeux verts dans les siens. Il caressa tendrement les mèches sombres et humides en souriant. Un amoureux transit, voilà ce qu'il était en ce moment même. Domovoï Butler, l'un des hommes les plus dangereux était littéralement hypnotisé par cette femme au regard flamboyant. Il aurait pu lui offrir la terre entière si elle le lui avait demandé. Le simple fait de la toucher lui donnait l'impression d'être au paradis.

« Quand cette dernière mission sera fini, on pourra enfin disparaître. » Murmura-t-il.

Le sourire d'Elena disparut, les yeux dans le vague elle répondit:

« Si seulement Madame Ko nous laissait faire...

-On se moque de Madame Ko! La coupa Butler. S'il le faut on combattra Toute l'accadémie, mais je veux que tu sois heureuse.

-Tu es un peu fou Domovoï. Soupira-t-elle tristement.

-Je ne suis fou que de toi et de toutes façon la décision est déjà prise. Répondi-t-il.

-Tu te rend compte que c'est toute l'histoire de ta famille que tu vas remettre en question? Je veux qu'on soit ensemble mais... C'est trop dangereux.

-Qu'est ce qui est dangereux pour des gens comme nous? » Sourit Butler.

Il déposa un baiser brûlant sur les lèvres d'Elena. Son cœur s'emballait toujours lorsqu'il l'embrassait et elle frissonna légèrement au contact de sa peau. Elle senti alors un contact froid, quelque chose de métallique toucha sa main.

« Si je te demandais une chose, commença Butler, une seule chose? Pourrais-tu me suivre?

-Oui mais qu'est ce que... »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Butler glissa délicatement quelque chose à son doigt. Il retint sa main pendant qu'il parlait et un soupçon d'anxiété passa dans son regard.

« Veux-tu m'épouser? »

La phrase résonna dans la tête d'Elena comme si ces quelques mots rebondissaient sur les parois de son crâne. À ce moment là, Butler ressemblait à un petit garçon au regard plein d'espoir, son cœur semblait vouloir bondir hors de sa poitrine et il retenait inconsciemment son souffle. Les mains d'Elena tremblèrent lorsqu'elle les porta à sa bouche, prise de cours elle ne savait même plus parler. Elle senti alors le contact frais de l'anneau d'argent qu'elle portait à l'annulaire gauche. Elle observa la bague sans vraiment la voir. À ses yeux rien n'était plus brillant que le regard miroitant de Butler. Une bonne dizaine de secondes passèrent encore puis Elena éclata de rire.

Sous les yeux dépités de Butler, la jeune femme pliée en deux roula dans les couvertures. Elle se redressa, toujours hilare, elle ne parvenait pas à arrêter ses éclats de rire, frôlant l'hystérie. Ses yeux s'humidifièrent et elle croisa ceux de Butler qui affichaient un doute affreux.

« Tu... ne veux... »

Il ne termina pas sa question, la jeune femme se jeta à son cou, l'embrassant frénétiquement.

« Oui, oui, oui, oui! C'est oui, idiot. Comment pourrais-je te dire non? Je t'aime Domovoï! »

Ils perdirent l'équilibre et dégringolèrent au sol dans un bruit sourd, emportant dans leur chute la couverture et une bonne partie de ce qui se trouvait sur la table de chevet.

Si Elena ne lui avait cloué le bec d'un tel baiser, Butler aurait hurlé de joie. « Je t'aime, mon Elena. » Pensa-t-il. Il l'aimait, plus que tout au monde. Il aurait donné son âme pour elle et, il le savait maintenant, jamais il ne se séparerait d'elle. Ce soir là, ils étaient invincibles et le monde était leur terrain de jeux.